Exercice inédit d’écriture créative 281

agent-de-policeUne phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
– Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par loi sur la lisibilité.
– Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’..

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26 Responses

  1. Michel ROBERT dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte là ! s’écria-t-il, vous êtes allé à la ligne, il ne fallait pas. Vous auriez dû continuer. Arrêtez votre réservoir, descendez de votre stylo.
    – Mais Monsieur le point, j’étais pressé, mes cahiers sont encore à l’école. En ce moment, ils sont dans leur casier, alors qu’ils devraient être dehors depuis un quart d’heure !
    – C’est la règle, il faut vous mettre à la page mon vieux ! Vous tartinez trop vite, vous êtes léger comme une plume, vous vous croyez où ?
    – Mais ! Je viens de faire le tour du pâté ! Dans mon élan, j’ai été trompé par les suspensions.
    – Ce n’est pas une excuse ! Vous devez être maître de votre style. Je vais être obligé de vous verbaliser. Vous avez les papiers de la virgule ? Elle est assurée au moins ?
    – Mais Monsieur l’encrier !…
    – Le point s’il vous plaît ! Faut pas mélanger ! Rangez votre lecture le long de la marge. Vous allez monter dans ma littérature, je dois faire une photocopie de votre personnage.
    – Et mes cahiers !
    – Chaque chose en son temps ! Quand on est imparfait, faut prévoir le futur. Ils ont quel âge vos cahiers ?
    – Ben ! Ils sont pas tout jeunes, ils sont en cours de recyclage.
    – Je téléphone à l’académie, il faut tout vérifier, c’est impératif ! On va vous retirer votre homonymie.
    – Ah ! Ben ! Ca serait pas mal ! Je n’aurais plus de problèmes d’identité comme ça !
    – Quoi ! Vous faîtes de l’esprit ! N’aggravez pas vot’cas ! Dans vot’cas, faut faire le point. Je vais vous faire une interrogation. Vous allez me suivre au secrétariat.
    – Et ma virgule !… Et mes cahiers !
    – Vous avez le droit de garder le suspense ! Tout ce que vous lirez pourra être retenu par vous dans un grand journal. Vous avez droit à un bavard. Si vous n’en avez pas, vous ne serez pas au box-office ! Circulez !

  2. Dominique dit :

    J’ai juste un commentaire amusé au sujet de la loi sur la lisibilité. Il y a plus de 20 ans, je travaillais à la Direction Générale des Impôts, faisant partie du Ministère des Finances. Le ministère proposait à ses agents des formations diverses : accueil, orthographe et LISIBILITE !!! autrement dit « écrire pour être compris » quand on écrivait à nos contribuables. On nous a expliqué les mots simples, les phrases courtes, etc… Le propos était illustré par des exemples venant, pour la plupart, de la DGI elle-même. Les participants des autres administrations ont considéré ça comme du charabia et étaient admiratifs de voir que nous utilisions ça tous les jours et que nous arrivions à comprendre ! Je me souviens de l’histoire de l’aviculteur-accouveur : personne n’a compris à quel taux de TVA on devait le taxer, tant l’explication était alambiquée ! Vous connaissez le cordonnier mal chaussé ?
    Merci Pascal pour tous vos messages, vos conseils et trucs.

    • Pascal Perrat dit :

      Merci Dominique pour ce témoignage si drôle. En France on aime compliquer les choses, les lois, les règlementations, les modes d’emploi, etc. C’est dans notre nature, impossible d’y échapper.

      Amicalement

      Pascal

  3. Christophe Le Sauter dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte là ! S’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par loi sur la lisibilité.
    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’..
    L’action se déroulait dans un bureau parisien. La pluie dehors tapait sur les carreaux crasseux. Ce vendredi soir, l’agent correcteur pensait qu’il changerait bien son vieux mobilier. A bientôt soixante ans, Charles, aimait toujours son boulot et rêvait toujours de corriger le futur prix Goncourt. Au lieu de cela il devait se fader, la correction du texte d’un jeune freluquet, qui, au prétexte d’être diplômé, se prenait pour un écrivain en devenir. Il était tard, il aurait bien aimé rentrer chez lui. Il fallait tout de même corriger ce texte d’urgence. Sa femme, Sarah, le fâcherait bien un peu, s’il rentrait trop tard, mais ce serait pour la forme. Elle ferait réchauffer le repas comme d’habitude. Heureusement qu’il l’avait, elle, c’est elle qui l’aidait, par l’amour qu’elle lui portait, à surmonter le quotidien.
    Et cette phrase qui avait dû être bâclée. Il venait de raccrocher le téléphone. Il avait appelé le freluquet justement, qui était incapable d’expliquer sa phrase, soi-disant qu’il était pressé de couper la communication pour partir on ne sait où.
    A bien y réfléchir, il n’était pas si mal ce texte, le meilleur du freluquet sans doute, depuis un bon moment. Il pourrait même, en l’améliorant un peu, le rendre plus vivant.
    Le texte racontait, l’histoire d’une jeune femme, avocate, promise à une brillante carrière, qui se démenait comme une diablesse en furie, pour gagner de justesse des procès difficiles.
    Elle lui plaisait bien, cette trentenaire, blonde dans l’histoire, lui, la voyait plutôt brune, la peau un peu mate, comme Sarah. Quelques hommes passaient dans sa vie, à l’occasion de rencontres au tribunal, où elle passait la plupart de son temps. Mais rien de sérieux. Passionnée d’art et de littérature, Clémentine consacrait ses loisirs, aux musées, à la lecture. En fait, c’était la fille qu’il aurait aimé avoir, avec Sarah.
    Le freluquet ne connaissait rien aux femmes, cela se voyait, son héroïne absorbée par ses plaidoiries ne prenait pas le temps de voir ses parents. Sa fille à lui, Charles, viendrait toutes les semaines, déjeuner à la maison. Le dimanche pour avoir le temps de parler.
    Sarah, en bonne cuisinière lui ferait ses plats préférés ils parleraient du temps où ils partaient tous les trois en vacances. Clémentine raconterait, comment, elle défendait ses clients, pas toujours très honnêtes.

    D’ailleurs Charles mettait souvent en garde Clémentine. Elle ne se rendait pas compte qu’il était imprudent de fréquenter trop de mauvais garçons. Charles ne voulait rien dire pour ne pas inquiéter ni sa fille ni sa femme, mais un truand l’avait menacé, lui, Charles, cette semaine. Au début, il n’avait pas pris l’histoire au sérieux, puis l’homme avait prévenu qu’il le tuerait s’il n’intervenait pas auprès de sa fille. Au téléphone, pas plus tard que ce soir.

    Le lendemain, la pluie avait cessé sur Paris. Dans les kiosques, les unes des journaux relataient un fait divers. Un jeune écrivain venait de tuer l’employé d’une maison d’édition.
    On interrogea la femme du malheureux défunt, une certaine Sarah, qui ne cessait de répéter que son mari était sans histoire, et qu’il ne voulait qu’une chose, changer son mobilier de bureau.

  4. Peggy dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par la loi sur la lisibilité.
    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’…

    De « voitures » qui vient d’avoir un accident. Le mot est très gravement atteint et je dois me dépêcher si je ne veux par arriver trop tard. Les lettres de « passagers » sont disloquées et en grand danger.

    Un romancier très célèbre, spécialiste de livres policiers, habitué des descriptions de courses-poursuite, a perdu le contrôle de ses mots. « Vitesse » en particulier n’a cessé d’augmenter son allure.

    « Frein » qui aurait pu lui éviter de graves problèmes, était sur le bout de sa langue mais il ne pouvait ni le nommer ni l’écrire. Son cerveau bouillonnait or rien n’en sortait.

    Sa main dans une frénésie incontrôlable, courait sur le clavier pour décrire deux braqueurs de banque prenant le large à toute allure dans les rues de Chicago. Les mots « toute allure, accélération, hâte » se succédaient sur le papier donnant le vertige.

    Il avait un besoin vital du mot « frein » pour décélérer cette course infernale qui devenait de plus en plus dangereuse en ville. S’il ne le retrouvait pas rapidement, iI risquait la catastrophe.

    Lorsqu’il le récupéra enfin, le choc avait eu lieu, provoquant un carambolage inextricable.

    S’il avait écrit à la main, je pense que l’accident n’aurait pas eu lieu car sa fatigue musculaire aurait été telle, qu’épuisé il se serait arrêté à un point.

    Comme ce n’est pas le cas, vous comprendrez, monsieur l’agent correcteur, qu’il y a urgence car évidemment « chauffeurs » est aussi dans un piteux état. Permettez-moi de filer au plus vite.

    – Justement pas si vite ! Attendez une minute, vous êtes en train de me déclarer un flagrant délit de vitesse d’écriture et de personne dangereuse qui ne maîtrise pas ses mots. Je vous accompagne pour verbaliser !

  5. Clémence dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par loi sur la lisibilité.
    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’..

    – S’cusez-moi m’sieur Lagent Correcteur, j’suis docteur ès lettres et coach de surcroît vous pouvez pas m’embêter y n’manquerait plukça car un créateur de style littéraire vient de m’appeler à son chevet, débobina madame Lafrase, tout d’un trait sans point et sans virgule…
    – Je vois où vous voulez en venir. Vous désirez certainement un passe-droit !
    – La belle affaire comme dit ma voisine du dessus celle qui a un chien qui court partout j’ai rien à en faire de vot’ passe-droit moi je suis comme ça directe je ne tourne pas autour du pot avec 36 contraintes de toutes les sortes lança Lafrase avec emphase.
    – Madame Lafrase, je vous en prie, reprenez votre souffle, vous risquez l’asphyxie, déclama très doctement Lagent Correcteur

    Laphrase ne s’en laissa pas conter pour autant. Elle monta sur ses grand chevaux et prit Lagent Correcteur au mot.
    – J’crains pas l’asphyxie à cause de ma vitesse j’la crains à cause de tous ces trucs qui court-circuitent mes idées.
    – Mais au contraire, les signes de ponctuation sont des facilitateurs de compréhension…
    – J’ maîtrise mes mots et mon débit les autres n’ont qu’à faire pareil.
    – Ne croyez-vous pas que c’est un manquement au respect de l’autre ? glissa discrètement Lagent Correcteur.
    – Tout d’suite les grands mots !
    – Loin de moi cette tentation ! Mais vous devez comprendre que lorsque vous vous exprimez, votre interlocuteur ne sait pas ce que vous allez lui dire. Il a besoin que vous l’aidiez…
    – Manquerait plus que ça et quoi encore je devrais faire des efforts pour parler et encore faire des efforts pour celui qui écoute mais vous rêvez m’sieur Lagent Correcteur et puis ça suffit de me retenir comme ça entre parenthèses moi on m’attend je suis coach de style littéraire tendance comme je vous l’dis et un jeune créateur attend mes services !
    – Allons, madame Lafrase, ne vous emballez pas. Prenez vos idées l’une après l’autre et séparez-les par un point.
    – Vous z’y allez fort pourquoi voulez-vous que je montre un poing vengeur j’suis pas violente extra moi j’suis pas comme les gars de là bas …

    L’agent correcteur ferma les yeux et respira profondément. Il sentait que tous ses efforts seraient vains. Qu’il n’arriverait pas à faire comprendre à Lafrase que la pensée se structure en idées. Que les idées se séparent par des points et même des alinéas. Que …

    Il tenta cependant une dernière approche pour convaincre Lafrase :
    – Si vous le permettez, sans empiéter sur vos compétences, je me permettrai d’abonder dans votre sens. Ne dit-on pas que la créativité dynamise les bouleversements indubitables de l’éternité ?
    – …
    – Et que la liberté illumine les paramètres scientifiques du potentiel humain…
    – ….
    – De même que le message transfigure les paradigmes existentiels de l’épistémologie ?
    – ….
    – Vos silences, madame Lafrase, me laissent sous-entendre que vous acquiescez et que vous adhérez à ma philosophie…
    – …..

    Le silence se prolongea et l’agent correcteur fut stupéfait lorsqu’il entendit Lafrase murmurer en le quittant:
    – Je n’ai rien compris de ce qu’il a dit virgule mais qu’est-ce qu’il parle bien point d’exclamtion.

    Il regagna son office.
    Il s’assit à son pupitre.
    Il était heureux.
    Heureux de savoir qu’il restait encore tant de mots dans sa plume…

    © Clémence

  6. Nadine de Bernardy dit :

    Excusez moi, monsieur l’agent correcteur, d’avoir dépassé les bornes, mais je suis appellée, en tant que docteur es lettres, sur une urgence auprès d’un pauvre homme,ancien journaliste,atteint de styloïdite aigüe.C’est sa troisième crise de volubilité en un mois et sa femme n’en peut plus,je suis la seule à pouvoir le calmer.
    Nous nous comprenons à demi-mot voyez-vous.Cela prend des proportions inquiétantes,il ne dort plus,mâche ses mots et noircit des pages de mots insensés,sans ponctuation aucune.
    Une vraie diarrhée écrite. Ca envahit,s’entasse,part dans tous les sens.
    Veuillez me laisser passer par bonté, je vais tenter encore une fois de juguler le mal Monsieur Corector
    – Non moi je suis correcteur et vous madame……
    Mais déjà la phrase ,son bloc de papier sous le bras avait enfourché son stylo à pompe et n’entendait plus rien, filant à toute allure dans les rues de Bécherelles, laissant derrière elle un nuage de voyelles.

  7. Emmi A dit :

    Quelque part au pays des lettres et des livres… entre Tolstoï et Conan Doyle…

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    « -Halte là ! S’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par la loi sur la lisibilité.
    -Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’une terrible urgence ! Il ne m’en a fallut pas moins de dix minutes pour attraper virgules et point exclamation, ainsi que mallette d’alphabets de tous pays pour me préparer et partir à la hâte ! Et encore, faudrait il prier pour que je n’ai pas besoin du circonflexe car je l’ai malencontreusement laissé dans l’entrée ! Si vous ne levez pas ce point quelque chose de tragique risque d’arriver… après il sera trop tard je ne pourrais rien faire ! »

    L’agent leva les yeux au ciel, excédé d’avoir à faire à ce genre de spécimen tous les jours, des docteurs de A à Z, qui sans cesse pressés par de soit disant terribles urgences, se croient en mesure d’outre passer la correction, automatique ou manuelle. Il attrapa une mine tout en minant de ne pas entendre les lamentations du docteur et commença à écrire (au rythme autorisé bien évidemment) :
    « – Suite à dépassement de vitesse, il est dressé un procès verbal de cinquante lignes de mots en latin anciens pour dans quarante huit heures « dura lex, sed lex » (loi dure, mais c’est la loi ), sous peine de comparution au tribunal correctionnel. Vous encourez une peine de radiation du dictionnaire ! »
    Le docteur, affolé par ce qu’il entendait, mais également agacé de devoir payé de cinquante lignes de latin, qu’il avait en horreur d’ailleurs, tenta tout de même de se faire écouter :
    « – Monsieur l’agent je vous en conjure ! Tenez regarder ma carte de professionnel… je dois agir vite ! Vous ne vous rendez pas compte que sinon nous risquons de perdre encore un auteur et qui sait, une riche œuvre littéraire… tout ça parce qu’avec vos stupides… »
    A la vue du regarde noir de l’agent, le docteur compris que si il continuait cette phrase il signait son arrêt de mot définitif !
    « – Non, ce que je veux dire monsieur l’agent… aimez vous Molière?
    – Bien sûr… ma préférence va sans doute à L’école des femmes… quoique Le misanthrope n’est pas si mal… m’enfin Le malade imaginaire avait aussi du génie surtout quand…
    – Eh bien voilà, voilà, monsieur l’agent… ! Si je ne l’avais pas visité un matin de ses débuts, Molière n’aurait pas été, je n’aurais pu insuffler les bonnes lettres et les bonnes ponctuations… si à l’époque on m’avait bridé de quelques mots à quelque vitesse que ce soit je n’aurais pu aidé ce Molière a devenir Molière… Et Shakespeare… de même avec lui… un matin, maussade, en perte d’inspiration… me voilà appelé par une âme en détresse… J’ai soufflé un peu d’amour et qu’en résulta t-il ? Roméo et Juliette…
    – Ah ben tiens évidemment… alors vous, vous êtes le docteur de toutes les stars littéraires de ces derniers siècles… et moi je dois vous croire… parce que là vous allez sauvez un futur auteur fondamental… et bla bla bla…Tous les jours la même histoire, tous les jours j’ai le droit à des histoires exceptionnelles, va… tenez prenez votre amende, ça suffira. Notez nom et prénom je vous prie… »

    Le docteur, qui comprenait maintenant que rien n’accélérerait le processus signa le procès verbal en pestant tout bas et attendit impatiemment que l’agent leva le point… Le docteur partit en douceur mais au premier virage, il détala pour arriver chez « l’écrivain malheureux », le cabinet où il soignait les âmes en mal d’inspiration. En consultant l’auteur, il souffla de soulagement quand il vit qu’il n’eut pas besoin d’utiliser de circonflexe. Après quelques points d’interrogation, d’exclamation, plusieurs néologismes sur mesure, il vit l’écrivain repartir de plus belle dans sa narration et en quelques jours seulement boucler un des best-seller du troisième millénaire… ouf, une catastrophe d’évitée !

    Quand à l’agent… après avoir englouti ce fameux livre qui venait de paraître et qui avait cartonné chez les libraires, par acquis de conscience vérifia sur son annuaire miniature l’identité du dit docteur qu’il avait arrêté deux semaines auparavant… Lorsqu’il reconnu que ce même docteur était celui qui avait permis la création de ce roman, une bouffé de remords s’empara de lui… mais s’avoua quand même que même si il l’avait retardé, il n’avait pas tellement fait sa mauvaise tête et l’avait laissé partir assez vite quand même… l’urgence ne devait donc pas l’être autant que ça sinon… ce livre n’aurait pu être non ? Et puis, après tout, dura lex, sed lex !

  8. Christine Esnault dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte là! S’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par la loi sur la lisibilité.
    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur je suis docteur ès lettres on vient de m’appeler au chevet d’une idée fulgurante aux contours indécis qui risque de disparaître pour toujours et pour tout le monde si je ne peux lui prêter les mots qui lui feront prendre corps et lui permettront d’éclater au grand jour pour le bonheur de tous les lecteurs et je vous assure que…
    – STOP! J’ai besoin de respirer, là! Docteur ès lettres, hein? La ponctuation, vous connaissez?
    – Désolée mais l’inspiration ne peut s’embarrasser de ces signes encombrants et disruptifs qui ne sont qu’entraves à la liberté de l’esprit et à l’élan créatif porté par le pouvoir des mots et l’alchimie de la pensée et je ne veux pas connaître de limite et ne souhaite que permettre aux idées d’être exprimées sans frontières et je refuse de me soumettre à toute contrainte ou convention arbitraire qui n’a d’autre but que de nuire à la libre circulation des…
    – ARRÊTEZ! Mais, arrêtez donc! Vous n’avez rien compris ma petite! Vous êtes une PHRASE! Vous savez ce que c’est, une phrase? Un sujet, un verbe, un complément, un début et une fin! Une FIN, vous m’entendez! Aimez-vous tant la solitude qu’en vous privant de point, vous fuyez vos semblables? Que d’histoires merveilleuses vous pourriez, ensemble, composer! Y avez-vous songé? De plus, loin de vous faire obstacle, ces signes que vous reniez, qui ponctuent un discours et permettent de respirer, soutiennent votre harmonie, vous donnent un rythme et une couleur particulière. Au lieu de vous en méfier, vous devriez en faire vos alliés! Ils servent le même dessein que vous! Vous êtes le véhicule de la pensée! Vous transcendez les mots en des assemblages qui donnent vie aux idées. Grâce à vous, le verbe prend tout son sens! Je ne vous verbaliserais pas cette fois, si vous me promettez de devenir raisonnable et de laisser une chance à vos lecteurs de reprendre leur souffle.
    – Vous croyez?
    – Quoi? Qu’en acceptant de collaborer avec la virgule, les points virgule, d’exclamation et d’interrogation vous gagnerez en sens, en efficacité et en lisibilité? Assurément! Essayez! Vous allez adorer.
    – Eh bien, ma foi! Vous m’avez convaincue! Votre démonstration en valait bien la peine. Je m’enivrais de mots dans une course sans fin. Je réalise que ma quête d’infini m’avait fait perdre de vue celle du sens. Merci! Je promets d’être sage et d’user sans complexe de ces merveilleux signes. J’entends déjà très bien la mesure qu’ils impriment à ma mélodie!
    – Allez! Soyez heureuse! Écrite, parcourue, chuchotée, lue, déclamée, chantée, scandée, récitée, aimée, recopiée, imprimée, relue… Vous vivrez sans fin, même avec un point!

    • NEUVIALE dit :

      Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
      – Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par loi sur la lisibilité.
      – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’une litote qui, toute tête de linotte qu’elle soit, n’en mérite pas moins d’être guérie.
      -Tutute dit l’agent, litote ou pas, la limite est dépassée et quand on dépasse les bornes on ne sait où cela va s’arrêter … un point c’est tout !
      -Mais ma litote ?
      -Vous vous fichez de moi ?
      -Je ne me permettrais pas, pourquoi dites vous cela ?
      -Une litote, et vous devriez le savoir, docteur ès lettre, est une figure de rhétorique consistant à dire moins pour laisser entendre beaucoup plus qu’il n’est dit …
      -Je vous arrête !
      -Alors ça, c’est la meilleure ! Et de quel droit ?
      -Votre phrase, cher agent correcteur, dépasse, elle aussi, les limites de mots ! Apprenez à faire court … Ce n’est pas pour dire, mais vous êtes bien long vous même.
      -Ah ? Parce qu’en plus, c’est moi qui verbalise, et c’est vous qui me faites une remontrance !!!
      -Ah ! Vous voyez que, non seulement vous faites long, mais -et ce n’est pas tout- en plus vous utilisez des points d’exclamation !
      -Cela n’a pas de sens
      -Pour moi c’est clair : vous n’êtes pas au point.
      -Ne vous plaignez pas : si j’avais été le point d’exclamation, vous en auriez bavé !
      -Vous parlez de celui qui est droit comme un « i » à l’envers ? Ah oui, il est terrible !
      -Et les points de suspension, alors ? Ce n’est terrible ça en fin de phrase ? Vous vous retrouvez dans le vide là, à ne pas savoir où aller, dans l’incertitude la plus complète.
      -Je vous rejoint : point, point d’exclamation, point de suspension, point d’interrogation, … Point trop n’en faut. Mais au fait, depuis quand le nombre de mot est-il limité ?
      -Depuis que la pénurie de points à sévi l’hiver dernier. On n’en trouvait plus, alors les phrases duraient, duraient et, à la fin, on ne savait plus ce qu’il y avait au début …
      -Et alors ? Qu’avez-vous fait ?
      -On a mené une politique de multiplication des points grâce à une technologie pointue, à la pointe du progrès.
      -C’est à dire ?
      -La brigade d’agents correcteurs, à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir, a été renforcée. Pas plus de quinze mots sinon, paf ! Un point, voire deux ou trois, selon.
      -Alors ?
      -Les écrivains perdaient des points et on les récupérait.
      -Pas bêtes.
      -Qui ?
      -Les agents correcteurs.
      -Ne vous moquez pas, vous de m’attendrirez pas.
      -Et ma litote alors ?
      -Ah oui, j’oubliais … Votre litote … C’est bon … allez … je ne vous hais point.
      .
      Pehenne

  9. Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle entendit :
    « Halte là ! Vous avez dépassé la limite de mots autorisés par la loi sur la lisibilité »
    Un . s’interposait qui ne faisait pas le poids.
    Le bolide accéléra, sans CD aux injonctions, et roula comme s ‘il lui étaient poussées des L, manquant renverser au passage un AB qui se AT de traverser la rue et se retrouva le Q à l’ R, sa soutane relevée, hurlant au fou du volant : « je V porter plainte contre X », devant une foule AC MU qui manifestait sa N de ces gens O comportement irresponsable, menée par un monsieur UP qui répétait que décidément il en AV AC, de cette génération Y, qu’il rapporterait les faits aux LU, et brandissait en signe de ralliement un blason à l’ FIJ de la ville, répétant à qui voulait l’entendre : « A LM jouer ! L ne manque pas d’ R ! On ne fait pas d’omelette sans KC des E ! Si on se T, ils remettront ça ! Je V leur OT toute envie de recommencer ! », mais déjà l’agent correcteur surgissait, et arrêtait le bolide fou dans la B où il s’était réfugié, en bord de mer.
    « Excusez-moi, Monsieur l’agent correcteur », larmoya le contrevenant, « je suis docteur ès lettres, et on vient de m’appeler au chevet de points de suspension en train d’expirer. Vous comprenez que le temps est compté et …. … …»
    Et le chauffard se lança dans un discours sans fin, sans points ni virgules, une logorrhée sans temps morts et bientôt on n’entendit plus que « ZZZZZZZ ! » L’agent correcteur s’était endormi, appuyé sur le capot de l’auto.
    Moralité de cette histoire qui ne vaut pas un P :
    C’est toujours les points de suspension qui ont le dernier MOT !

  10. ourcqs dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par loi sur la lisibilité.
    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’..
    homophones aux prises avec la phonétique, si l’étymologie intervient , nous prenons des risques., Vous avez remarqué les contre sens des virgules déplacées, et les points d’ironie qui se multiplient ?? Vous ne pouvez pas tout limiter, tout contrôler, sens critique, premier ou littéral. Que faites-vous du sixième sens ?? quant à la lisibilité, que va-t-il en rester après les débats au sénat, sur les accords délicats, les circonflexes responsables des disparitions des E ou S, et autres tirets ???

    Vive les points de suspension …. !!

  11. luxury bio dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte là ! S’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par loi sur la lisibilité.

    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’un stylo. Arrivé près de du stylo Il était déjà trop tard, à l’article de la mort il avait fini par être définitivement rayé. Le crayon avait succombé à ses biffures, couché, il avait attendu le docteur comme le malade attend la grande faucheuse. Sa mine était grise, ses traits tirés, son corps cristallin laissant découvrir la lymphe carminé de son ventre et l’encre écarlate, substance élémentaire à toutes créations, commençait à sécher sous l’exaltation d’un soleil saharien. La phrase en voulait sourdement à l’agent correcteur, elle était persuadée que s’il ne l’avait pas arrêté elle aurait pu arriver à temps pour le sauver. C’était un coup dur pour le docteur es lettres, jamais depuis l’obtention de son diplôme il n’avait perdu quelqu’un, il lui fallait faire le deuil d’une toute puissance illusoire. Utopiste des premiers abécédaires, il voyait s’évanouir son doux idéalisme. La machine à briser les rêves s’était dévoilée sans même qu’il y ait un signe de sa survenue. L’agent correcteur n’aspirait qu’à une chose, tourner les talons. Loin de se sentir coupable, il se sentait tout de même gêné par son intervention inopinée, peut-être que s’il n’avait pas arrêté la phrase….Il restait pantois, bouche bée, le zèle que lui conférait sa fonction s’était fait prudent, il ne soufflait plus les mots, il ne renversait plus les points sur les i trop penchés à son goût, il ne fauchait plus la patte des j trop longue et ne rasait plus les têtes des autres lettres dont la coiffe lui paraissait ostensiblement exposée. Il ne restait plus qu’à mettre la victime dans son cercueil, on la déposerait dans un écrin de velours noir doux comme le fil des arthropodes. On lui rendrait un dernier hommage en lui décernant la plume d’or à titre posthume pour ses bons et loyaux paraphes et graphes. La phrase insista pour que l’agent correcteur porte lui-même le défunt vers sa sépulture, pensant qu’il aurait quelques regrets, mais loin s’en faut. Cabochard comme un Javert, Il n’avait pas pus se résoudre à laisser circuler les accents racoleurs malgré la disposition regrettable du moment. Excédé, le docteur es lettres l’attrapa et le ficela sous sa multitude de mots emmêlés, il voulait envoyer définitivement le fautif derrière les barres des H muets. Il ne serait pas dépaysé car tous ceux qui avaient atterri derrière les barres des H et qui avaient été jugés par la chambre corrective du tribunal des incorrections lui devaient cette infortunée place. Il aura alors, tout loisir d’apporter ses corrections…

  12. oholibama dit :

    La phrase filait à tout allure lorsqu’elle fut stoppée par un point. Halte là. Puis, le point sursaute lorsqu’il se rend compte de son erreur. _ Oui! Que me voulez-vous? demande le point d’interrogation. Eh bien comme je viens de le dire…_ vous vous rendez compte que je suis pressé! Les trois points se sont encore fait grillés, je dois les interroger. donc… _ Oui mais, des points, des virgules, des suspensions, des exclamations et autres et vous même le point d’interrogation vous comprenez que je dois faire mon travail. Même vous qui êtes au-dessus des autres et encore il y a plus grand que vous, vous savez, alors…quand ils sont à l’amande, ils ne rechignent pas eux. Les trois points ne sont pas de dangereux criminels. un peu, beaucoup …en ce moment c’est la demande; l’auteur joue un peu avec l’air du temps…moi-même j’avoue que…
    _ Alors! pourquoi chercher à nous mettre à l’amande?
    _ je déteste les fanfarons, bouffis d’orgueils, point virgule le snob, point d’interrogation le juge dont vous faîtes partie, point de suspension un peu tête en l’air mais docile à sa manière. Virgule qui ne se met jamais là ou elle doit-être et me fais sourire tant la phrase se perd avec cette virgule qui se promène, les guillemets ces farfadets qui romps un peu la monotonie de l’écrit et les petits points qui je le répète vont et viennent suivant l’air du temps.
    _ Oui eh bien vous me le faîtes perdre à moi mon temps et sur ces bonnes paroles moi l’interrogation je vous juge trop arbitraire.

  13. ISABELLE PIERRET dit :

    Une phrase filait à toute allure, lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte-là, s’écrira-t-il, vous avez la limite des mots autorisée par loi sur la lisibilité.
    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur es-lettres, on vient de m’appeler au chevet d’un haïku : grosse inflammation, trop de mores, par cir-concision ratée.
    Rassurez-moi, vous n’êtes point de suspension ?
    – Si, si, et vous n’aviez aucune visibilité dans cette périphrase, alors, suffit, vous remballez.
    – C’est une urgence, je dois lui faire une résection, peut-être même une ponct(uat)ion !
    – Vous m’embêtez avec vos airs, donnez-moi vos livres, vos cahiers,
    – Voici déjà mon assurance, ma grammaire et ma virgule : tout ceci est en règle, j’ai même encore le circonflexe
    – Ça va, ça va, ne faites pas le fanfaron, vous risquez les parenthèses, voire même les guillemets…..
    – Si vous le prenez sur ce ton, Monsieur l’agent, montrez-moi votre majuscule !
    Il y a urgence, je vous le rappelle
    – Je n’y crois pas à votre histoire, c’est décidé, je vous stance et je vous strophe, cela fera un slam !
    Décomposée, la phrase qui se croyait plus-que-parfaite sortit alors son point d’exclamation et s’écria à ses astérisques :
    – Monsieur l’agent, on règlera ça à la Linguistique et s’il le faut à la Sémantique
    Toujours est-il que l’haïku signa beaucoup,
    et que l’agent s’alinéa, mais sans argent !

  14. Stéphanie dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par loi sur la lisibilité.
    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’un adverbe qui vient de se faire tabasser par un verbe d’action sans pitié.
    – J’vois pas le problème. Qui s’occupe des adverbes de nos jours. Vous êtes totalement dépassée ma chère. Voilà bien longtemps que les adverbes sont passés du coté de la face obscure. Franchement, ne courez plus. Votre cause est perdue.

    La phrase avait stoppé sa course, bien obligée de respecter les ordres du point. Elle se contracta, elle devait tenter de cacher ses compagnons illégaux. Ils étaient quatre à bord, coincés entre virgules et noms. Eperdument, sauvagement, doucement et tranquillement.
    Elle devinait qu’elle allait avoir de sérieux problèmes. Eperdument gloussa, et soudain se recroquevilla sur ces dernières lettres. Devenu éperdu il avait plus de chances de s’en sortir. Elle se doutait que sauvagement allait faire du zèle, il était du genre têtu, une sorte d’adolescent révolté. Il se battait pour son ment. Elle le trouva fier comme un coq fermant la marche, assis sur l’adjectif humble. Soudain, son regard fut attiré sur un passager qui dépassait. Ah ! quelle scène charmante ! Doucement et tranquillement s’étaient enlacés, l’un dans l’autre, trandouquille s’élevait au-dessous des noms, comme un petit nuage gonflé perdu sur la ligne de l’horizon.

    – Vous avez surement un passager clandestin pour filer aussi vite.
    – Moi ? non pas du tout, allez-y inspecter moi si vous y tenez. J’ai passé ma syntaxe au marbre la semaine dernière, vous voulez voir ma vignette Bescherelle ?
    La phrase tendit son petit carré rouge étoilé des quatre signes blancs.
    – Qu’est-ce qui me prouve que vous n’avez pas trafiqué depuis ?
    – Bin, regardez-donc par vous même.
    Le point remonta la phrase, se plaça a sa tête, et parcouru la ligne. Il stoppa son inspection au milieu.
    – Trandouquille ! Bravo ! je vous félicite. Vous vous entretenez vous dites-donc ! Cela se voit !
    Il était conquis.
    – C’est parfait. Vous pouvez circuler, mais s’il vous plait, laissez mourir les adverbes, vous verrez vous y gagnerez en confort et en énergie !

    Bon dimanche 🙂

    Stéphanie

  15. françoise dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
– Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisés par loi sur la lisibilité.
– Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’un point d’interrogation qui est tombé brusquement en apnée statique sans doute à la suite d’un mauvais placement dans une phrase capitale d’un texte scientifique, rendant celui-ci illisible pour n’importe quel savant, émérite ou pas. Il en va de l’avenir de la France et des Français, de leur santé, de leur bien-être, de leur vie même.
    L’agent correcteur s’exclama « Gardons notre calme, créons provisoirement un alinéa ponctué par un point d’exclamation et appelons un ex- docteur, victime d’une radiation de l’ordre des médecins en lettres, à la suite d’une prescription orthographique avec des fautes de ponctuation qui avait failli mettre en grave danger un texte de loi concernant l’Education Nationale.
    Ne perdons pas de temps. l’ex-docteur examina le point d’interrogation, lui fit des points d’acupuncture, le mit à l’envers comme s’il figurait dans un texte espagnol, plaça un autre point d’interrogation tête-bêche avec lui et là ,miracle grammaticale, le point d’interrogation reprit sa respiration lettrée.
    A la suite de quoi l’ex-docteur en orthographe, fier comme un point de suspension, réintégra l’ordre des médecins en lettres. La phrase reprit sa place et le point mit un point final à celle-ci.
    On a retrouvé cette phrase avec son point final dans un texte remis par un candidat à l’agrégation, laquelle avait valu à celui-ci d’être reçu à l’examen. Devenu docteur ès-lettres, il enseigne le français dans un lycée prestigieux parisien. Ses élèves trouvent qu’il est très pointilleux sur la ponctuation, notamment sur le placement des points d’interrogation et d’exclamation.Drôle de coïncidence…..
    point final.

  16. Miclaire dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point. – Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par loi sur la lisibilité. – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’une centenaire en train de s’éteindre. Elle a tant de choses à raconter, tant d’histoires merveilleuses, tant de belles rencontres humaines à partager, tant de secrets à nous livrer. Il ne faut surtout rien perdre, les histoires de vie sont si précieuses ! Je couche donc sur le papier ce flot de paroles qu’elle déverse sans aucune retenue. Elle est intarissable. L’intensité de ses émotions est si grande, que je m’y perds parfois moi-même. Elle a déjà failli se noyer plusieurs fois dans le flot tumultueux des mots qui lui brûlent les lèvres. Elle me fait tourner la tête, m’enivre d’allégresse. Nous rions parfois aux éclats, puis au détour d’une histoire drôle, elle enchaine par un drame. La vie est ainsi faite de méandres, de vagues gigantesques qui nous submergent de joie ou de tristesse.
    Rendez-vous compte qu’elle ne s’est jamais confessée, n’a jamais tenu aucun journal intime dont les filles raffolent souvent, n’a jamais rencontré aucun journaliste, écrivain ou biographe ! Cela ne se faisait pas dans son monde, et pourtant ce qu’elle me raconte est un véritable trésor pour l’humanité.
    Je reviendrai, c’est certain, sur le déroulement de cette belle histoire, dès le dernier souffle rendu de cette adorable personne, afin d’en aérer la lecture comme il se doit et lui rendre la fluidité qu’attendent les lecteurs. Je connais très bien les règles. Ne m’arrêtez pas je vous en prie, je ne veux rien manquer et l’assister jusqu’à son dernier point.

  17. oholibama dit :

    Une phrase filait à tout allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – halte là! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par la loi sur la lisibilité.
    -Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettre, on vient de m’appeler au chevet d’une interprétation de Tchapek… je me suis emballé.
    -Tchapek dites-vous? quid?
    -Eh bien monsieur le correcteur il s’agit de cet homme qui, s’est montré soucieux de décrire l’avenir proche de notre civilisation… vous voyez!
    -Continuez , je vous donne pour cette fois l’autorisation.
    Cela m’intrigue.
    -Donc il dit que
    : » la place donnée au travail ne peut conduire qu’à une servitude généralisée soumise à des maîtres  » abstraits » (et non plus des hommes), des structures d’organisation et des directives promulguées par des équipes anonymes et remplaçables.

    Voila monsieur le correcteur, il me semble que je me dois d’élucider avec ces étudiants la place à donner à de telles interprétations, puis-je continuer?
    Hum, hum! Cela me semble judicieux, mais j’aimerai moi-aussi participer à votre étude…est ce possible?
    – Venez-donc mon cher, plus nous serons et plus nous aurons de poids,
    dites-moi monsieur le correcteur, aurais-je une amande?
    Pour cette fois, je passe. Mais n’y revenez pas compris!

  18. Laurence Noyer dit :

    Une phrase filait à toute allure
    Cette fileuse émérite était la plus rapide du canton

    Elle savait mieux que quiconque choisir ses mots, les trier, les dégraisser, les affiner, les ordonner, les démêler afin de leur donner de la tenue et de l’éclat.

    Grâce à elle, des intrigues se tramaient, des histoires se tissaient, et l’on pouvait broder à loisir le canevas de son récit.

    Un jour, alors qu’elle était penchée sur un nouvel ouvrage, elle fut arrêtée par Point-de-Beauvais ; agent correcteur de syntaxe.

    – Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par loi sur la lisibilité. Rembobiner vos parlotes !

    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’Arachné, elle a perdu le fil. Je vais juste échanger quelques mots…

    …Intrigué, l’agent correcteur rendit visite à Arachné et observa sa composition. Il considéra la limite légale sur la lisibilité largement dépassée.
    Arachné fut condamné à la pendaison.

  19. Joailes dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par la loi sur la lisibilité.
    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’une araignée qui filait trop vite.
    Elle était déprimée et voulait en finir, je crois.
    Il fallait que je la suive, vous comprenez, pour mettre quelques virgules sur sa toile.
    Je lui ai expliqué que prendre le temps de vivre c’est primordial.
    Je lui ai donné tous mes points, toutes mes virgules, pour la sauver.
    Alors je suis bien contente de vous rencontrer.
    Parce qu’à nouveau, je vais pouvoir reprendre ma vitesse de croisière … grâce à vous, et reprendre mon tricot !

  20. Christine Macé dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte là ! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par loi sur la lisibilité.
    – Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’une inspiration et je crains le pire si je n’interviens pas immédiatement !
    – Encore une qui a fait une overdose d’imagination ! Ça carbure à l’enthousiasme et ça se shoote à la créativité, mais le réveil est toujours cruel. Votre inspiration, elle est en manque, voilà tout !
    – Possible, mais je ne peux pas l’abandonner !
    – Et vous comptez vous y prendre comment pour la sortir de là ? Vous savez bien qu’elle recommencera à la première occasion. Une fois que ça ira mieux, elle redécollera pour quelques jours, quelques heures, avant de retomber encore plus bas. Moi je vous dis qu’il vaudrait mieux l’achever une bonne fois pour toute, et passer à autre chose.
    – Je ne peux pas faire ça, c’est interdit par la loi !
    – La loi ! Justement, parlons-en ! Si elle avait commencé par la respecter, on n’en serait pas là. Mais à se croire différente, pire : originale, on voit le résultat…
    – Je vous l’accorde : elle a un peu abusé des illusions… ce n’est pas un crime. Elle est encore très jeune et en manque de repères. Vous pourriez lui donner quelques conseils, l’encourager, la ramener dans le droit chemin… une fois que je l’aurai remise sur pied…
    – Parce que vous croyez qu’elle m’écoutera ? J’en ai vu d’autres, croyez-moi, toutes les mêmes ! Elles font semblant d’être d’accord mais c’est du bluff. Rien à en tirer, c’est de la mauvaise graine.
    – S’il vous plaît, monsieur l’ange gardien de la belle écriture : essayons tout de même ! Je suis certain qu’elle a un bon fond.
    – D’accord pour cette fois. Faites votre boulot. Et dites-lui bien de calmer ses ardeurs !
    Aujourd’hui, cette petite inspiration est encore fragile. J’essaie de la protéger comme je peux. De lui laisser le temps de se refaire une santé. Mais j’espère en secret qu’un jour elle s’envolera à nouveau au paradis des mots.

    Bon week-end, Christine

  21. Jean Louis Maître dit :

    « Tout va mieux ! »

    Une phrase filait à toute allure
    Lorsqu’elle fut arrêtée par un point.
    – Halte ! s’écria-t-il, montrant le poing,
    Vous avez dépassé, je vous l’assure
    La limite de mots qu’avec grand soin
    La loi autorise pour que l’écriture
    Reste lisible, même de très loin !
    – Excusez-moi, l’agent, mais je carbure !
    Je suis docteur ès lettres, premiers soins
    On m’appelle pour faire une piqure
    Au chevet d’un expert en baragouin
    Qui persiste en pleine déconfiture
    A déclarer que tout va, non pas bien,
    Mais « mieux », par l’effet de sa mandature.
    Il prétend même qu’en cas de besoin,
    Il présenterait sa candidature,
    Et qu’il espère encore aller plus loin
    Dans cette première magistrature ! »
    L’agent rangea alors son cale-point,
    Heureux d’avoir évité la bavure,
    Le laissa passer, tagada, tsoin, tsoin !
    Notre carabin enfourcha sa monture
    Et, klaxonnant à grands coups de coin-coin,
    Il repartit pour sauver le futur !

    Pic et pic et colégram
    Pique pique l’épigramme !

  22. Durand dit :

    Une phrase filait à toute allure lorsqu’elle fut arrêtée par un point.

    -Halte là! s’écria-t-il, vous avez dépassé la limite de mots autorisée par la loi sur la lisibilité.

    -Excusez-moi monsieur l’agent correcteur, je suis docteur ès lettres, on vient de m’appeler au chevet d’un pauvre retraité. Non adepte d’un quelconque clavier, il en train de s’étouffer à tenter d’expliquer à l’administration sa situation financière.

    -Et alors, ce n’est pas une raison pour bousculer les virgules passantes. Au dernier passage à piétons, vous avez failli piétiner un accent étranger.

    -Oui, monsieur l’agent, mais mon girophrase était allumé…et quand il y a urgence, je deviens prioritaire, non ??

    -Si l’urgence est vitale, je vous l’accorde, mais là, à cette date, je suppose qu’il ne s’agit que d’une déclaration d’impôt….ça peut toujours attendre!

    -Peut-être, mais les nouvelles règles fiscales angoissent beaucoup de personnes. Ils craignent d’être pris en faute, de se retrouver en prison, à croiser les élus sortants (de taule), ceux pour qui ils se sont décidé, un jour quand même à voter, du bout des ongles. Et que plus d’un petit vieux s’y s’est fait faire les poches dans les hospices de la justice.

    -Oui, je sais, on en voit tous les jours, de ces élucubrés, filer sur les autoroutes panaméennes!

    -Bon alors, je peux y aller. Mon client est pris à la gorge par les nouveautés fiscales, je crains pour sa vie.

    -Et faudra bien que je vous laisse passer. Après la bavure de la semaine dernière, la presse ne nous a pas raté.

    -Ah oui, le pauvre gars abattu sans sommation, tout ça pour ne pas avoir déclaré comme résidence secondaire la niche du chien où sa femme l’obligeait à dormir depuis six mois!

    – Et oui….bon, vous aller pouvoir filer, mais si je vous donne l’adresse, vous pourriez également passer chez mon vieux père lui donner un coup de pouce. Lui croit encore pouvoir envoyer sa déclaration par pigeon voyageur….Ca craint!

    Et….si ce n’est pas abuser….vu que vous paraissez avoir des relations….ne vous pourriez vous pas me trouver une place de point d’interrogation ????

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