Exercice inédit d’écriture créative 135

C’était un fabricant de chaussettes,
installé dans un trou, en pleine campagne.
Depuis quelques temps, son couple filait un mauvais coton,
leur amour n’avait plus la fibre.

Inventez la suite en essayant de rester dans la même veine.  

13 Responses

  1. Clémence dit :

    C’était un fabricant de chaussettes, installé dans un trou, en pleine campagne. Depuis quelques temps, son couple filait un mauvais coton, leur amour n’avait plus la fibre.

    Un trou troué à ce point , il fallait le chercher avec une loupe pour le trouver. Quitter la nationale, quitter la départementale, prendre une route à voie unique, prendre un chemin de terre… et ainsi de suite !

    Mais voilà, dans le moindre trou perdu, il se trouve toujours bien quelqu’un pour tomber sous le charme de cette grande solitude et s’y installer à vie. C’est pourtant ce que fit Arthur Moteur.

    Il rêva des mois durant de ce qu’il pourrait faire de ce moteur familial, mais chacun de ses rêves se noyait désespérément dans le puits des « oui, mais… »

    Désœuvré, désorienté et sur le point d’être désaxé, il se rendit à la ville la plus proche. Il rencontra Augustine Lefil. Une adorable petite bonne femme, toute pétillante ! Un coup de foudre fit exploser leur cœur. Il l’enlaça, elle l’embobina. Ils partirent au quart de tour vers leur trou perdu.

    Dans leur vaste domaine, ils firent construire une fabrique. Une fabrique de …. chaussettes. Lui s’occuperait de la machinerie, elle s’occuperait des bobines de fil.

    Il s’en donnèrent à cœur joie ! Le moteur tournait à plein rendement et les bobines défilaient sans cesse !

    Des paires de chaussettes sortaient par milliers de leur boîte magique !en laine, en coton, en fil d’Écosse, en soie. Elles plongeaient avec délectations dans un feu d’artifice de couleurs, de rayures, de carrés, de losanges , de petits pois. Les emballages étaient aussi très originaux : des petits cochons tirelire !
    Que l’on vive sur un petit pied ou sur un grand pied, chacun trouvait son bonheur avec ces merveilles.

    Mais, il y avait un mais….
    Étourdis par leur entreprise florissante, ils ne s’étaient pas rendu compte que la fleur de leur jeunesse avait laissé place aux cheveux blancs, aux rides, à la fatigue.

    Le couple commença à se détricoter, il filait un mauvais coton, leur amour n’avait plus la fibre. Le moteur avait des ratés et les couleurs étaient moins vives.
    De temps à autres, une paire de chaussettes sortait dépareillée, une bordure moins bien finie, une texture moins dense…

    Un soir, attablés devant ce triste bilan, Arthur Moteur et Augustine Lefil réfléchirent…
    « On ne va pas se laisser abattre ! On va trouver une solution ! »
    Les moteurs cérébraux tournèrent à plein rendement.

    Augustine se rappela d’un article qu’elle avait lu sur le Costa Rica et ses richesses.
    –  J’ai trouvé ! Fabriquons des « chorreador .
    – Des quoi ?
    – Des chaussettes à passer le café !

    A l’aube, leurs bobines étaient réjouies.
    Arthur et Augustine avaient trouvé une juste reconversion !

  2. C’était un fabricant de chaussettes, P6
    installé dans un trou, en pleine campagne.
    Depuis quelques temps, son couple filait un mauvais coton,
    leur amour n’avait plus la fibre.
    Jour après jour elle s’était appliquée à détricoter leur amour, leur bonheur, en un mot leur vie… Aujourd’hui il se retrouvait sans le moindre sous vaillant, elle lui avait tondu la laine sur le dos. Il avait imaginé tout remette sur le tapis, mais il dut se rendre à l’évidence car il n’eut pas longtemps à attendre. Un beau matin il s’aperçut qu’elle avait filé sans explication. Elle avait emporté tous les pulls, et autres gilets qu’’il lui avait fait tricoter dans le plus grand secret. Cette collection unique il avait espéré la présenter au prochain salon de l’habillement, mais son modèle l’avait quitté…adieu alpaga, mouton et autre mérinos…. Tous ses espoirs partaient en fumée, ravauder le passé était-ce une bonne idée ?… ne valait-il pas mieux remettre sur le métier son ouvrage ?…et espérer un jour tisser des liens avec une autre femme !

  3. dumouchel dit :

    merci !!

  4. Pascal Perrat dit :

    J’aime beaucoup votre texte, les images que vous avez trouvé nous font sourire
    et nous touchent.
    Super idée : « lls évoquèrent l’idée de se mettre à tricoter…. un pull pour deux…. chacun faisait le côté de l’autre… »
    L’amour et ses anicroches m’on ravi, c’est joliment écrit.

  5. dumouchel dit :

    C’était un fabricant de chaussettes, installé dans un trou, en pleine campagne.
    Depuis quelques temps, son couple s’effilochait, leur amour n’avait plus la fibre.
    Malgré les empiècements, elle ne cessait de filer. Il tentât de rattraper le coup avec une élastique… mais au premier lavage… il craqua.
    Elle essaya également de lui crocheter quelques messages… mais les boutons avaient sautés… et les messages s’étaient disloqués, d’autres avaient pris l’eau et avaient complètement déteints… Tout ceux ci ne voulaient plus rien dire !!!
    Ils évoquèrent l’idée de se mettre à tricoter…. un pull pour deux…. chacun faisait le côté de l’autre….
    Rien à voir avec de la haute couture… mais l’amour était là…. et les aiguilles se déchaînaient aux rythmes de leurs mains qui s’affairaient Jusqu’à ce fameux soir où l’assemblage était de mise !!!!
    Ils étaient cotons tous les deux l’un dans le pull tricoté façon femme et l’autre avec des manches beaucoup plus large… l’un avait un pull… l’autre une robe…. Ils décidèrent de faire un patron chacun et de vivre chacun de son côté… l’un broderait, l’autre surfilerait….
    Il n’y a qu’à la nuit tombée, lorsque les aiguilles sont couchées, qu’ils se retrouvaient… et ne parlaient en aucun cas…. de leur histoire raccommodée à la lueur des anicroches…. Viendront ensuite les enfants…. qui agrandiront surement tous ces petits accrocs !!!

  6. Françoise - Gare du Nord dit :

    C’était un fabricant de chaussettes, installé dans un trou, en pleine campagne.
    Depuis quelques temps, son couple s’effilochait, leur amour n’avait plus la fibre.

    Sa beauté, son raffinement l’avaient séduit mais elle avait un caractère exigeant et se révéla rapidement très difficile. De déchirures en raccommodages, les reprises avaient succédé aux anicroches. Elle se comportait comme le patron et exigeait qu’il soit toujours tiré à quatre épingles, se tienne à carreau, droit dans les bottes, Sans cesse marqué à la culotte, il se faisait constamment remonter les bretelles.

    La vie avec cette dentellière étant décidément bien compliquée, ce fut la coupure définitive. Il se consola dans les bras d’une mercière qui n’avait pas la tête près du bonnet : avec elle, point de croix à porter et point de bourdon. Mais un soir, arrivée à brûle-pourpoint, elle surprit un malheureux coup de ciseaux dans le contrat, ce qui la froissa. Elle ne lui pardonna jamais cet accroc et le quitta pour prendre le voile.

    Il baissa ses ambitions en choisissant une doublure, ancienne petite main, une fille très simple, cousue de fil blanc, avec un drôle de bobine. Mais de cette mauvaise étoffe qui filochait et qui, de fil en aiguille, finit par s’user jusqu’à la trame

    Il avait brodé avec la première, cousu avec la seconde et surfilé avec la troisième. Il était passé de la haute-couture à la confection made in China sans jamais trouver le bonheur, certain que cela était aussi difficile que de trouver une aiguille dans une botte de foin.

    Alors qu’au début des années 2010, la mode était à l’unisexe, il décida de laisser tomber les jupons et changea de style. Il jeta son dévolu sur un marchand de chaussures italiennes, d’allure un peu efféminée quoique bien bâti. Mais il se prit une monumentale veste.

    Il en conclut qu’il s’en allait de l’amour comme de la confection et même du monde en général d’ailleurs : tout cela filait du bien mauvais coton.

  7. SB dit :

    C’était un fabricant de chaussettes, installé dans un trou, en pleine campagne.
    Depuis quelques temps, son couple filait un mauvais coton, leur amour n’avait plus la fibre.
    Avant qu’il ne s’use jusqu’à la trame, il fallait retisser les liens, et vite !
    Déjà, à maintes reprises, ils avaient tenté de raccomoder leur histoire. Malheureusement, l’issue était cousue de fil blanc. Lui était casanier et n’aimait pas la solitude. Il aurait voulu rester dans son trou et qu’elle soit toujours sur ses talons. Elle aimait voyager et était dépensière. Elle aurait voulu voir le monde et dilapider leur bas de laine. En somme, ils formaient une paire bien mal assortie. Même s’ils en avaient gros sur la patate, ils décidèrent de se séparer, d’un commun accroc.

  8. isabelle hosten dit :

    C’était un fabricant de chaussettes, installé dans un trou, en pleine campagne. Depuis quelques temps, son couple filait un mauvais coton, leur amour n’avait plus la fibre. Il lui semblait que les choses partaient en capilotade, effilochées comme les franges d’un vieux tapis. L’arrivée de la « parisienne » avait fait les choux gras des commérages commerçants. On la disait d’une beauté frappée de prétention, hautaine et emberlificotée dans des atours décalés, choquant la simplicité provinciale. Et tous les commentaires que vomit la gouaille populaire que la nouveauté fait vaciller sur ses certitudes, suscitant jalousie et curiosité malsaine. Il apercevait pour la première fois l’étrangère. Il ne pouvait pas se tromper. Ce jour-là, elle portait une robe à bretelle en percale de coton blanc. Il reconnaissait la finesse de la fibre, la légèreté du tissu dessinant son corps dans le contre jour. Elle regardait les collants dans la vitrine. Il avait osé mettre une paire de bas jarretière sur un mannequin malgré les invectives de sa femme. Son visage ovale, encadré par deux pierres vertes qui se balançaient au bout d’une chaînette, ses cheveux de jais plaqués, un port de ballerine. Elle ne pouvait pas le voir, la clarté de la rue et le reflet de la vitre lui assuraient une immunité trouble derrière son comptoir. Evanescente, elle semblait flotter telle Ophelia. Elle devait avoir vingt ans, le tiers de son âge. Alors il sut que tout était fini, que les kilomètres de fil de tissage ne suffiraient pas à contenir sa tranquillité. La créature diaphane et innocente venait de jeter sa toile sur son pas-de-porte, aussi surement qu’une araignée paisible et patiente. Et le bruit des machines martèlerait une musique nouvelle dans l’usine, l’ouvrage infini de sa propre perte. Alors lui vinrent en tête les mots de Coelho. « Si vous trouvez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle ».

  9. Smoreau dit :

    Leur amour était usé, effiloché. Ils avaient bien tenté de le repriser avec un grand « Spécialiste du moral dans les chaussettes » mais la qualité de la matière 1ere est minable avait-il déclaré après 2 séances de racommodage laborieux. Deux lavages, 3 essorages et 4 disputes avaient rompu les fibres entre eux. Leur « soi » n etait pas en soie, affirma le spécialiste en demandant 50 euros. Ils lui proposèrent de le payer en chaussettes. Rayées, à pois, noir et blanc ou multicolores. Le choix est aussi large que les raisons de rater une vie amoureuse pour un marchand de chaussettes. Ce n est pas toujours le pied dans ce métier.

  10. ourcqs dit :

    … Elle voulait abandonner laine brute, rugueuse, aiguilles, larguer les points, les rangs à l’envers ou à l’endroit,
    Il s’en souciait comme de sa première chaussette,
    Elle rêvait de soie, de cashmere
    Il préférait l’alpaga, l’angora,
    Il refusait de tout laisser tomber comme une vielle chaussette,
    Elle imaginait des sans pieds, des fils couleur du temps, bleu radieux, vert primaire,
    Il lui proposa, pour re- monter de nouvelles mailles, un délicieux jus de chaussette,
    Ils dévidèrent leur pelote, et se réconcilièrent en écoutant leur tube fétiche des « chaussettes noires ».

  11. Janine Père dit :

    Il faut dire qu’elle traînait un lourd secret. C’était une chaussette orpheline. Un jour, elle avait perdu sa soeur jumelle – qu’elle aimait tant – dans le tambour d’une machine à laver. Elle ne s’en était jamais remise et restait traumatisée à jamais.
    Depuis, elle filait un mauvais coton….

  12. bruno dit :

    Quand on fabrique des chaussettes, vaut mieux pas s’installer dans un trou.
    Quand on fabriques des poussettes, vaut mieux pas s’installer au milieu d’une pente
    Quand on fabrique des assiettes, vaut mieux s’installer à découvert
    Quand on fabrique rien, vaut mieux penser à tout

  13. durand dit :

    C’était un fabricant de chaussettes, installé dans un trou, en pleine campagne. Depuis quelques temps, son couple filait un mauvais coton, leur amour n’avait plus de fibre.

    Ca sentait fort la toile de jute entre eux, ça râpait, ça dérapait.

    Lui passait ses journées à créer la gamme la plus hétéroclite de délicates couvertures pour bas de jambes et mollets.

    Il avait lancé une collection de chaussettes en pilou « spécial » longues nuits d’amour dans les profonds lits glacés des hivers auvergnats.

    Pour les tendres nuits d’été, il avait créé la renommée « La Tulle », tout en mailles légères, fragile et transparente.

    Elle, elle travaillait à la chaîne pour des hommes politiques. Enfin, tous ceux avec qui il se tramait quelque chose. Leurs chaussettes étaient grises et mornes comme l’avenir de leurs pays. Elle passait ses journées et ses nuits à repriser les éternels trous des budgets. Mais ce n’était pas toujours aisé avec ces bricoleurs de passe droit, ces raccommodeurs de ficelles, ces trop souvent reprisés de justice.

    Forcément, ça ne pouvait plus coller entre eux. La rupture était inévitable. Le décalage s’avérait de plus en plus important, les divergences assurées, les tensions incontrôlables.

    Elle partit un matin de printemps tardif, un 5 Juin, avec un membre viril du parti des Gardiens du Socle.

    Ils usinèrent une vaste manufacture dans un petit pays éloigné des fast food. A l’heure de la maigre paie, les bâtiments s’écroulaient sur les ouvrières. L’affaire était rentable.

    Lui enfin seul et miséreux perdit avec le Nouveau Monde sa clientèle élégante du coeur. Pour survivre, il tricotait des bas pour les oiseaux de passage et des hauts pour les musaraignes. C’était largement suffisant.

    Il rencontra une araignée un peu fripée mais fort charmante.

    Enfin, ils se mirent à tisser des jours heureux.

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