368e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Madame, Monsieur,

Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  » La suite »
Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ? En effet…

Inventez la suite de cette lettre

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

31 Responses

  1. françoise dit :

    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  » La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ?
    ——-
    Mais quel début ?
    Sachez que « le début » a été publié , par vos soins, il y a trois ans et a connu un succès honnête. « La suite » en est en quelque sorte le tome 2. Apparemment ceci vous a échappé. Que faire ?
    Vous seul avez la réponse. Je vous donne un mois pour la trouver. Après ce délai, j’enverrai mon manuscrit à d’autres maisons d’édition. A vous de peser le pour et le contre. En ce qui me concerne je ne me sens lié par aucun affect à votre maison d’édition.
    Je vous quitte Messieurs car je suis en train d’écrire un nouveau roman et ne veux me laisser distraire de ma tâche.
    Salutations

  2. Erato dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  « La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pourriez-vous nous adresser le début ? En effet…
    Inventez la suite de cette lettre.

    « …. Proposition de quatrième de couverture.
    Ce roman est une révélation. Un miracle. Une résurrection.
    L’auteure, une enfant gâtée, a été contrainte et forcée de quitter les lumières de la ville et les fastes de sa demeure ancestrale. Elle fut livrée à elle-même, au cœur d’une nature secrète, sauvage, dangereuse, où chaque…… »

    Ainsi, ces dernières phrases, aux couleurs d’un enthousiasme éthéré, terminaient le manuscrit : « La suite » qui fut expédié dès le lendemain.

    Puis…
    L’attente commença.
    D’une longueur indéfinissable.
    Provoquant des rêves hallucinants.
    Truffés de déambulations dans les bois, à la recherche d’un Graal improbable.
    Un aller au parcours semé d’embûches et peuplé d’anti-héros.
    Au retour incertain.

    L’attente continuait.
    D’une langueur épuisante.
    Les exhalations exubérantes
    Succédaient aux dépressions déprimantes.

    L’attente se poursuivait
    Tous sens en haleine
    Vivre ou survivre.

    Question de vie ou de mort…
    La coupe était pleine.

    Enfin, un matin fatidique, la réponse surgit d’un brouillard venu d’ailleurs :

    « Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  « La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pourriez-vous nous adresser le début ? En effet, les membres de notre comité de lecture sont restés de grands enfants. Certes, ils ont une imagination débordante, mais ils éprouvent, malgré tout, le besoin du socle d’une culture traditionnelle, le besoin de se référer à une structure établie et reconnue par le monde littéraire. Ils ne peuvent concevoir un récit où les protagonistes ne sont pas décrits, où leur lieu de vie n’est pas évoqué, où leur drame n’est pas explicité…Ils sont incapables de poursuivre leur lecture si la quête du héros n’est pas écrite en toutes lettres sur une feuille blanche pliée et soigneusement rangée dans le panier en osier, à côté des petits pots de beurre et de confiture… »

    Notre illustre écrivaine quitta brusquement son lit, tituba puis se dirigea vers la salle de bain en s’appuyant sur les murs. Un dernier morceau, expulsé avec un ultime jet de bile. Elle essuya délicatement ses lèvres.. La fièvre était retombée. Enfin…
    Et se regarda dans le miroir, son teint était frais, ses joues roses, ses lèvres rouges. Elle replaça une mèche noire comme l’ébène derrière l’oreille, ajusta son corsage et fit gonfler sa robe.

    Elle fredonna un air joyeux, puis y ajouta des paroles, comme une réponse à cette lettre, cette injonction désobligeante.
    « …. Encore heureux que j’aie pu écrire « La suite », preuve que je ne suis pas morte ! 
    Elle fit quelques pas de danse avec son balai, puis, d’un doigt léger, elle signa dans la poussière : Bianca Snowhite »

  3. Daisy dit :

    Madame, Monsieur,

    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé « La suite »

    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ?

    En effet, notre service courrier a bien enregistré deux manuscrits à votre nom : le premier le 15 mars 2016 et le second le 15 octobre 2017. Ce dernier correspond à « La suite », et le premier envoi très probablement à sa première partie. Nous disons « très probablement » parce que nous n’avons pas eu le plaisir de le lire.

    Votre première partie est malheureusement tombée dans la mauvaise pile, celle des manuscrits que l’on envoie directement à recycler.

    Nous sommes une petite maison d’édition qui refuse d’exploiter des étudiants surdiplomés pour lire les manuscrits. Aussi nous n’avons pas les ressources humaines pour lire la centaine de textes que nous recevons chaque semaine.

    Après avoir éliminé les manuscrits qui ne correspondent pas à notre ligne éditoriale, les essais, les histoires d’amour, et les livres de cuisine, notre secrétaire est contrainte de séparer arbitrairement entre les manuscrits à lire et les manuscrits à recycler.

    Grâce à votre ténacité et à votre imagination qui vous ont permis d’écrire « La suite », le mal est sur le point d’être réparé. Comme dans nos meilleurs romans, nous avons là un habile retournement de situation.

    Merci de rappeler ce courrier avec votre envoi afin que votre manuscrit ne finisse pas une seconde fois en pâte à papier.

    Dans l’attente de vous lire à nouveau, je vous prie d’agréer mes salutations distinguées.

    Enzo Portuniste

  4. Sofia dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  « La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pourriez-vous nous adresser le début ? En effet…
    Inventez la suite de cette lettre.

    Comme tous les matins, Paul s’accorda une minute de méditation devant l’immense baie vitrée. La vue était grandiose. Il jeta un coup d’œil sur l’écran de son smartphone. Aucun message.
    Il s’installa dans son fauteuil de cuir noir, posa ses jambes sur le bureau et croisa ses mains derrière la tête. La journée s’annonçait calme, bien que sous son crâne, ça tempêtait ! La maison d’édition le faisait languir outrageusement.

    Un léger coup frappé à la porte le fit revenir sur terre, tout comme ses pieds !
    – Entrez, dit-il en souriant.

    Il en était certain. C’était Sofia.
    – Bonjour, monsieur le Président, dit-elle d’une voix douce.

    Paul la détailla. Elle était ravissante. Silhouette gracile, talons vertigineux, longues jambes et bras aux mouvements légers, petite robe noire, boucles blondes relevées en un chignon malicieux….et son visage ! C’était à se demander quel abruti avait mélangé les pièces de deux kits d’assemblage. Un menton fuyant, un nez aquilin, des yeux globuleux et rapprochés…

    – Bonjour, Sofia ! Aujourd’hui ?

    Sofia s’approcha et déposa le signataire devant le PDG.
    – Courrier habituel avec notes. Septième et dernier volet, courrier étrange… mérite toute votre attention…aucun souvenir de cette transaction…

    Paul remercia Sofia et elle s’en alla d’un pas tranquille.

    Bien que sa curiosité fut piquée au vif, il lut et signa les six courriers, puis, d’une main tremblante, il se saisit des feuillets du septième volet.
    Immédiatement, la lettre lui parut étrange. L’en-tête et les premières lignes du texte étaient anormalement disposés. Ils occupaient le dernier tiers de la feuille.

    «  Madame, Monsieur….

    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  « La suite ».
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pourriez-vous nous adresser le début ? En effet…1/2

    Pierre est resté de marbre alors que son ami Jean s’étranglait de rage. Ce qu’ils avaient sous les yeux dépassait leur entendement. Ils se regardèrent, un silence effroyable s’installa entre eux.
    Ni l’un ni l’autre ne savait quelle conduite adopter.

    Pierre fut le premier à se ressaisir et il plongea sa main dans sa poche à la recherche de son téléphone. Jean posa fermement sa main sur son avant-bras, lui intimant de la sorte de ne pas se faire remarquer.

    C’est alors que le rire tonitruant de Jacques retentit près de la porte.
    – S’cusez-moi, j’suis en retard, mais je n’ai pas fermé l’œil de la n…

    La fin de sa phrase resta en suspension lorsqu’il vit le spectacle. Les pages éparpillées sur la petite table et, assis de part et d’autre… incroyable !!!!

    – C’est quoi, ce bazar ? demanda Jacques en faisant face à Pierre et Jean.

    Pierre et Jean ne savaient que dire. Tour à tour, ils éprouvaient de la jalousie, de l’envie et du mépris. Une affaire pareille ! Certes, cela ferait scandale. Encore une de ces affaires qui défrayerait les médias, qui allumerait les réseaux sociaux et engendrerait des
    les conséquences dramatiques.

    – Nous n’avons vraiment rien vu venir de D.M. 11/121

    Paul continua la lecture de ce courrier effectivement bien étrange qui se terminait par un consensuel:
    « Veuillez agréer, madame, monsieur…. » 2/2

    Songeur, Paul s’empara du combiné téléphonique puis le reposa. Il lui préféra le dictaphone. Un quart d’heure plus tard, il souleva le combiné téléphonique, appuya sur une touche et dit simplement:
    – Sofia…

    Elle poussa la porte. Paul avança le signataire sur lequel était posé le dictaphone.
    – Bien, monsieur le Président.

    De retour dans son bureau, Sofia brancha le dictaphone, posa le casque sur ses oreilles puis ses doigts entrèrent dans la danse. Le premier paragraphe était d’une banalité affligeante. Quant à la suite ! Quelle suite !

    «  … Vous insinuez, madame, monsieur, d’une manière très habile, que j’aurais omis de vous transmettre le début et que j’aurais de ce fait commis une erreur. Mais l’erreur vient de votre part. En effet, vous avez glissé entre les deux pages de mon courrier, une page d’un roman à venir de D. M., mon rival attitré … »

  5. Leleu Yvette dit :

    Madame , Monsieur…
    J’ai bien perçu votre désir de lire  » La Suite ».
    Je m’étais promis de vous écrire cela si, vous aimiez l’idée…alors, je ferais ce qui doit-être logique pour tout bon livre n’est ce pas! De vous envoyez le début. Mais, comme le temps presse…vous me voyez dans l’obligation de refuser votre offre. Comprenez-moi bien, Mon moi intense se refuse à vous confiez cette valeur absolu et imagine que le lecteur dans sa grande compétence sera à même d’écrire le début. Charmant non? Je vous laisse avec cette idée subliminale et vous invite cordialement à le faire. Moi…L’écriveur sans commencement.
    Avec toute ma cordialité.
    Fremouse delaire.

  6. Madame, Monsieur
    Je ne saurais vous dire quel plaisir j’ai éprouvé à lire votre lettre.
    Tout d’abord parce qu’en montrant un tel intérêt pour les pages que je vous ai envoyé, vous m’encouragez grandement à continuer.
    Peut-être surtout parce qu’en manifestant un réel enthousiasme pour cette « suite », vous me prouvez le bien-fondé de ma technique d’écriture.
    Car, voyez-vous, le début que vous me réclamez reste à écrire.
    Je m’explique.
    Vous conviendrez avec moi que certaines des plus grandes œuvres littéraires commencent au milieu de l’histoire. Elles laissent le choix à l’auteur de revenir plus tard sur le commencement qui mènera à l’action présente, par une sorte de flash back intervenant à son heure pour donner la clé de l’œuvre.
    Mais ce n’est point cette filiation que je revendique.
    Moi, je commence toujours mes récits par la fin, mot que j’écris donc toujours en premier, comme un but à atteindre. J’inscris ensuite le dernier mot, qui me permet de savoir où je vais. Car j’aime avoir le dernier mot.
    J’ai besoin de ces deux repères avant de débuter quoi que ce soit d’autre.
    Ces deux balises bien fixées, je peux alors entamer mon roman : par la dernière phrase d’abord, puis par l’avant dernière, puis par l’antépénultième, etc…
    Je remonte ainsi le temps de l’œuvre jusqu’à sa toute première phrase, qui en est en quelque sorte l’aboutissement.
    Mais ce n’est pas tout.
    Je n’utilise jamais de papier blanc, qui ne représente à mes yeux qu’une surface trop nette, vierge et immaculée qu’on hésite à « salir » de vilains traits.
    J’écris au contraire sur des tableaux noirs qui occupent la totalité des murs de ma maison. J’y vois une plongée dans la profondeur de la pensée. Quand l’écriture s’y déroule, de bas en haut, l’immensité noire s’éclaire progressivement des arabesques de la craie blanche : Les ténèbres s’écartent. La lumière prend le dessus. Et le récit se dévoile, phrase après phrase, en remontant jusqu’à sa genèse.
    J’espère vous avoir fait comprendre, par ces quelques explications, que les pages que vous avez reçues sous le nom de « suite » sont bien la première partie écrite de mon roman.
    Aussi, je vous ferai parvenir sans faute le début dès qu’il sera au point. Bien que je ne puisse pas pour l’instant vous donner de date précise.
    Les œuvres littéraires sont filles de Fantaisie, leur gestation est capricieuse.
    Mais si vous avez été séduit par la « suite », le début ne peut que vous réserver une heureuse surprise.
    Car vous saurez alors non pas ce qu’il va advenir de nos héros mais ce qui a bien pu les amener là où ils sont.
    Avouez que cet aspect de la question est autrement plus mystérieux et palpitant…

  7. Stacha dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  « La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pourriez-vous nous adresser le début ? En effet…
    Inventez la suite de cette lettre.

    Je m’appelle Wolfgang et j’ai douze ans. Je ne sais pas pourquoi mes parents m’ont appelé ainsi. Je leur ai posé la question de nombreuses fois. Ils n’ont pas répondu. Ils ont simplement haussé les épaules.
    Ma mère, qui est française, ne m’a jamais donné la moindre explication, bien que ses yeux pétillaient de malice.
    Mon père, qui est autrichien, ne m’en a pas dit plus, mais il a fredonné une petite musique de nuit.
    Et moi… je suis parfait bilingue. Je parle et j’écris en français et allemand.
    Je ne sais pas pourquoi je vous raconte cet épisode de ma vie, mais il a peut-être son importance.

    Enfin, voilà. Je m’appelle Wolfgang, j’ai douze ans et je viens d’écrire mon premier roman en allemand et je l’ai intitulé : « das Leck ». Mais bien-entendu, lorsque je l’ai envoyé à une maison d’édition en France, je l’ai traduit, roman et titre y compris.

    Et maintenant, cela fait trois mois que j’attends une réponse. J’avoue que c’est un peu long ! Alors, chaque soir, avant de m’endormir, je pense à ce qui aurait pu se passer.
    Direction la corbeille à papiers, sans justification ; passage sous d’autres yeux pour une lecture croisée, rédaction du contrat du siècle, que sais-je encore !

    J’en étais là dans mes pensées lorsqu’un coup de sonnette retentit. Le facteur ! Une lettre pour moi ! De Paris ! Lettre que je m’empresse d’ouvrir en filant en direction de ma chambre. Je ne voudrais pas que mes parents aient à souffrir de voir leur petit prodige …

    «  Madame, Monsieur »

    Et bien, ils font fort ! Ah, les ingrats, quel manque de reconnaissance ! Ignorer ainsi mon nom ?

    «Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  « La suite ». Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive … »

    Jusque là, tout me semblait parfait….un peu trop peut-être ?

    « … mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pourriez-vous nous adresser le début ? … »

    Mais à quel début font-ils référence ?

    Je continuai la lecture pour en savoir plus…

    « En effet, si l’harmonie et la musicalité de votre récit réjouissent le lecteur averti, les notes en bas de page sont silencieuses. C’est un regrettable bémol.
    Les renvois exhalent des soupirs désespérés. Un bécarre cette fois ! De plus, nous n’avons trouvé aucun lien vers une page explicative en postface et encore moins en préface, puisque vous ne nous avez pas fait parvenir « Le début ».

    Les mots dansaient une valse lente sous mes yeux : adieu la symphonie de mes rêves ! Adieu les sonates et sérénades. Bonjour tristesse. Mais je ne me laissai point abattre. Je repris une lecture scrupuleuse de la missive. C’est alors qu’un détail, aussi minuscule qu’un iota dans une tragédie grecque, me sauta aux yeux.

    Eurêka ! Me suis-je écrié d’une voix si puissante que mes parents accoururent à ma porte.
    Je les rassurai et les priai de me laisser quelques instants devant mon écritoire. Le temps d’écrire ma réponse, une lettre à Élise. Oui ! Élise, c’est le nom de la maison d’édition.

    « Monsieur,

    … patati et patata…mais étant donné que je suis bilingue … et patati….et que mon roman a été rédigé dans les deux langues…et patata….il s’avère que mon correcteur orthographique et grammatical ait connu une faiblesse sur le caractère spécial du « S ».
    Dès lors, je vous prie de remplacer « La suite » par « La fuite » …
    Et par ici, la formule de politesse suivie d’un « Wolfgang » en caractères gothiques.

    Je suis sorti de ma chambre, lettre en main, et je partis d’un éclat de rire…un peu fou, non ?

  8. Jean-Pierre dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  » La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ?
    En effet, nous avons recherché « suite » dans votre texte, et nous ne l’avons pas trouvé (sauf dans le titre), malgré 3 occurrences de « poursuite » et 12 de « ensuite ».
    L’action se passe en Suisse, et vos personnages, pourtant riches, préfèrent les chambres dans des hôtels de bas de gamme.
    Ils ont « de la suie dans les idées » : une façon élégante d’expliquer au lecteur que celles-ci sont crasseuses, pessimistes et pas toujours très claires.
    Votre texte est écrit à la première personne, et vous abusez de « je suis », mais nous ne vous suivons pas et nous ne sommes pas avec vous.
    Tant que nous ne saurons pas à quoi fait allusion le titre de votre manuscrit, nous serons contraints de le classer sans suite, puisqu’il n’a pas de début.
    Inutile de dire que nous restons sur notre faim.
    Nous restons à votre disposition pour toute demande d’éclaircissement, et vous prions de croire, Madame, Monsieur, que nous suivons cette affaire avec intérêt.

  9. Cetonie dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé « La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ? En effet, nos lecteurs sont habitués à une certaine logique dans nos publications, et nous ne sommes guère habitués à lire la suite avant le commencement…
    Vous m’objecterez que ce ne serait pas exceptionnel, comme la saga de Star Wars qui est sortie dans le plus grand désordre, sans que cela soit préjudiciable à son succès, mais nous ne saurions comparer un vulgaire blockbuster, américain de surcroit, avec une œuvre littéraire, française, de qualité, telle celle que nous nous flattons de proposer à nos fidèles lecteurs.
    Nous attendons donc avec impatience la première partie de votre œuvre…

    Monsieur
    Sans conteste, je considère votre comparaison avec une lointaine « Guerre des étoiles » plus que choquante : injurieuse !, comme s’il était possible de la comparer avec ce petit joyau de littérature française que j’ai bien voulu vous proposer, ayant confiance dans votre capacité à l’apprécier.
    Si vous avez réellement besoin de telles précisions, j’avoue : il y a bien eu une première partie, mais, refusée par nombre d’éditeurs de renom, sans explications, elle a fini dans ma corbeille, oui, Monsieur, je l’ai détruite !
    Je l’ai reniée, je l’ai oubliée, et me suis consacré totalement à une « suite » réellement originale, conçue avec amour et application, et à laquelle vous avez eu la bonté de trouver quelques qualités.
    Maintenant, je fais confiance à vos lecteurs : s’ils sont convaincus par ce premier ouvrage, en toute modestie, je m’appliquerai à lui donner une suite composée d’éléments antérieurs.
    Vous me comprenez, n’est-ce pas ? Peu importe dans quel ordre nous proposons nos œuvres au lecteur, ce qu’ils attendent, c’est d’être emportés par nos écrits, d’en rire ou d’en pleurer, mais d’en être émus.

  10. Joailes dit :

    Madame, Monsieur,

    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé » La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ? En effet, il semble manquer une partie de vos écrits.

    Madame, Monsieur,

    Pour ma part, il ne manque rien. Mon manuscrit est parfait. Si il est édité, et que je suis enfin reconnue comme écrivain, peut-être alors, et à ce moment là seulement, pourrai-je vous parler du début.
    Pour l’instant, rien n’a commencé.
    Bien respectueusement à vous,
    Joailes

  11. Hélène dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  « La suite ». Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pourriez-vous nous adresser le début ?

    En effet, votre récit, trop parfait, trop glacé, appelle incontestablement un deuxième volet, une fiction intitulée « Le commencement».

    Vous pourriez y relater un univers sombre, primaire et brutal qui mettrait en lumière « La Suite » . Ceci étant une suggestion, bien sûr. Mais le comité de lecture, œuvrant pour notre maison d’édition, a également pour objectif de promouvoir la créativité et susciter des vocations.

    Permettez-moi également de relever un détail infime qui justifie mon en-tête. Après une lecture sélective de ma part, je n’ai relevé aucun indice grammatical me permettant de vous identifier en tant qu’auteur ou auteure.

    Auriez-vous l’amabilité, en m’envoyant votre « Commencement » de m’éclairer sur ce dernier point.

    Veuillez…. Etc…

    Monsieur,

    Votre courrier m’est bien parvenu et je l’ai lu avec beaucoup d’attention. Néanmoins, il en ressort, à chaque paragraphe, que vous manquez cruellement d’humanisme.

    En effet, vous jugez mon manuscrit  et vous le qualifiez d’attractif, trop parfait, trop glacé. Et vous souhaiteriez que j’en écrive un commencement sombre. Mais que croyez-vous que fût ma vie d’avant ?

    Ensuite, vous mettez en exergue des valeurs telles que la créativité et ou la vocation. Soit. Mais ne voyez-vous pas que la réalité dépasse la fiction ? Que le quotidien est d’une extrême violence, que la cruauté est devenue un mode de communication.

    Regardez autour de vous, lisez les statistiques !
    Combien sommes-nous à tomber sous les coups, à ne plus pouvoir nous relever ?
    Combien sommes-nous à oser « dire » et à prendre le risque de voir notre vie exploser ?

    Tenez-vous vraiment à ce que j’écrive un « Commencement » où dès les premières lignes, je relate les paroles qui atteignirent ma dignité, où dès le chapitre suivant, je décrive les premières gifles qui marbrèrent mes joues et où, au cours des chapitres suivants, je narre les coups qui brisèrent mes os, que j’explore les gouffres de l’indifférence, du silence et de la honte ?
    Peut-être attendez-vous également que je pimente ce « Commencement » avec quelques scènes de viol ?

    Sachez que j’ai vécu ces souffrances, elles ont été mon quotidien.
    L’écrivain ou l’écrivaine ne parviendra jamais, avec des mots, à traduire cette indicible horreur.
    Mais je suis parvenu.e à me sauver. Verbe à prendre dans ses deux sens.

    J’ai réussi ma reconstruction.
    A force d’interventions chirurgicales.
    A force d’une longue thérapie.
    A force de vouloir me retrouver.

    L’écriture est devenue ma résilience.
    Celle qui me permet de clamer: « La suite » est possible.

  12. Fred dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  « La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pourriez-vous nous adresser le début ? En effet…

    …En effet, les avancées scientifiques ne nous permettent pas de donner crédit à l’existence de votre deuxième personnage ayant pour conjoint le premier mentionné.
    De plus, la descendance que vous évoquez dans « La suite » est peu probable, voire impossible.

    Après avoir consulté un éminent biologiste, pour conforter notre position, il s’avère que certains savants jouent à l’apprenti sorcier et tandis que d’autres se prennent pour Dieu…
    Ces publications fracassantes ont défrayé la chronique et depuis, tous les écrivain.e.s se sont engouffré.e.s dans le tunnel cognitif de la science-fiction en atomisant toute autre forme de récit.

    Dès lors,votre manuscrit nous semble irrecevable en l’état, sauf si vous vous engagez à rédiger « Le commencement ».

    Là-haut, sur son trône , Dieu s’emporta et gronda d’une voix terrifiante :
    «  Manquerait plus que cela, que je leur donne la clé du Big-bang ! »

  13. Odile Zeller dit :

    Madame,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit, intitulé « La suite ». Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture pouvez vous nous adresser le début ? En effet si la page de début est bien affectée d’un 5 et que l’incipit est très efficace, il m’a semblé à la lecture que certains éléments manquaient. Vous faites parler votre héroïne à la première personne mais tout au long des 15 premières pages son prénom n’apparait Jamais. La victime du meurtre, un cardinal, ce que je trouve fort original, est décédé, toutefois quand le roman débute mais le lecteur ignore tout de son identité complète. Quant au lieu, à la ville, au pays même ils ne sont jamais précisés. Par des notations comme le Colisée ou le Saint Siège on se doute qu’il s’agit de Rome.
    Ceci fournit certes du suspense et pousse le lecteur à continuer sa lecture dans l’espoir d’en savoir plus, mais arrivé à la page 16 il est en droit d’en savoir davantage sous peine d’être quelque peu frustré et de refermer le livre.
    J’en suis donc venu à la conclusion que, par une panne étonnante de votre traitement de texte, le manuscrit fourni était amputé des quelques 20 pages fournissant des éléments d’introduction essentiels. Si tel est le cas veuillez faire suite à notre requête et nous envoyer dans les meilleurs délais le début de votre œuvre. Dans le cas contraire des explications succinctes sur vos raisons et un synopsis très précis nous seraient utiles pour la suite à donner à notre process.
    Veuillez agréer, Madame …..

  14. Michel-Denis ROBERT dit :

    Madame,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé « La suite ». Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le proposer à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ?

    En effet, on découvre du sang sur les portes de l’ascenseur sans que l’on sache d’où il vient. Des impacts de balles à l’intérieur de la cage et, la suite est ensanglantée de la carpette au plafond, aucun coupable n’est désigné à la fin. Pas de cadavre.

    J’ai parcouru votre ouvrage, inspiré que j’étais, par les tests ADN dont on soupçonne qu’ils appartiennent à… On ne sait pas à qui ils appartiennent, c’est frustrant. Pourtant je me doute. Mais là n’est pas le problème.

    Je suis allé sur les lieux. J’ai reconnu l’hôtel où vous situez votre action. J’y ai travaillé autrefois. J’ai relevé un impact que vous n’avez pas mentionné. Il me semble que vous auriez dû commencer par vous focaliser autour de ce détail qui s’incruste dans le décor et qui, je vous le concède, est invisible.

    Justement, l’invisibilité est primordiale dans cette histoire, pour y préserver les motivations du tueur présumé. D’après vous, ces motivations sont obscures, mais il n’en ai rien. Il a tué pour une raison précise.

    Ce trou dans le mur du couloir indique le chemin parcouru avant, par un autre personnage que vous avez oublié et l’assassin n’a pas pu emprunter ce couloir, il y a des caméras.

    De par la direction de la trajectoire du projectile, vous auriez pu déterminer la taille de votre assassin. Elle ne correspond pas à celle du véritable coupable. Vous manquez de perspicacité.

    Un crime avec tous ces indices dans l’ombre, pas de corps, votre histoire ne tient pas. C’est un peu dommage. J’ai relevé aussi que vous faites entrer un personnage que vous soupçonnez être l’amant. Ce personnage ne peut être l’amant, ce n’est pas possible. Il réside dans une chambre contiguë, mais il n’y a pas de chambre contiguë à cette suite. Il manque la présentation des lieux du début.

    Si je puis me permettre de vous suggérer un début pour que votre récit soit, disons, plus crédible, voici quelques idées… Je pense que votre récit devrait commencer par un monologue de l’assassin, par exemple :
     » Je sais où se trouve l’arme du crime ou je vais m’arranger pour que mes motivations soient claires et qu’on ne retrouve pas la victime. »

    Il me semble que les éléments que je vous apporte vous donne une ligne directrice. Mais je ne veux pas vous influencer.

    Veuillez agréer Madame, mes sincères remerciements, si vous suivez mes conseils.

  15. eleonore gottlieb dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé » La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ? En effet…
    Je suis très flattée de votre retour et ne m’attendais pas à autant de compliments sur mon écrit, mon roman « la suite » est en réalité le début d’une aventure, je suis étonnée que vous n’en ayez pas saisis tout le sens. Etant donné que bien souvent la vie nous propose des relents de déjà vu ! cette suite n’est qu’un premier pas chancelant dans l’univers que je découvre. Un univers de songes de rêves d’avancés et de retours, dans un monde invisible du commun des mortels, sauf quelques privilégiés qui se fichent allègrement de la logique et ne se posent aucune question quand il s’agit de laisser aller leur imaginaire au-delà des sentiers battus.
    D’ailleurs la terre battue n’est –elle pas plus stable que les sables mouvants sans cesse retournés des cerveaux de lettrés qui se tracassent pour une phrase tricotée au mieux, où détricotée au pire. Que de surprenantes images, de précieuses pensées ont ainsi fini ainsi roulées en boule au fond d’une corbeille à papier ? combien de débuts enfermés au cachot, dans l’ombre d’une espérance, un purgatoire sans enchantement ni lumière, d’où personne ne viendra les exhumer. Pauvres débuts qui ne sauront jamais la suite.
    Je vous offre une suite, peut-être pour violoncelle, si vous avez le cœur et l’âme suffisamment éveillée pour en percevoir le début né dans le fabuleux esprit d’un musicien de génie, là vous pourrez gouter avec tous vos sens à l’affût l’ envoutement d’une apothéose qui aura la faculté de transmuter votre horizon et vous emportera dans un univers illimité.

  16. Clémence dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  « La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pourriez-vous nous adresser le début ?
    Inventez la suite de cette lettre.

    ***************

    Fébrilement, j’ai décacheté la lettre expédiée par la maison d’édition à laquelle j’avais envoyé mon manuscrit. Les premières lignes suscitèrent en moi une fierté certaine.
    « Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  « La suite ». Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive… »
    Mais je restai pantois lorsque je pris connaissance de la suite :
    « … mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pourriez-vous nous adresser le début ?  En effet, maints de nos lecteurs (et peut-être même certains au sein notre comité de lecture) n’ont pas acquis toutes les compétences du « savoir lire ».

    Certes, ils savent déchiffrer et repérer des informations mais ils sont en froid avec l’implicite.
    Et votre manuscrit est justement une perle rare, un condensé inouï d’implicite !

    Votre « Suite » est un parfait exemple de lipogramme, doublé de palindrome, indécelables l’un et l’autre à la première lecture.
    Les phrases, aussi harmonieuses qu’une suite de Fibonnaci, propulsent le lecteur dans un univers onirique alors que la ponctuation délicate les entraîne dans une apnée fantasmagorique.

    Nous en sommes convaincus, votre « Suite » est un petit bijou, un chef-d’œuvre littéraire et nous vous félicitons avec sincérité.

    Néanmoins, nous ne voulons pas nous attirer les foudres de lecteurs incompétents et prendre le risque d’une « disparition » annoncée pour notre Maison d’édition.
    Dès lors, vous nous sauriez gré de nous faire parvenir le « Début » de votre « Suite »

    Veuillez agréer….

    Saperlipopette, me dis-je en repliant la lettre et en la glissant dans l’enveloppe, même « Lui » n’a rien compris….

    Je me dirigeai vers ma table d’écriture et rédigeai ce petit mot, tout en ayant conscience que je prenais des risques énormes.

    « Madame, Monsieur,

    Votre courrier a retenu toute mon attention et je tiens à vous assurer de mon empathie à l’égard des lecteurs auxquels vous faites référence. Loin de moi l’idée de conforter une élite dont ils seraient exclus en raison d’une École ne remplissant plus son rôle d’ascenseur social.

    Néanmoins, je tiens à la publication de mon ouvrage sous son titre initial et dans son intégralité.

    En effet, « La suite », riche de formes et de styles littéraires, respecte à la lettre la règle des trois unités telles que définies par Boileau: unité de lieu, de temps et d’action.
    Le lieu étant bien sûr une suite dans un hôtel,
    le temps, une nuit d’été torride,
    l’action….

    © Clémence.

  17. patrick labrosse dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  » La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ? En effet l’originalité surprend, le titre décape, les paragraphes sont courts et poétiques, l’intrigue nous déstabilise … mais comment suivre le fil de l’histoire sans procurer aux lecteurs une introduction qui lui donne les clés pour décrypter la suite.
    Certes, vous rompez avec le conformisme, vous faites abstraction des codes littéraires, vous envoyez au diable les bons sentiments. Pourquoi pas ? Mais il nous faut comprendre… ces personnages qui commencent par mourir, jeunes et vieux agonisant avant d’avoir vécus. Cela vous prend aux tripes, cette vie en sens inverse. La douleur, la mort, les remords tout cela en vrac dans les premiers chapitres, acculant le lecteur à réagir, à bondir, peut-être même à se suicider par anticipation, pour ne pas souffrir lui aussi.
    Et puis de temps à autre, un petit éclair de bonté, une fenêtre qui s’ouvre, le chant d’un oiseau, des mots bleus qui envahissent la page, comme un jour nouveau, une nouvelle vie. D’un chapitre à l’autre ou d’une phrase à l’autre, vous prenez le lecteur à la gorge. A peine a t’il le temps d’intérioriser un tableau naturaliste, une note contemplative, un zest de méditation et puis dans la phrase suivante, les corps jonchent le sol, des amas putrides viennent agresser son odorat, la madeleine de Proust est dévorée avec boulimie, aucun écueil pour les sensations, vous régurgitez sans préalable tous les ingrédients sensoriels. Une madeleine, c’est une madeleine dites-vous, et puis on finira par la chier comme le reste n’est-ce pas un peu trop violent ? Vulgaire ?
    Un clin d’œil Bukowskien, mais tout de même, il ne faut pas pousser mémé dans les orties !
    Et puis cette femme frivole, alcoolique, qui vous provoque d’une petite note salace à chaque fin de chapitre : est-ce judicieux ? Vous entrez tout juste dans la peau d’un personnage et puis clac la revoilà qui vous intime de tourner le regard pendant son show érotique ! Une parodie à notre best Sellers du moment je suppose !
    Puis je vous faire remarquer que nombre auteurs se bousculent au portillon ? Tous attendent le sacre de l’édition … aussi il serait prudent de remettre cette histoire dans l’ordre, de revoir l’agencement de vos chapitres, et surtout de nous écrire le début.
    Dans l’attente de « la suite « de votre copie
    Blabla traditionnel
    La responsable du rayon marketing littéraire …

  18. Nadine de Bernardy dit :

    Madame,monsieur

    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé  » La suite « .
    Le style est vif,le vocabulaire est riche,la narration est attractive.Mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture,pouvez vous nous adresser le début.

    En effet, au vu de ce dernier chapitre,le 49éme,que vous nous avez fait parvenir,ce style prometteur des pages 317 à 503 donne à espérer un ouvrage dense,excellent,que notre comité souhaiterait vivement parcourir.D’autant que la fin est tout à fait aboutie.
    Madame,Monsieur,car vous avez aussi omis de préciser votre genre,je vous serai,en qualité de PDG des éditions Lafargue et Fils,très reconnaissant de bien vouloir remédier à ces légers manques que nous mettons sur le compte d’un stress bien compréhensible au moment de se séparer d’un premier ouvrage de cette envergure.
    Sans réponse de votre part dans le mois qui vient,Monsieur,Madame,je me verrai dans la triste obligation de mettre ces quelques pages au pilon,nous privant de ce fait,mon équipe et moi, de la fierté d’éditer un éventuel prix littéraire.

    Dans l’attente d’une réponse positive,veuillez agréer cher(e) auteur(e),mes plus respectueuses salutations

    A.LAFARGUE

  19. Maryse Durand dit :

    Monsieur,

    Vous me demandez le début de mon manuscrit, ou plutôt le manuscrit de mon début. Or, il n’en est nul besoin. Tout est dit dans « La suite » : quand le jeune J. quitte le château, lieu de son apprentissage, c’est bien qu’il y est entré… Qu’avant d’atteindre l’âge de la maturité, C., le maître des lieux, est né, a grandi, forci, traversé les affres de l’adolescence, pour devenir celui dont on fera la connaissance dans « La suite ». De même les arbres peuplant la magnifique forêt entourant le château ont dû prendre le temps de croître et s’épanouir… Non, tout est dit dans « La suite » !
    Vous pourriez alors, légitimement, me demander le manuscrit de « La fin ». Ce à quoi je vous répondrais qu’encore une fois, tout est dit dans « La suite ». En effet, quand le jeune J. quitte le château, lieu de son apprentissage, tout dans sa démarche, dans son allant plein de détermination (voir pages 88 à 90) indique qu’il se dirige tout droit vers un destin hors norme… Quant au maître des lieux, C., une certaine lueur cruelle dans son regard, décrite page 102, un pli profond entre ses deux yeux, décrit page 103, une certaine impatience dans ses gestes, ainsi que la sécheresse du ton qu’il emploie, largement décrits pages 104 et 105, laissent déjà présager du maître impitoyable qu’il deviendra, faisant trembler les épaisses murailles du château du claquement de son fouet. Quant à la forêt entourant la bâtisse, on peut déjà imaginer quelle ceinture impénétrable elle deviendra, coupant à jamais les habitants du château du reste du monde.
    Vous le voyez donc, tout est dit dans « La suite ». Quelle économie de mots, de papier… « La suite », donc, en all inclusiv , un 3 en 1, trois livres pour le prix d1 ! Vous admettrez, Monsieur, qu’on ne peut faire plus économique, écologique, et résolument moderne.
    Bien cordialement, M. D.

  20. Jean-Pierre LACOMBE dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu le manuscrit intitulé « la suite ». Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ?
    En effet, « La suite » nous est parvenue amputée de son commencement, et nous restons dubitatifs.
    Oubli de votre part, erreur de la poste ou volonté délibérée de faire démarrer votre roman à mi-parcours ? (page 78 pour être précis), laissant le lecteur libre de reconstituer le départ de votre histoire.
    C’est cette page 78 qui nous interroge, et cet extrait en particulier :
    « …  les entrées, les amuse-bouches, les apéritifs. Il arrivait régulièrement en retard à ses rendez- vous, n’allait au cinéma qu’au crépuscule et n’y entrait que si le film était déjà bien entamé.
    Il détestait les enfants jusqu’à leur adolescence et les japonais sous prétexte qu’ils venaient du pays du soleil levant. »
    S’il s’agit d’une démarche littéraire originale, merci de nous le préciser. Dans l’état, notre comité de lecture risque de prendre la suite pour ce qu’elle n’est pas et vous pourriez vous voir opposer une fin de non-recevoir.

    Cordialement,
    Éditions de La Genèse.

  21. Sylvianne Perrat dit :

    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé « La suite »
    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration est attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ?
    En effet, ll n’y a pas de début.
    Normal ! Allez directement à la page 50.
    Avant de commencer mon livre, je suis allée me former avec un célèbre coach littéraire.
    Il m’a dit : « La plupart du temps, les 50 premières pages sont à mettre à la poubelle. » Les écrivains parlent d’eux, n’en finissent pas. Cela n’intéresse pas le lecteur.
    Alors, je n’ai pas écrit le début ! Je suis passée directement à la page 50.
    Le lecteur surpris entre dans le vif de l’action et imagine le début.
    Il existe un célèbre livre « Une histoire sans fin »
    celui ci est « Une histoire sans début »

  22. iris79 dit :

    Il semblerait que vous ayez omis de joindre à votre manuscrit le début de votre histoire. . Il est d’ailleurs assez étonnant et talentueux de votre part de pouvoir nous faire partager ce récit sans que nous en connaissions la situation initiale, à moins que cela soit volontaire de votre part…Cela est assez intrigant…Peut-être vouliez-vous tester ainsi la cohérence et la charpente de votre fiction car par un procédé narratif plutôt culotté, il s’avère que nous devinons sans peine ce qui nous a conduit jusqu’à la situation des premières pages lues. Cela étant, il est tout de même primordial que nous ayons ces premières pages.
    Mais plus j’avance dans la lecture de votre manuscrit plus je fais l’hypothèse que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Je n’ose aller jusqu’au dernier feuillet entre mes mains de peur de constater qu’il y manque aussi la fin, et qu’il nous faille, à nous lecteur, deviner « la suite ».

    Monsieur, Madame,

    Je crains que vous n’ayez fait tomber le manuscrit par terre en éparpillant toutes les feuilles sur le sol et que nous n’ayez pas réussi à remettre les feuilles dans l’ordre ( je n’ai pas pris la peine de numéroter les feuilles de cette version en cas d’ajouts futurs.).
    Car si, le début y figure bien ! Ainsi que la fin ! C’est une histoire aux multiples entrées et sorties ! A vous de trouver les vôtres et de composer les suites !

  23. Laurence Noyer dit :

    Madame ou bien Monsieur
    nous avons bien reçu
    votre beau manuscrit
    intitulé « La suite »
    Le style y est très vif,
    le vocabulaire, riche,
    la narration attire,
    mais pour le présenter
    au comité de lecture,
    pouvez-vous adresser
    le début de la fin
    findèzarico
    aricovert
    verdeterre
    terredèzommes
    hommedebout
    deboulègars !
    garsdelest
    estdéden
    édenpark
    parcàhuitre
    huitraufour
    fouraumoulin
    moulinàeau
    autoudébut
    débutdelafin.

    Anadiplosement vôtre

  24. durand dit :

    Madame, Monsieur,

    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé « La suite ».

    Le style est vif, le vocabulaire est riche, la narration attractive, mais avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ?

    En effet, il m’est apparu que ce qui me semble être une biographie, devrait, pour le personnage concerné, débuter au 19ème siècle. Or, vous paraissez vouloir le faire naître au 15ème. Et encore, à sa première apparition publique, vous lui donnez 42 ans, alors que vous en conviendrez, à ces époques là, on dépassait rarement les 38.

    La brève évocation de son enfance, entre 10 et 11 ans, dans un village du Haut Morvan n’ayant jamais existé s’avère perturbant pour un lecteur féru d’authenticité géographique.

    D’une part, il nous parait délicat de faire rencontrer votre personnage célèbre avec l’un de ses professeurs le 4 Mai 1788, sous la Tour Eiffel.

    De même, ses relations tumultueuses avec l’essentiel de ses concurrents à la cour des grands nous semblent un peu exagérées. On ne se fracassait quand même pas la tête, tous les matins, par un duel, à coup de fronde, de sabre ou de mousquet.

    D’autre part, on est étonné qu’un homme autant occupé par ces multiples recherches puisse avoir une vie amoureuse aussi dissolue et cavalière, même si, d’après vous, il fut le double inventeur du fer à cheval et du fer à friser.

    Mais ne chipotons pas sur quelques détails. Notre collection tient beaucoup à faire figurer votre plume reconnue dans notre catalogue.

    J’ai personnellement tenté, plusieurs soirées de suite, et même quelques nuits, d’accoler un nom à votre titre, le plus souvent indicateur du contenu.

    J’ai éliminé JS Bach…ses suites musicales et sa nombreuse descendance. Aucune tête couronnée ne m’a paru correspondre à l’évocation d’une éventuelle figure de suite royale. Aucun joueur de poker…non plus!

    L’idée d’une procession de figures importantes ayant marqué, chacun à leur manière, l’évolution de l’humanité m’a effleuré, un matin, au chant du coq….mais je ne possède aucune certitude.

    Je vous prie donc de nous éclairer sur le déroulement correct de(s) la (des) vie (s) de cet(te)(ces) personne (s) (voyez, j’en viens même à douter de son (leur) sexe!)

    Si par ailleurs, le « personnage » n’était que le fruit de votre fantaisie, merci de nous en dire un peu plus pour nous permettre de cerner d’un peu plus près les contours de votre « extravagance ».

    En vous rappelant la réflexion que l’instituteur de Colette déposa, à côté d’une maigre note, en marge d’une composition française où elle se permettait, en trente lignes de déclarer l’automne comme un commencement et non comme un déclin. L’enfant, déjà bien sauvage avait osé se laisser mener par sa priorité olfactive, dans un monde où déjà, le visuel se devait de dominer le possible des expressions.

    « De l’imagination: mais on sent un parti pris de se singulariser »

    En attendant un prompt éclairage de votre part, Madame, Monsieur, je vous envoie mes salutations les plus cordiales!

    Mr Alain d’Entrenous, éditions « La ligne droite »

  25. Liliane dit :

    Madame, Monsieur,
    Nous avons bien reçu votre manuscrit intitulé « La suite ».
    Le style est vif, le vocabulaire riche, la narration attractive, mais, avant que nous puissions le présenter à notre comité de lecture, pouvez-vous nous adresser le début ?
    Dans l’attente, veuillez…

    Messieurs, Mesdames,

    Vous comprendrez aisément mon étonnement à la lecture de votre missive dont je rappelle le contenu ci-dessus.

    D’abord, vous m’appelez « Madame, Monsieur ».
    C’est insultant ! Vous ignorez donc qui je suis !
    C’est navrant !

    Ensuite, vous ne connaissez pas le nouveau mouvement littéraire !
    C’est consternant ! Le Puzzle Art !
    C’est innovant !

    Certains écrivains mettent de la folie dans leur génie.
    J’en connais un, connu, reconnu qui a commencé par la fin.
    Il débute au chapitre 51 et finit au chapitre 1.

    C’est génial !

    Je comprends que cela puisse déstabiliser le lecteur.
    N’hésitez plus !
    Bousculez vos neurones !
    Dépoussiérez vos costards !
    Balayez votre contemption !

    Comme le dit le poète :
    « Il est grand temps de rallumer les étoiles »

    Cordialement.

    Ygor Zita.

    PS : Je vous précise que j’ai terminé la fin du début et commencé le début de la fin.
    Manuscrits que je vous enverrais quand j’aurais le rapport de votre comité de lecture pour la suite.

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