Exercice inédit d’écriture créative 154

Sans-titre-e1383374847274 Elle avait fait une croix sur son enfance
 et enterré sa vie de jeune fille,
 prête à mourir d’amour,
 mais c’est la mort dans l’âme qu’elle…

13 Responses

  1. Clémence dit :

     Elle avait fait une croix sur son enfance  et enterré sa vie de jeune fille,  prête à mourir d’amour,  mais c’est la mort dans l’âme qu’elle…

    … Elle, la Grande Prêtresse réunit en ce premier janvier, la génération montante et leur transmit son savoir.

    Elle commença par leur parler du défi de leur vie.
    Elle continua ensuite par ce qui se transmettait de génération en génération dans cette grande famille.
    Elle leur parla aussi des choses qui se disent, et d’autres qui ne se disent pas pas !
    Parmi les choses que l’on dit le plus fréquemment figuraient :
    « – c’est ainsi,
    – c’est un risque,
    – il faut savoir être patient,
    – faut apprendre à vivre à l’étroit avant de voir le grand large,
    – il faut maîtriser parfaitement nos stratégies de défense.
    – … etc… »
    Parmi les choses que l’on ne dit pas, c’est l’appartenance à un sexe. « Nous sommes « épisèmes ». Mais, il est de tradition, de vous nommer au féminin. Tant pis pour les machos et les phallocrates. »

    Son discours presque terminé, Elle aborda le concept de la « fin ». Une rumeur naquit sourdement et on vit des têtes se tourner avec un air interrogateur. Elle étendit ses bras en un geste apaisant et déclara :
    « Chère jeune génération, vous êtes prête pour la grande aventure au pays des splendeurs méditerranéennes ! »

    Au mois de mai, ce fut la grande effervescence et la Grande Prêtresse put prendre un peu de repos.

    En septembre, Elle reprit son travail pour effectuer la tâche la plus épuisante : la surveillance des couveries de son royaume.
    Chaque jour, elle devait se lever tôt et faire le tour des couveries. A treize heures, elle prenait une collation suivie d’une heure ou deux de repos. Ensuite, elle repartait pour la tournée vespérale.
    Ce labeur se termina avec la venue des premiers jours du printemps et l’éclosion des oothèques. Cette année se distingua par fécondité remarquable.

    Les semaines suivantes, les parents virent leurs enfants grandir. Il fallait changer régulièrement les vêtements car les les petits grandissaient à une vitesse impressionnante.

    Un renouvellement de garde-robe fut suivi d’un deuxième et les enfants firent une croix sur leur enfance.
    Trois, puis quatre dressing plus tard, les jeunes enterrèrent leur vie de jeune fille.
    Cinquième puis sixième changements , l’acquisition des habits de fête agrémentée de l’offre d’une maison privée.
    Août arriva. La Grande Prêtresse aussi.
    Prenant une attitude hiératique sur le parvis de la Grande Cathédrale des Saints Roseaux, elle harangua ses troupes.
    Ensuite, elle invita les jeunes hommes dans la nef et leur tint ce discours :
    «  Vous voilà devenus de fiers guerriers ! J’ai confiance en vous, soyez dignes de votre Grande Prêtresse. Allez de par toutes les contrées  et veillez à ce que notre espèce soit féconde ».
    Ensuite, elle réunit les toutes jeunes femmes pour un ultime conseil.
    «  Mes chères jeunes consœurs,
    A l’instar de Votre Grande Prêtresse, vous avez fait une croix sur votre enfance, vous avez enterré votre vie de jeune fille, vous êtes prêtes à mourir d’amour pour l’amoureux qui n’attend qu’une chose : partager votre vie et votre couche. Mais, ne vous en déplaise, c’est la mort dans l’âme que vous devrez aussi assumer votre destinée de …..« mante religieuse »

  2. Pierre De Greef dit :

    Pascal MERCI de noter et encoder mon changement d’adresse mail (voir ce dernier billet) pour l’envoi de la Newsletter .L’ancienne (degreefp007@gmail.com )doit être rayée de tes contacts.Bien à toi.Pierre.

  3. Pierre De Greef dit :

    Elle avait fait une croix sur son enfance et enterré sa vie de jeune fille,
    prête à mourir d’amour, mais c’est la mort dans l’âme qu’elle prit sur sa commode la paire de ciseaux en argent que sa grand-mère lui avait offert lorsqu’elle était toute petite. D’un geste rageur et sur un rythme saccadé et un peu fou, elle se mit à taillader dans sa somptueuse crinière brune qui avait séduit tant de jeunes gens lors de ces folles soirées nocturnes à Montpellier. Ah ! ces cheveux là ne lui avaient pas servi à grand chose lorsqu’Arnaud était venu lui déclarer hier sur un ton glacial que leur relation était désormais terminée.
    Après quelques minutes, elle se regarda dans le miroir de la commode avec l’impression de sortir d’un cauchemar éveillé. Le bois en palissandre beige qu’elle admirait tant autrefois lui sembla brusquement avoir pris une couleur caca puante et dégoulinante. Elle même ne reconnaissait pas ce visage que lui reflétait un miroir complètement indifférent: celle d’un crapaud défiguré sur lequel on avait collé quelques poils hirsutes totalement anachroniques.
    Etait-elle devenue subitement folle ? Il lui sembla brusquement que tout son corps était parcouru par un immense courant électrique et qu’un mouvement brownien incontrôlable semblait diriger maintenant chacun de ses mouvements. Elle se senti précipitée malgré elle d’un coin à l’autre de la pièce , renversant au passage meubles de style et bibelots anciens.
    Au bout d’un long moment, et dans un dernier sursaut de conscience éveillée, elle ouvrit en une seconde les battants de la porte fenêtre qui donnait sur son balcon du deuxième étage, enjamba brusquement le parapet en se laissant tomber dans le vide en hurlant : « Arnaud, je mourrai en t’aimant ! »

  4. Sylvie dit :

    Elle avait fait une croix sur son enfance et enterré sa vie de jeune fille, prête à mourir d’amour, mais c’est la mort dans l’âme qu’elle l’avait suivie dans cette expédition, sur ce chemin rocailleux, corde raide entre deux pentes abruptes, où venaient se nicher des paquets de brume, de plus en plus nombreux, de plus en plus denses.
    Elle avait tout laissé – famille, études, amis – pour partir avec lui, elle avait à peine vingt ans, lui en avait déjà presque quarante. Ensemble, ils avaient gravi des sommets, touché les toits du monde, foulé les glaces, écouté la Terre respirer et vu jaillir le sang de la planète sur les contreforts des volcans. Rien ne les arrêtait. Ils avaient frôlé plusieurs fois les allers sans retour, mais sans jamais étancher leur soif de découverte. Cette expédition, cependant, l’avait rebutée dès le départ, sans raison apparente. Il n’avait pas compris. Ils s’étaient même disputés alors que d’habitude, jamais ils n’étaient en désaccord sur une mission. Ils étaient tout de même partis. Les premières nuits dans les steppes avaient été merveilleuses et avaient un peu dissipé ses inquiétudes. L’ascension avait démarré dans de bonnes conditions. Mais peu à peu, le terrain devenait difficile, glissant, la visibilité se réduisait dangereusement. Avec l’arrivée des nuages et de la nuit, ils avaient accéléré, mais leurs pas s’étaient dérobés, ils avaient dérapé, et ensuite ce fut l’enchaînement infernal, ils étaient le jouet de la montagne : chute, écorchure, fracture. Par chance, ils se sont retrouvés l’un près de l’autre, dans un renfoncement de la roche, dans le noir, dans le froid, avec pour seul compagnon le mal lancinant de leurs membres blessés. Serrés l’un contre l’autre, ils étaient là, piégés par une nature qu’ils avaient si souvent domptée mais qui, aujourd’hui, avait décidé qu’ils n’avaient pas leur mot à dire. Ils avaient toujours dit qu’ils feraient le grand saut ensemble. Ce serait donc ici, au bord de ce précipice, que tout finirait ou plutôt que commencerait leur éternelle expédition ? Après de longues hésitations, ne pouvant plus lutter contre la souffrance, ils décidèrent que oui et usèrent de leurs dernières forces pour s’envoler dans l’abîme.

    ©Sylvie Wojcik

  5. Smoreau dit :

    Elle avait fait une croix sur son enfance
 et enterré sa vie de jeune fille,
 prête à mourir d’amour,
 mais c’est la mort dans l’âme qu’elle qu’elle attendait en vain le prince charmant. Elle se promenait lentement, comme en deuil, au cimetiere des élephants. Le seul endroit calme de son quartier. Ses amis lui trouvait une tête d’enterrement malgré sa jeunesse. Etait-elle veuve se demandaient les voisins. Non, elle râlait de désirs inassouvis. L attente etait mortelle. La jeune femme espérait devenir la belle au bois dormant pour dormir profondement pendant cent ans. Une petite mort.. Et être reveillee d un baiser.
    Mais au 21e siècle, il n y a plus de prince ni à cheval ni à mobylette. Pendant ses marches lentes et grises, elle croisa plusieurs fois le jeune croque-mort. Il la saluait en ôtant galemment sa casquette.
    Habitué à cotoyer la misère, il ne s’étonnait pas de sa paleur, il trouvait jolie sa mine de papier mâché. Un matin d automne pluvieux, c était la Toussaint, il lui offrit un chrysanthème.
    Un sourire, un arc-en-ciel et un baiser mirent fin à son agonie.

  6. Chloé L dit :

    Elle avait fait une croix sur son enfance
 et enterré sa vie de jeune fille,
 prête à mourir d’amour,
 mais c’est la mort dans l’âme qu’elle avoua haut et fort que cet amour n’était pas celui qu’elle avait cru.

    « Trompée », le mot avait mis 2 ans à émerger du plus profond d’elle même. C’est avec une gracieuse volupté qu’il flottait désormais dans le bureau barricadé du thérapeute. Sa vie, sa souffrance, son passé prenaient tout leur sens.

    Elle sortit de son sac quelques feuilles de papier corné, trouvées deux an plus tôt dans un secrétaire dont elle avait hérité.

    Des lettres de ce père adulé et soutenu depuis le jour de sa naissance, défendu corps et âmes devant la justice qui l’acculait, assisté quotidiennement lorsque la maladie s’était brusquement déclarée, veillé jusqu’à son dernier souffle.

    Ces lettres, cachées dans le double fond d’un tiroir sans clef, contenaient l’aveu qui avait pulvérisé son socle. Ses certitudes. Anéanti toutes les réponses qui l’avaient liées au destin de cet homme et maintenue sous son joug.

    Elle essuya son cou qui ruisselait de larmes, pris une grande respiration et se leva.

    Le regard figé dans le vide, elle s’agenouilla au pied de la grande cheminée qui gisait, béante et silencieuse, à sa droite.

    Elle y posa méthodiquement les feuilles les unes après l’autre et sortit un briquet de sa poche. Un regard vers son interlocuteur et la pierre du briquet se frictionna sans résistance. Une timide flamme bleue se propagea tranquillement sur le papier sifflotant, noircissant lentement les courbes manuscrites de sa désillusion.

    Elle ferma les yeux et soupira bruyamment. Le poids de sa vie s’envolait dans une fumée noire et épaisse. Elle était désormais libre de vivre, libre d’aimer.
    Elle n’avait plus honte, elle n’avait plus peur. Elle était debout.

  7. Cécile dit :

    Heureuse de vous retrouver pour un petit essai.

    Elle avait fait une croix sur son enfance
     et enterré sa vie de jeune fille,
     prête à mourir d’amour,
     mais c’est la mort dans l’âme
    qu’elle s’envola vers le 7e ciel.
    Où était-il cet ange gardien
    censé la protéger, qu’elle espérait.
    Disparu aux fins fonds de la galaxie ?
    Assis à droite du grand barbu aux longs cheveux blancs ?
    Occupé à accueillir d’autres âmes perdues ?
    Elle ne le prierait pas,
    ne lui demanderait pas d’intercéder pour elle.
    Elle refuserait les sacrements définitifs,
    ceux qui vous enferment entre quatre planches.
    Elle allait redescendre sur terre,
    se confronter à la vraie vie,
    se retrouver vibrante
    entre les bras aimants
    de son amant vivant.

  8. durand dit :

    Hamour noir.

    Elle avait fait une croix sur son enfance, camouflé ses bouquets de fleur en

    plastique, enfoui ses rêves rose. Tous les bonbons l’avaient étranglé.

    Prête à mourir d’amour pour un prince charmeur, celui ci s’était retiré après un

    maigre premier devoir de vacances. Seul le sable était mouillé.

    Sa vie de jeune fille fut donc couronnée à 15 ans par un bel enterrement.

    Etre ou disparaître, telle était sa question. Elle suivit des cours d’insomnie,

    prépara une licence en anorexie moderne. Elle ne mangeait plus que des

    racines de pissenlit.

    Tout le monde la voyait déjà embaumée dans la solitude, ensevelie sous une

    macabre couche de tristesse. Elle-même s’avérait incapable de se percevoir

    autrement que dans une dépouille, dénuée du moindre sens vital, une ombre

    sans relief, un drap de bain pour fantôme, perdu sur une plage inconnue d’un

    continent desséché.

    Seul le noir lui allait bien.

    C’est la mort dans l’âme qu’elle épousa un employé des pompes funèbres.

  9. Antonio dit :

    Elle avait fait une croix sur son enfance
    et enterré sa vie de jeune fille,
    prête à mourir d’amour,
    mais c’est la mort dans l’âme
    qu’elle disséquait aujourd’hui son mariage,
    ses huit ans de vie commune,
    comme une plaie ouverte qu’elle n’est jamais parvenue à refermer.

    Autopsie d’un amour assassiné,
    né d’une malformation au cœur,
    qui ne battra jamais vraiment à l’unisson
    et que l’opération chirurgicale des gondoles à Venise
    masquera longtemps en apparence.

    Avec deux grosses pinces, elle arrachait désormais ce cœur,
    Au scalpel elle incisait ce caillot de sentiments acculés à l’intérieur.
    Mais la cause de la mort de son mariage,
    elle la tenait ailleurs,
    dans son estomac.

    Le poison du quotidien,
    à peine détectable,
    mélange vicieux de devoirs, de concessions,
    de déjà fait et déjà vu,
    saupoudré de suffisance et d’indifférence,
    étouffant l’envie, anesthésiant le désir,
    pour une mort lente,
    mais une mort certaine.

    Elle ne pleurera pas cet amour défunt,
    elle marquait d’une croix ce jour d’espérance,
    où elle venait de déterrer son envie de jeune femme
    Prête à renaître d’amour,
    véritable, à la lumière du jour le jour,
    Sans plus jamais l’ombre d’un quotidien.

  10. isabelle hosten dit :

    Elle avait fait une croix sur son enfance et enterré sa vie de jeune fille, prête à mourir d’amour, mais c’est la mort dans l’âme qu’elle franchit le seuil de l’église. Ils l’avaient choisie. Parfaite, à taille humaine avec ses vitraux colorés au fond de la nef qui jetaient une lumière douce sur les bancs, promesse d’un avenir radieux. Au bras de son père, elle ne voyait plus tous les visages alignés qui souriaient à son passage, comme des masques du bonheur auquel aucun d’entre eux ne croyaient plus depuis longtemps. Elle songea à une farce, un simulacre dont elle était l’actrice principale. L’Aria des variations Goldberg résonnait sous ses pas, épurée, tranchante de beauté, sidérante. Elle écoutait les notes, s’y accrochait en priant d’avoir le courage de poursuivre. Il était là, tout au bout, planté dans son costume trois pièces, le haut-de-forme sous le bras. Elle vit l’image d’un cercueil devant l’autel et se demanda si elle délirait. Le cercueil de ses rêves, de ses espoirs qui prenait forme dans cet anneau d’or qu’il allait bientôt passer à son doigt. Comment avait-elle pu en arriver là, laissé faire, tout organiser en s’impliquant un minimum comme déréalisée, comme si les choses se mettaient en place sans elle, détachée, étrangère à elle-même, drapée dans une robe de princesse trop étroite. Le cœur bondissant, déchirant la cage thoracique, sursauts infernaux de sa liberté contrainte cherchant l’air, la solitude, la fin de ce mauvais rêve. Elle avala ses larmes. Trop d’émotion sans doute, l’angoisse classique du « grand saut ». Et cette petite voix lancinante qui psalmodiait un « non » doux amer. Elle arriva enfin devant le prêtre. Jean leva son voile. Elle le trouva beau et pourtant ne le reconnut pas tout à fait. A soutenir son regard, elle vit le ravin entre eux, le renoncement de son désir. Elle l’aimait mais n’avait jamais voulu cela. Pourquoi ces cages que l’on se plait à dresser, comme gage de l’idée du bonheur établi, avalisé, certifié, approuvé par les tiers, les convenances. Elle ferma les yeux, inspira et redressa la tête. Assumer, tenir le rôle jusqu’au bout. Elle ne pouvait pas lui faire « ça ». Le prêtre commença son discours, un borborygme incompréhensible qui se perdait dans les dernières mesures de Bach. Elle vit alors les chevaux de Bartabas danser, le corps de la cavalière épouser son destrier en un ballet tragique et merveilleux, la communion parfaite. Et l’arc japonais bandé, au bout la flèche saisie dans sa main, qui lâche brusquement et qui atteint dans un souffle le cœur de cible. Elle serra son bouquet, le déposa sur la marche de marbre à ses pieds et dit simplement : « je ne peux pas ».
    Sous les murmures sidérés de l’assistance, elle courut vers la sortie. Dans l’embrasure blanche de lumière du portail, le jour avala le fantôme de son voile qui flottait derrière elle.

  11. ourcqs dit :

    …. la mort dans l’âme elle décapita ses grands principes, qu’elle avait cru définitifs, affirmations péremptoires contre le mariage. Allait-elle brûler les idées radicales de jeune rebelle, les vouer aux gémonies, ou simplement les refroidir, les embaumer dans un secret purgatoire, pour ne pas les ensevelir au cimetière des illusions perdues, utopiques ? Au diable les regrets, tergiversations ! Après les dernières réflexions, dans un long soupir de satisfaction, réalisant que le temps ne suspend jamais son vol, elle retrouva les bras de Morphée avant de succomber aux délices et volupté de l’amour et de la beauté

  12. Sabine dit :

    Allez, j’essaye les rimes. Aïe…

    Elle avait fait une croix sur son enfance
    Et enterré sa vie de jeune fille
    Prête à mourir d’amour
    Mais c’est la mort dans l’âme

    Qu’elle va enfiler l’alliance
    Comme des fers aux chevilles
    Avec le pressentiment d’une fin de désamour
    Une fin digne d’un mélodrame

    Non

    Elle ne vivra pas de repentance
    Elle ne vivra pas derrière une grille
    Elle ne vivra pas ce jour
    On ne lui dira pas Madame

    Adieu vie de bienséance
    Bonjour vie de pacotille
    Bonjour vie de troubadour
    Où on ne lui dira pas Madame

    ©Margine

    Bon, je crois que je ne serai jamais poète. J’ai trop sué et je n’ai pas trouvé un mot sans le dictionnaire des rimes…

  13. Danille Brousquet dit :

    Elle avait fait une croix sur son enfance
    et enterré sa vie de jeune fille,
    prête à mourir d’amour,
    mais c’est la mort dans l’âme qu’elle
    bouclait en ce dimanche matin, une toute petite valise. Elle laissait dans cette maison un cortège fourni de moments euphoriques, de tristesses infinies, de révoltes passagères, d’envolées mystiques, de petits riens tricotés au fil du temps que l’on nomme souvenirs d’enfance, souvenirs de vie… La soirée de samedi s’éloignait déjà, les rires, les chants, l’amitié avait fait son show sur le devant de la scène. Le rideau était maintenant tombé, les lumières éteintes, les effets des boissons exotiques évaporés. Marie abandonnait tout cela pour s’élancer dans la nouvelle vie qu’elle s’était choisie. La surprise avait été grande pour sa famille et ses amis. Elle avait découvert le Grand Amour, l’Unique, l’Exclusif, celui qui demandait un don total : celui de la vie d’avant, celui d’elle-même. Elle n’était plus maîtresse de son jugement, Son Amour lui imposait ce départ Elle acceptait ce sacrifice, animée par l’espoir des félicités attendues. Cet Amour avait pris le pouvoir et elle se sentait portée par une force intérieure. Elle entrait au Carmel.

    danielle 78

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