633e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative
En êtes-vous sûr ?

Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.
En êtes-vous sûr ?

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23 Responses

  1. Peggy Malleret dit :

    633 Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.
    En êtes-vous sûr ?

    – Absolument.
    – Vous savez que lorsque l’on s’enregistre on ne reconnait pas son timbre de voix.
    – Parfaitement. La petite voix qui lit en moi est celle de mon chat.
    – Un chat ça miaule, ça ne parle pas.
    – Ses miaulements sont simultanément traduits en mots comme par une intelligence artificielle.
    – Vous plaisantez ?
    – Pas du tout. J’ai beaucoup réfléchi avant de venir vous voir parce que j’étais certaine que vous ne me croiriez pas, mais j’en ai eu assez. D’autre part, il me donne son avis et je n’arrive plus à lire un livre quel qu’il soit, sans qu’il mette son grain de sel. Par ailleurs, il va plus vite que moi et je ne peux plus en savourer le style, mon cerveau essayant de rattraper son débit.
    – Qu’est-ce qu’il vous dit par exemple ?
    – Que mon livre est débile que je ferai mieux de lire celui-là ou celui-ci.
    – Ils vous donnent des titres ?
    – Oui
    – Attendez, là il y a un truc qui ne va pas. Je ne suis pas psychiatre.
    – Je savais que vous me prendriez pour une dingue.
    – Pas du tout Madame, je ne me permettrais pas.
    – Pourtant c’est ce que vous suggérez.
    – …
    – Eh bien folle pour folle je continue. Par mégarde, j’ai cassé mes lunettes, et il a proposé de me faire la lecture.
    – Alors ?
    – J’ai accepté
    – Et alors ?
    – Il va trop vite, ça m’énerve.
    – Qu’attendez-vous de moi ?
    – Rien, j’avais besoin d’en parler à quelqu’un.
    – Vous allez continuer comme ça ?
    – Non, je vais le tuer.

  2. françoise dit :

    633/Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.
    En êtes-vous sûre?
    Dieu merci j’ai encore toute ma tête
    Je n’en doute pas une seconde
    et si vous lisiez à voix haute
    c’est la même chose
    et si vous lisiez le livre par la fin
    je n’ai pas appris cela à l’école ! Vous oui ?
    Je voulais être drôle pardonnez-moi
    quel genre de livre lisez-vous
    -romans d’amour
    -autobiographies
    -romans grivois
    cette petite voix qui n’est plus la vôtre varie-t-elle selon la catégorie lue ?
    Je n’ai jamais lu de roman grivois mais peut-être devrais-je essayer ?
    Nous prîmes congé aussitôt, ma patiente étant apparemment pressée.
    Je ne la revis pas et je crus bon de penser que ma patiente après des lectures grivoises a retrouvé sa petite voix qui lit en elle…………

  3. Magali Dubois dit :

    – Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.

    – En êtes-vous sûre ?

    – Comme je vous le dis! Cette voix-là a un timbre différent, profond et clair. Elle interrompt ma lecture en m’assaillant de questions compliquées: « Comment te sens-tu pendant cette lecture? », « Quelle partie de toi est touchée par ce texte »?, « Que cherches-tu dans ces mots? »… Ouh, la prise de tête! En plus, pas gênée, elle me tutoie carrément. Elle pourrait au moins me montrer le respect.

    – Vous ne lui répondez jamais?

    – Ben si! Je lui dis de se taire parce que je n’ai pas de temps à consacrer à ses balivernes. Je dois me concentrer sur mon précis de management, lire le dernier Que sais-je sur Chat GPT et potasser mes checklists de leadership agile!

    – Et elle vous laisse tranquille?

    – Non, pas du tout. Sauf l’autre jour, curieusement. J’ai feuilleté un livre à la librairie, d’un auteur récemment décédé, je crois. Il disait que « La poésie est don de lire la vie » (Christian Bobin). J’ai pas bien compris, mais à cet instant-là, la voix s’est tue.

    – Voulez-vous un conseil, chère Madame?

    -Ah ben oui, volontiers, parce que je ne sais pas comment m’en défaire, moi, de cette voix!

    – Lisez chaque jour ne serait-ce que quelques mots de ce livre et la voix ne qui vous enquiquinera plus…

  4. Avoires dit :

    Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.
    En êtes-vous sûr ?
    Euh, oui, je crois !
    Comment ça, vous croyez ? Vous n’en n’êtes pas vraiment sûr ?
    Euh, enfin si ! Mais …
    Mais quoi ?
    Euh !… cette voix qui lit en moi quand moi je lis n’est plus la mienne. Vous comprenez docteur  ?
    Euh … pas très bien, soyez plus clair !
    Euh… justement, je suis venu vous voir pour éclaircir cette voix
    Enrouée ?
    Non docteur, étrangère
    Et cela vous gêne ?
    Euh… Ben oui, quand même !
    Vous n’êtes décidément pas sûr !
    Ça ne vous est jamais arrivé, docteur, une petite voix qui lit en vous et qui n ‘est pas la vôtre ?
    Non !
    Ah ! Vous en êtes vraiment certain, docteur ?
    Écoutez ! Lorsque je lis une ordonnance que je suis en train d’écrire, si j’écoutais la petite voix qui m’interpelle, je serais depuis longtemps en prison !..
    Pourquoi docteur ?
    Parce que cette petite voix, étrangère, qui n’est pas la mienne et lit en moi mes pensées inavouables, essaie de me faire écrire des prescriptions qui tuent !
    Non ! Vous docteur, je ne vous crois pas ! Vous plaisantez ?
    Bien sûr que je plaisante ! Bon, je vous fais une ordonnance avec un sirop pour la voix et un fortifiant , c’est l’hiver, des virus circulent, vous êtes affaibli…
    Euh… Docteur, je reviendrai. Au revoir !

  5. Michel-denis Robert dit :

    633 – Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.
    – En êtes-vous sûr ?
    – Absolument Docteur. Je suis en train de lire et soudain j’entends cette voix nasillarde qui me dit : « Note bien l’orthographe de tous les mots. » Alors je m’arrête un instant et je perds le fil de l’histoire. C’est extrêmement gênant. Je suis obligé de revenir en arrière. Vous comprenez ?
    – Et vous notez bien l’orthographe ?
    – Il ne s’agit pas de ça Docteur. En orthographe, j’ai toujours été très bon. Enfin, je me débrouille. C’est cette voix qui m’empêche de me concentrer.
    – Mais quand même, l’orthographe c’est important.
    – Oui, je sais. Cette voix me fait sortir de l’histoire. C’est grave Docteur ! Je n’en peux plus. Je suis obligé de me raconter mes propres histoires. Et même quand j’ai refermé mon bouquin, elle me dit : « Tu as bien retenu toutes les orthographes ! » Alors je me mets à parler tout seul. Je réponds : « Mêle toi de tes oignons ! » Et mon épouse me dit : « Qu’est-ce qui te prend ? »
    – Et votre épouse, elle vous dit quoi sur vos problèmes d’orthographe ?
    – Mais enfin Docteur, est-ce que je vous demande si vous êtes bon en orthographe ?
    – Moi ça va. J’étais toujours premier en dictée. Alors vous savez, dit-il en esquissant discrètement, invisiblement un petit bras.
    – Et vos textos Docteur, vous les écrivez en phonétique ?
    – Ah jamais ! Le plaisir d’écrire les mots mon cher, c’est sacré !
    – Bon, Docteur, vous me ferez cent lignes : « Je ne dois pas me moquer de mes patients.
    – Trèfle de plaisanterie. Je vais vous donner du méthylcarboxyméthylamonium pour vos rhumatismes qui vous jouent des tours. Vous en prenez un le soir au coucher pendant un mois et vous revenez, nous ferons le point à ce moment-là.
    – Et je fais quoi avec cette voix ?
    – Ne vous inquiétez pas, vous ne l’entendrez plus.

  6. Anne LE SAUX dit :

    – Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence n’est plus la même
    – En êtes-vous sûr ?
    – Ah oui, absolument ! Elle n’a pas le même ton ni le même langage
    – Vous pouvez m’en dire plus ?
    – Elle donne des ordres, emploie des mots orduriers voire obscènes
    – Et cela vous choque ?
    – Bien sûr, ça me choque. Je me suis escrimé toute ma vie à ne pas hausser le ton, même lorsque j’étais en colère et à employer un langage châtié, audible par toutes les oreilles
    – Cela vous a demandé des efforts ?
    – Oui, en permanence. Je m’étais mis sous surveillance en quelque sorte. Pas le droit de sortir du cadre sous peine d’être excommunié
    – Dites-moi, monsieur l’Abbé, que lisez-vous en ce moment ?
    Moment de silence
    – J’ose à peine vous le dire, Docteur
    – Dites, mon cher, je suis une tombe
    – Alors, voilà, j’ai d’abord lu « Lâchez-vous, faites sauter les carcans » d’un psychologue renommé. Du coup, j’ai enchaîné avec « Nuits chaudes à Manhattan » qui se déroule dans le milieu de la nuit et de la prostitution. Vous croyez qu’il y a un lien, Docteur ?
    – A votre avis ?

  7. Françoise Rousseaux dit :

    – Docteur, le petite voix qui lit en moi quand je bouquine..eh, bien..j’ai l’impression, enfin, je crois…en fait j’en suis presque certain, ce n’est plus la mienne !
    – En êtes-vous sûr ?
    – Vous savez, au début, c’était bien ma voix, mais…
    – Au début de quoi ?
    – Quand je me suismis à lire des romans, pendant les confinements.
    – Vous ne lisiez pas, avant ?
    – Non…enfin si…des journaux, des revues,attention, pas sur n’importe quel sujet ! Le sport, la nature, le bricolage…
    – Mais pas de roman ?
    – Non, jusqu’à ce foutu confinement. Mais là, il fallait bien s’occuper, « s’inventer des rituels » comme disait ma compagne. C’est d’ailleurs elle qui m’a proposé de lire un premier roman, puis un deuxième…Il fait dire qu’elle s’y connaît en bouquins ! Elle a toujours beaucoup lu, beaucoup..Dans notre salon, les murs sont tapissés de livres ; de temps en temps, j’ajoute une étagère. Ah, je lui en aurai fait des étagères !
    – Et donc elle vous a proposé de lire des romans
    – Oui ; elle me choisissait des histoires faciles et gentilles.
    -Des histoires gentilles ?
    – Oui, je déteste les histoires qui finissent mal !
    – Bien ; donc, vous vous mettez à lire des romans faciles et gentils…
    – Oui et là, je dois avouer, j’y ai vite pris goût. Au début, je lisais lentement, un bouquin me faisait un mois, mais peu à peu, c’est devenu, comment dirais-je ..plus fluide…
    – Je vois très bien ce que vous voulez dire. C’est d’ailleurs tout à fait normal. Et votre voix intérieure qui lisait, vous l’entendiez encore ?
    – Oui, oui, sans problème. Pour moi, c’était ça la lecture : une voix à l’intérieur de ma tête qui lit en silence…
    – Et ce n’est plus ça ?
    – Eh bien non, c’est ce que je vous dis depuis le début, je n’entends plus ma voix !
    – Mais vous continuez de lire des romans n’est-ce-pas ? Alors qu’entendez-vous à présent dans votre tête ?
    – Eh bien, je ne sais pas moi…J’entends les voix des différents personnages de l’histoire, et puis celle de la personne qui raconte
    – Ce sont eux qui lisent ?
    – Pas vraiment…ils vivent, ils racontent, je les écoute….Par moment, c’est plus fort que ça…je suis avec eux, je vis l’histoire avec eux !
    – Mais c’est merveilleux ! Vous y êtes arrivé !
    – Je suis arrivé à quoi ?
    – Vous êtes devenu un lecteur, un vrai ! Ne cherchez plus votre voix intérieure; à présent, vous êtes vraiment dans vos romans !
    – Mais alors, il n’y a pas de problème ?
    – Aucun problème ! Continuez à lire, sans modération.
    – Mais …il n’y a pas de risque d’addiction ?
    – Bien sûr que si ! Mais cette addiction là n’a aucun effet négatif sur la santé, bien au contraire ! Alors, lisez, lisez chaque jour et complimentez de ma part votre compagne ; elle a bien réussi votre initiation !

  8. Patricia N. dit :

    « Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.

    – En êtes-vous sûr ?
    – Oui. Et en fait, ce n’est pas seulement la voix qui change. L’histoire aussi.

    Haussement de sourcils du docteur.

    – Expliquez-moi ça.
    – Pas facile à expliquer. Je vais essayer. Alors voilà, je suis en train de lire. Tranquille, pas de bruit autour. Et puis tout d’un coup l’histoire s’évade.
    – Comment ça, elle s’évade ?
    – Eh bien, imaginons que je suis en train de lire que le méchant va rattraper la jeune fille en détresse, l’autre voix va s’éloigner du texte et lire tout autre chose. Par exemple que le méchant va tomber dans un trou.

    Le docteur prend des notes et hoche la tête. Je me demande ce qu’il pense, encore un qui va me prendre pour un fou ; mais je décide de poursuivre.

    – Ce n’est qu’au bout d’un moment que je me rends compte que la voix invente. Et que je ne suis plus vraiment en train de lire. Je suis en train d’écouter la voix. Alors je recommence consciemment ma lecture un peu plus haut et effectivement, il n’y a pas de trou et le méchant attrape la jeune fille.

    – Et est-ce que cela recommence un peu plus tard ? Et dans quelle mesure l’histoire que la voix invente pour vous vous vous plait davantage que l’histoire réelle ? Et avez-vous des connaissances qui rencontrent la même chose que vous ?

    – Oui, cela recommence. Mais je ne sais pas si je préfère l’histoire inventée par la voix à celle du livre. Mais j’y pense, cela n’arrive pas pour tous les livres. Et non, je ne connais pas d’autres personnes comme moi.
    – Je vous propose d’observer ce qui se passe la prochaine fois que cela vous arrive. Quel genre de livre et quel genre d’histoire ?

    Je suis étonné. Le docteur ne me prend pas pour un illuminé qui entend des voix. Il semble sincèrement intéressé par mon histoire. C’est bien la première fois. Tous ceux à qui j’en ai parlé me demandent si j’étais à jeun d’un ton bien rigolard. Et d’ailleurs je n’en parle plus à quiconque.

    J’ose donc la question :
    « Dites-moi docteur, qu’est-ce qui fait que vous semblez me croire ?
    – Il m’arrive la même chose, dans les mêmes circonstances que vous. Un beau sujet d’étude, non ? »9

  9. iris79 dit :

    Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.
    En êtes-vous sûr ?

    Certaine ! Elle me détourne sans cesse de ma lecture moi qui adore me noyer dans de grands romans fleuves, je ne peux plus dépasser la première page. Elle est triste et désabusée, elle n’a pas d’entrain et semble si fatiguée. Au début j’ai cru que le choix de mon livre ne lui plaisait plus alors j’ai essayé juste pour voir d’en changer mais cette petite voix était toujours là, et je ne connais pas : D’ailleurs j’ignore où est la mienne ! Il me tarde de la retrouver ! Docteur pouvez-vous m’aider ?

    -Écoutez, j’avoue que ce problème est complexe. J’ignore si je vais y parvenir…Nous allons essayer de la retrouver. Fermez les yeux et détendez-vous. Respirez profondément et dites moi quand vous l’avez entendue pour la dernière fois.

    -Attendez voir…Je ne sais plus trop…Il y a une semaine ? Le jour où je suis revenue de la librairie ? De la maison de la presse ?…Ah oui, c’est ça ! Je m’en souviens maintenant ! C’était en lisant un article sur les voyages. Il y avait pleins de bons plans pour aller se reposer dans de beaux endroits, pas forcément très loin de chez soi d’ailleurs…

    -Et bien voilà ! Ne cherchez pas ! Elle veut se faire la malle ! Elle est partie ! Elle veut voir du pays, entendre d’autres voix, lire d’autres aventures ! Pourquoi ne pas l’avoir écouté, suivie ? Elle ne vous a pas laissé d’indices ?

    -Ah mais maintenant que vous le dites, c’est vrai qu’elle était euphorique en lisant toutes ces informations sur ces destinations…

    -Alors voilà ce que vous allez faire : vous allez retourner dans cette maison de la presse, retrouver le magazine et relire l’article qui vous a tant fait plaisir. A mon avis votre petite voix est restée coincée entre les pages de cette promesse d’évasion qui vous a tant parlécmais que vous n’avez pas écouté ! Allez vite ! Allez la retrouver !

    -J’y cours docteur !

    -et tenez moi au courant !

    -Oh oui, promis ! Elle et moi, vous enverrons une carte postale !

  10. Alain Granger dit :

    – Oui, certain docteur. C’est la voix d’un autre, celle d’un « Maroquin » qui aurait la peau tannée, comme celle d’une chèvre ou d’un mouton.
    – Etrange en effet.
    – C’est sans doute un espion qui se sert de moi comme « couverture ».
    – La voix vous espionne pendant que vous lisez ?
    – Sans doute. J’ai dû être infiltré. Peut-être parce que j’ai un « papy Russe » ?
    – Votre cerveau serait donc espionné par les hommes de Poutine ?
    – Oui, je le crois. Ils sont fort ces Russes : utiliser un « maroquin » pour détourner les soupçons, belle idée.
    – Quand est-ce, précisément, que vous éprouvez cette sensation ?
    – Surtout lorsque je suis « alittré ». Je ressens alors une impression bizarre, comme si je n’avais plus droit au « chapitre », comme si je me noyais dans les profondeurs de l’inconnu. Je n’ais « pas pied », je coule. Comme si j’avais une « encre de Chine » qui coulait en moi, une ancre qui m’entrainait vers le fond.
    – Une forme de possession en sommes ?
    – Non, pas du tout. Je ne suis pas fou et encore moins possédé par un être diabolique. Je vous parle d’espionnage moderne. Je me sens comme un lecteur qui perd son « hauteur » sur l’œuvre qu’il parcourt. Comme si j’avais un « bandeau » sur les yeux pour me détourner du prix de ma découverte.
    – Difficile de lire lorsqu’on a un bandeau sur les yeux.
    – Vous vous moquez de moi docteur.
    – J’essaie juste de comprendre, de trouver le lien dans ces propos incohérents.
    – Ce lien c’est peut-être Tolstoï. Lorsque je lis « Guerre et paix », je me sens comme un simple « page », habillé en « jaquette », celui d’un prince russe. Je suis invisible tout en étant toujours présent. Je lis, j’écoute les mots et je comprends leur signification cachée. Je vais par chemin en décodant les « signes ». Je crois avoir compris que ce livre est la clef qui sert de référence pour les espions russes infiltrés sur notre sol. ils s’en servent pour communiquer entre eux et avec le pouvoir centrale à Moscou, sans que l’on puisse déchiffrer le vrai message.
    – Je suis perplexe. J’hésite encore.
    – Comment ça ?
    – Soit je vous enferme pour une période de soins, sois je vous mets en contact avec un ami à moi qui est un ponte à la DGSI. Vote vision lui parlera peut-être plus qu’à moi.
    – Vous lisez en moi comme dans un livre docteur. Faites le bon choix : celui du raisonnable ou de l’imagination.

  11. Nouchka dit :

    Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.
    – En êtes-vous sûr ?
    – Ce n’est pas facile à expliquer… Quand je lis des articles sur mon smartphone, la petite voix critique mes choix. Par exemple, si je m’intéresse à la météo, la petite voix me dit des choses comme : « Quelle perte de temps, tu sais bien que tu n’apprendras rien puisqu’il va pleuvoir, comme toujours. Tu as juste intérêt à protéger ta gorge qui ronfle un peu ces jours-ci ».
    – C’est intéressant. Mais pourquoi me parlez-vous d’une petite voix ? N’est-ce pas votre propre réflexion qui vous amène à penser cela ?
    – Docteur, si c’était ma propre réflexion comme vous dites, elle n’aurait pas changé récemment.
    – Oui ? Précisez-moi s’il vous plait en quoi votre petite voix intérieure a-t-elle changé ?
    – Et bien, depuis toujours, ma petite voix a l’accent des bretons du Pays Bigouden, comme moi et les miens. Or, depuis peu, elle est, comme je vous le disais, très critique sur tout ce que je lis et elle a pris maintenant le vocabulaire et l’accent Gallo.
    – Et, cela ne vous convient pas ?
    – Ben non ; cela me fait peur…
    – Vraiment ! Et pourquoi ?
    – Parce que ce n’est plus moi.
    – Oui, mais encore ?
    – Parce que maintenant, je ne comprends pas tout ce que la petite voix me dit.
    – Et c’est très pénalisant pour vous ?
    – Ben oui, très angoissant même.
    – En quoi est-ce angoissant ?
    – Je vous l’ai dit, je ne comprends pas tout et aussi, parce que le gallo est une langue en voie d’extinction. Alors pourquoi la petite voix se met-elle à parler gallo ?
    – Je crains ne pas être en mesure de répondre à cette question. Dites-moi simplement depuis quand la petite voix a-t-elle changé de registre ?
    – De registre ?
    – Oui, le changement est-il lié à un évènement particulier.
    – Ah, je comprends. Euh…, je crois que c’est depuis que je suis allé chez le dentiste à Redon.
    – Oui, et, il y a eu quelque chose de particulier chez le dentiste ?
    – Peut-être. Le vieux dentiste bougonnait parce qu’il n’arrivait pas à extraire ma dent et il jurait en breton.
    Je me disais qu’il m’avait sans doute inoculé un germe en anesthésiant la gencive. Le germe aurait pu atteindre la petite voix dans ma tête et cela l’aurait chamboulée.
    – Ah ! Et cela avait de l’importance pour vous ou pour la petite voix ?
    – Et comment ! La petite voix n’appréciait pas que le dentiste jure. Elle a commencé alors à s’exprimer en gallo, le breton qu’utilisait le dentiste, et elle s’est mise à l’injurier dans ma tête.
    – C’est très intéressant. Donc, la petite voix est : susceptible, critique et elle sait parler Gallo et Cornouaillais.
    – Oui. Depuis, on dirait qu’elle est toujours en colère ; en tout cas, elle est de très mauvaise humeur, ronchonne comme le dentiste, à tout bout de chant.
    Il est même arrivé à deux reprises que la petite voix se mette à siffler et à hurler comme le vent un jour de tempête à la Pointe du Raz. C’est extrêmement pénible à supporter.
    – Vous ne semblez pas avoir d’emprise sur la petite voix. Vous ne lui imposez jamais votre point de vue ?
    – J’ai essayé mais elle est alors, encore plus désagréable. Elle veut avoir le dernier mot et moi, ça me donne mal à la tête.
    Je crains que la petite voix ne devienne folle et qu’elle m’entraine dans sa folie.
    – Ah, je comprends, je comprends…
    Et bien, je vous prescrits un traitement qui soulagera vos maux de tête et un décontractant à prendre quinze minutes avant de vous mettre à lire. Vous ne prendrez le premier qu’en cas de céphalée importante et, si les choses nécessitent que vous consultiez de nouveau, n’hésitez pas à prendre rendez-vous chez un psychiatre qui parle le Gallo, ce sera un plus. Sans doute, à Rennes, devriez-vous en trouver…
    Votre carte vitale SVP ?

  12. FANNY DUMOND dit :

    – Docteur, la petite voix qui lit en moi, quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne ?

    – Vous en être sûre ?

    – Attendez là. Si j’ai pris rendez-vous, c’est bien parce que je n’en suis pas sûre et que j’attends votre diagnostic, s’agace la patiente en dénouant son écharpe.

    – C’est bien la première fois qu’un client me consulte pour cette pathologie des plus bizarres et là, je sèche.

    – Il me la copiera mon médecin traitant de m’avoir fait déplacer chez un spécialiste jusque dans votre ville polluée et pour mettre trois plombes à trouver une place de parking limitée à une heure. Pendant que j’attendais mon tour, j’ai dû la remplir deux fois leur foutue tirelire ; en plus de ça, pour m’entendre dire que vous êtes impuissant, braille la malade.

    – Oh, là ! Ne vous emballez pas comme ça. Je cherche à comprendre moi aussi. Vous êtes vous écoutée sur un enregistrement et avez-vous reconnu votre voix ?

    – C’est pas bête ça ! vous avez raison. C’est pas ma voix. On dirait celle de ma mère, chevrote-t-elle.

    – Ça vous arrive souvent de parler dans votre tête ?

    – Ben oui, quoi. Je parle même toute seule, des fois. C’est grave docteur ? murmure la femme en gesticulant sur sa chaise.

    – Ne vous en faites pas, cela arrive à tout le monde pour vider le trop-plein d’idées qui se bousculent.

    – Ah bon, vous me rassurez, mais c’est surtout quand je bouquine que je ne reconnais pas ma voix ; un coup, elle est tendre, un autre théâtrale, tracassée, tranchante. Comment dire ? Ça m’agace parce que je ne parle pas comme ça dans la vie, s’étrangle-t-elle. En plus, tout le monde me dit que je suis douce et posée.

    – C’est parce que vous suivez vos émotions qui vous perturbent. Je ne vois qu’une seule solution : arrêtez de lire.

    – Hein ! Alors là, docteur c’est mission impossible, surtout qu’en ce moment, je suis dans un page-turner et que je veux connaître la solution de l’énigme, halète-t-elle.

    – Sautez les pages et lisez l’épilogue.

    – C’est pas bête ça ! J’aurais dû y penser avant de consulter une ribambelle de docteurs. D’autant plus que je mélange les dizaines de personnages dans ce bouquin, s’enroue la lectrice.

    – Bon, ben, c’est pas tout ça, je n’ai pas encore terminé ma journée. Ça vous fera 85 euros et je vous inscris pour au moins dix séances pour trouver une solution à cette énigme. Je ne désespère pas de vous guérir et ça me fera un bon papier sur ma revue scientifique, s’enorgueillit le praticien.

    – Laissez tomber, dit-elle ironique. J’achèterai des bouchons d’oreilles pour ma PAL.

  13. Coriandre dit :

    Une jeune fille battait la compagne, son livre sous le bras. Elle adorait, à la belle
    saison, lire sous le gros chêne. Elle dévorait son livre, très gourmande d’histoires insolites. Mais c’était sans compter, qu’elle subissait de plus en plus fréquemment l’écho d’une voix la perturbant dans sa lecture à tel point qu’elle en perdait le fil de l’histoire.
    Les mois passèrent et ce fut toujours la même chose, le timbre de la voix se fît plus menaçant.
    N’y pouvant plus, elle décida de consulter un ORL pensant qu’elle subissait des acouphènes, mais son bilan auditif ne décela rien d’anormal. Alors, elle prit rendez-vous avec un psy et lui expliqua le phénomène.
    En femme de l’art, la psy fit une anamnèse en interrogeant sa patiente sur sa vie personnelle et familiale.
    La demoiselle lui raconta qu’à ses instants perdus, elle se jetait sur des livres
    car les livres l’extrayaient de son quotidien.
    – Pourquoi voulez-vous rompre avec votre quotidien , votre vie familiale ne vous apporte-t-elle pas des satisfactions ?
    – Vous savez, je suis plutôt du genre solitaire alors, je m’échappe souvent assez loin de la maison pour m’adonner à mon loisir préféré.
    – Combien de temps lisez-vous par jour ?
    – Des heures, Madame.
    – Et les autres membres de la famille ont-ils une aussi grande appétence pour la lecture ?
    – Alors là, pas du tout ! Ma mère me le reproche tout le temps !
    – Que vous dit-elle ?
    – Arrête de lire, il y a du travail à la maison, aide-moi plutôt à faire le ménage, la vaisselle et la lessive ! Et puis, j’entends l’éternel adage : « l’oisiveté est la mère de tous les vices ».
    – La voix que vous entendez lors de votre lecture, ne serait-pas justement celle de votre mère ?
    La jeune fille réfléchit un instant, très perturbée.
    – Quand je lis, je suis loin de la maison, je ne peux pas entendre sa voix !
    – Vous avez raison, mais peut-être que vous l’entendez tout de même dans vos pensées comme si elle était à côté de vous.
    – Admettons, mais pourquoi ?
    – Cela s’appelle la CULPABILITÉ. Sénèque n’affirmait-il pas : « Jamais, on est coupable quand on n’a pas l’intention de l’être » ?
    – Merci Docteur, j’y vois plus clair à présent, je ferai taire à jamais cette voix culpabilisante en refusant à jamais d’endosser le rôle de Cendrillon.

  14. Antonio dit :

    — Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.
    — En êtes-vous sûre, la Noiraude ?
    — Ne me prenez pas pour une folle, docteur, ou ils vont m’abattre.
    — Alors, décrivez-moi cette petite voix qui vous est si étrangère.
    — D’abord, elle n’est pas très claire, on dirait qu’elle mâche longuement ses mots, qu’elle les rumine sans cesse pour mieux digérer le texte.
    — Hmm hmm
    — Ensuite, elle se met à raconter des cochonneries avant de bêler bêtement de rire.
    — Hmm hmm
    — Puis soudain, elle se met à pleurer comme une vache, sans raison.
    — Car c’est ce que vous êtes, la Noiraude !
    — Enfin, docteur, pourquoi vous êtes vache avec moi ? Vous entendez bien que ma voix n’a rien à voir avec elle. Vous voulez me rendre chèvre ?
    — N’inversez pas les rôles, la Noiraude, je n’ai pas votre faculté. Mais un conseil, lâchez donc la grappe à ce vieux bouc qui murmure à votre oreille pendant que vous broutez des jeunes pousses.

  15. Jean Marc Durand dit :

    Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine n’est plus la mienne.

    – En êtes-vous sûr ?

    – Pas vraiment, c’est tellement fluctuant, selon la pluie, selon la vitesse du vent, selon le jour de la semaine, selon la dose… Ce n’est pas simple à déterminer. Quelle petite voix, à certains moments survole des pages où je souhaiterai traînasser et quelle autre petite voix radote un vers qui de toute évidence s’est pris les doigts dans ses 12 pieds ? Ya des moments, vous savez, docteur, c’est comme une bibliothèque qui se transformerait en hall de gare. On demande le silence, c’est affiché….mais les trains font toujours du bruit….surtout quand ils décollent, du bout de la page de garde.

    – Edgar, pouvez-vous me préciser si vous lisez plutôt assis ou couché ?

    – C’est une question piège, ça docteur, vous vous doutez bien que quand je lis Proust, c’est couché. Marcel y veille d’ailleurs. Quand je parcours Houellebecq, c’est plutôt debout.

    – Ah bon ! Et pourquoi donc ?

    – Parce que, comme ça, je suis plus proche de la poubelle.

    – C’est un choix, et je choisis de le respecter. Sinon, combien d’heures de lectures d’affilée, d’après vous ?

    – Je ne compte pas vraiment. Entre 20 et 22h. Les voix me titillent souvent pour que j’entame un nouveau livre, même si je n’ai pas fini les deux d’avant, parfois les trois. Et là, c’est coton, parce qu’on se mélange les histoires… Sinon, ah oui, docteur, je voulais vous remercier pour les livres plastifiés que vous m’avez procuré…c’est quand même drôlement pratique pour lire sous la douche….Et, à propos, les voix de femme, sont-elles autorisées à venir lire avec moi sous la douche, docteur ?

    – C’est un autre problème, Edgar….trop compliqué et troublant…le sexe, le pain au chocolat ou la chocolatine…l’existence de Dieu !

    – Ah non, Dieu, je sais, c’est une voix de garage ! Je préférai mon coupé Frazer Nash, la TT Réplica de 1938, un bijou !

    – Pas de problème, Edgar ! Bon, ça y est, le quart d’heure est passé. Pour la pluie, le vent et les jours de la semaine, ça va être délicat à gérer….Par contre, Edgar, pour la dose, je vais vous proposer un petit réajustement. Ça vous ira ?

    – Ça vous ira, ça vous ira…oh docteur, quelle audace avec votre futur… allez, je dirai juste que ça me va….pour la semaine ! A bientôt docteur !
    – A bientôt Edgar……………………………….. eh, Edgar, vous oubliez vos livres !

  16. Laurence Noyer dit :

    -Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.
    -En êtes-vous sûr ?
    -Ben depuis que j’lis la Table aux crevés de Marcel Aymé, j’entends l’Aurélie et ceux de Cantagrel qui m’causent en patois. L’boniment qu’est pu qu’une fatigue. J’entends ces femmes y aller grand train, à gueules mélangées. Leurs idées qui s’ bousculent point dans leurs têtes et qu’ è s’ont sur la langue en même temps qu’ça leur vient. Ça fait un d’ces raffuts !
    -Pas étonnant !
    -Mais j’entends aussi la cloche de l’église, la rumeur du feuillage dans le bois de l’Etang, la langue des pierres plates, le pas de Capucet, au corps astral, pressé d’arriver où rien ne l’appelle, la pensée au bout du nez.

  17. Nadine de Bernardy dit :

    Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine n’est plus la mienne.
    En êtes vous sûre ?
    Tout à fait, d’abord parce que c’est une voix d’enfant assez jeune, et qu’elle ne lit pas toujours de la même façon, semblant s’amuser à me désorienter.
    Elle peut déclamer telle une tragédienne, ou lire à la façon d’un texte dicté :
    La nuit était profonde, (virgule) tous les arbres semblaient (les arbres semblaient) dormir du sommeil (som…..meil) du juste etc…
    Le pire c’est qu’elle bégaie parfois et bute sur certains mots compliqués.
    Docteur je n’en peux plus, j’en rêve la nuit, hésite à ouvrir un bouquin dorénavant. J’ai essayé les boules Quiès mais en vain puisqu’elle vient de l’intérieur.
    Vous semble-t-elle hostile ?
    Non, je dirai que c’est une petite voix fraîche qui prend plaisir à lire avec moi
    Avez vous tenté de dialoguer avec elle
    Oui, mais quand je parle, il n’y a plus personne
    Bon, je vous conseille dorénavant de choisir des lecture ardues, des essais philosophiques, techniques, même politiques. Elle va sûrement se lasser, n’y rien comprendre et aller voir ailleurs.
    Je pense qu’ensuite vous pourrez rependre vos lecture habituelles en toute sérénité.
    Je vous fais une ordonnance :

    Critique de la raison pure
    Les trois raisons de la crise économique finlandaise en 1874 en deux tomes
    Assemblage d’un vérin hydraulique sans rivet

    Un chapitre de chaque, matin, midi et soir devrait suffire à rebuter votre petite envahisseuse
    Revenez me voir dans un mois et nous ferons le point.

  18. Sylvianne Perrat dit :

    Docteur, la petite voix qui lit en moi quand je bouquine en silence, n’est plus la mienne.
    – En êtes-vous sûr ?
    – je crois… elle n’a pas le même timbre, ni le même ton. Elle chuchote, susurre. Elle me raconte mon livre mais en changeant l’histoire. C’est déroutant. C’est une voix douce mais insistante. Quand par exemple, dans mon roman le héros s’enfuit, elle me chuchote qu’il s’endort.
    J’ai deux histoires en même temps. Si je m’arrête de lire, elle en profite pour hausser légèrement le ton et prendre le dessus. Là, l’histoire s’emballe.
    Souvent, c’est très intéressant et plus original que mon livre que je délaisse finalement.
    J’ai décidé ce matin d’écrire ce que j’entendais !
    Je n’ai pas peur de cette voix.
    D’ailleurs on dit « quand vous parlez à Dieu, vous êtes croyant, si vous entendez Dieu, vous êtes schizophrène » C’est drôle, non, Docteur ?

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