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« Certains n’avaient pas respecté la consigne : BOIRE 1 LITRE D’EAU PAR JOUR ! Et, comme des arbres perdant leurs feuilles, voilà qu’ils perdaient, leurs oreilles, leurs nez, voire des parties intimes. Alors que les recommandations avaient été très claires, certains avaient pris des libertés avec les procédures et avaient remplacé l’eau par de la bière ou autre alcool ravageur. Ils furent immédiatement démasqués par la perte de parties du corps. Cela avait été pourtant très explicitement dit. De l’eau, rien que de l’eau ! C’était la seule manière de guérir de nombreuses maladies et autres désagréments. C’était déjà une chance de connaitre le remède ! Et d’en avoir encore suffisamment…Mais certains s’inquiétaient des stocks justement et voulurent vérifier l’éventuelle efficacité d’un autre liquide buvable. Certains diront même que le vice plus que leur santé avait motivé cet essai soi-disant au bénéfice de tous…La sanction fut immédiate ! Et l’on repéra sans difficulté les indisciplinés ! Les membres perdus ne repoussaient pas…
Bon, est-ce vraiment exploitable ce scénario catastrophe ? Au vue de la raréfaction de l’eau, je me demande si la consigne de boire 1 litre d’un liquide quelconque ne serait pas plus pertinent ?
Alors qui dans le rôle de celui qui perd son nez ? Et dans celle qui perd ses mains ? Hum…Je verrai bien cette actrice tiens…Allez, j’appelle la production !
Pierre n’avait pas respecté la consigne, boire 1litre d’eau par jour, il craignait de perdre ses atouts physiques . Il décida alors de plonger dans la mer, histoire de s’hydrater . Il s’y trouva si bien qu’il resta dans l’eau, il était heureux comme un poisson dans l’eau ! Toute la faune aquatique venait voir l’énergumène, « hé ! Tu es bizarre ! C’est quoi ton nom ? » « je m’appelle Pierre ».
En quelques jours son corps se couvrit d’écailles, ses bras et jambes commençaient à devenir nageoires, il trouvait cette transformation extraordinaire, sa nage devenait impressionnante !
Mais voilà qu’un jour un énorme st pierre l’interpela « tu as usurpé notre nom et tu n’es pas saint, retourne d’où tu viens ! »
Déçu Pierre partit dans les grands fonds, là où rodent tous les dangers.
Hélas il fut avalé par un barracuda affamé qui arrivait d’Afrique.
datura
Pierre n’avait pas respecté la consigne, boire 1litre d’eau par jour, il craignait de perdre ses atouts physiques . Il décida alors de plonger dans la mer, histoire de s’hydrater . Il s’y trouva si bien qu’il resta dans l’eau, il était heureux comme un poisson dans l’eau ! Toute la faune aquatique venait voir l’énergumène, « hé ! Tu es bizarre ! C’est quoi ton nom ? » « je m’appelle Pierre ».
En quelques jours son corps se couvrit d’écailles, ses bras et jambes commençaient à devenir nageoires, il trouvait cette transformation extraordinaire, sa nage devenait impressionnante !
Mais voilà qu’un jour un énorme st pierre l’interpela « tu as usurpé notre nom et tu n’es pas saint, retourne d’où tu viens ! »
Déçu Pierre partit dans les grands fonds, là où rodent tous les dangers.
Hélas il fut avalé par un barracuda affamé qui arrivait d’Afrique.
datura
Article paru dans le journal local. Certaines personnes ont l’habitude d’écouter mes enquêtes à la radio. Elles disent souvent que j’ai la langue bien pendue. Figurez-vous que je l’ai perdue hier ? Absorbé par ce que je racontais, je n’ai pas pensé à boire mon litre d’eau. J’ai ressenti quelques picotements au fond de ma gorge, j’ai éternué et ma langue est sortie de ma bouche. C’est pour cela que j’ai décidé à poursuivre mon enquête sur ce que l’on nomme le « syndrome de l’arbre sec ».Je pense que celle-ci est sur le point d’être bientôt résolue. Souvenez-vous, les premiers éléments de l’enquête indiquaient que le syndrome touchait les personnes qui ne buvaient pas assez, c’est à dire au moins un litre d’eau par jour. Car, se sont elles, en premier, qui avaient perdu un organe par dessèchement. les experts scientifiques étaient formels • Puis, le syndrome toucha d’autres personnes qui buvaient plus d’un litre par jour. Alors, les experts ont conclus que ce n’était pas la faible quantité d’eau bue qui provoquait ces pertes d’organes mais la qualité de l’eau, elle-même. A partir de cette découverte, les théories du complot proliférèrent. Une fake-news à laisser entendre que l’eau du robinet avait été contaminée par une bactérie.
Ce qui à fait explosé les ventes des bouteilles d’eau.
Mon enquête à révélée que le syndrome touchait les deux sortes de liquide. Alors, j’ai cherché le point commun de production de ces deux process. Il y a quelques années une I. A avait trouvé comment assainir l’eau de toutes impuretés en introduisant dans celle-ci des nanorobots qui nettoyaient toutes les impuretés, tous les pesticides résiduels et autres élements indésirables pour la santé humaine. Ces nanorobots pilotés à l’intelligence artificielle étaient très efficients et sans danger pour l’Homme car les nanorobots étaient évacués par les urines sans problèmes.
Après des mois d’enquête, je peux affirmer que les nanorobots ont pris le pouvoir en modifiant eux-mêmes leurs algorhytmes. Ces machines détruisent tout ce qui leur semble inutile, en s’en prenant en premier aux appendices tels que le nez, les oreilles, les doigts, les parties intimes des hommes, la poitrine des femmes etc.
C’est pour cela que personne ne décède !
J’aimerai poursuive mon enquête mais, j’ai les doigts qui me picottent ainsi que les épaules. Signe avant coureur de leur dessèchement.
Vous connaissez l’expression«les bras m’en tomben’t’, pour moi, je pense que ce n’est plus une expression, mais un fait. Je ne vais plus pouvoir m’exprimer. Alors, vous qui me lisez, faites que mon travail aboutisse, sauvez l’humanité.
Certains n’avaient pas respecté la consigne : BOIRE 1 LITRE D’EAU PAR JOUR ! Et, comme des arbres perdant leurs feuilles, voilà qu’ils perdaient, leurs oreilles, leurs nez, voire des parties intimes. Alors…
Alors les personnes concernées par des « pertes » commencèrent à chercher des coupables.
Ben oui nous sommes en France et l’État, les pouvoirs publics en général furent les premiers mis en cause par ce qu’il leur arrivait.
Ouais pour continuer à vivre dans des conditions normales ces personnes voulaient un dédommagement public et si possible qu’on leur remette au plus vite leurs nez perdus, leur oreilles … ou encore les parties intimes qu’elles n’avaient plus.
Bizarrement et chose étrange l’aide vint plutôt des arbres, des bouteilles d’eau et surtout des pots de colle.
En effet des arbres sortirent de leurs bois et forêts. Des bouteilles d’eau s’enfuirent de leurs supermarchés. Et tous ensemble, chantant, dansant, on les vit manifester côte à côte dans les rues des villes et des villages. En clamant haut et fort leur soutien en faveur de ces malheureux qui avaient vu un/des morceau(x) de leurs corps tomber comme des feuilles d’arbres en automne.
Toutefois l’extraordinaire et la formidable action provinrent essentiellement de la grande famille des pots de colle.
Ouais ceux-là sans qu’on leur dise rien se manifestèrent pour recoller les morceaux humains égarés.
Au début des pots de colle prirent d’assaut des chaînes de télévision pour informer les téléspectateurs qu’ils étaient là, disponibles et, au service de la population pour réparer l’irréparable.
Aussi, très vite une armada de pots de colle se mit à l’œuvre. Dans un laps de temps record ils recollèrent quasiment toutes les parties manquantes des personnes qui avaient perdu quelque chose dans l’affaire.
Oh la la ! Comme la population de France et du monde était heureuse d’avoir pu retrouver grâce à ces pots de colle, une chère oreille, un cher nez … ou de chères parties génitales.
Ouais les pots de colle acquirent une renommée plus que mondiale.
Et même paraît-il qu’à la prochaine élection présidentielle en France, un honorable pot de colle pourrait être présent au second tour !
Au poulailler, on ne suce pas que des glaçons !
Cette année avec la canicule, les cuticules des papattes des poulettes sont parties en lambeaux, ça fait mauvais genre et négligé d’avoir les griffes défraîchies.
Bruno, comme à son habitude, lisait à toutes ses ouailles, un article de Pascal P., expert en prescription vitaminée, paru dans le Samatin en ce samedi matin de septembre.
Il paraîtrait qu’il faut boire 1 litre d’eau par jour pour enrayer la perte des morceaux de soi et retrouver une nouvelle jeunesse.
Vous ne devinerez jamais, ce que Simone et Mado ont encore inventé.
Nos cocottes ont eu une idée fumieuse pour respecter la consigne :
Comme elles passent leur temps à caqueter et que les palabres ça donne soif, elles se sont rendues à l’estaminet de Walrus, joli coeur à ses heures et bien content d’avoir des petites poulettes pour lui tenir compagnie.
Elles ont commandé des Mojitos glacés toute l’après-midi et sont rentrées le soir au poulailler complètement pompette… à ce stade on pourrait dire complètement bourrées.
Bruno, leur a bien évidemment volé dans les plumes, la réputation du poulailler est en jeu.
Et vous savez ce qu’elles ont trouvé comme excuse ?
Mais, les glaçons c’est de l’eau en cube !
Simone et Mado ont perdu quelques plumes dans toute cette histoire, mais pas à cause du manque d’hydratation.
Les poulettes en images :
https://nadyachaffautpsy.wixsite.com/confessions-de-besti/post/e2l823-au-poulailler-on-ne-suce-pas-que-des-glaçons
Certains n’avaient pas respecté la consigne : BOIRE 1 LITRE D’EAU PAR JOUR ! Et, comme des arbres perdant leurs feuilles. Alors… un certain désordre
On entendit des bruissements, des froissements plus ou moins légers, d’abord sans intérêt, mais on s’aperçut que certaines oreilles , après avoir viré à l’ocre automnal, se recroquevillaient et s’enroulaient avant de tomber lamentablement . Des coiffures évoluaient, légèrement, poétiquement en cheveux de Vénus .Des doigts tout crispés, rabougris, menaçants doigts de sorcière, devenaient complètement inutiles … On trouva m^me quelques mains de bouddha se greffant sur les citrons d’un voisin, enfin un de jus revigorant ?? Une langue de, muta en langue de boeuf rouge sanguinolent en tombant à terre, ( certains auraient préféré des langues de vipère ..) . Tous s’inquiétaient pour leur intimité ; mais aucun exhibitionnisme !! Mr X.. fin limier reconnu partout, retrouva son nez rétréci au pied du noisetier voisin …
Ils attendent tous le retour de la pluie, de l’eau, mais que va-t-elle apporter vraiment ??
Certains n’avaient pas respecté la consigne : BOIRE 1 LITRE D’EAU PAR JOUR ! Et, comme des arbres perdant leurs feuilles, voilà qu’ils perdaient, leurs oreilles, leurs nez, voire des parties intimes. Alors…
« Alors allions-nous assister à la disparition de la race humaine comme semblaient déjà se réjouir certains humains , mais egalement certains animaux et même certains arbres ?…
En effet après certains autres attributs comme les dents, la langue, même le cerveau se liquéfia et il sortit par éternuements répétés des têtes sans nez sous forme de geysers de morves atroces et par la pression. Puis les yeux sortirent des orbites, bras et jambe se séparèrent des corps en glissant presque spontanément laissant nos semblables telles des poupées démembrées.
Tout laissait penser que ça sentait la fin… tout ça parce que trop n’avait pas bu assez d’eau ? Ce monde est-il devenu fou ? Les croyants pensaient que Dieu nous abandonnait …
Pourtant comme les plantes et les arbres, les organes tombés au sol firent rapidement des germes, puis des plants très spéciaux, et des fruits à l’apparence différente.
Et pour les humains les plus résistants à cette horreur, des repousses remplirent les trous béants et un mix organiques et végétales remplaça la chair. Les yeux sont devenues des fleurs ravissantes, et le cerveau un organe sensible ressentant enfin ce que la nature était, est et sera.
Il en fut de même pour ceux sortis du sol et ils furent parfaitement calibrés pour faire partir intégrante de la planète sans artifice et sans besoin autre que de vivre ensemble malgré les différences.
Le reste de l’humanité qui avait bu leur litre d’eau d’abord médusé et méfiant, fut tenté de vouloir détruire ces monstres .
Mais rapidement ils devinrent jaloux de voir cette nouvelle espèce vivre mieux en harmonie avec ce monde végétale et n’ayant plus du tout besoin des produits manufacturés par eux, ni même d’argent. Encore une fois, allait il y avoir la guerre ? Ou bien cette nouvelle civilisation inspirerait-elle une nouvelle ère de paix ?
Personnellement je buvais pas mal d’eau, un peu de champagne et de vins, beaucoup de jus de fruits et je ne vois pas de transformation de mon corps mais mon esprit aspire plus à ressembler à ceux de ce nouveau monde…. Alors ?
Alors je suis prêt ! »
Certains n’avaient pas respecté la consigne : BOIRE 1 LITRE D’EAU PAR JOUR ! Et, comme des arbres perdant leurs feuilles, voilà qu’ils perdaient, leurs oreilles, leurs nez, voire des parties intimes. Alors… à quoi bon continuer ainsi ?
Il fallait revenir à la source. Et donc, ceux-là même qui étaient en perdition, remontèrent à contre-courant et se mirent à boire tout leur soûl. Ils purent alors, prendre de la bouteille, sans pour autant pousser le bouchon trop loin sous peine d’éclater prématurément…
Le grand chêne au fond du jardin
A déjà perdu la moitié de ses feuilles
On dit que des gens ont perdu leurs mains
Et certains auraient perdu un œil
C’est affreux ? Non, pas tant que ça !
Finalement il y a une justice ici bas
Les humains comme les végétaux,
Tous usés par le manque d’eau
Après tout, on vous avait prévenus
Mais vous êtes si têtus
Et parfois tellement bêtes !
Vous avez fait cramer la planète
Et quand l’été sera terminé
Vous allez tout oublier
Mais si l’arbre, grâce à la pluie,va se régénérer,
Les humains, eux, resteront mutilés
Bien fait, ça vous apprendra
La prochaine fois, vous y laisserez un bras !
… Alors je reprends le déroulement des évènements.
Dans ce pays au climat tempéré, il y eu un été inhabituellement chaud. Les autorités préfectorales mirent en place un approvisionnement d’eau pour que chacun boive régulièrement et évite les différentes formes de déshydratation.
C’était sans compter avec l’esprit d’opposition systématique que manifestaient les usagers en tout domaine de la vie quotidienne civile, professionnelle ou privée.
Chacun répondait à ses besoins de fraicheur en allant dans les zones ombragées des bois et forêts ou en se baignant dans les lacs, rivières ou mer suivant les possibilités locales.
Mais personne ne s’obligeait à boire l’eau distribuée par les agents communaux pour la bonne raison qu’ils pensaient leur propre choix de boisson bien suffisant.
Au bout de quelques semaines, le corps médical fit remonter aux autorités que nombre de patients présentaient des troubles peu communs. Les premiers signes d’alerte furent la perte des cheveux et autres poils corporels. Les hommes devenus imberbes se félicitaient de n’avoir plus à se raser quotidiennement. Les semi-chauves trouvaient plaisants de ne plus être stigmatisés comme vieux avant l’âge. Quant aux femmes, nombreuses furent celles qui se procurèrent une perruque camouflant leur crane clairsemé ; mais cet attribut leur tenait fort chaud.
Au bout d’un mois et demi de chaleur intense, les ongles durcirent puis tombèrent, laissant mains et pieds démunis.
Le nombre de citoyens concernés ne cessait de croître. Les contenus et interactions partagés sur les sites numériques relayaient des histoires incroyables qui mettaient les lecteurs en panique. Par crainte du pire, la population se mit à boire deux à trois fois plus que les préconisations initiales. Conséquemment, certains souffrirent de rétention d’eau peu esthétique et difficile à réguler. Les professionnels du drainage lymphatique se frottèrent les mains face à cet afflux de clients.
Certains patients qui envisageaient de se faire charcuter en raison d’orteils en griffe par exemple, s’enthousiasmaient à l’idée de voir leurs orteils tomber d’eux-mêmes et espéraient une repousse naturelle correcte, sans bistouri ni rééducation délicate…
Au bout de deux mois, la température chuta et les nuages amorcèrent leur retour sur les terres assoiffées. Les délires grotesques furent relayés par des informations encore moins réjouissantes de la planète mais qui, pour le moment, ne touchaient pas directement la vie quotidienne de ces rebelles.
L’été suivant, chacun bu ce qu’il pensait être la norme et espéra que la repousse des poils et ongles se poursuivrait dorénavant sans écueil.
A vôtre santé ! comme disaient et disent toujours les gens de ce pays.
Suite à l’épidémie qui régnait à Carnac, les druides Celtes avaient décidé de faire appel aux druides des autres régions pour trouver un remède. Ils étaient tous regroupés sur la lande de Cap Fréhel.
— J’ai la solution ! tonna une voix caverneuse, venue des entrailles des aiguilles de Bavela.
Un vieillard, le nez aquilin, de petits yeux de fouine et vêtu d’une peau de chèvre surgit de derrière un menhir, une fiole ambrée à la main.
— Moi, c’est Pèppè, druide corse. Et ça, mes amis, c’est de la Liqueur d’eau du 51. Un remède ancestral. Tu bois ça, et basta ! Plus personne ne perd rien !
— Plus personne ne perd rien ? demanda un pinzutu , méfiant.
— Ni oreilles, ni nez, ni… enfin, tu m’as compris. Tuttu va bè !
Un autre druide apparut alors, à califourchon sur un « pottiok », coiffé d’un béret rouge et brandissant une bouteille.
— Pffft ! Remède corse… Nous, au Pays basque, on a mieux !
— Ah ouais ? Et c’est quoi ton jus de chaussette ?
— Pimiento Espelleto y chjarasge nere , répondit fièrement le Basque. La potion qui réveille les morts !
— Peut-être. Mais elle ne fait pas repousser les oreilles.
— Pas besoin ! Elle empêche de les perdre !
Le Basque déboucha sa bouteille.
— Une gorgée !
Un volontaire avala. Il devint rouge. Même très rouge.
Puis ouvrit la bouche.
— AAAAAAH !
Une gerbe de flammes jaillit. Sa langue et ses dents étaient écarlates.
Tout le monde recula devant ce visage qu’ils jugèrent maléfique.
— Voilà ! annonça le druide basque. Plus de déperdition corporelle !
— Tu parles, il se transforme en Suppôt de Satan. Il crache du feu !
— Exactement.
— C’est censé être un avantage ?
— Évidemment ! Il ne perd plus ses oreilles, il les chauffe !
Le druide corse, vexé, brandit sa fiole. Il chercha du regard un volontaire… désigné.
— À ton tour Keriyann. Avale.
Le cobaye but une lampée de Liqueur d’eau 51. Il sourit et fit trois pas, puis quatre… pour finir par s’effondrer derrière un buisson de genêts. Le malheureux se releva, marcha de travers, heurta un arbre, rebondit sur un rocher et termina sa course, affalé sur les druides Normands. Paraît que c’est de là que vient « le trou Normand ».
— Au moins, il a encore ses oreilles, remarqua le druide corse.
— Oui, mais il vient d’en perdre l’équilibre ! répliqua le Basque.
— Et le tien vient de mettre le feu à sa barbe !
— C’est temporaire.
— La chute aussi, j’espère.
À quelques mètres, trois adeptes de la Liqueur d’eau du 51 tentaient de marcher en ligne droite.
— Je crois, murmura quelqu’un, qu’on a remplacé une épidémie de déshydratation par une épidémie de cuite.
Pèppè leva son verre.
— À salute !
Le Basque leva sa bouteille.
— Osasuna !
Les « Pimiento » ne perdaient plus rien : ni oreilles, ni nez, ni parties intimes. En revanche, ils éternuaient des flammes, avaient le hoquet incendiaire et devaient être arrosés régulièrement.
Les adeptes du « 51 », eux, conservaient également tout leur attirail, mais marchaient en crabe, se prenaient les pieds dans leurs propres pieds et engageaient de longues conversations avec les arbres.
La situation devenait franchement préoccupante.
Finalement, la consigne avait bien été respectée : ils buvaient certes au moins un litre de liquide par jour, mais on n’avait jamais précisé lequel… ni son pourcentage d’eau.
Notes de bas de page :
Pinzutu = étranger du continent ou touriste (en langue Corse).
Pottiok = un petit poney rustique dont le nom signifie « petit cheval » en basque.
chjarasge nere = des cerises noires.
les notes de bas de page, s’étant évaporées… voici le lexique:
Pinzutu = étranger du continent ou touriste (en langue Corse).
Pottiok = un petit poney rustique dont le nom signifie « petit cheval » en basque.
chjarasge nere = des cerises noires.
J’ai beaucoup 🥰👍. Merci Mijoroy🐁
Certains n’avaient pas respecté la consigne : BOIRE 1 LITRE D’EAU PAR JOUR ! Et, comme des arbres perdant leurs feuilles, voilà qu’ils perdaient, leurs oreilles, leurs nez, voire des parties intimes. Alors…
Alors, les femmes se réjouirent puisqu’elles n’étaient pas dans les « certains »
Si elles burent aussi leur litre d’eau, voire plus, elles firent en sorte de ne pas devenir, comme cette pauvre Antoinette , des jardinières.
😉
Le dessèchement humain
Une conséquence du dérèglement climatique…
Nous étions entrés dans les derniers jours de la saison estivale. Ils se faisaient plus courts et la nuit arrivait, elle aussi, plus vite. Prostré sur mon canapé, dans la pénombre qui enveloppait la pièce, je songeais que, cette année, il n’y aurait pas de retour sur Lyon et que j’échapperais aux embouteillages du boulevard de ceinture. Après les week-ends de farniente, je ne connaîtrais plus les lundis matin difficiles, consacrés à la réunion d’analyse des rapports opérationnels de la semaine précédente, afin de définir les actions commerciales de celle qui commençait.
Durant quelques semaines, je profitais de la maison familiale, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Avant de replonger dans les contingences quotidiennes, j’avais pour habitude de me promener sur les sentiers qui bordaient le Verdon, dont le lit était aujourd’hui complètement asséché. De toute manière, les sorties présentaient désormais des risques majeurs d’agression, ne serait-ce que pour se faire voler une bouteille d’eau, une baguette de pain ou autres denrées devenues précieuses.
Durant tout l’été, nous avions subi plusieurs vagues de canicule, et cela se voyait très bien dans la nature. Par manque d’eau, les rivières et les fleuves, jusqu’aux plus petits ruisseaux, étaient à sec. Même la végétation semblait souffrir. Le feuillage de certains arbres avait déjà pris les couleurs de l’automne, du moins celles qui restaient désespérément accrochées aux branches. Les autres jonchaient le sol, prématurément desséchées. L’herbe des prés, autrefois verdoyante, était, elle aussi, devenue couleur de paille. Partout, la nature semblait avoir perdu jusqu’à l’envie de résister.
Les chaînes de télévision avaient diffusé à longueur de journée des recommandations destinées à nous prémunir contre les effets de la chaleur.
Mais surtout, pour éviter les dégâts qu’elle pouvait provoquer, il fallait à tout prix se protéger de la déshydratation. Les spécialistes étaient formels : nous devions boire au minimum un litre d’eau par jour.
Malheureusement, certains n’avaient pas respecté la consigne. Et, comme des arbres perdant leurs feuilles, leur corps s’était progressivement desséché. Ils avaient perdu leurs oreilles, leurs nez, voire des parties intimes.
Tels des zombies, la plupart s’étaient regroupés pour vivre en communauté dans des bâtiments désaffectés, abandonnés par ceux qui avaient pu échapper à cette dramatique crise humanitaire.
Au fil du temps, l’eau était devenue indispensable et particulièrement convoitée. Les magasins avaient été pillés, les rayons de bouteilles vidés en quelques minutes. Sur les routes, des bandes organisées attaquaient les convois de camions citernes, devenus de véritables coffres-forts roulants.
La plupart des points d’eau étaient désormais gardés par des militaires. Mais certains d’entre eux, une fois touchés par le phénomène de dessèchement, retournaient leur arme contre le système qu’ils étaient chargés de protéger…
Au début, ceux qui avaient perdu leur nez tentaient de dissimuler cette infirmité en portant des masques chirurgicaux, rapidement abandonnés lorsque le mal atteignait les oreilles.
La chirurgie plastique n’avait eu aucun effet réparateur. Les tissus greffés finissaient eux aussi par être touchés et les prothèses ne tenaient plus en place.
Face à cette situation, une société spécialisée avait trouvé une solution. À partir de photographies, elle fabriquait des masques modelés et adaptés à chaque visage. Il était même possible de choisir son ancienne apparence à partir d’une photo d’identité, d’un portrait de famille ou d’un vieux selfie.
Mais les articles ainsi réalisés étaient parfaitement inexpressifs… et quelque peu déshumanisants.
Avec ma fille, depuis sa naissance, nous avions instauré un petit rituel. De l’index, je lui touchais le bout du nez, et cela la faisait rire aux éclats. Ce geste anodin était devenu, au fil des années, notre façon à nous de nous dire que nous étions là, l’un pour l’autre.
Il fut pourtant suspendu lorsque cette maudite gangrène l’atteignit à son tour…
Comme la maison familiale était bien souvent inoccupée, j’avais fait équiper toutes les fenêtres de volets anti-effraction et la porte d’entrée d’un système de blindage renforcé. Toutes les façades étaient bardées de caméras et de radars de mouvement afin de surveiller les moindres déplacements aux alentours. Bien que le système de protection soit relié à mon smartphone, une petite pièce, à l’intérieur de la maison, dont un pan de mur était entièrement occupé par des moniteurs, me servait de tour de contrôle.
J’y passais désormais une grande partie de mes journées à observer ce qui se déroulait à l’extérieur. Les rues étaient désertes et les maisons voisines semblaient avoir été abandonnées depuis longtemps. De temps à autre, une silhouette apparaissait sur l’un des écrans, avançant péniblement avant de disparaître derrière un bâtiment.
Je ne sortais plus.
Je n’en éprouvais d’ailleurs plus vraiment le besoin.
Je ne savais plus depuis combien de temps je n’avais pas vu quelqu’un.
Même ma fille ne venait plus me parler.
Pourtant, je la voyais parfois sur les écrans.
Elle apparaissait au fond du jardin, immobile, le visage tourné vers la maison. Je l’appelais, mais elle ne répondait pas. Je me levais alors pour aller la rejoindre… et, chaque fois, lorsque j’ouvrais la porte, il n’y avait personne.
Je retournais devant les moniteurs.
Elle était toujours là.
Peut-être était-ce simplement le décalage des caméras. Ou bien mon esprit qui commençait à me jouer des tours. Après tout, cela faisait tellement longtemps que je vivais enfermé entre ces quatre murs que je ne pouvais plus être certain de grand-chose.
Un soir, je la vis de nouveau.
Son visage était devant moi.
Je ne savais pas si je l’avais réellement rejointe ou si elle se trouvait encore quelque part derrière l’un de ces écrans. Mais cela n’avait plus d’importance.
Dans une dernière réminiscence, je tendis l’index vers son nez…
Mais plus j’avançais, plus son visage s’éloignait.
Ses traits devinrent flous.
Puis ils disparurent peu à peu.
Je voulus l’appeler.
Aucun son ne sortit de ma bouche.
Et soudain…
Ce fut le noir complet…
J’adore votre texte ! Je le trouve extrêmement bien écrit. Votre écriture fluide, imagée, nous amène tranquillement dans un film à la fois de science-fiction et glaçant d’une réalité déjà là. Vous parvenez à m’extraire de ma position de lecteur et je me retrouve totalement immergée dans la situation décrite.. Ce n’est pas un simple exercice d’écriture, mais bel et bien le début d’un roman que l’on a envie de lire dans sa totalité…
Merci !
— J’avais un preessentiment. Ca ne prévient pas. Ca arrive comme une bourrasque. Et puis, j’ai réfléchi. Certains n’avaient pas respecté la consigne. Je l’ai supposé un moment. Mais ce qui m’a frappé, c’est que je les vus boire au minimu un litre d’eau par jour. Ce n’est pas très compliqué. Ils l’ont fait bien innocemment, n’est-ce-pas !
Cependant, comme des arbres perdant leurs feuilles, voilà qu’ils perdaient leurs oreilles, leur nez, voire leurs parties intimes. C’était très style cette nouveauté ! Se seraient-ils trompés d’eau ? Auraient-ils mis trop de chlorure dans la piscine ? Pourtant cette eau est contrôlée tous les jours. Le plus coquasse, c’est que ces ablations étaient indolores. Inspirées de l’homme augmanté, certains fans du progrès avaient bifurqué dans la direction inverse, encore inexplorée. Ca aussi, je l’ai supposé. Les gens ne sentaient rien. Ce qu’ils convoitaient, c’était être conformes avec l’ensemble. Ils avaient toujours le sentiment que leurs organes étaient en place. Un peu comme les membres fantômes. Jusque là, tout me paraissait normal.
— Hein !
— Oui ! Quand on coupe une jambe, par exemple, le patient a la sensation que son membre est toujours en place. Sauf que l’intervention se fait sous anesthésie générale. Tandis que là, la perte se fait spontanément et en douceur.
— En douceur ? Tu plaisantes, moi, ça me fait mal aux yeux.
— Tu as le droit. Mais avant tout, il faut se conformer à l’évolution de la société, sinon on te traite d’extrême.
— Parce aue selon toi, c’est une mode qu’il faudrait encadrer, c’est ça ?
— Bien sûr ! On a bien lancé la mode des sans-dents !
— Là, tu dérives un peu quand même, mon pote !
— Ah bon ! Tu crois ! Mais tout part de là. A partir du moment où un camp dit quelque chose, tout le monde doit dire comme lui. Sinon, il fait partie du camp adverse. Bah oui mon pote, c’est ça le secret de la division. Plus tu es divisé et plus tu es dépendant du système.
— Et ça entre quand en vigueur, cette nouveauté ?
— C’est maintenant. Je crois qu’on va bientôt t’appeler.
— Ca va pas la tête !
— tu verras, c’est complètment indolore.
— Et l’esthétique, tu en fais quoi ?
— L’esthétique, c’est superflu. Ca n’existe plus. Ce qui compte, c’est la soumission. Allez ! vas-y, c’est ton tour.
— Et toi, tu y vas quand ?
— Moi, c’est déjà fait. J’ai laissé la dernière phalange de mon petit doigt. Mais j’ai marchandé. Ca m’a coûté 15 000 euros.
Des années déjà que nous sommes avertis d’un grand changement climatique, mais nos chers experts et politiques ont omis de dire que l’être humain allait lui aussi changer d’aspect.
Un beau jour, branlebas de combat. Toutes les grosses têtes s’y sont mises. Il était impératif que chaque être humain boive un litre d’eau par jour.
Il y a eu ceux qui, par je ne sais quel miracle, n’ont pas appris l’information.
D’autres qui s’en fichaient et ceux qui, très obéissants, ont ingéré leur litre d’eau sans se poser de questions. Cela venait d’en haut, il fallait suivre les ordres.
Rapidement les urgences furent prises d’assaut. En plein été, les médecins ont vu débouler des personnes avec des bonnets, d’autres avec des masques ou des écharpes. Pourquoi ? Les chapotés avaient perdu leurs oreilles, les masqués leur nez. Il y avait aussi ceux dont la perte était nettement moins visible, mais tellement perturbante. Pauvres messieurs. Ils cachaient leur braguette de leurs deux mains, alors que derrière elle il n’y avait que du vide. J’imagine bien certaines des compagnes penser : ça ne change rien à l’ordinaire.
Évidemment, toutes les hypothèses furent posées.
Pour d’uns, un litre d’eau c’était trop. A force d’être constamment irrigué, le corps moisissait et les parties les plus fragiles finissaient par tomber. Comme les fruits d’un arbre dont les racines sont soit trop humides ou archi sèches.
Pour d’autres, c’était tout le contraire. Il fallait augmenter la dose. Avec la chaleur qui régnait sur terre, l’eau s’évaporait aussitôt par les pores, donc l’intérieur du corps était en manque.
Il devenait urgent de trouver une solution. L’eau se raréfiait, mais il ne fallait pas affoler les populations déjà terriblement anxieuses, en colère.
Mais avant il fallait soigner tous ces orphelins de membres. Ce n’était pas le plus difficile, long, mais fastoche. Chaque victime avait accouru avec son membre manquant. Un scan, une impression 3D et une greffe réalisée par un robot dirigé par l’IA. Au suivant !
Cela n’était qu’une piètre rapponse. Les cas allaient se multiplier. L’IA allait bientôt s’assoiffer elle aussi. Bref, tout allait manquer. Le monde se préparait à changer de face. Un avant, un après. Plus de beaux, que des moches.
C’est alors qu’un certain américain, aux dents très longues, décida de financer la construction d’un immense pipeline qui relierait Mars à la terre. L’eau y serait pompée pour alimenter la planète bleu avant qu’elle ne ressemble à la planète des singes.
L’espoir sortit de sa torpeur, mais pour combien de temps ?
Quand il a constaté les dégâts, il s’est souvenu évidemment : » Buvez un litre d’eau par jour ».Mais entre : « L’abus d’alcool etc. Bougez plus, mangez moins salé, moins…Pour les trajets limités privilégiez… » il a tout mélangé et il a oublié.
Il a envisagé une solution genre permaculture ou irrigation raisonnée, quelque chose comme çà.
Il n’avait plus rien à perdre, enfin si mais valait mieux ne pas y penser.
Sauvons ce qui peut l’être.
Alors, puisqu’il lui restait ses deux pieds, il s’est dirigé vers l’étang voisin qui n’était pas encore à sec, s’est accroché fermement au bord, les pieds immergés et a attendu.
De temps en temps, il se penchait pour examiner son reflet.
Entre-temps, un aussi amoché que lui, si pas pire, était venu s’installer à ses côtés.
Coup d’oeil dans l’eau, coup d’oeil vers le voisin, les jours passaient.
Côté visage, on ne pouvait pas dire que ça s’arrangeait. Le nez et les oreilles, on pouvait oublier.
Mais, petit à petit des branches de plus en plus feuillues s’étaient mises à pousser par les anciens orifices, dans les cheveux et des racines sortaient de leurs pieds.
Un matin, bien enracinés, l’arbre de droite, oui maintenant on peut parler d’arbres, l’arbre de droite donc dit à l’arbre de gauche:
– On fera quoi à la prochaine canicule?
– Je ne sais pas. On pourrait demander son avis à l’étang.
– Ah bon?
– Oui évidemment, regarde, lui il réfléchit.
– Et nous?
– Nous… On s’est plantés.
Les Ramasseurs attendaient la nuit pour récupérer tous ces organes perdus par les contrevenants à la consigne :
Buvez un litre d’eau par jour sous peine de perdre vos organes, tel des feuilles d’arbre desséchées.
De plus, ces insouciants laissaient leur nez, oreilles et même certaine partie de leur corps masculin que la décence m’empêche de citer ici, joncher les rues et les espaces publics.
Récupérer par les Ramasseurs, ces bouts d’anatomie allaient tout droit dans la banque d’organes d’une clinique de chirurgie réparatrice afin d’être réhydratés et remis sur des patients qui pouvaient ainsi retrouver leur esthétique corporelle.
Il y eut bien quelques couacs: des oreilles dépareillées, un pied bot, deux mains gauches à une pianiste concertiste, mais dans l’ensemble personne ne se plaignit.
Quand aux malheureux contrevenants de l’histoire, ils jurèrent, mais un peu tard ,que l’on ne les y prendrait plus.
Alors, alors face à ce spectacle désolant, Antoinette prit peur.
Elle relut la consigne et elle but, elle but, elle but…
Elle but toute la nuit et au petit matin toute gonflée d’eau, elle partit travailler à bicyclette.
Le soir, rentrée chez elle, elle remit ça toute la nuit et ainsi de suite.
Au petit matin de la 6ème nuit, Antoinette se réveilla méconnaissable.
De la roquette sortait de tout son corps ! Mais de la belle roquette : fraîche et savoureuse à souhait !
Mon Dieu qu’elle était belle Antoinette ainsi parée !
Mon Dieu qu’elle était bonne la roquette d’Antoinette !
Elle en fit profiter ses voisins qui cueillirent sa production de la nuit directement sur son corps.
Et c’est de là que naquit l’expression : « du producteur au consommateur ».
sacrée Antoinette, toujours prête à rendre service; c’est vrai qu’elle est bonne sa roquette, j’ai eu le privilège de goûter à la première récolte !!!!
Ça avait commencé par un litre d’eau. Mais par plus de soixante degrés, la consigne était passée à deux litres, en moins de deux ans. Qui pouvait s’offrir deux litres par jour ? Certains étaient devenus secs comme de la paille, amputés des membres. Un serveur n’avait plus de bras, il poussait sa commande sur un chariot avec son seul pied. Deux clients s’embrasaient en terrasse. L’unijambiste s’interposa à temps pour éteindre la flamme naissante entre eux.
« Et deux Canadairs dry ! »
Ca ne ferait pas deux litres pour les amoureux mais ils avaient encore leurs six doigts, eux. Ils pouvaient continuer à vivre leur insouciance. Un vieux couple, complètement fané, jauni au vieux whisky, sans eau ni glace et qui tapait sur les têtes depuis le matin, empruntait le chemin jusqu’au centre, chargé de données dont il ne savait quoi faire. Derrière lui, la soif terrassait une procession de processeurs en IA qui lui emboîtait le pas, aussi décrépis les uns que les autres, revenant d’une rivière à sec.
Pendant ce temps-là, dans l’ombre, des humains continuaient à animer promptement ces Pinocchi, tels des marionnettistes assoiffés de nouvelles créations.
Le pire n’est pourtant pas là. Les premiers organes à souffrir de la déshydratation, ce sont tes reins et surtout ton cœur. Un palpitant asséché ne draine plus le sang comme il faut vers tes organes périphériques. Il s’épaissit aussi, ce qui provoque thromboses, AVC ou embolies pulmonaires, voire et c’est paradoxal pour quelqu’un qui ne boit pas assez : la goutte ! ce rhumatisme aigu qui touche les articulations quand l’acide urique se cristallise en aiguilles d’urate de sodium et déclenche une inflammation carabinée. Ça fait un mal de chien, et toi qui rêvais de perdre tes organes en douceur, tu te retrouves plutôt avec le gros orteil qui vire au noir, puis la cheville. Il faut t’amputer à mesure que la gangrène progresse, si ce n’est pas déjà trop tard.
Il est quand même assez fou d’imaginer que sans boire, on meurt en trois jours. Ton corps est fait à 70% d’eau, et il suffit d’en perdre 3 à 5% pour que la peau tire, que le cœur s’emballe pour compenser la tension qui chute, que la tête tourne au lever. À 6-9%, tout empire d’un coup : tension en chute libre, confusion, yeux enfoncés, peau qui ne reprend plus sa forme. Bref, tu ressembles déjà à la feuille morte que tu es en train de devenir. À 10%, c’est la phase critique : cœur, reins, convulsions, coma, et la fin, faute de soins.
Quant au reste, tout organe qui ne sert pas s’atrophie. Autrement dit, la fonction crée l’organe. J’ai appris ça en cours de philo, il y a longtemps. « Si tu ne t’en sers pas, vends-le », comme le suggère une pub pour te débarrasser de tes fringues d’occasion moyennant finances. Ne dit-on pas que ça coûte un bras, ou un rein ? Puisque nous en avons deux de chaque, pourquoi attendre qu’ils se dessèchent et tombent tout seuls pour les vendre ? Moi, j’ai monétisé tout ce que j’avais en double sans utilité réelle. Un de mes bras qui me faisait mal quand je me tournais, la nuit dans mon lit. Une partie de mes attributs masculins, bien que très bien entretenus et fonctionnels, n’intéressent plus grand monde sur moi, il faut le reconnaître. Avant d’en arriver là, j’ai fait le tour de tous les revenus financiers, encore à ma portée pour compléter une trop maigre retraite. Restaient les fruits de mon cerveau, pourtant presque intacts. Même ceux-là, créatifs et bien hydratés, n’intéressent plus personne. Question d’âge, paraît-il !
C’est documenté ! Quasi encyclopédique ! Je plains les chameaux s’ils savaient ce qui les attend ils bouderaient le désert.
Merci Nicolas je vais boire un coup de flotte a ta santé 🐁
823e/ Certains n’avaient pas respecté la consigne : BOIRE 1 LITRE D’EAU PAR JOUR ! Et, comme des arbres perdant leurs feuilles, voilà qu’ils perdaient, leurs oreilles, leurs nez, voire
Litre étoilé
La consigne est impérative sinon gare ! BUVEZ ! éliminer, soit, de par les voies naturelles, la sudation etc… les organes sont là pour ça, on ne leurs demande rien d’autre.
L’oreille,le nez: les voilà partis voir ailleurs, au prétexte qu’on ne les aime pas : disgracieux, superflus, encombrants. On ne se mouchera plus, c’est une perte de contenu, que l’œil pleure ou qu’il cille, la paupière s’en bat l’orbite.Le saule pleureur lui est une vraie pompe à eau, son feuillage bruit, n’a t’il pas des organes comparables à d’autres êtres non sédentaires tels qu’arapèdes, lézards, qu’à aucune source on ne voit laper ? Le grillon se nourrissant de mégots sur la voie du métro est il un camarade syndiqué? Tiens, repasse moi le litron pour boire un gorgeon rien qu’un rince-cochon, d’un revers de main s’essuie les lèvres… c’est pas d’une actualité brûlante.
Oubliées les Fontaines Wallace le philanthrope, voire la pissotière devant la Santé. 🐻
823e/ Certains n’avaient pas respecté la consigne : BOIRE 1 LITRE D’EAU PAR JOUR ! Et, comme des arbres perdant leurs feuilles, voilà qu’ils perdaient, leurs oreilles, leurs nez, voire des parties
C’est la lèpre
On ne peut évoquer ces symptômes sans penser à cette maladie dévastatrice et cette saloperie de Yersinia pestis, transmise à l’humain principalement par les piqûres de puces qui vivaient sur les rats et les petits rongeurs. ( I.A ! ) -A ne pas confondre avec la C.I.A l’agence de renseignement – enfin ce n’est pas loin d’être con co mitant.
Mais je pense qu’un jour on nous greffera une puce à la naissance choisie d’autorité selon la couleur ou la forme des pieds. Enfin il y aura comme devant l’étal du poissonnier, un ticket ou un système de loto et selon le numéro on pensera droit ou de travers mais un travers qui pourra être vu droit par les autres.
A moins qu’on naisse déjà vieux avec agueusie, sourd et aveugle et on rigolera bien !
Oh l’autre ! Y’avait plus d’eau à l’étage ils l’ont pas arrosé assez il a pas de pieds.
Y’a pas à dire l’avenir est souriant.
Je me demande si je ne préfére pas me casser le dos à chercher l’eau au puits.
La 🐁 a la puce ‘R.R’ rétrograde. récalcitrante !