Exercice inédit d’écriture créative 37

Je suis un vieux point d’interrogation, de plus en plus voûté,
de moins en moins enthousiaste.
Avant, je me posais plein de questions, je…

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7 Responses

  1. Clémence dit :

    37. Je suis un vieux point d’interrogation, de plus en plus voûté, de moins en moins enthousiaste. Avant, je me posais plein de questions, je…

    Nostalgie …

    En se regardant le matin dans le miroir, Juan Interrogacion se regarda stupéfait. Il semblait si vieux, si voûté, L’œil moins vif et l’enthousiasme faiblissant.
    Sa compagne, Carmen Exclamacion, tout droite mais aussi vieillissante, trouva qu’il était grand temps de réagir. Elle fut songeuse toute la soirée et se dit que la nuit lui serait bonne conseillère.

    Au petit matin, elle dut déchanter….

    Avant, se dit-elle, en sortant du lit, je me demandais :
    – Qu’est ce que cette journée me réserve ? Qui vais-je rencontrer ? Et de quoi allons-nous parler ?
    Aujourd’hui, je sais ce que ma journée me réserve…

    Avant, se dit-elle, en prenant le train, je me demandais :
    – Vais-je rencontrer le grand amour…
    Aujourd’hui, je sais que je l’ai rencontré et que nous continuons de partager le pire et le meilleur….

    Avant, se dit-elle, je me demandais :
    – Pourquoi il y a tant de misère dans le monde…
    Aujourd’hui, je soupire en constatant que la misère est toujours de ce monde….

    Avant, lorsque je m’aventurais das les hyper marchés, je me demandais :
    – Quand la faim sera-t-elle vaincue ?
    Aujourd’hui, je suis exaspérée par le gaspillage et la gabegie.

    Avant, lorsque je voulais aller au cinéma, je choisissais la dernière séance et je me demandais :
    – Verrais-je Orion et Venus, la Grande et la Petite Ourse….
    Aujourd’hui, je ferme les persiennes dès le soir venu….

    Tout la journée se passa ainsi, de questions en désillusions….

    Le soir venu, Juan Interrogacion, n’y tenant plus d’avoir vu la mine renfrognée de sa compagne Carmen, lui demanda :
    – Que se passe-t-il ? Qu’ai-je fait pour que tu sois d’humeur aussi chagrine ?

    Elle l’invita à s’asseoir et lui parla longuement.
    – Tu as raison, lui dit-il. Avant, nous nous posions plein de questions et nous avions tout autant de réponses.
    Nous avions la jeunesse devant nous et la certitude de pouvoir changer le monde.
    Au fil du temps, nous avons dû parfois nous résigner. Accepter que tout n’est pas tout blanc ou tout noir, qu’il y a des événements qui nous dépassent, que la meilleure volonté ne suffit pas….

    Longtemps, ils devisèrent. Les questions existentielles laissèrent place aux émotions….

    « Te souviens-tu de notre première rencontre ? Te souviens-tu de nos premiers mots ? De notre premier baiser et ….
    Te souviens-tu de nos premières luttes, perchés sur les barricades… l’imagination au pouvoir  et l’envie de refaire le monde!
    Te souviens-tu de nos carrières, l’achat de la maison de nos rêves… »

    Ils se regardèrent tendrement…
    Lui s’était redressé, elle s’était doucement voûtée…..

    © Clémence

  2. Sabine dit :

    Je suis un vieux point d’interrogation, de plus en plus voûté, de moins en moins enthousiaste. Avant, je me posais plein de questions, je les posais à tout le monde. Mais j’ai renoncé. J’ai pris ma retraite. Aujourd’hui je fais le bilan: à quoi je servais ? Qui me répondait ? Trouvait-on seulement les réponses ? Les questions faisaient-elles avancer ma vie ? Etait-elle plus intéressante ? Mourrai-je plus intelligent ? Plus riche ? A quoi ça sert de savoir pourquoi les vaches ne savent pas descendre les marches ? Où s’arrête l’infini ? Pourquoi le fou est fou ? Faut-il vraiment savoir tout sut tout pour exister ? Vous vous en posez, vous, des questions ? Vous m’en posez, des questions ?
    Non, vraiment, c’est fini les questions.
    ©Margine

  3. Halima BELGHITI dit :

    Je suis un vieux point d’interrogation, de plus en plus voûté, de moins en moins enthousiaste. Avant, je me posais plein de questions, j’étais curieux de tout…emerveillé par tout. Je voulais comprendre le sens des choses. Je ne cessais de m’interroger sur le pourquoi du comment… Remarquez j’ai eu une belle vie. J’ai commençais à me questionner à l’âge de 5 ans. Je n’avais que le mot « pourquoi? » à la bouche. Et lorsque je ne trouvais pas de réponses par moi-même, je posais des questions à mon entourage. Adolescent, j’étais plutôt mal dans ma peau…je me cachais derrière les autres signes et j’avais un faible pour l’apostrophe…Ah, l’apostrophe…que de temps à m’interroger en silence sur ce que je pouvais entreprendre pour la séduire….Hélas, elle n’avait d’yeux que pour le point d’exclamation… Pendant mes études à la fac, j’étais le plus populaire de tous. Professeurs et étudiants ne cessaient de se poser des questions. Les professeurs questionnaient leurs étudiants sur leurs connaissances, et ces derniers demandaient en permanence plus d’explications. Ce fut une belle époque et je m’en souviens avec beaucoup de tendresse…Et puis arriva le moment d’entrer dans la vie active, et il fallait faire choix de carrière…J’ai longtemps hésité entre le droit , le journalisme…et la police ! J’aimais l’idée de poser des questions sur des sujets divers, alors je suis devenu journaliste d’investigation et mes sujets ont souvent fait la UNE de plusieurs magazines. J’atais tellement connu, que l’on me reconnaissait dans la rue, et j’adorais que les gens m’abordent en me disant : »Mais comment faites-vous pour trouver d’aussi bonnes idées d’enquêtes ? ». Et puis le temps a passé, j’étais un peu passé de mode. Avec Internet les gens se posent moins de questions et trouvent pléthore de réponses plus facilement. J’ai trouvé une nouvelle jeunesse en rejoignant le gang des devinettes. Elles sont souvent gaies et joyeuses les devinettes et tellement chaleureuses et amicales. J’ai passé quelques années avec elles, on s’est bien amusé…mais cela devenait trop difficile pour moi. Mes artères commençaient à me faire souffir et je peinais à les suivre dans leur dans leurs raisonnement. J’ai été contacté par un jeu de société…mais le coeur n’y étais plus…j’ai pris de l’âge, j’ai gagné en maturité et en expérience . Et si, aujourd’hui, j’ai perdu de mon enthousiasme, je n’aspire désormais qu’à couler des jours heureux sans plus me poser de questions…

  4. marsienfr75 dit :

    Je suis un vieux point d’interrogation, de plus en plus voûté, de moins en moins enthousiaste. Avant, je me posais plein de questions, je me retrouvais toujours le dernier, à la fin systématiquement.
    Ah, que j’aurais aimé naître, comme mon cousin, en Espagne.
    – J’aurais eu le don d’ubiquité
    – aurais été l’alpha et l’oméga
    – à la fois en positif et en négatif
    – à l’endroit et sur l’envers.
    – sans dessus dessous
    – au début et à la fin de toutes questions
    – le départ et la fin !

    Pour ceux ignorant la langue espagnol, les questions sont précédés par un point d’interrogation à l’envers.

  5. Antonio dit :

    Avant, je me posais plein de questions, j’avais bon dos, je me hissais en bout de phrase pour clamer mes revendications et celles des autres. Et comme je leur tournais systématiquement le dos, les réponses en profitaient pour faire le dos rond. Elles m’en ont fait baver des ronds de chapeaux, à un point, vous ne pouvez pas savoir. J’avais beau faire des ronds de jambe pour les inciter à répondre, rien n’y faisait, les questions restaient en suspens sur mes bras, de plus en plus lourds …

    Je suis désormais un vieux point d’interrogation, de plus en plus voûté, de moins en moins enthousiaste et une dernière question me taraude : Pourquoi … pourquoi se poser des questions ?

    Indignez-vous, redressez-vous, exclamez-vous, bordel ! … Regardez dans quel état je suis !

  6. Frédérique dit :

    Je suis un vieux point d’interrogation, de plus en plus voûté, de moins en
    moins enthousiaste. Avant, je me posais plein de questions, je me demandais quelles questions valaient la peine d’être posées. J’avais même mis au point un système de valeur selon qu’elles se révélaient avec ou sans réponse.

    Lors de causeries hebdomadaires, les guillemets et moi classions et déclassions ces malheureuses selon un système de notation très précis. La moindre hésitation, le moindre flou dans la formulation étaient sévèrement sanctionnés. Nous agrémentions même parfois nos notes d’appréciations :  » à question vague, réponse molle »,  » fallait-il vraiment en parler ? », « qui cela intéresse-t-il ? ». Nous étions sûrs de nos jugements.

    Mais les questions revenaient sans cesse, toujours les mêmes. Que l’on soit en 1960 ou en 2011, les interrogations sont les mêmes.

    Les frères guillemets ont abandonné il y a 6 ans. J’ai continué, seul. J’allais écrire  » chaque jour un peu plus seul ». Mais peut-on être plus seul que seul ? Voilà une question que nous aurions bien noté.

    Je me suis suis voûté, lassé, cassé et avant de trépasser, je voudrais dire une chose. Si se poser de mauvaises questions ne mène pas toujours à grand chose, ne pas se poser de question ne mène nulle part. Alors ? Alors posez, posez des questions et … posez-vous en à vous-même. Ce sont les meilleures.

  7. Claudepierre dit :

    je me demandais si ma complice, la phrase devait commencer par qui, comment, quel, où, pourquoi, combien ou tout simplement débuter en inversant le sujet et le verbe !
    Bref une belle révolution qui chamboulait la vie de chacun : tête-bêche pour le verbe et son sujet et farandole de pronoms et d’adjectifs.
    Me vint une idée : maigrir. Oui mais un autre problème allait vite se produire. En allégeant mes rondeurs, je risquais de devenir aux yeux de mes compères, non plus une interrogation mais une exclamation !

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