Etre doué pour l’écriture ne suffit pas

Etre doué pour l'écriture

Etre doué pour l’écriture

J’entends souvent dire : « J’ai un ami qui est doué pour l’écriture mais il n’a jamais vraiment écrit »

Toutes les personnes douées pour l’écriture ou un autre art ne développent pas leur talent.
Pour trois principales raisons : l’environnement, la confiance, le travail.
Il peut y avoir d’autres raisons, mais moins évidentes.

Examinons celles que je cite.

L’environnement. Le milieu dans lequel on grandit, puis celui dans lequel on vit plus tard est primordial pour qu’un don s’épanouisse. Certains parents stimulent et encouragent le talent naturel de leur enfant, d’autres les inhibent. C’est pareil en couple…

La confiance. On peut être très doué pour l’écriture et ne pas croire en soi, c’est d’ailleurs très fréquent. On ne compte pas les personnes prédisposées pour cet art qui n’écrivent jamais parce qu’elles ne rencontrent pas quelqu’un leur donnant confiance en elles.

Le travail. A moins d’être un nouveau Léonard de Vinci ou Mozart, un don ne se développe pas spontanément, sans beaucoup de travail. J’eus comme voisin, un petit garçon détestant l’école. Un petit cancre malicieux et paresseux.
Pour Noël, il reçut une petite guitare à cordes, en février il savait déjà jouer la plupart des airs à la mode. Nul doute, il était doué. Ses parents décidèrent de l’inscrire dans une école de musique pour qu’il apprenne le solfège. Mais il n’était pas prêt à faire un effort. L’école, il avait déjà donné…
Aujourd’hui, il est vendeur sur les marchés.

14 Responses

  1. Stephanie dit :

    Bonsoir,
    Pour moi c’est de temps dont j’aurais besoin pour travailler davantage, mais je remarque que ce n’est pas non plus quand j’ai le plus de temps que j’écris. En fait j’écris partout tout le temps un petit peu ou davantage. carnet, smartphone, tablette… A la terrasse d’un café, entre deux rendez-vous. Bref j’ai beaucoup de fragments de texte partout… Faudra un jour que je les recolle.
    Amicalement

  2. Sabine dit :

    Bonjour Jean de Marque

    Pour la machine à café, désolée, je n’en ai pas à échanger. Mais j’ai moi aussi une très jolie cuillère à absinthe (dont je me sers pour le pot d’olives que je macère à l’huile de pépin de raisin avec tout un tas d’aromates. Un délice).
    Quant à vos dix heures de sommeil, euh…pardon, de créativité, je fais pareil. Mais j’ai toujours un papier et un crayon sur ma table de nuit. Comme ça, je note, sinon je ne me rendors pas de peur que l’idée ne s’échappe. Ca me fait gagner quelques heures de sommeil.
    Puis j’écris le matin. Uniquement le matin, sur des feuilles volantes, au stylo exclusivement noir. Sauf que je n’ai pas de secrétaire pour mettre au propre!

    Bon dimanche.
    Sabine

  3. durand dit :

    Pour Sabine!

    Attraper les mots au vol, c’est pas mal non plus! C’est une autre géométrie mais il

    faut bien trouver une place ou s’asseoir dans ce foutu cirque!

    Courage et persévéfrais!

  4. durand dit :

    Chère Mapie!

    N’ayez crainte, mon évocation des 10 heures de travail n’était (encore) que de la littérature!

    C’est plutôt le sommeil qui frise les 10 heures. J’y écris dans ma tête et le matin, il n’y a plus qu’à dicter à ma secrétaire pendant que mes lestes mains sont occupées à filtrer l’absinthe!

    Plus simplement, ce que je voulais dire….du boulot…oui, de l’esclavage non!

    Le texte du dernier exercice le prouve d’ailleurs. L’esclavage se termine souvent mal!

  5. Pascal Perrat dit :

    Se faire confiance est primordial, Géraldine. Il faut avoir de l’estime pour ce que l’on écrit, avant toute chose. Le reste vient après. Toujours prendre le risque que les autres n’apprécient pas nos écrits. (aujourd’hui est le premier jour du reste de notre vie…)

  6. Pascal Perrat dit :

    Votre histoire nous touche beaucoup Sabine.

  7. dumouchel dit :

    Et que doit on penser lorsque ce que l’on écrit nous plaît et ne reflète pas ce que l’on voudrait aux yeux des autres ?
    j’aime écrire c’est sûr et pour moi c’est un challenge contre « moi » Je crois que je doute beaucoup…

    de moi !!!

  8. Sabine dit :

    Le trapéziste

    Dans le milieu dans lequel je suis né, on est trapéziste de père en fils. Mes parents avaient tracé mon avenir. Ma vie, en somme. « Aie confiance en toi » était le leitmotiv. « Le trapèze est un talent naturel, dans la famille ». Mon père aimait ses fils. Il les soutenait, les encourageait… tant qu’ils voulaient bien être trapézistes. Mes trois sœurs faisaient des acrobaties à cheval avec notre mère. Tout était dans l’ordre des choses.
    J’y ai cru. Je n’avais pas le choix. A 6 ans j’allais à l’école le matin, j’étais sur un trapèze l’après-midi, le mercredi, le samedi, le dimanche, les vacances. A force de travail, de persévérance, je donnais ma première représentation à 12 ans. Un vrai triomphe. Mais je ne lus pas même une étincelle de satisfaction dans le regard de mon père. Pour lui mon triomphe était normal. Une sorte d’amertume me chatouilla le fond de la gorge.

    L’année dernière je suis tombé et je me suis brisé le bassin en six morceaux. Maintenant je sais à quoi je dois ma chute : je n’avais pas confiance en ma partenaire. J’ai voulu biaiser, attraper le trapèze au lieu d’attraper son pied.

    Aujourd’hui je me déplace en fauteuil roulant. De toute façon, petit déjà, je voulais être écrivain.

    ©Margine

  9. Pascal Perrat dit :

    Merci Marie-José pour ce beau témoignage

  10. mapie dit :

    ET joyeux premier mai!

  11. mapie dit :

    Marie José, tu es la preuve que c’st à l’intérieur de soi que l’on puise le courage et la volonté de dépasser les croyances inculquées par les parents, la résilience?
    La confiance en soi est effectivement le premier élément indispensable pour se lancer, moi il a suffit d’une rencontre à un moment propice, pour enfin remplacer le « À quoi bon par un timide mais ferme  » Et pourquoi pas ? » . je suis sur un projet de roman, et je me bats sans cesse contre mon « À quoi bon? » pour avancer…
    Oui la confiance en soi, la certitude que c’est cette voie là qu’il faut qu’on prenne, et non pas des chemins trop balisés(par qui? good question) est sans aucun doute le premier élément. La maturité aussi, la vie qui passe et qui rend les désirs enfouis plus urgent à réaliser. Se rappeler de ce que l’on voulait enfant, ce que l’on aimait, ce qui nous émouvait. Moi c’était les belles choses, la poésie, la magie des mots.
    Une chose est sûre cependant je ne sacrifierai pas ma vie familiale à l’écriture. Ce serait se montrer un peu égoïste non?
    Quant au travail, je vais enfin avoir une année de dispo (je suis prof et contrairement à ce que l’on peut penser , c’est pas si facile de concilier les deux, préparation de cours, corrections me « parasitent » sans cesse le cerveau)
    À moi de ne pas gâcher cette chance qui m’est donnée…

    Autre remarque, quand je lis Durand qui bosse 10 heures par jour, Chapeau! je rajouterais donc la résistance!!
    Et pour finir, merci au Dieu internet qui permet de créer des communautés de gens qui ont la même passion! et même de poster un petit mot sur la page d’un « vrai  » écrivain et qu’il vous dise simplement merci!

    Donc merci à tous et à toutes d’être là.

  12. durand dit :

    Bon, à priori, l’environnement était bon. La confiance ça se travaille!

    En fait l’écriture, c’est que du boulot….du boulot…du boulot!

    D’ailleurs j’écris, le pied attaché à un établi! Un copain m’a bricolé un minuteur

    et tant que je n’ai pas bossé mes dix heures par jour, le collier ne me libère

    pas.

    Je n’ai même plus le temps d’aller manifester autour de moi le bonheur de cette

    douce réclusion.

    Jean de Marque!

    PS: Cherche grande thermos ou machine à café à échanger contre cuillère à

    absinthe authentique ayant appartenu au fameux pouet contemporain Gégé

    Denerval..

  13. Marie-José Leclercq dit :

    Ce que je vais écrire est empreint de nostalgie et de regret, mais pas d’amertume ni de ressentiment…

    Toute gosse (vers 8/10 ans), j’ai créé un journal. J’écrivais des articles sur les saisons, la mode, les animaux, etc. Je les illustrais avec des dessins ou des images découpées ici et là.

    J’avais toujours de très bonnes notes en rédaction. Mes maîtresses les lisaient régulièrement en classe. J’étais douée également pour réciter des poésies et chanter.

    Lorsque, vers 14 ans, j’ai dit à ma mère que je voulais faire du théâtre, j’ai reçu une belle claque. A ses yeux, ce n’était pas sérieux, ni indispensable. Pourtant, ma famille était fière de mes résultats scolaires, notamment en français.

    Mon environnement était donc défavorable. Je n’ai pas baissé les bras et j’ai quand même continué à écrire dans l’ombre et à m’exprimer par le chant et le théâtre… en amateur (et, dans amateur, il y a le mot « amour »). Le critère de confiance était là.

    Aujourd’hui, j’anime des formations à la communication écrite et orale et propose des prestations d’écriture professionnelle. Dans ces deux domaines, je cherche sans arrêt à améliorer mes pratiques. Le critère de travail est lui aussi bien présent.

    J’ai 63 ans, je continue à animer des formations et, parmi mes loisirs, je me régale de sortir au concert et au théâtre et je m’adonne à une forme d’écriture créative en créant des haïkus et des mots-valises.

    L’environnement incompréhensif est un obstacle de taille. Le manque de confiance est un élément inhibiteur majeur. Quant au travail, il est inséparable du don.

    Merci, Pascal, d’avoir rappelé ces bases simples.

  14. Caroline B dit :

    Parfois, j’ai juste envie de dire merci, merci de dire des choses si importantes, qui me « tombent » une fois de plus à pic et comme par enchantement…Joli 1er mai.

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