825e exercice d’écriture très créative, créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Un loueur d’avenir soupçonné d’avoir tromper de très nombreuses personnes a été interpellé par les enquêteurs.
Une victime raconte, …

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40 réponses

  1. carmen montes dit :

    LE LOUEUR D’AVENIR

    “ Un loueur d’avenir soupçonné d’avoir trompé de très nombreuses personnes a été interpellé par les enquêteurs. Une victime raconte…”
    Le commissaire Charles soupire en jetant Minute Info à la poubelle, place toute désignée pour l’hebdomadaire au passé sulfureux qui profitait d’une période électorale pour refaire surface.
    “Allons voir par nous-même”, dit-il à son jeune collaborateur, l’inspecteur Arthur.

    La boutique était grande ouverte et le personnage chaleureux.

    Pas de comptoir, ni d’ordinateur, ni d’étagères, ni de tiroir caisse. Simplement un guéridon et deux petits fauteuils devant chaque fenêtre, avec quelques tasses, petites coupelles, plateaux.
    Mais au centre de la pièce se dressait une grande table couverte de mille choses dont il fallut se résigner à faire l’inventaire puisqu’il n’y avait que ça : une tarte aux framboises bien entamée, un bracelet en cuir gravé du mot “laudare”, cinq roses en boutons dans un vase transparent, un petit éléphant en bois marron foncé, des bonbons au miel, une écharpe rouge à demi tricotée, une bouteille de champagne millésimé, un pot de crème adoucissante, un livre de Jacques Prévert au format de poche que le commissaire feuilleta en souriant…
    L’inspecteur, chargé de remplir le dossier, ne savait pas quelles cases cocher.
    Le commissaire toussa, histoire de bien s’ancrer à la réalité.
    “C’est sympathique tout cela, mais pouvez-vous nous expliquer exactement et très concrètement votre travail.
    — Très tôt le matin, j’installe les clients à cette petite table, devant cette fenêtre ouverte sur l’aurore. Ils admirent les couleurs du levant, savourent les promesses du jour à venir ainsi qu’un bon café et des croissants tout chauds.
    Et pour le soir, d’ici quelques heures, je vous invite à revenir pour en profiter, nous nous installons devant la fenêtre opposée. Le crépuscule, son silence, le chocolat chaud, les brioches et les étoiles annoncent une nuit de velours avant un lendemain tout neuf.

    — Plusieurs clients considèrent avoir été dupés.
    — C’est vrai que certains, induits en erreur par les deux origines “Locare” et “Laudare”, étaient venus avec de gros sacs à remplir. Je comprends leur déception. Les autres sont contents, je crois. Ils laissent tous ces petits cadeaux dont vous avez fait l’inventaire…
    Messieurs, si vous n’avez pas d’autres questions, je vous dis au revoir. Ou si vous souhaitez en apprendre davantage, je vous dis peut-être à ce soir…”

    Le commissaire et l’inspecteur rentrèrent, tout songeurs.
    “Ça fait quand-même un peu gourou, tout ça non ?
    — Charles, attends ! L’avenir, c’est réel ! Mon père me disait sans cesse : ton avenir est tout tracé. Il me voyait foncer comme un taureau, et me voici devenu policier, alors que je rêvais de vivre en forêt dans une cabane au bord de l’eau…
    — Et moi je voulais travailler dans une bibliothèque, bichonner les livres, tous les lire, en écrire un peut-être… mais on ne m’a jamais laissé trop y penser.
    — Ecoute, ce soir, nous ne sommes pas d’astreinte, alors, peut-être…”

  2. Urso dit :

    Un loueur d’avenir soupçonné d’avoir tromper de très nombreuses personnes a été interpellé par les enquêteurs.
    Une victime raconte, …

    Oh ! Oui je le connais ce loueur d’avenir.
    Je l’ai rencontré un peu par hasard sur un chemin de campagne alors que j’étais en train de courir un dimanche matin.
    D’emblée il m’a paru sympathique car il a des oreilles vertes bien décollées et un nez rouge en forme de trompette.

    Il a vite évoqué le travail qu’il fait, celui de loueur d’avenir. Et pour cela, pour ses clients dont la plupart sont de la région, il m’a dit avoir fabriqué une belle soucoupe volante ; qu’il met à leur disposition et qui les mène le plus vite possible vers ce lieu tant recherché par certains qu’on nomme l’avenir.
    Je ne sais pas pour quelle raison, j’ai aussitôt eu le désir de monter à bord de cette soucoupe. Peut-être par le désir de connaître ce qui allait se passer pour moi dans le temps futur.

    J’ai donc de suite dit oui comme un jeune marié à sa future femme.
    Oui ! monsieur quel que soit le prix je veux partir dans votre superbe machine.
    Je lui ai laissé un petit acompte comme il me l’a demandé et je me suis envolé avec cette soucoupe volante, bizarrement colorée.
    Quel délice d’avoir pu naviguer dans cet engin futuriste. Il m’a semblé qu’il s’est déplacé à une vitesse qu’aucun être humain vivant actuellement sur Terre ne peut imaginer.
    Puis tout à coup je me suis dit :
    Tiens ! j’ai l’impression que la soucoupe va bientôt se poser.
    Et là, à ma grande stupéfaction, désolation, je constate qu’elle est revenue à son point de départ.
    Incroyable ai-je crié. Ce s. il m’a bien eu.
    Et manque de bol pour moi, le comique il n’est plus au rendez-vous dans son joli bureau. Évaporé, volatilisé, comme un gros poux.
    Et prenant mes jambes à mon cou, j’ai vite couru au commissariat où d’après le flic qui m’a reçu, je n’étais pas le premier bougre, à me plaindre, de ce monsieur loueur d’avenir. D’autres avant moi ont connu la même expérience. Avec un mode opératoire similaire au mien : le versement d’un acompte, un petit voyage en soucoupe volante et hop un retour bredouille à la case départ. Sans avoir aucunement entrevu une quelconque image même brouillée de son avenir.

    Et à chaque fois le monsieur loueur est ensuite absent, disparu, comme s’il a été aspiré, avalé, par le sol.
    Et sur le plan de l’enquête policière il n’y aurait aucun indice sérieux.
    Apparemment, le monsieur loueur il doit souvent changer de physionomie pour être introuvable à ce point.
    Et même sa soucoupe volante, comme par magie, à chaque fois elle s’évapore également. Impressionnant !
    Et moi qui a perdu quelques milliers d’euros dans l’affaire.
    Cela m’apprendra à m’intéresser à mon avenir. Au lieu de rester tranquillement chez moi, avec Valérie, ma copine, et mon chien Médoc.

    Ohé ! Ohé ! Et si c’est moi, l’escroc, le magicien, qui ne cesse de déjouer les multiples recherches actuelles de la police ?
    Et qui suis, qui sait, peut-être ou en réalité, un véritable extraterrestre !

  3. raymond dit :

    Un loueur d’avenir soupçonné d’avoir trompé de très nombreuses personnes a été interpellé par les enquêteurs.
    Une victime raconte… Inventez la suite

    — Bonjour Madame Potin. Je m’appelle Emma, je suis votre journaliste locale. Pourriez-vous…

    — Appelez-moi Émilie, c’est plus simple, coupe-t-elle. Je vous connais bien, c’est vous qui avez écrit l’article sur la « Holdingue ».

    — Oui, c’est bien moi, répond Emma. Pourriez-vous…

    — Vous m’aviez interviewée après que j’ai vu ma jumelle sur la planète « Terre-bis », vous vous souvenez ? demande Émilie, toute excitée !

    Emma fait un effort pour ne pas envoyer paître sa « précieuse » source et reprend, sans laisser la possibilité à Émilie de lui couper la parole : « Racontez-moi ce qui vous est arrivé, si j’ai bien compris, vous avez été arnaquée par un loueur d’avenir, comment est-ce possible ? »

    — Je veux bien… parce que c’est vous. Vous avez de la chance car, j’ai dit non, à l’autre journaliste. C’est une longue histoire. Venez prendre un café chez moi, on sera mieux, insiste Émilie en se dirigeant vers la petite maison aux volets roses.

    — Comment avez-vous connu monsieur Louis Rapace ? demande Emma.

    Émilie termine de servir le café et les petits gâteaux secs, puis prend une grande inspiration et commence à raconter :
    — Je l’ai rencontré par l’intermédiaire d’ Irma .

    — Vous parlez de Madame Irma, la médium qui s’est installée place des Martyrs ? demande Emma.

    — Oui, c’est elle. Voyez-vous, j’étais au bout du rouleau, désespérée. Je suis seule, depuis la mort de mon mari et j’ai perdu mon travail l’année dernière.

    — Je comprends, dit Emma compatissante — Madame Irma a-t-elle été efficace ?

    — Il a fallu plusieurs séances et je vous assure que ses tarifs ne sont pas donnés ! À l’issue de la sixième consultation, elle m’a fourni plusieurs pistes de réflexion sur mon avenir. Dans la plupart des scénarios, je retrouve du travail et je fais des rencontres. C’est à ce moment-là, qu’elle m’a aiguillé vers Louis.

    — Vous l’appelez par son prénom ? s’étonne Emma.

    — Bien sûr, lance Émilie, c’est devenu un ami ! S’émeut Émilie !

    Emma, ébahie, l’incite à poursuivre.

    — Irma m’a expliqué qu’ils travaillaient ensemble. Elle propose un avenir possible aux clients et Louis le concrétise avec un contrat en L. O. A.

    — Vous voulez dire en location avec option d’achat, demande Emma ?

    — Oui, c’est une formule très intéressante… en théorie, poursuit Émilie.
    Le client peut prendre en main l’avenir qui lui est proposé. S’il ne lui convient pas, il le restitue à Louis, puis retourne voir Irma qui lui propose un autre avenir qu’il peut relouer chez Louis. S’il lui convient, il peut l’acheter ! On paye tous les mois, pour une durée minimale de six mois et les échéances payées sont déduites du prix d’achat.

    — Donc, en pratique, les échéances s’accumulent sans jamais aboutir à un achat ! Je suppose que vous n’avez pas trouvé de suite un bel avenir ? demande la journaliste.

    — Tout à fait, soupire Madame Potin.

    — Vous ne vous êtes pas méfiée la première fois, quand vous avez dû renouveler la location ?

    — Pas du tout, car Louis m’avait dit « rembourser si pas satisfait » et c’est ce qu’il a fait. Mais, ça ne concernait que le premier mois de location !

    — Vous avez trouvé du travail et fait des rencontres, au moins ? interroge Emma.

    — Oh oui… des CDD en intérim, juste de quoi payer les échéances et survivre. J’avais demandé un travail en bibliothèque, car j’adore lire et je suis très organisée. J’ai fait quelques rencontres, parfois sympas, mais sans lendemain. J’ai su, par les enquêteurs que ces hommes étaient les complices d’ Irma et de Louis ! dit Émilie, toute dépitée. Les policiers lui ont précisé qu’il y avait une vingtaine de victimes comme elle.

    — Au moins, ils ne feront plus de victimes, murmure Emma le cœur lourd et reprend d’un ton plus léger. « Je vous remercie pour votre disponibilité. Ah ! Au fait, vous qui aimez classer, le journal recherche un ou une archiviste. Si ça vous intéresse… »

    ©Raymond

  4. Nana fafo dit :

    Victime de son succès
    Ronchonchon a encore été arrêté par la gendarmerie de la ville Dakoté. Il va être entendu pour les faits qui lui sont reprochés : il ne vole pas suffisamment dans les plumes.
    Les poulettes ont monté un collectif, sauf Simone, son coeur naïf reste fidèle à Ronchonchon, ils ont d’ailleurs fait quelques passes ensemble.
    Les cocottes du poulailler se déclarent victimes d’un cochon qui leur promet de passer à la casserole, mais jusque là, elles n’ont jamais pu voir le loup… sauf Louptard le nouveau veilleur de nuit, mais lui, ça ne compte pas, c’est un vrai loup.
    Coupelette la rousse, témoigne :
    « Moi, j’aurais tellement voulu apprendre à grimper aux rideaux, j’en ai marre de faire tapisserie, mais Ronchonchon préfère aller pêcher des thons ! Il ne se rend pas compte, combien c’est difficile de ne pas être non-harcelée quand on est une poulette en mal de bague-àtèle. »
    Coupelette compte bien lui couper la tête à ce Ronchonchon !
    Heureusement que Nana fafo a aboli le fromage de tête à la ferme…
    En images, c’est ici : https://nadyachaffautpsy.wixsite.com/confessions-de-besti/post/e2l825-ronchonchon-est-victime-de-son-succès

  5. MICHEL-DENIS ROBERT dit :

    Racontez-nous ce qu’il vous êtes arrivé.
    — Je faisais partie d’un groupe que je connais depuis longtemps. En fait, je suis très intimidée parce que là, vous êtes trois à m’interroger et cela me donne l’impression que c’est moi la coupable.
    — Ne vous inquiétez pas, mes deux collègues vont sortir. Détendez-vous et dites-nous ce qu’il s’est réellement passé depuis le début.
    — Comme je vous le dis. J’étais en confiance parce que les coachs (hommes-femmes) sont très amicaux et bienveillants. Ils connaissent les méthodes de relaxation.
    Pendant que vous êtes détendus, ils vous disent des phrases pour vous relaxer. Et leurs paroles pénètrent dans votre corps et touchent des endroits dont vous n’avez pas conscience. La musique douce supprime les barrages que vous pourriez vous faire vous-mêmes.
    — Combien de temps durent ces séances ?
    — Le matin, à partir de 9 heures, jusque 10 heures 30. Ensuite, « Eveil à soi-même ! » – Travail sur les chakras pour forger votre volonté à imposer votre façon de voir la vie. Et il suffit de projeter sa propre volonté sur le groupe, et c’est gagné, disent-ils ou elles.
    Et la dame mit un temps d’arrêt pour réfléchir…
    Et puis, il y eut cette séance, presque à la fin du stage où vous devez faire une sorte de bilan, avec pour objectif : « Votre imaginaire est ce que vous n’avez pas encore vécu ! »
    Et toutes les personnes se congratulent et libèrent votre magnétisme. Le problème, c’est que certains, certaines se sont sentis tellement libérés qu’ils ont été au-delà de leurs limites. En réalité tout le monde fut baigné, brassé, comme dans une grande machine à laver les consciences;
    Et vous finissez par croire qu’ils disent la vérité commune au groupe, et donc à chaque personne cosntituant le groupe. En fait, ce sont juste mes impressions. Mais j’ai pris conscience à ce moemnt qu’on me privait de mon libre arbitre. Et si vous exprimez votre volonté personnelle, vous êtes montrée du doigt.
    — Ah oui, je vois. Un peu comme dans la chanson de Bécaud. « L’orange du marchand ! » Parce que vous êtes différent, on vous soupçonne. On vous tamponne une étiquette de voleur ou voleuse pour vous mettre de côté. Mais en réalité, c’est celui qui vous accuse qui vous manipule. Et, il ou elle a la force parce qu’il a le groupe derrière lui ou elle, et l’accusé (é) ne peut se défendre parce qu’il ne peut apporter la preuve qu’il ou elle n’a rien volé.
    — Oui, voilà, c’est ça. Celle qui a une sensibilité différente, on essaie de la culpabiliser, sous prétexte qu’on veut la protéger. Et si elle veut exprimer sa personnalité, on lui fait la morale. En même temps, on la prive de sa liberté. En réalité, on l’empêche de grandir. Et, tout ce qu’elle exprime fort, c’est parce qu’on l’a emêchée. Alors, j’ai dit stop à ce manège.
    Quelqu’un de créatif a besoin de protection, cependant, la « protection » peut se révéler fausse et profiteuse d’énergie.
    — Oui, je vois, je comprends ! Vous protez plainte pour les 5 000 euros ?

  6. HOUSSAY Jean-Michel dit :

    Un loueur d’avenir soupçonné d’avoir trompé de très nombreuses personnes a été interpellé par les enquêteurs.
    Une victime raconte :
    « J’ai rencontré cette personne qui a cherché à m’acheter à bas prix pour me louer l’avenir que je savais, par nature, incertain. Sur le coup, je ne me suis pas méfiée. Mais quand cet avenir est arrivé à échéance, je me suis retrouvée au pied du mur et j’ai dû dépenser cent briques pour que tout ne s’écroule pas… Et quand il m’a lancé « A demain ! », je ne pouvais pas imaginer que j’en aurais pour un bras ! Et ce n’était qu’une mise en jambes… Désormais, j’ai décidé de lever pied avant d’accepter quoi que ce soit… »

  7. ourcqs dit :

    Un loueur d’avenir soupçonné d’avoir tromper de très nombreuses personnes a été interpellé par les enquêteurs.

    Il pensait que ds promesses alléchantes suffiraient à récupérer un maximum d’amateurs, donc clients ? Trop, beaucoup trop avaient cru en la possibilité de louer des avenirs différents, de tester . Mme HO, ne recherchait pas du merveilleux clinquant, mais avait adhéré d’emblée à des perspectives de travail passionnant dans un cadre simple, pour commencer, avec évolution garantie vers des milieux lointains, stimulants … la déceptions fut grande .. la simplicité virait à la pire sobriété, le milieu plongeant ds le glauque de quelques quartiers . Elle attendait toujours une progression intéressante, des nouveautés stimulantes, positives
    Elle dit aujourd’hui qu’on ne lui a jamais loué que de l’attente, et que l’attente était habitée. L’avenir, elle l’a compris, ne se loue pas …

  8. Avoires dit :

    Un loueur d’avenir, soupçonné d’avoir trompé de très nombreuses personnes, a été interpellé par les enquêteur. Une victime raconte.

    « Ce n’est pourtant pas faute d’avoir glissé le bulletin qui portait son nom dans l’urne ! L’avenir qu’il nous avait brossé pendant les mois de sa campagne, dont il avait dressé les grandes lignes – un avenir sombre, tumultueux, agité, possiblement guerrier – cet avenir qui devait nous changer de la monotone paix dans laquelle nous baignions depuis des décennies, il n’est pas au rendez-vous ! Il nous a trahis, il a menti. Ah ! Le traître, le félon, le perfide ! Le voilà qui s’apprête à signer à l’autre bout du monde un énième traité de non déclaration de guerre. Tout cela est d’un ennui ..! Depuis son élection, il y a maintenant deux ans et demi, aucune escarmouche aux frontières, aucun mot déplacé durant les conférences diplomatiques, aucun faux pas lors des voyages, pas le moindre vermisseau d’erreur, la plus infime broutille de mauvaise interprétation, voire traduction, à se mettre sous la dent qui auraient pu déclencher un début de conflit. Il avait pourtant bien été élu, très confortablement, pour que les choses bougent et que nous sortions du calme, de l’apathie dans laquelle s’enfonce notre monde… 
    – … Mais, interrompit l’enquêteur, souvenez-vous, il y a eu l’échauffourée aux limes de l’Estasie et de l’Eurasie, en mars dernier…
    –  Certes nous avions espéré des jours meilleurs, plus remuants, agités. Enfin le bulletin de vote allait parler …Mais non, tout est redevenu d’une platitude affligeante, surtout après la ronde internationale qui scandait le mantra «  Faites l’amour, pas la guerre »
    La victime continua des heures durant à égrener ses mécontentements,
    la tromperie sur la marchandise, sa rancœur. Il fallait que cela cesse, elle n’en pouvait plus.
    « J’ai bien enregistré vos doléances, déclara l’enquêteur. Je vous convoquerai lorsque je pourrai établir les conclusions. »
    La victime n’eut pas à attendre longtemps, la réponse tenait en ces mots :
    « Le loueur d’avenir, que nous avons auditionné, a répondu que compte tenu du mandat qu’il lui reste à effectuer, soit deux ans et demi, et du fait qu’il ne sait pas s’il se présentera ou non au prochain scrutin, il n’est pas pour l’instant envisageable de porter plainte à son encontre. Toutefois, afin de ne pas désespérer ceux qui ont cru à ses promesses et qui se considèrent donc des victimes, le loueur d’avenir les prie de placer leurs attentes dans le candidat de l’opposition qui se présentera certainement et qui leur proposera un avenir serein… »

  9. Y-M dit :

    Bonjour je m’appelle Emmanuel
    Alors oui je vais me porter partie civile car j’ai loué ce fauteuil à cet escroc et il m’a menti et m’avait dit que ce serait la belle vie.
    En fait, lui comme ceux qui m’ont fait cette proposition et m’ont encensé pour je le fasse… et ce sont les mêmes qui, maintenant, me trouvent tous les défauts… quoique je fasse ils me critiquent, quand je prends une décision qui était dans mes promesses, ça ne va pas. Quand je fais l’inverse ça ne va pas non plus. Je me suis entouré de compétences mais ils sont nuls ou m’ont lâché, j’ai tout essayé même de vieilles recettes et je ne sais plus quoi faire à part partir …
    Moi qui croyais que je laisserai une trace dans l’histoire… ça va ressembler davantage à une trace de slip sale…
    Je méprise tous ces imbéciles autant qu’ils me méprisent mais pour quel résultat…
    Je suis encore jeune et je ne sais pas ce que je vais faire de ma vie après que j’aurai rendu ce fauteuil…
    Après tout, comme Louis XV je pourrais me dire : après moi le déluge… mais quand je vais sortir dans la rue reprendre une vie quotidienne, je vais essuyer un déluge d’insultes, j’entends même certains qui veulent me faire la peau…
    Quand je pense qu’on m’appelait le Mozart de la finance…. Il ne reste rien et il ne restera rien de moi …
    Ah mais après tout je suis supérieurement intelligent et machiavélique alors en réfléchissant je me dis que si ce qui vient après moi est pire, les gens, ces pauvres abrutis , oublieront mes erreurs pour ne plus que me regretter en me trouver pas si mal … hé, hé qu’est-ce que je suis brillant !
    Hey, Loueur d’avenir, si je retire ma plainte et que je t’aide à trouver des pigeons plus bêtes que moi pour louer le fauteuil, ça te conviendrait ?
    Allez fais un effort … un petit arrangement pour moi j’ai été un bon client quand même … 10 ans ça compte non ?
    Allez t’inquiète loueur d’avenir, j’ai encore le pouvoir de faire plier les juges et te faire passer au travers des mailles de la justice… tout le monde a un prix tu sais …
    Soyons optimiste … on peut croire en l’avenir … j’y ai bien cru !

  10. Alain Granger dit :

    5000 dollars m’avaient été promis si je donnais mon vote pour cet Homme à la chevelure orangée. Il y avait eu aussi la promesse d’un avenir prospère pour nous, petits agriculteurs du Middle Ouest. Une baisse des impôts, une baisse de l’inflation, la relance de la production nationale, des tarifs douaniers importants pour la concurrence chinoise, l’expulsion massive de migrants, la réduction des contraintes gouvernementale en matière d’environnement et le renforcement de la sécurité intérieure. Voilà pourquoi j’avais voté pour lui.

    Mais depuis qu’il a été réélu, après avoir fait modifié la constitution, les promesses ont pas été au rendez-vous. Je suis victime d’une escroquerie électorale. Les 5 000 dollars destinés à chaque adulte, j’en ai jamais vu la couleur. L’inflation a progressé de 10 points. Mon pouvoir d’achat s’est effondré. Moi, bon chrétien blanc de 45 ans, je vois des bouffeurs de tortillas qui gagnent plus que moi tout en restant au chômage. C’est scandaleux . Ils travaillent au noirs_ c’est le cas de le dire Ha ! Ha ! Ha_ Bientôt ce sera le communisme, comme en France. Le taux d’immigration a bondit de 20 points. Ils viennent manger notre maïs et engrosser nos filles. Bientôt, ce sera le « Grand Remplacement » . Chaque famille blanche aura son négro ou son moricaud comme descendant. On ne va pas y couper !
    Quant à la production nationale, j’en parle même pas. Général Motors est en plein effondrement. Une voiture électrique sur deux est chinoise. Même Tesla est en dépôt de bilan. Il parait qu’Elon Musk est allé rejoindre Carlos Ghosn au Liban. Il avait le fisc et le FBI au cul. Ces putains de Niakoués se sont bien démerdés pour ne pas payer les taxes douanières imposées par Donald, cet incapable. Aujourd’hui le tweeteur des fausses promesses et des « fake news » est en prison. C’est bien fait pour sa gueule ! Des centaines de témoignages féminins ont déclenché une accusation d’abus sexuels qui l’ont conduit à l’ombre.

    Le ministère de l’environnement est devenu aujourd’hui tellement puissant que je ne peux même plus aider mes semences OGM avec des pesticides. N’est-ce pas scandaleux ! Comment je désherbe maintenant ? Mes champs sont envahis de bestioles qui bouffent mes récoltes. Où l’on va ? Je vous le demande. Le BIO, mon cul !

    Alors là, la sécurité intérieure, c’est le bouquet ! Le pompon comme disent les « Mangeurs de grenouilles ». Désormais un policier ne peut même pas tiré sur un Niakoué sans devoir justifier son geste devant des tribunaux indépendants ! L’Amérique est en pleine décadence. Ce putain de loueur d’Avenir nous a mis dans de sales draps. Je ne suis pas prêt d’y dormir tranquille.

  11. iris79 dit :

    Un loueur d’avenir soupçonné d’avoir trompé de très nombreuses personnes a été interpellé par les enquêteurs.
    Une victime raconte, …
    « Je lui ai fait confiance. De nombreuses personnes louaient son talent sur son site. Ils avaient été vérifiés, c’est du moins ce que j’ai lu. Maintenant je comprends bien que je me suis fait rouler dans la farine. Mais comment ai-je pu être aussi naïve ? Comment ai-je pu croire qu’il me fournirait tout le bagage intellectuel le temps de mes examens et une personne susceptible de tomber amoureuse de moi ? J’y ai laissé toutes mes économies… Je ne suis pourtant pas si crédule d’habitude…Notre correspondance était chaleureuse, courtoise et respectueuse. Il avait l’air très sérieux dans son bureau et ses employés semblaient très à l’aise, heureux d’être à ses côtés et de servir son entreprise…Il m’a même envoyé des témoignes vidéos qui avaient l’air tellement crédibles !
    Jai été submergé par mes rêves, mes envies, ma folie. J’ai vu en lui enfin quelqu’un qui me tendait la main. C’est tellement douloureux et humiliant…Je m’y voyais déjà, lovée dans ma réussite, dans ce nouveau logement avec mon compagnon aimant. Comment peut-on se leurrer à ce point ?
    J’ai perdu tout mon argent, ma légèreté, mon insouciance…Mais peut-être m’a-t-il réveillé pour de bon. Peut-être qu’enfin j’ai compris. J’ai compris que la personne la plus forte et la plus capable, c’était moi. Maintenant que j’ai touché le fond, je ne peux que remonter. Cette claque m’a rendue lucide. Je suis prête. Je vais le bouffer cet avenir, je vais me le construire mais avec mes armes, mes atouts, mes forces. Et tout à coup, je sens que j’en ai à revendre…

  12. Sylvianne Perrat dit :

    Monsieur le juge, je vous explique mon affaire, j’avais décidé de ne plus rien acheter. Sauvegarde de la planète. Je louais tout !
    C’est très en vogue. Un clic sur un site et je louais un vélo, une voiture, deux heures au bord d’une piscine, une tondeuse ou un fer à repasser. On pouvait même louer une grand-mère pour un week end de douceurs ou un chien pour aller marcher. En surfant, je découvris un loueur d’avenir. Curieuse, je cliquais. Il y avait de tout un avenir incertain, un avenir radieux, un avenir à deux, un bel avenir…J’étais tentée. Mais croyant à la loi du karma, je doutais. Louer un avenir radieux à deux… louer pour combien de temps ? Était ce garanti ? Remboursée si insatisfaite ?
    Fi de mes anxiétés, je choisis un avenir radieux à deux. 200 € par mois. Le 1er matin, à mon réveil, je guettais… comme d’habitude. Des flots de pensées. Rien de radieux.
    Je patientais. A midi, je reçus un message : « ici et maintenant »
    Ah ? Et alors ?
    Un 2e message à 16 h : « profite, tu es vivante ! »
    Ouais ouais, facile. On me l’a dit 1000 fois.
    Déçue, j’écrivais au loueur.
    Il me répondait froidement : je vous ai loué un avenir radieux pas un présent !
    Voilà, Monsieur le juge, l’arnaque dont je suis victime. L’avenir, c’est toujours demain.

  13. mijoroy dit :

    La perquisition chez le loueur d’avenir n’a pas permis de déceler la moindre trace d’avenir en stock, ni la moindre adresse de service après-vente, puisque l’olibrius affiche sur ses flyers publicitaires la mention : Satisfait ou remboursé.
    Le capitaine Frontdégarni entre dans la salle d’audition d’une humeur à couper les cheveux en quatre afin de recueillir la déposition de Ferdinand Poustache, victime du bonimenteur.
    — Vous affirmez donc que Monsieur Placebo, vous a promis d’étoffer votre moustache avec une pousse fulgurante de vos poils ?
    — Pas exactement. Il m’a proposé un nouveau bail de mon avenir capillaire.
    — Pouvez-vous développer : « avenir capillaire » ?
    — J’avais épuisé tout mon capital poils. Il m’a expliqué que je pouvais récupérer mes follicules en sifflant « Le pont de la rivière Kwaï » chaque matin, au saut du lit pendant cinq bonnes minutes.
    Frontdégarni caresse discrètement sa mince toison.
    — Et… ça fonctionne ces quelques notes de musique ?
    — Les trois premières semaines, non.
    — Alors qu’avez-vous fait ?
    — J’ai voulu dénoncer mon bail et récupérer ma caution.
    — Oui, vous faites référence à la mention « Satisfait ou remboursé ».
    — Non, ma femme m’a quitté.
    — Parce que le traitement n’a pas fonctionné ?
    — Non, à cause du sifflement trop strident.
    Frontdégarni regarde la plaignant, l’air perplexe tout en griffonnant dans son petit carnet de moleskine.
    — Donc aucun résultat positif ?
    — C’est plutôt du négatif. 3000 euros de caution et 300euros par mois de traitement sans compter les frais d’un avocat et d’un notaire à venir pour mon divorce.
    — Vous souhaitez porter plainte pour escroquerie financière, si je vous suis bien.
    — Pas du tout. Il était précisé dans le contrat que la repousse pouvait être contrariée par des évènements extérieurs.
    — Vous faites référence à votre divorce ?
    — Voilà. Mais je souhaite porter plainte car j’ai perdu 12 kilos.
    Grand silence. Le motif de plainte arrive comme un cheveu dans la soupe.
    — Dites-moi Monsieur Poustache, votre affaire est un peu tirée par les cheveux, non ?
    — Pardonnez-moi capitaine de vous causer des cheveux blancs, mais je voulais un traitement pour épaissir ma moustache, pas pour fondre comme neige au soleil.
    Frontdégarni baisse les yeux sur son carnet et machinalement caresse sa mince toison.
    Le soir même, sous la douche il sifflote les premières notes du « Pont de la rivière Kwaï ».
    Le loueur d’avenir vient de gagner un client de plus.

  14. Gilaber dit :

    J’avais le sentiment que ma vie se déroulait sans moi… parce que j’avais toujours été conscient que l’avenir n’était pas forcément quelque chose qui m’attendait. Plus j’avançais, plus je constatais qu’une partie de celui que je pouvais atteindre était bien loin de celui dont je rêvais. Au fil du temps, le découragement m’avait ôté toute force pour tenter de le reconstruire.

    C’est pour cette raison que je m’étais tourné vers un loueur d’avenir clé en main.

    La documentation trouvée dans ma boîte aux lettres était particulièrement alléchante. Les photographies étaient magnifiques, les promesses rassurantes et les témoignages de clients enthousiastes. Tout semblait avoir été prévu pour que chacun puisse enfin disposer de l’avenir dont il avait toujours rêvé.

    Une fois les pieds dans le plat, pourtant, la réalité s’était révélée bien différente de la carte postale…

    Mon rêve n’était peut-être pas le plus beau, mais il était certainement le plus simple : bâtir un avenir dans lequel les enfants puissent regarder le monde avec curiosité plutôt qu’avec inquiétude, et les adultes avec le sentiment qu’il leur restait encore quelque chose de merveilleux à découvrir.

    L’agence se trouvait dans une rue parfaitement ordinaire. Une large vitrine affichait, en lettres dorées :
    LOUEUR D’AVENIR — DE LA LOCATION À LA RÉALISATION

    À l’intérieur, rien ne semblait vraiment surprenant : un comptoir, quelques fauteuils, des plantes vertes et de grandes photographies représentant des lendemains radieux.

    Une jeune femme m’accueillit avec un sourire professionnel :
    — Vous avez rendez-vous ?
    — Non. Je viens pour louer un avenir.
    Elle consulta son écran :
    — Première location ?
    — Oui.
    — Vous avez une idée précise du modèle recherché ?

    Je lui tendis la brochure :
    — Quelque chose dans ce genre.

    Elle parcourut les pages :
    — Vous avez déjà choisi vos options ?
    — Mes options ?
    — Le progrès technologique, l’allongement de la durée de vie, la mobilité durable, le temps libre et la connexion permanente.
    — La connexion permanente ?
    — C’est très demandé.
    — Je préférerais le silence.

    Elle hésita :
    — Le silence est actuellement indisponible.
    — Ah bon ?
    — Victime de son succès.

    Elle me proposa de m’installer dans un fauteuil :
    — Un conseiller va s’occuper de vous.

    Je compris alors que mon avenir allait probablement nécessiter un peu plus de temps que prévu.

    Le conseiller était un homme d’une cinquantaine d’années, vêtu d’un costume impeccable. Il prit place face à moi et ouvrit un dossier :
    — Nous allons commencer par définir vos besoins.
    — Je voudrais simplement un avenir dans lequel il soit agréable de vivre.

    Il leva les yeux :
    — C’est assez vague.
    — Je voudrais quelque chose de plus humain. Avec moins de stress, davantage de temps libre, des villes où l’on puisse respirer et une nature préservée…

    Il prit quelques notes :
    — Très bien. Je peux vous proposer notre formule « Avenir durable ».
    — Cela me paraît convenir.
    — Elle comprend une consommation énergétique réduite, des transports propres, des espaces verts et une intelligence artificielle destinée à faciliter votre quotidien.
    — Et le travail ?
    — Vous pourrez travailler moins.
    — Formidable !
    — À condition d’accepter une légère augmentation de votre temps de travail.

    Je le regardai sans comprendre :
    — Mais pourquoi ?
    — Pour financer les investissements nécessaires à la réduction du temps de travail.

    Il poursuivit sans paraître gêné :
    — Nous avons également une option « Longévité ».
    — Pour vivre plus longtemps ?
    — Exactement.
    — En bonne santé ?
    — C’est prévu dans la formule supérieure.
    — Et l’éducation des enfants ?
    — Nous leur apprendrons à penser, à créer et à coopérer.
    — Même s’ils ne sont pas d’accord avec ce qu’on leur apprend ?

    Le conseiller s’arrêta d’écrire :
    — Cette option n’est pas encore disponible.

    Je commençais à avoir quelques doutes sur la qualité de l’avenir proposé :
    — Et si je ne prenais aucune option ?

    Le conseiller me regarda comme si je venais de lui annoncer que je souhaitais repartir avec le présent :
    — Aucune ?
    — Je ne veux surtout pas d’un avenir déjà programmé.

    Il resta silencieux quelques secondes :
    — C’est assez inhabituel.
    — Pourquoi ?
    — La plupart de nos clients demandent un avenir plus performant.
    — Je voudrais surtout un avenir plus habitable.

    Il referma son dossier :
    — Je crois que nous avons exactement ce qu’il vous faut.

    Le contrat fut signé. Je réglai la première mensualité et repartis avec une petite mallette noire contenant mon avenir.

    Je l’ouvris à peine arrivé chez moi.
    À l’intérieur se trouvait un simple calendrier.

    Le premier jour était marqué :
    « Votre avenir commence demain. »

    Le lendemain, je me levai avec une certaine impatience.
    À huit heures, rien.
    À neuf heures, toujours rien.
    À midi, je commençai à m’inquiéter.
    À dix-huit heures, je téléphonai à l’agence :
    — Bonjour. Je viens de louer un avenir et je ne l’ai toujours pas reçu.

    La voix du conseiller resta parfaitement calme :
    — Mais si, monsieur. Vous l’avez reçu ce matin.
    — Je n’ai rien reçu.
    — Réfléchissez bien.

    Je regardai par la fenêtre. Le soleil venait de disparaître derrière les immeubles :
    — Je ne comprends pas.
    — C’est normal, monsieur. Votre avenir est déjà passé.

    Quelques jours plus tard, je fus convoqué au commissariat.
    Le loueur d’avenir venait d’être interpellé. Nous étions, paraît-il, très nombreux à avoir porté plainte.

    Dans la salle d’attente, les témoignages circulaient :
    — Moi, j’avais loué un avenir écologique. Il est arrivé sans les arbres.
    — Le mien devait être serein. Il était déjà en retard.
    — J’avais choisi l’avenir technologique. Je n’ai jamais réussi à installer la mise à jour.

    Lorsque mon tour vint, l’enquêteur me demanda :
    — Vous estimez avoir été trompé ?
    — Je ne sais pas.
    — Vous avez payé pour un avenir et vous ne l’avez pas reçu ?
    — Si. Mais lorsque je l’ai reçu, il était déjà devenu mon passé.

    L’enquêteur posa son stylo :
    — Vous voulez dire qu’il vous a vendu quelque chose qui n’existait pas ?
    — Non. Justement. Il me l’a vendu… avant qu’il existe.

    Le loueur fut présenté devant les enquêteurs.
    Il semblait étonnamment serein.

    — Vous êtes accusé d’avoir trompé des centaines de personnes.
    — Je le conteste.
    — Toutes affirment avoir payé pour un avenir qu’elles n’ont jamais reçu.

    Le loueur ouvrit tranquillement son dossier :
    — Je leur ai livré exactement ce qu’elles avaient commandé.
    — Alors où sont ces avenirs ?

    Il leva les yeux :
    — Ils sont passés.

    L’enquêteur resta silencieux.
    — C’est le problème avec l’avenir, poursuivit le loueur. Dès qu’il arrive, il devient le passé.

    L’affaire fut classée quelques semaines plus tard. Le loueur avait respecté toutes les clauses du contrat.
    Quant à moi, je retournai chez moi avec la certitude que mon avenir était désormais entre mes mains.

    Le lendemain, je reçus une nouvelle brochure dans ma boîte aux lettres.
    LOUEZ VOTRE AVENIR — NOUVELLE FORMULE : LE PRÉSENT.

    Je la déposai sur la table.
    Après tout, celui-là semblait encore disponible.

  15. CATHERINE M.S dit :

    Dans une toute petite rue
    De la capitale
    Lors d’une balade dominicale
    J’avais repéré une échoppe
    A l’aspect un brin interlope
    Intriguée
    J’y suis récemment retournée
    Et ma foi, bien m’en a pris
    J’y ai fait un achat peu banal
    Je dirais même plus, original
    Un flacon en cristal
    Au capuchon taillé dans l’opale
    Qui contenait un précieux élixir
    Nommé « Avenir »
    Garanti à vie
    Et même au-delà
    Plus question de trépas
    Immortalité nous voilà !
    Fière de mon acquisition
    Rentrée chez moi
    J’ai tenu à en faire profiter mon chat
    Las !
    Il a très vite succombé
    Comme s’il avait bu du « Passé »
    J’ai vite compris
    Que j’avais été escroquée
    D’ailleurs j’ai appris depuis
    Que le vendeur avait été arrêté
    Et la boutique fermée
    Ah ! Naïveté quand tu nous tiens
    Ne reste que le chagrin.

  16. Ariane ADAM dit :

    VOTRE AVENIR VOUS APPARTIENT!
    – L’annonce était séduisante pour quelqu’un comme moi qui n’avait connu que des aventures sans lendemain et à qui on n’avait cessé de répéter: « Pense à ton avenir! ».
    Louer un avenir, ça me semblait curieux mais après tout, pourquoi pas?
    Le contrat proposait la location par bail ce qui me paraissait pratique. on pouvait changer de formule si on s’en lassait.
    Il y avait le choix entre « Avenir brillant », « Lendemains qui chantent », « Futur rêvé »…
    il y avait même: « Avenir incertain ». Bizarre mais il en avait peut-être que l’incertitude séduisait.
    En 2 clics l’affaire était conclue.
    J’y ai cru, j’ai attendu, j’ai espéré… Et puis j’ai désespéré, rien ne se passait.
    Alors je suis venue porter plainte pour abus de confiance et escroquerie.

    – Mais enfin , Madame, un avenir, c’est personnel, ça ne se loue pas, pas plus que ça ne s’achète!
    Un avenir, ça se construit. Il faut s’adapter aux aspérités, aux accidents de parcours!
    Bref, ça se mérite.

    – Oui mais vous comprenez, moi je voulais un bel avenir, bien lisse, tout neuf, prêt à l’emploi!

    – Allez au bureau là-bas, tout au fond de l’impasse.

    – C’est quoi ce bureau?

    – Celui des illusions perdues.

    – Et vous croyez qu’ils vont trouver une solution à mon problème?

    – Çà… L’avenir vous le dira!

  17. Nouchka dit :

    Loueur d’avenir

    « Un loueur d’avenir soupçonné d’avoir trompé de très nombreuses personnes a été interpellé par les enquêteurs.
    Une victime raconte… » Inventez la suite

    Vous pouvez me croire Monsieur l’enquêteur. Le loueur d’avenir, comme vous l’appelez, il m’a pas parlé de location. Il m’a parlé de viager. Il m’a assuré que, si je lui laissais ma maison, il me faisait un contrat pour que, dans l’au-delà, j’entre dans le quatrième lieu, qu’il appelle les Champs Élysées comme dans la mythologie. Il récitait : « C’est là que la plus douce vie est offerte aux humains ; Jamais ni neige ni grands froids ni averses non plus ; On ne sent partout que zéphyrs dont les brises sifflantes montent de l’Océan pour donner la fraîcheur aux hommes. »
    Moi, j’y ai cru. Il expliquait que le paradis, c’est pas toujours marrant. C’est plutôt réservé à ceux qui ont vécu sans péché et que çà gène pas de continuer d’être parfait.
    Mais les gens comme moi, qui aime bien s’amuser, bien manger et se moquer de tout, ils ne risquent pas d’y aller au paradis. Alors s’il y a mieux que l’enfer et le purgatoire, je suis preneur.
    J’ai donc cédé la maison contre ce contrat.
    Le gars, il m’a dit qu’il avait ses entrées au Vatican. Il m’a expliqué comment ça se passait là-bas et… j’l’ai cru. Il m’a parlé d’un tonneau des Danaïdes, si je me souviens bien…
    Maintenant, j’ai plus de maison ni plus un sou pour payer l’EHPAD où j’ai réussi à me faire admettre.
    Vous pensez pouvoir quelque chose pour moi Monsieur l’enquêteur ou faut-il que j’accepte le présent purgatoire faute de Champs Elysées

  18. datura dit :

    l Désabusée elle s’était inscrite pour un voyage en Argentine . Elle trouvait sa vie bien fade, à peine la cinquantaine passée. Elle pensait qu’un voyage lui ferait du bien, elle n’osait pas penser à son avenir qui lui paraissait incertain.
    Dans ses mails elle trouva une annonce alléchante, « un avenir radieux », proposait de vivre durant un mois dans un futur optimisé au maximum.
    Elle annula son voyage pour prendre l’option du futur, elle avait un mois de congé , c’était faisable. Son présent lui pesait, elle pensa que ce séjour dans le futur la redynamiserait.
    Elle remplit un questionnaire en précisant ce qu’elle attendait du futur .
    Elle se retrouva dans une grande salle, entourée de personnes âgées, une animatrice leur faisait faire un jeu débile, elle se leva pour partir, quand on l’interpela « Hé ! Mamie ! On prend son déambulateur, sinon c’est la chute » . «  Mais de quoi elle se mêle ? Je peux marcher ! »
    Et non ! Elle dut s’accrocher au déambulateur .
    C’est quoi ce truc ? Elle traversa les couloirs, dans un miroir elle vit sa tête de vieille et cerise sur le gâteau, elle avait un dentier !
    Elle alla se plaindre à la direction , on lui dit qu’elle avait signé le contrat, pas possible de faire marche arrière.
    Au bout de 15 jours une équipe des services sociaux était venue faire sortir les gens qui avaient été arnaqués par «  un avenir radieux ».
    Après enquête, il s’avérait qu’un avenir radieux était de mèche avec des maisons de retraites.
    Arrivée chez elle, elle apprécia de pouvoir marcher, courir, mordre à pleines dents dans une pomme, son visage n’était pas marqué par le temps, elle se dit qu’elle devait profiter de la vie avant qu’il ne soit trop tard.
    Elle s’inscrivit dans une salle de sport, contacta ses amis pour des sorties, restos, ciné ….Finalement sa vie, pouvait être animée, il suffisait de le vouloir !
    Malgré tout elle était reconnaissante à « un avenir radieux » qui lui avait fait prendre conscience qu’ elle avait encore de beaux jours devant elle.

    DATURA

  19. camomille dit :

    – Oui, j’ai payé cash à ce triste sire une location d’un an pour un avenir meilleur.
    Histoire de tester avant de m’abonner à vie.
    La transaction s’est passé par téléphone.
    Puis, j’ai reçu les documents de confirmation sur le net et j’ai signé sous la mention « lu et approuvé ».
    Cependant, je suis myope et je n’ai pas remarqué qu’au lieu d’«avenir meilleur », il était inscrit « avenir ailleurs »,
    Et me voilà propulsée sur la planète mars.
    Pour être ailleurs j’étais bien ailleurs !
    Pendant un an… Oui pendant un an j’ai déambulé sur cette planète aride, habillée d’un genre de combinaison de survie.
    J’ai perdu 15 k – j’ai perdu tous mes repères – j’ai perdu la tête –
    J’avais froid – j’étais alimentée par des tubes – Bref, j’ai vécu l’enfer !
    Et au bout du 365ème jour, je me suis retrouvée enfin sur la terre complètement sonnée.
    J’ai bien sûr déclenché une réclamation pour me faire rembourser.
    Et vous savez ce qu’il m’a répondu l’enfoiré ?
    Il m’a répondu :
    – Mais Madame, c’est bien grâce à ce stage de survie interplanétaire que vous êtes enfin parée pour un avenir meilleur !
    Vous avez réussi !
    FÉLICITATIONS !!! et bel avenir à vous.

  20. Antonio dit :

    « J’étais très heureuse au début de m’être installée dans cet avenir proche de toutes commodités. J’ai toujours voulu vivre à Toulouse. J’avais un entretien, dans deux jours, pour une offre d’emploi prometteuse. Julien avait également promis qu’il m’y rejoindrait, dès qu’il aurait obtenu son master. On allait enfin se réunir et avoir une vraie vie de couple. C’était un avenir cosy comme j’en rêvais, peints en rose sur du béton, avec une vue dégagée sur les toi, moi, nous, un futur bébé, une famille, une vie sociale riche.

    Tout avait été refait à neuf. Misty, un chaton de la SPA, avait pris la place de mon bon vieux Lucky, un labrador resté chez mes parents, à Vic-en-Bigorre. Corinne et Vincent qui louaient, à côté, un avenir sûr depuis dix ans, m’avaient pris sous leurs ailes, dès mon arrivée dans la ville rose. Ce sont eux qui m’avaient conseillé ce loueur. Ils se sont même portés garants pour moi.

    Mais tout ça, c’était du vent.

    Tout s’est envolé dès que cet escroc m’a remis les clés de cet avenir sombre et incertain, avec une seule ouverture qui donnait sur une cour d’appel au secours – papa, maman ! – puis celle du palais de justice. Corinne et Vincent m’avait entraînée dans une arnaque au faux conseiller bancaire, moi qui croyais avoir postulé dans une vraie banque en ligne. Je reconnais que j’ai été naïve, mais la coupable, ce n’est pas moi…

    – C’est qui, alors ?

    Ce maudit destin. »

    Vicky ne croit plus en l’avenir, dans sa cellule de neuf carrés où Julien n’est jamais venu la voir, parti convoler à Paris avec sa meilleure amie, Charlotte. Tandis que Misty partage un grand salon, en colocation avec Lucky, à Vic-en-Bigorre.

  21. 🐻 Luron'Ours dit :

    825Un loueur d’avenir soupçonné d’avoir trompé de très nombreuses personnes a été interpellé par les enquêteurs.
    Une victime raconte, …
    Premier vol
    Elle narre :ah ! pour payer, j’ai payé, après avoir été abusée par un loueur d’avenir ; si au moins j’en avais eu pour mon argent ! Il offrait ses services sur les foires avec la complicité d’un bonimenteur et d’une diseuse de bon-aventure qui elle lisait dans les lignes de la main, une empaumeuse de première, une maîtresse femme ! « la vérité,mon bon seigneur… enjolivée, enveloppée dans du papier de soie, comme enfant je l’avais découverte dans les papillotes de bonbons puis, à l’adolescence dans des mantras fumeux.
    L’enquêteur s’enquit : vous êtes crédule, moi aussi, mais mon métier m’interdit de l’être, à l’école de police,on m’a promis un bel avenir, ficelles et médailles ! Au vu de mon quotidien, il m’envie d’être agent à bras sur la Canebière ou gendarme à Saint Tropez, mais la cité du Bailli est assaillie, sa tour jaune et rouge les attire comme un aimant, toutefois je vais faire diligence pour attraper votre charlatan ! A l’avenir…il ne finit pas. La victime s’estima heureuse. Si, comme Lindbergh, elle n’avait pas traversé l’Atlantique, du moins on ne lui avait pas enlevé son enfant rendu contre rançon. 🐻

  22. Nadine de BERNARDY dit :

    – Bonjour monsieur, vous appellez sur notre antenne pour témoigner de ce que vous pensez être une tromperie, je vous écoute
    – Je suis monsieur Roger Samson, 70 ans. J’ai souscrit le mois dernier pour un bail de trois ans, un avenir d’influenceur auprès d’une société qui semblait sérieuse car le contrat précisait:
    satisfait ou remboursé.
    Me fiant sur ce que je voyais sur les réseaux dit sociaux j’ai posté:
    Roger se rasant, choisissant sa tenue du jour, promenant son chien, Roger jouant à la belote avec ses potes au café de la gare, devant ses casseroles préparant la soupe du soir.
    Au lieu des commentaires et follower espérés, je n’ai eu que sarcasmes, critiques et insultes d’internautes de tous âges.
    Jugeant avoir payé assez cher pour un tel résultat, j’ai demandé au loueur un remboursement, au moins partiel.
    – Et alors?
    – Il a refusé prétextant qu’il n’était pas responsable du contenu de mes vidéos, du peu d’intérêt qu’elles suscitaient, c’était à moi se savoir me vendre. avec un contenu plus intime, ce que recherchent les abonnés.
    Me vendre, mais comment ? En postant mes ordonnances, en montrant la façon la plus pratique d’enfiler ses chaussettes de contention !
    – Et pourquoi pas Roger, des conseils aux seniors pour gérer sereinement leur vie quotidienne !
    Vous avez là un créneau porteur qui n’a pas encore été exploité
    Réfléchissez à ma suggestion, merci pour ce témoignage et tenez moi au courant pour la suite de vos expériences.

  23. Béatrice Priquel dit :

    Chimère
    Déborah était en colère, sa petite sœur Justine était en fauteuil roulant depuis bientôt trois ans, depuis qu’elle avait loué son avenir à un certain Ursule qui lui avait promis protection et bienveillance.
    Oui, à écouter Ursule, on ne pouvait voir qu’un avenir meilleur, qui que l’on soit, et d’où qu’on vienne. Mais dans les faits, c’était loin d’être le cas. Évidemment Ursule ne proposait pas d’assurance tous risques, c’était à prendre ou à laisser.
    Justine avait suivi ses études chez elle, en visio derrière un écran d’ordinateur comme beaucoup d’étudiants de l’époque et sa foi en la vie avait été minée. Cette vie d’étudiant dont lui avait parlé les plus âgés autour d’elle et dont ils avaient des souvenirs inoubliables, était passé à la trappe. Pas de soirée à construire le monde, pas de soirée festive, pas de vie de bohème. Elle avait eu à grandir vite, être adulte avant l’heure, s’autogérer sans garde-fou. Dans sa vie, elle ne savait plus ce que le mot « ami » voulait dire. Justine avait néanmoins réussi à concilier cette vie d’apprentissage seule derrière un écran et sa soupape de sécurité, la course à pied.
    Mais à la suite d’une pub sur le net, elle avait contacté Ursule. Ils s’étaient rencontrés, elle était encore crédule, il lui a fait miroiter ce dont elle rêvait, elle avait signé le contrat de location. Alors jeune femme élancée et sportive, le miroir aux alouettes s’était pulvérisé en minuscules éclats destructeurs, sa santé s’était dégradée très vite. Malheureusement pour elle, dans le contrat était stipulé en tout petit et en pied de page, qu’il était impossible de le résilier sauf en cas de décès où le contrat stoppait net de fait.
    Justine raconte : « tout est allé très vite, mes jambes flageolaient, une très, très grosse fatigue, des douleurs dans tout le corps, jambes, hanches, côtes, clavicule… J’avais aussi des fourmillements dans les membres supérieurs jusqu’aux bouts des doigts, des acouphènes. Mes dents se sont mises à bouger, à 22 ans c’est un comble ! Le médecin me parlait de dépression alors que je savais qu’il n’en était rien. Des ganglions sont apparus dans mon cou, puis mes genoux ont commencé à me faire souffrir et à se déformer et bientôt je n’ai plus pu me tenir debout du tout. Il n’y avait personne pour me croire, à part ma sœur Déborah qui habite tout près et qui me voit souvent ».
    Déborah avait reçu les enquêteurs, Justine essoufflée écoutait. Elle leur avait dressé le tableau d’Ursule, une personne, imbu d’elle-même, qui n’a pas de valeur morale, ni d’éthique et pourtant qui est soutenue par un gros réseau de personnalités du monde de la finance et du monde économique.
    Ils savaient déjà à qui ils avaient affaire. Le cas de Justine était un parmi de nombreux qui lui ressemblaient.
    Le truc d’Ursule était de proposer plusieurs étapes, d’abord une inoculation sûre, efficace qui permettait de se sentir en sécurité, en paix et d’accueillir tous les évènements avec calme. Puis mettre à disposition régulièrement de nouveaux sons avec une fréquence qui agit directement sur l’humeur, sur la régulation émotionnelle, et sur la capacité à apprendre vite.
    À l’époque, Justine qui l’avait cru, avait craqué. Aujourd’hui, elle le regrettait amèrement.
    « Publicité mensongère » avaient dits les enquêteurs, mais là n’étaient pas leur principal souci.
    Comment les résultats de leur enquête seraient ils utilisés ?

  24. nicolas dit :

    On m’a loué, pour une très longue durée, un avenir qui n’était pas le mien. Je devais ressembler à mon grand-père, héros de deux guerres mondiales, rien que ça. Il me fallait si possible aussi suivre les traces de mon père et d’un oncle, aventuriers tous les deux. De l’Indochine au pôle nord, en passant par l’Afrique, Madagascar et la Guyane. Un gros poids sur mes épaules, sans compter que dans la figure tutélaire du papy, il fallait aussi sortir d’une grande école, devenir officier et pilote.

    J’étais un enfant joyeux et créatif. J’avais pourtant des passages à vide, comme si j’avais fait mien ce mélange de destins, trop lourd pour moi. Le costume que l’on avait loué pour moi ne m’allait pas, mais il était si précieux pour tout le monde, moi y compris, qu’il était impensable que je le quitte. L’école voulait m’orienter vers des études de lettres, compte tenu de mon goût pour l’écriture. J’ai insisté pour une voie scientifique dans laquelle je ne réussissais qu’une année sur deux, au prix d’efforts désespérés.

    Mes échecs étaient assez cinglants pour m’alerter sur une erreur d’orientation flagrante. J’ai persisté toutefois, dans la souffrance, parvenant à intégrer une école d’ingénieur, quitte à m’en faire virer, devenir officier, de réserve seulement et risquer ma vie dans un accident d’avion léger, en Afrique. C’est en sortant vivant de ce drame que j’ai résilié la location de ce destin, pour suivre ma véritable vocation. Fallait-il vraiment que je manque de mourir pour trouver ma voie ?

    Le plus cruel dans cette histoire est que les enquêteurs ont tenté d’arrêter un coupable, alors qu’ils sont innombrables. Ces ancêtres, modèles inaccessibles, qui ont marqué les générations suivantes, souvent sans le vouloir. Leurs descendants, qui ont voulu les imiter, sans succès, faute de rencontrer les mêmes circonstances historiques. Leurs enfants, à qui l’on a voulu passer le relais, ont incorporé cette exigence impossible, au mépris de leurs propres aspirations et compétences. Le pire, est qu’ils ont accepté cette location longue durée pour un avenir impossible.

    Alertez les bébés, vous êtes les flèches vers l’avenir, vos ancêtres sont l’arc, stable et rassurant. Le point de départ, pas la destination. Ne louez pas votre avenir, en endossant un costume inadapté, trouvez le vôtre, celui qui vous ressemble. Certaines victimes volontaires se sortent de cette tromperie, d’autres non.

  25. nicolas dit :

    J’aime beaucoup ton terme de décroyance, les portes qui se ferment, à cause d’un espoir chimérique. 🙂

  26. 🐁Souris verte dit :

    ALLONS…ALLONS !
    Un loueur d’avenir soupçonné d’avoir tromper de très nombreuses personnes a été interpellé par les enquêteurs.
    Une victime raconte, …
    Il y avait eu des pleurs et des grincements de dents. Des gens trompés voyageaient dans cesse entre l’entrée et la sortie. Voyant de loin des portes ouvertes qui, au fur et à mesure qu’ils avançaient vers l’avenir, se refermaient. C’était même curieux à croire qu’un système détectait la volonté de gravir l’échelle du temps. Une sorte de groom malicieux. La fatigue suivie du désespoir transforma vite la facétie en quelque chose de plus sournois presque satanique.
    Alors que le jour n’était pas encore levé ils se retrouvèrent nombreux coincés dans l’entonnoir du temps. Ils s’insurgèrent… enfin… ceux qui en avaient encore la force car l’usure était là… c’était ça le pire « la décroyance » .
    Évidemment la police des « mœurs et de la bien- pensance» eut du mal à croire en leur moralité. C’est quand il fallut remonter ceux qui étaient au fond du gouffre qu’ils ont commencé à se poser des questions.
    – mais comment ont-ils pu tomber si bas ?
    -Oui ? Je vous le demande ?.
    – On a été pris dans une sorte de spirale infernale. Entraînés par une tornade de bonne volonté et puis… et puis… on a tourné sans but précis, sur le chemin d’une errance sans fin.
    – Mais, pauvres diables, qui a pu vous vendre ça?
    – Oh c’était une si beau contrat avec une si belle proposition sur un papier rose comme le lever du jour. Et puis on avait envie tellement envie d’y croire.
    Son nom : ESPOIR CHIMÉRIQUE.🐁

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