Exercice inédit d’écriture créative 23

Dans sa maison ( il ou elle ) avait écrit partout.
Sur les murs, les plafonds, les sols, même sur les meubles.
Quand on entrait chez (elle ou lui,) c’était comme si on entrait…

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9 Responses

  1. Clémence dit :

    Dans sa maison il avait écrit partout. Sur les murs, les plafonds, les sols, même sur les meubles. Quand on entrait chez lui, c’était comme si on entrait…

    … Comme si on entrait de plain pied dans le roman de Georges Perec, La vie mode d’emploi. Mais ça, je ne le ferai pas. Trop facile. Il faut que j’ouvre une autre porte ! Peut-être celle de l’école maternelle…

    Cette année-là, l’institutrice allait innover. Elle appliquerait les principes de l’apprentissage de la lecture fonctionnelle. Ou du moins, ce qu’elle en avait compris.

    Dans ses fournitures, il y avait une pyramide de post-it de différentes couleurs. La directrice l’interrogea.
    – C’est pour apprendre à lire!

    Dès le mois de septembre, les post-i entrèrent dans la danse :
    – aux vestiaires, sur les bancs, sur le mobilier, le matériel et les jeux , des post-it verts.
    – sur ce qui incite les actions, (près des ciseaux, des pots de colle, des collations…) , des post-it rouges.
    – les référentiels, les «  endroits » et pour le  temps «  qu’il fait «  ou celui « qui passe » , des post-it bleus.

    Pour les couleurs, c’est le top ! Les mots « jaune – vert – rouge -orange – blanc » sont écrits au feutre noir sur un post-it bleu ! Quel charivari !

    Je trouvais cela très drôle : le mot table écrit sur la table, le mot chaise écrit sur la chaise, le mot porte sur la porte. A croire que la maîtresse ne savait pas que nous savions ce qu’était une table, une chaise ou une porte. Lorsque je lui en fis part, elle me répondit :
    – C’est la méthode.

    Un peu plus tard, nous reçûmes des documents plastifiés où étaient écrits les mots. Nous devions repasser dessus avec un feutre effaçable.
    Ma petite main se crispait et je trouvais cela épuisant et incongru.
    – Pourquoi re-écrire alors que c’est déjà écrit, me risquais-je à demander à ma maîtresse ?
    – C’est la méthode, me répondit-elle.

    Je crois que cette période a tellement marqué ma mémoire, que je me suis mis à écrire partout. Enfin, dès que j’ai pu écrire ! Au cours de mes études, dans la vie professionnelle et lors de mes loisirs…Cette habitude ne m’a laissé aucun répit.

    Des années plus tard, lorsque j’ai quitté ma maison pour « Ailleurs », les gens ont bavardé. Ils disaient:

    « Dans sa maison il avait écrit partout. Sur les murs, les plafonds, les sols, même sur les meubles. Quand on entrait chez lui, c’était comme si on entrait dans une bibliothèque ! »
    Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que j’avais aussi écrit partout sur ma peau.

    Aujourd’hui, les sommités de mon fan-club, disent que je suis atteint de graphopathologie. Enfin, c’est ce qui est écrit sur le couloir qui mène à ma chambre. Mais peu m’en chaut !

    Tous les soirs, lorsque ma toilette est faite, que le chef de service est passé et que l’infirmière m’a donné mes pilules, j’ouvre mon ordinateur et je tatoue.
    Oui, je suis tatoueur professionnel par Internet !

    © Clémence

  2. geraldine dit :

    Dans sa maison elle avait écrit partout.
    Sur les murs, les plafonds, les sols, même sur les meubles.
    Quand on entrait chez elle, c’était comme si on entrait dans son journal intime, chaque pensée, chaque moment de sa vie y était relaté.
    Apparemment, elle avait commencé au premier jour de son installation qu’elle avait mal vécue selon ses dires : Maman m’a foutue dehors… je suis malheureuse. Ainsi, de même le second jour: je m’installe comme j’ai envie, je mets les meubles où je veux il n’y a personne pour me dire que ça ne va pas ! … comme je suis bien ! Bien entendu, elle avait commencé sur les cahiers et feuilles disponibles dans la maison, puis pris les enveloppes du courrier quelle recevait mais le manque de copie l’avait obligé à attaquer les murs, puis le manque de cloison la poussa a prendre les vêtements puis le linge de maison.
    Chaque jour, des sentiments différents mêlant joie, frustration, colère, ambition, envie, besoin…
    Elle était là, dans son coin, à nous demander où ? Où pouvait elle écrire encore ? les draps étaient noircis des écrits, les vêtements, même les meubles qui étaient maintenant entassés tous du même côté. Il aurait été difficile de suivre ce journal, si elle n’avait pensé à dater son journal. A la lecture de ce dernier, les médecins convinrent que son état était grave. Moi, je m’empressait de lui donner un cahier, avec un crayon afin de la soulager. Elle s’installa sur son bureau et noircit le cahier en aussi peu de temps qu’il ne faut pour le dire ! C’était hallucinant ! Les médecins avaient diagnostiqués une graphopathologie suite à un choc psychologique.
    La vérité était tout autre, en fait, Amandine vivait seule par choix. Elle ne contrôlait plus ses pouvoirs, Dès qu’elle approchait un être, elle n’avait qu’une envie le frapper jusqu’à ce que mort s’en suive. Sa faculté avait été transmise par ces ancêtres, anciens bourreaux au service de sa majesté le Roi.
    Je voulais l’aider mais, lors de mes recherches, je me rendis compte qu’elle faisait partie de ma famille, très éloignée c’est un fait mais tout de même !
    De peur d’avoir des symptômes identiques, j’en suis réduite à écrire tout comme elle mais moi j’ai internet et Pascal qui me donne des sujets régulièrement !

    Merci Pascal, je sens que je suis en bonne voie pour la guérison !!

    J’ai changé la fin puisque l’autre ne te plaisait pas… Merci de me dire si tu la trouves mieux !!!

  3. geraldine dit :

    Dans sa maison elle avait écrit partout.
    Sur les murs, les plafonds, les sols, même sur les meubles.
    Quand on entrait chez elle, c’était comme si on entrait dans son journal intime, chaque pensée, chaque moment de sa vie y était relaté.
    Apparemment, elle avait commencé au premier jour de son installation qu’elle avait mal vécue selon ses dires : Maman m’a foutue dehors… je suis malheureuse. Ainsi, de même le second jour: je m’installe comme j’ai envie, je mets les meubles où je veux il n’y a personne pour me dire que ça ne va pas ! … comme je suis bien ! Bien entendu, elle avait commencé sur les cahiers et feuilles disponibles dans la maison, puis pris les enveloppes du courrier quelle recevait mais le manque de copie l’avait obligé à attaquer les murs, puis le manque de cloison la poussa a prendre les vêtements puis le linge de maison.
    Chaque jour, des sentiments différents mêlant joie, frustration, colère, ambition, envie, besoin…
    Elle était là, dans son coin, à nous demander où ? Où pouvait elle écrire encore ? les draps étaient noircis des écrits, les vêtements, même les meubles qui étaient maintenant entassés tous du même côté. Il aurait été difficile de suivre ce journal, si elle n’avait pensé à dater son journal. A la lecture de ce dernier, les médecins convinrent que son état était grave. Moi, je m’empressait de lui donner un cahier, avec un crayon afin de la soulager. Elle s’installa sur son bureau et noircit le cahier en aussi peu de temps qu’il ne faut pour le dire ! C’était hallucinant ! Les médecins avaient diagnostiqués une graphopathologie suite à un choc psychologique. Je m’occupais donc de ses soins et après plusieurs séances où elle passait son temps à remplir mes folios, elle se mit à me parler : c’était une belle victoire mais il fallait arriver au sujet le plus important : la cause de ce trouble.
    Elle lâchait peu à peu les cahiers pour me causer de ses sensations du moment et j’arrivai au fil du temps à remonter à ce jour où sa mère lui avait dit de « dégager » de là ! J’appris avec surprise que sa marâtre la rendait responsable du décès de son père : ils avaient eu un accident quand ils étaient sur le chemin de la maison, il était venu la récupérer au train et un poids lourd avait brûlé le feu percutant ainsi de plein fouet le papa, Amandine en était sortie avec un coma, des côtes fêlées, la jambe gauche broyées. La génitrice ne s’était pas remise du deuil de ce dernier et s’était pendue, dès le départ d’Amandine.
    Cette dernière, se sentant coupable de ces parricides s’enfermait jour après jour dans cette solitude, elle aussi meurtrière, et se punissait.
    Après une très très longue thérapie, nous avons envisagé de faire les soins avec d’autres malades ; cela ouvrit d’autres horizons à Amandine, qui suit actuellement une formation de psychologie.

  4. Sabine dit :

    Dans sa maison elle avait écrit partout. Sur les murs, les plafonds, les sols, même sur les meubles. Quand on entrait chez elle c’était comme si on entrait dans un dictionnaire. Des mots. Des mots partout. Mais uniquement des mots que je ne comprenais pas.
    « – Inculte, ignorant. » me disait-elle.
    Ses mots m’exaspéraient, me déstabilisaient. Avant de devenir complètement fou, je me suis installé chez elle avec un dictionnaire. Un vrai. La tâche allait être longue et laborieuse, il y avait des centaines de mots.

    Le premier mot n’existait pas. Ca commençait mal. Le deuxième mot non plus. Le troisième mot non plus. Mais j’insistais. Au centième mot, je me rendis à l’évidence : aucun des mots n’était réel.
    Fou furieux, je fermai violemment le dictionnaire et m’écriai :
    « – Vous n’existez pas ! Vous n’existez pas ! Vous n’êtes là qu’à travers elle. Personne d’autre qu’elle ne vous fait vivre. »
    Alors je l’ai tuée. Aussitôt les mots ont disparu.
    J’étais apaisé.

    ©Margine

  5. Béné dit :

    Dans sa maison, il avait écrit partout. Sur les murs, les plafonds, les sols, même sur les meubles. Quand on entrait chez lui, c’était comme si on entrait dans une crypte tapissée d’ex-voto. Partout à l’entour, des signes cabalistiques à l’encre noire ou dorée, le vertige nous prenait, on aurait dit que nous étions happés dans un tourbillon de lettres. La stupéfaction passée, nous tentâmes de déchiffrer ce labyrinthe. Nous n’osions avancer de peur d’effacer quelque message déposé sur le sol. Les majuscules nous attiraient : AMOUR, PARDON, SOIF, REGRET, ESPÉRANCE ; elles revenaient en leitmotiv d’une pièce à l’autre. Plus aucune trace de papiers, cahiers, carnets, les détenteurs habituels de nos injonctions et préceptes. Aucun ordinateur en vue. La réalité avait basculé, le monde appartenait à la folie et tous ces mots, jetés comme un dernier SOS, devenaient un affront, une accusation. Nous avions laissé notre ami dépérir, crouler sous des milliers de phrases dont il nous certifiait qu’un roman titanesque en surgirait. Broyé par les mots, il n’avait pu structurer sa pensée. Où était-il à présent ? Qu’en était-il de cette œuvre qui devait révolutionner les mentalités ? Il n’en restait qu’un semblant de peinture rupestre, mausolée à contempler durant l’éternité. Toucher à cette chambre eût été assassiner celui qui avait voué sa vie au langage et à l’écrit. Nous ne l’avions pas assez écouté, il nous restait toute une existence pour le lire.

  6. Halima BELGHITI dit :

    Dans sa maison elle avait écrit partout. Sur les murs, les plafonds, les sols, même sur les meubles. Quand on entrait chez elle c’était comme si on entrait, dans un temple dédié aux mots.
    L’écriture avait toujours été son allié. Du moins depuis qu’elle avait appris à écrire correctement et à formuler des phrases cohérentes. Abigaëlle avait tout d’abord écrit sur des cahiers. Toutes sortes de cahiers. De nombreux cahiers pendant de nombreuses années. Elle posait sa plume sur une page blanche, et il semblait que celle-ci prenait vie et y glissait toute seule, dessinant des lettres puis des mots, qui devenaient, à leur tour, des phrases qui se transformaient en paragraphes…puis en chapitres. Mais les cahiers ont une fin. Arrivée à la dernière page, l’écriture d’Abigaëlle restait sur sa faim…La jeune femme avait ensuite pris toute sorte de supports pour étancher son écriture… Elle écrivait sur tout ce qui lui tombait sous la main. Du papier d’emballage, le verso de notices de mode d’emploi et… même des boites de chaussures vides. Mais Abigaëlle se trouvait toujours limitée dans son écriture. Un jour, elle eut l’idée d’écrire sur un des murs de sa maison. Elle y prit tellement de plasir… enfin, elle trouvait de la place pour s’épancher et écrire de tout son soul. Elle montait sur un marche-pied et commençait à écrire en haut du mur puis descendait tout le long au fur et à mesure de son récit. Elle avait l’écriture joyeuse et enlevée avec des lettres bien rondes . Quand elle eut terminé la salle à manger, Abigaëlle trouva que l’écriture sur ses murs était du meilleur effet. Elle décida ensuite de s’attaquer au salon. Elle prit un feutre phosphorescent d’une couleur différente et bientôt les murs de son salon furent remplis de son écriture. « Et si j’écrivais aussi sur les plafonds ?  » se dit-elle. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Elle se hissa en haut d’une échelle et écrivit sur le plafond des deux pièces dont elle avait déjà rempli les murs. Puis ce fut autour du sol, des meubles et même des abats-jours qui le permettaient…Dès qu’elle le pouvait, Aby, s’employait à écrire partout chez elle…
    Bientôt sa maison devint une attraction dans le voisinnage… Tout le monde voulait visiter « le temple aux mots ». Aux dernières nouvelles Abigaëlle a remporté le premier prix « décoration inventive » descerné par le magazine « Deco & Co » qui récompense la créativité et l’innovation en matière architecturale et de décoration… Comme quoi, l’écriture mène à tout !!

    Halima BELGHITI

  7. Antonio dit :

    Ah la petite auberge rue d’Alleray !
    Ce blog aussi bien fait soit-il et qui a le mérite d’exister pour susciter en nous tous ces textes, ne remplacera malheureusement jamais le plaisir de partager ensemble nos écrits autour d’une table, une galette et un verre de cidre … ou de jus de pomme, je me souviens 🙂

  8. Pascal Perrat dit :

    Merci Antonio pour ce clin d’œil si bien formulé. Ça me fait chaud au cœur et me rappelle de très bons souvenirs en ta compagnie et celle des autres fous d’écriture.
    Tu as toujours autant de talent, j’espère qu’il sert aussi bien tes textes de chansons

  9. Antonio dit :

    Quand on entrait chez lui c’était comme si on entrait dans un blog, son blog !

    Déjà, quand on arrivait sur le palier de sa porte on pouvait lire sur le paillasson « si vous aimez écrire et lire, soyez les bienvenus ! » et en dessous de la sonnette « Cliquez et entrez ! ».
    Il était assez content de sa page d’accueil, il avait même trouvé l’idée originale de positionner le judas de la porte à l’extérieur de telle sorte que tout curieux pouvait avoir un aperçu de l’entrée de sa maison.

    Et qu’y voyait-on ?
    Un bout de mur noir où se dessinait un bonhomme penché sur une sorte d’encrier et semblant chercher des lettres, en vrac à l’intérieur. Curieux !

    Et des curieux il y en a eu qui y ont jeté un œil. Certains n’ont sans doute pas compris et ont fait demi-tour, d’autres sont entrés et ressortis aussitôt, autant perplexes qu’inquiets par la personnalité atypique des lieux … et de son locataire.
    Et puis il y a nous, presqu’aussi illuminés que lui, qui avons cliqué et sommes entrés toujours avec le même plaisir, chaque fois qu’il nous y a invité.

    Tout le monde dans la région s’était donné le mot. Jusqu’à Paris même on parlait de sa maison et de tous ses sujets, intéressants, de ces petits jeux, rafraîchissants et ludiques, qu’il postait un peu partout à l’intérieur.
    Et peu importait les kilomètres, tout le monde voulait y apporter sa contribution, dans un coin du canapé, sur un bord de table, de mur ou de parquet. On trouvait toujours de la place.

    Quel plaisir de tous se retrouver ainsi, à écrire et se lire, assis, couchés, vautrés dans un coin de chaque pièce de cette maison extraordinaire aux allures d’auberge espagnole pour amoureux de l’écriture !

    Merci Pascal ! 

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