Exercice inédit d’écriture créative 277

eclaircieElle était femme de nuage, employée à la météo.
Lui, nettoyeur du ciel.
Ce fut le coup de foudre.
Ensemble, ils créèrent un petit business : vendeurs d’éclaircies.
Un soir, alors qu’ils goûtaient l’enchantement du soleil couchant…

Imaginez la suite

15 Responses

  1. Michel ROBERT dit :

    Elle était femme de nuage, employée à la météo, lui nettoyeur du ciel. Ce fut le coup de foudre. Ensemble, ils créèrent un petit business : vendeurs d’éclaircies.
    Un soir, alors qu’ils goûtaient l’enchantement du soleil couchant, ils projetèrent de s’offrir un séjour à l’Hôtel du Nord. Nul besoin de vacances en zone polaire ou sous les chaleurs tropicales car depuis le printemps dernier, ils s’intéressaient à l’énigme qui gravitait autour du canal Saint Martin et de son environnement. Dans leurs prévisions de dépaysement, ils avaient inclus la visite en bateau. Ils s’endormirent tard dans la nuit sur ce joli rêve.
    A l’aurore, ils entendirent le marchand des quatre saisons qui vendait ses légumes à la criée : « Poireaux d’été ! Tomates de Marmande ! Pommes de terre nouvelles ! Artichauts de Bretagne ! » C’était l’heure de se lever. Dans le brouillard matinal, en poussant sa charrette aux roues cerclées de fer, il réveillait aussi tante Aline à deux longueurs de leur maison. Ils se connaissaient depuis leur plus jeune âge, mais lors d’un certain hiver, un froid s’était installé entre eux. Une brume épaisse les avait séparés. Dès lors, ce réveil à l’aube eut un effet de dépression sur elle, tel qu’elle avait pensé à changer de résidence. Mais ces recettes de couturière très importantes autrefois avaient fondu comme neige au soleil. Elle s’était résignée à supporter l’orageux commerçant qui insistait parfois lourdement.
    Ce jour-là, leur principal souci était leur voyage. Ils avaient besoin de se divertir. Ils voulaient voir l’écluse pour y prendre des photos, et à condition que le temps s’y prête, y être enregistrés dans une séquence rendue célèbre au cinéma. En répétant maintes fois cette scène, ils se l’étaient appropriée. Après leur petit déjeuner aux croissants et à la gelée de groseille, ils la refirent une dernière fois. Le tempo de leurs répliques étaient au zénith. Leurs valises prêtes, ils avaient deux ponts à traverser, un kilomètre les séparait de la gare, ils partirent en même temps que la rosée s’éclipsait. Le pont de la Marne leur évoqua de vieux souvenirs. Un chaland glissait doucement sur l’eau. Un vent de nostalgie leur traversa l’esprit qu’ils compensèrent par un tourbillon de phrases venant du film qu’ils connaissaient par coeur et qu’ils récitèrent comme des litanies.
    Arrivés en vue du pont du chemin de fer, une locomotive souffla de la vapeur ponctuée d’un sifflet strident. Cette vision avait toujours intriguée Renée. Un nuage vivant coupé par une construction statique qui reparaissait avec plus de vigueur de l’autre côté de la rue, comme une renaissance partant en une altitude nébuleuse, mystérieuse et qui se dispersait dans l’air. Dans sa tête, lorsqu’elle était enfant, c’était comme une magie, spécialement vivifiée aujourd’hui alors qu’ils étaient en partance. Elle en éprouva une joie secrète. Le temps était incertain, une averse donnait de ses premières gouttes et un soleil bienveillant décrivait un arc en ciel.
    Ils arrivèrent à l’heure à la station. Arlette y attendait les touristes. Ils s’embrassèrent sur le quai envahi des brumes du temps et de celle de la machine qui haletait avant de s’engager. Il ne manquait plus que Michèle avec ses beaux yeux et Jean le capitaine de frégate. Ils n’avaient pas remarqué que les deux amoureux étaient déjà dans leur compartiment quand une tornade balaya l’effet de serre sous la verrière et couvrit leurs appels. Ils se précipitèrent pour aller les retrouver.
    Ce périple fut le plus beau que le ciel leur offrit. Un bonheur les inonda de joie.

  2. Calviere dit :

    Elle était femme de nuage, employée à la météo.
    Lui, nettoyeur du ciel.
    Ce fut le coup de foudre.
    Ensemble, ils créèrent un petit business : vendeurs d’éclaircies.
    Un soir, alors qu’ils goûtaient l’enchantement du soleil couchant, il lui dit :
    – Eh, ma doudou adorée, tu as lu la lettre qui était sur le bureau ce matin ?
    – Mais non, Ernest mon cœur, tu sais bien que j’étais au dessus de Sainte Anne. Les touristes ne veulent que du soleil sur les plages, alors j’ai un boulot fou !
    – Ecoute moi ça, doudou.
    Ernest s’assied dans son vieux fauteuil à bascule. Il chausse ses lunettes et lit devant son ti-punch :
    “Monsieur,
    En tant que maire de la commune de Saint Claude à Basse Terre je souhaiterais vous parler d’un projet qui me tient à cœur depuis de nombreuses années.
    Au dessus de la Soufrière, s’accrochent en permanence des amas de nuages. Les touristes hésitent à monter au cratère. C’est une grande perte pour la commune. Il faut dire que la plupart du temps la vue est complètement bouchée et le Routard écrit même : « là-haut il tombe 10m d’eau par an : un des records de pluviométrie dans le monde ! »
    C’est pourquoi je fais appel à votre entreprise dont le maire de Saint Anne m’a dit grand bien.
    Bien à vous…“
    A la lecture de la lettre, Doudou, en boubou coloré écarquille tant les yeux qu’on lui en voit le blanc ce qui dans son visage d’ébène apporte une lumière à laquelle Ernest ne sait résister ; c’est d’ailleurs comme pour son sourire aux dents éclatantes.
    – Alors là, alors là Ernest, faut bien réfléchir !
    Tout en savourant la dernière goutte de son vieux rhum ambré, il s’étonne :
    – Réfléchir à quoi ? Tu te rends compte, c’est la fortune ! On a du boulot jusqu’à la fin de nos jours !
    – Oui, monsieur bien calé dans son fauteuil, monsieur Météo qui passe ses jours assis à son bureau, c’est pas trop difficile ! Mais moi je me tape tout le sale boulot là-haut !
    – Mais doudou t’étais bien contente quand je t’ai acheté le dernier cri des aspi-nuages : un Electrocirrus avec sac pour cumulus. Et là, à la Soufrière, tu vas enfin pouvoir t’éclater avec la brosse spéciale Stratus. À propos, pourquoi tu n’utilises jamais le souffleur Ventilo que tu as eu pour la fête des mères ?
    – Si tu crois qu’il suffit de souffler sur les nuages pour les faire disparaître ! Non ! Moi Monsieur, je ramasse tout. Rien sous le tapis ! C’est pas comme toi, quand tu fais le ménage !
    – Oh ! Ne te mets pas en rage, ma petite fée des nuages !
    Elle se jette à son cou, s’assied sur ses genoux. Sous son poids, le fauteuil gémit mais elle n’en a cure :
    – Oh mon Ernest chéri j’aime bien quand tu m’appelles comme ça. C’est tellement joli ! Allez, si tu veux, j’irai la dépoussiérer ta “Vieille Dame“ de la Guadeloupe !

  3. Nadine de Bernardy dit :

    Elle était femme de nuage ,employée à la météo.
    Lui nettoyeur du ciel.Ce fut le coup de foudre.Ensemble ils créèrent un petit business de vendeur d’éclaircies.
    Pendant quelque années tout alla bien,les gens étaient heureux de ce ciel clair,ce beau temps à la demande.
    Mais des mécontents se firent entendre,leur chiffre d’affaire baissant considérablement:
    les marchands de paratonnerre, les vendeurs de bottes de cahoutchouc,les paysans qui devaient arroser plus souvent.Dés que le moindre petit nuage se poîntait à l’horizon ,ils priaient pour qu’on le laisse faire son travail..
    Elle entendit des murmures de réprobation,lui continuait à faire de zèle et nettoyait avec des produits de plus en plus performants.
    Elle le mit en garde,il ne l’écoutât point.La discorde s’installa dans le couple,jusqu’au coup de tonnerre final.
    Excédée’elle finit par le quitter pour un anticyclone des Açores.

  4. francoise dit :

    Elle était femme de nuage, employée à la météo.
Lui, nettoyeur du ciel.
Ce fut le coup de foudre.
Ensemble, ils créèrent un petit business : vendeurs d’éclaircies.
Un soir, alors qu’ils goûtaient l’enchantement du soleil couchant, et qu’ils se félicitaient d’avoir le 25 du mois réalisé leur Chiffre d’affaires prévisionnel, un orage démentiel s’abattit dans l’espace. Il n’était plus question de business, mais simplement de faire face. Mais comment remplir leurs fonctions de femme de nuage et de nettoyeur du ciel dans de telles conditions cyclo-sismiques . Convaincus d’être nés sous une bonne étoile, ils avaient sans doute fait preuve de négligence, ou tout au moins d’optimisme.Les sanctions de leur hiérarchie seraient sans doute terribles. Et elles le furent : tous deux furent employés au service de nuit des ramasseurs de poubelles volantes. Très affectés par cette mutation professionnelle, ils s’enfoncèrent dans une dépression atmosphérique. Le médecin, craignant le pire, et alors qu’ils avaient droit à des congés payés, leur prescrivit un voyage dans une navette interstellaire.Ensuite, pistonnés par un haut responsable de la planète Mars, ils bénéficièrent d’un C.D.D. comme agents à la surveillance de la circulation des nuages et au bon paiement des droits de stationnement et donnant entière satisfaction à leurs employeurs, on leur proposa un C.D.I, avec semaine de 35H et statut de fonctionnaire. Ils s’empressèrent de le signer et c’est ainsi que débuta pour eux une nouvelle carrière,non soumise aux conditions météorologiques.

  5. Un soir, alors qu’ils goûtaient l’enchantement du soleil couchant, ils se dirent :

    Si nous voulons gagner en efficacité
    Nous devons augmenter notre capacité

    Ces vendeurs d’éclaircies, pour booster le commerce
    Et contrer les averses, eurent l’Idée de génie…

    …d’une petite affaire totalement nouvelle
    et révolutionnaire à planter dans le ciel

    C’est ainsi qu’ils créèrent une ferme en plein air
    Un élevage d’éponges, mais pas pour faire la plonge.

    Ces dernières devaient, telles des serpillères
    écarter à jamais les pluies excédentaires.

    Avec Poriféra
    Beau temps il fera
    Avec Spongia
    Ciel clair, il y aura

    Ce n’est pas un mensonge de dire que les éponges
    Sont comme les lapins, leur nombre proliféra.

    De ce stock d’invendus, ils ne surent que faire
    Il ne leur resta plus qu’à faire l’inventaire.

    Les éponges délaissées vinrent s’accumuler
    En amas de nuage
    Et de cet élevage,
    il ne resta que les cieux pour pleurer.

  6. Joailes dit :

    Elle était femme de nuage, employée à la météo.
    Lui, nettoyeur du ciel.
    Ce fut le coup de foudre.
    Ensemble, ils créèrent un petit business : vendeurs d’éclaircies.
    Un soir, alors qu’ils goûtaient l’enchantement du soleil couchant …
    … le temps changea. Un énorme orage s’abattit soudain, une pluie torrentielle dévasta en quelques minutes les petits abris de pêcheurs tout le long de la grève. Des barques mal amarrées se fracassèrent sur les rochers, comme des coquilles de noix.
    De gros éclairs zébrèrent le ciel et la femme de nuage devint encore plus pâle.
    Le nettoyeur du ciel n’en menait pas large non plus.
    Ils sentirent bien toute la colère du Tout Puissant qui se déchaînait et ils eurent très peur.
    Ils s’abritèrent sous un pont, serrés l’un contre l’autre, tremblants.
    Enfin, l’orage sembla s’apaiser peu à peu, laissant sous leurs yeux un spectacle d’apocalypse.
    – Viens, dit-il, nous allons partir.
    On ne s’improvise pas vendeurs d’éclaircies …

  7. vanvuchelen dit :

    Elle était femme de nuage , employée à la météo.Lui , nettoyeur du ciel .Ce fut le coup de foudre .Ensemble , ils créèrent , un petit busniness: vendeurs d’éclaircies.Un soir , alors qu’ils goûtaient l’enchantement du soleil couchant , ils entendirent les pas feutrés du dernier petit rayon d’or.Il avait triste mine et semblait anormalement épuisé.
     » Que se passe-t-il ? » demanda Candice , la femme de nuage.
     » Je n’ai pas beaucoup de temps répondit, le petit rayon d’or , il se fait tard et je dois me coucher .Mais il fallait que je vous vois.Ce que j’ai à vous dire n’est pas facile.Vous qui vendez tant de bonheur ! Toi , Candice , tu mets toute ton énergie à secouer les nuages afin de les rendre moelleux et étincelants de blancheur .Grâce à toi , Sirius le ciel est si propre , si bleu qu’il détint sur tout les océans ! »
    Le petit rayon d’or avait de plus en plus de mal à parler, l’heure avançait et il faiblissait à chaque seconde.
     » Vos clients sont heureux et nous nous en réjouissons, mais mes compagnons et moi même sommes à bout!
    Tant d’éclaircies vendues ne nous laissent aucun répit. Nous brillons sans arrêt , pas un nuages gris pour nous
    arrêter, pas un orage en vue pour ….je vous ….pitié …!
    La voix du petit rayon d’or se faisait plus discrète
    encore que son rayonnement , jusqu’à disparaître complètement.
    Candice et Sirius furent tout d’un coup plongés dans le silence et dans l’obscurité et prirent conscience de ce qu’ils avaient , bien malgré eux , provoqué.
    Le bonheur ne s’achète pas .Il brille parfois entre deux nuages gris.Il faut alors en profiter et le vivre
    pleinement.Surtout ne jamais oublier , quand on est dans le noir , que la lumière n’est jamais très loin.
    Candice et Sirius se demandèrent alors comment faire?
    Impossible d’arrêter la vente d’éclaircies!Ils eurent alors l’idée géniale de répartir les périodes de pluie et de beau temps , de froid et de chaleur.Les 4 saisons étaient nées et avec elles la paix et le repos des rayons du soleil.
    Candice et Sirius vécurent heureux.
    Les éclaircies, plus rares , se vendirent à prix d’or et le bonheur était plus vrai que jamais !!

  8. Bénédicte dit :

    Elle était femme de nuage , employée à la météo .Lui , nettoyeur du ciel . Ce fut le coup de foudre.Ensemble , ils créèrent un petit business : vendeurs d’éclaircies.Un soir , alors qu’ils goûtaient l’enchantement du soleil couchant , ils entendirent les pas feutrés du dernier petit rayon d’or.Il avait triste mine et semblait anormalement épuisé .
    <> demanda Candice , la femme de nuage.
    <>
    Le petit rayon d’or avait de plus en plus de mal à parler . L’heure avançait et il faiblissait à chaque seconde.
    <<Vos clients sont heureux et nous nous en réjouissons .Mais mes compagnons et moi même sommes à bout.Tant d'éclaircies ne nous laissent aucun repis !
    Nous brillons sans arrêt .Pas un nuage gros pour nous arrêter , pas un orage en vue pour …. je vous …..pitié…!!.
    La voix du petit nuage d'or se faisait plus discrète encore que son rayonnement jusqu'à disparaître complètement.
    Candice et Sirius furent tout à coup plingés dans le silence et l'obscurité . Ils prirent alors subitement conscience de ce qu'ils avaient provoqué sans le vouloir .
    Le bonheur ne s'achète pas.Il brille parfois entre deux nuages gris.Il faut alors en profiter pleinement.Surtout , ne jamais oublier , quand on est dans le noir , que la lumière n'est jamais très loin!
    Ils se demandèrent alors comment faire? Impossible d'arrêter ainsi la vente d'éclaircies!
    Ils eurent alors l'idée géniale de repartir les périodes de pluie et de beau temps , de froid et de chaleur ….. Les saisons étaient nées, et avec elles la paix et le repos des rayons du solleil.
    Claire et Sirius vécurent heureux !
    Les éclaircies se vendirent à prix d'or et le bonheur était pour longtemps , plus vrai que jamais .

  9. Clémence dit :

    Elle était femme de nuage, employée à la météo. Lui, nettoyeur du ciel. Ce fut le coup de foudre. Ensemble, ils créèrent un petit business : vendeurs d’éclaircies.
    Un soir, alors qu’ils goûtaient l’enchantement du soleil couchant…

    Un soir donc, alors qu’ils goûtaient à l’enchantement du soleil couchant, ils furent surpris par l’apparition du rayon vert.

    Tout à leur émerveillement, ils ne se rendirent compte de rien.
    Ils furent happés, absorbés, engloutis par un effroyable trou noir.
    Lorsqu’ils reprirent conscience, chacun était confiné dans une bulle hermétique noire, inodore et insipide.

    Il entendit :
    – Bonjour, Monsieur Thinning. Votre mission, si toutefois vous l’acceptez, sera de mettre en fonction le robot qui vous accompagnera dans différents lieux où vous serez expédié. Le mode d’emploi sera consulté une seule et unique fois, à l’inverse du planning dont vous prendrez connaissance quotidiennement.
    Ce message s’autodétruira dans les cinq secondes.

    Elle entendit :
    – Bonjour, Madame Thinning. Votre mission, si toutefois vous l’acceptez, sera de brancher l’aspirateur qui vous accompagnera dans les différents lieux où vous serez expédiée. Le mode d’emploi sera consulté une seule et unique fois, à l’inverse du planning dont vous prendrez connaissance quotidiennement.
    Ce message s’autodétruira dans les cinq secondes.

    Le délai passé, ils furent projetés dans un univers holographique.

    Jour 1 :
    Branchez votre appareil et collectez de la « poussière » durant 1 secondes.

    Après avoir obéi à la consigne, chacun sur sa « planète », ils furent propulsés « ailleurs ».
    Ce scénario se répétera tous les soirs.

    Jour 2 :
    Branchez votre appareil et collectez de la « poussière » durant 2 secondes.

    Jour 3 :
    Branchez votre appareil et collectez de la « poussière » durant 3 secondes.

    Jour 4 :
    Branchez votre appareil et collectez de la « poussière » durant 4 secondes.

    Jour 5 :
    Branchez votre appareil et collectez de la « poussière » durant 5 secondes.

    Jour 6:
    Transvasez les éléments récoltés dans la fiole réservée à cet effet.

    Jour 7 :
    Tenez vous prêts.

    Ils éprouvaient un tel besoin compulsif d’enlacements amoureux, qu’ils s’exécutèrent, sans la moindre objection, sans la moindre hésitation et sans le moindre questionnement sur les conséquences de leur mission respective.

    Le soir de ce septième jour, ils se sentirent happés, aspirés, propulsés et contorsionnés.
    Ils reprirent conscience dans un environnement qui ressemblait à leur « chez eux ». Les murs étaient clairs, la lumière douce et rassurante.

    Une pause bienfaisante, après cette période vécue dans une sombre irréalité, pensèrent-ils.
    Elle fut de courte durée, car ils découvrirent une enveloppe déposée sur la table. Ils la décachetèrent et lurent la consigne :
    – Déposez votre collecte en deux camelles distinctes sur la surface blanche. Recouvrez de la cloche protectrice. (En l’occurrence, un parallélépipède rectangle amputé d’une des grandes faces)

    Ils obtempérèrent.

    Le lendemain, ils découvrirent une seconde enveloppe. Ils lurent la consigne :
    – Réunissez les deux camelles en une seule.

    Ils obtempérèrent.

    Le matin du troisième jour, une troisième lettre les attendait :
    – Chaque jour, à la même heure – 21heures 45 – observez l’état de la camelle et notez scrupuleusement les modifications.

    La journée se déroula, ainsi que toutes les autres, sans excès d’impatience ou de curiosité. Ils s’étaient engagés pour cette mission qu’ils réussiraient. Question d’amour-propre, à défaut d’honneur.

    Le soir, ils notèrent :
    – La camelle s’est effondrée sur elle-même.

    Par la suite, les remarques s’enchaînèrent avec une régularité de métronome :
    – le cratère de la camelle s’est élargit en un cercle parfait.
    – le cratère continue de s’élargir en prenant une forme ovale.
    – le contour du cratère a atteint les limites de la cloche.
    – le contour se déforme légèrement, laissant apparaître une pointe dirigée vers le bas.
    – le contour du cratère s’amincit et des particules se positionnent à l’intérieur de l’ovale.
    – les particules se regroupent en petites sections.
    – les particules s’organisent selon un code non identifié.
    – les alignements des signes cabalistiques sont parfaits.

    Ce samedi matin, piqués par une curiosité légitime, ils enfreignirent la consigne. Dès l’entrée du local, ils eurent la conviction qu’un message était écrit sous la cloche.

    Ils s’approchèrent avec discrétion. Ils lurent à voix haute :
    « C’est pas bientôt fini de me proposer des sujets aussi foutraques ! Mon imagination commence à se tarir. »

    © Clémence.

  10. oholibama dit :

    Blandine n’était pas là depuis longtemps, mais son travail, lui plaisait.
    Elle avait découvert que la grande salle reflétait souvent un éclat éblouissant;
    curieuse comme tout les membres de sa famille…elle chercha à trouver ce qui
    pouvait produire si souvent cet éclat.

    Tout à son travail… elle n’obtint sa réponse que quelques semaines plus tard.
    Jhon, jeune homme mince, blond, éclatant ( oui c’est ainsi qu’elle le vit la première
    fois, presque étincelant de lumière) debout près de la grande baie vitrée, semblait
    perdu dans ses propres pensées.
     Un nuage sombre venant à passer devant son regard, celui-ci fit une petite embardée,
    l’air de dire :  » excuses moi Jhon, je ne fais que passer. »

     Oh! soupira Blandine. Je crois que je l’aime déjà… Jhon se retourna et fixa avec tant
    d’intensité les yeux pervenches de Blandine, que celle-ci vit une  pluie d’étoiles, 
    qui dansaient une  folle farandole. Jhon  sourit devant tant de grâce et cela ravi le
    coeur délicat de Blandine. Dès ce jour là…ils ne se quittèrent plus et jamais on ne
    vit météo aussi incroyablement sûre.

     Blandine et Jhon devinrent des personnes que tout un chacun aimait à écouté. Leur conférence sur le temps, les nuages, les atomes,
    les pulsars, les découvertes des astronomes du passé et du présent étaient suivis par un très grand nombre et même les grands dirigeants aimaient à savoir par
    avance les changements prévus du temps.

    Ainsi, leurs propres meetings, se faisaient depuis quelques années sous un ciel clément, peu de nuages,
     pas ou presque pas de vent…quand à la pluie n’en parlons pas. Un jour pourtant…
    Blandine se trompa. Quelle en était donc la cause se demanda un Jhon perplexe…
    Il eut sa réponse le surlendemain matin.

     Une Blandine éclatante , resplendissante de lumière s’approcha doucement de lui et lui murmura avec tendresse à l’oreille:
     » Hello Papa! » Fou de joie Jhon éclata d’un grand rire et ce jour là, une pluie fine, mais tenace, tomba toute la journée alors que nos deux amis avaient prédit aux
    grands de ce monde une superbe journée.

    Dès lors…ils coulent des jours heureux dans une petite île aux mille éclats.

    Yvette.

  11. oholibama dit :

    Vraiment bon
    bravo.
    y.

  12. virginie dit :

    Elle était femme de nuage, employée à la météo . Lui nettoyeur du ciel. Ce fut le coup de foudre. Ensemble ils créèrent un petit business : vendeurs d’éclaircis. Un soir alors qu’ils guettaient l’enchantement du soleil couchant un vent à déboîter une épaule, et à déraciner les cheveux, décima les lueurs incandescentes. La boule de feu chahuté par les ardeurs tourbillonnantes se dissipa à la vitesse du sel plongé dans un potage bouillant. Un noir caverneux ouvrait une béance qui électrisa le souffle du vent. Malgré tout ses trucs et astuces en matière d’accalmies, le couple demeurait en proie à l’inattendue tsunami venteux. Il subissait les rafales qui s’amplifiaient, détruisant leur labeur de ces derniers jours. Paroles envoyées en l’air, souhaits malveillants, déjections de tout engins motorisés etc, tous s’extirpaient de leur suaire monoxydé, et conquéraient à nouveau chaque micro parcelle du ciel limpide.
    Soudain un grondement précédait de tremblements enveloppa les amoureux. Un souffle de revendications les ballotta tel un programme essorage d’une machine à laver. Le vent cherchait à lâcher sa pression. Il arrivait à un burn-out. Vivre chaque jour à 100km/h l’épuisait d’autant qu’aucune reconnaissance ne lui parvenait. Dans les chaumières, on lui claque les fenêtres au nez. Jamais il ne peut goutter à la chaleur d’une nuque, toujours dissimulée à son passage, sous les étoffes d’une étole. En gémissant, il avoue espérer, tels les rayons ardents du soleil, inviter les filles à se dévêtir, et s’exposer en bikini. Lui aussi, veut être désiré. Il finit sa longue tirade en pleurs. Le couple quelque peu décontenancé mit fleurette au vent. Il offrit une reconversion professionnelle , faire les saisons. Le vent fut muté à un poste de léger courant d’air en période estivale … pour un jeu de dupe : voir sous les jupes des filles !

    Bises Pascal,
    Virginie

  13. Jean-Philippe Ricard dit :

    Vendeurs d’éclaircies, ce n’est pas courant ! Cette enseigne attirait à nos héros, Claire et Luc, nombre de curieux en quête …d’éclaircissements : ils recherchaient une éclaircie dans leur situation financière, ou, le plus souvent, dans leur situation conjugale ou sentimentale particulièrement sombre. Luc voulait éconduire ces importuns sans ménagements, mais Claire l’arrêta « Écoute, Luc, nous passons nos journées à balayer le ciel, à pourchasser les orages et les tempêtes, sans relâche ! C’est épuisant, sans compter que les clubs sportifs et les organisateurs de spectacles nous font lanterner jusqu’à trois mois avant de nous payer, et encore s’ils ne trouvent pas un petit nuagelet dans un coin, bonne excuse pour ne pas nous payer du tout ! Tandis que ces quidams, comme tu dis, pairaient nos consultations rubis sur l’ongle, et en espèces : un peu comme des psy, tu vois : quel repos ! »
    Luc fit la moue, Claire lui fit l’amour, il plia.
    Leur enseigne devint « Vendeurs d’éclaircissements « , ce qui ne coûta qu’un peu de peinture. Bientôt ils durent gérer une longue liste d’attente, et acheter un coffre-fort ! Pourtant, tout n’était pas rose dans leur nouvelle vie. Entendre à longueur de journée (et même de soirée) des inconnus décrire leurs pitoyables problèmes et leurs rêves sordides finit par avoir raison de leur courage. Un jour apparut sur leur porte « Fermé pour cause d’hospitalisation ». Ce n’était pas vrai, Claire et Luc s’étaient enfuis au bord de la mer admirer les nuages et frissonner dans le vent, en rêvant à leur vie d’avant.
    (signature) Jean-Philippe

  14. Miclaire dit :

    Un éclair de lucidité les traversât. La journée avait été parfaite. Ils avaient balayé très régulièrement les nuages menaçants qui tentaient de pénétrer leur ciel, avaient soufflé avec énergie sur les plus récalcitrants, avaient déjoué le plan d’un courageux ouragan qui grandissait au dessus de tout un archipel du Pacifique. Ils avaient brossé le soleil pour lui permettre d’être le plus brillant possible, parfois en y crachant discrètement dessus (chut !). Ils avaient secoué le grand ciel bleu pour le dépoussiérer de toutes ces petits parasites volants qui s’y agglutinent régulièrement. Ils étaient si bien qu’ils imaginèrent de créer un petit géni, capable de réparer le trou de la couche d’ozone. Un petit qu’ils feraient grandir avec tout l’éclairage de leur expérience, qu’ils aimeraient nuageusement, qu’ils embrasseraient comme une brise légère. Ils imaginaient un créatif, capable d’animer des tempêtes, d’orchestrer des successions d’éclaircies, même dans les périodes les plus sombres de l’année et surtout, d’assurer la survie du paradis pour lequel ils travaillaient.

  15. durand dit :

    Elle était femme de nuage, employée à la météo.
    Lui nettoyeur du ciel.Ce fut le coup de foudre.

    Ensemble, ils créèrent une petite entreprise: (francophonie oblige!)vendeurs d’éclaircies.

    Un soir, alors qu’ils goûtaient l’enchantement du soleil couchant leur parvint de la plage un léger ronronnement!

    – Ca, ce n’est pas une machine à laver le ciel, lança t’elle en connaisseuse!
    – Ah bon, et alors, quoiqu’est-ce ? Moi je ne vois rien.
    – Met tes lunettes stéréoscopiques, ça ira mieux!

    Sur le sable vert, se bringuebalait un drôle de petit engin sur roulettes!

    – Encore un climatiseur portatif égaré remarqua t’elle!

    Depuis quelque temps, on avait tendance à leur balancer un peu de tout et pas mal de n’importe quoi.

    – Tu vas le chercher ou j’y vais ?
    – Ecoute laisse filer, nous en avons déjà plein les hangars!
    – Oui mais tu sais bien que ces petites saloperies fabriquent des microclimats engendrant des losanges des Bermudes engloutissant nos vaisseaux!
    – Je sais bien, mais à priori cela ne fait pas partie de notre boulot.

    L’engin escaladait la pente, stoppait de temps en temps et crachotait des gouttelettes.

    – Et en plus c’est un modèle avec brumatiseur!

    Adamo se leva: T’inquiète mon Eva, je vais m’en occuper!

    L’homme parcourut les derniers centimètres le séparant du machin. Il sortit un tournevis bicéphale de sa poche de mollet et s’activa à courcircuiter le bazar en branchant le fil jaune sur l’artère AB+.

    L’engin fit « pouf » et ne bougea plus!

    – C’est malin! Et qui va devoir le traîner jusqu’au hangar ?

    Mais dans le ciel lointain s’annonçait une visite.
    Eva appuya simultanément sur les trois boutons, déclenchant éclaircie, embellie, une vaste clairière d’accueil!

    Une fusée multicolore entamait le bout de la piste!

    Adamo serra la main d’Eva dans la sienne.

    Cette petite entreprise touristique sur Mars, c’était cool (Pardon, francophonie oblige!)… c’était peinard!

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