600e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Il vivait seul, retiré du monde et ne parlait qu’à lui-même. Changeant de voix selon s’il parlait avec son enfance, son adolescence ou sa maturité. Maintenant que vous avez une idée générale de ce personnage, vous pouvez continuer son histoire.

Ces exercices inédits d’écriture créative n’apprennent pas à écrire, ils enflamment l’imagination. Le but est de vous conduire vers les ressources imaginatives qui somnolent en vous. Après quoi, vous décidez de mener le projet d’écriture qui vous convient : nouvelles, roman, etc.


21 Responses

  1. Françoise Rousseaux dit :

    Cher Pascal,
    Je vous souhaite du courage et un bon rétablissement
    Amicalement

  2. Opaline34 dit :

    Perdu dans sa montagne, retiré du monde dans sa grotte, il n’avait d’autre compagnon de vie que lui-même.
    Il entendait uniquement le son de sa voix et seul l’écho de la grotte lui répondait.

    Malgré tout, il aimait jouer avec les sons qui sortaient de sa gorge, qui prenaient une sonorité bien différente, selon le personnage qu’il incarnait, sa météo intérieure, le jour de la semaine.

    C’est ainsi qu’une petite voix fluette l’accompagnait, quand s’adressant à son enfant intérieur, il se plaisait à lui raconter des histoires parfois incroyables.
    Sa voix était pleine de nuances, de subtilités, comme remplie d’une joie lumineuse.
    Il avait besoin, ces jours-là de tendresse mais aussi d’une bonne dose d’amusement.
    Il se racontait alors des contes, des légendes, mais aussi des histoires inventées de toutes pièces, comme si, tout d’un coup il se trouvait habité par de drôles de petits diablotins malicieux, prêts à tout pour le distraire.
    C’est alors que le rire se mêlait à sa voix.
    Et la grotte semblait lui répondre, elle aussi, comme agitée par des petits soubresauts.

    Le jour suivant, comme s’il avait attrapé un mauvais rhume, sa voix changea du tout au tout.
    Elle devient grave, bizarre, instable.
    Il n’arrivait plus à la contrôler.
    Elle lui échappait totalement.
    Alors il pestait.
    Et, plus il pestait après cette voix tantôt grave, tantôt fluette, plus la voix n’en faisait qu’à sa tête.
    La grotte, elle, n’en pouvait plus, elle essayait, tant bien que mal, de ne pas écouter, de ne pas entendre cette vilaine voix, puis résignée, attendait que la journée se passe.

    Comme aucun jour n’est semblable à un autre, le 3ème jour, il se surprit à entendre un son de voix très grave.
    Tiens, se dit -il, que se passe-t-il aujourd’hui ?
    Et la voix lui répondit : « Tu as grandi, tu es un grand bonhomme aujourd’hui, tu dois être puissant et surtout ne jamais faillir »
    Notre ermite, perdu dans sa montagne, reclus dans sa grotte, se sentit tout d’un coup défaillir.
    Cette voix qui sortait de lui le dérangeait.
    La grotte aussi, lui renvoyait cet écho très austère.

    Alors se dit -il, je pense que je vais garder ma voix enfantine, une bonne fois pour toute.
    C’est ainsi, je l’ai décidé.

  3. Sabrina P. dit :

    Il vivait seul, retiré du monde et ne parlait qu’à lui-même. Changeait de voix selon s’il parlait avec son adolescence, son enfance, sa maturité.
    — Non mais t’abuses de ouf là !
    — Je m’excuse platement mais ce n’est guère le moment de partir errer à l’autre bout de la Terre, tant de responsabilités encore vous sont échues.
    — Échues de quoi sérieux ? Je suis solo sur mon île depuis 30 piges, je me fais chier comme un ragondin mort, tu captes pas que…
    — Que ce vocabulaire m’exaspère, Dimanche ! Je vous ai connu avec une verve plus diversifiée, moins dévergondée. On dit que la pomme ne tombe jamais loin de son arbre, mais vous vous êtes diablement éloigné du verger.
    — Putain, c’est tout toi ça, j’te parle de mon mal-être et tu me saoules avec tes pommiers de malheur !
    — Mais enfin Dimanche, depuis lundi, vous êtes ainsi !
    — Je sais même pas quel jour on est, j’te jure, j’suis à deux doigts de la main de plus savoir qui je suis !
    — On est samedi, Dimanche, c’est simple de vérité, puisque hier nous étions vendredi, et que demain nous serons dimanche.
    — Qui ça nous ? Pourquoi tu m’parles de nous ? T’es en train de m’embrouiller la tête !
    — Laissez choir, mon ami, laissez choir. Je crois que vous devriez vous reposer…
    — Mais je fais que ça me reposer toute la journée ! 30 ans que je suis là à rien foutre et j’ai même pas un ballon de foot !
    — Si votre bonheur ne tient qu’à un objet rebondissant, pourquoi ne pas en fabriquer un avec vos petits doigts ? Prenez une noix de coco, il y en a des centaines à la ronde, nul besoin de parcourir le monde !
    — J’en ai ma claque des cocos ! J’aimerais, ch’ais pas… juste une noix, juste une fois, connaître autre chose quoi !
    — Les noix de Saint-Jacques sont surfaites, si vous voulez mon avis. On en fait des éloges jusque Compostelle, mais ça ne brise certainement pas 11 pattes à un calamar.
    — 11 pattes ??? Faut vraiment que j’me tire de cette île.
    — C’est à cause d’elle, c’est ça…
    — Qu’est-ce que tu racontes ?
    — Oui, je le sens bien, vous n’êtes plus le même, vous n’avez que ces mots à la bouche… elle vous a retourné le bulot.
    — Qui ça, elle ? De quoi tu parles sérieux ?! On n’est que tous les deux !
    — Oh, elle sait très bien ce qu’il faut dire pour vous faire fléchir, pour vous empêcher de réfléchir…
    — De qui tu parles bordel ? C’est qui ELLE ???!!!
    — C’est de ma faute. Je croyais m’en être débarrassée. Très tôt, je l’ai fait taire « explore » qu’elle disait. CHUT ! « dévore » qu’elle ordonnait cette joueuse de flûte ! Toujours ce même refrain, cet entrain, cette insouciance ! Cette infamie ! À bas l’enfance ! Ma pire ennemie !
    — Quoi, mais…
    — TU AS TRENTE ANS DIMANCHE, TRENTE ANS, IL EST GRAND TEMPS DE TE TROUVER UN BOULOT, UNE MAISON, UN CHIEN, UN CHAT OU UN COCHON D’INDE ET D’ASSUMER TES RESPONSABILITÉS!
    — Mais je…
    — TON ENFANCE EST TERMINÉE !!! TU N’ENTENDRAS PLUS SA VOIX à CETTE GARCE, DIS-LUI ADIEU à CETTE CONNA… !

    Dimanche se réveilla en sursaut, il s’était endormi au soleil, loin de son cocotier. Il était rouge comme une écrevisse. Il observa le calme de l’océan autour de lui, ses yeux se perdirent à l’horizon…
    Explore… Et si la voix de son enfance avait raison ?
    Il se leva et ramassa une noix de coco. Parfait pour commencer à construire son radeau. La maturité pouvait attendre.

    • mijoroy dit :

      Brutal retour à la réalité d’une vie vie qu’il est grand temps de prendre en main:) Sympa cette idée de faire dialoguer dimanche et lundi pour un adulescent qui ne sait pas faire la différence entre « fout rien » et « sois actif et créatif ».
      J’étais étonnée ce week end de ne pas avoir reçu la consigne dans ma boite email, suis venue sur le site et j’ai attendu sur la page blanche que les tout le monde vienne..il y a dû avoir un bug ?

      • Sabrina P. dit :

        Ah ah ! Oui, écoute je suis partie bille en tête sans savoir que diable écrire ! Et puis, j’ai dérivé sur Robinson Crusoé et voilà le résultat ! Pareil pour la consigne, je n’ai rien reçu alors que je m’étais promis d’écrire cette consigne car j’étais sur un long wkd de congé. Je m’en vais lire ta trouvaille. Belle soirée à toi !

  4. iris79 dit :

    Il vivait seul retiré du monde
    et ne parlait qu’à lui-même. Change de voix selon s’il parlait avec son enfance, son adolescence ou sa maturité.Maintenant que vous avez une idée générale de ce personnage, vous pouvez continuer mon histoire
    -ah quand même, ça fait quelque chose ces soixante ans maintenant. Je suis désormais bien ancré dans la classe des séniors.
    -ah super ! Grâce à ma carte jeune, je vais pouvoir bénéficier de réductions sur mes trajets, je vais pouvoir voyager ! J’en rêvais !
    -moi aussi mais je suis encore trop petite ! Pour l’instant je dois écouter les adultes et respecter les règles ! Vivement que je grandisse !
    -moi, j’ai l’impression d’avoir rapetissé. Je commence à me voûter et je suis un peu rouillé le matin, il faut bien l’avouer…
    -vive la jeunesse ! Je peux enchaîner ma nuit blanche de folie et ma journée de lycée sans trop souffrir…
    -moi, j’ai besoin de dormir ! J’adore faire la sieste avec mon doudou !
    -moi aussi, j’adore faire la sieste ! C’est mon petit plaisir du week-end et le reste de la semaine, j’en rêve ! Ma semaine de boulot dans les pattes, j’apprécie tellement cette parenthèse de repos !
    -le week-end, le programme c’est buller sur la plage avec mes potes et les copines en racontant des conneries et en écoutant de la musique, la belle vie quoi !
    -la musique j’adore ! Les comptines que me chante ma maman et celles qu’on écoute sur la cassette dans la voiture !
    -je vais essayer d’aller au concert ! Il y a tellement de créativité et de diversité, ce n’est pas le choix qui manque mais il va me falloir réserver une place assise, sans ça, ce sera sans moi…
    -On campera devant la porte s’il le faut mais notre plan c’est devant, et dans la fosse, pour sentir les basses dans la poitrine !
    -moi, je n’aime pas trop quand c’est fort…Ça me fait peur et je cours dans les bras de ma maman.
    -Au moins en virée avec les copains, on n’a plus les parents sur le dos…
    -Moi j’aimerais tellement, ne serait-ce qu’un instant, pouvoir partager encore un petit moment avec mes parents, parler avec eux, retrouver leur sourire et leurs rires chaleureux…

  5. Grumpy dit :

    Si j’ai une petite voix fraîche et aiguë, c’est que j’ai six ans. Déjà très timide et timoré, il n’y a qu’en me parlant à moi-même que je suis volubile. Sinon, à la maison dès que je veux dire quelque chose, on m’ordonne d’être rapide, clair et sans crier, sinon j’agace. A force, je me suis habitué à ne parler que très peu, au fond personne ne m’en a fait la réflexion, j’ai compris que ça arrangeait tout le monde. L’éducation de mon enfance c’était ça :

    – 1. on ne met pas les coudes sur la table
    – 2. tu parleras quand tu seras grand

    Il y avait aussi beaucoup d’autres points .3 .4 .5 .6 … . J’ai obéi.

    Maintenant je suis ado. Je ne m’exprime guère plus, tout le monde apprécie parce que « les jeunes de maintenant, n’est-ce-pas …» De toute façon personne ne comprendrait mon vocabulaire de cour de lycée, bourré de mots d’anglais, de langage informatique, de poésie rap, un vrai charabia disaient-ils : « C’est bien la peine, vraiment, disaient mes parents prenant leur air pointu, de t’avoir financé les écoles privées … » Je levais les yeux au ciel comme l’on me l’avait si souvent imposé, bien que ce soit jamais là que j’aie trouvé quelque inspiration.

    Voilà enfin que je suis grand, adulte disons. 61 ans. J’ai eu une vie:
    1 épouse, 4 enfants, 1 chien. Personne ne me disait de me taire, c’était moi le chef. Je ne parlais pas trop pour autant, ni à tort et à travers, ni trop fort, ni trop bas, juste ce qu’il fallait pour guider gentiment la famille et assumer correctement mon métier de commercial. Et puis, cette vie rangée a mal tourné en même temps que mes affaires.

    Je n’ai rien dit à personne, on m’avait appris à être discret, alors j’ai disparu. J’ai tout manigancé à l’avance, si bien préparé que ça a fonctionné, mieux que je n’avais osé l’espérer. Ensuite, pfffft, parti sans laisser d’adresse, Rien de plus simple. Il paraît qu’on me court encore après et que l’on me voit partout sans me trouver nulle part.

    Je suis tout cela sur internet depuis ma cache imprenable. Je suis tellement sûr de moi que je ne crains pas de dévoiler mon pseudo, facile : mes initiales sont numériques au poil : XDdL@gmail.com

    J’épluche attentivement les recherches qui me concernent sur les sites Police et Interpol. Ma tête y est mise à prix, ça me flatte. Rien à craindre, ça n’avance ni vite, ni lentement, pas du tout.

    A vous qui êtes virtuels, puisque je nage dans le cloud, je peux bien vous l’avouer, c’est vrai : j’ai zigouillé ma femme et mes 4 enfants. Ça a été coton pour les enterrer. Il y en a un que je regrette dans tout ça : le chien. Je l’aurais bien épargné puisque je l’avais dressé comme je l’avais été : ne rien dire de superflu. Mais qui sait ? Il avait tout vu.

    Et puisque je peux enfin en placer une, quand j’ai besoin de me dérouiller, je crie très très haut, très très fort « M’attrape qui pourra …»

    • Michel-denis Robert dit :

      Bien vu.

    • mijoroy dit :

      Excellent 🙂 partir d’un fait divers très médiatisé, donc que le lecteur peut parfaitement comprendre 🙂 J’aime bien cette chute du « attrape -moi si tu peux » 🙂

      • Grumpy dit :

        Pour moi aussi il y a eu BUG tout pareil … énoncé pas reçu, puis brouillé, impossible de poster mon texte, et bien plus tard, tout est revenu à la normale. Peu de réponses : dans doute à cause du pont de l’Ascension …
        Futée qui avez identifié sans peine mon assassin mutique. Comme quoi, il a des gens qu’il ne faut pas frustrer de la parole.

        • Pascal Perrat dit :

          Raisons de ce cafouillage : je suis hospitalisé pour infarctus survenu subitement. J’espère sortir mardi 31
          Avec de graves séquelles mais mon cerveau va bien

          • mijoroy dit :

            Oh Pascal, mais repose toi, nous nous sommes débrouillés..TA SANTE est une PRIORITE!! N Toute la communauté comprendra, d’ailleurs pour te permettre de te reposer, peut être as tu un ancien ou ancienne qui pourrait imaginer un exercice. Dans cette adversité que tu traverses, LE REPOS EST NECESSAIRE, alors soit nous patientons, soit bnous nous défions les uns les autres. Toutes mes meilleures pensées de rétablissemnt

          • Laurence Noyer dit :

            Cher Pascal

            Je découvre… votre infarctus. Mon coeur a fait deux tours sur lui-même à l’annonce de cette triste nouvelle.

            Je pense très fort à vous … à ce que vous pouvez ressentir en ce moment… vous avez bien évidemment tout mon soutien.

            Je vous offre du sirop de soleil, à prendre 3 fois par jour

            Vous êtes le myocarde de notre créativité , l’oxygène de notre encre , alors remettez-vous, remettez-vous! vite

            Je vous embrasse

          • Sabrina P. dit :

            Je découvre la raison de cette absence samedi dans ma newsletter. Reposez-vous bien Pascal, grandes pensées pour vous, bon rétablissement à vous.

  6. Grumpy dit :

    Si j’ai une petite voix fraîche et aiguë, c’est que j’ai six ans. Déjà très timide et timoré, il n’y a qu’en me parlant à moi-même que je suis volubile. Sinon, à la maison dès que je veux dire quelque chose, on m’ordonne d’être rapide, clair et sans crier, sinon j’agace. A force, je me suis habitué à ne parler que très peu, au fond personne ne m’en a fait la réflexion, j’ai compris que ça arrangeait tout le monde. L’éducation de mon enfance c’était ça :

    – 1. on ne met pas les coudes sur la table
    – 2. tu parleras quand tu seras grand

    Il y avait aussi beaucoup d’autres points .3 .4 .5 .6 … . J’ai obéi.

    Maintenant je suis ado. Je ne m’exprime guère plus, tout le monde apprécie parce que « les jeunes de maintenant, n’est-ce-pas …» De toute façon personne ne comprendrait mon vocabulaire de cour de lycée, bourré de mots d’anglais, de langage informatique, de poésie rap, un vrai charabia disaient-ils : « C’est bien la peine, vraiment, disaient mes parents prenant leur air pointu, de t’avoir financé les écoles privées … » Je levais les yeux au ciel comme l’on me l’avait si souvent imposé, bien que ce soit jamais là que j’aie trouvé quelque inspiration.

    Voilà enfin que je suis grand, adulte disons. 61 ans. J’ai eu une vie:
    1 épouse, 4 enfants, 1 chien. Personne ne me disait de me taire, c’était moi le chef. Je ne parlais pas trop pour autant, ni à tort et à travers, ni trop fort, ni trop bas, juste ce qu’il fallait pour guider gentiment la famille et assumer correctement mon métier de commercial. Et puis, cette vie rangée a mal tourné en même temps que mes affaires.

    Je n’ai rien dit à personne, on m’avait appris à être discret, alors j’ai disparu. J’ai tout manigancé à l’avance, si bien préparé que ça a fonctionné, mieux que je n’avais osé l’espérer. Ensuite, pfffft, parti sans laisser d’adresse, Rien de plus simple. Il paraît qu’on me court encore après et que l’on me voit partout sans me trouver nulle part.

    Je suis tout cela sur internet depuis ma cache imprenable. Je suis tellement sûr de moi que je ne crains pas de dévoiler mon pseudo, facile : mes initiales sont numériques au poil : XDdL.

    J’épluche attentivement les recherches qui me concernent sur les sites Police et Interpol. Ma tête y est mise à prix, ça me flatte. Rien à craindre, ça n’avance ni vite, ni lentement, pas du tout.

    A vous qui êtes virtuels, puisque je nage dans le cloud, je peux bien vous l’avouer, c’est vrai : j’ai zigouillé ma femme et mes 4 enfants. Ça a été coton pour les enterrer. Il y en a un que je regrette dans tout ça : le chien. Je l’aurais bien épargné puisque je l’avais dressé comme je l’avais été : ne rien dire de superflu. Mais qui sait ? Il avait tout vu.

    Et puisque je peux enfin en placer une, quand j’ai besoin de me dérouiller, je crie très très haut, très très fort « M’attrape qui pourra …»

  7. Nadine de Bernardy dit :

    Aujourd’hui je vais avoir huit ans. J’espère que mes parents pourrons m’offrir ce vélo rouge dont je rêve depuis trois ans. Je ne veux plus me trainer sur ce vélo de bébé beaucoup trop petit pour moi.
    Quand je tente d’en savoir plus, ils me répondent :
    – tu verras bien, c’est une surprise.
    Et le voilà, tel que dans mes souhaits les plus fous. Rutilant, la selle noire, magnifique!
    C’est le plus beau jour de ma vie.
    Je me souviendrais toujours de mes huit ans. De ce vélo rouge. J’en ai fait des kilomètres avec lui! J’ai appris à réparer les pneus crevés, à remettre la chaîne en place, régler les freins. Mais j’ai grandi trop vite, mes copains avaient des mobylettes tandis que je roulais sur ce vélo à la selle montée au maximum.
    Jusqu’au jour ou, ayant crevé pour la nième fois, je pestais contre ce vieux biclou au bord de cette petite route . Une fille passant en vélo, s’est arrêtée pour me proposer son aide.
    Madeleine – Pierre
    Nous ne nous sommes plus quittés. Elle sur sa bicyclette noire d’un chic indéniable, moi sur mon Peugeot gris métallisé que j’avais pu m’offrir en travaillant dur tous les week end. Tous les deux nous avons sillonné les environs, seuls, tandis que les autres passaient leur permis automobile.
    Jusqu’au jour de notre mariage…qui fut l’autre plus beau jour de ma vie
    Le jour de notre mariage, on a fait notre petit effet en arrivants devant l’église sur nos engins décorés de fleurs sous les vivas de la noce.
    Plus tard nous avons eu un tandem, équipé pour les grandes randonnées; tour de la France, l’ Europe, toujours de nouvelles découvertes.
    Les années ont passé, le tandem rouille dans la remise, Madeleine est morte. Nous n’avons pas eu d’enfant. Me voilà seul comme un vieil ermite dans cette grande baraque, vieille et trop grande, avec ma vieille vie, ma vieille solitude. Parfois je me chevrote quelques souvenirs, mais le journées sont longues, et la nuit je rêve parfois du jour de mes huit ans.

  8. Laurence Noyer dit :

    Reclus
    Fuis
    Mutile ton plancher
    Ecorche ton sol
    Estropie ton ombre
    Echarde tes pieds
    Façonne ton envol
    Déchaîne ta ronde
    Contusionne tes visées
    Gomme ta boussole
    Tais-toi
    Réprime tes mots
    Retiens tes secrets
    Eclipse ton moi
    Cache tes idéaux
    Demeure discret
    Reste tranquille
    Embastille ton silence
    Façonne tes ténèbres
    Relâche tes iles
    Arrime ta patience
    Dentelle ton funèbre
    Vis seul
    Retire toi du monde

  9. mijoroy dit :

    T’en souviens -tu mon cœur, lorsque nous pouvions enchaîner plusieurs nuits à enflammer le dance floor et pas que. Cette tourterelle qui roucoule me rappelle, Marion, la flamboyante aux yeux verts de panthère. Quelle était belle. Je n’ai jamais compris pourquoi elle avait choisi Baptiste plutôt que moi. Pourtant, ce soir-là au jeu « d’audace ou vérité » quand je lui ai demandé de me séduire et qu’elle a roucoulé comme une tourterelle, j’ai cru que j’avais conclu. Hé bien non, c’est ce margoulin qu’elle a rejoint sous sa tente. Peut-être que mon sandwich à l’aïoli n’a pas joué en ma faveur ? N’empêche que j’avais un jeu de jambes à faire pâlir Fred Astaire me disaient toutes les filles. J’avais du souffle et une assurance auprès des gonzesses. Une telle audace due à mes dix-sept ans qui s’est pourtant vite émoussée. Mes déboires et déconvenues amoureuses ont chaque fois fait voler en éclats ce qui me sert de cœur, centre de mes émotions. Aujourd’hui, un demi-siècle a coulé sous le pont de ma vie. Fini de séduire un parterre de gourgandines. Je ne pêche que des sardines. Hein ? Comment ça suis un vieux croûton ? Mais c’est de ta faute mon corps ! Tu mets des plombes à te déverrouiller le matin, alors pour emballer, je pédale dans les anti-inflammatoires. En plus, toi l’intestin tu me procures des remontées gastriques peu odorantes, malgré les boites de tic-tac mentholées. Ouais j’ai dû arrêter les chewin-gums, j’étais un orage ambulant à cause de l’aérophagie. En plus, tu laisses apparaître un relâchement musculaire disgracieux sur mon ventre. Certes, les blondes ou brunes mousseuses qui nonobstant mes rôts participent peut-être un peu à l’arrondi de ma sangle abdominale, mais qu’est-ce que c’est bon. Non mon corps, c’est la crise de la drague à 67 ans. La vieillesse augmente avec mon âge et les années qui deviennent plus courtes. La seule chose positive, je suis ici tout seul, sans personne pour me dire « fais-pas ci, fais-pas ça ». Tu es mon seul rabat joie, mon corps ! Tu te fais vieux , attention tu vas devenir un vieux croûton râleur !

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