Etes-vous plutôt écrivain des villes ou des champs ?

Dans les manuscrits sur lesquels je me penche, j’ai remarqué une constante.
La plupart des auteurs débutants se concentrent plus sur les lieux que sur les personnages et leurs dialogues

Schématiquement, ces écrivains se divisent typologiquement en deux groupes distincts : les écrivains des villes et ceux des champs.

L’écrivain des villes peut nous promener, pendant des pages, dans un quartier qu’il affectionne. Nous prendre par la main pour nous décrire une rue, un commerce, un édifice ou la place de l’église où elle débouche. Et en profiter, tel un guide du syndicat d’initiative, pour nous donner un petit cours d’histoire…

L’écrivain des champs est capable de parler longuement des splendeurs des saisons : hiver, printemps, été, automne, toutes l’inspirent… Dans ses descriptions, la faune et la flore sont prépondérantes.
Un chapitre sur le murmure d’un ruisseau, le chant des oiseaux ou le parfum des fleurs ne l’effraient pas…

CielL’écrivain des villes et l’écrivain des champs ont un point commun : la météo.
Dans leurs descriptions, les couleurs du ciel et des nuages sont omniprésentes.
Tout comme le lever ou le coucher de soleil sur la ville ou la campagne.

Quand vous racontez une histoire, posez-vous régulièrement cette question en rédigeant :
Pourquoi passer tant de temps sur la description d’un paysage, d’une bâtisse ou d’un lieu, par exemple, quand cela n’apporte rien de plus à votre intrigue ?
A ce sujet, j’ai relevé sur Ciné Télé Obs du 8 au 14 septembre 2012, les propos du talentueux scénariste et acteur Jean-Pierre Bacri :
 » (…) lorsqu’on écrit nos scènes avec Agnès Jaoui, on se concentre peu sur les lieux. On dit « sur un banc », « dans un restaurant » , « dans la rue ». On pense d’abord à l’histoire et aux personnages. (…)

Une astuce : au moment de décrire un paysage, de tenter de le montrer avec des mots,
Fauteuil cinéimaginez que vous êtes le réalisateur d’un documentaire pour la télévision,
que vous avez un petit budget et donc impérativement économiser les minutes de tournage et les frais de décor.

Je profite de l’occasion pour vous signaler notre nouveau stage : Découvrez pour quel genre d’écriture vous êtes le plus doué

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3 Responses

  1. Sabine dit :

    Je suis tombé en panne juste après avoir tourné la page ! J’avais pourtant fait le plein d’idées et vérifié le niveau de mes motivations avant de partir à l’aventure sur le chemin des mots. J’avais tracé le portrait d’un homme prenant son café :
    Il a mis le café pur arabica du Brésil dans la tasse en porcelaine de Limoges. Après l’avoir fait bouillir, il a mis le lait, qu’il était allé chercher tout frais à la ferme de la mère Casseau tôt le matin, dans la tasse de café. Il a mis le sucre de betterave issu de la culture bio d’un agriculteur local dans le café au lait. Avec la petite cuillère en argent du service dépareillé qu’il utilise désormais chaque dimanche, il a tourné 5 fois pour mélanger le sucre. Il a bu le café au lait en faisant attention de ne pas se brûler car le café était très chaud. Et il a reposé la tasse sur la soucoupe, délicatement, prenant garde de ne pas laisser tomber la goutte sur la nappe blanche reçue en héritage parmi d’autres linges précieux. Sans me parler, comme il en avait l’habitude le dimanche matin, ce qui convenait peu à son caractère d’ordinaire joyeux, il a allumé, avec une de ces grande allumettes qui trônent sur le support en fer de la cheminée, une cigarette faite du meilleur tabac de Cuba qu’il faisait venir par bateau en coffret de cent par son ami d’enfance qui ne pouvait rien lui refuser…
    C’est un participe passé qui m’a lâché. Alors j’ai tout rayé. Il me restait :
    Il a mis le café
    Dans la tasse
    Il a mis le lait
    Dans la tasse de café
    Il a mis le sucre
    Dans le café au lait
    Avec la petite cuiller
    Il a tourné
    Il a bu le café au lait
    Et il a reposé la tasse
    Sans me parler
    Il a allumé
    Une cigarette
    Signé Jacques Prévert

  2. Rébecca@ dit :

    Merci pour cet article. Lorsqu’on écrit, il faut en effet se concentrer sur le coeur de l’intrigue et sur ce qui la fait avancer, toujours se poser la question : « dans quel but est-ce que j’écris cela ? »

    Pour ma part, dans les descriptions, je suis plutôt écrivain des champs. 😉

  3. Valérie dit :

    Apparemment, je suis à la fois des villes et des champs et j’aime écrire des descriptions. C’est un moment qui m’appartient en tant qu’auteur et qui aide à entrer encore plus dans l’histoire. Mais je suis aussi d’accord avec vous, elles doivent apporter autre chose que de jolis mots. Le ciel en tant que miroir de l’âme a ses limites, c’est vrai. Et c’est pourquoi j’en supprime beaucoup à la réécriture ! Merci pour cet article qui fait réfléchir,

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