Le langage SMS va-t-il envahir tous les écrits ?

Au cours d’une promenade sur Internet,  j’ai découvert le site du comité de lutte contre le langage SMS et les fautes volontaires sur Internet.
20129 personnes se sont, paraît-il, engagées dans la lutte contre le langage SMS.

Ce comité s’inquiète de l’emploi de plus en plus fréquent du langage SMS sur Internet. Notamment sur les forums et les foires aux questions (FAQ)

Le comité s’est échiné à traduire en langage SMS l’une des pages de son site :

 » Kont tenu 2 la viva6T D 1sult a mO égar lorsk le komiT 2 lut kontr le lAgaj SMS é lé fot volOtR é paru ac 2 fot, G juG bO 2 Dfinir le komiT. O va fR du mo a mo pUr ê sur kt tt le mO2 konprN.

EN CLAIR : Compte tenu de la vivacité des insultes à mon égard lorsque le comité de lutte contre le langage SMS et les fautes volontaires est paru avec deux fautes, j’ai jugé bon de définir le comité. On va faire du mot à mot pour être sûr que tout le monde comprenne. »

Faut-il s’inquiéter pour 2m1 ? (demain)
Craindre que ce langage, généralement employé par les jeunes, envahissent tous les ékri ?
De nombreuses personnes pensent déjà que  l’orthographe est en péril. Que tout le monde se permettra d’écrire phonétiquement.
Je trouve que le langage SMS est très créatif, ce codage des mots pour les raccourcir stimule l’imagination, aussi bien celle de la personne qui écrit un message que celle qui le lit. Je ne pense pas que ce codage supplante un jour l’écriture telle que nous la pratiquons actuellement.

Et vous, quel est votre avis ?

 

 

9 Responses

  1. Marie dit :

    Bonjour Pascal,

    Peut-être pourrez-vous me venir en aide !
    Je suis journaliste pour l’émission 100% mag sur M6. Nous préparons en ce moment un reportage sur l’impacte du langage sms sur l’orthographe des ados. Nous sommes donc à la recherche d’une famille dont le ou les ados envoient beaucoup de messages, et utilisent le langage SMS. Il s’agirait de tourner une séquence au sein de la famille impliquant donc ados et parents.
    Seriez-vous intéressé ?
    Merci de me contacter au 01.44.09.83.61 ou au 06.08.07.00.72 ou par mail !

    Bonne journée,

    Marie

  2. Hazem dit :

    +1 Pascal (comme ils disent dans les forums) Et une créativité, dans son sens premier, créer quelque chose d’inexistant !
    Pour réagir au propos de George, le contexte de l’origine du langage SMS est important, le sms coutait cher et étant limité à environ 150 signes, ce sont tout d’abord des abréviation qui sont apparues, puis des raccourcis, puis des simplification de phonème via la phonétique K pour cas (la notation phonétique n’aidant pas à raccourcir [k] …) puis 2 pour deux… la ça se complique. Le problème avec un langage, c’est qu’il doit être commun, pourquoi pas une académie du langage SMS, car autrement chacun fait ce qu’il veut sans aucune références et nous retournons à Babel !
    Je ne pense pas que l’on puisse incriminé le langage sms de grossir les rangs des mauvais en orthographe, le problème est prit à l’envers. Ils ont un mauvais orthographe, le monde est toujours plus pressé, alors on s’arrange. Je me rappelle que souvent lorsque je devais écrire une rédaction et que je doutais de l’orthographe d’un mot, je lui trouvais un synonyme, c’est la même chose.
    Pour Marie-José (tout le monde aura son compte 😉 ), le milieu joue un rôle élémentaire dans l’apprentissage, qu’il soit du français, de la culture, de l’ouverture d’esprit, des manières. Je suis fils de deux parents immigrés ne maitrisant pas la langue française, ce qui est un extrême, cela m’a beaucoup pénalisé, notamment phonétiquement. Personnellement, l’école me qualifiait de cancre accumulant les 0, mes parents ne pouvait déceler mes erreurs, professionnellement j’écrivais peu. J’ai amélioré mon orthographe (loin de la perfection) quand je l’ai décidé, très tardivement, quand j’ai demandé de l’aide et que j’ai commencé à ouvrir le bon usage. Sans passer par cet extrême, l’entourage volontariste, attentif, incitateur, bienveillant et impliqué dont vous parlez se trouve majoritairement dans les milieux aisés, voir moyen aujourd’hui. Mon ex-femme qui a suivit de nombreux élèves de différents milieux, dont nous parlions souvent ensemble, pourrait vous en faire le récit très précis, ce n’est pas un mythe. Les différences entre les familles aisées du 5ème arrondissement de Paris dont les fils fréquentes Henry IV et la fille d’une femme de ménage et d’un garçon de café du collège de Chartres sont flagrantes !

  3. Pascal Perrat dit :

    Trouver le moyen d’écrire le plus vite possible ave le minimum de signes suppose une souplesse d’esprit indiscutable.

  4. Marie-José Leclercq dit :

    Bonjour,

    Je suis amoureuse de la langue française et sensible à la juste orthographe. Ce n’est ni un défaut ni un mérite : c’est ma nature et mon métier ! Il me semble que, quel que soit le sujet, il y aura toujours des « pro » et des « anti ». C’est donc le cas pour le langage SMS.

    Dans mes formations à la prise de notes, j’introduis des abréviations texto. J’en ai même créé quelques-unes (à base des numéros de départements – ce qui aide d’ailleurs à les mémoriser… Un exemple ? 27T pour heurter).

    J’adhère complètement à la notion de créativité et à l’exaltation de l’imagination avancées par Pascal, mais je rejoins Hazem : on écrit pour être lu… et compris ! Dans les forums, notamment, le SMS n’est pas de mise, car l’information est délivrée à tous : les friands ou habitués des SMS, comme ceux qui ne le sont pas. On doit adapter son écrit au type de lecteur. Le SMS étant un jargon, il vaut mieux éviter de l’utiliser lorsque l’on s’adresse à un large public.

    D’autre part, je pense que la maîtrise des règles du français rend l’utilisation des SMS sans risque. En revanche, la moindre défaillance en orthographe, grammaire, vocabulaire, conjugaison et syntaxe pourrait devenir un couperet social et culturel. Et quand on sait qu’il y a 20 % d’illettrisme en France…

    Quant au milieu qui facilite l’apprentissage, il n’y a pas de règle en la matière. L’enfant bénéficiant d’un entourage volontariste, attentif, incitateur, bienveillant et impliqué apprendra, quels que soit son origine et son statut social (j’en suis la preuve : mon père était mineur de fond depuis l’âge de 14 ans, ma mère ouvrière agricole puis textile – et d’origine polonaise en plus, ayant appris le français toute seule !)

    Ma conclusion sera : SMS, oui, avec modération, comme l’alcool, les matières grasses, les jeux vidéo et le téléphone portable en public !

    Bonne Année à tous.

  5. George Kassabgi dit :

    Le langage SMS est né par le besoin de simplifier la communication dans le contexte définit par les nouveaux outils d’écriture. Quel futur aura-t-il ? Il est trop tôt pour se prononcer. Il est bon, je pense, de se rappeler que tout langage a commencé d’une façon élémentaire. Et chaque nouvelle tentative a été introduite soit comme une différentiation, par rapport à ce qui existe déjà soit comme une innovation afin d’améliorer l’efficacité du langage adopté par un certain groupe ou par la globalité. L’Esperanto introduit autour de 1880 est un exemple parmi beaucoup d’autres. Des nouveaux langages sont aujourd’hui, je n’en doute pas, à l’étude dans la poursuite de l’un des deux objectifs que je viens de mentionner. Le phénomène SMS est particulier dans le sens qu’il touche à pratiquement toutes les langues puisque sa vertu première est de modifier la relation entre langue écrite et langue parlée ; autrement dit, écrire en SMS pour un langage donné pourrait représenter une orthographie en alternative et non pas en remplacement. Un nouveau chapitre dans l’Histoire des langues.

  6. Hazem dit :

    *il faut dire que je ne me relis pas assez attentivement, donc des erreurs sont toujours présentes….
    Bonne journée 😉

  7. Hazem dit :

    Premièrement, tous mes voeux pour 2013, à vous Pascal, à Sylviane ainsi que vos proches.
    Pour le sujet du billet, personnellement, j’ai entendu R. Barthes qui fustigé l’édifice de l’orthographe et de la grammaire française en arguant que les académiciens l’avait volontairement rendu élitiste. Y ajoutant des racines phonétiques, compliquant la grammaire, la langue rendue ainsi plus difficile d’accès, l’instruction et l’expression deviennent moins accessible, ce qui vise historiquement les basses classes (nous n’en sommes plus là, l’éducation et un droit, mais la vérité et que le milieu sociale favorise ou non l’apprentissage).
    Autant la lutte acharné contre un mauvais orthographe et les humiliations attachés doivent pour moi être bannis (dire erreur d’orthographe et non pas faute serait un début), autant il faut favorisé la compréhension aisé d’un texte. Dans l’exemple du billet, il est parfois très difficile de lire le texte rapidement (avant d’en avoir saisi les raccourcis).
    Je lui accorde le fait d’être créatif et débrouillard, l’auteur de ce commentaire créer ses moyens pour s’exprimer, mais à quoi bon s’exprimer si l’on n’est pas compris ? Ou alors, il faut l’intégrer dans de l’art graphique, dans une peinture ou un dessin par exemple ?

  8. Jean-Philippe dit :

    Peur ? Ce n’est pas le mot. Mais banalisation des fautes d’orthographes, sans aucun doute. Pourtant, je suis loin d’être parfait en la matière mais c’est une question de respect du lecteur. Et pour ce qui est de la « créativité »… j’aimerais savoir en quoi vous trouvez créative cette façon de s’exprimer ? Je n’y vois qu’un moyen pour ses utilisateurs de rester « entre-eux ». Les « happy few » qui décodent très vite ces mots bizarres. Personnellement, je trouve cela très fatigant à lire. Et puis, cela doit bien arranger les gens qui font d’habitude des fautes à chaque mot. Leurs lacunes deviennent « tendance ». Etonnant, non ?
    Quant au langage sms, je me bats contre son usage dans les mails professionnels. C’est, selon moi, là aussi, un manque de respect vis à vis de son interlocuteur.
    J’avoue que mon commentaire fait un peu « réac », mais c’est sans doute que je n’ai pas compris la subtilité et l’intérêt de tout cela.

    • Pascal Perrat dit :

      Contrairement à ce que l’on pense généralement, pratiquer ce genre de raccourcis demande de l’imagination
      puisqu’il s’agit d’exploiter la sonorité des lettres et des chiffres.
      C’est un bon exercice cérébral, cela ne veut pas dire que l’on doit oublier
      les règles de grammaire et d’orthographe dans d’autres écrits.

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