628e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois, il se sentait aussi balle de tennis ou de ping-pong. Ses incertitudes le mettaient souvent hors-jeu dans la vie.

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20 Responses

  1. Urso dit :

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois, il se sentait aussi balle de tennis ou de ping-pong. Ses incertitudes le mettaient souvent hors-jeu dans la vie.

    – Docteur, docteur, j’ai un gros estomac ce matin. Il doit être plein d’air. Passez vite je vais certainement exploser.
    – Ah non mon cher monsieur, je ne cesse de venir chez vous : une fois c’est le bras, une autre fois le foie, puis le genou gauche, aujourd’hui c’est le ventre !
    Allez faire du sport cela vous redonnera le moral !

    – Du sport, du sport je n’ai fait que cela dans ma vie.
    Vous avez vu la tête que j’ai, toute boursouflée et ovale, ronde ou carrée, selon les jours …

    – Ah ah elle est bonne celle-là, déclara le docteur à l’autre bout du fil.
    Alors monsieur faites donc autre chose.
    Et si vous alliez au Qatar assister l’équipe de France.

    – Ouais c’est une chouette idée répondit le ballon et voilà comment notre ballon – après une vie passée dans le doute et l’incertitude – fut couronné meilleur ballon de l’année 2022.
    Car c’est lui qui permit à la France de remporter la coupe du monde tant désirée.

    Plus tard il vécut une vie de pacha et il voyage aujourd’hui à travers le monde pour guérir ses congénères ballons de cette drôle de maladie qui sévit depuis peu dans ce milieu : la Qatar assise.

  2. Françoise Rousseaux dit :

    A cette époque reculée, il y avait beaucoup moins de jeux de société qu’aujourd’hui, alors, quand on passait quelques jours entre amis dans un chalet de montagne en hiver, il y avait peu de choix pour les soirées. On pouvait bien sûr jouer aux cartes, mais tout le monde ne connaît pas le tarot ou la belote, ou bien faire un scrabble , mais cela ne plaît pas à tous. Alors on avait parfois recours à des jeux pratiqués pendant l’enfance, comme le jeu des portraits : « si j’étais un animal, je serais… ».
    C’est ainsi qu’un soir, dans une station alpine, tandis que la neige tombait à gros flocons, promettant des pistes excellentes pour le lendemain, cinq amis étaient parvenus à l’occurrence « si j’étais un ballon… »
    Richard parla le premier : « un ballon de basket ! ». Tout le monde fut d’accord. L’adjectif « bondissant » lui allait à merveille ; parfait pour le dribble !
    Jeannette demanda : « une balle de tennis, ça peut convenir ? » Comme elle louvoyait sans cesse entre deux amours, qu’elle était petite et nerveuse, on approuva son choix.
    Philippe passa son tour.
    « Alors à toi, Paul! »
    Paul maugréa : « je ne sais pas moi, un ballon de rugby ou bien de foot »
    « Décide-toi, vieux, ce n’est pas tout à fait pareil ! »
    « Oui, enfin bon, je me sens toujours un peu hors-jeu de toute façon… »
    Paul poussa un gros soupir et lança un rapide regard vers Jeannette, dont il était secrètement amoureux.
    « Bon alors on va dire un ballon de rugby, mal à l’aise dans son cuir, qui roule un peu trop souvent en touche .»
    Il y eut un petit silence gêné, qu’interrompit Cécile
    « Eh bien moi, je serai un ballon de baudruche et légère, légère, je monterai vers le ciel ! » et elle mimait son envol en riant…
    Tout le monde sourit. Céline était la boute en train du groupe et même si ses confortables rondeurs n’incitaient pas à la légèreté, on entérina son choix.
    Plus tard, quand tout le monde s’endormit, Paul fit un rêve étrange. Il était devenu un ballon de rugby, posé sur le sol et s’ennuyait ferme. Tout à coup, un joueur surgit et lui décocha un magistral coup de pied ; Paul s’envola et se retrouva soudain face à Cécile, toute gonflée dans ses vêtements d’hiver, qui surplombait le sol d’une vingtaine de mètres. Adroitement, elle l’intercepta et lui dit qu’on avait lâché sa ficelle et qu’elle était ravie de prendre son envol .
    « Veux-tu venir avec moi, Paul ? Nous ferons ensemble le plus beau des voyages ! »
    Il se blottit dans ses bras et ils voguèrent dans un ciel tout bleu, toujours plus loin du sol. Nul ne sait comment le rêve se termina, mais le lendemain, au réveil, Paul souriait et à partir de ce jour, le ballon grognon prit son envol avec Cécile et durant des années, ils voguèrent dans des cieux azurés.

  3. Patricia N. dit :

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois, il se sentait aussi balle de tennis ou de ping-pong. Ses incertitudes le mettaient souvent hors-jeu dans la vie.

    Il se sentait toujours très seul, ne faisant rien d’autre que tourner en rond chez lui, sans envies, sans voir quiconque.

    Après avoir consulté un psy freudien, puis un jungien, sans succès, il décida d’aller voir un sorcier. Le sorcier ne fut pas un instant surpris de le voir arriver et l’accueillit d’un hochement de tête lent et digne. Cela rassura Mamu le ballon, qui pensa alors être enfin entre de bonnes mains.

    Le sorcier ne lui demanda pas s’il s’était bien entendu avec sa maman lorsqu’il était petit, ni comment il en était arrivé à se sentir si seul et si perdu. Il se contenta de le regarder pendant un long moment, avec évidemment un sourire énigmatique puisqu’il était un sorcier sérieux qui doit garder ses mystères pour lui.

    Après une longue période de réflexion, qui n’était en fait qu’un stratagème de sorcier, il conseilla à Mamu d’aller faire un tour dans la cour de l’école au moment de la récréation.

    Mamu ne posa pas de question et fit ce qui lui était prescrit.

    À peine s’était-il posé au centre de la cour qu’il se mit à voler dans tous les sens, assaillis de coups de pied nus bien vivants et vigoureux, au milieu des cris de joie des gamins de l’école.

    Mamu n’eut plus jamais à se poser de questions existentielles et ne sentit plus jamais seul.

  4. françoise dit :

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois, il s’évadait pendant les journées de Roland Garros pour perturber les joueurs et faire gagner son tennisman préféré. Une année il fit gagner Brad Pete. Ce souvenir est gravé à tout jamais dans sa mémoire tennis. Pour le rugby, c’est Pelé, quel magnifique joueur, mais jamais, il n’a eu le loisir de le voir.
    Souvent les enfants du village m’emmènent et font avec moi des parties endiablées, les corners, les penalties, ils n’en ont que faire.
    L’autre jour, je me suis dégonflé et j’ai bien cru que je faisais un infarctus ou quelque chose comme ça et que j’allais pousser mon dernier soupir ; mais non, je manquais d’air ; avec une pompe à vélo, on m’a regonflé, mais j’ai eu l’impression que ça n’avait pas été fait dans les règles de l’art. Mes anciens auraient dit « ils le faisaient mieux avant ». Si bien qu’à nouveau je ne me sentais pas bien dans mon cuir. Je crois que, allez savoir pourquoi, je suis un peu dépressif ! Mais pourquoi ? Les joueurs sont sympas avec moi, il y en a même, quand ils peuvent m’emmener, dorment dans le même lit. C’est parfois désagréable, car ils me coincent entre leurs jambes si fort que j’ai l’impression que je ne passerai pa la nuit.
    J’aime mieux quand je dors dans sa cabane avec le chien qui pose sa tête câline sur mon cuir.

    Les gosses, sans le faire exprès, m’ont fait tomber dans le fleuve voisin. J’ai eu la peur de ma vie, pensant que j’allais me noyer. Mais non, j’ai appris à cette occasion que les ballons, ne sachant pas nager, se laissent flotter. Je suis bien entouré de poissons, qui, chose bizarre, m’ignorent ; peut-être parce qu’ils sont plus petits que moi.
    Pour passer la nuit. J’ai trouvé un petit coin de sable en compagnie d’Eric Cantonna qui murmure « Le ballon, c’est comme une femme, il aime les caresses.

  5. françoise dit :

    J’ai trouvé un petit coin de sable pour dormir la nuit en compagnie d’Eric Cantonna qui me murmure « Le ballon, c’est comme une femme, il aime les caresses’.

  6. Maguelonne dit :

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois il se sentait aussi balle de tennis ou de ping- pong. Ses incertitudes le mettaient souvent hors jeu de la vie.
    « Rassurez vous. Ça c’était avant. Il est vrai que j’ai failli partir en biberine à cause de tous ceux qui ne regardent que par le petit bout de la lorgnette. Je coulais. Et il y avait tous ceux qui vous appuient bien fort sur la tête lorsque vous essayez de remonter.
    Et puis j’en ai eu ma claque. Envers et contre tout j’ai décidé de cultiver mon petit jardin et d’aller au petit bonheur la chance.
    Désormais je vis à la va comme je te pousse. Je suis caméléon, je change de couleurs au gré de mes humeurs. Je passe du coq à l’âne. Je fais des étincelles ou je coince ma bulle. Je suis fleur bleue et aime avoir le cœur qui bat la chamade. Mais je suis aussi cœur d’artichaut et j’adore parfois mener une vie de patachon. Je suis à voile et à vapeur. Je souffle le chaud et le froid. Je tourne et retourne ma veste…
    Fini de couper les cheveux en quatre. Je me suis senti pousser des ailes. Je suis libre comme l’air.
    Ah, vous entendez ? Midi sonne. Je me taperai bien un petit ballon, rouge ou blanc, et pourquoi pas rosé. Je verrai ça au comptoir. »

  7. Jean Marc Durand dit :

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois, il hallucinait, se sentait balle de tennis ou de ping pong. Ses incertitudes le rendaient souvent hors-jeu dans la vie.

    Epuisé d’être ainsi ballonné, il prit rendez-vous chez un psychothéraboule. La salle d’attente était pleine. On y trouvait un peu de tout, des billes de loto, des billes de cour de récréation, des balles masquées, des boules de billard, une balle de golf et une pelote basque. Sur les cloisons s’affichaient de larges avertissements. « Ne vous laissez plus tripoter ! Téléphonez au 3699, on vous aidera ! Stop à la violence gratuite pour nous, rentable pour eux ! Un vaccin contre la connerie, ça existe…rappel toutes les semaines ! »

    Le psychotéraboule ressemblait à une vieille baudruche. Il papota longtemps autour de ses expériences, ses victoires hasardeuses et ses défaites méritées, lui conseilla des recommandations et lui factura 2h de consultation parce que après 1h 02, calcul savant pour ceux qui en savent plus, on facture toujours 2h.

    Pas vraiment remonté, notre ballon sortit du cabinet. Dans l’entrée, il croisa une boule de pétanque qu’il avait rencontré un soir d’été. Il se souvenait qu’après plusieurs pastis, cette boule lui avait confié son problème. Elle était tombée amoureuse d’un cochonnet auprès duquel elle avait tendance à se coller lors des compétitions. On l’accusa de tricherie, de maraboutisme et elle fut exclue de tout championnat.

    « Et alors, ça va mieux maintenant ?

    – Oui, ça roule !

    Notre ballon repartit la tête basse. Que de temps perdu !

    « Et dire qu’avec ce que ce charlatan m’a fait raquer… toutes les moules frites que j’aurai pu me payer ! »

  8. mijoroy dit :

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois, il se sentait aussi balle de tennis ou de ping-pong. Ses incertitudes le mettaient souvent hors-jeu dans la vie. Il était las de recevoir coup de pied, de raquette ou de rebondir sur un sol dur. Lui qui rêvait de douceur se dégonflait de jour en jour par dépit. Les odeurs de cuir, de transpiration et les cris de sauvage de ceux qui le malmenait, l’insupportait. Il était las de recevoir coup de pied, de raquette ou de rebondir sur un sol dur. Lui qui rêvait de douceur se morfondait de connaître un jour le bonheur d’être apprécié. On lui reprochait d’être tantôt flasque, tantôt trop ferme, tantôt trop coloré, qu’il se dégonflait de jour en jour par dépit. Sa peau se flétrissait et n’avait jamais semblé si rude que le cuir de ces autres ballons. On finit par le bouder et il atterri dans un vide grenier.
    Alors qu’il attendait de trouver acquéreur à côté d’un autre de ses congénères, un ballon de basket qui lui raconta l’histoire du vilain petit canard, mis à l’écart de tous et pourtant admiré lorsqu’il retrouva sa nichée de cygnes. Il n’en fallut pas plus à notre ballon qui errait comme une âme en peine, pour se mettre en quête de sa véritable fratrie. Hélas ses recherches furent infructueuses.
    Pourtant, un vieil homme habillé de rouge, que l’on appelait Père-Noël, avait entendu le vœu de notre ballon. Il le prit dans son chariot et lorsqu’il arriva en son chalet, le déposa près de la cheminée. Instantanément le ballon fur revigoré par l’air chaud. Il s’en gonfla les poumons, encore et encore, tout étonné lui-même de pouvoir emmagasiner autant d’air sa peau étant si extensible. Le bonhomme rouge lui ouvrit la fenêtre et…gonflé de chaleur le ballon s’envola. Il monta au-dessus du toit du chalet, des sapins. Il atteignit les nuages, et se réjouissait des paysages qu’il découvrait de si haut. Dans son voyage il rencontra d’autres ballons volants comme lui. Il apprit qu’on disait « Montgolfière » et pas ballon volant. Pour signifier son appartenance à cette nouvelle communauté on lui attacha de jolies ficelles de couleurs et une nacelle d’un blanc éclatant. Depuis, il est plébiscité pour les escapades d’amoureux tout juste mariés pour une montée au 7ème ciel.
    Ceux qui autrefois le dédaigner avec leurs aspirations terre à terre pour un ballon rond à mettre dans un panier ou une lucarne ou à faire rebondir au-dessus d’un filet, lui envient sa liberté et surtout les dragées que ne manquent pas de lui offrir les nouveaux mariés. Il paraît qu’il aide aussi le Père-Noël dans sa distribution pour reposer Rodolphe, Tornade, Danseur, Furie, Fringant, Comète, Cupidon, Tonnerre, Éclair les rennes. Quelle promotion pour notre petit ballon.

  9. Nouchka dit :

    J’en ai marre, j’en ai marre ! Pourquoi faut-il qu’ils s’en prennent toujours à moi ? A notre époque, tout le monde est protégé : On ne donne ni claque ni fessée aux enfants, on se soucie des plantes et des animaux…
    Alors pourquoi moi, je dois endurer les coups de pied, les coups de raquette et toutes ces maltraitances qui me font souffrir ?
    J’ai pensé tout d’abord que la cause était liée mon physique râblais et tout en rondeur. J’ai tenté de faire de la musculation et un régime pour changer cet état de fait. Je me suis retrouvé ovoïde comme un œuf ou une olive mais une ellipse de taille bien supérieure. Et, croyez-moi si vous le voulez, mais les gens continuaient à shooter dans mon abdomen et même à m’envoyer bouler au plus loin, me lançant à deux mains.
    J’ai contacté d’autres victimes dans une association de balle et ballon martyrisés. J’y ai pris conscience que les petits comme les grands, nous subissions les mêmes tourments. Aucun ne semble avoir trouver la méthode pour échapper à ses bourreaux. Certains, comme les ballons de baudruche préfèrent même se sacrifier quand ils subissent les gestes brusques de leur agresseur, ils se dégonflent alors et ne peuvent plus satisfaire aux jeux sadiques des humains ou des animaux.
    J’ai tenté de rester à proximité de miroirs déformants, espérant feinter mes tortionnaires. Cela les faisait rire mais ne les empêchait nullement de me taper pour voir ce que le miroir allait alors refléter.
    Ensuite, je me suis dit que si je ne rebondissais plus, cela les détournerait de moi. J’ai alors pris contact avec les boules de pétanque pour connaître leur ressenti. Et bien, aussi incroyable que cela puisse paraître, les joueurs les utilisaient tout de même les lançant et espérant que les boules s’entrechoquent entre elles.
    Alors, si les humains aspirent à nous maltraiter autant en rebondissant qu’en roulant, il nous faut trouver autre chose.
    Passant devant une vitrine, j’ai vu des articles qui semblaient tout avachis. Certains faisaient penser à des poches crevées. La présentation disait ces articles recherchés pour se chauffer, ils s’appellent alors des bouillottes et d’autres pour accroître le confort en se positionnant dans le cou ou au creux des reins. Ceux-là sont des coussins de bien-être.
    Je suis entré dans la boutique proposer ma candidature. Un type m’a embarqué et m’a installé dans son cabinet de kinésithérapie. Depuis, je vis au chaud, je suis manipulé par des personnes momentanément en rééducation. Aucune d’elles ne me fait subir de violence physique ou psychologique. C’est incroyable ce que c’est bon d’aider ceux qui, comme moi auparavant, ont mal et cherchent à guérir. Je ne suis plus hors-jeu, j’ai, dans la vie, enfin trouvé ma voie.

  10. Grumpy dit :

    Il avait vécu une adolescence douloureuse. Passé ses jeunes années à chercher ce qu’il était exactement. Une peau molle, souple et élastique d’intestin dégonflé ou bien un cuir solide, bien tanné et rebondi.

    De quelle peau était-il fait vraiment. Aucun indice qui put l’aider à s’identifier ne vint l’aider. Ni de la part de ses copains, encore moins de ses parents. Etait-il vraiment mâle ou un peu femelle.

    On l’envoyait balader, il fatiguait avec ses questions «Tu es toi-même et puis c’est tout, arrête de chercher, trouve et après tu choisiras.»

    Il avait essayé le rugby, trop fragile pour prendre tant de gnons.
    Les balles ne l’attiraient pas, manque de souplesse pour le tennis si gymnastique, quant au ping pong : il ne se voyait pas dans cette petite boule blanche sautillante, au ridicule son toc toc toc de matière plastique.

    Alors, il tenta le foot. Pas bien compliqué, coups de pieds, feintes, rapidité, partage et pourquoi pas avec de l’entraînement et un peu de bol ………… BUUUUUUUTTT.

    Il partit en supporter à la Coupe du Monde, peut-être l’emballement des parties lui soufflerait-il la réponse.

    Dès sa descente d’avion,il eut sa certitude, voilà qui lui plaisait : ici tous les hommes portaient des robes.

  11. FANNY DUMOND dit :

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois, il se sentait aussi balle de tennis ou de ping-pong. Ses incertitudes, quant à ses formes, le mettaient souvent hors-jeu dans la vie.

    Il était abandonné dans la remise d’un club de foot et décida d’acheter plusieurs livres de développement personnel qui lui donnèrent des migraines carabinées. Un lui expliquait qu’il devait prendre sur lui et se concentrer sur son ego, sur son estime de soi. Un autre lui fit comprendre qu’il se mettait trop de pression dans la tête pour des broutilles et qu’il devait s’en tamponner des avis des autres. Il faisait des tests de personnalité trouvés dans des revues qui contenaient autant de positif que de négatif. Alors, un coup, il était gonflé à bloc tandis que l’autre, il se retrouvait dans l’état d’une baudruche toute raplapla. Il laissa tomber cette littérature et son spleen ne fit que s’accroître dans ce placard où ses collègues le harcelaient et se foutaient de lui au retour de leur boulot. Hélas, il n’avait pas les moyens de s’offrir plusieurs années sur le divan d’un psy. Aussi, poursuivit-il sa vie de reclus.

    Un jour, un ado accompagné de son grand-père, l’entraîneur du club demanda :

    – Eh, Papy ! Pourquoi est-il tout dégonflé ce ballon ?

    – Chais pas moi. Il a dû faire son temps, il doit être crevé.

    – Passe-moi la pompe. Il me plaît bien ce ballon.

    Papy partit à sa recherche et après avoir farfouillé dans le fourbi, il gonfla la masse informe qui reprit de sa superbe.

    – Waouh ! s’écria le gamin. C’est celui de la coupe du monde de 1998. Regarde tous ces autographes de l’équipe.

    – Nom d’une pipe ! t’as raison. Il vaut de l’or, s’ébahit son grand-père.

    – Dis Papy, est-ce que je peux le garder pour le mettre dans ma vitrine avec mes trophées ? s’enhardit l’ado.

    – Je sais pas, répondit l’aïeul en se grattant le nez. Il pourrait peut-être payer tes études au centre de formation.

    – J’ai pas besoin d’en faire des études, trépigna Killian.

  12. iris79 dit :

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois, il se sentait aussi balle de tennis ou de ping-pong. Ses incertitudes le mettaient souvent hors-jeu dans la vie.

    Il était là depuis toujours sur les étagères de ce club sportif où se côtoyaient plusieurs équipes de rugby, de football, de tennis et de ping-pong. Elles se partageaient ce grand complexe sportif au cours de la semaine.A chaque fois qu ‘il entendait le bruit des crampons claquer sur le carrelage des vestiaires, il frémissait, son pouls s’accélérait sous son cuir. Malheureusement, la main tendue ne l’était jamais vers lui. Elle saisissait toujours ses camarades d’étagères. Ses acolytes de part et d’autres partaient à l’aventure et revenaient pleins d’histoires à raconter, épuisés mais heureux.
    Enfin la plupart du temps. Quand ses voisins quittaient leur place, lui, roulait vers ses camarades aussi peu chanceux qu’il l’était. Ils déprimaient ensemble d’être si invisibles. Il ne savait plus si cette indifférence blessante était plus douloureuse que les coups ou les jets intempestifs qu’il recevait quand il roulait sous la main des joueurs par erreur au moment d’être choisi avant le match.
    Il en était là de sa petit vie qu’il trouvait sans relief quand après avoir constaté une effervescence inhabituelle il se retrouva propulser avec tous ses camarades d’infortune et les autres. C’était la première fois qu’ils étaient réellement ensemble sans bacs compartimentés. Il se demandait ce qui lui arrivait et ne savait pas vraiment s’il devait avoir peur ou s’en réjouir.
    Il régnait dans l’atmosphère une ambiance festive et lorsqu’il se retrouva dehors sous le soleil et la lumière du jour, il découvrit une profusion de couleurs. Des banderoles habillaient le tour des terrains et des tas de gens ravis d’être là s’en donnaient à cœur joie, tous âges confondus. On partagea de très bons moments, des éclats de rire, des jeux de ballons, divers et variés reliant des gens, des équipes qu’il n’aurait pas soupçonnés de voir ensemble un jour.
    Il fut le premier surpris d’être regardé, choisi, respecté, traité avec bienveillance. Il en fut bouleversé et eut peur tout à coup que tout s’arrête et de ne plus revoir le jour après ça. Parce qu’il le savait maintenant. Ce moment inespéré qui l’avait galvanisé avait tout changé. Il savait qu’il avait de la valeur au même titre que le ballon de rugby avec son cuir épais et celui de foot avec ses couleurs et coutures dernier cri. Il savait qu’il pouvait rendre heureux quelqu’un comme avec ceux qu’il avait accompagné aujourd’hui en cette sainte journée. Ce fut le début d’une autre vie. Fier sur son étagère, il osait interpeller ses camarades, les plus populaires comme les plus discrets, les ballons de rugby, ceux de foot, les balles en tout genre (il en découvrit d’ailleurs dont il ignorait l’existence). échanger avec eux. Il sut qu’il ne serait plus jamais seul et même si les doutes ne se dissiperaient pas comme par magie, il commençait enfin à être heureux….

  13. Nadine de Bernardy dit :

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois il se sentait balle de tennis ou de ping pong.
    Ces incertitudes le mettaient souvent hors jeu dans la vie.
    Chaque matin le petit Druche se demandait ce qui l’attendait. Se penserait il rond, ovale, jaune et duveteux ou blanc et cassant ?
    Pour éviter d’avoir à décider, il se cachait tout au fond du placard, se ratatinait dès qu’il entendait:
    Eh ! on va se faire un tennis
    Qui veut aller jouer au foot?
    Le malheureux était toujours en quête de sa véritable nature.
    En fait, il rêvait de douceur, de la souplesse d’une enveloppe légère.
    Il se voyait voler dans le ciel immense où il pourrait monter, monter, sans entraves, à la rencontre des nuages.
    Il serait rouge, dodu, une ficelle l’empêchant de rapetisser. Un enfant la tiendrait dans sa main, émerveillé de le voir tenir en l’air tout seul, se balançant avec nonchalance au gré des airs.
    Et dans son rêve, l’enfant le lâcherait tout doucement en lui disant:
    Vas-y Druche, fais moi voir que tu es le plus beau.

  14. Antonio dit :

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois, il se sentait aussi balle de tennis ou de ping-pong. Ses incertitudes le mettaient souvent hors-jeu dans la vie.

    C’était un enfant de la balle qui voulait juste rebondir sur ce que la vie avait à lui offrir. Mais à chaque fois, il en prenait plein la gueule. C’est vrai qu’il n’avait pas toujours fait les bons choix.

    Vêtu de cuir, il a exercé le plus vieux métier du monde, à faire des passes à n’en plus finir, sans jamais prendre son pied avec celui des autres. Pris dans les filets des proxénètes qui n’en avait rien à foot de lui, des gros bras l’ont extirpé de là, lui offrant un peu plus de tendresse et le faisant grandir pour lui trouver un en-but dans la vie.

    Mais là encore, ses choix n’étaient pas clairs, chaque fois qu’il voulait rebondir pour avancer, il repartait en arrière pour se voir encore mis sur la touche. Ses sentiments étaient souvent trop en mêlée, il é-ruck-tait ses frustrations et ces poussées brutales après une douce introduction ont fini par le faire s’écrouler, à force d’être toujours pénalisé et frappé comme un ballon rond. Ça l’a soulé.

    Alors il s’est durci et a commencé une psychanalyse individuelle pour savoir de quel bord il était. L’arbitre sur son fauteuil lui a fait rencontrer d’abord l’enfant qu’il était. La première question, bien servie, lui est revenue dans les pieds. La partie ne faisait que commencer, les questions-réponses suivantes ont été plus disputées. Il est revenu dans la partie au bout de trois séances, à la cinquième il a fini par l’emporter. Aux tours suivants, il s’est mesuré successivement à son père, sa mère puis son ego, en finale. Une cruelle défaite dont il apprendra à se relever.

    Un matin, il a décidé de ne plus subir et de donner lui-même les coups. Il frapperait le premier dorénavant, dans la direction qui lui plairait, droite, gauche, en direct ou crochet, esquivant les qu’en-dira-t-on, les insultes et autres coups en-dessous de la ceinture.

    Il avait enfin trouvé une boule de cuir avec qui s’unir sur le ring de la vie, tournant ensemble dans la lumière de leurs désirs électriques. Boxe boxe !

  15. Laurence Noyer dit :

    MULTISPORT

    Jeux olympiques divers
    Coupe du monde de footb’ all
    La ligue des nonbinaires
    Le tournoi de rug bi des 6 nations
    La coupe des champions LGBT
    L’open de tennis de Rolande Garros
    La finale des doubles messieurs-dames
    Le grand prix de Formule Une
    La Fed Actup
    Le Four de Trans
    Paris-Bourgay
    Championnat du monde d’alterotisme
    Le super bowl de tennis-ping-pong-foot

  16. Phanie dit :

    HORS NORME

    C’était un ballon mal dans son cuir, ne sachant pas vraiment s’il était de foot ou de rugby. Parfois, il se sentait aussi balle de tennis ou de ping-pong. Ses incertitudes le mettaient souvent hors-jeu dans la vie.
    Les coups de pieds qu’il recevait lui faisait mal, les mains qui le frappaient violemment l’étourdissaient, les raquettes qu’elles soient de ping-pong ou de tennis prenaient plaisir à le frapper, mais sa plus grande douleur était le silence assourdissant qui planait autour de lui, les regards de biais qu’il recevait de plein fouet ; il se sentait différent et incompris…
    Alors souvent au moment de jouer, il se dégonflait et on le mettait de côté, l’oubliant dans un coin jusqu’à ce qu’une pompe attentionnée prenne soin de lui, lui donne le souffle et l’énergie pour affronter ce monde où la “normalité” dominait, où pour chacun un rôle était attribué ; il y avait les bons joueurs et les mauvais dont il faisait partie.
    Un jour il trouverait sa place, ce serait long, il le savait, mais l’espoir scintillait au fond de lui…

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