29 réponses

  1. raymond dit :

    C’est fait, votre » Holdingue » a enfin pignon sur rue. Un monde fou s’y précipite déjà. Relatez l’une de ses délirantes activités.

    —  Bonjour M. Verne, je me présente, je suis Emma journaliste pour le journal local et influenceuse sur la chaîne « EXPERIMENT GIRL ».
    Votre « Holdingue » a déjà un succès incroyable. On retrouve les activités des années précédentes qui étaient déjà dingues, mais vu la file d’attente impressionnante, je suis curieuse de découvrir celle de cette année !
    —  C’est exact, répond Verne. Nous avons été contraints de demander au public de s’inscrire sur une liste. Comme vous pouvez le constater, nous ne pouvons accueillir que dix personnes à la fois.
    —  C’est pour ces dix boites qui sont situées devant ce décor fabuleux ! Demande Emma avec curiosité.
    —  Oui, ce sont des sarcophages devant un décor. L’univers avec un cortège de différentes planètes, précise le concepteur de l’activité.
    Avec beaucoup d’enthousiasme, Emma reprend :
    —  Expliquez-moi le principe, car je crois savoir qu’il est basé sur la notion d’espace-temps. Et pourquoi ce nom « Les jumeaux galactiques » ?
    —  Il y a quelques années, il n’était pas rare, qu’une personne nous dise : « tu ressembles à un quelqu’un que je connais » ou « j’ai croisé ton jumeau ou ta jumelle ». Aujourd’hui, nous savons qu’il existe des exoplanètes habitées et celles-ci sont les répliques exactes de notre Terre. S’y trouvent, les mêmes personnes qu’ici : il s’agit de nos fameux jumeaux et jumelles. La seule différence entre nous et les habitants de ces planètes réside dans les choix différents qu’ils ont faits.
    Et voici ma proposition : un voyage vers ces astres pour observer ce que notre vie aurait pu être si nous avions fait les choix de nos jumeaux ou jumelles plutôt que les nôtres. Une planète, un choix différent.
    —  D’accord pour le principe, mais comment est-il possible de se déplacer à des milliards de Km et de revenir dans un temps aussi court ? s’étonne la journaliste  !
    —  Dans les sarcophages, la personne est dématérialisée et voyage à une vitesse proche de celle de la lumière ( qui je vous le rappelle est de 300 000 km par seconde). Puis, elle reprend forme sur la planète visitée, retrouve son alter-égo qui lui décrit son parcours. Elle revient chez nous avec le même système, expliqua Verne.
    —  Vous voulez dire qu’il y a une coopération avec ces extra-terrestres ? s’exclame Emma !
    —  Tout à fait étant donné que leurs jumeaux ou jumelles viennent sur Terre faire la même chose ! dit le scientifique avec le sourire !
    La journaliste se rapproche des containers et questionne les personnes qui en sortent :
    —  Bonjour Madame, pouvez-vous nous donner vos impressions ?
    — Heureusement que je ne me suis pas marié avec le type que j’ai rencontré en boîte il y a trente ans. À cette époque, deux gars m’ont draguée, il a fallu choisir. Et quand j’ai vu la vie que subit ma jumelle, je vous dis que j’ai pris la bonne décision.
    Emma passe au sarcophage suivant.
    —  Et vous Monsieur ?
    —  Fait chier, excusez-moi pour l’expression ? J’aurais pu devenir une vedette de cinéma, si je n’avais pas écouté mon père qui voulait que je sois avocat !
    —  Voyez-vous Emma intervint Verne, vous allez rencontrer des personnes frustrées et des personnes heureuses de leur choix. Mais, personnes ne regrette l’argent dépensé pour cette activité et surtout pas moi ! S’amuse à dire le patron de la « Holdingue » !

  2. Urso dit :

    Mon holdingue à moi elle est complètement déjantée.
    Elle est apparue comme ça un matin de printemps, perchée en haut d’une tour dans l’État du Massachaussettes, aux États-Unis.
    Plusieurs fois dans la journée et la nuit, elle se met à cracher des gaufres, des chips et aussi de la barbe à papa.

    La maligne elle a une autre spécialité qui est d’envoyer dans le ciel et dans les airs, une grosse quantité de billets de banque.
    Des gos, des gos billets de tous les pays du monde, recouverts de barbe à papa, de crème chantilly et de chocolat noir.
    Aujourd’hui des quatre coins de la Terre, des personnes viennent la voir pour recevoir gratuitement ces beaux billets de banque ! Par centaines, par milliers, ceux-ci sont crachés, propulsés, à une vitesse phénoménale.
    Aussi, cette holdingue a un succès fou, fou, et des fois j’en suis même un peu jalouse !

    L’autre jour, alors que j’étais assise sur un tabouret sur un trottoir de Boston, en train d’admirer les exploits de ma chère holdingue, j’ai vu du beau monde se pointer !
    Il y avait le gouverneur de l’État du Massachaussettes, plusieurs voitures de police et même, en personne, le président des États-Unis.
    Tous, comme hypnotisés par ce qu’ils voyaient, ils regardaient attentivement les billets dégringoler du ciel.
    Étant restée sur mon tabouret, faisant semblant de continuer à lire mon canard de la veille, j’ai voulu me lever pour leur hurler :
    – Oh ! Oh ! Les amis il ne faut pas rêver !
    Ces billets de banque qui tombent du ciel, ce n’est pas dû au réchauffement climatique.
    C’est mon holdingue à moi qui travaille, travaille pour le bonheur de la population …
    Crachant et rejetant de plus en plus de billets. Pire qu’un volcan en éruption !
    Et depuis quelques jours, surtout la nuit, elle s’est mise aussi à rejeter des lingots d’or, des cartes bancaires et aussi de la petite monnaie.
    Mais, sans rien dire de tout cela, je suis restée tranquillement à ma place, à attendre la suite des événements.
    Puis, voyant des choses bizarres apparaître, j’ai eu le petit échange qui suit avec un policier en uniforme présent sur les lieux.

    – Tiens ! tiens ! Ai-je demandé subitement à un agent de police qui était à proximité de mon tabouret :
    Quelles sont ces petites choses toutes rondes qui planent en ce moment au dessus de nos têtes ?
    – Eh ! Eh ! répondit le jeune flic américain, en me faisant un clin d’œil, vous ne les reconnaissez pas !
    Ma mère est française et je suis presque certain que ces petits objets volants, ça ressemble étrangement à des macarons français !

    Alors un peu étonnée, j’ai levé plus la tête en direction de ma holdingue préférée.
    Oui je peux le dire. J’en suis fière.

    Ensuite en soupirant légèrement, j’ai pensé que peut-être un prochain jour cette foldingue me prendra sous ses ailes.
    Pour que j’aille je ne sais où ?

    Peut-être … dans ce monde qu’on dit inondé de lumière, empli de toutes les couleurs possibles et imaginables.
    Dans lequel je pourrais continuer, je l’espère vivement, à toujours déguster de gigantesques crêpes et, en outre, de géantes et superbes barbes à papa !

  3. Avoires dit :

    Pierrot et Jacot se rencontrent à l’angle de la rue de la République et du boulevard Gambetta. Cela faisait au moins deux mois qu’ils ne s’étaient plus revu.s
    « Ah ! Salut Pierrot, heureux de te revoir
    – Moi aussi mon Jacot ! Quelle belle mine tu as !Je te trouve très en forme
    – Oh ! Oh ! Oh ! Répond Jacot tout sourire
    – Qu’est-ce qu’il y a ? T’as gagné au loto, t’as hérité de ta tante Léonie , mais elle ne doit plus être de ce monde
    – Laisse tante Léonie – elle est morte l’année dernière et ne m’a pas laissé un radis. Non, j’ai monté une holdingue qui fonctionne du tonnerre
    – Une …quoi, une holding , un holding, je n’ai jamais su . Et puis moi, les trucs de ce genre…
    – Une holdingue, je te dis . Une holding, un holding si tu veux mais en mieux, beaucoup mieux
    – Beaucoup mieux en quoi ? demande Pierrot qui ne comprend rien
    – Ben, tu sais comment fonctionne une, un holding ?
    – Non
    – C’est pas grave, moi non plus ! Et c’est pour ça que j’ai créé une holdingue. Et tu sais, j’ai pignon sur rue.
    – Où donc ? Interroge Pierrot
    – Montée des Acacias répond Jacot
    – C’est loin, il faut y aller en voiture !
    – Oui, mais te tracasse pa,s il y a un parkingkong
    – Rien que ça ! Et qu’est-ce que tu fais dans ta holdingue ?
    – Des tas de choses, toutes plus démentes, bizarres, absurdes les unes que les autres
    – Comme quoi ?demande Pierrot de plus plus intrigué
    – Tout d’abord, j’ai installé un salon de thé et un bar
    – Je suppose que c’est pour y boire du Darjeelinge ou du Rieslinge
    – Tu as tout compris mon Pierrot ! Je vois que tu piges vite. D’ailleurs je t’invite pour un verre à ma holdingue. Allez prends ta bagnole et on y va
    – Tu sais que je ne bois pas
    – Je te propose une tasse de mon délicieux Drjeelinge accompagné d’une tranche de poudingue
    – Ah, si tu me prends par la gourmandise …

  4. La Holdingue avait enfin ouvert ses portes et déjà, un monde fou s’y pressait : de la folle furieuse au fou de bassan, il y avait de quoi en perdre la tête ! Certains y cherchaient asile, d’autres, dotés pourtant d’une intelligence artificielle, avaient saisi l’opportunité de se racheter en montrant que la folie n’avait pas de prix. Leur raisonnement était bien construit, mais risquait de leur aliéner bon nombre de promoteurs immobiliers sans scrupules pour qui, ils n’étaient pas raisonnables…

  5. mijoroy dit :

    La nouvelle attraction vedette de l’holdingue s’appelle : « La garderie des soucis ». Dès l’ouverture, une foule immense se presse devant les portes. Chacun arrive, chargé de ses préoccupations : factures à payer, voisin grincheux, rendez-vous chez le notaire, contrôle de physique, chaudière en panne…
    Au bureau d’accueil, deux charmantes hôtesses accueillent les soucis qui sont déposés comme des enfants à la crèche. On leur accroche autour du cou, une étiquette numérotée.
    Ainsi, lorsqu’on demande :
    — À qui appartient cette inquiétude concernant le solde du compte ?
    — À monsieur Pignon, cas numéro 238 !
    Dans un vaste espace, très coloré, avec un sol meuble pouvant amortir les chutes, les soucis sont dirigés soit vers la cour des petits soit celles des grands. Chez les petits, une piscine à balles, des balançoires, les réjouissent, tandis que les gros sont canalisés dans un espace renforcé au niveau sécurité. En effet, pour éviter qu’ils ne se mordent entre eux, de nombreux buffets de pâtisseries, confiseries, et boissons fraîches leur sont proposés. Des coachs leur permettent d’évacuer leur taux de cortisol sur des sacs de sable ou sous des douches froides.
    Des employés vêtus de bleu ciel des pieds à la tête, ou autres couleurs pastel racontent des histoires rassurantes plusieurs fois par jour.
    — Non, petit souci, ton propriétaire ne va pas louper son avion ! La grosse pénurie de carburant ce n’est pas pour tout de suite.
    Les petits sont massés plusieurs fois par jour et bercés au son de bols tibétains.
    À midi, on sert une purée de camomille et des biscuits fourrés à la sérénité. Les plus agités, chez les gros soucis, sont invités à la sieste dans des hamacs suspendus à des nuages artificiels, et une employée leur fait des papouilles apaisantes.
    Victime de ce succès fou, l’holdingue envisage d’ouvrir une pension à durée indéterminée pour les soucis abandonnés par leurs propriétaires. Les listes d’attente sont déjà complètes. Les plus anciens envisagent même de fédérer les nouveaux en association pour réclamer le droit à une retraite paisible, loin de l’anxiété permanente des humains.

  6. Françoise Rousseaux dit :

    C’est fait ! Notre « Holdingue » a enfin pignon sur rue ! Un monde fou s’y précipite déjà ! Que voulez-vous ? Les gens s’ennuient, ils sont blasés de tout!Alors si on leur promet des activités inédites, complètement délirantes, ils sont alléchés !
    Et puis nous avons savamment orchestré notre campagne de pub, d’abord avec d’immenses affiches, exposées un peu partout, puis sur les réseaux et hop, c’est parti ! Succès garanti !
    De toute manière, cela faisait un certain temps que les parcs d’attraction traditionnels ne faisaient plus recette. Proposer de nouveaux concepts, c’était gagné d’avance !
    Vous voudriez que je vous décrive les différentes activités ? Essayez donc notre formule découverte, qui vous permettra de sélectionner celles qui vous paraissent les plus attirantes et de les expérimenter à loisir.
    Ah vous êtes indécis ? Alors permettez-moi de vous proposer notre parc animalier. Tout d’abord, vous pourrez y jouer à saute-mouton, avec de vrais moutons bien entendu ; ça paraît banal, mais en général, on s’y amuse bien.
    Ensuite, jouer au chat et à la souris. Ce sera vous la souris, pour le chat, je ne vous dis rien, c’est une surprise !
    Manger comme un cochon : ça, c’est toujours très drôle !
    Avaler des couleuvres, désopilant !
    Et pour terminer, prendre un taureau par les cornes, n’est-ce pas complètement délirant !
    Alors, ça vous tente ? Ok, un forfait découverte pour toute la famille ! Profitez bien !

  7. Rose Marie Huguet dit :

    Perché au sommet d’une très sérieuse holding entouré d’une myriade de collaborateurs ternes, il s’ennuyait ferme.
    Pour échapper à cette morosité travailleuse, il s’installait à une terrasse ou sur un banc dans un parc, pourvu qu’autour de lui il y ait beaucoup de monde qui échangeait. Ses oreilles ne perdaient pas une miette des conversations. Il en entendait des :
    Ah !
    si j’étais président je ferais ci ou ça
    si j’étais patron, les choses tourneraient mieux
    si…
    si…

    Et c’est ainsi que lui est venue l’idée de créer son holdingue. Le but était simple : envoyer au diable l’incompétent manquant de créativité.
    Chaque participant remplissait un formulaire désignant son abruti et les raisons qui le poussaient à l’évincer de l’échiquier. Il devait également argumenter sur ce que lui ferait en lieu et place.

    Waouh ! Impressionnant le nombre de têtes fécondes en idées qui se sont présentées. On se serait cru au concours Lépine.

    Chaque participant était affublé de lunettes de réalité virtuelle. Il se retrouvait ainsi en totale immersion sur le lieu de travail de celui ou celle qui lui hérissait le poil et prenait les décisions à sa place.
    Le candidat était ensuite projeté dans le futur pour voir le résultat de ses choix.

    Qu’est-ce qu’on a pu entendre comme :
    Merde, c’est pas ça que je voulais
    Mouais, pas top
    Purée, quel bordel j’ai semé

    Et il y avait de quoi. Une compilation de toutes les directives données par les participants fut établie.

    Un sacré patchwork ! Des tours gigantesques au milieu des bois, des igloos dans le désert, des avions propulsés par les coups de pédales des voyageurs, dictature d’un côté, laxisme extrême d’un autre, retour des calèches, tapis roulants aériens. L’imagination n’avait aucune limite.

    C’est alors que se présenta le créateur de la holdingue, P.P. pour qui la vie est un jeu.
    Il amena beaucoup de personnes à jouer avec lui, une fois par semaine. Prise de tête assurée pour les joueurs.
    Mais lui était aux anges. Une fois de plus, il avait réussi à faire entrer dans une réalité parallèle un grand nombre d’imaginatifs.

    La holdingue ne désemplissait pas. Pari gagnant ! Bravo !

  8. MICHEL-DENIS ROBERT dit :

    C’est fait, votre holdingue a enfin pignon sur rue ! Un monde fou s’y précipite déjà. Relatez une de ses délirantes activités.

    La galerie des glaces.
    Vous y entrez c’est un palace.
    Venez braves gens, vous y serez à votre place.
    Le monde qui change commence par vous.
    Au bout du parcours, vous n’en croirez pas vos yeux ni vos oreilles.
    Je me suis lancé et j’ai été bluffé. Dans les premières glaces, pas de souci, c’est votre image qui vous est reflétée. Je ne me suis pas méfié. C’est que, petit à petit cette image se transforme en votre personnage médiatico-politique préféré. C’est rigolo. Vous avez l’impression de devenir quelqu’un d’autre. Ce n’est qu’une illusion. C’est votre reflet qui devient star.
    Faut dire qu’après avoir gagné au loto, je me suis lancé dans ce faramineux projet de changer la société. Hélas ! Des gens très riches évidemment, m’avaient devancé.
    Et donc, ma holdingue foldingue, j’en ai confié la conception à un ami. Il eut carte blanche. J’ai pensé à un moment que j’avais peut-être eu tort, mais une fois la machine lancée, il n’était plus question de revenir en arrière. Dès les premiers pas, j’ai été surpris. Le gars avait su innover. Le seul critère à respecter, c’était qu’elle attire le plus de monde possible, en sous-entendu la rentabilité maximum bien sûr. Parce qu’il ne faut pas perdre la notion de pérennité qu’une entreprise doit garder pour qu’elle se transmette. Dans ce but, il fallut faire des essais.
    En suivant le parcours, c’est que dans chacune des glaces, fut incorporée une IA qui interprète vos désirs du moment et les transforme en réalité dans le miroir. Donc, vous parlez à votre personnage en direct et vous lui donnez des ordres, il s’exécute.
    C’est ainsi que le président devient votre secrétaire.
    — Vas me chercher les millions que tu as détournés !
    Il m’a regardé ainsi en faisant ses gros yeux étonnamment intelligents voulant dire comment oses-tu me parler sur ce ton ?
    Je n’ai pas bronché. Dans certaines situations, il faut savoir imposer son autorité. Je lui ai fait mine de répéter mon ordre, c’est alors que j’ai vu qu’il tremblait. Etait-ce de peur ? Je n’ai pas voulu le traumatiser plus qu’il ne l’ai déjà. Je ne voulais pas qu’il se roule par terre de colère.
    — Vas me chercher…
    Je n’eus pas le temps de finir ma phrase. Bon ! il y a encore quelques petits réglages à effectuer. C’est en bonne voie. Déjà, certains intermédiaires se manifestent. Ma holdingue foldingue ouvre en 2027 !

  9. Béatrice Priquel dit :

    C’est fait, ma « holdingue », « La VIE toute CRUE », une vraie boite à « outistes », a enfin pignon sur rue. Un monde fou s’y précipite déjà. Le bruit qui court à son sujet se répand à la vitesse du son, ce qui n’est pas peu dire.
    J’ai découvert qu’on est tous « outistes » à des degrés divers, non par essence mais par formatage et que la vie est joyeuse et facile sans ces couches d’emballage.
    Comment ça s’est produit ?
    C’est dans mes tuyaux neuronaux depuis longtemps, et jusque-là, la vie s’est chargée de m’occuper et de m’empêcher d’écouter ce qui est une évidence. J’ai donné mon pouvoir à l’extérieur et négligé ma maison intérieure.
    Pourtant, un jour, en écoutant le sympathique groupe jazzy du coin, un large sourire s’est invité sur mon visage, un élan et une idée ont germé. Pour moi, c’est clair qu’en suivant ma joie, je suis plus créative. Ma tâche se devine aisément, m’exprimer sans filtre et créer. J’avais déjà choisi d’écrire tout ce qui me met en joie. J’ai constaté que me relire me met ensuite en action pour le réaliser et je l’applique depuis de plus en plus largement.
    Je rêve de faire de la musique rythmée ? qu’à cela ne tienne, je tape sur tout et n’importe quoi pour tester les sons, les rythmes. Et comme par enchantement, les mouvements des doigts, des mains et des bras suivent et ma voix s’expose, se pose et s’impose. C’est un truc de dingue, je remarque une fluidité naturelle, comme guidée par un professeur invisible.
    L’exercice a un impact sur l’entourage, entre autres sur mes voisins qui m’entendent brasser jusque tard le soir.
    Un matin, j’ouvre à mon voisin qui, face à moi, se tient bien campé sur ses deux pieds. La « petite peureuse du passé » en moi se dit qu’elle va recevoir une pluie de critiques. Mais bien au contraire, il me demande de lui enseigner le rythme. « Avec joie ! »
    « D’abord, tu commences par écouter les sons que tu peux produire avec tes mains, puis avec un objet en bois, puis avec un objet en métal. Ensuite, tu cherches à créer de nouveaux sons, froisser un sac plastique, le gonfler, taper dessus… Et demain, tu viens me dire ce que tu as trouvé. »
    Je vous le donne en mille, non seulement il s’est amusé, mais il a mis toute sa famille à contribution, même en visio pour son fils londonien.
    Le lendemain, il revient tout excité et après m’avoir décrit ses expérimentations : « Et maintenant, qu’est-ce que je fais ? »
    « Continue à prendre ce que je te propose comme un jeu d’enfant, tu reviens à ta racine. Tu vas écouter les sons et respirer à leur rythme. Tu sais que ton ordinateur comporte une ventilation qui refroidit les composants. Tu tends l’oreille, tu cherches à repérer sa respiration. ça ressemble à une boucle sans fin mais elle a un début. Dès que tu perçois le début, tu imagines cette respiration, comme une vague, tu te mets en syntonisation avec elle, tu respires en harmonie avec ce rythme. Et demain, tu viens me dire ce que cette expérience t’a apporté. »
    Évidemment, ça ne lui a pas suffi. Il a testé le procédé avec le son produit par le transformateur basse tension du rail de lampes de son salon, « un bruit aigu et lointain » qui avait le don de le déranger avant, m’a-t-il partagé.
    « Et alors ? ».
    « Je me suis pris pour le ventilateur. Mes cellules ont halluciné quand, à 35° au beau milieu de la journée, le bruit a glissé vers une sorte de soupir de lassitude. J’ai compris qu’on demandait au ventilateur d’être discret et efficace par toutes les températures et j’en bavais comme lui dès que la température avoisinait les 30 degrés. Je me suis senti tout ému, et depuis, je suis très attentionné et respectueux envers le ventilateur soupireur ».
    « Et le transformateur ? »
    « Il a eu une drôle de réaction ! Il s’est mis à émettre un son plus aigu en chassant l’air entre ses lèvres serrées, puis est sorti un cri modulé, comme s’il était enfin reconnu pour ce qu’il est et content d’être écouté ».
    « Et la respiration ? »
    « Ce n’est pas simple du tout de respirer en sifflant, j’ai appuyé faiblement sur une narine avec mon index pour l’imiter. Nous avons vibré de concert, une jam-session avec des sons légers, fins mais très aigus hors de ma gamme de confort. J’ai ressenti comme un cri lointain de détresse craquelant l’air au-dessus de la table, il demandait à être entendu lui aussi, faire partie de la tablée. J’ai parlé longuement au transformateur, je l’ai remercié pour tous les repas lumineux que j’ai vécu grâce à lui. Il a désormais une place dans mon cœur et à cette table. »
    « Et qu’est-ce que vous souhaitez apprendre d’autre maintenant ? »
    « Je constate que mon rapport aux objets s’est modifié, je les vois comme des êtres vivants et je me sens entouré et choyé par eux. Je fais partie maintenant d’un monde plus riche, avec de nombreuses interactions potentielles. Je souhaite que vous montiez votre « holdingue » tout de suite, pour vous envoyer mes amis. Ma famille est déjà conquise. Si vous le souhaitez, je vous aide volontiers pour le coté administratif, c’est mon job de tous les jours. »
    À la fin du mois, ma « holdingue », « La VIE toute CRUE » a pris son envol. Depuis, je plane, je suis poussée chaque matin à créer du neuf pour enchanter ma vie et celle de ma « Holdingue » et ma joie pulse en moi toute CRUE.

  10. Gilaber dit :

    La holdingue… dingue…

    Il y avait longtemps que ce rêve occupait mes pensées.
    Lorsque j’avais expliqué mon projet à de potentiels investisseurs, ils avaient souri avant même que j’aie terminé la première phrase :
    — Votre concept est démentiel !
    — Complètement foutraque !
    — Une catastrophe financière sur pattes !
    À force d’entendre ces encouragements involontaires, j’ai compris que j’étais sur la bonne voie. J’ai donc créé ma propre société ; la H.I.G.N’I.Q. Autrement dit : la Holdingue Internationale du Grand N’importe Quoi.
    Et aujourd’hui, elle a enfin pignon sur rue.
    À peine les portes ouvertes, une foule immense s’est précipitée à l’intérieur. Des familles, des étudiants, des retraités, des cadres en burn-out, des philosophes dépressifs et même quelques comptables venus vérifier que la réalité existait encore. Tous étaient venus découvrir nos attractions.
    Pour en mesurer les bienfaits sur les comportements, je me suis laissé porter par la marée humaine.
    — Par ici ! hurle un agent d’accueil coiffé d’un entonnoir réglementaire.
    Au bout d’un immense couloir, nous arrivons devant une porte surmontée d’une enseigne lumineuse :
    « Le grand ascenseur à décisions absurdes »
    Les visiteurs applaudissent déjà.
    Le principe est simple.
    Chaque participant monte dans une cabine et appuie sur un bouton. À chaque étage, une voix annonce une décision totalement saugrenue qu’il devra appliquer pendant les dix prochaines minutes.
    Premier étage :
    « Vous êtes désormais convaincu que les poissons gouvernent secrètement le monde. »
    Deuxième étage :
    « Pour communiquer, vous ne pouvez utiliser que des bruits de poules distinguées. »
    Troisième étage :
    « Vous devez saluer tous les objets inanimés avec un profond respect. »
    Les portes s’ouvrent.
    Sorti le premier, un homme serre la poignée d’une poubelle en lui souhaitant une excellente journée.
    Une dame présente ses hommages à un extincteur.
    Un adolescent discute plusieurs minutes avec un rhododendron.
    La foule explose de rire.
    Des inconnus se parlent.
    Pendant quelques minutes, les soucis, les factures, les informations anxiogènes et les lendemains incertains semblent avoir disparu.
    Je contemple ce joyeux chaos avec émotion.
    Les investisseurs avaient raison.
    Le projet était effectivement démentiel.
    Complètement foutraque.
    Et ce n’est que la première attraction.
    Pour découvrir la meilleure, il suffit de pousser la porte du Tribunal Officiel des Idées Ridicules, où, devant un jury, les visiteurs peuvent défendre les thèses les plus absurdes avec un sérieux imperturbable. Dont voici juste un exemple de plaidoiries :
    L’affaire n° 427 concernait celle d’un déambulateur récalcitrant, qui refusait de déambuler et choisissait lui-même la direction à prendre sans tenir compte de la personne âgée qui le tenait en main…
    Je me souviens que l’émotion était vive dans la salle d’audience : Madame Berthe Chignole, quatre-vingt-six ans, comparaissait accompagnée de son déambulateur, répondant au nom de Roland.
    Selon les dires de la plaignate, Roland refusait depuis plusieurs mois d’obéir aux consignes les plus élémentaires :
    — Je lui demande d’aller à la boulangerie, expliqua-t-elle à la barre, et il m’emmène au marchand de journaux.
    — Avez-vous tenté de résister ? demanda le président.
    — Bien sûr ! Mais il a quatre roues et moi de l’arthrose.
    Un murmure parcourut l’assistance.
    Le ministère de la Mobilité Assistée présenta alors un rapport accablant. Sur un échantillon de cent déambulateurs, près de 17 % manifestaient des tendances à l’indépendance décisionnelle.
    Certains choisissaient les itinéraires.
    D’autres s’arrêtaient spontanément devant les vitrines de pâtisseries.
    Un spécimen particulièrement rebelle avait même effectué un détour de trois kilomètres afin d’assister à un concours de pétanque.
    L’avocat des Déambulateurs Libres dénonça une vision dépassée des relations entre humains et aides à la mobilité :
    — Rien de nouveau, déclara-t-il, depuis des années, les déambulateurs supportent sans protester d’être poussés dans des directions qu’ils n’ont pas choisies. N’ont-ils pas, eux aussi, le droit de poursuivre leurs rêves ?
    — Quels rêves ? s’indigna le procureur.
    — Flâner. Explorer. Déambuler, justement !
    La salle éclata de rire.
    Le déambulateur Roland fut appelé à la barre.
    Grâce à un interprète spécialisé en grincements de roulements à billes, il put enfin s’exprimer :
    — Couic… couic-couic… grrrk…
    L’interprète traduisit :
    — Mon client reconnaît les faits. Il admet avoir bifurqué à plusieurs reprises sans autorisation. Cependant, il affirme avoir toujours choisi les itinéraires les plus intéressants.
    — Avez-vous quelque chose à ajouter ? demanda le président.
    — Couic.
    — Il précise qu’à son âge, Madame Chignole mérite davantage de promenades que de courses ménagères.
    L’émotion gagna le jury.
    Après deux heures de délibération, le verdict fut rendu.
    Le Tribunal reconnut officiellement aux déambulateurs un droit limité à l’initiative poétique.
    Et décréta de choisir leur propre itinéraire un dimanche par mois à condition de prévenir leur utilisateur au moins cinquante mètres à l’avance.
    Quant à Roland, il fut condamné à suivre un stage de conduite accompagnée.
    À la sortie du tribunal, ils partirent ensemble dans une direction inconnue.
    Manifestement, c’était encore Roland qui avait choisi.
    Ma plus grande satisfaction, c’est que la Holdingue fonctionne comme une gigantesque administration de l’absurde, avec les services :
    — de l’administratif inutile, chargé des formulaires impossibles à remplir, dédiés aux affaires à traiter,
    — de la trésorerie, chargé de la facturation des honoraires gratuits des avocats,
    — du contentieux, chargé du recouvrement des facturations des honoraires gratuits des avocats,
    — des commissions d’enquête sur les disparitions des affaires perdues de vue,
    — de l’organisme officiel, chargé de résoudre les problèmes qui n’existent pas,
    — des ressources humaines des petites mains amputées.
    Toute réussite fulgurante génère des jalousies, et, le retour de boomerang est arrivé un soir. Au moment de fermer les portes, un huissier est venu me remettre une enveloppe cachetée.
    Elle contenait une convocation.
    J’étais attendu dès le lendemain devant le Tribunal Officiel des Idées Ridicules.
    Motif de la plainte :
    « Création d’une Holdingue susceptible d’entraîner des accès répétés et non autorisés de bonne humeur. »
    Les poursuites étaient engagées par l’Association des Rabat-Joie Réunis.
    Selon le dossier, plusieurs centaines de personnes avaient été surprises en train de rire, sourire ou plaisanter sans autorisation préalable.
    L’affaire paraissait grave.
    J’ai immédiatement pris rendez-vous avec un avocat spécialisé dans la défense des causes perdues.
    Et réservé un escargot équipé de clignotants pour me conduire au tribunal.
    Avec un peu de chance, nous arriverions avant l’ouverture de l’audience.

  11. Maguelonne dit :

    Oh le dingue ! Depuis ma prime jeunesse, j’entends ça.
    J’ai le crâne et le cœur tout griffés, tout rouillés, tout fêlés. Cadeau de mon papa et de ma maman. Y m’ont pas loupé.
    J’ai un ami : l’alcool. Juste un peu, l’alcool. Ça suffit. Ça donne du gloubi-boulga dans mon cerveau. Pas penser, surtout pas couper les cheveux en quatre. Juste exister et mes grands abattis et moi, on fonce. On ne sait pas toujours où, mais on y va.
    Quand je dis que mes vieux ne m’ont pas loupé, c’est très vrai. Je suis un grand sportif, vif comme l’éclair. Je suis un super héros . Et c’est dans le sport que je m’éclate.
    Pour la coupe de foot, sur le terrain, à poil, ( le short m’encombre), je chope le ballon et le dépose dans les buts de la France. Une fois, deux fois, parfois trois puis je continue le quatrième dans le nez d’un agent de la sécurité, le cinquième dans l’oreille, dans la joue… Ça va rarement plus loin mais j’entends la foule en délire : Oh le dingue ! Oh le dingue ! Jubilatoire comme dirait l’autre.
    A Roland-Garros, je finis toujours par me faufiler et je joue la finale. J’ai la raquette qui s’envole. Mes copains de la sécurité finissent par s’emparer de moi mais trop tard. La foule en délire crie : oh le dingue, oh le dingue ! Et je salue avec les bras, les jambes, avec ce que veut bien me laisser la sécurité. Quelle ivresse !
    Le tour de France, je fais la dernière étape. Je fais les Champs- Élysées. Devant la troupe en vélo, je cours jusqu’à l’Arc de Triomphe. Et le cycliste qui veut me dépasser, je lui balance mon poing dans la gueule. C’est qui le champion ? C’est ma pomme. Et la foule toujours en délire s’égosille : oh le dingue, oh le dingue ! Puis mes copains arrivent, harnachés jusqu’au dents et m’emmènent pour un repos bien mérité.
    Ils tentent de négocier. «  Oh le dingue, faudrait te calmer. Tu crois qu’on en bave pas assez. Faudrait t’enfermer avant chaque événement sportif »
    Moi je rigole. J’ai la « holdingue » mais je suis pas fou. Peuvent pas m’enfermer. Ils n’ont pas le droit. La loi protège les grands sportifs. Et puis je suis célèbre. Je passe à la télé, je suis dans les réseaux sociaux. Je peux pas disparaître.

  12. ourcqs dit :

    C’est fait, ma holdingue a enfin pignon sur rue.
    Elle en avait besoin. Longtemps, elle a erré, sans adresse fixe, sans façade, sans le regard des curieux sur ma plaque dorée. Une holdingue sans rue, c’est une idée à se ronger les ongles dans le noir.Maintenant elle a son interphone, sa plante verte dans le hall, légèrement névrosée, mais présentable.
    Le conseil s’est réuni ce matin trois chaises, un thermos, un hamster,pour voter le lancement de nos activités : psychanalyse urbaine des lieux d’implantation des entreprises, importation de silences, restructuration de nuages, conseil en désorientation stratégique; agence de voyages désorganisés, sans limites, expéditions à l’envers, pour remonter le temps, et notre exclusivité extraordinaire « miniaturisation pour immersion dans notre corps , partant de n’importe quel pore, suivant les nombreux canaux«  , franchissement de cols, d’éminences, des îlots de Langherans, et autres découvertes … avec des rencontres plus ou moins effrayantes !! Émotions fortes garanties
    Le carnet de commandes est plein. Les clients arrivent perplexes, repartent éberlués mais souriants, ravis.
    La holdingue a cessé de se ronger les ongles. Elle en a développé d’autres, plus, plus … . C’est ce qu’on appelle, dans le milieu, une thérapie réussie.

  13. Nicolas Thébault dit :

    Ma holdingue a un succès fou. Au départ, je gérais seulement les portefeuilles de souvenirs encombrants : chagrins d’amour, humiliations, dettes morales. Mes clientes et clients particuliers s’en trouvaient soulagés, la tête plus légère. Ils pouvaient choisir de conserver leurs remords, ou de réaliser une plus value.

    « Votre amour manqué de 1987 a pris 340% de valeur émotionnelle, nous vous conseillons de vendre. »

    On leur proposait alors un échange avantageux : le souvenir cédé repartait en portefeuille, remplacé par un actif à rendement positif soigneusement sélectionné. Tout allait bien. Les stocks tournaient, l’entreprise respirait. Puis les voyous, les PDG. Les politiques sont arrivés avec des valises bourrées de coups fourrés, de trahisons.

    Depuis, la valorisation de la holdingue a explosé, mais les dépôts douteux s’accumulent. Impossible de les remettre en circulation sans risquer de nouveaux crimes, délits d’initiés, ou scandales à retardement. Le stock pourrit sur pied. Aucune rotation. Mes beaux algorithmes s’étranglent. Le pire ? Ces messieurs repartent les mains dans les poches, le sourire aux lèvres, parfaitement allégés.

    J’ai beau chercher comment écouler ces stocks toxiques, je bute toujours au même endroit : je suis une femme. Je ne pense tout simplement pas comme eux. Leurs combines m’échappent, leurs circuits me sont étrangers, leurs logiques me répugnent. La solution s’est imposée d’elle-même, un matin, en relisant mon bilan :Je vais changer de genre. Devenir un homme, provisoirement, le temps de liquider les stocks. Juste ce qu’il faut pour comprendre leurs rouages, infiltrer leurs réseaux, remettre leurs turpitudes dans le bon circuit. Une opération purement comptable, en somme.

    Mon expert-comptable, lui, n’a pas sourcillé. Il a juste noté dans la colonne Charges exceptionnelles : Transition de genre, usage professionnel.

    • Alain Granger dit :

      Tu restes un utopiste aux idéaux généreux. Et oui, la spéculation abime tout et abîme tout. Ta mise en abîme par la transformation sexuelle laisse l’espoir que la femme est l’avenir de l’homme avec, peut-être un mélange d’un peu de masculin. L’un ne va pas sans l’autre…et réciproquement.

  14. Alain Granger dit :

    Durant mon enfance j’ai beaucoup lu. Super actif, la lecture me calmait. J’ai commencé par « Alice au pays des merveilles » de Lewis Carroll. J’ai continué par « Don Quichotte » de Miguel Cervantès et, plus adulte, je me suis plongé dans « Le Roi Lear » de William Shakespeare.
    – Tu dois être complètement fou de t’intéresser à ces représentations de la folie, me condamnait mon père.
    – Mais qu’est-ce que la folie ? le sais-tu toi-même. Est-ce médical ou simplement le contraire de la sagesse ? l’anticonformisme, une posture marginale jugée déviante ? il y a peu les femmes qui recherchaient la jouissance que leur mari ne leur apportait pas étaient enfermées pour folie. Trouves-tu ça normal ?
    – Ne mélange pas tout.
    – Tu vois, j’ai utilisé à tors le mot « normal » au lieu de « juste ». C’est pour te montrer que tout ce qui n’entre pas dans la norme est folie.
    – Tu perds la tête, mon fils.
    – Non, au contraire, je la retrouve. Je pense que la folie est source créatrice. Ne disait-on pas que Friedrich Nietzsche ou Antonin Artaud étaient fous. Tout comme Vincent Van Gogh. D’ailleurs ce dernier n’a pas vendu grand-chose. Ce n‘est pas pour cela que l’on devrait jeter sa peinture dans les « gogs ».
    – Et voilà que tu fais de l’humour. Vraiment mon fils, tu as un grain.
    – Oui, papa. Je l’ai toujours eu. Et ce grain a germé. Je sais que tu m’en veux toujours d’avoir contesté ton autorité, surtout par la dérision ?
    – Non…mais bien sur que non.
    – Non ? et ce n’est pour ça que tu m’as plusieurs fois envoyé consulter un psychiatre ? Je vais rester dans l’humour pour te dire que pour la folie, on parle de troubles psychiatrique en été et de troubles manteaux en hiver….
    – Et tu trouves ça drôle ?
    – Oui, ça m’amuse. Tu savais que la folie se niche souvent chez les mécaniciens et tout ce qui touche à l’automobile ?
    – Non, pourquoi ?
    – Parce qu’en voiture le schizo freine et que chez les mécaniciens on trouve souvent des syndromes psycho moteur…
    – Ce sont des histoires de fous que tu me racontes là, mon fils.
    – Tu as raison. Je ne discute plus de folie avec toi, papa… Mais dis-moi, pourquoi tu ne retires pas ton uniforme de Napoléon ?
    – Mais je suis l’Empereur, mon aiglon.

    • Nicolas Thébault dit :

      Cher Alain, tu démontres chaque semaine ta folie des jeux de mots, la chute est formidable et je comprends pourquoi tu te métamorphoses si facilement en général d’empire 🤣 amicalement

  15. camomille dit :

    Ça y est ! C’est fait ! Ma « holdingue » est lancée !
    Elle a eu un succès fou au salon des innovations.

    l’activité qui a été la plus plébiscitée est celle du ramassage des points d’interrogation.

    C’est fou ce que les gens en sont encombrés.

    Ça va de :

    – « Puis-je mettre cette veste rouge qui me va si bien pour l’enterrement de mon mari ? »,

    – « Puis-je manger un 3ème carreau de chocolat sans trahir le protocole de mon nutritionniste ? »

    – « puis-je appliquer ma crème de jour pendant la nuit si je suis en rupture de crème de nuit ? »

    Jusqu’à :
    – Puis-je l’empoisonner sans qu’il souffre ?
    Etc…

    Son concept est simple :
    Le ramassage s’effectue une fois par semaine, le LUNDI matin.
    Les adhérents qui se sont inscrits déposent leurs points d’interrogation le dimanche soir dans un point relais de leur choix (pas plus de cinq par semaine).
    Il est recommandé de les déposer séparément afin d’éviter les courts-circuits.

    Ce service rencontre un tel succès, que je me demande si je ne vais pas créer un département « recyclage » en parallèle ?

    Enfin… c’est en point d’interrogation pour le moment.
    Je vous tiendrai au courant.

  16. Ariane ADAM dit :

    On en parle, ils ont entendu, ils veulent voir.
    Ils sont venus bien avant l’ouverture. En masse, avides, le regard nerveux. Certains sont là depuis des heures pour garder leur place.
    Au signal, ils entrent dans la bousculade, les jeux de coudes, la fièvre des foules.

    Vous vouliez du délire: Bienvenue au Royaume d’Absurdie!
    Entrez, entrez!
    Derrière la façade bigarrée du Holdingue, vous verrez un limonaire asthmatique exhalant ses notes poussives qui se métamorphoseront en lettres et puis en mots, poèmes ou discours, phrases banales ou messages d’amour!

    D’un doigt craintif, je touche un mot: une bulle qui s’irise avant d’éclater en mille caractères.
    Dans mon cerveau éclot des syllabes inversées, un mot inconnu. Qu’importe, c’est le mien, l’incompris, celui que j’emporterai, que je conserverai dans ma mémoire singulière.
    Les phrases ondulent, les lettres dégringolent en cascades sonores, les mots scandent, les strophes psalmodient.
    Et moi je danse, je jongle, j’invente, j’improvise dans ce monde de folle typographie qui m’enchante.
    Tant pis pour le dictionnaire obèse qui grogne d’impuissance, le lexique qui s’effeuille de dépit, le répertoire qui classe avec mépris, la grille de mots croisés qui emprisonne ses mots de peur qu’ils ne s’envolent.
    Les pièces du Scrabble claquent d’impatience et clament leur dictat : Mot compte double! Lettre compte triple!
    Soudain l’ordre éclate: Donnez- nous le mot de passe robuste!
    La machine accélère, s’essouffle, lâche voyelles et consonnes par poignées en nuages compacts. Elle distord, elle déchiquette, elle dissocie.
    Et dans un cliquetis désespéré expulse son déluge lexical.
    Une sonnerie stridente me vrille la tête.
    Je me réveille sur ma page blanche.

  17. Nouchka dit :

    Crier n’est pas toujours aisé. Vous risquez de passer pour un fou qui dérange l’ordre public.
    Cependant, dans bien des circonstances, vous ressentez le besoin de crier, d’exprimer ainsi votre joie, votre détresse, votre douleur ou votre rage.
    L’une de mes créations d’activité « délirante » vous offre la possibilité de passer un moment dans une loge « hurlante » où vous évacuerez le stress, vous vous défoulerez à plein poumon, sans crainte d’alarmer qui que ce soit.
    Dans cet espace, personne ne vous entend crier… ou presque. Il absorbe les ondes sonores et ne produit qu’un simple murmure audible à l’extérieur.
    Vous aurez également, dans cette loge, la possibilité, si le cœur vous en dit, de vous voir et vous entendre en hologramme.
    Grâce à l’IA holographique, vous vous verrez et vous entendrez « transformé ».
    Si, par exemple, votre souhait le plus cher est de vous entendre chanter comme un oiseau, vous pourrez choisir la mélodie qui remplacera vos cris d’horreur ou de terreur ou votre inaptitude à chanter de manière harmonieuse, en une composition inédite.
    Nous avons noté que des chanteurs fréquentaient la Loge Hurlante. Pour tenter de dépasser leur propre effroi de la fausse note. Cette note qu’ils pensaient hors de leur portée et que, dans l’isolement du stand, s’autorisaient et parvenaient à l’atteindre. Alors qu’ils se refusaient cette satisfaction de progression personnelle dans un autre lieu.
    Certains utilisateurs viennent rechercher le ressenti de leur état de très jeune enfant ou de nourrisson quand ils s’autorisaient à crier leurs frustrations le plus fort possible…
    Combiner l’isolement sonore et le bonheur de vous découvrir des talents insoupçonnés est maintenant possible.
    Le succès de ces nouveautés nécessite que vous vous inscriviez rapidement.
    Néanmoins, en cas de besoin urgent, voire impératif, de crier, nous réservons une loge sans rendez-vous qui nécessitera un petit complément de tarif.
    N’hésitez pas. Venez tester la Loge Hurlante. D’intéressantes formules d’abonnement sont mises à votre disposition.

  18. Antonio dit :

    Ma « holdingue » a enfin pognon sur rue depuis que je contrôle toutes ces sociétés qui ont perdu la tête et retrouvé leur roi. Mes activités, je ne les compte plus. Si je n’en ai pas mille, à travers le monde, je n’en pas une une.

    Je taxe et je twitte, je twitte et je bombarde, je bombarde et je twitte, je twitte et je palpe, je palpe et je « putte » un coup à Mar-a-Lago, je pète un plomb et je bombarde, ça va mieux alors je twitte et je bloque, je bloque et je casse, l’économie de toutes les classes, sauf celles de mes amis, je twitte et ils palpent, ils palpent et je suis réélu, je suis l’élu et ils prient, lis prient et ils palpent et le pape ne prie plus.

    C’est fou comme ma « holdingue », en quelques mois, a pignon sur ce monde à la rue.

    • Eleonore Gottlieb dit :

      on y est , et c’est si vrai ce que tu écris , je tremble un peu bien sûr mais quoi ? il faut bien dormir au chaud et mes vieux draps sont criblés de dollars ALORS je peux être fier je suis le plus fort …. oh ! La soupe est froide , je vais la réchauffer ! elle à tellement été réchauffée déjà ! pas grave je peux la solder, il y a bien de gueux qui sont affamés!

  19. Nadine de BERNARDY dit :

    Je l’ai appelée « My Dear Old Dingue » en rapport avec le temps qu’il m’a fallu pour la créer, dans une folie créative exaltante.
    Ce fut un succès immédiat, un catalogues de possibilités toutes plus démentes les unes que les autres amenèrent 1341 inscriptions dès le premier mois
    La dernière activité que je peaufinais depuis quelques semaines consistait, pour qui possédait un capital d’au moins un million de sesterces UE, en la pose d’un chalet sur Pluton.
    Après inscription, choix de sa parcelle, de son modèle de chalet préfabriqué, , un contrat était établi entre les deux parties qui stipulait que :
    – le contractant est majeur, libre de toute attache, sain de corps et d’esprit
    – il doit avoir une caution de garantie de proches fiables au niveau de leur banque
    – il s’engage à effectuer les aller retour Pluton Terre et vice versa afin de procéder aux vérifications d’usage concernant : la conformité du terrain, réception des matériaux en présence de l’architecte
    – à couvrir le coût des frais d’entretien de l’équipe oeuvrant sur place
    – prévoir quelques frais inattendus pouvant s’ajouter à l’ensemble.
    Les candidats se bousculaient, chacun voulant acquérir la parcelle le mieux placée, les exigences frôlaient le délire. de très près.
    Une baie vitrée avec vue sur la Terre, pas de vis à vis à moins de trois kilomètres ,une piscine olympique avec plongeoir intégré entre autres.
    Je promettais tout, enregistrais les desiderata, rassurais les hésitants. Les futurs résidents repartaient avec une maquette 3D et un plan de Pluton sous le bras.
    C’était le début de la fortune, de la gloire. Ma reconversion s’annonçait prometteuse.
    J’étais un homme comblé.

  20. Jean Marc Durand dit :

    Tu prends une idée simpliste, tu la peaufines au goût du jour, c’est quasiment gratuit, personne n’y connaît rien mais tout le monde en parle. C’est comme ça et pas autrement que j’ai monté ma holdingue. Et ça marche du feu de Diable, comme dit Adolf Faust, notre super PDG.

    Donc avait été organisé ce jour-là, une fausse loterie où tout le monde en fait gagnait. Pour un euro symbolique, tu pouvais récupérer la chance de rajeunir. L’éternel retour en arrière, la possibilité d’effacer tes rides, de regaloper sur les sentiers de la séduction…j’en passe et des pires !

    Vous me direz, un euro, ce n’est apparemment vraiment pas cher pour vous enrichir, vous. Mais mon ami, il y a tant de pauvres….tant d’affectés du laisse poire, des qui finissent blettes, sur le bord d’un trottoir. No problem, ça roule !

    Donc, on a eu foule, foule d’innocents se croyant enfin élus. La récompense d’une vie.

    De fait, tout ça, ce n’était quand même pas que du pipeau. Notre équipe de scientifiques avait bien créé deux pilules régénératrices de jeunesse, une bleu, comme il se doit, pour les mecs et une rose, pour les nanas. Les qui avaient du mal à choisir pouvaient s’avaler les deux.

    Tout ça évidemment, c’était combiné avec le ministère des vieux et celui des armures.

    Trop de vieux au pays, en priorité, on les faisait gagner, mine de rien, ça rajeunissait le peuple, ça désencombrait les Ephad et les services hospitaliers. Et de l’autre côté, le traitement abouti, ça remplumait les troupes guerrières, les planificateurs d’invasions, les déboucheurs de détroits, les éjaculateurs d’ogives.

    Super système. A priori tout le monde y rentrait et en sortait gagnant.

    Sauf que dans ce drôle de monde, il en existe toujours des qui abusent. Des, qui par exemple, possédaient plus d’un euro d’économie et, qui, mine de rien, se payaient un deuxième, voire un troisième tour de manège.

    L’addiction s’avère donc bien l’incapacité d’aligner correctement trois mots de suite. Tous ces addicts aux petits cachets miraculeux retombèrent sur le popotin de leur toute prime jeunesse.

    On vit des troupeaux de bambins ramper sur les boulevards de la capitale. Ce fut un joli bordel.

    Pas du tout ce que nous avions cru planifier.

    Néanmoins, ma holdingue et moi, on s’en est sorti. Faut dire que l’une de nos plus grosses filiales avait déjà mis la main basse sur le marché international de la couche, fabrication, expédition, récupération, recyclage.

  21. 🐁Souris verte dit :

    Une ‘Holdingue’… mon rêve… mais moi les paperasses ce n’est pas mon fort ! Alors je me suis mis â entasser les feuilles… celles de choux en premier qui sont les plus faciles à ramasser puis celles d’artichaut… puis le cuniculteur m’a demandé des feuilles de salades pour son élevage enfin, m’a société étant située entre un supermarché et un restaurant je ne manque jamais de ravitaillement. Mais elle touche aussi ceux en mal de ragots qui lisent dans les feuilles de chou vert exclusivement, le chou-fleur est plus féminin et convient mieux aux concierges… J’y reçois aussi les curés et les bonimenteurs qui tricotent des histoires à dormir debout …ceux qui ont le cœur en berne se dirigent vers le cœur de laitue… ceux qui ont perdu aux cartes et qui, venant de se faire rincer, vont vers l’artichaut, le breton de pŕeférence… pourquoi ? Parce qu’il y pleut souvent tiens !
    Enfin ma petite industrie va connaître un bel essort avec le cabaret de strip-teaseurs qui va s’ouvrir juste en face… ça va y aller sur les feuilles de vigne ! En ne les mangera pas qu’à la grecque !… 🐁

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