Exercice inédit d’écriture créative 171

Horloge-lune C’était une horloge
qui se prenait pour une lune,

  tout ça parce qu’elle brillait
depuis toujours…

  Imaginez une suite

11 Responses

  1. Clémence dit :

    C’était une horloge qui se prenait pour une lune, tout ça parce qu’elle brillait depuis toujours… … Toujours, toujours, entendons-nous bien, depuis sa naissance !

    « La dernière H. Lyon, correspondant local G. Unscoop. 3 janvier 1907.
    On apprend de source sûre qu’un nouvel édifice sera érigé à Tassin. A ce jour, aucun détail ne nous a été révélé. Notre journal vous fera part de la suite des événements. »

    Depuis cette publication dans le journal local, les commentaires vont bon train dans la petite ville rhodanienne. A quelle sorte d’édifice le Conseil municipal avait-il rêvé ?

    Il se murmurait deux options pour remplacer le rachitique réverbère de la Place , une tour horloge ou une fontaine.
    Ce projet eut pour effet positif de mobiliser la population dans son unanimité. Mais très vite, elle conduisit à la formation de deux clans.

    Certains ne tarissaient pas d’éloge pour une fontaine qui attirerait les touristes à la belle saison. Chacun vantant les bienfaits de l’eau distribuée esthétiquement par une fontaine.
    «  Voyez, disaient certains voyageurs ! A Cotignac, sur le cours, bruisse la fontaine des Quatre Saisons. Elle est photographiée sur tous les calendriers et tous les livres vantant la Provence. »
    D’autres argumentaient sur le « faire-valoir » d’une tour-horloge : Big Ben, l’Horloge Astronomique de Prague, La Tour Horloge de Venise et la Grosse Tour de Bordeaux n’auraient rien à nous envier !

    – Mais vous êtes hors sujet … quand diable, y arriverez-vous ?
    – Attendez, ça vient, ça vient…

    « La dernière H. Lyon, G. Unscoop. ….1907.
    La municipalité a choisit : une tour horloge à quatre cadrans afin que tous les habitants puissent voir l’heure de jour comme de nuit. A cet effet, une matière nouvelle sera utilisée pour le cadran des horloges. La Tour Horloge sera élevée au centre du « point de croisement » en demi-lune des routes royales. Les plans de MM. Robert , Chollat et Pierre Devaux ont été retenus. Une maquette est visible à l’Hôtel de Ville»

    Les quelques 4000 habitants de Tassin furent stupéfaits en découvrant une espèce de néologisme architectural à base-phare et à sommet – Tour Eiffel ! Les commentaires continuaient, gonflaient, s’amplifiaient, retombaient pour mieux resurgir puis s’éteindre dans la liesse générale le 5 avril 1908 , jour de l’inauguration, .
    A peine les flonflons et lampions décrochés, une polémique nouvelle flamba : tous les Tassiluniens n’avaient pas chambre avec vue sur sur Tour !

    – Mais vous êtes encore hors sujet … quand diable, y arriverez-vous ?
    – Attendez, ça vient, ça vient…

    « La dernière H. Lyon, G. Unscoop, 6 décembre 1908.
    Un référendum sera proposé aux Tassilunois quant à l’installation d’une cloche dans la Tour Horloge »

    « La dernière H. Lyon, G. Unscoop, 22 décembre 1908.
    Communiqué de la Municipalité : une cloche sera installée dans la Tour Horloge »

    On aurait pu croire la paix définitivement revenue à Tassin-la-Demi-Lune ! Mais c’était sans compter sur les horloges elles-mêmes ! Surtout la cadette !

    – Ah, on dirait enfin que vous vous rapprochez du sujet, mais quand diable, serez-vous vraiment dedans ?
    – Attendez, j’y suis… écoutez ça !

    La cadette, donc, déprimait et dépérissait pour cause d’insomnie. Alors, dans un dernier sursaut, elle décida que les nuits de nouvelle lune ou sans lune, discrètement, sur la pointe de ses aiguilles, elle emporterait son cadran tel une couette et passerait sa nuit sur un nuage.

    Depuis, tous les Tassilunois ont vue sur lune.

  2. Sabine dit :

    C’était une horloge
    Qui se prenait pour une lune
    Tout ça parce qu’elle brillait
    Depuis toujours

    La scène se passa à Rouen, rue du Gros-Horloge
    La lune, vexée, à l’horloge mit une prune
    L’horloge, depuis ce jour boitillait
    Et la lune reçu une flèche en retour

    C’est pour ça qu’à Rouen, le célèbre Gros-Horloge au cœur de soleil, n’a plus qu’une aiguille.

    © Margine

    L’horloge est ici:
    http://www.rouen-histoire.com/GHorloge/

  3. laurence noyer dit :

    C’était une horloge
    qui se prenait pour une lune,
    tout ça parce qu’elle brillait
    depuis toujours…

    C’était une lune
    qui se prenait pour une horloge
    tout ça parce qu’elle savait lire l’heure
    depuis toujours…

  4. Sylvie dit :

    Un lundi à minuit une
    Pierrot sur son quartier de lune
    Las de voir
    Le doux regard
    De l’inconnue de l’express du soir
    Noyé dans la magie des instants
    Tissa un fil d’argent
    Jusqu’aux aiguilles du temps
    Habile funambule
    Prince noctambule
    Alla décrocher la pendule
    Eclipse artificielle
    A une éternelle lune de miel

    ©Sylvie Wojcik

  5. patricia dit :

    c’état une horloge qui se prenait pour une lune tout ça parce qu’elle brillait depuis toujours …tout a commencé ainsi : un jour son horloge cérébrale s’est déréglée à force de regarder la lune ; pourtant sa maman lui disait bien : » mon petit il faut fermer les volets de peur que la lune t’emmène dans son champs lumineux  » mais Tom était très attiré par elle et les nuits de pleine lune ,il adorait la regarder se voiler des plus beaux nuages ;quelle danse magique elle accomplissait cette lune ;quelle ensorceleuse !rien ne lui résistait même les plus mauvais temps ,elle les embellissait : c’était ainsi ; sa vocation d’illuminer! et de faire même briller les yeux des enfants
    Tom est devenu un grand père et vous devriez voir son visage illuminé de temps de veille . Ah quelle bonheur d’avoir eu son horloge déréglée par la lune; au moins il a vécu !
    quand il ne sera plus là sur cette terre, ces petits enfants verront son visage aussi brillant dans les cieux que son son amie la lune .
    quelle belle destinée pour cet horloger

  6. Antonio dit :

    C’était une horloge qui se prenait pour une lune, tout ça parce qu’elle brillait depuis toujours. Mais c’était sans compter sur la petite et la grande aiguille qui aimaient de temps à autre la piquer au vif.
    Elles lui tombèrent dessus en même temps. C’était sur le coup de minuit.

    « Dis dong, t’es pas en avance aujourd’hui ? lui asséna la petite, la première.
    – En avance ? se mit à paniquer l’horloge, irréprochable depuis deux siècles.
    – Aux dernières nouvelles, dans leur quartier, les lunes ne se lèveront pas avant 3h ce matin, pointa du doigt avec pertinence la grande tige.
    – Je suis une lune qui brille toute la nuit, répliqua avec fierté le grand cadran, comme le soleil le jour. J’assume ma différence.
    – Et c’est par différence aussi je suppose que tu es pleine tout le temps, sans décroitre jamais jusqu’au croissant, se moqua la petite aiguille.
    – Oui, répondit rondement l’agressée.
    – Dingue donc… de se prendre pour une simple lune quand on a tous les atours d’un soleil de nuit, se gaussa la grande flèche avec un léger hoquet qui la fit basculer sur le côté.
    – Une minute, les filles, s’énerva l’horloge, vous avez décidé de vous payer ma tête !
    – On te taquine un peu, c’est tout, tenta de calmer la petite aiguille. T’es toujours en train de nous parler de lune par ci, lune par là, t’as fini par choper la grosse tête.
    – Ouais, renchérit la grande, tu te prends pour une lumière, tu fais la belle toute la nuit pendant qu’on trime à livrer en temps et en heure. On peut se détendre un peu, non ?
    – Et vous croyez qu’elle a quoi de plus que moi la lune, hein ?
    – Bah…
    – Rien ! interrompit-elle toute tentative de réponse.
    L’horloge s’illumina un peu plus. Un agent de service venait de remplacer deux ampoules à l’instant.
    – Voyez, à l’intérieur, il y a un homme en moi, comme elle. Je ne brille que quand le soleil se couche, comme elle. J’ai aussi ma face cachée que personne ne voit, comme elle. Tous les regards aiment à se porter sur moi, comme sur elle, pour lire le temps qui passe, ou juste par fascination. Deux fois par an, j’ai ma nouvelle heure, comme elle…
    Elle s’émut, sa voix s’étranglait.
    – J’ai le devoir de briller pour eux, au nom du temps qui passe et que vous servez avec un dévouement sans faille…
    – Ca y est, elle se met à sonner le carillon, lâcha la grande aiguille qui détourna la tête. On n’aurait jamais du la relancer.
    – A chaque heure, c’est pareil avec toi, rétorqua sa moitié, tu ne peux pas t’empêcher.

    – Avoue tout de même qu’il y a comme un truc qui cloche chez elle, c’est tintant non ? »

  7. Bouquet dit :

    C’était une horloge qui se prenait pour une lune, tout ça parce qu’elle brillait depuis toujours. Enfin, depuis 1902 si on on veut être plus précis. Pourquoi 1902 ? C’était l’année de son inauguration lors de l’exposition universelle. Tant de choses ont été construites pour cette période…C’est quand même classe de se revendiquer de l’exposition universelle !
    Mais son âge n’était pas le seul argument pour lui donner le droit de se prendre pour une lune ce jour là…

    Si je vous fait le tour, et sans jeu de mot pour l’instant vous comprendrez plus tard, de toutes ses spécificités, elle aura à vos yeux aussi toute cette légitimité lunaire…
    Oui je sais, ce n’est pas très cool de ma part de vous faire patienter avant de découvrir le nom de cette lune mystérieuse… A moins que certain(e) puissent trouver avant. Surtout qu’elle est très connue ! Notre « big Ben » à la française…

    En fait, j’ai choisi de vous donner quatre arguments, et en plus avec le chiffre « 4 ». Un chiffre qui finalement caractérise bien cette horloge. De là à dire que tout tourne autour, à vous d’en juger…

    Le premier 4, on le trouve dans le nombre de marche pour arriver à son sommet. 400 ! Et oui, il faut compter près de 400 marches pour arriver tout en haut de sa charpente. Son Beffroi, devrais-je dire, qui culmine à 67 m au dessus de la Seine tout de même ! Une hauteur qui commence à la rapprocher un peu plus de la lune. En tout cas, plus que d’autres. Oui je sais, c’est un peu léger…

    Ensuite, 4 mètres. C’est la taille de la grande aiguille des minutes. Ce qui vous donne déjà une idée de l’envergure de l’horloge. C’est tout de même pas commun un cadran de plus de 6 m de diamètre ! Avec une telle surface, de nuit, de loin, bien éclairée, avec sa hauteur on pourrait croire à une vraie pleine lune !

    Pour le troisième 4, vous devriez commencer à deviner l’horloge en question : ce n’est pas un, mais bien quatre cadrans qui permettent à cette horloge d’afficher l’heure sur ses quatre côtés. Une visibilité des plus complètes. Pas besoin d’être devant, ou plutôt en dessous… De la même manière que la lune a ses 4 quartiers, certes bien différents, notre horloge aussi a ses 4 visages, mais pour le coup bien identiques. Heureusement d’ailleurs… Sinon, nous aurions toujours un train de retard…

    Et je vais terminer par un détail. Un détail sur le chiffre « 4 » lui même ! Plus exactement c’est la manière d’écrire ce chiffre qui caractérise un peu plus notre horloge. Normalement sur un cadran, on a une répartition des chiffres en trois groupes : celui des « I » pour indiquer de 1h à 4h, celui des « V », de 5h à 8h et le « X » pour 9h à 12h. Sur notre horloge, le chiffre 4 n’est pas représenté par le classique symbole « IV » mais par 4 « I ». En général on retrouve ce genre d’inscription sur les horloges comtoise, qui ont un sens plus esthétiques du cadran paraît-il… Donc nous avons bien le symbole « IIII » pour indiquer le chiffre 4. Étonnant non ? Vous aviez déjà remarqué en passant devant ?
    Alors, la prochaine fois que vous prendrez le train de Paris pour le sud-est, arrêtez vous devant « la tour de l’horloge » de la Gare de Lyon et lever la tête pour vérifier.

    Et pour ceux qui n’auront pas l’occasion de passer par là prochainement, notre ami « internet » devrait pouvoir vous confirmer tout cela en image !

    Bref, avec ces petites explications, elle avait bien le droit de se prendre pour une Lune notre horloge, surtout pour fêter ses 100 ans ! 😉

  8. Beautreillis dit :

    Tout ça parce que tout le monde levait sans cesse les yeux vers elle
    depuis qu’elle était née.
    Tout ça parce qu’elle prenait les TGV qui traversaient la gare pour des étoiles filantes.
    Tout ça parce que son ciel de béton lui cachait le vrai.

  9. ourcqs dit :

    C’était une horloge qui se prenait pour une lune, tout ça parce qu’elle brillait
    depuis toujours…
    du haut de son beffroi, elle jouait Méliès, clin d’oeil aux gens pressés, couche-tard, fêtards et autres amoureux de la nuit. Lune toujours bien ronde, pas d’éclipse, pas de disparition dans les nuages, elle rassurait par sa présence constante.Fidèle compagne, repère des insomniaques, elle marquait le passage du temps avec eux, infatigable. Pas de face cachée, mais elle avait des vieux fantasmes de frivolité, rallonger quelques belles nuits, tricher sur des matins froids et brumeux, jouer , et faire rêver…

  10. laurence noyer dit :

    La lune veille sur l’horloge de mon pote Jules Renard, qui est né il y a tout juste 150 ans aujourd’hui, le 22 février 1864

    Rendez vous sur mon blog: http://julesrenard64.com.over-blog.com

    « La lune se lève… Elle monte légère parmi les arbres. Ils vont la toucher du bout de leurs pointes, l’accrocher au passage. Mais elle glisse, leur échappe, et verse devant elle, pour annoncer sa venue, une lueur claire comme un flot de petit lait »
    J.R en 1900 dans Bucoliques

  11. durand dit :

    Ouf, plus qu’un mois !

    C’était une horloge qui se prenait pour la lune, tout ça parce qu’elle brillait depuis toujours. Ronde et lumineuse, elle se croyait le cœur du village.

    Dans la journée, elle pouvait passer pour discrète mais dès 19h, elle se mettait à resplendir.

    Chaque habitant la remerciait. Pour l’un, c’était l’heure de baisser le volet, de clore les conversions du vent des paroles en monnaie. Pour l’autre, c’était le moment fiévreux de la prochaine tétée.

    Pour beaucoup, c’était surtout la première minute de l’attente. L’instant furtif où l’on compte le nombre de marguerites à effeuiller, les épines de roses à éviter, les lapins à esquiver, les querelles à contourner.

    Chacun y allait de son petit rendez vous où si facilement on baissait les armes. Paul et Paulette, Jean et Jeannette, Martin et Martine, la charcutière et le curé, le notaire et la plus jeune des Du Mesnil, l’huissier et la plus âgée…Jacques et Victor…

    Dès 19h, Lorignoc devenait le village le plus discret et le plus actif de France. Personne accoudé au zinc du bar, plus une créature appuyée à la pierre du bénitier, pas un quidam penché sur la gazette locale. Les cartes du bistrot, les missels sous leurs bancs, les vessies des chiens, tout se recroquevillait. Tous attendaient que la lune locale ait achevé son œuvre.

    Cela durait en général jusqu’à minuit. Pas plus…et depuis peu !

    En fait depuis l’arrivée d’un nouvel élu, un transplanté de la ville, un qui même à la campagne voulait faire rouler les vélos dans des couloirs. Face à l’augmentation des frais d’électricité et à la natalité galopante du village, le jeune maire avait voulu trancher. Il avait déposé un amendement pour limiter toutes les consommations.

    A minuit tout habitant devait avoir rejoint son lieu officiel de résidence, le censé recensé.

    Et chacun, docile, rentrait au bercail….et téléphonait.

    Tous avaient décidé que. Ils avaient convaincu Albert Ducrocq, un authentique Lorignocais de souche de sortir du bois. A 89 ans, c’était le plus grand chasseur de papillons du coin, un qui en avait mouché plus d’une à la pêche. C’était un expert de la cuisse de grenouille et de toutes les traditions séculinaires.

    Tous le soutenaient. L’horloge tricotait de plus en plus serrées les secondes.

    Les municipales c’était dans 30 jours !

    Le petit maire de.., il allait devoir alunir !

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