Exercice inédit d’écriture créative 160

Depuis tout petit je rêve en couleur,
d’ailleurs, je suis un personnage haut en couleur
mais cette nuit j’ai rêvé tout gris, comme un escargot.
Depuis…

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9 Responses

  1. Clémence dit :

    Depuis tout petit je rêve en couleur, d’ailleurs, je suis un personnage haut en couleur mais cette nuit j’ai rêvé tout gris, comme un escargot. Depuis…

    Extrait de « Journal d’une vendeuse à la petite semaine »

    « Çà ou autre chose, il me fallait ce petit boulot ! Me voilà donc vendeuse au Marché Saint Pierre à Paris.
    Moi qui, toute petite, rêvais en couleur, je suis comblée : tous les coloris et leurs nuances en uni ou en motifs ! Une explosion des sens : plein les mirettes, plein les menottes, plein les narines ! Un tissu, cela se regarde, se touche, se sent…
    A chaque saison, les mannequins revêtaient les tenues à la mode. Ils avaient tout connu : les corsets et les jupons, le fluide du jersey, le tombant des soies, les rondeurs des lainages, les longueurs et ourlets qui remontaient au fur et à mesure que les encolures et emmanchures se dévergondaient…
    J’en avais le tournis… jusqu’au jour où, éblouie par printemps, je fus prise d’un vertige qui me plongea dans un rêve tout gris. J’entrais dans une coquille grise, pareille à celle d’un escargot. En léthargie. Je chutai lourdement et reversai un mannequin qui se brisa avec éclats et contusions multiples….
    La patronne glissa les reliques du mannequin dans un sac gris et le monta dans les combles.
    Moi, j’ai quitté la Maison pour ouvrir une mercerie riche en boutons, fils et rubans aux couleurs de l’arc-en-ciel. »

    Extrait de « Carnet de bal d’un amoureux de femmes-fleurs »

    « Depuis tout petit, je rêvais en couleurs ! Mais, ce n’était pas pour autant que je fus un personnage haut en couleur dès ma petite enfance. Tout est relatif . Il en a fallu des éléments spatiaux et temporels, il en a fallu des « petit plus » catalyseurs de créativité, il en a fallu des rencontres pour que naissent des merveilles.
    Mes rêves colorés me laissaient présager d’une vie de rêve : riche en couleurs, hardie en formes, inédite en explosions sensorielles…
    Mais je dus me rendre à l’évidence au sortir de l’adolescence. Cette vie de rêve, mes parents n’en voulaient. Mon univers arc-en-ciel fut définitivement balayé d’un tenace revers de main maternelle.
    Ma nuit fut funeste, j’éteignis mes rêves et les enfouis dans une coquille grise, une coquille d’escargot.
    Une semaine plus tard, je m’inscrivis à l’École des Sciences Politiques. Preuve de ma bonne volonté, j’achetai des crayons gris, du plus clair au presque noir. Ils débordaient de partout, se roulaient sur mon bureau, se couchaient sur mes cahiers… Je donnais ainsi le change ! De mes rêves réduis en cendres, il naissait des textes aux mille mots colorés.
    De retour à la maison familiale pour l’été, je me réfugiais des heures entières au grenier. Je ressortissais mes cahiers gris et je coloriais les esquisses de teintes subtiles. L’odeur des roses m’enivrait doucement et, petit à petit se réveillait en moi un être nouveau, haut en couleur…
    De retour à Paris, je tentai une première expérience artistique grâce à Picasso, Matisse et Dali. La crise de 1929 fut fatale pour beaucoup… moi y compris !
    Quelques années plus tard, au gré de belles rencontres avec des amis sincères, ma carrière put enfin prendre son départ pour ne plus jamais s’arrêter. »

    Pour l’ouverture de mon premier atelier, je me rendis au Marché Saint Pierre que je visitai de fond en comble. Mon œil fut attiré par un sac gris duquel surgissait une main fêlée… . Je ouvris délicatement le sac….Je me remémorai la prédiction d’une chiromancienne : « Les femmes vous seront bénéfiques et c’est par elles que vous réussirez »

    Ainsi, d’un rêve coloré saupoudré de gris , naquit une légende de la Haute Couture, riche en couleurs.

  2. SB dit :

    Depuis tout petit je rêve en couleur,
    d’ailleurs, je suis un personnage haut en couleur
    mais cette nuit j’ai rêvé tout gris, comme un escargot.
    Moi qui voyais la vie en technicolor, place à la sinistrose
    Mois qui voyais la vie en rose, maintenant je suis morose
    Moi qui n’étais qu’espoir, maintenant je ne broie que du noir
    Fini le le ciel bleu, le jaune des jonquilles
    Je retourne dans ma coquille

  3. Sabine dit :

    Depuis tout petit je rêve en couleur, d’ailleurs, je suis un personnage haut en couleur. Mais cette nuit j’ai rêvé tout gris, comme un escargot.

    Alors j’ai déménagé. Je ne voulais plus prendre le risque de voir la vie en noir et blanc. J’ai volé vers l’arc-en-ciel. D’abord, je me suis installée sur le bleu, où tous les habitants parlent bleu. On y vit sur de grandes plages de sableu bleu, où toute la végétation est comestibleu. Les gens sont tous aimableu, admirableu. Un monde d’utopie formidableu. Mais je me suis vite lassée de ce monde uniforme où il ne se passe rien. Où tout n’est que bleu.
    Je suis partie en vacances sur l’arc rouge. Ici, on tombe sous le charme des lèvres pulpeuses des femmes infidèles qui croquent les pommes, les fraises, les cerises, les hommes. Les corps se mêlent, s’emmêlent. Ô volupté, quant tu nous tiens…Tu nous fatigues. Tu nous uses jusqu’à la corde.
    Je ne suis qu’une femme, j’ai fui. Sur l’arc vert, où on espère, dans des soupirs souriants. On espère, on espère, on espère… et comme la sœur Anne, on ne voit rien venir.
    Désespérée, j’ai plié bagage et je suis revenue sur terre. J’ai cherché mon petit coin de paradis. J’ai exploré tous les continents, toutes les mers, toutes les îles, tous les cieux. Je suis rentrée à la maison. Il faisait beau, j’ai ouvert la fenêtre. Là, j’ai vu des fleurs qui déployaient leurs pétales, des enfants qui riaient en jouant à la chasse aux papillons, des oiseaux qui s’affairaient en chantant. Il y avait un arc-en-ciel. Maintenant, je rêve à nouveau en couleur.
    Il suffisait d’ouvrir les yeux.
    ©Margine

  4. Smoreau dit :

    Depuis tout petit je rêve en couleur,
    d’ailleurs, je suis un personnage haut en couleur
    mais cette nuit j’ai rêvé tout gris, comme un escargot.
    Depuis je vois des éléphants roses. Ma mère aurait voulu que j’ai la main verte pour la seconder dans son magasin de fleurs de toutes les couleurs.Tous les deux, on aurait vu la vie en rose, disait-elle. Mais il s’avéra que j’étais plutôt fleur bleue. Mon père voyait rouge à la vue de mes résultats. « Fais travailler ta matière grise » criait-il. « Tu ne vas pas travailler au noir toute ta vie ou faire un mariage blanc. » Lui, était un col blanc. On lui aurait donné carte blanche pour n’importe quel mission. Nul besoin pour lui de montrer patte blanche. Quant à moi, j’étais connu comme le loup blanc. Filou, pas fiable, rêveur. Ma mère derrière ses fleurs multicolores riait jaune. Elle avait une peur bleue que mon père me jeta à la rue. J’étais la lanterne rouge. Plus d’espoir. La vie ne m’avait pas donné le feu vert pour la réussite. Je broyais du noir et mangé mon pain blanc. La nuit noire de la vie m’attendait. Mon destin était écrit noir sur blanc : É C H E C. J’étais dans le rouge, rendu ma carte bleue.
    MAIS… j’avais un coeur d’or. Et j’allais en faire quelque chose. La réussite scolaire, professionnelle, basta ! De but en blanc, je m’adressai directement à Dieu. Rouge comme une tomate, un peu honteux, je l’implorai. Que faire avec un coeur d’or ? Le mot A I M E R puis C U I S I N E R tomba du ciel. Chaque lettre comme une feuille d’automne. Pas un son, juste ces mots-feuilles. Aimer ? Cuisiner ? Que veut-IL dire ? Confiant, blanc comme un linge, je me précipitai dans la cuisine de ma mère. Et inspiré, je pétris, mélangeai, mixai, assaisonnai, goûtai, etc. Une immense joie m’envahit. J’ AIMAI ça. J’allai devenir le plus grand cordeau bleu.

  5. Merquin dit :

    Depuis tout petit je rêve en couleur, d’ailleurs, je suis un personnage haut en couleur ! Mais cette nuit j’ai rêvé tout gris, comme un escargot. Depuis qu’est-ce le sens de Shiro ou Kuro ? Les noms à couleurs sont devenus des mystères gris chrome. Avant l’extinction colorimétrique, et comme moi.
    Si dynamique, tu sais, j’ai sauvé le monde, tout le monde le dit. Je pense moi qu’il exagère car je n’ai fait que mon devoir. Si électrique aussi, je ne tiens pas un instant en place sans rien entreprendre. Même si ça me fournit que des ennuis à régler après, de façon ferme… Tellement colérique itou, je suis enclin à la violence ; quelle autre solution sinon, dis-le moi, sans faire de souffrances inutiles ou des réflexions blessantes ?

    La planète entière est peut-être sens dessous dessus mais elle mute ! Elle charge ses couleurs. Elle en fabrique de nouvelles. Même si pour ça elle doit passer par le gris.
    Je suis le mouvement ; avec elle. Ça tape d’abord dans l’environnement. Ma moto rouge devient grise, mon blouson aussi. Les cheveux de Kei perdent leur éclat. Ça fane les photos – enfin les rares qu’on a réussies à préserver – plus tard, sûrement parce que elles sont sur des supports chimiques.
    Il nous reste que nos rêves, puis nos souvenirs. Et notre force pour les recréer plus tard. Les chercheurs travailleront, c’est sûr, sur des spécimens pour remettre les couleurs d’aplomb.

    La planète va s’adapter, l’être humain va l’adopter cette entre-couleur. Il va falloir distinguer chaque nuance de gris par un nom commun nouveau. Redéfinir les mots des couleurs – en les comparant à quoi ? A nos prénoms et patronymes.
    Le rouge sera Kaneda. Le brun chocolat sera Kei. J’aime bien. Akira sera pour le… Oh, quel ton associer à cet escargot-là ?

    Et toi, dépêche-toi de donner ton nom à la couleur avant que la liste ne soit complète…

    (d’après les persos du manga Akira.)

  6. Pascal Perrat dit :

    depuis je me suis offert un grigri et ça m’a porté chance car j’ai rencontré une jolie souris. On va bientôt se marier, elle en blanc, moi en noir. Nous vivrons en Bourgogne,
    dans un coquille d’escargot bien entendu. Comme vous le voyez, ma vie n’est pas monocorde

  7. ourcqs dit :

    Depuis tout petit je rêve en couleurs, je m’enfonce toutes les nuits dans une forêt fantastique, grands arbres bruissant de larges feuilles, oiseaux merveilleux chantant , chuchotant des mots doux, des mots inconnus, m’accompagnant dans des voyages trépidants , des aventures incroyables, fantaisistes avec des rencontres étonnantes ! Mais cette nuit, comme Alice ai -je traversé un miroir, une frondaison ? j’ai rêvé tout gris, gris escargot, pas ténébreux,pas angoissant, je suis dans un autre univers, plus intime, tout en nuances, jeux d’ombres et de lumière, lents cheminements dans le calme, sons plus étouffés. Ma forêt est métamorphosée, toute en reflets, résonances, subtiles variations de tons, je ne bouge plus, fasciné par cette ambiance « petit gris ».

  8. durand dit :

    Pour les lecteurs qui ne connaîtraient pas, la citation de la fin de mon texte est extraite d’une chanson qu’interprétait l’acteur/chanteur Giani Esposito (audible sur tout site audio d’internet).

    Bonnes fêtes à toustoutes!

  9. durand dit :

    Prochain tour de piste!

    Depuis tout petit je rêve en couleur, d’ailleurs je suis un personnage haut en couleur mais cette nuit j’ai rêvé tout gris, comme un escargot.

    Personne ne m’avait prévenu. La dernière séance? Un autre spectacle programmé! C’est ce qui flottait dans l’air mais pas jusqu’à ma caravane.

    Je me suis préparé, comme d’habitude. J’ai défroissé mon vieux costume, grimé mon visage, collé mon nez sur le reflet de la vie. J’ai enfilé mes gants blanc d’illusion. J’ai grattouillé ma voix. J’ai vocalisé mon prétexte.

    Yavait pourtant pas de chat, ce jour là! J’ai secoué ma perruque, dérouillé mes zygomatiques. Et je suis sorti dans la lumière grise du jour d’après.

    Sur la place, les copains repliaient la grande toile. J’ai interpellé Fredo. De loin, il m’a fait comprendre qu’il n’avait pas de temps à perdre. Isabelle m’a frôlé: » T’inquiètes PUC, tu dormais… comme d’habitude… ils ont pas voulu te réveiller ».
    Les poteaux et les piquets, tout claquait au fond des camions.

    Seul, le chameau mâchonnait son ennui, indifférent aux mouvements du désert des hommes. Il demeurait placide, contemplait l’agitation du moment, paraissait en clignant de l’œil comptabiliser le nombre des déplacements. Une éphéméride perpétuelle, enquiquinante de sobriété.

    Faute d’idée, je me suis assis sur une caisse. Marco m’a secoué:  » PUC, réveille toi, il faut qu’on se casse… t’as pas encore saisi… qu’on se casse…et fissa! »

    J’ai perçu une vaste agitation. La foule s’arrondissait au bord du cirque, glissait comme un bout de courant autour d’une pierre. Un drôle de torrent!

    Je me suis dit que j’avais trop dormi. J’ai cru qu’ils avaient pondu une nouvelle attraction, grandiose, télévisée, inter régionales, inter métropoles.

    Je me suis dit que tout avait une fin, qu’on avait bien résisté, qu’on s’était bien adapté, sans se renier, qu’on avait survécu… vaille que vaille!

    Et puis j’ai réalisé qu’aucune fête n’était en vue. Les feux d’artifice et les bombes ont le même père. Des grêlons mortels flirtaient déjà avec l’horizon. Ca aurait pu refroidir les enthousiasmes!

    Pourtant, comme dans les livres et dans les souvenirs de mon grand père, j’ai vu des hommes en armes, des femmes en pleurs, des enfants en lambeaux de chair. Encore!

    Le chameau n’a pas bougé. Il est demeuré là, telle une grande statue, à mâchouiller la connerie des hommes.

    Titus, mon chauffeur est passé m’avertir qu’il partait au front. Je l’ai regardé bizarrement:  » Mais qu’allait’il se traîner à l’hôpital alors qu’aucune blessure ne garnissait sa tête ? »

    Il m’a fallu encore pas mal de temps pour réaliser que j’étais incapable de conduire un véhicule. De plus, mes chaussures s’avéraient impropres à tout déplacement.

    J’allais donc demeurer là, avec une auto immobile, une caravane…et un chameau!

    Une sorte d’instinct m’a fait ôter mon costume bariolé. Il s’était inscrit dans mes gênes qu’en 1914, les trop colorés furent les premiers éteints.

    Je suis monté dans ma maison à roulettes, mon « sweet heaume », mon casque de vieux combattu.

    J’ai sorti la platine. J’y ai posé une galette de vinyle, me suis installé dans le rocking chair.

    « D’une petite voix comme il n’en avait jamais eu….d’une petite voix comme il n’en avait jamais eu…. il parle de l’amour et de la joie sans être cru…. il parle de l’amour et de la joie sans être cru…..

    … Ah ah ayayaiiiiiillllleeeeeeee !!!

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