Passer de la nouvelle au roman exige du souflle

Une amie cuisinait remarquablement. Chaque fois qu’elle nous invitait à sa table, de l’entrée au dessert, tout était un régal.
des-confituresElle faisait aussi de succulentes confitures, qu’elle offrait généreusement à la moindre occasion.
Ses gelées de coings et de groseilles rencontraient un tel succès qu’elle décida de les commercialiser; les clients affluèrent.
Elle dû acheter de plus grandes marmites, beaucoup plus de fruits et des sacs de sucre. Son petit commerce se transforma en entreprise. Mais ce n’était plus les mêmes confitures…
Préparées en grande quantité, leurs saveurs s’était affadies.
Cette anecdote m’a conduit à un rapprochement avec l’écriture.
En effet, j’ai rencontré plusieurs fois des personnes excellant dans l’art d’écrire des nouvelles. Leurs histoires enthousiasmaient ceux qui les lisaient.  Ces derniers encourageaient immanquablement l’auteur à se lancer dans l’écriture d’un roman. Ce qu’elles firent.
Et là, patatras ! L’histoire qu’elles avaient choisie de raconter ne tint pas la distance.
On s’ennuyait vite après avoir lu quelques pages
Ceci pour dire que tous les nouvellistes ne pas automatiquement de bons « littérateurs de fond »
Une idée exploitable brièvement dans une nouvelle peut servir de base à un roman, mais encore faut-il avoir le souffle pour la développer sur des centaines de pages. Sinon, plus on l’étire plus son intérêt diminue.
(…) le roman est une forme exigeante, probablement la plus accaparante, celle qui requiert le plus d’énergie intellectuelle(…) David Lodge, interview de l’auteur par  le magazine Pleine Vie, avril 2016

2 Responses

  1. Elisa dit :

    La nouvelle n’est pas un mini roman de même que le roman n’est pas une maxi-nouvelle. Les deux formats ont leurs exigences propres, incontournables. La preuve avec La tête de l’emploi de David Foenkinos qui a transformé sa nouvelle en roman avec pour résultat, le même « affadissement » de ces confitures que tu décris. Moi qui suis fan de cet auteur, j’ai été bien déçue…

  2. oholibama dit :

    Oui c’est vrai
    mes nouvelles sont faciles…enfin pour moi.
    mais, lorsque je m’attaque à plus gros, je me rends bien compte que le repas est plus difficile à ingurgiter. je m’y essaie pourtant avec plus ou moins de joie, de bonheur. Qu’importe cela reste de l’écrit. Enfin, le bon auteur lui ne se satisfera sûrement pas de ces mots là!

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