Exercice inédit d’écriture créative 188

ruisseauIl avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau
puis il était devenu dresseur de ruisseaux.
La vie suivait son cours, un jour, cependant…

Imaginez une suite

18 Responses

  1. Clémence dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau puis il était devenu dresseur de ruisseaux.
    La vie suivait son cours, un jour, cependant…

    Au coin du feu, la légende se répète….

    Joannis était né un 31 octobre au beau milieu des plus belles étoffes, soies mêlées de laine ou de coton, au milieu de couleurs chatoyantes.
    Sa ville natale est une ville du Nord, une ville où l’eau est reine mais qui fut cependant dévastée par une terrible explosion de poudre à canon….

    Dès sa plus tendre enfance, Joannis fut attiré par ce qui brillait discrètement… un reflet de verre sur le mur, l’ombre mouvante de l’eau dans une carafe, les perles de rosées délicatement déposées par la nature.

    Ce furent cependant les gouttes d’eau qui l’émerveillaient et l’attiraient le plus. Quelle que soit la saison, ses compagnes de jeu étaient toutes les gouttes d’eau.
    A la belle saison, les voir perler sur les roses, était sa sublime récompense.
    A la saison froide, les voir figées dans la glace et les glaçons suspendus aux fenêtres l’hypnotisaient des heures entières.

    Lorsqu’il fut un peu plus âgé, sa mère lui permit de s’éloigner de la maison afin de découvrir son quartier. Mais ce fut toujours l’eau qui l’attirait comme un aimant… là où elle existait, il existait aussi ! Translucide ou légèrement bleutée, l’eau était sa reine, sa fée, sa maîtresse…
    Auprès du grand canal, à défaut des ruisseaux qui coulaient dans les campagnes environnantes, il creusait de petites dérivations bien droites…ses ruisseaux !
    A la belle saison, il admirait les reflets bleus et métalliques des eaux frémissantes.
    A la saison froide, il était en adoration des milliers de bulles enfermées dans la glace blanche.

    Au fil des années, d’apprivoiseur de gouttes d’eau, il était devenu dresseur de ruisseaux. La vie de Joannis suivait ainsi son cours, tranquille, jusqu’au jour où…à peine âgé de huit printemps, ses parents le conduisirent « en apprentissage » chez un maître.
    Et quel maître…

    Joannis découvrit dans l’atelier un monde dont il ne pouvait imaginer le pouvoir !
    Avec des pinceaux, de l’huile, des solvants et des piments, il était possible de rendre les plus beaux reflets de l’eau sur une toile….

    Joannis se consacra à la peinture. Il peignait lentement mais excellait dans ses productions où le jaune faisait chanter les bleus , les gris clairs et la lumière.
    L’eau était souvent présente dans ses tableaux, mais une autre source lui vint sous forme de perles.

    En 1665, Joannis Vermeer signait une de ses plus belles œuvres, presque un instantané….…

    La jeune fille à la perle.*

    La jeune fille au turban (La boucle d’oreille)
    Mauritshuis – La Haye.

  2. Parisianne dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau puis il était devenu dresseur de ruisseaux.
    La vie suivait son cours, un jour, cependant, un orage vint frapper à sa porte, déversant son flot bruyant et martelant les vitres sur un rythme endiablé. Une symphonie fantastique s’offrait à lui.
    La montagne entière jouait le spectacle de sa vie, roulements de tambour et percussions en écho, il menait les éléments à la baguette.
    Pas de pianissimo, le grand ensemble exaltait sa toute puissance, il exultait de joie, fendant l’air pour déchirer les masses sombres des nuages : flash sur la vie d’un poète de la nature, foudroyé dans un ruisseau par un tonnerre d’applaudissements de gouttes d’eau encore sauvages !

  3. Geneviève T. dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau puis il était devenu dresseur de ruisseau. La vie suivait son cours, un jour cependant alors qu’il s’était assoupi, il fut réveillé par un coup de tonnerre. La pluie martelait le sol. Instinctivement il se leva et indiqua aux gouttes le chemin à suivre. Puis la pluie cessa, laissant place à un ciel bleu traversé par un arc en ciel qui prenait naissance à la source du ruisseau. Rassuré, il décida qu’il avait mérité un bon repos et s’installa sous un rocher. Son sommeil fut agité, peuplé de nuages noirs, d’éclairs qui fendaient le ciel et du fracas étourdissant du tonnerre.
    Rien ne le réveilla cette nuit là. Il dormit comme une souche. Lorsqu’il ouvrit les yeux au matin, il eut une étrange sensation. Un frisson le traversa. Il était mouillé jusqu’aux os. Il n’avait rien senti ni entendu. Il bondit. Ses pieds glissèrent sur le sol humide. Il partit à la renverse, se rattrapa à une branche et évita de peu de se fracasser la tête sur un caillou pointu. Il lui fallu quelques secondes pour réaliser… Le terrain était détrempé, à chaque pas il enfonçait dans le sol. Une pluie battante lui fouettait le visage. Le ciel était d’un noir d’encre. Il courut jusqu’à la source pensant pouvoir raisonner son ruisseau. A peine arrivé il fut saisi d’effroi. Ce n’était pas, par une anfractuosité que jaillissait l’eau, mais par des dizaines. Les deux énormes cavités, situées juste plus haut, dans lesquelles il s’était si souvent réfugié, charriaient aujourd’hui des mètres cubes d’eau chaque seconde. L’eau n’était plus claire et limpide, elle était jaune, sale, transportant, sable, cailloux, branches…
    Comme un fou, il partit en aval. Il allait lui parler à son ruisseau, lui dire de se calmer, d’aller moins vite, de ne pas tout saccager sur son passage. Il avait beau hurler, sa voix était couverte par le rugissement du torrent en lequel son paisible ru s’était métamorphosé. L’eau recouvrait la rive, il avait du mal à progresser. Il enfonçait jusqu’au genou. Un craquement ! Il leva la tête. La foudre venait de tomber sur le chêne centenaire. De nouveau il perdit l’équilibre mais cette fois il n’y avait rien auquel se rattraper. Il glissa inexorablement dans les flots tumultueux. Rien de grave se dit-il ! Que peut-il arriver à l’ami du ruisseau ? Après s’être retrouvé dans un cours d’eau plus large, il avait poursuivi sa route dans une rivière et enfin dans un fleuve. Le ciel était toujours aussi sombre et menaçant, un déluge s’abattait sur le pays. Il fut secoué, balloté, retourné, projeté contre les rochers, charrié comme un vulgaire morceau de bois des heures durant. Rien ne lui fut épargné ! Il sentit ses forces l’abandonner. Il ferma les yeux. De longues minutes s’écoulèrent. Il s’aperçut qu’il n’entendait plus aucun bruit. Il entrouvrit les paupières. Le ciel était bleu, l’eau s’étendait à perte de vue. Une lueur d’espoir jaillit en lui.
    Puis soudain, une vague le bouscula, suivie d’une seconde. Malmené pendant un certain temps, il se retrouva assis sur un rocher au milieu d’une immensité bleue. Epuisé par le voyage il sombra dans le sommeil. Le lendemain, lorsqu’il se réveilla, le soleil brillait, tout était calme, seules quelques vagues venaient de temps à autres finir leur course sur les rochers. Quand soudain une idée lui traversa l’esprit : et si je dressais les vagues !…..
    Geneviève T. mesmotsdoubs

  4. Sabine dit :

    Martin de l’eau, Olivier du feu

    Histoire sans morale pour enfants avertis

    En ces temps là vivaient dans une fermette normande le père et la mère Lecointre, qui avaient deux fils nommés Martin et Olivier. Ils étaient jumeaux, mais nul ne l’aurait deviné tant ils étaient différents. Depuis sa naissance Martin était un garçon sage et éveillé, souriant à chaque instant. Pour le malheur de ses parents, Olivier naquit chétif, l’œil fuyant, et il était toujours de mauvaise humeur. Martin était aussi blond qu’Olivier était brun. On aimait donc Martin et on ne se préoccupait pas d’Olivier. Mais ce qui différencia les deux frères au fur et à mesure que les années passaient, ce fut leurs passions : Martin était l’ami de l’eau, Olivier était l’ami du feu.
    Avant même de savoir marcher et parler, quand la mère de Martin le mettait dans son bain, il riait et babillait, jouait avec les gouttes qui perlaient sur sa peau. Devenu petit garçon, il ne quittait pas le petit ruisseau qui traversait le village, où il faisait naviguer des coquilles de noix et des radeaux qu’il fabriquait de bric et de broc. Il préférait par-dessus tout construire un barrage et regarder l’eau se répandre sur les rives, au grand dam des lavandières qui voyaient le niveau de l’eau diminuer dangereusement à l’heure de laver les draps. Devenu jeune homme, Martin Lecointre avait délaissé le ruisseau pour apprivoiser l’eau de la rivière au débit plus conséquent, qui sourdait le long du village. Un matin, assis sur le bord de cette rivière, il avait tendu une baguette de bois au dessus de l’eau et lui avait ordonné : « Lève-toi. » Et on avait vu un filet d’eau se dresser jusqu’à l’extrémité de la baguette. Quelques jours après, c’était un spectacle où des vagues entières montaient, s’entremêlaient et brillaient de mille étincelles dans les rayons du soleil. Puis elles retombaient dans un vacarme digne des plus grandes chutes. Mais passé l’émerveillement, on entendit bientôt dans le village :
    – C’est un sorcier !
    – Martin n’est pas humain.
    – Il apportera le malheur sur la Terre.
    – C’est le fils de Diable !
    On lui lança des cailloux et partout où il se rendait, on le chassait. Il ne quitta alors plus la maison de ses parents où il vivait encore avec Olivier.

    Pendant toutes ces années où Martin domptait l’eau, Olivier, quant à lui, vivait de sa fascination pour le feu, blotti contre la cheminée été comme hiver, le tisonnier à la main. Devenu jeune homme, d’une étincelle Olivier avait appris à faire un grand brasier en un instant. A force d’entraînement, il saisissait les tisons à pleine main sans jamais se brûler. Les parents Lecointre ne le quittaient jamais des yeux, de peur qu’il ne mettre le feu à la maison, ou qu’il ne s’enflamme lui- même.
    Dans le village on murmurait :
    – Pourquoi ne voit-on jamais Olivier ?
    – Pourquoi sa mère le cache-t-elle ?
    – Elle ne le cache pas, elle le tient à l’œil. Si Martin a apprivoisé l’eau, il paraît qu’Olivier a apprivoisé le feu !
    – Décidément, ces deux enfants sont fils de Diable !!!

    Les années passant, les villageois n’adressèrent plus la parole aux parents Lecointre et à leurs « fils de Diable ». Quand le père allait aux champs on lui lançait aussi des cailloux en l’insultant, on arrachait ses cultures. On n’achetait plus les œufs et les légumes de la mère Lecointre. On ne leur vendait plus de lait. Il fallut vivre en autarcie, la misère s’installa en une année.
    Cependant, dans l’esprit du père Lecointre, c’est la colère et la rancœur qui s’installèrent. Le jour des vingt-cinq ans de ses fils, que l’on ne fêta pas, il décida de se venger de tous ceux qui l’avaient réduit à tant de pauvreté. Il attendit la nuit et alluma un flambeau. Si quiconque avait suivi à cet instant le père Lecointre, il aurait pu l’observer se rendant dans chaque maison, dans chaque ferme, dans chaque étable et dans chaque grange du village, ma foi peu nombreuses. Quiconque l’aurait suivi, aurait vu le père Lecointre enflammer chacune d’elles. Mais personne ne suivit le père Lecointre ce soir-là.

    L’alerte fut rapidement donnée. Les villageois s’affolèrent, crièrent au feu, tandis que le curé de la minuscule église sonnait l’unique cloche à toute volée. Bon an mal an, on organisa une chaîne de seaux, qui depuis le petit ruisseau, qui depuis la grande rivière. Mais le feu courrait plus vite que les villageois et gagna la fermette de la famille Lecointre. Devant la peur et les cris de désespoir de ses parents, Martin dévala vers la rivière et lui ordonna, tendant ses bras vers le ciel : « Réveille-toi et éteint le feu ».
    La rivière se souleva, se sépara en autant de jets qu’il y avait de fermes et de maisons en flamme, et tous les villageois virent de grands arcs d’eau passer par-dessus les arbres de la rivière et venir éteindre chaque foyer. Quand il n’y eut plus une étincelle, Martin ordonna à l’eau de rentrer dans son lit, et la rivière reprit son cours paisible. On entoura aussitôt Martin en chantant, en dansant, le félicitant d’avoir évité que le village ne finisse en cendres. On scandait des hourras à qui mieux mieux : « Vive Martin ! Vive Martin ! »
    Quand soudain une vieille femme s’écria :
    – Où est Olivier ? Il se cache parce qu’il a mis le feu !
    Une autre reprit :
    – Mort à Olivier, fils de Diable ! Mort à Olivier !
    Le père Lecointre, pris de remords devant l’injustice, voulut se dénoncer. Mais la foule courrait déjà vers la fermette pour lyncher son fils.
    Cependant personne ne trouva Olivier. Il avait entendu les cris des villageois et s’était enfui. On ne le revit jamais.

    Depuis ce jour les parents Lecointre vivent avec Martin, devenu un héros, dans la fermette qui, comme les autres habitations, n’avait pas subi trop de dégâts. On laissa Martin jouer au chef d’orchestre avec la rivière, on acheta à nouveau les œufs et les légumes de la mère Lecointre. On leur offrit le lait. On aida même le père Lecointre aux champs. La famille ainsi privée d’Olivier devint riche et heureuse, et le père Lecointre ne se dénonça jamais.

    ©Margine

  5. patricia dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau puis il était devenu dresseur de ruisseaux .la vie suivait son cours , un jour, cependant la catastrophe arriva , la rivière déborda. Alourdie par les boues, elle cracha des torrents de vase.
    La tempête avait fait rage ; les neiges fondues avaient noyé le lit douillet des ruisseaux;
    La nature se déchainait…
    .L’ordre n’était plus depuis longtemps sur cette terre et la Vie ne suivait plus son cours paisible .
    Expulsée sauvagement hors de ses limites ,la Vie , bafouée , écrasée ne s’indigna plus .Elle laissa faire …. Trop de catastrophes s’accumulaient en un échafaudage vertigineux; il fallait abandonner les lieux.
    Le magicien qui avait commencé à apprivoiser les gouttes d’eau et devenu dresseur de ruisseaux , déserta notre planète .Il trouva une belle étoile loin dans le firmament .
    Déçu par les caprices des hommes , il avait décidé de recommencer son œuvre autrement. Sa création serait tout autre .Il avait son idée et cette fois ci , un vrai paradis verrait le jour.

  6. patricia dit :

    Bonjour les gouttes d’eau ! j’ai bien besoin de vous pour remplir le ruisseau . J’aimerai nager parmi vous ;vous me laveriez aussi !
    gouttes d’eau sautillantes sur la peau des enfants s’éclaboussant dans des cris de joie.
    gouttes d’eau brumissantes des vagues déferlantes.
    gouttes d’eau éclatées contre le pare brise comme un feu d’artifice.
    gouttes d’eau unies sous la langue de l’enfant qui lèche la vitre.
    gouttes d’eau au creux des lupins dressés…
    gouttes d’eau essuyées d’un revers de manche d’une peau suffocante.
    gouttes d’eau perlant timidement d’un œil trop longtemps asséché , larmes brillantes comme la rosée du matin.
    Ruisseaux de larmes trop longtemps retenues, rompant les digues de ta dignité.
    je regard bienveillant de celui qui t’écoute apprivoise les gouttes d’eau de tes yeux étonnés.
    les flots de tes larmes déferlent sur tes joues grasses arrachant le dernier barrage de tes peurs refoulées et de tes regrets.
    la vie ne suivra plus son cours habituel ,routinier, faux et trompeur.
    cette trahison a fait déborder le vase de ton cœur gros.
    l’eau salvatrice entraine tout sur son passage et nettoie ton corps de tous ses miasmes.
    l’eau redevenue limpide te désaltère et tu deviens fluide et légère comme elle.

  7. de Bernardy Nadine dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau
    puis il était devenu dresseur de ruisseaux
    La vie suivait son cours. Un jour,cependant, son épouse le quitta dans un déluge de reproches, jalouse de la cataracte impétueuse qu’il tentait de charmer mais qui lui résistait farouchement.
    Fou de douleur, notre homme sombra dans une mélancolie profonde. Ayant enfin réussi à soumettre la rebelle, il redoubla d’efforts pour combler le vide .
    En trois semaines, il contraint une cascade, disciplina un fleuve amazonien,canalisa quelques torrents.
    En vain.
    Le chagrin le tenaillait et un dégoût de l’eau douce le saisit.Il coupa les ponts d’avec ses souvenirs et s’en fut vers le grand large, les océans aux effluves iodées qui l’enivrèrent aussitôt.
    Se sentant revivre, un besoin de démesure le gagna, qui gonflait avec les marées.Il se voulait le maître du monde afin d’accéder à l’oubli.
    San scrupules il provoqua des tempêtes sauvages,des raz de marées inouïs, des tsunamis gigantesques,dévastant tout sur leur passage.
    Il fallait le voir,le regard fou,planté sur une grève ou juché au sommet d’ une falaise, soumettant les éléments à sa volonté démentielle.
    En vain, le chagrin était toujours là.
    Aussi, par une nuit de pleine lune,se laissa-t-il emporter par une vague scélérate vers un destin à sa démesure.

  8. Catherine M.S dit :

    Caprice climatique

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau
    Puis il était devenu dresseur de ruisseaux
    La vie suivait son cours
    Mais un jour
    Une sécheresse absolue est survenue
    Une sorte de cataclysme apocalyptique
    Suite logique d’inquiétants pronostics
    Vent de panique !
    L’H2O avait pris l’eau
    Le H s’était écroulé
    Le O s’était dégonflé
    Entre eux, le 2 était tout ratatiné.
    Notre ami s’est retrouvé au chômage technique
    Qui allait l’embaucher ?
    Il frappa à la porte d’un cirque
    Mais comme il n’y avait plus d’eau
    Il n’y avait ni hommes ni animaux
    Sous le grand chapiteau.
    Il a traversé la piste, escaladé les gradins
    Caressé les décors, reniflé les félins
    Imaginé une théorie d’éléphants avec leurs vieux baldaquins
    Quand soudain …
    Il trébucha sur une baguette magique
    S’en empara des deux mains
    Fantastique !
    Une énorme ola surgit du public
    Il fut fêté, acclamé, ovationné
    Le monde s’était réveillé
    L’eau a recommencé à couler
    Et notre dompteur zélé
    A repris vaillamment ses chemins les plus arrosés.

  9. Le guilcher Brigitte dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau
    puis il était devenu dresseur de ruisseaux.
    La vie suivait son cours, un jour, cependant …
    ….il se décida et rédigea l’annonce suivante :
    Amateur de sensations, recherche Fleuve sauvage à dompter ou mer en furie à soumettre.
    Océan déchaîné s’abstenir.

  10. joailes dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau puis il était devenu dresseur de ruisseaux.
    La vie suivait son cours … Un jour, cependant …
    Il eut une vision : une rivière si belle, qui chantait mélodieusement parmi les herbes tendres, à la jeunesse folle.
    Il tomba immédiatement amoureux. Alors, lui, le dresseur de ruisseaux, il se sentit tout petit, et si humble … Que pouvait-il faire, que pouvait-il dire, devant cette pureté ?
    Tout simplement, il enfila sa combinaison comme à son habitude, prit sa flûte et s’accroupit près d’elle ;
    il prononça les mots magiques : « je t’aime » …
    Et c’est ainsi que le dresseur de ruisseaux épousa la petite rivière. Ensemble, ils eurent beaucoup de petits rus et ne se quittèrent jamais plus …

  11. François Nugues dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau puis il était devenu dresseur de ruisseaux.
    La vie suivait son cours, un jour, cependant…

    … au détour d’une vaguelette, un reflet d’eau le surprit. Cela venait d’en dessous, comme si la lumière émergeait de la terre au lieu d’aller la féconder en s’échappant du soleil.
    Quelque mouvement qu’il fit effaçait l’image. Sans mouvement, il ne parvenait pas à comprendre. Certes, il voyait quelque chose mais sans pouvoir en connaître le sens. Il essaya d’écouter avec encore plus d’intuition, il chercha le parfum narines dilatées, il intériorisa sa respiration au point de la méditer. Sans bouger, rien n’allait mieux.
    Bien que ce ruisseau fût très indiscipliné il décida de solliciter son aide. Tout ce qu’il obtint, quand le ruisseau accepta enfin de lui montrer la clé de l’intelligence des eaux, fut la disparition du reflet. « Décidément, tu ne comprends rien ! » le ruisseau fit une pirouette, la vaguelette reprit son chatoiement, une libellule vint se poser sur la haute tige d’une fleur de nénuphar aussi jaune qu’un bouton d’or.
    Déboussolé, il décida de s’asseoir, là, sur la berge, à un demi-vol de moineau du reflet fascinant maintenant évanoui. Le parfum de la terre humide l’apaisa.
    Une sauterelle sauta vers la tige de nénuphar, passa à côté, tomba dans l’eau. En un instant le reflet revint, la truite goba la sauterelle et disparut.
    Il entra dans une intense réflexion : comment dresser un ruisseau alors que ses habitants sont libres ?

  12. Sabine dit :

    Moi j’adore le sujet, je l’emmène dans mes valises pour le peaufiner.
    Merci Pascal

  13. durand dit :

    Pas trouvé l’inspiration satisfaisante. Quelques larmes de phrases, quelque

    ruisselet d’histoire…rien de bien abreuvant! Un coup de sécheresse! Pas inspiré

    par l’environnement!

    Un africain!

  14. ourcqs dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau puis il était devenu dresseur de ruisseaux.La vie suivait son cours, il pensait tout maîtriser, chacun bien discipliné sur une voie toute tracée, jusqu’au jour où l’orage a grondé, tout s’est déréglé,a bousculé ses désirs d’imposer, domestiquer.Complètement débordé, il a découvert
    l’ ivresse des débits rapides, des jaillissements imprévisibles, des cascades écumantes, des torrents bouillonnants, et la volupté des doux ruissellements du calme revenu au creux des sources.Quel plaisir de se laisser emporter, de lâcher prise ! Vive la fantaisie et l’improvisation !

  15. laurence noyer dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau
    puis il était devenu dresseur de ruisseaux.
    La vie suivait son cours, un jour, cependant…

    Quand il s’aperçut que la vie suivait son cours
    Il fut flatté, mais bien embarrassé
    Il pensait que c’était lui qui devait suivre le cours de la vie
    C’est elle qui lui avait appris
    Comment chaque matin
    Récolter les larmes de la nuit
    Qu’on appelle rosée
    Pour les replanter
    Entre les rives du ruisseau
    Alors il pensa que peut-être
    La vie suivait son cours
    Pour lui donner un sens.

  16. Jean Louis Maître dit :

    La vie suivait son cours.
    Un jour, cependant…

    … « Je m’appelle Caillou.
    Le Chapelier fou a fait « toc toc » sur mon crâne et il m’a dit :

    – Toi, tu t’appelles « Caillou » !

    Caillou.
    Je suis un caillou.
    Mais Mahey dit des fois que j’ai un gros caillou sur l’oreille gauche.
    Il a dit au Chapelier fou :

    – Tu as vu son oreille gauche ?

    Le Chapelier fou a fait « toc toc » sur mon crâne et il m’a dit :

    – Alors toi, tu t’appelles « Caillou » !

    Mahey aussi, il l’a vu, le Chapelier fou.
    Il était à l’école.
    Hélène avait fabriqué « Le Thé chez les fous ».
    Avec un Papillon.
    Si !
    Hélène, c’est la Directrice, mais on dit « Hélène » et le Chapelier fou faisait entrer les gens en disant :

    – Pas de place ! Pas de place ! Entrez, mais il n’y a pas de place !

    Et tout le monde rigolait.
    Et comme c’était la fête de l’école, Maman est entrée, elle aussi.
    Pour acheter des gâteaux.
    Le Sourire du Chat de Cheshire.
    C’est un gâteau.
    Et même que le sourire se mange.
    En dessous, il y a un gâteau au chocolat, mais le sourire se mange aussi.

    – C’est du pain asile, a dit le Chapelier fou. Tu peux manger, et le feutre pour dessiner les dents, l’ami l’enterre ! Tu peux manger ! C’est du feutre « L’ami l’enterre » !

    Sur un gâteau rond, quelque chose était écrit :

    – Mange-moi. Et l’ami l’enterre ! a dit le Chapelier fou.

    Maman a dit : « Ah bon ! ».
    Et elle a acheté une assiette de gâteaux : Les « Mange-moi », Les cartes à jouer de la Reine de cœur qu’on avait faites avec la Dame des gâteaux, les anneaux du vers à soie… C’est des gâteaux bleus ! Il y avait aussi de la gui-gui au citron et des pâtes de fruit à la fraise.

    – Des fraises de la Baronne ! Et pas de problèmes pour les étiquettes : L’ami l’enterre, répétait le Chapelier fou !

    Papa dit toujours qu’on a raté mes étiquettes.

    – Et ça, c’est quoi ? a demandé Mahey en montrant les lunettes du Chapelier fou ?
    – Ça, c’est ton doigt !
    – Mais non, ça !
    – Ça ? Ça ? a répété le Chapelier fou… Des glaces !
    – Et ça ?

    Mahey montrait la chemise du Chapelier fou.

    – Ça, c’est une limace !

    Hélène riait avec son Papillon.
    J’ai montré mes lunettes au Chapelier, et alors, j’ai dit que c’était dégueulasse.

    – C’est dégueulasse !

    Tout le monde a rigolé !

    – Des glaces !

    Hélène faisait les gros yeux.

    – Elle est à quoi, ta glace, m’a demandé le Chapelier fou en montrant mes grosses lunettes bleues.
    – A rien, j’ai répondu.
    – Ah ! ça, c’est bon, rigolait le Chapelier fou. C’est le meilleur. Une glace à rien !

    J’ai montré la chemise blanche du Chapelier et j’ai demandé :

    – C’est quoi, ça ?
    – Ça, c’est une limace, je t’ai dit, a répondu le Chapelier en faisant « toc toc » sur ma tête !

    Tout le monde a fait : « Aaaahhh ! » qui voulait dire « Beuuurk ! ». Et j’ai arraché le chapeau du Chapelier qui criait :

    – Mon chameau ! Mon chameau ! Il a volé mon chameau !

    Alors, Maman a dit :

    – Maintenant, demande pardon !

    J’ai demandé pardon, et puis, je suis allé m’asseoir au bord de la Manse. J’ai jeté des cailloux en disant à chacun d’eux :

    – Moi aussi, je m’appelle Caillou ! »

    Dans le soir qui tombait, les gouttes d’eau, en retombant, brillaient comme des étoiles. Il aurait bien voulu les apprivoiser.
    Un jour, il saurait.
    Il ramassa un dernier caillou et l’embrassa avant de le lancer dans le ruisseau.

    Et puis un jour, il se dit qu’il serait dresseur de ruisseaux !
    Oui, ce serait bien, ça.
    Dresseur de ruisseaux.
    En attendant, dans la grande prairie, le Lapin blanc serait en retard.

  17. Auschitzka dit :

    Merci à Pascal, merci à Christine…et bon WE à toutes celles et ceux qui se laisseront entraîner par une goutte pluie.

  18. Christine Macé dit :

    Il avait commencé par apprivoiser les gouttes d’eau, puis il était devenu dresseur de ruisseaux. La vie suivait son cours.
    Un jour, cependant, il commença à s’ennuyer et se dit qu’il devrait quitter son lit devenu trop étroit. Il fallait se secouer, arrêter de tergiverser dans les méandres de ses hésitations : après tout c’était l’été, la pleine saison du tourisme. Et vogue la galère ! Il se laissa couler toutes voiles dehors, un simple balluchon pour tout bagage, assoiffé de nouveaux pays et de fleuves aux noms prestigieux : Nil, Amazone, Mississipi, Mekong, Amour… Ces fleuves qui vont à la mer qui, elle, baigne les continents. Il voulait voir les océans, entendre hurler les mouettes, rallier Gibraltar, la Méditerranée et pourquoi pas la Mer de la Tranquillité sur l’astre lunaire.
    Il héla une péniche qui glissait paresseusement sur la Seine, proposant ses services pour payer le voyage.
    Certaines nuits, il rêvait de marine fluviale, de canonnières, de patrouilleurs et de bateaux lance-missile qui se faisaient la guerre. Trempé de sueur, il finissait par émerger de ses cauchemars, abasourdi par le silence qui régnait sur l’onde ténébreuse.
    C’est ainsi qu’il franchit toutes les étapes du fleuve, de la Petite à la Haute Seine, traversant Paris pour rejoindre Rouen et aborder enfin la partie maritime jusqu’à la Manche. Devant lui s’ouvrait, grandiose, la baie du Mont St Michel et le mont Tombe planté dans le sable avec son archange narguant Satan pour l’éternité. Il posa son maigre ballot sur un coin de sable, le regard ébloui par l’horizon inépuisable. C’était la fin du jour et tel un cheval au galop, la mer reprenait possession de ses terres, les noyant jusqu’à la côte. Il eut juste le temps de grimper sur le rocher pour guetter la prochaine grande marée et le légendaire mascaret né du conflit entre les eaux, sur lequel il avait bien l’intention de surfer, fût-ce au péril de sa vie. Fermant les yeux, il se laissa bercer par le ressac et le vent qui s’engouffraient dans ses veines. Une brusque ondée s’abattit sur la baie comme si le ciel voulait donner la réplique aux flots. Une pluie fine au gouttes de sel, venue de l’infini, de cet ailleurs où il repartirait, bientôt, bientôt.

    Bon week-end, Christine

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