583e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Il était une fois, un cheval esseulé dans un champ.
Une conteuse décida de le désennuyer
avec des histoires joliment hippiques.
Un jour, alors qu’elle s’approchait, l’animal lui dit : Chut ! écoute-moi, cette fois, c’est moi qui vais te raconter une histoire : il était une fois…

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Les personnes heureuses sont celles qui voient leur vie comme un jeu imaginatif.
Elles continuent à jouer à explorer le grand jeu de la vie, comme dans leur enfance.
Pour elles, tout est sérieux et rien ne l’est.

25 Responses

  1. françoise dit :

    583/ll était une fois, un cheval esseulé dans un champ. Une conteuse décida de le désennuyer avec des histoires joliment hippiques.
    Un jour, alors qu’elle s’approchait, l’animal lui dit : Chut ! écoute-moi, cette fois, c’est moi qui vais te raconter une histoire : il était une fois un matin hivernal une jeune pouliche était accostée par Eric Saint-Martin, ancien jockey, membre de France Galop, devenu entraîneur, qui lui dit « je suis sûr que tu as un sérieux potentiel et je souhaiterais t’entraîner,je suis sûr qu’avec du travail, beaucoup de travail, tu as une magnifique carrière devant toi.Je te vois remporter « l’Arc de Triomphe ».
    Et pourquoi je te le donnerais mon potentiel ? Je préfère le garder intact ! En attendant de rencontrer le jockey de ma vie qui m’entraînerait pour remporter les trois courses hippiques mythiques : le Prix d’Amérique, le Prix de l’Arc de Triomphe et le Grand steeple-chase de Paris.
    Je crois que tu as tort, je suis sûr que nous aurions pu faire de grandes choses ensemble. Continue de rêver, tu pourrais peut-être aller voir une cartomancienne chevaline !
    Le cheval esseulé ,qui s’était pris d’affection pour cette pouliche, lui demanda ce qu’elle était devenue.
    La pauvre, elle est exploitée par un gros cultivateur qui la fait tirer la charrue dans ses champs du matin au soir,sept jours sur sept et il envisagerait de la mener à l’abattoir à la fin des moissons

  2. MALLERET dit :

    Il était une fois, un cheval esseulé dans un champ. Une conteuse décida de le désennuyer avec des histoires joliment hippiques.
    Un jour, alors qu’elle s’approchait, l’animal lui dit : Chut ! écoute-moi, cette fois, c’est moi qui vais te raconter une histoire : il était une fois…

    Une pouliche blonde, comme une star de Hollywood. Elle vivotait sur le pré laissé à l’abandon en pensant à ce magnifique cheval blanc ailé auquel elle aurait aimé ressembler.
    Un jour, Évariste, un dresseur animalier la remarqua. Depuis longtemps, on lui demandait un cheval exceptionnel pour un film. Le tournage trainait faute de protagoniste équidé. La directrice de casting avait beau voir de merveilleuses bêtes, il manquait juste le coup de foudre. « C’est elle ! » pensa-t-il.

    – Bonjour belle blonde. Je me suis renseigné, tu n’appartiens à personne. Je ne crois même pas que tu aies un nom. Que penses-tu de : Sabline ? Ta couleur sable clair m’y fait penser.
    La pouliche ne s’écarta pas à son approche.
    – Et si je t’emmenais avec moi ? Qu’en dis-tu ?
    Évariste s’avança plus près. Sabline ne bougea pas. Lorsqu’il fit mine de partir, elle le suivit.
    – On dirait que tu es d’accord. Nous allons travailler dur ensemble. Te sens-tu prête ?
    La pouliche hennit et secoua la tête. Évariste éclata de rire et décida qu’elle avait dit « oui ».

    Quelques semaines passèrent. Docile, son apprentissage progressa rapidement malgré de temps en temps des ruades, juste pour faire preuve de caractère. Le film se tourna sans difficulté. À sa sortie, les entrées battirent des records. Des milliers d’enfants et d’adultes rirent et pleurèrent à la fois. Sabline était dans tous les cœurs.

    Cependant, de façon incompréhensible, elle se mit à dépérir. Son poil perdit cette teinte miel sablée lumineuse, elle s’alimentait peu, gambadait moins. Malheureux, Évariste n’y comprenait rien.
    C’était pourtant simple ! Elle s’ennuyait. Son envie de devenir la Pégase des champs de courses, adulée par tous les afficionados de courses hippiques ne cessait de trotter dans sa tête.

    Encore très jeune, malgré un parcours atypique, le propriétaire d’une célèbre écurie la repéra et proposa à Évariste de lui acheter la pouliche. Ce dernier, voyant que ni ses soins, ni ceux du vétérinaire n’apportaient d’amélioration, accepta avec regret.

    Sabline se montra une élève attentive. L’entraînement s’avéra long, fastidieux, intense, fatigant, mais au bout se profilaient les courses de galop. La beauté de sa robe revenue et son endurance au travail, attirèrent les journalistes hippiques qui en firent leur vedette.
    Les progrès allèrent bon train, étonnant le propriétaire qui se félicita de son acquisition.

    La première course eut lieu par une belle journée de printemps. Les paris explosèrent ! Au tirage au sort ils avaient eu la chance d’obtenir au départ le n°1 de corde, c’est-à-dire dans la stalle de départ, la place qui offrait le trajet le plus court. Elle allait tirer profit au maximum de cette position.
    Le but de sa vie se trouvait maintenant dans ses sabots. Elle allait prouver encore une fois de quoi elle était capable.
    Sabline ressentait le puissant soutien d’Évariste malgré l’éloignement des tribunes.
    Son jockey avait une confiance totale en ses possibilités, comme elle avait une confiance absolue en son jockey. Être la meilleure, seule alternative ! Au coup d’envoi, elle se sentit pousser des ailes : Pégase, ne penser qu’à Pégase. Au fil de la course, ses sabots se firent de plus en plus légers. On aurait pu croire qu’elle volait.
    Sabline tenait ses promesses, elle était en tête avec Pégase qui courait devant elle pour l’entrainer !

    Un évènement inattendu se produisit, Sabline stupéfaite, vit Pégase trébucher.

    – Et alors dit la conteuse ?
    – Ben, pour ne pas le piétiner, elle fit un bond comme si elle sautait un obstacle. Hurlement de la foule qui ne peut y croire ! Dans les tribunes c’est le chaos ! Les vidéos agrandissent ce moment. Ils avaient besoin de comprendre l’origine de cette réaction. Mais rien, absolument rien qui puisse expliquer cette situation.
    – Et alors ?
    – Élimination immédiate !

  3. pakitapom dit :

    Ju ment !

    Faut dire que Julie depuis son plus jeune age, on lui a toujours menti. Alors pourquoi faire autrement . Mentir n’est même plus un jeu, c’est une seconde nature , un réflexe, une forme de protection. A force de s’inventer une vie qui en vaille la peine , pour être comme les autres, simplement, ou peut être un peu mieux parfois, Ju se mélange entre le réel et ce monde qu’elle a crée . Elle est Ju mais elle est l’autre aussi : Julie !. Parfois, dans sa tête et dans son petit cœur, elle et l’autre se sentent un peu à l’étroit alors elles se battent pour survivre et le crane de Julie pourrait éclater tant il y a de violence à l’interieur de Ju. Elle hurle, on l’enferme …pour la soigner

    Ju se retrouve dans un établissement où, plutôt que de gaver les enfants de médicaments, on essaye des solutions alternatives pour tenter de leur redonner confiance, apaiser leurs souffrances. A défaut de dialoguer avec son thérapeute, peut être trouvera-t-elle plus facile de s’occuper d’un animal , un cheval par exemple ; lequel deviendrait alors une sorte de médiateur entre le soignant et l’enfant.

    Julie obéit, fait comme tooujours ce qu’on lui dit. Elle s’approche , hésitante, des pouliches et des poulains, tend la main, hasarde une rapide caresse. Le temps passe, Julie s’enhardit, elle bouchonne, étrille, nourrit mais ses gestes demeurent mécaniques, sans ame. L’expérience n’est pas concluante. Le contact ne se fait pas.

    Ju, pourtant, une fois son travail terminé, s’en va vers le bois, longe la barrière qui clôt un grand champ planté de vieux pommiers et, quand elle se sait à l’abri des regards, elle se met à parler doucement, litanie murmurée, ritournelle échappée de ses lèvres mi closes. Au fond de sa remise de planches disjointes, il dresse les oreilles, hume le vent et ,lentement, s’approche de la clotûre où elle l’attend. Elle farfouille dans la poche de son anorak et en sort une vieille croûte de pain qu’elle lui tend. Il s’avance, les naseaux frémissants et l’attrape avec délicatesse pour ne pas l’effrayer. Elle aime ce contact humide et chaud à la fois , sa main remonte lentement en caresse sur le chanfrein de l’animal Les paupières mi closes, il la laisse faire et apprécie . Ils sont maintenant tout proches . Elle escalade les longerons de bois vermoulu pour se coller contre son poitrail . Ses petits bras s’accrochent à son encolure et, la tete perdue dans sa crinière, Ju raconte au vieux cheval fourbu des histoires merveilleuses de chevaux magiques qui s’envolent dans le vent, de palefrois et de haquenées des temps passés, de contes quelle a lus ou inventés, ses chevaux de vents à elle quand les murs se font trop gris et trop hauts aussi, quand Ju pousse Julie à s’échapper . Elle chantonne des airs venus d’imaginaires ailleurs sortis tout droit de son cœur. Pour lui, elle invente des chevauchées à travers les steppes mongoles. La musique se mêle aux mots et la vieille haridelle soudain redevient puissante et belle. De tournois médiévaux il est, à travers ses mots, le héro. La pauvre carne se fait cavale, menant hardiment les hommes à la bataille. Le vieux canasson redevient enfin étalon.

    Ces rencontres secrètes, ces contées murmurées en cachette, ces légendes exaltées de poésie chantées ont duré tout l’été. Puis l’automne est venu et quand Ju et Julie marchent enfin à l’amble sur le sentier qui mène au bout du champ , le sourire est sur leurs visages et leur cœur rassemblé, apaisé.

    Julie grimpe sur la barrière, laisse monter le chant du fond de sa gorge et attend….
    Il ne viendra pas. Il ne viendra plus la rejoindre au bout de la prairie , dans la discrète pénombre des pommiers. Pour lui on a choisi la boucherie …. Inquiete, fébrile, elle enjambe la barrière et court vers l’abri . . Tout ici est à l’abandon. En un instant, toutes les certitudes se défont , craquent les fils tenus de l’unité. Ju ment :  « il va revenir ! » Julie fait un signe de dénégation mais son visage ne reflete pas la peine . Un vague sourire flotte sur sees levres pales . Dans la paille éparse au sol, elle vient de voir quelque chose . Elle se penche, le ramasse et le met en bouche : une cane à sons, une sorte de flûtiau rudimentaire. Ensemble elles posent leurs doigts sur l’instrument ommaire , soufflant à l’unisson . Nait alors une étonnante mélodie sage et folle a la fois .

    Tout en jouant, Julie, remonte le chemin qui mene au centre équestre et, le regard sur la ligne d’horizon au loin , là bas, elle voit son vieil ami galopant crinière au vent à travers la steppe, vers le pays des rêves et des contes…

  4. Laurent dit :

    Un merveilleux cadeau !

    Il était là depuis longtemps, voir un peu plus que cela,
    Le plus souvent seul au beau milieu de sa prairie, sans vis à vis,
    De temps en temps un cavalier venait lui faire faire quelque tour sans grand intérêt,
    Les jours passaient, les nuits aussi avec une implacable routine. Les saisons également.

    Il avançait parfois l’encolure un peu basse, l’oreille distraite,
    Les humains auraient dit qu’il faisait un Bore-out ou un Brown-out,
    Officiellement il s’ennuyait le pauvre,
    Du moins officiellement !

    Au fil de mes promenades je passe souvent à proximité de son enclos,
    L’endroit est charmant, la lumière toujours radieuse et tamisée,
    Ce jour là il était plus proche de la clôture, comme si il attendait une rencontre,
    Il a cheminé avec moi le long du sentier ; c’est là que j’ai commencé à comprendre.

    Heureusement pour lui il n’était ni chèvre ni âne et une compagnie ne lui était pas indispensable pour bien vivre,
    De bonne fortune il n’était pas de ces célibataires aigris, qui le sont par obligation plus que par choix d’existence,
    S’ennuyer ? Le croyez-vous ? Pensez-donc !
    En réalité il était tout heureux de tromper son monde, il y trouvait nombre d’avantages.

    Ayant la prairie à son usage, il la partageait avec quelques lapins, quelques grenouilles des champs et autres petits animaux,
    Cela lui laissait la possibilité de choisir son herbe en fonction du moment ou de son humeur,
    De l’herbe ensoleillée pour contrer l’humidité et la fraîcheur matinale ; de la verdure ombragée pour pallier à l’ardeur solaire et à la canicule,
    Pourquoi-pas les graminées situées auprès du parterre de verveine sauvage pour bien digérer et stimuler son appétit.

    A vrai dire il s’ennuyait un peu, il me l’avoua, mais il en avait fait un art de vivre et en tirait tout bénéfice,
    Il fut un temps où ne rien faire, s’ennuyer, était l’apanage des princes et des artistes. Moi, je suis devenu le roi de moi-même, me dit-il,
    S‘ennuyer, c’est une façon de prendre de la distance avec ses habitudes et de redonner du sens à son existence,
    C’est se reconnecter à soi, profiter de l’instant pour retrouver son esprit, faire des choix en toute confiance

    Laisser à l’ennui la possibilité de s’inviter dans notre quotidien permet au cerveau de respirer,
    A petites doses, l’ennui permet de focaliser l’attention sur l’essentiel, à marginaliser les contraintes du quotidien, m’ expliqua – t – il,
    L’ennui est une porte ouverte sur un autre monde, pourtant proche de nous : le monde de la créativité, de l’imagination,
    Il y a quelque chose de mieux que d’avoir des aventures : c’est d’en inventer pour mieux les vivre après.

    Au fil de notre promenade il m’a fait un merveilleux cadeau : le luxe de savoir s’ennuyer,
    Ces laps de temps ou je débranche, ces transitions entre l’instant d’avant et le moment futur, constituent le poumon de mon quotidien,
    Ce moment de solitude ne contrarie pas mon instinct grégaire, mais le renforce. Je sais pourquoi j’aime dire bonjour avec le sourire,
    Le temps a passé, les saisons également, aujourd’hui encore j’adore m’ennuyer !

  5. Françoise - Gare du Nord dit :

    Il était une fois, un cheval esseulé dans un champ.
    Une conteuse décida de le désennuyer avec des histoires joliment hippiques.

    Un jour, alors qu’elle s’approchait, l’animal lui dit : « Chut ! écoute-moi, cette fois, c’est moi qui vais te raconter une histoire

    Il était une fois 4 petits chevaux qui comme moi s’ennuyaient dans leurs stalles …

    Un jour, l’un d’eux, le plus rebelle, le plus audacieux, décida de s’échapper, pour un parcours sur un plateau des environs qu’il pensait paisible et distractif mais qui se révéla semé d’embûches.

    En effet, les trois autres chevaux l’imitèrent et lui emboîtèrent le pas. Une course effrénée et sans pitié se mit en place. Une course où seul le hasard a loi et où tout se joue, comme dans la vraie vie, sur un coup de dés..

    Une urgence s’imposa alors à nos petits chevaux pour ne pas se faire damner le pion par leurs concurrents : ne pas se faire rattraper pour revenir sain et sauf dans son écurie.

    Cela se fit savoir dans les environs. D’autres petits chevaux désœuvrés vinrent les rejoindre et le combat n’en fut que plus acharné et plus terrible : les chevaux d’une même écurie pouvaient être renvoyés au box par ceux qui portaient même toque et même casaque. Cruel et fratricide Car, aucun ne pouvait espérer se faire faire la courte échelle

    L’échelle, justement. L’épreuve finale : arrivé au pied de l’échelle, le petit cheval n’était pas sauvé pour autant. L’attendait la montée, longue et fastidieuse, avec au bout, le chiffre fatidique

    Cette histoire a su animer et égayer les dimanches pluvieux, les jours de grève à la télévision ou de panne générale sur le réseau Orange

    Car c’est elle qui a inspiré le créateur du jeu des petit chevaux

  6. Urso dit :

    Un cheval qui était jaloux de l’auto de sa patronne.
    Il se disait qu’elle était devenue une concurrente pour lui.
    Avant, la dame pouvait rester de longues heures avec lui. Tous deux ils faisaient de longues promenades sur des chemins de campagne, ne cessant de parler et de ricaner et mangeant souvent dans un petit coin tranquille de bons petits plats du terroir.
    Aujourd’hui, avec ce tas de ferraille qu’elle s’était achetée les choses avaient bien changé.

    Dans la tête du cheval, des pensées troubles avaient jailli. Il voulait passer à l’action, se venger, détruire enfin cet engin de malheur, pour que sa chérie revienne au plus vite.
    Il pensait que le meilleur moment pour fracasser cette auto serait la nuit.
    Vers minuit, il irait dans le hangar qui servait de garage et là il en profiterait pour lui régler son compte, à cette garce de voiture.
    Mais ce qu’il avait prévu ne se produisit pas. Une raison précise le fit changer d’avis.

    Un matin, dans la cour de la ferme, il entendit des bribes de conversation où on parlait de voitures avec des chevaux.
    Oh la la se dit-il quel est ce drôle d’assemblage que les hommes ont réalisé ? Y aurait-il des mâles de chez nous qui ont couché avec des automobiles ?
    Ayant un doute sur ce point insolite, il décida d’espionner sa maîtresse et de faire sa petite enquête pour connaître la signification de cette notion de cheval pour une voiture.

    Un jour, en passant à proximité d’une école primaire, il faillit trébucher sur un gros livre qui était en réalité un dictionnaire, certainement égaré par un écolier.
    Il le manipula à toute vitesse et tomba un peu par hasard sur la définition du mot cheval-vapeur.
    Il rit aux éclats pendant plusieurs minutes. Il rayonnait de bonheur : il avait compris la subtilité de la voiture et des chevaux.
    Vraiment la vie sur Terre avec des humains lui parut plus belle.

    Subitement, il eut une autre idée en tête. Il galopa jusqu’au village voir son ami forgeron (qui avait une Citroën).
    Il lui demanda conseil pour conduire en solo ou en compagnie, l’auto de sa jeune et belle maîtresse qui était une fringante 2 CV …

  7. Dominique PORHIEL dit :

    Il était une fois, un cheval esseulé dans un champ.
    Une conteuse décida de le désennuyer avec des histoires joliment hippiques.
    Un jour, alors qu’elle s’approchait, l’animal lui dit : Chut ! écoute-moi, cette fois, c’est moi qui vais te raconter une histoire : il était une fois…
    … il était une fois, une conteuse sachant conter et qui ne s’en privait pas ! Et que je te conte et que je te raconte … tous en étaient absolument crevés ! Car elle ne racontait que des choses enfin des histoires sans queue ni tête.
    Et ça pour des chevaux, c’est tout à fait inacceptable. Songez donc : s’il n’y a ni queue, ni tête ; où allons nous mettre la célèbre queue de cheval ? Qui, si ne m’abuse, se trouve justement sur la tête des filles et celle des conteuses en particulier (une bonne conteuse doit savoir, au moment opportun, secouer la tête et faire ondoyer – ou poudroyer si elle a mis des paillettes – sa chevelure retenue parfois par un simple élastique mais le plus souvent par un joli chouchou. C’est tout l’art des conteuses à queue de cheval !
    Donc, en résumé : pas de tête, pas de queue !
    Moi, personnellement, ça ne m’a pas gêné. Parce que vois-tu, certes j’ai de grandes et magnifiques oreilles … mais je suis sourd comme un pot !

  8. Kyoto dit :

    Il était une fois un cheval dans un champ.
    Rien de plus banal.
    Cependant, les nuits de pleine lune, une conteuse essayait de le désennuyer avec des histoires joliment hippiques.

    Une nuit, alors qu’elle s’approchait, l’étalon lui dit :

    « Chut ! Ecoute-moi ! Cette fois, c’est moi qui vais te raconter une histoire : Il était une fois un cheval dans un champ. Une conteuse, un peu cavale, avait décidé de le désennuyer avec des histoires hippiques, typiquement hystériques. Elle l’ennuyait, l’énervait, mais elle ne s’en doutait pas. Elle prenait ses coups de sabot pour une invite. Elle prenait ses rires chevalins pour une connivence. Une nuit, l’étalon, l’invita chevaleresquement, à parcourir un chemin chevauchable qu’il connaissait bien. Il parlait de ses victoires, ses cavalcades, ses conquêtes. Elle l’écoutait, n’osait pas l’interrompre. Soudain, il stoppa net, l’injuria, et lui ordonna de ne plus jamais venir le voir. N’oublie jamais que, moi, je suis un étalon, un chevalier, un roi, un dieu. Il fit demi-tour et partit au galop.
    La conteuse, nimbée par la lumière lunaire, semblait être une statue. Seule une larme glissa. Personne ne sut ce qu’elle devint »

    Le cheval du champ ajouta à l’oreille de la conteuse : Adieu Bécasse !

    Celle-ci s’en retourna.

    Le hennissement démoniaque du cheval jouissant de sa nouvelle victoire a longtemps résonné dans la contrée.

  9. Françoise Rousseaux dit :

    Il était une fois un cheval esseulé dans un champ. Une conteuse, qui habitait dans les environs, venait souvent le voir ; elle était persuadée qu’il s’ennuyait et pour le distraire lui racontait des histoires.
    Or, un jour, le cheval lui dit :
    «  Chut ! A présent, c’est moi qui vais te raconter une histoire. Il était une fois une petite fille qui ne parlait pas. Elle avait subi un grand traumatisme et depuis lors, elle n’avait plus prononcé un seul mot. Ses parents , très inquiets, avaient convoqué le ban et l’arrière-ban de la médecine. On lui avait scruté les oreilles, la gorge, on avait introduit d’indiscrètes sondes dans son pharynx, on lui avait scanné le cerveau, on l’avait soumise à d’innombrables tests..La pauvre enfant ne supportait plus la seule vue d’une blouse blanche ; on finit par la laisser tranquille. Elle fréquenta pendant quelques temps l’école du village, mais son mutisme embarrassait les enseignants. Finalement, elle fut admise dans un établissement spécialisé, où on lui apprit la langue des signes. Dans cette nouvelle école, on proposait des activités à l’extérieur, en particulier l’équitation. Deux fois par semaine, les élèves qui le souhaitaient allaient dans un centre hippique, où l’on attribuait à chacun d’eux un cheval qu’il devait monter dans un manège, mais aussi panser et nourrir à la fin de la séance. C’est ainsi que notre petite fille fit connaissance avec celui qui devait changer sa vie. C’était un cheval de petite taille, doux et docile, qui avait appartenu à un écrivain baroudeur. Tous deux avaient parcouru maints chemins et ils étaient devenus célèbres grâce aux récits de leurs voyages.Mais un jour, l’écrivain baroudeur eut un grave accident et il ne put garder son cheval. C’est pourquoi l’animal fut racheté par le centre équestre ; désormais, il passait ses journées à tourner en rond dans le manège, ce qui pour un équidé voyageur se révéla parfaitement ennuyeux. Il était un tantinet déprimé quand il rencontra la petite fille muette, mais là, il se passa enfin quelque chose ! L’enfant et le cheval nouèrent une relation forte qui eurent des conséquences inespérées : la petite fille retrouva la parole ! Bien sûr, cela prit du temps, mais après plusieurs mois d ‘activités équestres et avec l’aide de quelques séances d’orthophonie, elle s’exprimait à haute et intelligible voix. Ses parents décidèrent alors de racheter le cheval et l’installèrent dans un pré jouxtant leur maison.Finis les tours de manège, les heures vides dans une stalle obscure ! Il disposait d’espace, bougeait à sa guise et voyait son amie tous les jours… »

    Il y eut un silence.
    – Et …ensuite ? demanda la conteuse

    – Eh bien, la petite fille grandit, elle partit au collège de la ville voisine et ne rentra plus que les fins de semaines. Le cheval demeura dans son pré ; il est à présent très vieux, presque aveugle. Il se remémore tous les bons moments de son passé, et puis il a une gentille voisine, qui vient le distraire en lui racontant des histoires . Alors, finalement, tout va bien !

  10. Avoires dit :

    Il était une fois, un cheval esseulé dans un champ.
    Une conteuse décida de le désennuyer avec des histoires joliment hippiques.
    Un jour, alors qu’elle s’approchait, l’animal lui dit : Chut ! écoute-moi, cette fois, c’est moi qui vais te raconter une histoire : il était une fois…
    Surprise et quelque peu sur ses gardes, la conteuse s’approcha du bel animal qui lui paraissait quelque peu étrange…
    « Je m’appelle Pégase commença-lit , je suis descendu du ciel pour me dégourdir les sabots . Tu connais mon histoire, toi qui m’en as tant contées sur les exploits de mes congénères ! »
    La conteuse le regarda d’une manière plus appuyée, mais se perdit dans la profondeur des pupilles. Le naseau de Pégase touchait presque son visage, elle demeurait immobile.
    « Bon, tu ne sais rien de moi à ce que constate, alors, je vais te raconter. M’as tu bien regardé ? Tout te paraît-il normal chez moi ? Je ne suis pas un cheval ordinaire ! »
    La conteuse s’éloigna du naseau chaud, prit du recul. Alors, elle vit que le cheval qui lui parlait avait sur son dos, repliée, une paire d’ailes.
    « Tu as vu mes ailes ? Je suis un cheval ailé, seul exemplaire de mon espèce. Je suis né comme ça, pour transporter les héros et les déesses sur mon dos.
    Les héros, passe encore… ils me harponnaient sans arrêt avec leurs talons pour hâter la course. Ils m’agaçaient à la longue, toujours pressés, sautant sur moi ou descendant sans jamais un geste d’amitié, une caresse sur mon museau, rien…des héros sanguinaires, toujours à faire la guerre ou à accomplir des exploits invraisemblables…
    Je préférais de beaucoup les déesses, c’était plus doux et mes courses dans les airs étaient plus véloces. Celle que je préférais transporter était la blonde Aphrodite. Ah ! Lorsqu’elle m’enfourchait, je sentais son corps fuselé et léger se blottir entre mes ailes et quand elle agrippait ma crinière de ses mains blanches, je hennissais de plaisir…
    Athéna, elle, elle s’accrochait à mon cou et me soufflait à l’oreille « Va Pégase, conduis-moi en Ilion »Je l’aimais aussi Athéna avec son casque et sa lance, elle avait de l’allure…
    J’ai souvent galopé aussi avec Héra sur ma croupe, toujours en direction de Troie. Elle, c’était encore autre chose…et puis, elle état si jalouse, que cela se sentait dans son poids !
    Un jour, les trois déesses qui devaient aller à Troie, superviser la guerre en attribuant des pouvoirs à leurs guerriers préférés, se disputèrent leur place sur mon dos. J’ai dû sévir en leur faisant comprendre par des ruades et des hennissements qu’Aphrodite monterait en premier (pour ses mains sur ma crinière, je ferais n’importe quoi…) et Héra la dernière. Athéna, la pauvre se retrouvant entre les deux, encombrée par sa lance .»
    La conteuse s’était rapprochée du cheval ailé, ne disait rien, l’écoutait, charmée, ensorcelée par les paroles de Pégase.
    Levant son visage vers le museau du bel animal ailé, d’une petite voix elle demanda :
    « Je ne suis pas une déesse mais accepterais-tu de me prendre sur ton dos pour m’emporter dans le ciel ? »
    Pégase baissa les yeux vers elle, souffla tendrement, hennit doucement et murmura :
    « Monte sur moi jolie conteuse, je t’enlève ! »
    Alors, il replia son sabot avant gauche de telle manière que la conteuse y cale son pied et se hisse sur don dos en s’agrippant au doux crin de sa crinière. Le cheval déploya ses ailes dans un bruit feutré de soyeuses plumes. Il s’élança pour une navigation céleste, la petite conteuse nichée sur son dos, poids si léger. Au-dessus d’eux, la constellation de Pégase venait de se lever.

  11. CATHERINE M.S dit :

    Il était une fois
    Un cheval esseulé …

    Une conteuse décida de le désennuyer
    Avec des histoires joliment hippiques
    Issues de son imagination fantastique
    Un jour cependant,
    Alors qu’elle s’approchait doucement
    L’animal lui dit :
    – Chut ! c’est mon tour aujourd’hui
    C’est moi qui vais te raconter une histoire
    Et surtout tu devras me croire
    Écoute ça
    Tu vois Rebecca là-bas
    – La demoiselle du château d’Ystra ?
    – C’est ça
    Elle souffrait de hauts et de bas
    D’apathie, neurasthénie
    Mélancolie, boulimie …
    Certains jours elle ne se levait pas
    Été comme hiver
    Pour ses parents c’était un calvaire
    Ils ne savaient plus quoi faire
    Face à cette dépression
    Quand, lors d’une émission
    Ils ont entendu parler de guérison
    Grâce à une médiation par l’animal
    Qui pouvait être un cheval

    Ils se sont immédiatement renseignés
    Qui donc pourrait les aider ?
    Et Appoline est arrivée !
    Elle a pris par la main Rebecca
    L’a conduite au haras
    Puis vers moi
    Et pendant de longs mois
    On a cheminé tous les deux
    Jusqu’à ce qu’elle aille mieux
    Tu la vois là-bas ?
    Elle n’a plus besoin de moi
    Et c’est tant mieux !

    Sur ce,
    La conteuse fort émue
    Offrit au cheval son plus joli salut.

  12. Alain Granger dit :

    Il était une fois un équidé qui avait l’estomac dans l’étalon. Il était le roi de l’écurie. Il pratiquait le quart d’heure américain, préférant que les juments le réclament plutôt que de leur faire de la publicité en montrant ses émotions. Cet ancien demi-sang de la police montée était lui-même bien monté. Les hongres le regardaient avec envie tandis que les poulinières attendaient qu’il donne la vie. Elles l’adoraient. De ses attentions elles s’en pourléchaient les babines. Ses deux voisines de box comptaient parmi ses favorites. Il aimait faire aumône à leurs charmes en les comblant toutes deux de ses faveurs. Quand y en a poulain, y en a pour l’autre. Il venait de se montrer chevaleresque, comme souvent, en laissant chacune d’elle grignoter dans sa mangeoire. Mais le demi-sang restait sur les dents ; sa ration avait bien diminuée et il avait encore faim. Il fit la moue de flairage même si cette attitude, le chanfrein et la lèvre relevée, le rendait un peu ridicule. Il ressentit que les rations de foin n’étaient pas loin. Il se dit que la faim justifiait les moyens. Alors, il fit jouer le loquet fermant la porte de son box pour en obtenir l’ouverture. Il avait repéré le manège du palefrenier. Il avança dans le couloir, faisant admirer son garrot gorille, celui de sa crinière abondante et grisée, aux autres chevaux de l’écurie. Il se dirigea vers le tas de foin près de l’entrée. Il en prit une gerbe dans sa bouche et vint la placer dans sa mangeoire. Il aimait manger à son rythme. Aussi, il retourna vers la réserve d’herbe séchée. Quelques hennissements admiratifs agrémentaient son passage au pas. Il avait belle allure. Lorsqu’il arriva vers le foin il vit la silhouette du propriétaire se dessiner en contre-jour dans l’entrée. Celui-ci se tenait droit, coudes au corps, dans l’attitude du patron qui surprend un employé en faute. « Ca crin ! Je vais me faire ongulé !», se dit l’étalon. « Je t’observe depuis le début. Je ne te connaissais pas ces prédispositions pour l’évasion », ponctua le propriétaire. Il ramena son cheval reproducteur dans sa stalle tout en flattant son encolure. Il était satisfait. Il monta bientôt à bord de sa Mustang, bien décidé à contacter quelques producteurs pour financer un spectacle équestre peu banal. Une fois l’affaire négociée il entreprit de monter son numéro. L’homme était habile dresseur. Il ne forçait jamais l’animal et ne laissait jamais la bile dominer son humeur. Il s’inspirait de l’éducation éthologique. Il murmurait à l’oreille des chevaux plutôt que de les contraindre.

    Avec ce cheval intelligent il créa une attraction presque magique. L’animal interrompait à plusieurs reprises un faux numéro de femme coupée en deux. Il débloquait les verrous de la boite truquée, provoquant l’hilarité d’un public surprit par l’espièglerie du cheval. Il ouvrait les portes d’autres compartiments falsifiés lorsque l’assistante s’apprêtait à user d’un mécanisme pour y disparaître. Avec lui, son maître avait du mal pour aller à la selle. Lorsque celui-ci le montait, il le démontait aussitôt par une ruade calculée. Les applaudissements couvraient les rires. Il devint bientôt une vedette. Les talents de l’étalon s’étalaient dans la presse. Mais c’était à son dresseur émérite qu’on en attribuait tout le mérite. Lorsque son maître répondit aux journalistes devant lui en glorifiant sa science de l’hippologie, l’étalon crut tomber dans les pommes, même si elles étaient pour lui sa forme de récompense. Touché dans son orgueil il se cabra au sens propre comme au sens figuré. Devant l’assistance il se dressa sur son train arrière et faillit faire chuter son propriétaire. Puis, pour faire taire ses prétentions l’étalon étala ses prestations. Prétextant des indispositions intestinales il se coucha dans son box, refusant d’entrer en scène. Il en profita pour étudier le langage humain dans un livre oublié par un lad. Il avait l’adresse pour tourner les pages avec ses lèvres. Quelques indispositions plus tard, il se sentit prêt pour la révélation. Il interrompit l’un de ses numéros pour composer le sien face au micro. Il écarta son maître d’un mouvement de son encolure et il prit la parole. La stupeur cloua l’assistance dans les fauteuils veloutés. La nouvelle fit la une de tous les journaux : « Un cheval parle ». On y écrivait que le demi-sang avait eut un coup de sang contre son dresseur. Il ne voulait plus de boulets aux pieds, il voulait se libérer de cet orgueilleux propriétaire et ne plus travailler pour lui. Les offres d’achat affluèrent auprès de son maître. Mais avant que ce dernier ne puisse mettre dans sa poche quelques millions d’euros, l’étalon fit passer le casting des acquéreurs, ne voulant par faire l’erreur de travailler avec un homme peu intéressant. Ensuite il partit en vacances dans une baie. Ce fier alezan avait eut le béguin pour une jument à la robe isabelle qui avait traversé la plage. La moralité de l’histoire est que l’animal n’est point une créature qu’on vexe, car s’il se rebiffe vous risquez de n’être plus qu’un con cave.

  13. Claud'Ours dit :

    🐻 LA DAME À LA LICORNE
    Chez les hommes souvent, on fait parler des bêtes légendaires. Dans la réalité c’est la femme qui murmure à l’oreille des chevaux.
    Un équidé recevait tous les jours la visite dans un champ d’une bipède. Elle lui en comptait des vertes et des pas mûres. Une écologiste sans doute. L’animal déjà ne cueillait plus la pomme, et depuis doutait de la sensibilité de ses naseaux, tondant du bout des lèvres une herbe choisie. Attentive au goût de sa plus noble conquête, l’Amazone constituait un herbier. Ils ignoraient gastéropodes et grenouilles, fourmis et cigales qui se voulaient plus grosses que le bœuf de Jean de la Fontaine.
    Notre cheval quelques peu fabuliste entreprit un jour de conter fleurette à sa douce visiteuse.
    : A l’école on parle beaucoup de l’âne mon cousin, de son goût pour les chardons. Nous ne nous fréquentons guerre. Parfois, il nous arrive de nous croiser. Nos enfants s’appellent mule, mulet et bardot, encore que celui-là… Bref, en toute chose il faut considérer la fin.
    Voulez-vous de moi ? Elle accepta, paria sur lui au PMU, y perdit tout, hormis sa chemise. Il convolèrent. Bien qu’ils eurent beaucoup de petits galopins, ils furent heureux.🐻

  14. Maguelonne dit :

    Il était une fois un cheval esseulé dans un champ. Une conteuse décida de le désennuyer avec des histoires joliment hippiques. Un jour, alors qu’elle s’approchait, l’animal lui dit :
    « Chut ! Aujourd’hui c’est moi qui raconte.
    D’abord merci pour ton amitié et tes récits divertissants.
    Merci pour cette âme d’enfant que tu m’as laissé entrevoir avec tes licornes, tes princesses, tes fées…
    Tu m’as aussi raconté Bucéphale, l’orgueilleux cheval d’Alexandre Le Grand. Tu m’as conté Comanche, le valeureux cheval de Little Bighorn, Ourasi le roi cheval fainéant, Jappeloup et d’autres héros de ma race, parfum d’aventure et de fierté.
    Mais aujourd’hui je me sens vieux, j’ai un coup de blues. Les exploits ne me font plus rêver. Et je n’ai plus rien à prouver.
    Je vais te raconter le soleil qui réchauffe, le vaste ciel bleu où cavalent les nuages. Je vais te parler de poussière d’étoiles dans l’infini du firmament.
    Je vais te raconter les montagnes, les plateaux sauvages, la symphonie en vert du printemps, le vermeil de l’automne, les couleurs éclatantes de nos fleurs et le blanc scintillant des neiges.
    Je vais te parler de contrées inhospitalières qui se méritent, de ces animaux, des plus petits au plus grands qui y vivent en accord avec la nature, ils ne demandent rien, n’attendent rien et ont su conserver leurs instincts sauvages.
    Un jour je ne serai plus là. Alors ma belle princesse tu t’allongeras dans l’herbe tendre, tu te couvriras d’un plaid douillet. Tu laisseras tes yeux entrouverts et tu te laisseras porter par le souvenir de mon récit. Et peut être, peut être tu me verras passer crinière au vent. Je serai libre, fier et c’est toi, ma belle conteuse qui m’offrira une seconde vie. Que de beaux cadeaux tu m’auras fait !!

  15. Nadine de Bernardy dit :

    Chut! écoute moi, dit le cheval à la conteuse, cette fois c’est moi qui vais te raconter une histoire.
    Il était une fois un jeune et fringant cheval de trait amoureux d’une sirène. Ils s’étaient connus sur la plage, lui tirant la charrette que son maître remplissait de varech, elle profitant du soleil radieux.
    Il hennissait doucement pour dire bonjour à sa belle aux cheveux d’or qui lui envoyait des regards langoureux de ses yeux couleur d’océan.
    Quand l’équidé repartait vers la ferme, il se retournait pour jeter un dernier regard à sa mie qui agitait la queue en signe d’adieu.
    Plusieurs matins de suite il ne la vit pas à l’endroit habituel, son coeur se serra douloureusement. Le pauvre animal baissa la tête, désespéré, pensant mourir de chagrin quand il aperçu une étoile de mer qui se débattait en criant:
    – Au secours l’ami, j’étouffe, remet moi vite à l’eau ou je meurs!
    Le cheval la poussa délicatement du bout de son nez dans les flots. Avant de disparaître elle lui criât :
    – Je reviens bientôt afin de te remercier de ta bonté.
    A la charretée suivante elle était là.
    – Tu as l’air triste mon ami, te manquerait il quelque chose?
    – Oui, l’amour de ma sirène qui ne vient plus me voir, je voudrais tant aller la rejoindre.
    – Ferme les yeux, n’ai pas peur, le rassurât elle. Un, deux, trois….
    L’animal se senti devenir léger dans les vagues où il nagea puis plongea avec une surprenante facilité, ses robustes jambes s’étant transformées en nageoires.
    – Au revoir, lui dit l’astérie, te voilà cheval de mer, je suis sûre que tu vas retrouver ta belle.
    Il la rejoignit effectivement, qui pleurait dans un son château d’algues brunes, enfermée là par son père qui l’avait promise à un triton.
    Devant tant d’amour, le père ne pu que s’incliner. On unit les deux amants qui vécurent longtemps heureux et eurent beaucoup de petits hippocampes.
    La légende dit que le fermier devint fou en ne retrouvant pas son fidèle compagnon de trait. Certaines nuits de brume, on peut l’entendre l’appeller de toute son âme sur la grève déserte.
    Merci pour ton joli récit,dit la conteuse, à bientôt, je te revaudrai ça.

  16. Souris verte🐀 dit :

    🐀 FIGURINE DE CANASSON
    De loin la pouliche le voit venir avec ses gros sabots…
    Encore un qui vient m’ interviewer ! C’est fou depuis que j’ai eu des jumeaux j’attire les ânes. Une vraie vedette que je suis !
    – Bonjour belle jument comment vous remettez vous ? Ça a dû être une surprise ? Ce n’est génétiquement pas possible alors ? Comment avez-vous fait ?
    – Pas dur… Pas dur … enfin !
    Séduite par un Appaloosa je me suis laissée faire… Vous voyez le superbe poulain là-bas à l’ombre du bois…
    – Il est magnifique on voit bien ses taches… Mais à côté ?
    – Ah oui ! C’est l’anon.
    Le père qui présentait bien montrait un vif désir, ce beau parleur m’a fait croire qu’il était stérile ! Voilà le résultat… L’autre était déjà là… Il s’est poussé voilà tout.
    – Comment ça se passe avec les deux pères ?
    – Tu parles… Ils ont filé dans le pré à côté voir si l’herbe est plus verte !
    – C’est triste… Allez, salut..
    – Hé là dites donc, faudrait pas oublier l’avoine ! L’oseille… Non mais ! j’ai deux gosses à nourrir moi !
    -De guerre lasse, j’ai filé le blé.
    Ça passera en page trois du quotidien…🐀

  17. FANNY DUMOND dit :

    Il était une fois un cheval blanc qui s’ennuyait dans son enclos où plus un seul brin d’herbe ne poussait depuis la canicule. De temps en temps, un homme lui apportait une botte de foin et remplissait son abreuvoir. Il s’approchait souvent de la barrière pour examiner les humains qui vivaient à vingt mètres de là, mais il faisait partie du décor. Personne ne le regardait.

    Un jour, deux fillettes, Mély et Sissi, s’approchèrent de son pâturage et il courut à leur rencontre. Elles lui parlèrent et, timidement, il offrit sa tête à leurs caresses. Elles restèrent un long moment auprès de lui et il fut triste lorsque leur mamie les appela pour le goûter. Le lendemain, elles lui apportèrent du pain sec qu’il s’empressa de déguster. Il les remercia en clignant des yeux et en hennissant. Il profitait de ces moments privilégiés, mais il était encore plus triste de son sort durant le reste de la journée.

    Par une nuit étoilée, il s’envola, car Mély et Sissi, qui étaient des fées, lui avaient dessiné des ailes le soir à la veillée.

    ***
    Petit conte pour mes poupées d’Amour.

  18. Nouchka dit :

    Il était une fois, un cheval esseulé dans un champ.
    Une conteuse décida de le désennuyer avec des histoires joliment hippiques.
    Un jour, alors qu’elle s’approchait, l’animal lui dit : Chut ! Écoute-moi, cette fois, c’est moi qui vais te raconter une histoire : il était une fois…
    … un cavalier qui venait de s’offrir un cheval.
    « Mignon, tu es mon premier cheval et je vais faire de toi une beauté », disait Jacques avec fierté à son cheval.
    Il avait fait cette acquisition, sur un coup de tête ou un coup de cœur.
    Installé dans une dépendance aménagée de la maison, le cheval cherchait à connaître son récent propriétaire comme ce dernier son nouveau joujou.
    Jacques était un écuyer expérimenté mais ne montait plus aussi souvent depuis qu’il avait fait une chute qui lui laissait quelque séquelle douloureuse. Ses parents l’avait prénommé Jacques en souvenir du champion olympique des jeux de Stockholm Jacques CARIOU qui était un héro en son temps et de tous les temps en Pays Bigouden d’où il était originaire.
    Mignon était également le nom du cheval qui avait gagné avec CARIOU les épreuves olympiques individuelles et par équipe de saut d’obstacles. 
    Jacques faute de faire de son cheval est champion, voulait en faire une beauté.
    Il avait vu sur les photos de 1912, Jacques CARIOU, avec Mignon, recevoir la médaille d’or des mains du roi de Suède Gustave V. Le cliché montrait Mignon avec une queue coupée courte et « au carré ». Ce point ne satisfaisait pas notre Jacques qui imaginait brosser et coiffer la queue de son Mignon en une magnifique et longue queue ou peut-être en accord avec la crinière, les tresser artistiquement.
    Mignon avait déjà connu deux propriétaires et plusieurs soigneurs. Il savait qu’il était préférable de se montrer docile avec les humains afin d’avoir une vie sans brutalité.
    Après une période de plusieurs mois pendant laquelle Mignon avait vu sa nourriture évoluer et les soins qui lui étaient prodigués durer des heures, constata l’amélioration certaine de son pelage, sa silhouette, ses crins et ses sabots devenus tout brillants.
    Restait pour Jacques à s’attaquer au sourire de Mignon. En effet, le tartre, les bréhaignes, ces crochets que les mâles développent et cette « dent de loup » disgracieuse et douloureuse au contact du mors préoccupaient Jacques qui, renseignements pris, amena son cheval à la clinique vétérinaire spécialisée afin que le sourire de Mignon devienne un atout à sa beauté et non un obstacle.
    Le vétérinaire qui reçut leur visite, accepta le détartrage et le limage des dents, mais refusa avec une ferme compréhension de procéder à un redressement des incisives supérieures pour au seul bénéfice des références esthétiques de Jacques.
    Il tenta de lui faire prendre conscience que, homme ou cheval, chacun à sa morphologie et ses qualités propres. Il prit en exemple Fernandel, Jacques BREL ou Pascal BLANCHARD qui n’avaient pas eu besoin de transformations chirurgicales pour prouver leur valeur et obtenir la reconnaissance du public.
    De ce jour, Jacques fut moins exigeant et déterminé à rendre Mignon aussi mignon que son nom. Le cheval, moins stressé par les tocades de son maître gagna en détermination et capacité de course, de saut et chacun du couple homme-cheval y gagna en respect l’un vis-à-vis de l’autre.
    Vous voyez Madame la Conteuse, j’ai quelques belles histoires à vous conter. J’espère que celle-ci vous aura plu…

  19. iris79 dit :

    Il était une fois, un cheval esseulé dans un champ.
    Une conteuse décida de le désennuyer avec des histoires joliment hippiques.
    Un jour, alors qu’elle s’approchait, l’animal lui dit : Chut ! écoute-moi, cette fois, c’est moi qui vais te raconter une histoire : « il était une fois…
    Une conteuse qui s’en donnait à cœur joie. Quand elle se promenait dans la campagne, elle ne pouvait s’empêcher d’aller murmurer toutes sortes d’histoires aux chevaux qu’elle croisait. Aucun ne lui résistait. Sa douce voie mélodieuse envoutait qui l’écoutait et elle avait fini par se tailler une belle réputation. Elle apportait beaucoup d’amour autour d’elle. Ses mots portaient au-delà des histoires qu’elle offrait aux uns et aux autres ».

    La conteuse pour une fois en resta sans voix. Elle ne cessait de regarder ce cheval esseulé n’en croyant pas ses oreilles ni ses yeux d’ailleurs. Ce cheval était bien en train de lui parler, cela ne faisait aucun doute. Elle en était toute abasourdie. Comment cela était-il possible ? C’était bien la première fois qu’un animal s’adressait à elle dans sa langue ! Elle crut un instant avoir abusé de l’absinthe qu’elle buvait en secret sur un sucre à la fin de chaque déjeuner. Elle se demanda même si elle n’était pas dans un rêve éveillé ou si le poids des années ne l’avait pas fait basculer dans la sénilité.
    Elle se recula, se pinça même pour y croire puis décida de lâcher prise. C’était une expérience extraordinaire qu’elle ajouta aux moults trésors que la vie avait bien voulu mettre sur son chemin.
    Elle écouta religieusement l’histoire du cheval, émue par tant de poésie. Il lui avoua donc avoir découvert sa faculté de parler au fur et à mesure qu’elle venait partager ses récits avec lui. A chaque fois qu’elle repartait, il était capable de prononcer de plus en plus de mots qui à force d’entrainement finirent par s’assembler en de jolies phrases prêtes à être racontées. Il était tout ému après ses longs mois d’apprentissage de pouvoir enfin partager son secret.
    Dorénavant ils se retrouvèrent très régulièrement pour s’échanger des histoires vraies ou inventées. Ils en créèrent de nouvelles tissant leurs mots et leurs voix.
    Ils se demandèrent s’il serait une bonne chose de voir si le pouvoir de la conteuse pouvait être testé avec d’autres chevaux, avec d’autres espèces même. Serait-il souhaitable, intéressant que le monde animal puisse parler la langue des humains ? Pourraient-ils mieux se comprendre et se respecter, plus partager ? Cela occupait largement leur conversation…
    D’ailleurs, à l’heure qu’il est, ils en débattent encore et ne cessent de creuser la question…

  20. Antonio dit :

    — Il était une fois, hennit joyeusement l’équidé, un petit prince qui habitait une planète à peine plus grande que lui, et qui avait besoin d’un ami…
    — Tout le monde connaît cette histoire, l’interrompit la conteuse.

    Mais le cheval ne s’en laissait pas conter et poursuivit son récit.

    — C’est ainsi que, le troisième jour, le petit prince connut le drame des baobabs, dit-il.
    — Mais tu m’ennuies, à la fin, s’impatienta la diseuse de bonnes aventures, puisque je te dis que tout le monde la connaît. Ce n’est pas à une vieille bergère qu’on apprend à dessiner un mouton. Crois-tu que je ne voie pas ce que tu cherches à me dire derrière ces allégories ? Tu te sens seul, menacé par les boucheries chevalines qui poussent comme des champignons, tu aimerais retourner dans ta steppe avant de succomber à l’hippophagie afin de retrouver toute la beauté de ta flore…

    Quand le canasson décocha une ruade des familles qui envoya valser la bergère par-dessus ses moutons, dans les étoiles qui tournaient autour de sa tête, passant devant l’astéroïde B 612 où, raconte-t-on, un petit prince noir, à la crinière aérienne et au hennissement rieur, la saluait délicieusement.

    — C’est curieux, chez les conteurs, ce besoin qu’ils ont de toujours vouloir finir vos phrases, hennit l’équidé, en « poing » final à son histoire.

  21. jean marc Durand dit :

    Il était une fois, un cheval esseulé dans un champ. Une conteuse décida de le distraire avec des histoires joliment hippiques.

    Un jour, alors qu’elle s’approchait, l’animal lui dit: « Chut! écoutez-moi, cette fois, c’est moi qui vais vous raconter une histoire.Ouvrez bien vos escalopes!

    Il était une fois un cheval seul dans sa pâture et qui franchement s’y trouvait fort bien et fort tranquille. Une diseuse de bonne aventure souhaitait l’égayer en lui racontant des sornettes. Le retraité lui coupa la parole: Toutes ces salades humaines, j’en ai soupé. Mon grand père fut cheval de guerre et mon père passa sa courte vie dans les couloirs des mines de charbon. Seule ma mère, jument de labour put m’offrir un air moins pollué, par toutes sortes de gaz, de l’ypérite au grisou, Mais cela n’eut qu’un temps. J’ai charrié des tombereaux toute mon adolescence. Puis trop musclé, des voitures à fumier. Puis d’énormes chariots à 4 roues débordant de betteraves.

    De toute ma triste vie, pour 1 humain me murmurant à l’oreille, j’ai du en supporter 99 qui me braillaient dans le pavillon.Contrairement à quelques confrères à qui l’on avait bourré le crâne, je n’eus jamais de rêve de Prix d’Amérique. Bref, foutez moi la paix, j’ai assez donné. Oui, je sais, j’ai l’air grincheux….mais c’est comme ça, marre de tous ces cons qui s’adorent! Alors toutes vos joyeusetés hypocrites, vous pouvez vous les garder.

    Et comme disait mon ami Fernand, un cheval de corbillard, après une bonne tournée de houblon fermenté:  » Chez les humains, pour la poésie animalière, il y a longtemps que la muse tangue.  »

    RIRE CHEVALIN!

    • Antonio dit :

      Incroyable, Jean-Marc ! Synchro à deux minutes près, le temps d’une addition qui a foiré pour valider ma proposition. J’aime bien quand les esprits se rencontrent ainsi, coupant chacun la chique à sa diseuse de bonnes aventures. A un de ces jours, j’espère, pour une tournée de houblon fermenté dans le Nord 😉

      • Durand JEAN MARC dit :

        Salut Antonio! Ben dis donc, on dirait qu’un jour, l’un comme l’autre, une sorcière de l’amour a tenté de nous raconter des craques et que nous avons refusé de galoper sur leur piste d’entraînement. On a préféré se rouler dans la boue (toi, même, avec un ballon ovale entre les dents!), moi à fournir généreusement du crottin pour les petits zoizeaux! A plus, vieux cheval!

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