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Campagne de publicité de l’Agence Française de la Santé Bucco-dentaire
Le vieux corbac, sur son chêne monté,
Suçait rêveusement un caramel
Petit moineau, par les schlump-schlump appâté
Débita un flatteur boniment, d’un ton formel :
« Hé ! bonzour, Messire Corbeau.
Que vous êtes zoli ! Que vous … »
« Hé le piaf ! Arrête ton char » l’interrompit l’aîné
« Ton baratin est connu. Fais pas l’étonné »
« Morale à retenir :
Sache que ce n’est pas aux vieux singes
Qu’on apprend à faire la grimace »
« Non Messire Corbeau, je voulais zuste savoir
Si dans ton auguste sazesse
Tu crois que les sucreries abîment les dents
Moi ze n’en ai pas. Normal ze suis encore zeune
Mais toi un vénérable tu n’en n’as plus ?
À ces mots, le corbeau est pris d’un fol rire
Il ouvre un large bec, laisse tomber le bonbec
Le mouflet s’en saisit, et dit : « Eh Grosbec
Tu t’es encore fait pizonner, triste sire !
« Sasse que la vérité sort toujours de la bousse des enfants
Cette leçon vaut bien un bonbec »
Eh ! Eh ! Maître Corbeau !
Tu sais moi aussi comme toi je fais de la boxe.
Moi c’est de la boxe anglaise. Uniquement avec les mains.
Et toi tu boxes à la française. Les pieds et les mains. Tu n’as pas honte ?
Viens à la salle ce soir que je te mette une raclée.
Eh ! Maître dors-tu ? M’entends-tu ? Tu sembles tout raide dans ton costume noir ?
Bizarrement le corbeau sortant brusquement de sa léthargie accepta l’invitation.
Le soir petit moineau réussit un exploit jamais vu dans l’histoire de l’univers.
Mettre KO un corbeau Oh ! Oh !
Tout les spectateurs présents n’arrêtaient pas d’ovationner le moineau.
Corbeau toujours allongé au sol, ouvrit un œil. Puis un autre. Puis son troisième œil.
Il vit le moineau en train de le regarder.
Levant légèrement la tête et le fixant, il lui dit :
Bravo le moineau ! T’as réussi !
Vas-y ! tu peux maintenant occuper ma haute branche.
Elle est à toi cette branche.
Tu sais je lis quelquefois les écritures.
Je m’aperçois qu’il est bien vrai de dire, qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir !
Ho ! Ho ! Continua-t-il :
Sois heureux sur ma branche !
Le moineau sembla le regarder tendrement.
Il le remercia et il se sentit plein de joie !
Oh ! comme vous êtes admirable
Pourvu d’un plumage incomparable
Complimenta le moineau
Convoitant la place de l’oiseau
Dans la vie point de succès
De s’élever sans risquer l’excès
Le corbeau paisible en son bois
Dominait les lieux sans émoi
Tous les secrets en connaissez
De cet endroit à ce que je sais
Il faudrait sans vous déranger
Près de vous écouter les dangers
Qui fourmillent dans cette forêt
Auxquels, selon les dires, vous portez
Une oreille plus qu’attentive
Dont mon ignorance me prive
Nouveau résident de ces lieux
Il me faut prendre au sérieux
Les us et coutumes des hôtes de ces bois
Pour ne point me transformer en proie
On dit que votre intelligence
De loin dépasse celle d’autres engeances
Me feriez-vous l’honneur de m’initier…
Si ma place est ce que vous souhaitez
Pensant qu’elle vous rendra plus futé
Inutile de jouer au renard
À qui en vérité préférant le lard
Mon fromage j’ai cédé
Par bonté et non par cupidité.
Sur ces mots, le corbeau s’envola
Dans ce cas
Mieux vaut éviter les pugilats.
LE MOINEAU ET LE CORBEAU
Un moineau ayant piètre allure
Errait de ramire en ramure
En quête de quelque nourriture
Qui lui donnerait meilleure figure
Peut-être même de l’envergure
Pour tenter une belle aventure
Et exhiber meilleure posture
C’est alors qu’il vit
Bien au-dessus de lui
Juché proche de la canopée
Un oiseau si bien fait
Eclaboussé de lumière
Vision presque éphémère
Pour le moineau frileux
Qui d’abord n’en cru pas ses yeux
Bien le bonjour Monsieur du corbeau
Vous êtes fort chanceux d’être si beau
Sous le soileil répandant de là-haut
Ses rayons pour vous seul très chauds
Je ne suis moi que vilain moineau
Aux rares et tristes plumes sur la peau
Sans force pour voler vers un monde nouveau
Mais que tenez-vous si serré dans le bec
Ne serait-ce pas un bonbec
Vous qui êtes si beau mec
Ne craignez-vous pas de ce sucre la malice
Qui affecterara votre bel appendice
Et vous causera grand préjudice
A ces mots et c’est pour lui un vrai supplice
Le corbeau affolé rennonce au bénéfice
Du bonbon qu’il suçait avec délice
Et le jette au moineau qui l’attrape au vol
Et le picore sans attendre sur le sol
A cette fable point n’ai trouvé d’autre fin
Que « tout est bonbon pour assouvir sa faim » .
Un piètre moineau visait la branche du haut, sur laquelle maître corbeau faisait le beau. Oh ! comme vous êtes…
Inventez la suite de cette fable en « Lafontainisant » autant que possible.
– Oh comme vous êtes déjà bien haut !
Je ne pourrais pas vous apporter le fromage commandé à notre amie la mésange charbonnière.
Il vous vaudra descendre de votre perchoir !
– Mais je n’en ai nullement l’intention. Je me passerai de fromage…
– Un gourmand comme vous cela m’étonnerait
La mésange m’avertit que le fromage est prêt, Je vais le chercher
– Je te préviens, moineau, je ne descendrai pas
– Et bien que neni je le partagerai avec les autres oiseaux
La phrase à peine terminée, voilà qu’une nuée d’oiseaux fond sur notre moineau : pinson des arbres, serin, merle, rouge gorge
Vous voyez je ne vous mens pas, Tout ce petit monde n’attend qu’un geste de ma part
Alors vous descendez ?
Vous ne m’impressionnez pas, C’est à vous de monter !
Vous l’aurez voulu… je mets le fromage à disposition de mes congénères
Et le fromage est lancé dans la nature. Le flot d’oiseaux s’empare de cette nourriture improbable
Là haut, le bec entr’ouvert, le corbeau n’en croyait pas ses yeux !
On n’est jamais si bien servi que par soi-même
Un piètre moineau visait la branche du haut sur laquelle Maitre Corbeau fait le beau.
Oh ! Comme vous êtes élégant dans votre smoking de gala. Une sortie prévue ce soir ?
Non, pas vraiment, ma tenue de tous les jours.
Vraiment ? Vous êtes digne de monter les marches du festival de Cannes !
Je suis flatté, cher ami.
Pourriez-vous tourner sur vous-même que je voies l’arrière de votre costume ?
Comme ça ? Vous voyez bien ?
Oh oui, c’est éblouissant de perfection. Quel est le nom de votre tailleur, je brûle d’envie de me faire confectionner un tel costume.
J’ai ses coordonnées à la maison.
Auriez-vous l’obligeance d’aller me les chercher. Je suis tellement impatient.
Je reviens dans quelques minutes.
Le corbeau s’envola et le piètre moineau au costume éculé prit sa place fier de son discours.
Un piètre moineau visait la branche du haut,
sur laquelle maître corbeau faisait le beau.
Un gentil petit titi
Juché sur la basse branche
D’un arbre bienveillant
Tenait en son bec un Kiri
Ce carré de fromage
Il avait décidé d’en faire cadeau
À son voisin du haut
Un noir et gras corbeau
Ce présent n’était pas gratuit
Car le petit titi
Visait l’étage supérieur
La vue et l’air y étantt bien meilleurs
Appâter le corbeau par son chant
Étant devenu impossible
Titi décida donc de monter à l’étage
Le bec plein du laitage
Corbeau sur son perchoir
Paraissait sommeiller
Titi se dit tant mieux
Pas de bagarre en vue
Le bec plein il sauta
Il sauta il sauta
Et finit par frôler
Le corbeau somnolent
Une brise opportune
Traversa le feuillage
Corbeau émoustillé
Par l’odeur du fromton
Ouvrit les yeux tout net
Ainsi que son grand bec
Il saisit prestement
Le Kiri du titi
S’envola mollement
Pour goûter son larcin
Ainsi le piètre moineau
Se trouva fort content
D’avoir par un appât blanchâtre
Leurré le corvidé
Il chanta de tout son gosier
Seul sur la haute branche
Las le plaisir de courte durée fut
Le corbeau s’en revint
Le titi décampa
Retrouva son étage
Satisfait du moment
Qu’il venait de passer
Se promit de revivre
Une telle épopée
Mais lors plus de Kiri
Il prendrait du Boursin
Une belle pub pour Kiri et Boursin !
Chère Avoires,
Désormais, je ne mangerai plus le Boursin de la même manière… et j’étalerai le Kiri plus délicatement sur mes tartines…
Bien à toi.
Un piètre moineau visait la branche du haut, sur laquelle maître Corbeau faisait le beau.
— Oh, comme vous êtes haut perché ! Comment faites-vous pour prendre de la hauteur ?
— Croa-croa ! Moi, je n’ai pas d’ailes ridicules comme les tiennes, croassa le Magnifique en ces lieux.
— Ah ! gazouilla le moineau. Je n’y suis pour rien, moi, si je suis comme je suis.
— Croa-croa ! Sache que ce n’est pas une question de taille de nos membres, mais d’ambition pour dominer le monde. Moi, j’ai la réputation d’être maléfique et, malgré tout, j’y parviens.
— Et que voyez-vous du haut de la canopée, Mossieur le Superbe ?
— L’herbe qui verdoie et le soleil qui poudroie, mais aussi des gamins qui tentent de me trucider à coups de lance-pierre. Je suis sans cesse sur mes gardes, pleurnicha le vantard, avec des trémolos dans le gosier.
— Comme je vous plains d’être toujours aux aguets et d’avoir une si vilaine voix.
— Croa-croa ! Qu’est-ce qu’elle a, ma voix ? s’offusqua le perché.
— Elle a qu’elle fait fuir les promeneurs, alors que la mienne les attire, pépia le moineau.
Maître Corbeau, vexé, prit son envol en croassant de plus belle.
« On a, parfois, besoin d’un plus petit que soi pour embellir la vie. »
Maître Corbeau et le piètre moineau…
En ces doux premiers jours de printemps,
Un piètre moineau, sur sa branche sautillant,
Tordait le cou vers la ramure plus élevée,
Sur laquelle maître Corbeau, dans son bec acéré,
Y tenait un beau calendos tout coulant,
De sa nauséabonde odeur l’air saturant.
Le piètre moineau, que cette senteur écœurait,
Lui tint à peu près ce verbiage déjanté :
Yooo, Monsieur du Corbeau,
Là, tu abuses d’être aussi beau.
Frérot, si la voix suit le face card, c’est dangereux, là.
Clairement, t’es le boss final de la forêt, et même au-delà.
À ces mots, le Corbeau, là, il était au max,
Et à ce moment, pour flex sa voix, bombant le thorax,
Il ouvre le bec en mode XXL… et il drop son fromage coulant.
Le piètre moineau, en full audace, saisit le fromage dégoulinant,
Et commence : Mon bon monsieur du Corbeau… tu es trop matrixé…
Un flatteur profite toujours de celui qui naïvement se fait piéger,
Franchement, le fromage était bien cher payé pour la leçon.
Le Corbeau est en full gêne : « J’ai le seum de passer pour un pigeon »…
Il promet qu’on ne l’y reprendra plus… sauf que c’est déjà Game over…
Le Corbeau, vexé et en colère, il se barre direct de la branche,
Le piètre moineau, full orgueil, se dit : « Ok, c’est mon moment de shine ».
Il lâche le calendos au sol et le regarde s’étaler en mode chaos.
Et hop, d’un coup d’aile bien rapide, il prend place sur la branche comme un boss…
Pour se faire une place ici-bas,
Il fallait viser haut, et l’ascension
Pour un nom voire une réputation,
Nécessitait de piailler à hue et à dia.*
Ainsi un petit moineau sifflait
Sans cesse sans se camoufler
Du maître de la canopée
Rouge et verte d’argousiers.
Le corbeau d’humeur malgracieuse
En respiration maugréeuse,
Arrogant de la tête dodeline
Mécontent du raffut devenu routine.
Il interpelle l’intrus qui le fait braire :
« Va donc cuicuiter ailleurs, Corsaire !
Tu troubles sans vergogne mon perchoir
Celui où les miens exposent leur robe noire.
Retourne misérable dans ton monde
Ici, manant, tu ne fais que dénaturer
Notre unité noble et féconde. »
Mais le zoziau, sans perdre haleine,
Tacle le volatile au plumage ébène.
« J’envie moins vos hauts appas
Que le poids qui étoffe votre ramage.
Ce qui croît dans la lie
Se nourrit de mille envies.
Sous votre robe si lustrée
Se cachent chaînes et vanités.
Chaque arbre, chaque feuille
M’offre un abri sans orgueil
Et je partage au vent qui m’emporte
Le doux bruissement de l’amitié sans cohorte. »
Le corbeau, piqué de l’audace,
Rit d’abord, puis doute et s’efface ;
À vouloir régner dans les hauteurs
Malgré son faste hautain
Il sentit poindre au fond de lui,
Un vide né d’ambition et d’orgueil.
Rien ne sert le tape- à- l’œil
Si l’on ne veut pas mourir d’ennui.
Quoi qu’en disent même les nôtres,
Pour vivre heureux, vivons fauchés,
Loin des désirs de tous ces autres
Qui te font vivre à l’ébauchée !
A hue et à dia: Elle s’inspire des cris des charretiers à leurs bêtes : « hue » signifie « en avant » et « dia » signifie « à gauche ». donc veut dire dans toutes les directions.
Vous avez beaucoup d’imagination !
C’est très intéressant.
Ce n’est pas de la fiction,
Il y a beaucoup de rebondissement.
Un piètre moineau visait la branche du haut
Sur laquelle Maître Corbeau faisait le beau.
Oh! Comme vous êtes…
Mais tout à coup il entendit du bruit.
Plaintes et lamentations, gémissements et pleurs
Venaient de tout en haut du grand saule pleureur.
– Mais Monsieur Lecorbeau, pourquoi donc ces soupirs, cette mine attristée?
Où sont donc votre morgue, vos grandes envolées?
– Je suis seul, je m’ennuie,
Plus rien ne me distrait
Rejeté et banni
Je me sens vieux et laid.
– Quelle mouche vous a piqué de vous percher si haut?
Descendez donc ce soir avec nous prendre un ver.
C’est la fête des voisins, il y aura concert.
– Mais y aura-t-il suffisamment de place
Sur la branche qui vous porte? J’ai bien peur qu’elle ne casse!
Vous voyez je suis grand et puis je pèse lourd…
Maréchal du Grand Croa, Président de la Tour!
– Ah c’est vous qui voyez!
Descendre d’un degré,
Quitter votre perchoir,
Si pour vous c’est déchoir…
– Quelle serait la consigne si jamais je voulais…
– Porter des plumes, un bec et être né d’un oeuf,
Bref être un oiseau… Est-ce à votre portée?
Lecorbeau hésita, prudemment se pencha
Et dans un battement d’ailes enfin se décida.
Notre ami Lecorbeau a-t-il enfin compris
Qu’orgueil et préjugés ne font pas des amis?
Retour du Corbeau et du Renard.
Maître Corbeau, tout penaud de sa déconvenue, avait dû se contenter de manger des pruneaux à la place du délicieux fromage. Mais Corbeau méditait sa vengeance. Une semaine passa. Maître Renard passait près d’un grand arbre lorsqu’il vit maître Corbeau perché sur la plus haute branche. Il tenait en son bec un fromage encore plus gros que celui qu’il lui avait précédemment subtilisé. « Je vais m’occuper de cet imbécile », se dit le malin goupil. Il se plaça sous l’à-plomb de cette branche et apostropha le volatil sombre :
– Bien le bonjour monsieur Corbeau. Que vous avez séant le corps beau ! La vérité si je mens, si votre ramage ressemble à votre plumage, vous êtes par deux fois l’Apollon de ces lieux. Le dieu de la beauté allié au dieu du chant. Je suis tout ouï pour entendre votre chant mélodieux. Si la nouvelle de cette belle voix se répand, Monsieur Aigle devra céder le champ sur votre passage.
Maître Renard crut voir une rougeur sur la joue de Corbeau. Le regard levé, le perfide Renard attendait que le beau fromage lui tombe dans la gueule, lâché par le naïf Corbeau. Un léger sourire apparut lorsqu’il vit le bec s’ouvrir. Avant que le croassement du volatil noire n’atteigne le croisement de ses deux oreilles pointues, Renard vit chuter le délicieux fromage à la belle croute blanche. Il ouvrit grand sa gueule et referma ses crocs sur le disque crémeux. Mal lui en prit. Non seulement ses ratiches pointues se cassèrent sur de la pierre mais le poids du fromage factice assomma le rusé canidé.
Lorsque maître Renard retrouva ses esprits, maître Corbeau le regardait de haut :
– Bien le bonjour monsieur Renard. Je connais un bon dentiste avec qui je joue au bridge. Je vous en donnerai l’adresse.
– Et fou trouféz fa drôle ?
– Non, point du tout. Vous êtes plutôt pitoyable. Sachez qu’il ne faut jamais plumer deux fois le même pigeon car il risque de vous fienter la tête en y faisant tomber son courroux. Tel est pris qui croyait prendre, monsieur Renard. Sachez que tout aigrefin vit au dépend de celui qu’il escroque. A remettre le couvert vous vous êtes fait croqué et vos dents ont craqué.
Le Renard, honteux et confus, jura qu’il ne mangerait plus de fromage. Le calcium étant parfois un peu trop dur à avaler.
Oh, j’adore ! Le renard sans ratiches, il fallait y penser
Un piètre moineau visait la branche du haut,
Sur laquelle maître corbeau faisait le beau.
Oh ! comme vous êtes superbe et fort lustré
Ce port de tête est top, quasi millimétré.
Vous posez là sur cette branche, votre mystère.
Seriez vous parbleu l’unique roi sur la terre ?
J’aimerais vous rejoindre et vous accompagner,
Je ne prendrais pas de place sur le châtaignier.
Promis, juré je ne ferai pas trop de bruit,
Juste un ou deux tuit, tuit pour votre seigneurie,
La vue doit être belle quand on est avec vous.
Et plaisante la vie, je vous envie j’avoue.
Arrêtes petit reste bien là, en dessous
Ne trouble pas ma vue, pauvre moineau sans sou.
Si j’ai le corps beau c’est grâce à mon pédigrée,
Une pure lignée, pas comme la tienne tigrée.
Je ne côtoie pas souvent le menu fretin.
A des comme toi je donne du picotin.
Qu’ils s’estiment heureux si je ne les frappe pas,
Des moineaux si vils que toi, assez, oust, basta.
Jean Louis Métivier 04/2026
Un piètre moineau visait la branche du haut,
Sur laquelle maître corbeau faisait le beau.
Oh ! comme vous êtes, me semble-t-il, en forme ce jour
Si j’en crois les déjections reçues en mon nid
Vous avez hier copieusement festoyé !
Qu’aujourd’hui vous apporte quelque excellent souper.
Moineau gris révisa ses projets ambitieux
Et décida de quitter son nid actuel
Pour en installer un nouveau dans la muraille
Là, confia-t-il à sa compagne, plus de nuisance ;
Plus de réveil aux croassements sinistres ;
Plus d’odeurs des charognes de ce gros carnassier.
Nous allons, ma Mie, vivre de graines et d’amour
Nos petits seront bien protégés dans le trou
De la muraille abritée des vents et des pluies.
Ils connaitront les délicieuses senteurs
Des boutons de fleurs qui pousseront en contre bas.
Ensemble nous pourrons travailler nos gazouillis
Et proposer des concerts à tous les voisins.
Notre bonheur se crée dans la joie et l’amour,
Et personne ne parlera plus à notre encontre,
De « piètre » moineau.
Jugé sur une ramille, un piètre moineau guettait avec envie la belle et vigoureuse branche sur laquelle maître corbeau faisait le beau.
Bonjour mon cher voisin ! Vous êtes très en joliesse ce jour. Auriez-vous la grande amabilité de partager avec moi vos secrets de beauté ?
Le soleil illumine votre magnifique plumage noir aux reflets irisés et je vous l’avoue, j’en suis fort jaloux.
Mon cher blanc bec, seriez-vous en train de me prendre pour une buse ?
Sachez que mes ancêtres m’ont transmis leur savoir issu de leurs nombreuses expériences.
Je suis beau mais pas blaireau. Alors, ersatz de zoziau, poursuis ton vol.
Mais bel oiseau en aucun cas je ne cherche à vous duper. Je me sens si humble face à vous. Vous êtes si impressionnant et seigneurial que je suis en extase.
Cessez de me brosser dans le sens du poil, je vous prie. Je ne suis pas d’humeur. Je suis en plein travail et votre ingérence m’empêche de me concentrer sur mon labeur.
Pour racheter ma faute, puis-je vous apporter mon aide ? Qu’est ce qui vous préoccupe ? Je suis agile et discret. Je vous en prie, acceptez mon appui.
Bien ! Mais après, vous disparaissez de ma vue. Je recherche un œuf dur de chez Sébastien Devos qui m’a échappé suite à une turbulence.
Il doit se situer à environ 260 coups d’ailes d’ici en ligne droite.
Retrouvez-le, ramenez-le moi intact et nous nous quitterons bons amis.
Je m’y attelle.
Maître Corbeau ! Maître Corbeau ! Je l’ai trouvé ! Il est juste là, mais il est presque en bouillie. Je place une fleur sur lui pour que vous puissiez le trouver facilement et le déguster en toute sérénité.
Comme promis, je prends mon envol et vous laisse à votre quiétude.
Surpris, Maître Corbeau attendit un très long moment s’assurant que son enquiquineur avait bien tenu parole.
Il quitta son perchoir, se dirigea vers la fleur, se posa et se retrouva les pattes piégées dans un filet.
Un guilleret cui-cui lui fit lever la tête.
Ersatz de zoziau le regardait en sifflotant tranquillement installé sur la belle et vigoureuse branche sur laquelle il régnait il y a peu.
Je ne t’ai pas roulé. Tu as baissé ta garde. Tes papilles salivaient, ton estomac grognait. Tes ancêtres ne t’ont pas appris à te méfier de toi-même ?
Belle vue d’ici !
Un piètre moineau visait la branche du haut sur laquelle monsieur Corbeau faisait le beau.
– Oh! que votre noblesse se lit dans votre allure, vous me sembler un corbeau de haute lignée. Vos ancêtres ont niché dans des arbres royaux sans doute.
– Z’y va petit piaf de ouf, tu crois que j’te vois pas v’nir avec ton charabia. Si c’est ma branche que tu r’luques, y a pas d’place pour toi, j’l’ai pécho, j’la lâche pu. Dégage, tu gâches ma sieste
– Messire je ne demande qu’une petite place de rien du tout à l’ombre de votre grandeur. Je vous rendrai service, nettoierai votre nid, irai quérir votre pitance
– Hé Gégé, tu peux v’nir, y a en bas un zouave qui m’cause mais j’comprend rien à c’qui dit
– Oui ?dit Gégé très affable, que puis je pour vous petit être plein de morgue
– Comme je le disais à votre bel ami répondit le plein de morgue en s’envolant à hauteur des corvidés, je souhaite en fait vivement m’installer sur votre branche tandis que vous irez poser vos pénates un peu plus bas
– Un peu plus bas….
Les deux oiseaux noirs furent pris d’un fou rire incoercible si violent qu’il leur fit perdre l’équilibre. Ils churent illico de quelques dizaine de mètres sur un rocher fort peu accueillant, étourdis et tout meurtris.
Maitre Renard qui passait par là leur tordit le cou, puis en fit son dîner au son de trilles triomphales poussées du haut de l’arbre sous lequel il festoyait.
Un piètre moineau visait la branche du haut, sur laquelle maître corbeau faisait le beau, le cou tendu vers le ciel.
« Que vous voilà beau, Maître Corbeau, prêt à vous envoler vers les grands espaces et vivre des aventures extraordinaires. Et tel Jules Verne, vous écrirez vos exploits et resterez célèbre jusqu’à la nuit des temps ».
Un bruit de hoquet interrompit le verbiage du moineau.
« Hic, hic, dégage, hic, hic, sale.. hic, hic… »
Oui c’était bien corbeau qui était pris d’un hoquet.
« Ça ne vas pas ? Puis je vous aider ? »
« Ta gueule, hic, hic, déga..hic, hic… »
« Je connais bien le hoquet. C’est une sale bête. Faut pas se laisser faire. Plus vous attendez, plus il prend confiance. »
« Hic, ta.. hic, hic… »
« Ce qu’il faut, c’est un grand bol d’air pur, le plus haut possible. Le manque d’oxygène lui fermera son clapet définitivement. »
Corbeau se dit qu’il n’avait plus rien à perdre devant ce récalcitrant hoquet. Il s’envola haut, toujours plus haut et disparut.
Moineau occupa immédiatement la place et se rengorgea.
« Dorénavant appelez moi Maître Moineau ! »
Colibri se posa à coté de lui. Il n’a pas perdu son temps, celui là, se dit-il. Il est trop bête cet oiseau là.. Il n’y a plus qu’à attendre.
Moineau, imbu de sa personne fut vite délogé par un fort souffle de mistral qui ne supportait pas les avortons vantards.
Colibri guettait son heure. Il prit la place sans tarder et réussit à résister au souffle du vent. C’est terrible la contagion. Il attrapa très vite la grosse tête.
Je suis si fort, si fort. Son égo se mit à grandir, grandir et son plumage a gonfler, gonfler…
Tant et si bien qu’un épervier qui passait par là mit fin à ce manège. Exit petit colibri.
L’épervier, qui souffrait d’un complexe d’infériorité, se mit à raconter ses exploits en faisant du colibri , un aigle. Rien que cela, un aigle !
L’aigle royal ayant eu vent de tout ceci, se dit c’est intolérable. C’est une atteinte à ma dignité. Non mais,c’est qui le roi ! Il régla royalement la situation. Exit l’épervier.
Puis il rejoignit péniblement ses pénates car victime de saturnisme aviaire, il n’en avait plus pour très longtemps.
Moralité : Notre fin est écrite mais le présent nous appartient encore.
Sachons en profiter !
LE CORBEAU ET LE MOINEAU
Un piètre moineau visait la branche du haut
Sur laquelle Maître Corbeau faisait le beau.
— Oh ! Comme vous êtes pricier !
Oh ! Comme cette prestance vous sied !.
N’écoutez pas ce Renard qui vous flatte.
Il n’a que des propos de blatte
Qu’il déblatère en sourdine.
Pour lui, c’est une routine.
— Qui es-tu, toi le moineau minus,
Qui, sur ma branche joue les olibrius ?
Je suis de la Terre le Centre,
Ôte-toi de là, avant que je t’éventre.
— Mais, Seigneur, je suis votre obligé !
Est-ce que vous avez pigé ?
Je vous apporte un présage.
— Nous ne voulons point de votre ramage.
Dans la glace nous allons te figer.
Et, sur le champ te limoger.
— Sire, ne parlez pas contre l’augure,
Vous pourriez être gêné à l’encolure.
— Nous faisons ce que nous voulons,
Nous ne nous soumettons pas à l’embryon.
Dieu sur Terre, Nous dirigeons le Monde.
Nous combattons les humeurs vagabondes
Des importuns qui Nous empêchent
De Nous enrichir sur leur cabèche.
A ces mots, le piaf épouvanté
Prédit au Prince une fin hantée.
— Sire ! Dans votre parodie
Vous êtes plus que vrai
Continuez votre rhapsodie
Dans quelques temps, vous serez au frais.
Princier
Bravo Michel !
C’est un très beau poème.
Les vers avec habilité,
Sans difficulté vous jonglez,
Mieux encore, vous surpassez,
Ce corbeau mal emplumé…
Bon week-End à vous.
Merci Gilaber !
Bonne soirée à vous !
Un piètre moineau visait la branche du haut, (sur laquelle maître corbeau faisait le beau.) Petit, terne, sans envergure — mais l’œil vif.
Il s’approcha, l’air de rien.
« Oh comme vous êtes… imposant. Votre plumage est… remarquable. On parle de vous, vous savez, dans les branches basses. »
Le corbeau redressa la tête. Quelque chose le gênait — un mot, un silence, il ne savait pas. Il ouvrit le bec pour répondre.
« Et ce cri si… particulier. On vous entend de loin. De très loin. »
Particulier. Pas puissant. Pas majestueux, seulement particulier.
Le corbeau se raidit. L’insulte était là, quelque part
Le moineau inclina légèrement la tête — politesse parfaite — et s’envola sans attendre de réponse. Comme si le corbeau n’en trouvait pas. La branche du haut bougeait encore
.Nul besoin de crier pour rabaisser. Il suffit de choisir ses mots avec soin — et de partir le premier.
Pas envie de copier La Fontaine
Juste l’échange d’une variation régionale….
Il faut être ch’ti pour comprinte !
Un jour, din ch’nord, un corbac y’avo chourré un fromache à ch’marché d’Haubourdin !
I s’pose dins un arbe, et pi i s’di « j’va fair bonne chair ! »
C’qui savo nin, ché qu’i n’avo un qui l’raviso d’puis in momin !!
Ch’étai ch’camarate goupil ! Hé ! Tizote là haut, envoi me un bou ed’claquo, j’ai la dalle mi !
L’aute emplumé i répond nin , normal, y’a s’gueule pleine ed’coulan !!!
Ch’renard, ché pas une truffe ! I n’a grinmin dins ch’tiéte !
j’va l’niqué c’piaf
Hé ti là !! Chui sur qu’té pa d’min coin ti ! Té un’ espésse éd’parigo ! Cante me le p’tit quinquin pour vire !
L’aute, vexé jusqu’au trou d’balle, i veu canté, i ouve sin bec, et i laisse querre sin calandos !
Ch’rouquin, i s’jette ed’su et avant de s’barrer , i li dit: « t’es né trop prés de l’Belgique, y’a des restes !
Moralité : farme ed’gamelle et minche tin maroilles
Beaucoup mieux que La Fontaine on comprend ben ch’quois passe !🐁
Bravo Jean-Marc, c’est un vrai délice !
Un piètre moineau visait la branche du haut
Sur laquelle maître corbeau faisait le beau
Après avoir reçu son minus cri
Le corvidé lui sourit :
Et bonjour, Monsieur du Moineau
Comme vous êtes FA-BU-LEUX !
Croassa le facétieux
Comme vous maniez bien les mots
Sans mentir, si le nombre de vos tirages
(d’ailes)
Se rapporte à la plume de votre ouvrage
Vous êtes le Marc Levy des hautes branches de ces bois
À ces mots, le Moineau ne sentit pas de joie :
Oh ! maître du Corbeau, je suis si flatté
À l’idée d’intégrer votre prestigieuse canopée
Vous êtes sous mon aile, signez donc là !
Dit le grand corvidé en lui tendant un contrat
Entre des serres acérées
Lorsque le moineau voulut s’en emparer
Il fut happé par un grand aigle noir
Laissant le contrat de ses pattes choir
Et qui dans un grand cri glaçant dit :
Tête de moineau, retenez bien ceci
Derrière tout corbeau se cache un rapace
Qui ne laissera désormais plus de place
Aux fabulistes aux pernicieux ramages
Prêts à tout pour une part de fromage.
Super travail, bravo
803 – entre2lettres – 18/04/26 – Nicolas
Un piètre moineau visait la branche du haut,sur laquelle maître corbeau faisait le beau.
Oh ! comme vous êtes… … beau et intelligent ! Mais il y a, sur un arbre plus haut encore, un autre corbeau promu à la plus haute branche.
Vous savez, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise situation. Pourquoi vouloir toujours plus ? Regardez, là où vous êtes, c’est déjà assez haut et vous bénéficiez de ma protection.
Un arbre plus haut et majestueux vous permettrait de dominer la forêt et d’en être véritablement le chef, comme l’aigle au-dessus des montagnes. Moi, je pourrais monter d’un cran.
Savez-vous qu’en haut, vous n’aurez plus d’ami et une météo moins favorable ? Une triste vie solitaire pour un moineau habitué au collectif. C’est votre nombre qui fait la force du groupe.
Soit, mais vous avez beaucoup d’avantages. Une eau pure et le premier servi pour toutes les richesses qui nous viennent du ciel.
C’est vrai, mais de là où vous me regardez, je n’ai pas fière allure. De près, le sommet a l’air bien inutile. Ni graine ni ombre, ici, juste l’idée qu’en bas, on m’envie.
Pourtant, vous avez bien réussi dans la vie, pour en arriver aux sommets, non ?
Réussi quoi ? Monter ? Rester ? Être vu ? J’ai suivi des courants sans les choisir vraiment. On m’a dit : “plus haut”, alors j’ai continué. Et un jour, j’étais là… sans savoir m’arrêter.
Sur ces entrefaits, le bûcheron en bas vient de terminer sa besogne. Les oiseaux, de si haut, n’avaient pas prêtés attention aux vibrations, au bruit et à l’odeur de gaz d’échappement. Accaparés par leur discussion, ils ont ignoré les signaux de leur arbre si droit, si fier, qui entama, lentement, sa descente aux enfers.
Ce soit Maître corbeau comme le piètre moineau, dormiront à la même enseigne, sur la première branche basse disponible.
👍🐁
Merci Nicolas pour cette fable pleine de sagesse. Être perché sur la plus haute branche expose souvent à l’envie, à la jalousie, mais aussi à une forme de solitude. Cette quête d’élévation peut relever d’un choix personnel, mais elle semble ici surtout dictée par un modèle de société qui valorise la compétition et la domination.
La figure du bûcheron est intéressante : elle incarne ces forces extérieures qui nous rappellent qu’il existe une autre échelle de valeurs, où les distinctions entre le “haut” et le “bas” sont purement des constructions illusoires.
Un piètre moineau visait la branche du haut,
sur laquelle maître corbeau faisait le beau.
-Oh ! comme vous êtes… Majestueux !
De là-haut bien sûr vous voyez beaucoup mieux
-Tout à fait mon ami, je surveille ce territoire
Il y n’a pas un endroit qui échappe à mon talent rare
-En êtes-vous sur cher corbeau ?
-Comment cela petit moineau, je vois tout de là-haut !
-Je puis vous dire qu il se trame des choses bizarres tout en bas
Et que vous seriez surpris par ce que vous ne voyez pas
-Vous piquez ma curiosité cher ami
Mais je ne suis point prêt à changer de nid
-Oh mon dieu j’en étais sûr, l’un de vos congénères est en grand danger
Je le vois se débattre et de l’aide chercher
Mais je suis bien trop petit
Pour m’éloigner d’ici
-N’ayez crainte petit messager
Puisqu’avec force vous insister
Je vais d’un coup d’aile y aller
Et cette situation faire cesser !
Le corbeau quitta son perchoir
Et le moineau reprit espoir
Il s’élança subrepticement
Et prit sans délai le bel emplacement
Quand on est petit il faut être malin
Le corbeau le comprit s’en allant se poser plus loin
Non sans avoir saluer en riant le moineau
Qui du haut de son perchoir, à son tour faisait le beau
Oh ! Comme vous êtes haut !
Mais aussi bien trop gros
et de rompre la branche n’est pas loin
Quoi ? Quoi ? Quoi ?
Moi Petit, vous le dis
Si en haut j’y étais
Attention je ferais
Quoi ? Quoi ? Quoi ?
Car d’en haut… étant gros
l’on peut chuter
se casser, se fracasser,
se ridiculiser,
et sa superbe perdre
Oh ! Oh ! Oh !
Et de peur, le couard vacilla,
bascula,
et chuta sur l’insolent,
et par la même l’écrabouilla sur le champ
PLAF !
Moralité de gauche:
les gros écrasent toujours les petits
si courageux soient-ils
Moralité tout court :
Faut pas trop chatouiller les gros
Quand on ne fait pas le poids
Exact ! 😁🐁
Un piètre moineau visait la branche du haut, sur laquelle maître corbeau faisait le beau, le cou tendu vers le ciel.
« Que vous voilà beau, Maître Corbeau, prêt à vous envoler vers les grands espaces et vivre des aventures extraordinaires. Et tel Jules Verne, vous écrirez vos exploits et resterez célèbre jusqu’à la nuit des temps ».
Un bruit de hoquet interrompit le verbiage du moineau.
« Hic, hic, dégage, hic, hic, sale.. hic, hic… »
Oui c’était bien corbeau qui était pris d’un hoquet.
« Ça ne vas pas ? Puis je vous aider ? »
« Ta gueule, hic, hic, déga..hic, hic… »
« Je connais bien le hoquet. C’est une sale bête. Faut pas se laisser faire. Plus vous attendez, plus il prend confiance. »
« Hic, ta.. hic, hic… »
« Ce qu’il faut, c’est un grand bol d’air pur, le plus haut possible. Le manque d’oxygène lui fermera son clapet définitivement. »
Corbeau se dit qu’il n’avait plus rien à perdre devant ce récalcitrant hoquet. Il s’envola haut, toujours plus haut et disparut.
Moineau occupa immédiatement la place et se rengorgea.
« Dorénavant appelez moi Maître Moineau ! »
Colibri se posa à coté de lui. Il n’a pas perdu son temps, celui là, se dit-il. Il est trop bête cet oiseau là.. Il n’y a plus qu’à attendre.
Moineau, imbu de sa personne fut vite délogé par un fort souffle de mistral qui ne supportait pas les avortons vantards.
Colibri guettait son heure. Il prit la place sans tarder et réussit à résister au souffle du vent. C’est terrible la contagion. Il attrapa très vite la grosse tête.
Je suis si fort, si fort. Son égo se mit à grandir, grandir et son plumage a gonfler, gonfler…
Tant et si bien qu’un épervier qui passait par là mit fin à ce manège. Exit petit colibri.
L’épervier, qui souffrait d’un complexe d’infériorité, se mit à raconter ses exploits en faisant du colibri , un aigle. Rien que cela, un aigle !
L’aigle royal ayant eu vent de tout ceci, se dit c’est intolérable. C’est une atteinte à ma dignité. Non mais,c’est qui le roi ! Il régla royalement la situation. Exit l’épervier.
Puis il rejoignit péniblement ses pénates car victime de saturnisme aviaire, il n’en avait plus pour très longtemps.
Moralité : Notre fin est écrite mais le présent nous appartient encore.
Sachons en profiter !
C’est ben vrai ça alors!
Désolée; Ce n’est pas ce que je voulais.
Juste retenir la dernière phrase. et bravo!
et oui c’est ici la terre…les humains …
Un piètre moineau visait la branche du haut,
sur laquelle maître corbeau faisait le beau.
« Oh ! comme vous êtes avec un beau corps !
— Arrêtez d’en faire un fromage, répondit le corbeau. Les flatteries je connais : c’est comme la fontaine. Elles coulent de source et elles sont signées !
— Regardez-moi, petit moineau que je suis, comment voulez-vous que j’égale votre grandeur… À moins, que vous daignez vous abaisser jusqu’à moi pour vous prendre sous votre aile. »
Le corbeau, ému par cette supplique, s’éleva pour descendre jusqu’à lui. Mais il n’eut pas plus tôt pris son envol que le piètre moineau se défila pour se poser sur la branche laissée vide. Et le corbeau compris qu’il avait été, une fois de plus abusé. Il eut beau voler dans les plumes du moineau, celui-ci resta imperturbable, fier comme un paon de sa victoire.
803/A BÂTON ROMPU
Un piètre moineau visait la branche du haut,
sur laquelle Maître Corbeau faisait le beau. Oh que vous me semblez gros !
Vous mangez trop..
-Je sais j’essaie tous les régimes répond le gros zoiseau.
Mais ceux que je reçois
pour le mois en m’affamant me rendent méchant.
-Hargneux est votre réputation
Et quand vous êtes en murmuration…
– Hé bien croa ?
On a bien le droit ?
– De quoi ?
-De se déplacer en famille tiens !
– mais ça n’augure rien de bon
on sait que dessous il y a charogne
– Croa grogne le bestiau? Qu’est-ce à dire
il faut bien nourrir
– Certes mais votre fromage n’est qu’un chope couillons.
Ce qui vous plait c’est dépecer.
-Arrêtez vos racontars vous les minus, les petits.
Vous êtes des rigolos.
– Nous ! fait le moineau surpris …
On pépille tout au plus
On enchante de notre gazouillis
– Arrêter de palabrer l’ami !
On vient me chercher
Y a bon
On va bequeter.
‐ Charogne.. charogne.. charogne.. claironne le moineau 🐁
L’un enchante par son chant, l’autre participe à recycler ce qui doit l’être. Deux présences, opposées en apparence, mais indispensables à l’harmonie du vivant.
Merci Souris verte pour cette fable qui interroge notre regard sur l’altérité. 🙂
VIE DE CHATEAU
Élève Moineau, au tableau ! Courteline s’exécute. N’a pas appris sa leçon. Tint à peu près ce langage: in péto, un jour, je serai sur la plus haute branche. Je manie également la dérision et l’improvisation.
J’utilise le bestiaire pour mon imagination.
Mon confident, c’est le corbeau.
Sage, méditatif, sentencieux.
Trompé, déçu, amoureux trahi, par un vulpin rouquin ou un renard charbonnier. Ils se
cachent.
En compagnie, des moineaux sautillent sur les éteules.
Ça pique.
Comme l’oiseau sur la branche, Maître Corbeau déploie son aile. Décidément, j’en sais trop ! J’en ai trop vu ! Je vais au zoo. On s’occupe de moi, encagé dans la volière, je suis vu, admis. Désormais je ramage avec lori, ara, et pas qu’en charabia.🐻
Fromage, orgueil et conséquences
— Oh Sir, comme vous êtes en piteux état ! Votre bec, trop longtemps crispé sur votre camembert, s’en trouve tout de travers !
— Reblochon, corrigea le Corbeau.
Il tenta de masquer une grimace douloureuse avant de répondre à l’impertinent greluchon perché plus bas.
— Un corbeau de mon rang ne saurait se contenter d’un vulgaire fromage. Le reblochon a une saveur autrement plus noble.
L’oiseau, piètre en apparence, savait pourtant manier les mots.
— Sir, bien mal acquis ne profite jamais, et croyez-moi, le renard en sait quelque chose.
— Ah bon ? fit le Corbeau, piqué de curiosité.
— L’odeur du reblochon ne le quitte plus.
Elle le trahit.
Le corbeau gloussa, ravi.
— Continuez…
— Plus aucune proie ne l’approche désormais. Et…
— Et quoi ?
— Sir, si vous souhaitez savourer la défaite de votre voleur, je peux vous révéler sa cachette. Mais elle est à plus d’une lieue d’ici.
C’est ainsi que Maître Corbeau abandonna la plus haute branche.
Il ne trouva rien d’autre que les restes d’un festin — et un renard repu.