819e exercice d’écriture récréative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Rédigez un « DOUCUMENT »


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26 réponses

  1. iris79 dit :

    Rédigez un « DOUCUMENT »
    TITRE : attribution d’un congé « spécial jardinage » de 1 ou 2 semaines
    EMETTEUR : ministère du travail
    DESTINATAIRE : chaque citoyen sans limite d’âge
    DATE D’EMISSION : au printemps et à l’automne.
    CONTENU : chaque personne se verra attribuer un congé de jardinage afin de prendre soin de la terre, du vivant et de son corps. Une alimentation saine favorise un équilibre global bénéfique à chacun et son aptitude physique et intellectuelle n’en sera que plus renforcée.
    SIGNATURE : Tous les membres du gouvernement très mobilisés sur cette question.*
    *Ceci n’est pour le moment qu’une fiction. On peut rêver…

  2. Mary Poppins dit :

    TITRE : Attestation à remettre à la mairie de votre domicile, en deux exemplaires
    – le premier imprimé sur une feuille blanche règlementaire
    – le deuxième sous forme d’un puzzle à reconstituer

    ÉMETTEUR : Ministère de la Vérité et de l’Exactitude

    DESTINATAIRE : Tout individu se prenant pour un lampadaire

    DATE D’ ÉMISSION : A déterminer selon les circonstances

    CONTENU :
    Suite à l’examen approfondi, réalisé par le docteur Charles-Edouard Pipeau, éminent spécialiste agréé par l’Etat, votre statut de « lampadaire » a été officiellement reconnu et validé, le 14 août 2026 à 14h08.

    Par la présente, vous êtes donc autorisé (e) à mener votre existence de lampadaire sans aucun complexe.

    Après l’accord de votre mairie, vous pourrez vous installer dans la rue de votre choix, aux heures d’éclairage public, en respectant la distance d’un kilomètre maximum autour de votre résidence principale.

    Selon votre préférence, il sera possible de coller sur vous la photo d’un néon ou d’une lampe spéciale.

    Cette attestation est également susceptible d’être présentée à vos voisins promeneurs de chiens pour prouver que vous êtes une personne atypique mais tout à fait normale.

    SIGNATURE :
    Jannette Lembrouille
    ex belle-soeur
    du Ministre de la Vérité et de l’Exactitude

  3. Urso dit :

    Bien sûr ! Un doucument qui est destiné au soleil.
    En ce moment dans plusieurs pays de la planète Terre et surtout sur mon lieu actuel de vacances il fait une chaleur torride.
    Je suis dans un désert dont je ne me souviens plus le nom tant la chaleur m’accable.
    Et je crois bien que le fautif de cette température suffocante et fulgurante c’est le soleil.

    Alors oui je vais de ce pas adresser au soleil un document officiel avec mon nom, prénom, qualité ainsi qu’avec les éléments de République française, liberté, égalité, fraternité. En lui demandant gentiment mais fermement de se calmer un peu. Et que s’il continue encore sur sa lancée de chauffer toujours plus, il peut encourir des ennuis par notre gouvernement et pays.
    Il me semble que ce mot de gouvernement sonne toujours bien dans un document officiel.
    Dans le texte, il peut également être ajouté « Au nom du peuple français ». Ainsi que la photo d’un coq de la France avalant d’un trait un fromage camembert et une baguette de pain.

    Une question. Est-ce que le soleil sait où se situent exactement la France, l’Europe, l’Asie … l’Amérique latine ?
    En tout cas ce qui est certain, ou peut-être pas, c’est que l’étoile soleil devrait se rendre compte qu’en ce moment dans plusieurs régions du monde, on crève vraiment de chaud.

    Des personnes peuvent rétorquer que lorsque il fait chaud il est préférable de rester à l’ombre sous un chêne ou sous un orme. Ou de mettre à fond dans nos domiciles, sur les lieux de travail, les appareils de climatisation.
    Oui cela est exact. J’en conviens.
    J’estime toutefois qu’il est bon, par le biais d’un document officiel, de réprimander de temps en temps notre cher soleil de sa chaude attitude à notre égard.

    Youpi ! Subitement il s’est mis à pleuvoir dans mon désert adoré, avec une température qui a largement baissé.
    Youpi ! le document officiel transmis il a porté ses fruits.

    – Quoi ! quoi me dit le chat blanc qui lit je le sais depuis longtemps dans mes pensées et qui m’accompagne partout dans mes voyages.
    Cette pluie ajoute le chat c’est un mirage !
    – Quoi ! que dis-tu le chat. Les Mirages, ben voyons, ils n’existent plus aujourd’hui.
    L’armée, l’État les a remplacés par des avons Rafales.
    – Quoi ! quoi ! répond le chat blanc avec un regard étonné.

  4. Anne Le Saux dit :

    Monsieur le Procureur Général,
    Je ne vous connais pas en personne mais j’ai entendu parler de vous par la presse et par quelques amis ayant eu maille à partir avec la justice pour une sombre histoire de braconnage et de bagarre.
    Ce n’est pas mon cas. Je suis doux comme un agneau et intègre comme un roc.
    De la douceur, il ne suffit pas d’en donner ; il est important aussi d’en recevoir. Aujourd’hui, j’en ai besoin et c’est à vous que j’ai pensé pour m’en octroyer.
    Ne soyez pas surpris, j’en viens au fait de ma missive. Ma chatte, Félicie (le nom de ma grand-mère adorée), a disparu. Cela fait maintenant une semaine. J’ai d’abord crû à une escapade, des vacances improvisées, une petite douceur en cet été brûlant. Mais là, je m’inquiète ; une semaine, c’est anormal.
    Cette chatte est affectueuse, câline, calme et patiente. On pourrait dire qu’elle est à mon image. Quand je la caresse, je sens sa toison soyeuse ; je ressens les vibrations de son ronronnement. Cela m’apaise et me rend meilleur.
    Vous pouvez vous en douter, je suis désespéré. Privé de mon réservoir d’énergie positive, je crains de devenir impatient, agressif, violent. Ma démarche est donc à la fois préventive et curative.
    Je fais appel à votre compréhension, votre bienveillance et les pouvoirs qui vous sont conférés pour diligenter une enquête pour disparition inquiétante afin que ma Félicie fugueuse réintègre au plus vite mon domicile et que, pour ma part, je retrouve ma sérénité.

  5. laurent dit :

    « Pas si vite !
    Rédiger un document n’est pas gribouiller sur une feuille,
    D’abord, installe-toi bien, avec une bonne lumière ; prépare ton papier, ton ou tes stylos et…
    Pas si vite, nom d’une pipe ! Écoute jusqu’au bout ; après, comme tu veux,
    Quand tu es paisible, tu laisses poindre une idée, elle émerge sans jugement, tu l’accueilles comme elle vient, et si elle ne te plaît pas, tu la laisses passer en attendant la suivante,
    Lorsque tu détiens la bonne, tu l’appréhendes sous différents angles, tu en soupèses l’intérêt onirique, et si tout va bien, non seulement tu valides le projet, mais tu vas disposer, à des détails près, des premiers mots de la phrase d’accroche, ce qui pourrait être l’incipit d’un roman.
    Après, doucement encore. Ne te précipite pas sur les premiers chapitres, pas plus que sur les suivants. Imagine : où veux-tu emmener tes lecteurs ? Imagine la chute de ton histoire.
    Eh oui, pas à pas, mais là, tu peux écrire quelques mots, rédiger une ou deux phrases. Alors là, seulement là, préoccupe-toi du chemin par lequel tu souhaites entraîner tes lecteurs.
    Attends encore, laisse un peu mûrir doucement. Puis, passe à la rédaction des différents passages, pas forcément dans l’ordre de ton récit
    Prends le temps de relire, de modifier le fil conducteur, de réviser les enchaînements, valide tout, cela en vaut le coup !
    Il faut y aller d’étape en étape, doucement, doucement
    Et là, tu auras écrit une ‘’ nouvelle’ ’, autrement dit, un document récréatif et ludique »

    « Au rythme où l’on va ! Il faut aller pas à pas, doucement, encore doucement (rires narquois ! ) ce n’est plus un document récréa-machin, comme tu dis, c’est un ‘’Doucument’’ (rires encore plus narquois ! ) »

  6. Béatrice Priquel dit :

    De bon matin, au réveil, quelques pensées surgissent dans son esprit. Gisèle les observe, les met de côté et n’en tient pas compte. Elle a décidé que ce serait une bonne journée. Pourtant rien ne le laisse présager, le ciel est gris, sa journée pourrait ressembler à n’importe quelle autre. Douchée et habillée sobrement, d’un pas décidé et respectueux de son corps, elle traverse le jardin, ouvre sa boite aux lettres.
    Là, déposée dans le fond, une lettre l’attend. Curieuse, elle l’ouvre intéressée, c’est un « doucument », un écrit de cœur à cœur, un truc qui vous remet le cœur à l’endroit, qui que vous soyez, où que vous soyez. Debout près du noisetier, elle lit :
    « Je suis là tout près de toi, avec toi. Je suis là pour répondre à tes demandes. Pour m’entendre, descends de ton esprit à ton cœur, juste quelques petits 30 cm. Ferme tes yeux, fais silence en toi et attends. Soit patiente, écoute et accueille ce qui vient quand ça vient. Si par un heureux « hasard » un mot apparait, dis le à haute voix. La suite, une phrase ou plus arrivera, comme un fil que tu tires d’une bobine, tu obtiendras toutes les réponses dont tu as vraiment besoin.
    Qui je suis ? ton cœur, celui que tu ignores souvent, celui qui est là pour toi à chaque instant de ta vie, celui qui peut te guider vers le meilleur pour toi. Tu peux me voir comme un entonnoir dans lequel les mots glissent doucement sur la paroi. Tu peux me voir comme une antenne, qui capte l’onde d’amour universel.
    Je suis tel un nœud dans un réseau de cœurs, quand tu te reconnectes à moi, tu deviens connectée à tous les cœurs. Ta vie devient facile, les relations justes, la vie coule en toi doucement et simplement.
    Alors n’hésites plus, demande ! »
    D’abord étonnée, elle a senti son cœur bien présent. Il a ralenti dans sa poitrine, son corps s’est immobilisé, ses perceptions sont devenues plus vives et sa présence plus intense. Elle a lu, elle a senti quelque chose, elle en est émue.
    De retour dans sa tête : Mais qui m’envoie ce « doucument » ? Il est à mon nom, à mon adresse, il n’y a aucun timbre, ni de trace de l’émetteur.
    Elle entre dans sa cuisine, pose la lettre sur la table, s’assied et la relis posément : Oui ! c’est une bonne journée, même une journée exceptionnelle ! Et si…j’essayais ?

  7. Avoires dit :

    Doc, document, documentation,documentaire, docu-fiction, docte, doctrine, docteur…
    Ce que je vous propose, c’est de lire ma prose. Une fois rédigée, relue et envoyée elle sera devenue un document.
    Oui, j’en conviens, c’est un peu facile , mais du ticket de caisse du supermarché à l’ordonnance du médecin, tout est document, de moins en moins papier, de plus en plus dématérialisé, comme on dit aujourd’hui. Les actes notariés passent par l’ordinateur, les prises de RDV, les cartes de vœux , les faire-part, la carte Vitale, les factures, les contraventions, les photos, tout, vous dis-je tout est virtuel. C’est notre téléphone portable qui est devenu un document. « Il y a toute ma vie » disent certains propriétaires de cet outil métamorphosé en objet quasi indispensable.
    Laissons cela et parlons des vrais documents, ceux qui n’ont ni code barres, ni taux de TVA, ni mention de l’origine du papier – pour ceux qui lisent encore la presse –
    Que diriez-vous d’une partition ? De musique, de la belle musique. La partition d’une œuvre connue dans le Monde entier : la partition de la Neuvième symphonie de Beethoven. Je ne l’ai jamais vue. Je ne sais rien de la nature du papier sur lequel le musicien a écrit les notes, ni de l’encre qu’il a utilisée, ni de la plume, tout demeure mystérieux. Par contre, lorsqu’un orchestre entame les premières mesures, le mystère devient beauté. C’est magique !
    Merci à ce grand musicien de m’avoir inspirée pour rédiger ces quelques lignes .

    P.S. : à la liste ci-dessus, j’ajouterai
    les reçus de paiement CB
    les bons d’achat de quelques centimes
    les SMS autrefois appelés « textos »
    etc.

  8. nokoya dit :

    DOCU MENT OFFICIEL DU DEPARTEMENT DES AFFAIRES ABSURDES

    TITRE : autorisations diverses à la demande du nouveau ministère du bon sens.

    ÉMETTEUR : ministère facilitateur des services publics

    DESTINATAIRE : toute personne névrosée ou d’intelligence limitée incapable d’interpréter nos formulaires, c’est à dire vous tous, en dehors des ministères concernés

    DATE D’ÉMISSION : immédiate, 09/26 avec effet différé en fonction de notre bon vouloir de nuisance.

    CONTENU :
    Par la présente, vous êtes désormais autorisés à :

    Pour lutter contre le burn-out généralisé, un formulaire de demande d’autorisation de perdre du temps est disponible. Il faut simplement justifier du temps effectivement perdu.

    Afin de rechercher une meilleure ambiance au travail, vous pourrez compléter le test donnant droit à un certificat de conformité à la bonne humeur — valable uniquement les jours ouvrés.

    Afin de faciliter les démarches administratives, soit-disant trop complexes, vous pourrez remplir une demande préalable de demande. Cela vous laissera le temps d’obtenir le droit de remplir la demande et de vous la faire expliquer. Vous comprenez ?

    Une nouvelle autorisation de regarder par la fenêtre est disponible, sur le modèle de l’auto permission de sortir pendant le COVID. Ce formulaire est soumis à l’accord du service des ouvertures.

    Certificat d’aptitude à faire la queue, sans essayer de doubler, avec épreuve pratique de patience. Ce test vous servira de coupe file. Attention aux risques de débordements par ceux qui auraient loupé l’examen.

    Avis d’imposition sur les pensées non productives, calculé au nombre de pensées par minute, qu’elles soient morbides, inavouables, rêves de séjour à l’île Maurice inclus.

  9. Rose Marie Huguet dit :

    Pour donner suite au décret publié par le Ministère du Bonheur Intérieur Brut, je vous prescris :

    Un peu de douceur. Installez-vous sur le nuage Kinder, fermez les yeux, détendez-vous et profitez du gros câlinou.

    Beaucoup de plénitude intérieure. Marchez dans les bois, laissez vos sens vous parler. L’oreille vous transmettra la symphonie du chant des oiseaux. Le nez vaporisera dans votre être l’odeur du bois, de l’humus, des petites fleurs. Vos yeux s’illumineront des camaïeux de vert. Laissez vos papilles exploser de bonheur en dégustant une plante, un fruit (comestibles de préférence). Posez vos mains sur un tronc, laissez-les se promener, s’imprégner de son parfum, ressentir sa texture.

    Du passionnément. Lecture, musées, voyages, sport, rêverie, chaise longue. Le choix est vaste, mais seule la passion doit l’emporter. Celle qui laisse hors d’haleine, le cœur palpitant, l’esprit joyeux. Celle qui irradie.

    De la folie. Sortez de votre zone de confort. Osez concrétiser le rêve que vous portez en vous depuis si longtemps. Faites un tour de manège, attrapez le pompon (sans vous lever, pas de triche). Soyez Dali !

    Du pas du tout. Oubliez l’adulte formaté. Vous êtes un enfant découvrant le monde, s’émerveillant devant un papillon, une fleur, une feuille qui vole. Soyez un kaléidoscope de couleurs. Rien de terne, pas de grisaille, pas de brouillard.

    Prescription à renouveler à l’infini. Aucune contre-indication.
    Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux…

    Docteur Marguerite.

  10. Gilaber dit :

    La Douceurothérapie…

    En ce début d’été, la météo d’État venait de lancer une alerte rouge pour températures élevées. Elle prévoyait plusieurs vagues de canicule qui devraient se succéder jusqu’au début de l’automne.

    Dans le bureau du secrétariat de l’Élysée, la climatisation ronronnait déjà à plein régime.

    Le directeur de cabinet tenait entre ses mains un courrier classé « URGENT », dont la première page était constellée de tampons attestant que tous les contrôles avaient été effectués avant son classement dans le parapheur rouge destiné aux affaires à traiter en urgence par le Chef de l’État.

    Une goutte de sueur courut dans son dos.

    L’en-tête du document ne présageait pas d’une bonne nouvelle :

    MINISTÈRE DE LA DOUCEUR EXTRÊME
    Direction générale de l’apaisement national
    Sous-direction des repos réglementaires
    Bureau des immobilités temporaires

    NOTE INFORMELLE À DIFFUSION PRIORITAIRE

    Objet : Mise en œuvre prochaine du décret relatif à la Douceurothérapie.

    En raison de la persistance exceptionnelle des températures observées sur l’ensemble du territoire, le Ministère de la Douceur Extrême informait les administrations, les professionnels de santé et les personnes concernées qu’un dispositif national de douceur était actuellement en cours d’élaboration.

    La lecture de ce qui suivit confirma son inquiétude.

    Un panel de médecins d’État avait constaté une augmentation préoccupante de plusieurs symptômes :
    — Agitation inutile ;
    — Volonté persistante de « faire quelque chose » ;
    — Culpabilité au repos ;
    — Consultation compulsive de l’heure ;
    — Incapacité à rester assis plus de huit minutes ;
    — Apparition, chez certains sujets, d’une activité professionnelle pendant les congés.

    Le diagnostic était sans appel :
    « Syndrome d’Hyperactivité Civile Acquise, désormais identifié sous l’abréviation SHCA 26. »

    Une réunion secrète, tenue six mois auparavant dans le bunker de haute sécurité situé sous le palais présidentiel, avait décidé de traiter non seulement les effets de la canicule, mais également l’incapacité nationale à ne rien faire.

    Le décret portant création de la « Douceurothérapie » devait prochainement être présenté au Parlement avant d’être signé par le Président de la République.

    Le Ministère précisait que le terme avait fait l’objet de trois cents heures d’études linguistiques. Trois propositions avaient été examinées :
    — Reposothérapie ;
    — Inactivité thérapeutique ;
    — Douceurothérapie.

    Le comité d’experts avait retenu la dernière, car :
    « Les deux premières appellations risquaient de laisser croire que le dispositif pouvait être agréable. »

    Les séances seraient gratuites, mais uniquement sur prescription d’un médecin d’État. Le patient devrait se rendre dans un centre agréé afin que son degré de surmenage soit évalué selon une grille officielle :
    Niveau 1 : trente minutes de silence.
    Niveau 2 : une heure d’immobilité contemplative.
    Niveau 3 : deux heures de ne-rien-faire sous surveillance.
    Niveau 4 : journée complète de douceur.

    Cette dernière catégorie devrait rester exceptionnelle : personne ne pouvait être autorisé à ne rien faire pendant une journée entière sans justification suffisante.

    Les séances seraient organisées par tranches d’âge, selon des créneaux horaires précis, dans des centres d’État agréés et sous la surveillance d’un personnel spécialement formé.

    Un catalogue de soins était également joint au dossier :
    Douceur A : ne rien faire, assis.
    Douceur B : ne rien faire, allongé.
    Douceur C : regarder par la fenêtre sans chercher à identifier quoi que ce soit.
    Douceur D : écouter le silence.

    Chaque série de soins se conclurait par une séance de « Douceurothérapie contemplative assistée », durant laquelle un fonctionnaire vérifierait périodiquement que le bénéficiaire ne faisait réellement rien.

    La note comportait enfin une liste de comportements interdits : consulter ses courriels, faire des listes, organiser mentalement la journée suivante, culpabiliser de ne rien faire…

    Et surtout :
    « Il sera interdit de profiter de la séance pour se reposer davantage que prévu. »

    Un formulaire de déclaration sur l’honneur était joint :
    APTITUDE À L’INACTIVITÉ

    Le demandeur devait cocher :
    ☐ Je reconnais ne rien avoir à faire.
    ☐ Je reconnais avoir quelque chose à faire mais accepte de ne pas le faire.
    ☐ Je reconnais avoir beaucoup de choses à faire mais accepte de ne pas les faire.
    ☐ Je ne sais plus ce que j’ai à faire.

    Par un remarquable oubli administratif, cette dernière case donnait automatiquement droit à une journée complète de Douceurothérapie.

    Trois mois après la promulgation du décret, le Ministère n’avait enregistré aucune plainte. Son chef de cabinet recherchait toujours la raison de ce silence. Il allait bientôt devoir rendre un rapport et expliquer quelque chose qui fonctionnait. Ce n’était pas dans les habitudes de cette administration.

    Chaque jour, pourtant, des demandes arrivaient. Elles émanaient de personnes qui souhaitaient simplement s’asseoir à l’ombre, écouter les cigales et regarder la lumière changer sur un mur.

    Un jour, dans l’un des nombreux bureaux du Ministère, une employée resta assise devant sa fenêtre.
    Elle regarda un arbre.

    Une heure passa.
    Puis deux.

    Son chef de service entra :
    — Vous êtes en séance ?
    — Non.
    — Alors que faites-vous ?

    Elle regarda encore l’arbre :
    — Rien.

    Silence.

    Le chef de service consulta machinalement le protocole.
    Puis, très embarrassé :
    — Vous savez que c’est interdit sans prescription ?

    L’employée leva les yeux vers l’horloge.

    — Je crois que vous devriez remplir votre demande de soins…

    Deux étages plus bas, dans le hall d’entrée, un vieil homme se dirigeait vers le guichet des dépôts :
    — Bonjour, Madame.

    Il lui tendit son dossier.

    L’employée ouvrit la chemise cartonnée, consulta quelques documents, puis son ordinateur :
    — Vous êtes retraité, monsieur ?
    — Oui.
    — Depuis combien de temps ?

    Il sourit :
    — Assez longtemps pour avoir compris que les jours ne demandent pas d’autorisation pour passer. Quand tous les jours ont la même saveur, pourquoi faudrait-il encore demander une autorisation pour les savourer ?

    L’employée resta quelques secondes sans savoir quelle case cocher.

  11. Maguelonne dit :

    Entreprise «  Au Bonheur du Dernier Roupillon »
    36 Quai Lachaize
    Trépas sur Styx

    A l’attention de tous ses employés

    Suite à l’autorisation de bénéficier d’une dépénalisation « canicule », émanent du ministère des sans-solutions :

    Ordre de réquisition est lancé à tous les employés de la firme en vue d’éviter une pénurie de cercueils qui serait très dommageable pour notre peuple.

    Obligation de se présenter à son poste dès lundi sous peines de sanctions sévères.
    Les congés seront reportés à une date ultérieure plus favorable.

    J’ajoute que s’agissant d’un cas de force majeure reconnu par l’État, il n’y aura pas de prime au rendement. Un peu de décence est évidente dans ces périodes difficiles.

    Je sais que vous répondrez de bon cœur à cet appel à la solidarité comme vous l’avez toujours fait..

    Chers collaborateurs, à lundi en pleine forme.

    Au nom du directeur de BDR ( au Bonheur du Dernier Roupillon),

    Monsieur Jules Terminus

  12. 🐻 Luron'Ours dit :

    819e LE ROUBINET

    À monsieur Louis de Funes, d’où vous résidez avec vue plongeante, prière de nous livrer la recette de la catharsis telle que vous la pratiquiez dans les « Ah belles bacchantes »,à nous, pauvres prolétaires soumis au groupe socio-culturel de l’hetaire dont le mécénat ainsi que les bons usages laissent à désirer. Nous avons appris à nous en défier plutôt que défier avec efficience les corps constitués quoiqu’avec concupiscence nous les enviions, pardonnez l’outrecuidance de ces propos.
    Signé Une grosse=12² lieu un gras lopin.
    Date : en bonne date de valeur.🐻

  13. Sylvianne Perrat dit :

    J’avais tout juste 20 ans. 1er emploi. 1er jour. 1ère tâche.
    La grande chef au nez pointu m’avait dit sur un ton sec : Rédigez un document. Poliment, je lui avais demandé de répéter : « Un document ? ».
    Non, dit-elle, me prenant de haut, un DOUcument ! On vous apprend rien à. l’école ? Et elle sortit sur ses hauts talons, chignon bien planté sur la tête.
    Doucument, doucument… C’est quoi ce truc ?
    Je demande à Chat GPT. Il répond : « Je peux vous aider à rédiger n’importe quel type de document si vous me précisez le sujet et le format souhaités. »
    Je réitère ma demande. Chat GPT reste bouche bée.
    Bon ! Je vais inventer ! Dou – cu – ment
    Ce serait un texte doux, qui parle de cu et qui ment.
    Un peu comme certaines lettres d’amour.
    «  Ma douce aimée, je voudrais te toucher le cu, bla bla bla. Tu es la seule qui compte à mes yeux…. »
    Je crois avoir répondu à l’injonction. Il ne faut pas de fier aux apparences. Mademoiselle chignon aux talons hauts est une chaude.

  14. ourcqs dit :

    MINISTÈRE DU BONHEUR INTÉRIEUR
Arrêté reconnaissance du goût des choses et autres ..
    Vu la lenteur des dimanches,
Vu le bruit du café qui commence à couler,
Vu qu’on a perdu son temps et retrouvé du plaisir
    Article 1 Sont déclarés d’utilité publique :
le pas de la porte quand il fait beau,
les chats qui refusent obstinément de descendre des tables,
le silence des soirées au coucher du soleil
les gens qui parlent tout seuls dans la rue et qui ont toujours raison.
    Article 2 Est instituée une taxe sur la hâte.
Elle sera payée en pas comptés, en escaliers pris deux marches à la fois,
    Est instituée une prime de rêve pour tout hommage à la lenteur,
    
Article 3 Ne sera jamais tamponné, ni classé, ni archivé :
le sourire d’un inconnu dans le métro,
qui ne demande rien,
qui ne prouve rien,
qui ne sert à rien —
et c’est bien pour ça qu’on le garde.
    Article 4 Sont protégées, précisément parce qu’elles ne rapportent rien :
la sieste qui ne répare rien,
le détour qui ne mène nulle part,
l’amitié qui ne rapporte que de l’amitié.
    Ce ministère ne produit rien, ne rapporte rien —
seulement l’intention,
ce qui est déjà beaucoup
pour un ministère.
    Fait à Paris, un jour sans date importante.

  15. Nadine de BERNARDY dit :

    DOCUMENT 8922

    Affaire Martin – Lebreton
    Dossier A L 357
    Concernant une succession gérée par l’Office Notariale de Maître BOUSSICOT
    3 rue de la Caverne
    Villefort en Rouergue

    A Madame LEBRETON Danièle Yvonne Geneviève
    demeurant au 13 de la rue des Veuves Joyeuses
    Les Quatre Chemins

    Madame

    je vous informe par la présente qu’à la suite du décès de votre cousine germaine MARTIN Danièle le 26 mai dernier, vous héritez à part entière de ses biens et patrimoine, votre parente étant célibataire et sans enfants.
    Cet héritage consiste en une ferme sise en Lozère, de quinze hectares de terres cultivables, d’une forêt ayant brûlée il y a trois ans, d’un étang asséché et d’un hangar de 140 mètres carrés désaffecté.
    Compte tenu du legs fait à son homme à tout faire, des retenues habituelles pour un héritier au troisième degré, des impôts ruraux inhérents aux domaines agricoles, de l’usufruit engagé sur la totalité du bâti ,il vous reste une certaine somme à charge pour vous de continuer d’entretenir l’ensemble du legs.
    Je vous serai donc reconnaissant de prendre rendez vous auprès de ma secrétaire afin de finaliser cette succession.
    Je dois vous prévenir que les toitures sont en mauvais état et que l’homme à tout faire rechigne à quitter les lieux.
    En attendant de vous rencontrer, je vous adresse madame Lebreton, toute ma considération.
    Le 14 juin 2026
    En l’étude de Maître Boussicot
    Notaire à Villefort en Rouergue

  16. Alain Granger dit :

    Autorisation ; Permission exceptionnelle liée au service rendu à la Nation

    Emetteur : Ministère de la Tendresse.

    Contenu : A vous, Jean François Lamour.

    Autorisons à titre exceptionnel de donner de la douceur et de la tendresse à votre conjointe en dehors des périodes prévues à cet effet, soit le premier jeudi de chaque mois.
    En raison du courage exceptionnel dont vous avez fait preuve en sauvant la vie du président à vie Yvan Sonpeuple au détriment de votre propre intégrité, le ministère de la Tendresse vous octroie la possibilité, les jours de votre choix, et cela renouvelé 10 fois dans l’année calendaire, de procéder à des attouchements, des baiser et plus, si vous le pensez nécessaire, afin de satisfaire votre besoin de tendresse.
    Cette mesure n’entamera en rien le capital tendresse accumulé déjà grâce à votre ancienneté mais que vous ne pourrez prendre qu’à votre retraite, soit à l’issue de 45 ans de bons et loyaux services.
    Toutefois ces marques de douceur ne pourrons s’effectuer dans un lieu public ou en présence d’un tiers ni donner lieu à des images qui pourraient être conservées par vos soins ou diffusées.

    Signature : Paul Ysson, secrétaire principal adjoint

  17. Nouchka dit :

    HELP !

    Rédigez un « DOUCUMENT »

    Titre : Recherche de la Paix
    Emetteur : Membre du quartier du Grand Champ
    Destinataires : Voisins dépités
    Date d’émission : Août 2026
    Objet :

    Installés dans l’allée depuis bientôt quatre ans, les deux premières années furent consacrées à la rénovation des lieux. La rue en impasse abrite des voisins présents, depuis nombre d’années.
    Nous avons été accueillis avec sympathie et curiosité pour les travaux que nous engagions.
    Des rencontres autour d’un apéritif ou d’un repas rassemblent partie du voisinage. Une entraide spontanée existe pour prêter des outils ou donner un coup de main.
    Le secteur géographique est ceint d’une voie ferrée et d’une rocade, donc assez replié sur lui-même.
    Le quartier, bâti il y a 35 ans de maisons individuelles occupées par leur propriétaire, se compose des catégories socio-professionnelles des employés, techniciens ou artisans.
    Nous débarquons, bien sûr, sans connaître le passé des uns et des autres ni des alliances ou mésalliances existantes. Plus âgés que la plupart des occupants, certains nous racontent leur vie, leurs projets ou leurs déceptions.
    Les problèmes de santé sont très présents et l’infirmière voisine ne chôme pas. Des voisins donnent de leur temps pour aider le ou les plus handicapés, en tondant la pelouse, sortir les poubelles, ramener des denrées du supermarché ou autres. Nous admirons cette entraide bénévole.
    Il y a un an, l’une des maisons du bout de l’impasse a été vendue. Un couple préretraitée s’est installé. Rapidement le jardin a été planté de nombreux plants décoratifs. Deux soirées ont réuni partie des voisins chez les nouveaux venus.
    Dans l’intervalle, la nouvelle occupante critique une installation qui la dérange chez son voisin immédiat.
    Des hostilités commencent à poindre et des alliances pour faire face aux attaques.
    Certains voisins ne souhaitent pas entrer dans cette concurrence conflictuelle mais réalisent combien il est difficile de rester en contact avec tous lorsque des prétextes sont susceptibles de servir à déclencher de nouvelles animosités.
    Voilà comment le bien-vivre ensemble peut disparaître pour tous en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
    Comment faire pour le retrouver ? La paix est fragile, nous le constatons à bien des niveaux !
    Peut-être peut-on tenter quelque chose pour retrouver le plaisir de vivre ensemble ?
    Certains d’entre nous cultivent des passions qu’ils pourraient partager. L’un fait des tours de prestidigitation, un autre joue des instruments comme la bombarde ou le banjo et peint des œuvres issues de ses souvenirs, un troisième joue de la guitare et deux encore écrivent des nouvelles et chantent. Peut-être avez-vous des dispositions que nous ignorons et qu’il serait intéressant de nous faire découvrir ?
    Avec tout cela, nous pourrions nous retrouver, pour un moment cordial pendant lequel nous chercherions à retrouver la joie de vivre près les uns des autres.
    Certains n’apprécient pas de recevoir des courriers. Vous me pardonnerez mais c’est pour la bonne cause. Recevoir un écrit permet souvent de prendre le temps de réfléchir à la réponse à y apporter.
    Merci de nous dire si cette proposition vous semble aller vers la trêve et la joie de partager de bons moments.

    Signature : Séniore loyale et bienveillante de l’impasse

  18. camomille dit :

    DOUCUMENT

    TITRE : autorisation de bénéficier d’une dépénalisation « canicule »

    ÉMETTEUR : ministère des sans-solutions

    DESTINATAIRE : toute personne avide de fraîcheur, haletante et anéantie.

    DATE D’ÉMISSION : immédiate

    CONTENU :
    Par la présente, vous êtes autorisé(e) à rendre votre dernier soupir dans un délai d’un mois sans pénalité.
    Pas de justificatif à présenter
    Seulement un râle suffira.
    Profitez de cette promotion exceptionnelle pour cause de situation exceptionnelle

    SIGNATURE : le Directeur de « plus belle la vie »

  19. Jean Marc Durand dit :

    Et quoi encore !

    On voudrait nous faire croire qu’il s’agit d’un écrit servant de preuve ou de renseignement, de témoignage. Alors qu’il est de plus en plus clair que ses pièges à conviction débordent des anarchives, polluent nos écrans solaires.

    Comme il se doit, les doucuments ne disent pas la vérrité, rien de transparent, trop doux pour être vrais.

    Idem pour les Documins, aux effluves d’assaisonnement de certitude.

    Relativisez également les adoscuments, témoignages flageolants d’une maturité entrevue.

    Evitez aussi le Haddockuments, entrefilets de poisson pas frais extraits d’élevages concentrés, en sortie de centrale nucléaire.

    En gros, fuyez tout ce qui est rédigé, les écritsvisses vous trouant la tête.

    Les écrits pestent, choisissez plutôt le vol des circonvolutions verbales, les discrètes flatulences d’un cerveau emplumé.

  20. 🐁Souris verte dit :

    819e
    DÉPARTEMENT DE BIENVENUE

    SECTION DOUCE DE REMISE À ‘NOUVEAU’
    Bonjour
    En raison de votre emménagement au Quartier Fleuri nous vous proposons quelques séances d’alanguissement qui consisteront essentiellement à prendre connaissance de votre nouvel endroit en effançant de votre mémoire tout le tumulte du quartier ‘La Pétoire’ que vous venez de quitter.
    1/ choisir la couleur de là où vous aller habiter.
    Elle peut être changeante à savoir réchauffante l’hiver et douce l’été.
    2/ l’odeur. C’est très important ça l’odeur il définit la qualité de votre espace selon que vous respirerez des parfums de jasmin qui vous embarqueront dans un jardin feng shui taïwanais ou de géranium, choisi essentiellement pour ne pas partager votre environnement avec les moustiques… Celle des chrysanthèmes est généralement plébiscitée si vous demeurez au bout du chemin. C’est un chemin très agréable délicatement coloré et qui monte en pente douce jusqu’en haut.
    3/Venez à la réunion avec son transat pour apprendre à allonger ses jambes quand vous serez appelé à lire ou écrire des mots doux… les autres on ne les dit pas, on les soupire.

    Si ce doucument vous a paru ardu rassureź-vous rien n’est définitif.

    N’oubliez pas de noter la date où vous avez vu le jour.

    Inutile d’écrire vos antécédants familiaux. Oubliez tout ça, vivez libre sans référence et sans contrainte

    Nous vous souhaitons de tout cœur une belle adaptation.

    Le service d’entraide
    S.Bénédiction 🐁

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