Méfiez-vous, votre idée est déjà dans l’air

Une idée de roman vous trottait dans la tête depuis longtemps. C’est parti, vous l’écrivez, enfin. En prenant votre temps et en la peaufinant. Méditez bien l’histoire suivante.
Elle est vraie. 

Il était venu jusqu’ici pour écrire dans les arbres. Nous avons travaillé deux jours sur son manuscrit.
Son roman débutait bien, l’intrigue était originale, le style vif et fluide.
Le caractère du personnage avait besoin d’être plus affirmé, des descriptions étaient un peu longues, de faux amis s’étaient glissés dans la syntaxe. Mais rien de bien méchant.
Il repartit confiant en son œuvre et en lui-même.
Dans un ou deux mois, au maximum, son roman serait prêt à être proposé aux éditeurs.
Il promit de me tenir au courant.
Trois mois passèrent, puis un semestre, je n’eus aucune nouvelle de sa part. L’année suivante, j’appris qu’il remaniait son roman sous les conseils d’un coach en écriture. Puis ils se fâchèrent, le coach prenant de plus en plus d’ascendant, réécrivait le roman à sa place…
Après quoi il se tourna vers un journaliste en entreprise, une personne qui n’écrivait aucune fiction, mais qui avait  « fait » Sciences-Po et une grande école de journalisme.

Aux dernières nouvelles, le roman n’est toujours pas fini, alors qu’un film, exploitant à peu près la même idée, est projeté depuis quelques jours dans les salles de cinéma.

Notre malheureux auteur est persuadé qu’on lui a piqué son idée. Rien n’est moins sûr. De toute façon, une idée ne se protège pas.
Il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, s’en vouloir d’avoir trop tardé à en tirer parti.

Si vous tenez une idée de roman, de pièces de théâtre, de sketch, de chanson, etc., exploitez-la le plus vite possible. Ne vous illusionnez surtout pas, vous n’êtes pas la seule personne à mûrir cette idée.
Une idée qui vous traverse l’esprit est comme une onde électromagnétique, elle est susceptible de se propager dans l’air, comme dans tous les esprits sur terre.
Quand une idée vous vient, c’est parce qu’elle
 est dans l’air du temps. Elle voyage loin et vite. Ne tardez pas à l’exploiter. Ou alors, ne venez pas vous plaindre sous prétexte qu’on vous l’a piquée !

Ma méthode pour trouver plein d’idées   
J’ai d’abord essayé la méthode Newton, qui consiste à s’asseoir sous un pommier et attendre, cela n’a rien donné.
P
uis, celle d’Archimède : prendre de nombreux bains dans une baignoire sabot, nouvel échec.
Finalement, j’ai adopté la méthode analogique, j’extrapole sans cesse, d’un domaine à l’autre.
Jusqu’à présent, je n’ai pas trouvé mieux.

Je suis dyslexique. De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau. Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris. Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

 

 

8 Responses

  1. Françoise - Gare du Nord dit :

    Merci Pascal pour ce précieux conseil. Je suis convaincue que les idées sont dans l’air du temps et qu’elles peuvent donc être captées par plusieurs personnes en même temps. Le gagnant est le plus rapide

    Il en est de même des innovations. Dans les années 70, les Soviétiques avaient conçu un avion le Tupolev, copie quasi conforme du Concorde qui est sorti peu après. Accusés d’espionnage industrie, ils s’étaient défendus en arguant de l’air du temps.

    Les rêves sont porteurs d’idées nouvelles : Paul Mac Cartney a avoué avoir eu l’idée de la chanson « Yesterday » dans un rêve. Idem pour un des inventeurs de la machine à coudre qui avait conçu la pédale suite à un rêve.

    Pascal a raison : rien ne protège nos idées. Alors ne perdons pas de temps à sodomiser les mouches

  2. MATOKO Prince dit :

    Merci pour ce précieux conseil

  3. Girard dit :

    Excellent ! Et tellement vrai. Moi mon problème c’est la duree trop réduite de mes journées. Aujourd’hui je viens de trouver une nouvelle idée. Mais Je ne dirai plus rien.

  4. osebo-moaka dit :

    Bonjour Pascal.
    La sagesse veut que l’on écoute le conseil du sage, le fera t’on? Merci pour ce nouveau témoignage de nos incertitudes. Amicalement.
    y.

  5. Odile Basler dit :

    Merci Pascal pour cette histoire. Un vrai conseil de sage transmis de manière très poétique. J’apprécie vraiment!

  6. Janine Père dit :

    Merci Pascal pour ce billet toujours plein de bon sens.
    En ce qui me concerne, je suis une grande lectrice de faits divers. C’est une mine d’idées. On y trouve des personnages souvent truculents, des situations drôles ou dramatiques. Et de toutes façons, c’est bien connu « la réalité dépasse la fiction ».
    Par ailleurs, on peut quand même protéger son idée en déposant le résumé de son livre dans une enveloppe Soleau à l’INPI. Cela donne l’antériorité de votre projet.

    • Pascal Perrat dit :

      Bonjour Janine
      La protection à l’INPI sous enveloppe Soleau ne peut servir que si votre texte est copié mot à mot. Mais une idée de roman, quel que soit le genre, ne peut pas être protégée, sinon, on ne pourrait plus écrire un roman d’amour, par exemple.
      Amicalement.

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