Exercice inédit d’écriture créative 38

Jeune chêne déjà, il tirait sur ses racines pour s’envoler comme un oiseau.
Quitter enfin feuilles mortes et terreau.
Aller très haut, bien plus haut que toutes les hautes cimes des arbres de la forêt.
Mais les années passaient et ses forces s’épuisaient. Jusqu’au jour où…

A vous d’imaginer la suite sous la forme d’un petit conte destiné aux enfants

5 Responses

  1. Clémence dit :

    Jeune chêne déjà, il tirait sur ses racines pour s’envoler comme un oiseau.
    Quitter enfin feuilles mortes et terreau.
    Aller très haut, bien plus haut que toutes les hautes cimes des arbres de la forêt.
    Mais les années passaient et ses forces s’épuisaient. Jusqu’au jour où…

    Petite fable ou petit conte historique raconté aux enfants….

    Par un jour de grand vent, il tomba sur ma tête, rebondit et chut à mes pieds.
    Je me baissai pour le ramasser et me pris à sourire,
    En pensant à la fable du gland et de la citrouille !

    Que vais-je faire de toi ? lui demandais-je, en le tournant entre mes doigts.
    Je pourrais prendre ta cupule, la transformer en chapeau
    Sur la tête d’un lutin coquin fait de marrons…

    C’est alors que j’entendis une petite voix.
    – Non, mais, qu’est-ce que tu crois ?
    Il est vrai que l’illustre Jean De La Fontaine
    Dans une de ses fables, mettant à l’honneur un roseau…
    M’a quelque peu écorné mon orgueil !

    Lève les yeux et regarde, non pas le ciel, mais mon père
    Regarde sa ramure et son port royal !
    Connais-tu son histoire ?
    Et celle de ses deux voisins…

    Leur histoire est légende enchanteresse !
    Regarde, Quercus primo,
    Le plus jeune, de Grande Bretagne nous est arrivé,
    Rescapé de la Bataille de Worcester,
    Caché au fond d’une poche d’un valeureux soldat
    Qui termina ses vieux jours ici même….

    Le second, là-bas, découpant la ligne d’horizon,
    Regarde, Quercus secundo,
    De Grande Bretagne aussi, il nous est arrivé.
    Compagnon de Robin des Bois,
    Bataillant et rimaillant dans la forêt de Sherwood !
    Un poète, en souvenir de sa belle, revint avec un gland
    Le planta en cette terre
    En témoignage de son amour éternel.

    Et celui-ci, juste auprès de toi
    Regarde, Quercus tertio,
    Nul grand voyage dans son histoire,
    Il est de France, le souvenir d’un grand roi,
    Qui, sous un chêne, à Vincennes
    Rendait la justice, dit la légende…

    Et voilà pourquoi, Quercus Trois
    Jeune chêne déjà, tirait sur ses racines pour s’envoler comme un oiseau.
    Quitter enfin feuilles mortes et terreau.
    Aller très haut, bien plus haut que toutes les hautes cimes des arbres de la forêt.

    Les années passaient et ses forces s’épuisaient. Jusqu’au jour où, sous sa ramure, il entendit la lecture à voix haute, d’un enfant se passionnant pour les arbres les plus vieux du monde…. Deux mille ans, trois mille ans, quatre mille … une éternité….

    © Clémence

  2. Sabine dit :

    Petit conte méchant et sans illustration pour les enfants pas sages.

    Jeune chêne déjà, il tirait sur ses racines pour s’envoler comme un oiseau. Quitter enfin feuilles mortes et terreau. Aller très haut, bien plus haut que toutes les hautes cimes des arbres de la forêt. Mais les années passaient et ses forces s’épuisaient. Jusqu’au jour où un groupe de trolls s’approcha de lui.
    Le plus âgé d’entre eux lui demanda :
    « Tu as besoin d’aide, vieux chêne ? »
    L’arbre pensa : « Malheur ! Ces vilaines petites bêtes s’adressent à moi ! Vite, vite, où est mon guide des trolls ? Ha, le voilà. Conseils quand un troll s’adresse à vous, page 14 : “Si un troll vous adresse la parole, ne le regardez pas dans les yeux, il pourrait le prendre comme une provocation. Ecoutez-le et faites semblant de croire tout ce qu’il dit, même s’il est très très bête, sinon il se fâcherait.”
    « – J’ai compris. » se dit-il en refermant son guide sans même en lire la suite. Fort de ces conseils, il répondit aimablement aux trolls :
    « – Bonjour gentils petits trolls. Je vous remercie, je n’ai besoin de rien. Vous pouvez passer votre chemin.
    – Tu mens ! s’écria le chef des trolls. Nous savons tout, puisque chaque année, quand nous passons dans ta région, nous logeons dans le terrier creusé dans tes racines. »
    Le vieux chêne frissonna. Ces affreuses créatures laides et puantes dormaient donc à ses pieds ? Il n’en revenait pas :
    « – J’ignorais que vous viviez ici.
    – Pas toujours, répondit le plus laid. Seulement quand nous passons dans ta forêt.
    – Pourquoi ne vous ai-je jamais vu ?
    – Quand on ne nous dérange pas, nous restons tranquilles. Et toi tu es un vieux chêne bien sage. Comme tu es toujours accueillant, nous avons décidé de t’aider. Il suffit que tu formules ton vœu, nous le réaliserons.
    – Je suis bien vieux, maintenant. Mes forces s’épuisent. J’ai toujours rêvé d’être le plus grand de la forêt. Je voudrais dépasser les autres arbres, atteindre le soleil et …
    – Que ton vœu soit exhaussé ! Que ton vœu soit exhaussé ! Que ton vœu soit exhaussé !
    Aussitôt les trolls se mirent au travail. Ces petits monstres ne dépassent pas quelques dizaines de centimètres, mais justement parmi eux, il y en avait un qui mesurait deux mètres. Ca arrive, chez les trolls.
    Il entoura le vieux chêne de ses bras très longs et le souleva jusqu’au dessus de sa tête.
    « -Encore, encore !criait le chêne. Que la forêt est belle de là-haut ! »
    Tous les trolls firent la courte échelle. Le chêne devint le plus grand arbre de la terre.
    « -Encore, encore ! » criait–il toujours.
    Tous les trolls du monde vinrent alors les rejoindre. Mais l’arbre monta si haut qui s’enflamma au soleil.
    Dans un vacarme assourdissant, tous les trolls se mirent à rire, à rire, à rire…C’est comme ça chez les trolls.
    Si le vieux chêne n’avait pas refermé son guide aussi rapidement, il aurait pu lire : « Ne faites jamais confiance aux trolls. Ils sont menteurs, méchants, facétieux et très malicieux. »
    Mais le vieux chêne était prétentieux, il voulait être le plus grand.
    ©Margine

  3. Frédérique dit :

    Jeune chêne déjà, il tirait sur ses racines pour s’envoler comme un oiseau. Quitter enfin feuilles mortes et terreau. Aller très haut, bien plus haut que toutes les hautes cimes des arbres de la forêt. Mais les années passaient et ses forces s’épuisaient. Jusqu’au jour où… en se penchant il aperçut une petite pousse verte à ses pieds. Elle sortait de ses racines et était en train d’étirer ses feuilles.

    « Qui es-tu ? » grommela-t-il
    La petite pousse se tortilla. Qui lui parlait ?
    « Ici ! Regarde en haut !  »
    Le petit agita joyeusement une petite feuille bien vive dans sa direction. Et recommença à se tortiller.
    « Alors, qui es-tu ?  »
    Toujours pas de réponse. Voilà qui énervait le vieux chêne. Et le petit qui continuait à se tortiller.
    « Il y a quelque chose qui ne va pas ? »
    « Je veux m’envoler, tu es gros, tu me fais de l’ombre et puis… tu es vieux, tu ne sens pas très bon. Je sais, c’est pas poli, mais c’est vrai. »

    Le vieux chêne se mit à trembler de colère. Quel impertinent ! Ses racine s’en décollaient.
    « Et toi, tu crois que tu es joli à te tortiller comme un ver de terre ? Pffff Tiens je ne te parle plus. »
    « C’est pas beau de bouder. Et puis, tu es un peu vieux pour ça » Se moqua le petit chêne. « Aide moi plutôt. Tu es grand, tu es fort. Tu dois savoir toi comment on fait pour s’envoler. Je veux voler moi, comme un oiseau. »
    « Un arbre ne peut pas voler. On est trop lourd. Ce n’est pas possible ». Le vieux chêne agita ses branches pour cacher ses larmes. Il n’avait jamais abandonné son rêve. Voler comme un oiseau. Si seulement, si seulement… Oh et ce petit qui n’arrêtait pas de jacasser et de se tortiller. Il ne pouvait pas rêver tranquillement.
    « Dis , dis, oh oh, vieux chêne ! Aide moi s’il te plaît. S’il te plaît. »

    Et s’il essayait. S’il l’aidait. Le petit pourrait peut-être s’envoler.
    « Bon écoute moi. Tire sur tes racines. Fais comme moi. Oui comme ça. Et tire tes feuilles vers le haut. Oui, bravo. »

    Mais que se passait-il ? Le vieux chêne sentit la terre lâcher ses racines. Il s’envolait. Mais et le petit ? Où était le petit ?
    « Coucou, je suis là. »
    Se tortillant toujours, le petit était à sa hauteur. Il se posa sur une branche, tout contre lui et se blottit pour vivre l’aventure.

    Les promeneurs qui levaient la tête virent un vieux chêne et un tout petit s’envoler au loin avec la légèreté d’un oiseau.

  4. Frédérique dit :

    Jeune chêne déjà, il tirait sur ses racines pour s’envoler comme un oiseau. Quitter enfin feuilles mortes et terreau. Aller très haut, bien plus haut que toutes les hautes cimes des arbres de la forêt. Mais les années passaient et ses forces s’épuisaient. Jusqu’au jour où… c’était aujourd’hui ou jamais. Demain il allait être coupé.

    Depuis une semaine il les voyaient avancer. Un par un, il avait vu ses amis décapités, tronçonnés. Le bruit avait été assourdissant du côté des engins mécaniques, déchirant du côté des arbres abattus. Craquements de bois sinistres, froissements de branches précipitées sur le sol. Les grognements des machines l’avaient empêché de recueillir leur dernier souffle.

    Puis le silence pesant, le vide écrasant. Une brise s’était levée et alors qu’il avait maintes fois résisté à l’orage et à la tempête, il avait décidé de s’appuyer sur elle pour enfin s’envoler. Et comme certains seuls savent le faire, il avait laissé s’évanouir ses regrets, ses rancoeurs, ses déceptions. Son énergie lui était revenue vive, forte, vivante, pleine. il ne s’était jamais senti aussi aussi réel, aussi vrai. Paradoxalement, il n’avait jamais été aussi léger, et, la terre s’ouvrant l’avait libéré.

    La brise l’avait porté plus loin encore qu’il avait jamais osé espérer. De plus en plus léger, débarrassé de ses racines, son écorce, ses feuilles, il s’était émietté semant ici et là ses descendants. Quand il n’avait plus été que souffle, il s’était élevé plus haut encore que ce que quiconque peut imaginer.

    Le lendemain, à sa place, il n’y avait plus d’arbre à couper, juste une petite pousse verte à regarder pousser.

  5. S.MOreau dit :

    Jusqu’au jour où un jeune hêtre laissa pousser sa première feuille à son chevet. L’air de rien, le bourgeon discret, il le veillait. Le vieux chêne, habitué à sa solitude, le nez toujours tendu vers les cieux, maugréait, toussait et même parfois pétait. Il avait mal aux racines, son tronc était endolori et sa cime perdait des feuilles. Déçu, il n’avait pas atteint les étoiles. Frustré, il n’avait pas dépassé la montagne.
    Le jeune hêtre, chantonnait parfois, gigotait de ses petites feuilles pour attirer l’attention du Vieux. A fleur de terre, il pansait les cicatrices du Vieux, délicatement tout en récitant des prières de guérison. Le Jeune avait amené avec lui ses copines, Herbes de guérison. Comme la sauge contre les rhumatismes, la fleur de bruyère contre la déprime. Sortant d’un somme réparateur, le Vieux se sentit un peu ragaillardi, assez pour se pencher pour désherber sa base. Il vit avec stupeur tout ce petit monde à son pied. Le Jeune était juste en train de le masser aidé d’un pt boulot bénévole.
    Le Vieux sourit de bonheur, cherchant les étoiles, il avait oublié la terre ! Il en oublia toutes ses petites misères.

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