Exercice inédit d’écriture créative 12

Une allumette, dans sa boîte, angoisse
en imaginant le jour où elle devra s’enflammer.

Racontez

13 Responses

  1. Clémence dit :

    12 bis : version incandescente….

    Une allumette, dans sa boîte, angoisse en imaginant le jour où elle devra s’enflammer.

    Et pour angoisser, elle angoissait ! Moi aussi, d’ailleurs !

    Après la panique, ce fut la crise d’angoisse. Et la crainte de la voir de dégénérer en crise d’anxiété généralisée. Elle perturbait les collègues, le boss et la boîte elle-même.
    Le DRH lui conseilla de noter ses ressentis dans un journal intime et de cesser d’importuner son entourage qui ne pouvait rien faire. Elle obtempéra.

    5 heures  : réveil avec palpitations et battements de cœur. Et si mon cœur ne tenait pas le coup, s’il venait à s ‘émietter en poussière sulfureuse. « Ci-gît un cœur brisé » …épitaphe enflammée…

    5 heures trente  : je suis en transpiration, ma frêle silhouette dégouline en chaud et froid. Et si cette humidité venait à contaminer mes fibres ? « Danger, mérule » triangle rouge feu, apposé sur ma structure….

    6 heures : de terribles tremblements me secouent toute entière. Et si mon rachis cervical venait à se briser ? Je ne veux pas finir comme dans « Le scaphandre et le papillon »…

    6 heures quarante : j’étouffe, je suffoque et je suis sûre que ce n’est pas une impression. C’est comme si un boa constrictor s’entortillait de la tête au pied. Et si je venais à manquer d’oxygène ? Je tiendrais combien de temps en apnée ? Plus de 22 minutes ? Et après ? Affolant !

    7 heures : ça me prend à la gorge, c’est inexorable. Je tente désespérément de glisser deux doigts entre mon cou et les mains de l’étrangleur. C’est horrible, la strangulation, on devient bleu, on tire la langue et les yeux sortent de leur orbite. Non, pas ça, pas ça, de grâce….

    7 heures cinquante : les douleurs gagnent ma cage thoracique. Je me griffe, je me scarifie… délivrez-moi de ce mal. Le sacrifice, très peu pour moi. « Nous perdons la direction, aucune pierre à lancer, aucune larme pour te blâmer quand la jalousie brûle…  » même chanté dans Sacrifice d’ Elton John

    8 heures : j’ai la nausée, il faut que je sorte, laissez-moi sortir… au feu, au feu….

    9 heures : la boîte refuse de s’ouvrir. Je vais m’évanouir, les vertiges creusent le vide en moi. Personne n’entend mes cris de désespoir, personne ne voit la frayeur tordre mes traits, personne ne se bouge. C’est donc cela, l’indifférence ? Tu crèves là, tout seul, au milieu de centaines de gens pareils à toi….

    9 heures dix : je ne suis plus de ce monde. Je me détache de lui et de moi. C’est irréel, les couleurs mutent, les sons se tordent et se discordent, Möbius à la fois infiniment petit et infiniment grand. Au loin, je vois le Grand Oméga dans un halo bleuté.

    10 heures vingt : je deviens folle, je ne me contrôle plus, je me distords. Carmina Burana , O fortuna. Anubis surgit, les bras tendus. Il m’emporte….

    11 heures trente : j’ai peur. Peur de mourir. Noir absolu. Cramée.

    12 heures : le soleil est au zénith et je suis engourdie. Paralysée. Tétanisée. Annihilée.

    13 heures : les frissons intenses ravivent les souvenirs violents de la tempête qui a m’a brisé dans les Landes, en l’an 19…je ne sais plus combien. Je vois des langues de feu, je sens un souffle dragonnien cracher la fin du monde. Et si c’était cela ma fin… la fin de mon existence, la fin de mon angoisse….

    14 heures : brisée. Je remets mon âme et ma flamme….
    Un rire gras.
    Extirpée.
    Frottée sauvagement sur une semelle.

    C’est quoi, cette espèce de fil accroché à une énorme boule de Noël ?
    Je file dans le ciel bleu en une courbe gracieuse.

    Le Général Zantas vient de lancer sa première bombe….
    Je ne pense plus.
    Je vais exploser.

    15 heures précises : André F. me fait pleurer de rire lorsqu’il me fait atterrir dans une fontaine. Finalement, ce n’est pas si terrible !
    Mort par noyade.
    Pyrophobie carbonisée !

    J’explose de rire, comme la vente de l’album.

    © Clémence

  2. Clémence dit :

    Une allumette, dans sa boîte, angoisse en imaginant le jour où elle devra s’enflammer.

    Entre légende et traditions, je transissais.
    Je ne voulais pas mourir entre les doigts d’une petite fille qui grelotterait et frissonnerait cet hiver.

    Entre rumeurs et commérages, j’angoissais.
    Je ne voulais pas finir, consumée, dans un cendrier ou un caniveau.

    Entre passion et fatalité, je m’affolais
    Je ne voulais pas mettre le feu aux joues et aux poudres.

    Je murmurais des incantation hypnotiques destinées à me délivrer des délires incandescents..

    Je rêvais d’autre chose.
    Quelque chose d’unique, de grandiose.
    La gloire, la célébrité….
    La flamme qui donnerait vie à la flamme Olympique,
    La flamme allumerait chaque soir la torche de la Statue de la Liberté,
    La flamme du feu de la Saint Jean sur la Terre de Feu,
    La flamme du phare de l’Île Vierge,
    La flamme…

    Ma rêverie s’arrêta brusquement lorsque je fus saisie délicatement par entre les pouce et index de Jacques. – Viens, ma belle, viens là….
    Je vis une bouille rigolote auréolée d’une couronne de cheveux noirs, des yeux pétillants, un sourire à damner un saint….
    – Voilà…tu es ma réussite, la trois cent quarante six mille quatre-cent vingt-deuxième merveille qui couronne une merveille du monde….

    J’avais atteint la gloire, la célébrité avec un chiffre explosif : 12.258.122

    Il suffit parfois de trois fois rien, juste un dîner de cons….

    © Clémence

  3. Sabine dit :

    Jeudi soir
    Allumette n°1 : « Dieu des allumettes, faites que mon vœu se réalise, que je ne sois pas brûlée vive. »
    Vendredi soir
    Allumette n°2 : « Dieu des allumettes, faites que mon vœu se réalise, que je ne sois pas brûlée vive.»
    Samedi soir
    Allumette n°3 : « Dieu des allumettes, faites que mon vœu se réalise, que je ne sois pas brûlée vive.»
    Et ainsi de suite, les allumettes se relayèrent, pauvres petites choses tremblantes dans le noir.
    Mais un dimanche soir :
    Toutes les allumettes : « Dieu des allumettes, pourquoi sommes nous toutes réunies dans une boîte à chaussures ? Quel sort nous réserves-tu ? Pitié, épargne-nous le bûcher. »
    Et le lundi soir : « Cher, cher, Dieu des allumettes, merci. Merci de nous avoir épargnées. Finir en Tour Eiffel ! Merci merci. »

    Si vous ne trouvez pas une prière qui vous convienne, inventez-la.
    Saint Augustin

    ©Margine

  4. DUMOUCHEL dit :

    Une allumette, dans sa boîte, angoisse
    en imaginant le jour où elle devra s’enflammer.
    Elle était longue et fine, pendant tous ces mois, elle était restée là avec ses copines à discuter de tout de rien, de leur longueur supérieure à ces « bébés-allumettes », du fait qu’elles, au moins, n’était pas faites avec du souffre., de leur joli emballage, en carton recyclé : Discussion banale d’allumettes quoi ! jusqu’au jour où la boîte, si joliment décorée bougea :
    – Mais que ce passe-t-il ? cria l’une d’entre elles ?
    – Je crois que notre boîte ornée de ce beau paysage de forêt à bien plu ! Enfin quelqu’un nous achète s’empressa sa voisine.
    – Savez-vous ce qui se passe ensuite ? susurra une angoissée
    – Nous allons toutes craquer chacune notre tour bien sûr !
    – Mais pourquoi faire ?
    – Allumer le barbecue, la cheminée, le four… bien souvent nous sommes utiles pour l’usage domestique tu sais…
    – Et ensuite ? qu’est-ce que l’on devient ?
    – Je suis au regret de t’annoncer que l’on finira cramer, avec notre petit bout rouge !
    Une autre plus optimiste déclara :
    – Mais non voyons, j’ai certaines amies, lors de notre fabrication qui me racontais l’histoire de certaines allumettes qui terminaient, sur des miniatures, tu connais pas les maisons en allumettes, les châteaux, la tour Eiffel ????
    – Oui, j’en ai entendu parler mais je ne suis pas sûr, tu sais moi, la vie après la mort…
    Notre allumette demeura dans l’angoisse, elle voyait ses copines partir mais ne pas revenir, que deviennent-elles ?
    Le jour où elle craqua pour le four, elle découvrit avec soulagement la petite maison en carton, recouverte de ses copines, sans leur embout rouge, il avait été coupé. Elles avaient fait « amies-amies » avec les petites allumettes, qui elles servaient pour le gaz !!

  5. Halima BELGHITI dit :

    « Bon, on va finir par me faire craquer. C’est une évidence. C’est mon destin d’allumette. Une allumette ça sert à ça. On donne une petite flamme ephémère et puis on s’éteint. Je le sais bien. J’en ai bien conscience. Tout ce que je souhaite, c’est de mourir pour une belle cause. Je ne sais pas moi. Que l’on me fasse craquer pour allumer une bougie en faveur de la paix dans le monde, par exemple. Ou que ma flamme allume un feu pour rechauffer des gens en plein hiver. Ou encore que ce soit un diner aux chandelles pour des amoureux…Pour les bougies d’un gâteau d’anniversaire… Que sais-je encore ? Donner du sens à ma vie et surtout donner du sens à ma mort… Cela me chagrinerait de brûler les doigts lorsqu’on m’utilise, ou que je serve à allumer un pétard qui pourrait blesser quelqu’un, ou mettre le feu aux poudres…Non, je ne suis pas une bélliqueuse, j’aspire à une belle mort…à une mort noble…à une mort pacifique, fantastique… qui en vaille la peine. Des vies ont été sauvées grâce à une allumette ! Des catastrophes, évités ! Et l’on a même inspiré des romans !
    Et puis, ce n’est pas parce que je suis une petite allumette, que je n’ai pas de revendications, ni de rêves… ni de peurs… En fait, il y a des jours où j’angoisse un peu. Lorsque le couvercle de ma boite d’allumettes s’ouvre, je me dis « est-ce que ça va être mon tour? Est-ce pour aujourd’hui ?  » D’autres jours, en revanche, je souhaite vraiment que ce moi qui sois choisie, je trépigne d’impatience… Après tout, j’ai aussi envie de mon 1/4 d’heure de gloire ! Comme tout le monde !!

  6. Gwenaëlle dit :

    Jolie petite allumette suédoise fine, légère, élégante, coiffée d’un bonnet rouge pompier cherche destin hors du commun ! Regardez moi, vraiment ! Si frêle, mais si puissante ! Bien sûr je rêve d’un grand destin, là couchée dans ma boîte au milieu des autres. Pas de celui d’allumer un pétard mouillé, non ! Ce serait si triste. J’angoisse rien que d’y penser ! Ou de tomber dans de mauvaises mains. Des mains qui ne soient à l’origine que d’une rencontre avec un grattoir humide qui me fasse louper mon final étincelant, moi petit bâton du grand peuplier blanc qui suis allumette et non vulgaire cagette ou, bien pire, celles d’une pyromane qui me fassent embraser la forêt. Quel cauchemar !
    Avoir poussé ainsi au bord de l’étang, petit fragment d’arbre majestueux, clair, souple et odorant, avoir avec lui dansé avec le vent, ployé avec la bourrasque, chanté avec la brise, chatouillé les nuages, flirté avec la lune, minaudé avec le soleil, gelé sous la neige. Avoir grandi ainsi, au rythme des saisons, cela donne des prétentions. Je rêve d’un destin ! Les mains d’une artificière, allumer un feu de joie, un grand feu de la St Jean, faire chauffer la cheminée par grand froid, ouvrir la voie dans une lampe tempête, guider de ma flamme le petit avion dans la brousse… Je rêve, je rêve en espérant que mon rêve ne partira pas en fumée.
    A quelle flamme vais je être consumée ? De celle qui donne la joie ou de celle qui donne la désolation ! Qu’on en finisse, l’attente m’est insupportable. Je brûle de savoir.

  7. jlomba dit :

    Je donnerais tant pour qu’on en finisse tout de suite. A chaque fois que cette maison tremble, je me dis : ça y est ! c’est le moment et puis plus rien. Le silence reprend son droit et mon état devient pire qu’auparavant. Ah si seulement, je pouvais pleurer, mon angoisse s’évaporerait et ce feu qui brule dans mon esprit s’étoufferait. Des pensées obscures altèrent mon raisonnement et me torturent jour après jour. J’ai beau tenter d’imaginer une issue lumineuse à ce sombre destin qui m’attend, mais la triste réalité qui m’entoure me déprime tellement.

    J’ai vraiment cru que mon heure était arrivée, l’autre jour. J’ai été secouée, malmenée, ça bougeait dans tous les sens… J’ai même vu entrer de la lumière, j’ai aperçu un fragment de doigt, et là je me suis dis, j’y suis presque, c’est bon ! Toute ma vie défilait devant moi en une seconde. J’ai repensé à mes sœurs, parties l’une après l’autre, à ces bons moments où l’on se roulait les unes sur les autres, éprouvant des émotions dignes d’un grand parc d’attraction. J’ai repensé à ce jour où j’en ai vu partir deux même temps, deux sœurs que j’aimais tant. J’ai repensé à ce jour où « Detro » est revenue nous racontant son escapade chez les hommes…elle avait les yeux qui brillait. Elle nous a parlé d’un feu qui s’est allumé sur la tête de notre chère regrettée « Alle ». Detro l’avait vu partir toute rayonnante de joie. Elle avait accomplit sa mission et était enfin en paix.
    J’ai pensé à « Detro » qui était partie à son tour…j’ai bien cru qu’elle serait revenue une deuxième fois mais ce jour là j’ai vu son âme flotter et s’envoler dans une douce fumée. J’étais heureuse pour elle mais si triste pour moi…

    Finalement, j’ai entendu crier une femme dont le son de la voix augurait une certaine inquiétude puis j’ai cru entendre la voix d’un enfant qui pleurait. Il venait surement d’être grondé ; et la maison s’est une nouvelle posée. Depuis ce jour plus rien…

    Ce n’était pas encore mon heure ! Quand arrivera-t-il ? Ce jour qui me verra m’illuminer à mon tour ? Quand arrivera-t-elle cette heure qui verra cesser mes pleurs…

  8. Geneviève T. dit :

    Toutes les allumettes de la boîte, en chœur
    – mais arrête de bouger!
    -laissez-moi passer, j’veux sortir
    Une voisine
    -ça va pas la tête
    -je veux retourner dans la forêt, j’ai peur de mourir
    -mais on est faite pour ça, finir grattée contre la boîte, et ..
    -non non arrête ça me donne la chaire de poule
    -oh là là
    -déjà qu’il faut supporter une promiscuité pas possible dans cette boîte…
    -mais arrête de gigoter t’es raide comme un barreau de chaise…ah ah
    -des allumettes de tous les côtés qui m’empêchent de respirer, et la perspective de mourir..
    – si tu continues on va se mettre à pleurer
    -ah en voilà une bonne idée les filles, on pleur, on est toute humide il nous laisse tranquille dans un coin, et on continue à vivre notre vie d’allumette..
    -tu sais qu’il faudrait quand même qu’on puisse pleurer
    – hum ..oui bien sûr, oui mais j’ai peur, vous croyez que ça fait mal quand on nous sert fort entre un pouce et un index, qu’on nous gratte la tête, et quand jaillissent les premières étincelles??? Grrr
    – ç’est peut être pas le pire, après tu sais ce qui va nous arriver, hein!?
    …silence
    -une fois que l’on aura servi à allumer, une cigarette, une bougie, ou un feu…
    Que la moitié de notre corps sera tout noir et tout recroquevillé
    -non c’est trop arrête!
    -laisse moi finir, tu vois, on va nous jeter, avec mépris, et pour moi c’est le pire, qui puisse nous arriver, à nous qui sommes si utiles, qui avons un rôle reconnu depuis la nuit des temps, …
    -mais quel rôle?
    -Et bien celui d’apporter la lumière et la chaleur
    -moi je m’en passerais bien
    -Notre rôle est noble, mais le plus abominable c’est d’être jeté, brutalement pour certains, négligemment pour d’autre, et de finir écrasée sous une chaussure au fond d’un cendrier ou d’une poubelle…
    – oh là là j’ai la tête qui tourne….
    Toutes les allumettes en chœur
    -Mais tu vas te taire, laisse nous dormir
    -bon bon d’accord….mais vous savez j’ai peur
    ……silence dans la boîte
    Geneviève T.

  9. Antonio dit :

    Oups, en relisant je me rends compte d’un contre sens.
    « Cette phrase l’allumette l’entend au grand jour, qui l’éblouit .. »

    Au fond d’une mine c’est pas très crédible.
    En modifiant la chute au dernier moment voilà ce qui arrive !
    Oubliez là 🙂

    Mettons plutôt : « Cette phrase l’allumette l’entend comme elle sent un air sulfureux qui s’engouffre dans la boite »

  10. Antonio dit :

    Dans une boite, de nuit, une allumette se morfond en attendant la main qui la fera craquer le temps d’une danse sur le grattoir de la piste où elle a vu tournoyer ses congénères à tour de rôle dans une série de rocks endiablés.
    Mais le rock, très peu pour elle ! … on a déjà essayé, mais impossible de l’enflammer, la petite. Après trois tours de piste, hop, elle a tout de suite été remise en boite.
    Non, ce dont elle rêve, c’est d’un tango argentin, cette volupté des pas de doigts qui vous caressent, vous saisissent fermement et vous emportent sensuellement dans l’air qui s’ouvre à vous. Elle en frissonne.
    Mais personne ne l’invite. Tous ces badauds à qui elle se refuse pour un tour de piste, ne pensent qu’à une chose, vous envoyer en l’air et vous mettre le feu au cul. Et pour quoi ?
    Une amourette qui part en fumée ?
    Très peu pour elle ! Elle n’est pas difficile pourtant. Un mambo, un tcha-tcha-tcha, une rumba, une salsa même. Tout le monde sait danser la salsa de nos jours. Elle se sent bien seule dans son rêve, en boite.
    « A force de te refuser, tu vas finir seule, fripée au fond d’une poubelle, sans connaître l’extase d’une flambée » lui avait soufflé une autre allumette avant de s’envoler sur la piste, à son tour.
    Pauvre allumette, son destin ne semble malheureusement pas entre ses mains. Et pourtant elle veut y croire.
    « Non merci ! ».

    La boite est fermée, désormais. La nuit passe et s’étend à perte de toute notion du temps sans laisser place au jour. Une place que les regrets et les remords se disputent tandis que l’allumette s’effrite avec le temps.
    « Il en reste une ! »
    Cette phrase, l’allumette l’entend au grand jour, qui l’éblouit forcément. Elle s’émeut sous ces doigts tremblants qui osent à peine la frotter contre ce grattoir usé. Ces doigts si délicats qui l’enlacent et restent collés-serrés dans un mouvement presque maladroit, à trois, quatre ou cinq temps, ils ne savent pas ou n’ont jamais su. Ces doigts auront mis le temps pour la trouver, cette bonne vieille allumette, heureuse dans l’étreinte qu’ils allument au milieu de nulle part, dans un noir total, aussi perdus qu’elle.
    Elle se laisse porter, sert le grattoir de toute ses forces, il l’embrase, … … D’une étincelle jaillit le feu qui la consume au rythme d’un tango argentin qu’elle se fredonne et sur lequel elle se meut dans son corps de flamme. Elle est belle, elle est lumière, elle est l’infime espoir de ces mineurs prisonniers de la terre.

  11. Marie-Ange dit :

    Ca y est ! je reste toute seule dans ma boîte… mes soeurs sont toutes parties en fumée dans le ciel !! et moi j’ignore le sort qui me sera destiné… Allumer un barbecue, par exemple, ne me déplairait pas trop parce que cela rassemble les gens et les rend heureux ; allumer une baguette d’encens me ferait partir en odeur de sainteté !!! mais ce qui me déplairait au plus haut point serait d’allumer le gaz, déjà l’odeur, je déteste… et c’est trop terre-à-terre à mon goût !!! non pas ça !!! mais on ne me demandera pas mon avis… hélas !!! Non, ce qui me plairait le mieux c’est…. mais non, je ne dirais rien, c’est mon secret…
    Mais… qu’est-ce qui m’arrive, voici qu’une main assassine me saisit, me frotte contre le côté de la boîte (oui, je me souviens, c’est ainsi que mes soeurs ont péri…), donc voici ma dernière heure arrivée !… Mais…, mais, Oh ! bonheur ! voici que ma flamme est dirigée contre ma petite Gitane, ma chère petite Gitane… Je brûle d’amour, je me tords dans l’extase. Oui, mes amis, c’était exactement ainsi que je voulais quitter cette terre…. mourir d’amour… consumée d’amour !

  12. Bruno dit :

    Dans l’espoir que tout bouge,
    Riquita l’Allumette
    obsédée par sa tête
    et ses reins
    rêve à un
    P’tit bout rouge.

  13. Gairaud dit :

    encore une blague du regretté Georges Briquet (journaliste sportif des années 50 et 60) rendu célèbre par ses reportages sur le Tour de France !!

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