Un comité de lecture universel

2014-05-06 15.42.13LiseuseFini, ou presque, le temps où l’auteur d’un manuscrit le déposait au secrétariat des éditeurs proche de chez lui et l’expédiait par la Poste en joignant, respectueusement, une enveloppe affranchie pour les frais de réexpédition…

Et il en était ainsi depuis des décennies.
Jusqu’ici, les seuls changements de procédure pour être retenu par le comité d’une maison d’édition étaient insufflés de l’intérieur. Par l’éditeur lui-même : rajeunissement ou renouvèlement des membres du comité, accélération du tri des manuscrits, réception par courriel, etc.

Internet et les nouvelles technologies sont en train de mettre fin à cet âge d’or de l’édition « à la papa ».

Imposé de l’extérieur et non par un dirigeant omnipotent, ce changement radical ne fait pas dans la demi-mesure.

Internet est devenu UN COMITÉ DE LECTURE UNIVERSEL abolissant les barrières entre l’auteur et ses lecteurs.

C’est déjà le cas aux Etats-Unis où des sites comme Smashwords, par exemple, publient des milliers de nouveaux de livres numériques chaque jour.

Des livres publiés directement par leurs auteurs. Dès qu’un de ces e-book devient un succès sur Internet, les grands éditeurs traditionnels se jettent dessus.

Vous l’avez compris, proposer votre livre numérique à lire sur Internet à des millions de lecteurs, c’est le donner à lire au plus grand comité de lecture que l’on puisse imaginer. Un comité « sans copinage » et sans visée commerciale.
Pourquoi s’en priver ?

Bien sûr, il reste encore un obstacle au développement exponentiel des livres numériques. Les liseuses n’ont pas toute le même standard. Mais, très vite, viendra une application qui permettra de lire tous les formats.

C’est écrit…

8 Responses

  1. George Kassabgi dit :

    Je repense aux échanges ci-dessus et il y a un détail qui manque : la comparaison ne doit pas se faire entre « je publie tout seul sur internet et mon premier livre est disponible » et « mon manuscrit a été accepté chez Grands Editeurs de Paris ». Est-ce normal de comparer le mélange de légumes vapeur que je prépare tout seul avec ce qui est servi dans un restaurant gastronomique ? Non. Dans les deux cas, il s’agit de bonne nourriture. Mais, le premier n’a qu’un seul objectif bien identifié sans aucun besoin de présentation : c’est une carotte en bonne compagnie (les voisins viendront avec un grand sourire mais probablement ne seront pas disponibles pour une seconde invitation sans apporter leurs carottes). Le second est tout un programme de préparation, sélection et évaluations des pours et des contres : c’est un produit et il faut savoir le vendre (le voisinage s’amplifiera parfois à perte de vue).

    Autrement dit, je pense qu’il serait plus à propos de se limiter à la comparaison suivante : entre « je publie tout seul sur internet et mon premier livre est disponible » et « je publie pour compte d’auteur en me confiant au ‘Groupe Editions Personalisées’ qui présente ses services sur internet depuis trois ans ». Dans ce cas, on peut tirer quelque chose d’utile de l’analyse : le premier est une carotte en bonne compagnie (les voisins viendront avec un grand sourire mais probablement ne seront pas disponibles pour une seconde invitation sans apporter leurs carottes) tandis que le second est un mélange semblable au premier (les voisins viendront avec le sourire) mais qu’il a fallu payer fort cher (on remettra plusieurs fois la seconde invitation).

    A la prochaine.

    GK

  2. Rébecca dit :

    Pas évident de passer l’étape de l’édition, qu’elle soit numérique ou papier !

  3. Miel dit :

    Et me relisant, je constate que mon post contient, lui aussi, des fautes (pourvu que cela ait échappé à l’éditeur en visite).

  4. Miel dit :

    Voilà, Georges a parfaitement résumé ce que je pense… On nous répondra dans les maisons d’édition que même Proust a été un jour un auteur inconnu débutant mais n’empêche que les temps n’ont jamais été aussi durs pour se voir publier, en habit de papier si l’on est inconnu..(ou si l’on a été ni violé, martyrisé, séquestré pendant 15 ans dans une cave, que sais-je encore). Oui, pour moi aussi, le talent n’est pas reconnu… Seul compte pour l’éditeur, et c’est compréhensible si l’on se met à sa place, la rentabilité du produit (c’est pourquoi je parlais de produit)
    Je ne crois pas au comité de lecture universel qu’offre internet pour la bonne raison qu’on sait tous que sans la sélection rigoureuse d’un véritable comité de lecture, on trouve de tout et n’importe quoi dans les écrits offerts à tous vents… Lisez les premières lignes d’un ouvrage sur internet… beurk, ça renifle dès le titre le style pauvre, l’intrigue nulle sans parler des fôôtes d’orhographe… Moi, ça m’arrête tout de suite… et cela discrédite ceux qui pourrait amener quelque chose de frais, d’original, de bien écrit…
    Vous parler de mon expérience désenchantée ? Elle l’est sans l’être tant je suis lucide…
    Comme George, des écrits donnés presque gratuitement et qui ne sont jamais lus, noyés dans la masse d’autres écrits…
    Bibliocratie ? Rien de plus, rien de moins que ce auquel je m’attendais vu le concept… Une fois son cercle proche écoulé (à grand renfort de racolage, son amour propre de coté), il ne faut pas compter sur l’internaute de passage (Oh, que vois-je ! le livre que j’ai toujours attendu ! où est ma carte de crédit) pour voir son pourcentage de vente augmenter… Pour celui dont l’ambition s’arrête à une cinquantaine d’ouvrages vendus, c’est parfait. (sachant qu’il faut ces 50 ventes pour financer la publication. Enfin, dans mon cas). Pour ceux qui voient un peu plus loin… Il ne faut pas qu’ils s’attendent à des merveilles, ni à la visite d’un éditeur qui voyant la lumière allumée est entré, ébloui par tant de talent…

  5. George Kassabgi dit :

    À première vue, les deux voies pour la publication d’un manuscrit sont telles que brièvement décrites dans l’introduction : (A) en format livre papier par l’éditeur traditionnel, et (B) en format numérique directement sur internet pratiquement sans intermédiaires en ce qui concerne la mise au point du texte.

    Et, selon cette description réduite au minimum, on peut certainement affirmer qu’avec la solution (A) il est extrêmement improbable pour un novice de voir son livre en librairie tandis que la solution (B) donnera immédiatement la satisfaction de dire que le livre est « sur internet ».(la nouvelle librairie, si l’on aime rêver)…

    En réalité, c’est bien plus compliqué.

    Pour rappel, si tout le monde sait que présenter son manuscrit à une maison d’édition traditionnelle cela comporte un examen par un comité de lecture inaccessible à l’auteur, ce qui est moins connu c’est que le critère principal pour le directeur général (qui est celui qui décide du sort du manuscrit) c’est le potentiel de ventes (autrement dit, si le potentiel des ventes est bon mais c’est mal écrit alors on le corrige mais si le manuscrit est fort bien écrit mais le potentiel de ventes est faible alors on ne l’accepte pas). Dans un tel contexte, un auteur inconnu est par définition un auteur qui aura du mal à encourager les ventes (autrement dit, faites-vous connaitre et ensuite allez présenter votre manuscrit…).

    En ce qui concerne la voie (B), il est bien vrai que le comité de lecture c’est la grande population qui se promène sur internet et qu’il n’y a pas de directeur général intransigeant. Mais il faut regarder de plus près. Rien n’est simple en ce monde. J’ai mis mon texte sur internet et pour commencer disponible gratuitement. Rien. J’ai payé pour faire de la publicité. Toujours rien. Je vais maintenant augmenter la promotion du livre, après l’avoir affiché avec un prix minimum (car gratuit n’est alléchant que dans certains cas) du genre symbolique (équivalent à 2 euros) et on verra ce que cela donne. Mais cette première phase de l’aventure me semble confirmer que… il y a des centaines de millions de livres et autres lectures sur internet et par conséquent la probabilité qu’il y ait accrochage par un lecteur qui veuille bien par la suite propager sa découverte à un grand nombre est extrêmement faible… et que l’on a toujours besoin d’une aide quelque part qui pousse les passants à aller voir… ou bien, comme noté dans le cas de la solution (A) traditionnelle il vaut mieux se faire connaitre d’abord et puis se présenter avec un manuscrit.

    Courage et force.

    GK

  6. Sabine dit :

    Miel, moi aussi je veux bien que vous nous fassiez part de votre expérience.
    Et qu’en est-il de bibliocratie?
    Sabine

  7. Pascal Perrat dit :

    Miel, votre désenchantement nous intéresse. Votre expérience malheureuse, il me semble, peut, si vous accepter de nous en dire plus, éviter à d’autres personnes de connaître vos déboires.
    Seriez-vous d’accord ?

  8. Miel dit :

    Encore faut-il toucher les million de lecteurs potentiels… Même si notre manuscrit, tout proprinet qu’il est, est consentant à se faire dévorer tout cru sur un site internet spécialiste en la matière, s’il ne bénéficie pas de publicité, personne ne sera au courant de son existence…
    Rien ne vaut l’édition à la papa, avec les commerciaux qui font leur boulot pour vendre le produit (car c’est un produit ne l’oublions pas !) dans les librairies…
    (une désenchantée de ce genre de sites)

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