Exercire inédit d’écriture créative 271

artichautC’était au marché, en l’an de grâce 1717, à Paris.
Tous les maraîchers déclamaient un poème agrume pour attirer les chalands.
Poème de l’artichaut, pour l’un, du poireau ou de la ciboulette, pour l’autre.

Un matin, se présenta un marchand de… (à vous de décider) qui n’avait aucun poème a réciter et conséquemment peu de clients.
Alors il improvisa… (à vous d’inventer ce poème)

28 Responses

  1. Emmi A dit :

    C’était au marché, en l’an de grâce 1717, à Paris.
    Tous les maraîchers déclamaient un poème agrume pour attirer les chalands.
    Poème de l’artichaut, pour l’un, du poireau ou de la ciboulette, pour l’autre.
    Un matin, se présenta un marchand de sel qui n’avait aucun poème à réciter et conséquemment peu de clients. Il posa sa brouette en bois, respira et ferma les yeux.
    C’est alors qu’il improvisa :

    « – Oyez, Oyez braves gens !

    Je n’ai ni blé, ni oseille à vous proposer,
    Simplement quelques particules salées !
    Rien d’aussi beau qu’un artichaut,
    Ou d’aussi affriolant qu’un poireau.

    Je ne peux non plus vous offrir l’ivresse d’un tonneau,
    Ou encore le prestige gourmand d’un gâteau…
    Cependant, mon beau, ma belle,
    Vous éviterez-je la gabelle ?

    Et je vous offre dans une coupelle,
    De quoi affoler vos gamelles !
    Relever d’une pointe de sel,
    Toutes vos écuelles !

    Mais ce que je vous permet,
    Aussi en évitant les pamphlets,
    C’est d’ajouter votre grain de sel,
    Sans risquer la Bastille par vos libelles.

    Alors laissez-vous tenter,
    Oubliez critiques et mauvaises idées
    Pour un instant de liberté,
    Achetez ce secret salé ! »

  2. Un jour au Bois Joli
    un marchand en guenilles
    ses paniers bien remplis
    se rendait à la ville.

    Quelques pas devant lui
    son ânon trottinait
    vaillant malgré la pluie
    des lourds paniers chargé

    Il espérait en ville
    se faire un peu d’argent
    car sa condition vile
    le rendait indigent.

    A coup sûr obtiendrait
    le meilleur rendement
    de tous ces légumes frais
    et beaux fruits abondants.

    Il espérait monter
    bel étal en la place
    du marché renommé
    de la ville d’Arras.

    Vanterait ses produits :
    Salades bien pommées,
    rouges pommes d’Api,
    céleris frais coupés,

    poireaux au vert tendre
    et choux fleurs bien fleuris,
    et marrons sous la cendre
    en cornets, juste cuits,

    les poires bien juteuses
    et les choux bien feuillus,
    les patates rugueuses,
    les concombres biscornus,

    les carottes effanées,
    les radis roses et blancs,
    courge feu en quartiers,
    pissenlits aux mile dents…

    De tous ces produits frais
    l’homme se réjouissait,
    se mit à gambader
    sur le chemin mouillé.

    Assurément ce soir
    il serait riche et fier,
    fêterait sa victoire
    d’un litron de bonne bière.

  3. Bonjour.
    Que de beautés et de poésies dans vos écrits…chapeau bas,Mesdames et Messieurs.

  4. Ludo dit :

    C’était au marché, en l’an de grâce 1717, à Paris.
    Tous les maraîchers déclamaient un poème agrume pour attirer les chalands.
    Poème de l’artichaut, pour l’un, du poireau ou de la ciboulette, pour l’autre.
    Un matin, se présenta un marchand de bonne humeur qui n’avait aucun poème à réciter et conséquemment peu de clients.
    Alors il improvisa…
    « Dames, Damoiseaux, venez, approchez, n’ayez crainte!
    Pas d’entourloupe, pas de tromperie, ni de feinte.
    Soyez les brebis, laissez-moi être votre marcaire !
    Je serai votre guide, votre berger ! Genoux à terre,
    La main au cœur, je vais vous donner,
    Ce que personne n’aura l’audace de vous céder !
    Ce qui germera et fera autour de vous
    Pousser les rayons de soleil un peu partout !
    Car je vous le dis bien fort : c’est la bonne humeur le secret !
    C’est elle qui vous fera oublier tous les méfaits
    Que peuvent avoir la nostalgie, les regrets !
    Point d’écus, point d’or en échange, car voyez-vous
    En salaire je ne demande ma foi pas beaucoup.
    Votre sourire est le plus beau des présents,
    S’il se fait tarder je l’attendrai patiemment.
    Car Dieu sait qu’il est précieux ce moment,
    Où comblés de bonheur vous prendrez votre élan
    Pour à votre tour devenir le berger,
    Et moi votre brebis, la boucle est bouclée ! »

  5. Fanchon dit :

    C’était au marché, en l’an de grâce 1717, à Paris.
    Tous les maraîchers déclamaient un poème agrume pour attirer les chalands. Poème de l’artichaut pour l’un, du poireau ou de la ciboulette pour l’autre. Un matin se présenta un marchand de rêves qui n’avait aucun poème à réciter et conséquemment peu de clients. Alors il improvisa…
    Mes amis, vous écoutez les roucoulades Des marchands de navets et de salades. Ils parlent fort bien de faire des festins Mais de votre esprit, ils n’en disent rien. Je suis le marchand des idées défendues, Les rêves d’ailleurs sont mieux que la laitue. Pour certains, il vaut mieux se remplir la panse Alors que je vous propose de faire bombance En matière d’espérance et de folie. Braves gens arrachez tous de votre esprit Les racines qui gardent votre âme indolente. Que poussent désirs, évasions attrayantes Fraîches pensées et joie de renouveau. N’ayez point de peurs et de craintes d’un bourreau Sachez croquer idées nouvelles avec feu Et venez tous avec moi rêver un peu…

  6. Un matin, François-Marie Arouet, dit Voltaire, se présenta sur le marché et improvisa un poème. Il n’avait pas de légumes à vendre, juste son bel esprit à partager:

    Ce qu’il faut pour être heureux

    Il faut penser, sans quoi l’homme devient
    Malgré son âme un vrai cheval de somme.
    Il faut aimer ; c’est qui vous soutient
    Sans rien aimer, il est triste d’être homme
    Il faut avoir, douce société
    De gens savants, instruits, sans suffisance
    Et de plaisirs, grande variété
    Sans quoi les jours sont plus longs qu’on ne pense.
    Il faut avoir un ami qu’en tout temps
    Pour son bonheur on écoute, on consulte
    Qui puisse rendre à notre âme en tumulte
    Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands
    Il faut, le soir, un souper délectable
    Où l’on soit libre, où l’on goûte à propos
    Les mets exquis, les bons vins, les bons mots
    Et sans être ivre il faut sortir de table !
    Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
    Le tendre objet que notre cœur adore
    Le caresser, s’endormir dans ses bras
    Et le matin, recommencer encore…

  7. Smoreau dit :

    Alors il improvisa. Il empoigna fermement une banane. La brandit comme un micro. Et déclama la poésie du régime. Nouveau régime Mesdames ! Empoignez ma banane Mesdemoiselles ! Remplacez les tâches ménagères par la rage ménagère. Jetez le voile Rachida, découvrez vos épaules Farida ! Bananes aux points clamez la chanson de la banane, symbole de la femme libre. Le régime de bananes c est l hymne à la liberté féminine. Une banane c est intelligent comme vous Madame. Une peau protectrice, une chair onctueuse. Elle est riche, nourrissante et délicieuse comme vos bouches.
    Au dèbur de sa chansonnette, 1 ou 2 grands-mères osaient s approcher en souriant.
    Puis une grappe de nanas gourmandes, alléchées par les promesses du marchand, empoignèrent les régimes. Et croquèrent les fruits prometteurs. Vite, un groupe de ménagères formèrent un attroupement de femmes avides de changements. Les voiles volèrent, les caddies dociles furent jetés au feu.
    Les unes achetèrent, les autres pelèrent, les suivantes écrasèrent la bonne chair sous leurs dents prêtes à la révolution.
    Aux armes citoyennes !

  8. Jean Louis Maître dit :

    Un marchand de quatre saisons
    De tous connaissait les prénoms.
    Cette litanie inventa,
    Là, in petto et sur le tas !

    « Remplissez votre saladier.
    Aux légumes il est dédié.
    Il a la forme de tercets… »

    Mais l’exception s’y est glissée !

    « Geneviève, écosse des Fèves !
    Tu dois t’y atteler sans trêve.
    Ton Minestrone ainsi s’achève…

    Ce qui t’agrée, toi, Bernard,
    Sans simagrées, c’est le canard,
    Six magrets et des Epinards.

    Agathe, adore les Tomates !
    Leur forme et leur couleur t’épatent
    Et leur saveur surtout te gâte.

    L’Endive est votre légume, Yves
    Et d’Eve, c’est la friandise
    Croquante, agaçant les gencives.

    Charlotte, apprécie l’Echalote
    Cuisinée avec de la lotte
    En ragout ou en gibelotte !

    Si tes Scaroles, Miss Carole
    Ne vont pas à la casserole !
    C’est que là, ce n’est pas leur rôle.

    Tes Courgettes, Héliette,
    Au marché, tu te les achètes.
    Tant y en a, certains les jettent !

    Sergine, aime mes Aubergines !
    En Moussaka, tu les cuisines,
    Ou en caviar, avec du Gin !

    Elisabeth, mange des Bettes
    Dont les côtes ou les côtelettes
    En gratin te feront la fête.

    Lucho, amateur d’Artichauts
    Mange-les froid, mange-les chaud,
    Car de cela, bien peu te chaut !
    Tu en feras du Gaspacho !

    Oignon, – ognon ? – bon compagnon
    Pour les filles ou pour les garçons,
    Offrira la même chanson…

    La Laitue est têtue. L’es-tu ?
    Elle veut régaler et tu
    La sers quand elle est bien battue !

    Maddy, suçote des Radis !
    Tu chuchoteras, on m’a dit,
    Qu’il désenlaidit les ladies.

    Hercule, mange des Poireaux !
    En tourte, en soupe, à l’apéro.
    C’est le légume des héros.

    Serge, quand tu manges une asperge,
    C’est comme si brûlait un cierge
    Dont l’église serait l’auberge.

    Voilà, j’ai achevé ces vers
    En l’honneur des légumes verts
    – Omettant les Haricots verts ! –
    Légumes blancs, je persévère !
    Violets, ne soyez pas sévères !
    Les rouges aussi ont fait l’affaire !
    C’est ma galerie printanière… »

    En mille sept cent et dix sept,
    A Paris, on entendit cette
    Légumière litanie
    Grâce à Perrat, je le parie !

  9. francoise dit :

    Mesdames approchez, écoutez-moi,
    j’ai un message pour l’une d’entre vous
    je n’ai rien à vous offrir à première vue
    voyez mes légumes ne sont plus de la première fraîcheur,
    moi-même je ne suis plus de la première jeunesse
    mais j’ai su garder dans la poitrine
    un cœur d’artichaut
    Je suis prêt à l’offrir, je dis bien à l’offrir gratuitement à celle qui le voudra
    une nouvelle vie commencera pour elle, faite de partage
    vous deviendrez vous aussi généreuse, ce sera votre deuxième nature , on vous aimera
    il est à vous
    vous ne rencontrerez aucune monotonie
    vous aimerez cette vie j’en suis sûr
    et vous aussi pourrez avoir un cœur d’artichaut
    pour nous deux la vie sera riche de rencontres, d’amours partagés
    n’est-ce-pas ce que le meilleur des hommes peut offrir à une femme
    mais aucune femme n’approcha de son étal
    Lassé il partit en laissant sa marchandise sur place
    la clientèle s’approcha et au bout de peu temps

    il ne resta plus aucun légume, aucun fruit, à part un artichaut
    On ne le revit plus jamais sur le marché vendre des légumes et fruits
    Mais en l’an de grâce 1718, certaines de ses anciennes clientes
    le rencontrèrent sur les quais de la Seine
    donnant le bras à une très jolie femme, très élégante ;
    lui aussi portait beau .
    Son cœur d’artichaut avait donc trouvé preneuse…..
    Il avait su y faire notre marchand de quatre-saisons.
    Mais avait-il jamais été marchand de quatre-saisons

    



  10. Miclaire dit :

    Oyé oyé bonnes gens,
    Gens d’ici et gens d’ailleurs
    De mes carottes n’ayez point peur.
    Des pépites de bonheur
    Trésors de saveurs
    Palettes de couleurs
    Explosions de saveurs

    Oyé oyé bonnes gens
    Gens d’ici et gens d’Archane
    Venez découvrir leurs fanes
    Leurs cheveux au bout du crâne
    N’est pas à donner aux ânes
    Dans la soupe gentes dames
    Vous cuisinerez ces fanes

    Oyé oyé bonnes gens
    Gens d’ici et gens des bords
    Venez dont découvrir leurs corps
    Enrubannés dans leur décor
    A la peau fine qu’on ignore
    Qui attend qu’on le picore
    Orangée comme on l’adore

    Oyé oyé bonnes gens
    Gens d’ici, gens de Paris
    Venez y croquer dedans
    En acheter en me quittant
    Vous régaler en cuisinant
    Mes carottes de Mesnilmontant

  11. Nadine de Bernardy dit :

    C’était au marché de l’an de grâce 1717 à Paris.
    Tous les maraîchers déclamaient un poème agrume pour attirer les chalands.
    Poème de l’artichaut pour l’un,du poireau ou de la ciboulette pour l’autre.
    Un matin se présenta un marchand d’oublies qui n’avait aucun poème à réciter et conséquemment,peu de clients.Il tenta d’improviser et fut tout d’abord un peu marri, car aucune rime ne lui venait à l’esprit. Pas d’inspiration pour sa marchandise.
    Il commença par écouter ses concurrents pour trouver un peu d’inspiration,mais aussitôt ouïe,aussitôt déçu par la platitude de leurs vers de mirliton:

    Voyez mes artichauts
    Comme ils sont ronds,comme ils sont beaux
    De Bretagne tout droit ils viennent
    Achetez,achetez,c’est dix liards le douzaine

    Désappointé,il se gratta le tête et ouvrit ses paniers,une odeur sucrée monta à ses narines.Les oublies,soigneusement rangées, avec les marques laissées par le moule, étaient à point,dorées,légères et de forme régulière,laissaient imaginer leur croquant si subtile.
    Il installa ses tréteaux, posa la planche dessus,tandis que résonnait un autre poème potager: :
    Pour vous ma belle ciboulette
    A parfumer vos assiette elle est prête
    Dans la salade,dans les pâtés
    Vous ne pourrez vous en passer

    Ciel! de pire en pire se disait le vendeur d’oublies,mais malgré tout, il devait admettre que ce bagou rimé attirait le chaland.
    Il commença à sortir délicatement sa marchandise,tentant de composer dans sa tête un quatrain,une ode,quelque chose ,enfin.Et tout à coup ,à la vue de ces rectangles plats et réguliers lui vint une idée abracadabrante.
    Il se mit à les disposer avec soin en équilibre ,à les poser les uns sur les autres selon un angle bien précis,montant ainsi les fragiles étages d’une élégante construction.
    Les badauds ne tardèrent pas à s’arrêter devant son étal pour admirer son travail,émerveillés par l’originalité de cette architecture aérienne.Les uns et les autres achetèrent des oublies afin de reproduire chez eux ce qu’ils avaient vu au marché, pour épater leur entourage.
    Ce jour là, le brave homme vendit tout son stock en un temps record,au grand dam des autres commerçants Il pu repartir les poches pleines et le coeur léger.

  12. Sylvie dit :

    Kurt, qui venait de la France de l’extérieur, ne connaissait pas cette pratique.
    Tant pis, se dit-il. Au risque de faire chou blanc, je me lance.

    J’ai des choux de toutes les couleurs
    Pour tous les jours, toutes les humeurs
    Verts, rouges, blancs
    Ils sont craquants
    Larges feuilles au cœur tendre
    Venez, regardez, laissez vous surprendre
    Du traditionnel, des valeurs sûres
    Du chou à soupe ou à garbure
    Du chou bien de chez vous
    Mais… aussi, accrochez-vous
    Pour les aventuriers, les exotiques
    Les fines bouches, les excentriques
    J’ai des choux de tous les pays
    De Bruxelles, de Chine, d’Italie
    Le petit Romanesco
    C’est tout nouveau
    Et le bouquet, la divine saveur :
    Le chou-fleur !
    Pour vos grillades, volailles, charcuterie
    potées, jarrets et compagnie
    Donnez libre cours à vos envies
    Chouchoutez-vous la vie !

    Contre toute attente, les ménagères, attirées par la nouveauté, l’accent ou que sais-je encore, s’agglutinèrent autour du chariot jusqu’à tard dans la matinée. Kurt allait faire son beurre.

    Le lendemain, Kurt avait son portrait dans la feuille de chou locale, et le crieur public déclama : « un miracle, du jamais vu. Des choux venus du monde entier. Sur votre marché, ne manquez pas le chariot Kurt Schu.*, première allée à droite après les blettes de Toinette.

    * Prononcé Courtechoux. Au grand désespoir de Kurt, personne ne se risqua jamais à prononcer son nom entier. Mais cela ne l’empêcha pas de faire chou gras, bien au contraire.

    ©Sylvie Wojcik

  13. Clémence dit :

    C’était au marché, …

    Il se souvenait de l’an de grâce 1717….

    Paris, ses fastes et ses fêtes
    Paris, ses frasques et ses flèches
    Le peuple n’avait rien compris
    Mais lui, sous sa cape riait
    Ses poèmes agrumes criés
    Par maintes voix acidulées
    Fortes d’attirer le chalands

    Mes artichauts, rois de l’étal
    Dont toutes les feuilles s’effeuillent
    Volez au vent, tels les jupons
    Frivoles, divinement fleuris
    Prenez, coeurs d’artichauts d’ici
    Ou coeurs d’artichauts du Berry
    ….
    La suite, osée et hardie
    Dans le brouhaha se perdit
    Mais lui, sous sa cape riait…

    Mes poireaux,verts et blancs, vaillants
    En rangs d’oignons tels les soldats
    Les soldats du grand roi de France
    Poireaux à tête blanche, altière
    Poireaux au panache piquant
    Géant régent ou d’Orléans
    Prenez, poireaux d’ici
    Ou poireaux de Paris
    ….
    La suite, osée et hardie
    Dans le brouhaha se perdit
    Mais lui, sous sa cape, riait

    Artichauts, poireaux, ciboulette
    Sur les étals faisaient la fête
    Les marchands criaient à tue-tête
    Pamphlets, nul ne les soupçonnait
    Mais lui, sous sa cape riait….

    Un jour incertain, au marché
    Tout de noir vêtu arriva
    Un homme à figure austère
    Sur son étal tendu de soie
    Gants de peaux fines étala
    Peaux douces pour mains délicates
    Peaux aiment
    Poèmes…

    Nul ne s’attarda…

    Un jour incertain, au marché
    Dans les doigts des gants de peau fine
    Glissa, sur papier, quelques rimes
    Vers satiriques, pamphlets tragiques
    Vite, renommée fut faite
    De partout la foule accourait

    De confidence en confidence
    Pris par l’ambiance il se confia
    Celui qu’il croyait son ami
    Lettre de cachet rédigea
    A la Bastille l’y emmena
    En l’an de grâce 1717
    Onze mois y séjourna

    A sa sortie de l’au delà
    Une grande sagesse l’interpella
    Pour rompre avec un lourd passé
    De patronyme il faut changer
    Du banal FMArouet
    Tel un phénix surgit des cendres
    S’envola vers la liberté
    Volare, voltare
    Ainsi naquit Voltaire

    © Clémence

  14. oholibama dit :

    C’était au marché, en l’an de grâce 1717, à Paris. Tous les maraîchers déclamaient un poème agrume pour attirer les chalands.
    Poème de l’artichaut, pour l’un, du poireau ou de la ciboulette ,pour l’autre et Toinette ventait quand à elle ses belles blettes.
     » Allez, allez, par ici les belles blettes de Toinette! Elles sont fraîche et avec un peu de crème fraîche elles raviront et gonfleront votre petit bedon,
    allez! Mes blettes du matin cueilli à la rosée de mai aiguiseront votre appétit et feront chanté vos gosiers,
    les grands et les petits gouailleront votre bonne idée d’avoir acheter sur le p’tit marché les belles bettes de Toinette,
    venez donc, elles ne seront pas pour tous le monde! »
    La vigueur de Toinette faisait de l’ombre à Gaston et à ses poireaux, le pauvre avait beau beuglé,
    Toinette s’égosillée de plus belle… C’était la fête au p’tit marché.
    Ah! ce que la vie semblait belle, quand habillée de rose et de prune,le p’tit tablier de Toinette vibrée de passion
    pour ses belles bettes. Ils furent nombreux ce jour là à s’extasiés sur les belles bettes de Toinette.
    Et pas que sur ces bettes d’ailleurs, car les prunelles de Toinette étaient réputées sur le p’tit marché.

  15. Le soleil affichait 17 heures au cadran
    Et en ce samedi, personne à l’étalage
    Même pas le sieur Durand
    Et ses paniers de crabes

    Puisque c’est ainsi je m’installe
    Et en cet an de grâce (matinée)
    Je prends vite ma place
    Et vous loue mes salades

    Je voulais prendre le chou
    Mais en 1717
    Avec toutes ces disettes
    Y en avait pas beaucoup

    Petit coup d’œil autour
    Mes voisins maraîchers
    Commencent à s’installer
    Et débitent leur discours

    Moi ; rien à réciter !
    Il faut improviser :
    Damoiseau, gente dame
    Il faut pour la salade,
    composer, agencer,
    combiner, mélanger
    Laitues ou chicorées
    Endives ou bien frisées…

    Cresson de batavia !
    Ce n’est pas avec ça
    Que je vais m’enrichir
    Il me faut repartir

    Déjà sur le cadran,
    le soleil remballe
    Je prends la clé des champs
    Et j’arrête les salades

  16. durand dit :

    Venez, venez, messires du caniveau, venez gentes dames palpitantes de l’oiseau, venez, venez les damoiselles et vous les dames-oiseaux!

    Venez, venez à moi clients bienvenants, vous les cahutés du quotidien, venez goûster à mes racines.

    Prenez en une rondelle entre vos doigts fourbus, croquez à bons chicots dans ce jus fleumatique.

    Tous mes plants viennent du bassin méditerranéen, là où les peuples savent encore tremper leur séant dans le vague remous de la paresse.

    Mordez y Monsieur… n’hésitez point. Cette doulce tiédeur vous rafraîchira du labeur que vous traînez sur vos reins. Oui, Monsieur, rien qu’à vous voir claudiquer, je devine votre métier. Monsieur charrie du tonneau….n’est-ce pas…n’est-ce pas…eh oui…MONSIEUR charrie bien du tonneau!

    Et l’on doit bien vous charrier à vous voir ainsi brimbaler la boisson de leur richeté.

    Achetez, achetez….ma racine est frivole. Elle se plante sur un tout petit coin de terre et ne vous donnera que des petits qui grandiront!

    Oui gente dame…goûstez, goûstez, délectez-vous de cet onguent de l’alangui. Prenez vostre temps. Mâchez bien votre droit à la négligence. Vous y trouverez un nouvel optimisme, l’indolence du jour passé comme une fleur et l’oubli du tracas, celui à venir.

    Alors qu’en pensez-vous….efficace, non ? Pardon….pardon…de quelle plante s’agit-il… ah Madame….les secrets comme les chaleurs se doivent d’être éventé.

    Dans le creux de l’oreille, je vous le confie, sans autres sucreries…

    Il s’agit de racine de nonchalance!

  17. Christophe Le Sauter dit :

    C’était au marché, en l’an de grâce 1717, à paris. Tous les maraichers déclamaient un poème agrume pour attirer les chalands.
    Poème de l’artichaut pour l’un, poème du poireau ou de la ciboulette pour l’autre.
    Un matin il se présenta un marchand de kiwi qui n’avait aucun poème à réciter et conséquemment peu de client. Alors il improvisa.

    J’me présente je m’appelle Henri
    J’voudrai bien vendre mes kiwis
    A vous toutes, jolies demoiselles
    Car ils ont des pouvoirs charnels

    Rien que des mots encore des mots
    Les mêmes mots
    Tu es un parjure
    Mais non je vous le jure

    La cloche a sonné
    La rue est à nous
    Venez les gouter
    Vous tomberez à genou

    Vous permettez Monsieur
    Que j’empreinte votre fille
    Qu’elle goute en espadrille
    Elle en montera aux cieux

    Ce lundi au soleil
    Venez plutôt manger mes groseilles
    Je ne te fais pas d’ombre
    Elles sont venues en nombre

    Allons enfants de la patrie
    Ne vous querellez pas
    De la groseille ou du kiwi
    Elles n’en reviendront pas

    Capri c’est fini
    C’était la ville de mon premier marché
    Aujourd’hui à Paris
    Elles en sont toutes chavirées

  18. Christine Macé dit :

    C’était au marché, en l’an de grâce 1717, à Paris. Tous les maraîchers déclamaient un poème agrume pour attirer les chalands. Poème de l’artichaut, pour l’un, du poireau ou de la ciboulette, pour l’autre.
    Un matin, se présenta un marchand bien curieux qui n’avait aucun poème a réciter et conséquemment peu de clients. Alors il improvisa…

    Olà manants, sieurs et seigneuries
    Venez déguster mes fines sucreries
    Par votre serviteur bien nommés « sourires »
    Un délice en bouche rien qu’à les dire
    Doucettement, ils fondent sous la langue
    Libérant leurs parfums fraise, abricot, mangue
    A peine avez-vous le premier croqué
    Que déjà vous vous hâtez
    D’en savourer un deuxième
    Puis aussitôt, sans hésiter, le troisième
    Jusqu’à bâfrer tout le paquet
    C’est que vous êtes fins gourmets
    Et mes sourires sont si craquants
    Ne résistez pas : offrez-en à votre amant
    Ne soyez pas avaricieux
    A vous aussi, les moches, les vieux,
    Mes sourires redonneront l’envie
    Des plaisirs et le goût de la vie
    Deux sous pour une poignée de sourires
    Combien en voulez-vous, Messire ?…

    Bon week-end, Christine

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