552e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture créative

Un tapis de prière tente de convertir un tapis de yoga.

Racontez


Généalogie de cette idée d’exercice

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Une émulation pour tenir en en éveil son pouvoir d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.


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31 réponses

  1. Le tapis de prière considérait avec étonnement le tapis de yoga. À première vue tout semblait les opposer.

    — Le premier avait pour vocation la vie spirituelle. Ses fibres, de laine naturelle, fixaient la représentation d’un jardin de printemps éternel.

    — Le second s’était mis au service du corps. Sa composition synthétique et son apparence résolument épure respiraient la simplicité.

    La nudité criante de ce dernier avait de quoi embarrasser le tapis de prière, mais bon ! Adam et Ève ne se promenaient-ils pas nus dans le jardin dont son motif véhiculait la mémoire ?

    Par bonheur, à force de litanies, le tapis de prière avait de la tchatche. Il se décida donc à rompre le silence :

    — Je suis née en Orient, en Perse plus précisément. De confection artisanale, j’ai la chance d’avoir un certificat attestant mon origine. Et vous ?

    D’une voix laconique, le tapis de yoga répondit :

    — Made in China !

    Sa mauvaise humeur était perceptible. Il se tenait sur ses gardes, comme si du jardin de l’autre allait surgir le serpent qui lui vendrait des culottes pour masquer sa nudité. Aussi, crut-il bon de préciser :

    — Je suis un tapis antidérapant !

    Ce qui revenait à dire : « Je ne croquerai pas dans la pomme » !

    La conversation prenait une fâcheuse tournure. Ce qui eut, pour conséquence immédiate, de diminuer l’oxygénation des alvéoles de mousse du tapis de yoga qui, dès lors, se concentra sur sa respiration.

    Les tapis sont ainsi. Leur nature primaire est conditionnée par une « vision à l’horizontale ». Et s’ils appréhendent chacun à leur manière la « verticalité », ils dressent des murs ou construisent des passerelles.

  2. Urso dit :

    Un tapis de prière tente de convertir un tapis de yoga.

    – Tu es sûr que madame et monsieur sont en vacances ?
    – Oui ce matin ils ont chargé leur voiture, ils sont partis trois semaines au bord de la mer en Bretagne.
    – Dans quelle ville ?
    – Je ne sais pas.
    – Que va-t-on faire pendant cette période ?
    – Ce n’est pas les activités qui manquent. Regarder la télé. Jouer au poker. Boire le whisky et le cognac de monsieur.
    – Pourquoi pas. On pourrait aussi inviter des tapis nanas pour passer du bon temps.
    – Ouais ça peut être une idée.
    – Bouh bouh …
    – Tu pleures tapis de yoga. Qu’as-tu ?
    – J’ai l’impression que sans le yoga, je vais m’ennuyer et déprimer un max.
    – Entièrement d’accord avec toi.
    Alors pour éviter cette solitude, deviens comme moi tapis de prière !
    – Bah, je ne veux pas. Prière ça me fait penser à la misère. Également aux galères romaines ainsi qu’à l’hémisphère nord.
    – Oh bravo, tu ne connais rien à la prière et tu me sors toutes ces balivernes.
    – Quoi je ne connais rien.
    – Ben oui. Rejoins donc le club fermé des priants. Des monastères et des temples. Transforme ta vie, en devenant un tapis nouveau, un tapis de prière.
    – Non, moi j’y tiens à mon statut.
    Tu sais dans mon job j’en vois des choses. Lorsque les copines de madame viennent à la maison faire du yoga, je suis joyeux.
    Elles se collent à moi, me cajolent des fois, ah ah. Elle n’est pas belle la vie.
    Puis, pendant les séances, je ne cesse de me rincer l’oeil, en voyant et palpant ces créatures de rêve à moitié nues.Hi hi.
    C’est pourquoi, je suis heureux d’être un tapis de yoga.

    Tapis de prière ne parut pas convaincu par les arguments de son compagnon, car rapidement il enchaina.
    – Tu ne sais pas ce que tu perds en refusant cette « conversion ».
    Tapis de prière je suis constamment dans le surnaturel, dans le divin, et Dieu est devenu un ami plus que fidèle pour moi.
    En plus, je suis à la fois éternel et immortel, jusqu’à la fin des temps.
    – Arrête avec tes âneries ! N’oublie pas qu’à la base – nous deux – nous sommes des tapis volants. Il y a une année tu as voulu te reconvertir. Car tu ne cessais de me répéter que le fait de voler, provoquait chez toi le « mal de l’air ».
    Ayant beaucoup d’estime pour toi, je t’ai suivi dans cette nouvelle vie.
    Je me souviens. Avec beaucoup de malice, tu as trompé le marchand de tapis qui nous a achetés, lui faisant croire que nous étions un tapis de prière et un tapis de yoga.
    Je le reconnais tu as été très fort pour masquer notre vraie identité. Ensuite tu as eu un jeu similaire avec madame et monsieur.
    – Mais bon Dieu où veux-tu en venir avec tout ce bla bla, cette énorme tartine recouverte de Nutella et de crème chantilly. Abrège tes paroles ! M.

    Restant zen, tapis de yoga répondit avec douceur.
    – Tu deviens amnésique ou tu joues la comédie.
    Sache qu’en étant tapis volants nous sommes déjà – en reprenant tes mots – immortels et éternels. Comme Obélix qui est tombé dans la potion magique quand il était petit.
    Alors n’invente pas cette raison d’immortalité pour me pousser à me convertir.
    Que diraient nos patrons à leur retour, si je leur déclarais subitement – que moi aussi je suis un tapis de prière.

    Tapis de prière ne fit pas de commentaire sur les propos de son ami.
    Il préféra s’engager sur quelque chose de plus terre à terre.
    – Eh Joe, je te propose de déguster un bon tiramisu.
    – Tiramisu bredouilla l’autre.
    – Ouais tout à l’heure la voisine du second étage est passée.
    Étant d’origine italienne, elle m’a offert plusieurs parts de ce gâteau fait maison, ainsi qu’une bouteille de limoncello de Sicile et des grissins turinois.
    – Ah je vois que tu la connais bien cette voisine.

    Avec ces spécialités italiennes, nos deux compères se régalèrent. Ils plaisantèrent et oublièrent leur échange, légèrement enflammé, qu’ils venaient d’avoir.
    L’histoire ne le dit pas. Ils voulurent continuer avec des macaronis farcis, un osso bucco de grand-mère et un bon Chianti …

  3. Anne L. dit :

    Je ne prends plus guère le temps en ce moment pour écrire, n’arrivant plus à me poser. Et pourtant qu’est ce que j’aspire à me recentrer en prière, me laissant ainsi modeler de l’intérieur dans un total lâcher prise. Mon être en pleure et se meurtri. Suis je devenue égoïste que je ne pense plus à l’autre et que j’ai peur dans la prière d’entendre des reproches ? Que cette douceur du corps intérieur serait apaisante pourtant à retrouver…..
    Pourquoi vouloir convertir l’autre ? Conversion, c’est changer de direction. Or ces 2 tapis ne sont que les 2 facettes d’un même prisme. Ce qui compte c’est le chemin pour atteindre, ou plutôt tendre vers, l’objectif ! Comme une « légende personnelle ».

  4. Phanie dit :

    INCH’ALLAH

    Tandis qu’un tapis de yoga attend sagement l’heure de la gymnastique dans son placard, la porte s’ouvre.
    Quelqu’un pose quelque chose contre lui puis referme la porte.
    Il se retrouve de nouveau dans le noir.
    « Salam aleykoum, mon frère ! »
    « Qui est là ? » répond le tapis de yoga.
    “Je me présente, on m’appelle tapis d’orient, et toi ?”
    “Moi, c’est tapis de yoga… mais, qu’est-ce que tu fais là ?”
    “Eh bien, tu vois, je fais comme toi, j’attends !”
    “Mais qu’est ce que tu attends ?”
    “L’heure de la prière mon frère”
    “Mais je ne suis pas ton frère !…”
    “Bien sûr que si ; on est tous frères ! Tu veux faire une prière ?”
    “Une prière ? mais pourquoi faire ?”
    “Pour qu’Allah te protège”
    “Non merci, je ne crois en aucun Dieu, je crois en l’homme !”
    “Ah oui ? Et tu crois que l’homme est plus puissant qu’Allah ?”
    “Je n’aime pas trop l’idée de puissance ; je crois en la force, la force de croire en soi.”
    “… Et tu crois que cela suffit à rendre l’homme heureux ?”
    “Non mais je crois en leurs rêves et je pense que si l’on veut y parvenir, on peut y arriver, sans qu’aucune force divine n’intervienne.”
    “Je crois que tu as tort mon frère. Je te propose une chose : échangeons nos vies une journée et nous en reparlerons demain soir…”
    “Top là !”
    La nuit passe, le jour se lève et les tapis échangent leur vie le temps d’une journée.
    La journée passe, le jour se couche et les deux tapis se retrouvent dans le placard où il fait tout noir.
    En pleine réflexion aucun des deux n’ose entamer la discussion… puis en même temps :
    “Tu avais raison !…”
    Silence…
    “Laisse moi commencer s’il te plaît” dit le tapis de yoga : “Au début, j’étais sceptique, puis l’homme m’a déroulé, avec un grand respect, il s’est agenouillé sur moi et a commencé à prier. Je l’ai écouté, je ne comprenais rien à son langage, mais il y croyait tellement… et ses mots étaient tellement beaux ! En attendant j’ai médité, chaque fois qu’il priait je méditais et j’avoue que je me sens apaisé. Je me suis senti bien toute la journée. Je ne crois pas en ton Dieu pour autant mais je me suis laissé aller et j’ai compris le bien que cela pouvait apporter. Puis l’homme m’a enroulé, encore avec un grand respect.”
    “…Moi aussi j’étais sceptique, mais comme toi je me suis laissé aller. J’avoue qu’au début quand l’homme m’a marché dessus, ça m’a fait un drôle d’effet, puis je me suis détendu et je me suis laissé masser par les pieds qui m’ont utilisés toute la journée. Et puis j’ai senti comme une légèreté m’envahir. Pour un peu, je me serai envoler ! J’ai compris ce que tu voulais me dire. Je ne crois pas en l’homme pour autant, mais moi aussi je me suis senti bien toute la journée.”
    « Ça nous a permis de réfléchir “mon frère””, dit le tapis de yoga. “je suis ravi de te compter parmi mes amis. Je sais que tu n’es là que de passage, mais j’espère que nous aurons l’occasion de nous revoir.”
    “Inch’allah mon ami !”

  5. Avoires dit :

    Un tapis de prière tente de convertir un tapis de yoga.
    Ils sont tous les deux étalés sur le plancher des vaches, enfin , un plancher tout ce qu’il y a de mieux : le Prières, en belle laine moelleuse aux dessins de cachemire en contact sans intermédiaire, le Yoga, natte en coton posée sur un tapis en PVC.
    Prières : Tu es maigrelet, on dirait, et puis, il te faut du rembourrage !…
    Yoga : Moi, tu comprends, j’ai été fabriquée en Inde
    P : oui, par des mains enfantines
    Y : et toi ? Ce sont des enfants aussi qui t’ont tissé
    P ; qu’est ce que tu racontes ? Tu ne sais pas de quoi tu parles !
    Y : je te trouve bien hargneux, tes prières ne te servent donc à rien ?Fais comme moi, détends-toi… 
    P : écoute, nous n’allons pas nous disputer juste le jour où nous sommes côte à côte. Au fait, tu ne trouves pas cela étrange qu’elle nous ait rassemblés ?
    Y : tu sais comment elle est ? Toujours à vouloir unir les contraires, à mettre la tête en bas, c’est sa posture préférée, l’inversée…
    P : c’est indécent !
    Y : pas du tout ! Moi, je suis ravi de sentir toutes les parties de son corps qui s’impriment en moi. Il n’y a aucune indécence, c’est de l’abandon…
    P : comme tu y vas ! De l’abandon !…
    Y : je te trouve bien injuste vis – à- vis d’elle ! Lorsqu’elle pose ses genoux sur ta laine, elle s’abandonne aussi envers toi, ta douceur, ta souplesse…
    P: oh ! Comment oses-tu ? C’est pour prier et rien d’autre, la douceur, la souplesse, balivernes !
    Y : ne te fâche pas, souplesse et douceur ne sont pas ennemies de la prière.
    P : peut-être…
    Y : tu es beaucoup plus beau que moi, mais ça ne me gêne pas, au fond nous sommes complémentaires. C’est vraiment malicieux qu’elle nous ait mis ensemble.J’adore !
    P : ah ! Si tu le prends comme ça …

  6. blackrain dit :

    – Tu n’es qu’un infidèle ! s’exclama le tapis de prière.
    – « Prière » de rester courtois, je t’en « prie » ! Je suis toujours resté fidèle à mon épouse, réplique le tapis de yoga avec une colère feinte.
    – TP : Je parlais de religion, pas de simple histoire de couple, évidement…
    – TY : Alors tu te « trompes » ! Bien que le yoga ne soit point une religion mais une discipline philosophique, tu me dois le respect car je suis bien plus ancien que toi.
    – TP : Que me dis-tu là ?
    – TY : Le yoga est né au 2ème siècle avant JC alors que l’Islam n’est apparu qu’au 7ème siècle APRES JC…
    – TP : Mais la vérité n’est point affaire d’ancienneté. Mahomet est le vrai prophète qui a été inspiré par Allah pour nous livrer le Coran.
    – TY : Mais pour nous ce n’est qu’un coran alternatif. Nous puisons notre énergie dans l’HOMME. Nous l’aidons à connaître son Karma.
    – TP : Mais pour vous c’est plus souvent le « Karma sous toi » que la chasteté qui prime, surtout pour ceux qui pratiquent l’Espagnol et qui changent de positions.
    – TY : Au « sanskrit » du terme, nous changeons de positions sur le tapis pour devenir ascète…
    – TP : A 7 ? De plus en plus libertine cette philosophie, à ce que j’entends !
    – TY : Non point à plusieurs !! Une fois encore tu ne comprends rien. Au sens stricte, seul ou à plusieurs, nous méditons et nous nous imposons une discipline corporelle afin de tendre vers la perfection. En occident nous ne sommes que sur une simple branche de l’arbre Yoga.
    – TP : Un arbre bien ridicule. Vous n’êtes que des bouffons avec vos cultes colorés, particulièrement vos points rouges sur le front. Ah ! Ah ! Ah ! On dirait des cibles pour un tueur. On m’a dit que l’un d’entre vous l’astiqua sans pouvoir s’en débarrasser…
    – TY : Encore une mauvaise compréhension ! l’Astika est l’une philosophie dont le Yoga n’est que l’une des 6 écoles. Je ne voudrais pas être méchant mais à force de se frotter la tête sur vos tapis percés, ou persans pour les plus riches de vos adeptes, la tache sur le front de certains fait un « tabaâ » sur internet. Ah ! Ah ! Ah ! Ca fait tache sur le prestige de votre religion, religion que nombreux voudraient hégémonique.
    – TP : Et j’ai Monique moi aussi comme pratiquante. Les converties occidentales sont de plus en plus nombreuses, ne t’en déplaise ! la tabaâ est une marque de bonnes pratiques de la salât avec le respect des 5 prières par jour.
    – TY : Dire que c’est une « sale habitude », je n’irai pas jusque là, mais nombreux sont les cultes qui laissent à leur fidèles le libre choix de prier à leur rythme et à leur convenance, « à la » maison ou bien au sein d’un édifice religieux.
    – TP : Comment oses-tu critiquer les préceptes de ma religion ! Tu blasphèmes ! Je vais demander à ton maître de brûler ta laine.
    – TY : Et moi je prierai ton Dieu afin qu’il fasse disparaître la haine de l’esprit des extrémistes qui déshonorent ceux qui pratiquent l’Islam dans la tolérance.

  7. Maguelonne dit :

    Un tapis de prière tente de convertir un tapis de yoga

    Tapis yoga: Toi, tu t’es égaré.
    Tapis prière : Pas du tout. Y a pas d’égarement. Je viens te chercher, te montrer la voie, te sauver.
    Tapis yoga : Tu veux faire mon bonheur malgré moi. Je te sens tout tendu. Respire, respire à fond et laisse toi aller. Regarde, je suis doux, lisse, je te protège de la poussière, du froid, du chaud. Essaie, tu n’as rien à perdre.
    Tapis prière : J’ai tout à perdre, mon Dieu, mon idéal, ma vie. Viens avec moi. Tu suivras le guide et les portes du paradis s’ouvriront à toi.
    Tapis yoga : Quel paradis ? Tu es mort de trouille, ne serait ce qu’à l’idée de me frôler. Tu as besoin d’une boussole. Sans ta boussole tu ne sais plus qui tu es, où te tourner. Tu es esclave. Moi je suis relié au ciel, à la terre, aux autres en permanence. Essaie. Je t’apprendrai la souplesse, le bien être, la sérénité et peut être même la tolérance.
    Tapis prière : ne m’approche pas, ne me touche pas. Tu vas me contaminer !
    Tapis yoga : Ne crains rien, tu resteras libre. Allez viens dit tapis yoga en se rapprochant
    Tapis prière, effrayé s’enfuit si vite qu’il vole.
    Tapis yoga se gratte le menton ; Tapis prière tapis volant, c’est pas une perversion ça ?

  8. iris79 dit :

    Un tapis de prière tente de convertir un tapis de yoga.
    TY : tapis de yoga
    TP : tapis de prière
    TP-Comment ça va toi ? La forme ?
    TY-ah écoute oui, ça va mais là je t’avouerais qu’avec l’arrivée des beaux jours, je rêverais de rester étendu dans la véranda sans être enroulé à la fin de chaque usage…Je n’en peux plus d’être coincé dans ce placard.
    TP-Pareil ! j’ai chaud ! Et la proximité du tiroir à chaussures m’incommode quoiqu’en dise notre proprio !
    TY-C’est sûr ! Tu sais quoi, si on a un peu l’air raplapla on aura peut-être un petit régime de faveur non ? Tu sais après on se déroule mal, on fait des plis, on attrape la poussière…Il faut qu’on soit vigilants !
    TP-ah j’ai une idée, on pourrait peut-être mélanger quelques-unes de nos fibres en tout bien tout honneur bien sûr, je sais bien que le yoga n’est affilié à aucune religion quoiqu’en dise certaines mauvaises langues. Comme ça, à chaque fois que quelqu’un prend un tapis en croyant prendre l’autre, les deux viennent ensemble. Le proprio va comprendre qu’on a besoin d’air et nous étendra l’un à côté de l’autre, tranquille dans notre coin habituel. Il y a de la place pour nous deux alors pourquoi s’en priver ?
    TY : et bien ce n’est pas que je n’ai pas envie d’être près de toi, tu sais bien que j’ai du respect pour toi mais je crains que les rayons du soleil n’abiment mon revêtement et fasse passer mes couleurs…
    TP : mais non allez ! n’aies pas peur, tu sais bien que le proprio est très à cheval sur ses affaires, qu’il tient à nous et qu’il ne laisserait pas nous abîmer.
    TY : tu crois ?
    TP : mais oui, il a du respect pour chacun d’entre nous. Il saura te protéger tout comme il le fait avec moi. Allez ! ce serait vraiment bien !
    TY: Oui…Ah j’en ai envie c’est sûr ! Mais je ne suis jamais resté aussi longtemps déployé alors…
    TP : c’est normal d’avoir peur va. Et puis tu sais je sais même pas encore ce que choisira de faire le proprio. Si ça se trouve, on repartira direct dans le tiroir malgré nos plans sur la comète…
    TY : c’est vrai, qui ne tente rien n’a rien. Allez, chiche ! J’ai changé d’avis ! La liberté d’essayer quelque chose de nouveau dans le respect de la liberté de l’autre, ça n’a pas de prix. Allons-y !

  9. françoise dit :

    Un tapis de prière tente de convertir un tapis de yoga.
    Je ne ‘expliquerai jamais comment un tapis de prière a pu se retrouver près d’un tapis de yoga dans la surface de la salle de sports réservée aux boxeurs. C’est sans doute un de ceux-ci, surpris, qui les a sans ménagement refoulés dans cet endroit. Le tapis de yoga n’en avait cure jusqu’au moment où le tapis de prière l’entreprit en lui récitant une sourate  suivie par des « allah akbar ».
    Le tapis de yoga l’interrompit en lui disant qu’ils se trouvaient dans un lieu laïc .
    L’autre lui répondit que c’est l’occasion qui fait le larron.
    Un peu énervé le tapis de yoga lui proposa de lui montrer quelques mouvements qui lui permettraient de perdre son ventre,ce qui serait sans nul doute plus efficace que de réciter des sourates à n’en plus finir.
    Le tapis de prière ne sembla pas apprécier. il s’enroula et se dirigea vers la porte de sortie qu’il franchit rapidement.
    Une belle jeune fille déroula le tapis de yoga sur le sol et entreprit ses exercices. Inutile de vous dire que le tapis de yoga était aux anges mais se garda bien de lever les yeux au ciel de peur d’apercevoir Allah.
    Plus jamais, à son grand soulagement, Il n’aperçut de tapis de prière dans la salle, et il finit par retrouver sa sérénité.

  10. Kyoto dit :

    – Il est étrange ton tapis de prière !

    – Ah non ! C’est un tapis de yoga. Flambant neuf !

    – Tu viens pas pour prier ? Alors, tu ferais mieux de partir. Ici, c’est un lieu saint.

    – Un lieu sain ? Vous ne manquez pas d’air ! Avec tous ces tapis, usés, poussiéreux, tachés. Assurément, l’atmosphère est saine !

    – Excuse-moi, l’ami ! Je me suis mal exprimé. Je voulais dire que nous étions dans un lieu sacré. D’ailleurs, ne crie pas, car IL t’entend et IL te voit.

    L’apprenti yogi se mit à fureter partout, regarda même sous les tapis. Son inspection dura presque une éternité, et le tout dans un silence religieux. L’air grave, il revint sur son tapis vierge de toute pollution.

    – J’ai fait du mieux que j’ai pu. Résultat : MOI, je ne L’entends pas et MOI, je ne LE vois pas. IL a dû avoir une petite faim et il est parti sur son tapis volant.

    – Tu devrais être respectueux !

    – Mais, je VOUS respecte ! Sincèrement ! Mais, pour le reste, chacun fait comme il veut. Et je suis ici pour faire du yoga. Au fait, quand je suis arrivé, vous n’étiez pas en train de prier. Que venez-vous faire alors ?

    – Euh… je priais… dans ma tête.

    – Hou ! Le vilain menteur. Ce n’est pas digne de vous, Monsieur.

    – Tu me plais bien, jeune homme. Je te l’avoue : je viens ici pour me… reposer. Chez moi, c’est l’enfer ! Je me présente : je m’appelle Pierre. Et toi, c’est quoi ton prénom ?

    – Mohamed !

  11. RENATA dit :

    – Tu sais qu’on doit boucler notre compte formation pour le 30 juin et faire nos vœux . Je crois que je vais demander à me reconvertir mais j’hésite entre plusieurs voies. Et toi , tu as fait ton choix ?
    – Chut ! pas de panique , respire et reste zen , on a le temps . Moi je me conviens comme je suis .
    – Et bien moi , j’aimerais changer d’orientation . Devenir tapis de souris avec de superbes nanas alanguies jour et nuit sur mon dos …ou pourquoi pas , planche à clous pour ton fakir ? mieux encore , j’alterne les deux .
    – Ah ! ah ! ah ! très drôle . Tes souris en question te grignoteront plutôt la laine sur le dos , toi si fragile ! sans parler du dégât des clous ! quant à l’alternance , d’autres s’y sont penchés sans succès .
    – Carpette ! paillasson !
    – Cessons de nous piquer ! Moi , Je pense demander ma création en tapis vert , un peu de stress m’exaltera .
    – Stop ! envoyons ce différend au tapis .
    – J’ai trouvé ! de la méditation nait la lumière : on va s’amalgamer pour ne faire qu’un :
    Au recto la prière , au verso le yoga . Ou vice versa .

  12. Nouchka dit :

    – Tu pues ! Marmonne entre ses dents un tapis de prière.
    – Comment ça, je pue ? S’insurge le tapis de yoga.
    – Tu as beau avoir été lavé, tu sens le caoutchouc, ça infeste.
    – Je ne voudrais pas faire monter la tension, mais toi, tu sens la naphtaline. Et je pourrais même ajouter qu’en dessous de la naphtaline, ya comme un relent d’odeur de bouc… Et puis, j’aime pas tes couleurs. Ca fait vulgaire. Comment peut-on se concentrer sur un tel motif ?
    – Oh, tu sais, ce n’est pas le plus important. Un tapis de prière ne s’achète pas pour soi, il se reçoit en héritage de ses parents ou en cadeaux de la part de proches. Le croyant refuse de faire de son tapis une transaction financière, c’est la valeur symbolique qui compte.
    – Ah bon ? Je ne savais pas. Alors toi, tu es passé de mains en mains ?
    – Un peu mon N’veu ! Et je bouge beaucoup. Cinq fois par jour, je suis réorienté pour me situer dans l’axe souhaité. Comme je suis de faible épaisseur, de petite taille et de qualité médiocre, je rentre dans n’importe quel cabas et suis posé aussi bien à la maison que sur le lieu des activités de celui qui m’emploie. Ce qui compte, c’est que je donne à l’utilisateur une impression d’engagement. Il se dit, tiens mon tapis m’accompagne. Il a un sentiment d’engagement spirituel mais aussi de plaisir, de fierté, de joie même. Il se prosterne sur moi qui suis au plus bas sur le sol pour accéder à l’élévation la plus totale. Chaque être humain a en lui une capacité de déplacement, d’élévation et les traditions de certains objets sont là pour l’y aider. C’est mon rôle.
    – Moi, je suis trop long pour entrer dans un simple sac. D’ailleurs, je reste la majorité du temps dans la même pièce de la maison ; celle où ma propriétaire m’utilise pour ses séances de yoga. Je suis certain qu’elle aussi me retrouve avec joie. Je fais corps avec elle.
    – Et tu ne t’embêtes pas à l’attendre, tout seul ?
    – Cela dépend de ses phases. Honnêtement, elle a des phases yoga, végétarisme, pureté et tutti quanti, puis sans grande transition, elle me délaisse parfois plusieurs mois avant de se souvenir de mon existence.
    – Cela doit également arriver chez les pratiquants. La différence avec ton cas de figure est, que pour les miens, le tapis n’est souvent, pas uniquement, un accessoire de prière. Je suis un espace imaginaire, un outil de voyage. Ils en jouent enfant, comme d’un tapis volant qui aide à voyager pendant quelques minutes ou quelques heures, d’un monde à un autre. C’est comme de traverser l’au-delà : Ils vident leur sac de soucis, de problèmes et reviennent. C’est un passeport, une superficie sur laquelle se poser pour s’évader. Un tapis magique sur lequel monter aux cieux. Ma capacité de favoriser la rêverie est comparable à la capacité de l’art à provoquer l’imaginaire, à créer un espace physique différent. Ça fascine cette idée de voyager sans bouger. Ils pensent à des personnes, à des situations qu’avant de se prosterner ils n’avaient pas en tête. C’est de l’improvisation. Ce n’est contrôlé ni avant, ni pendant, ni après. C’est un monologue qu’ils ont envie de diffuser, qui trouvera peut-être une porte, une personne, une issue, une oreille ? Ils ne peuvent pas savoir où les pensées les mèneront pour atteindre leur but, leur raison d’être.
    Cette pratique dit beaucoup de la force de l’expérience ressentie : c’est à la fois intime, répété et singulier. Revenir sur le tapis permet de se relier à un ailleurs qui suppose des conditions tenant notamment au moment de la journée et à la disponibilité d’esprit nécessaires.
    – Je comprends. Je sais que certains adeptes du yoga recherchent aussi cette évasion, cette liberté par une pratique méditative. Ce que ma propriétaire ne recherche pas, me semble-t-il, actuellement.
    – Si tu es intéressé par mon expérience, il est simple de passer du rôle de tapis de yoga à celui de tapis de prière. Nos attributs extérieurs ne répondent à aucune convention. Sans faire de prosélytisme, je peux te faire tester cette pratique, le lien des pratiquants à leur tapis de prières, le lien vertical que certains tentent d’établir avec Dieu, celui que l’objet permet d’établir à un autre lieu ou à une autre personne, le lien qu’il s’est créé entre tous. Ca te tente ?

  13. LURON'OURS🐻 dit :

    🐻 CONVERSION
    On débraye dans l’île Seguin. La chaîne s’arrête. On cesse de serrer les boulons. Le personnel l’a demandé, le syndicat l’a obtenu. C’est le moment de la prière. Comme dans l’Angélus de millet, on joint les mains sur sa casquette, tête nue. C’est l’intention qui compte, et ça offre une respiration salutaire !
    Le PDG quitte son bureau. Dans une pièce sombre, un homme acétique, vêtu d’un pagne, l’attends. Le patron l’appelle maître. S’allonge sur un tapis. C’est l’heure de sa leçon de yoga. Il se vide… Aujourd’hui, l’île est un bateau à quai, un lieu de mémoire. L’industrie s’est délocalisée. Des robots articulés s’agitent dans des ateliers sans poussière, aseptisés.
    Chacun son tapis. Mais c’est l’automobile qui a gagné !
    🐻 LURON’OURS

  14. Souris bleue 🐀 dit :

    Le sujet
    Un tapis de prière tente de convertir un tapis de yoga.

    🐀 UN POINT APRÈS L’AUTRE
    Je suis créateur de points.

    Souvent je lutte et butte sur un surjet brûlant. Un en avant, un en arrière… J’ai laissé tomber trop de mauvaise volonté, on n’avance pas.
    Au poil, le point de nœuds ! N’y voyez pas malice mais il m’est souvent réclamé dans les salons de massage ou les saunas…
    Les blondes se demanderont sans doute pourquoi ?🤪
    Pour peu que j’y adjoigne des franges taquines qui ne manqueront pas de les chatouiller là où il faut….
    C’est un tabac ! Fins de mois assurées.

    Fin de moi aussi j’y pense.
    Un tapis bien doux qui emmènera mon âme là où on l’attend… Ou pas ! Car elle est maligne et ne suit pas forcément la trame.
    Tram a way !!!

    Le point de Set ! Celui qui tournicotte sous l’assiette…
    Des commandes par dessus la tête …
    Tout un plat.

    Mon dada : le chabraque…
    Tapis au point de cheval, un peu licencieux et mixte. Il épouse parfaitement le galbe gracieux de la cuisse et apprécie particulièrement celui ou celle qui monte à cru.

    Ceux-là sont pour l’utile !
    Et sont exposés en magasins.
    A regarder sans toucher

    J’ai abandonné les tapis de pensées.
    Le point mousse pour la méditation… Souvent mal maîtrisée ça dévie et, de pensées en réflexions : ça ragotte…
    Les dévotes me supplient d’en faire un tout petit au point de croix pour les protéger au culte, dans leurs genuflexions.
    C’est pas le point ni le tapis… C’est l’arthrose.
    Le tapis volant victime de son manche à balai, direction raide et trop rapide. C’est l’huile dans la chaîne du point chaînette. Manque de maillons aussi par ces temps de restrictions.
    Avis
    Tous ces tapis-ci sont enfermés dans un coffre à penser. Chacun essayant de persuader l’autre qu’il avait raison, ça finissait en coups de points et perturbait ma création.

    J’attaque le point de tige pour le jardin…
    En me demandant bien quelle fleur s’épanouira…
    Je vais commencer par la violette : l’amour caché…
    Un tout petit brin de tendresse.
    🐀 Souris bleue.

  15. Fanny Dumond dit :

    – Je suis plus beau que toi, se vante tapis de prières. Regarde les belles couleurs de mes dessins géométriques. Toi, t’es uni et tout moche. En plus tu n’as pas été tissé, comme moi, avec des fibres nobles et naturelles.

    – Laisse-moi rire ! s’esclaffe tapis de yoga. T’es en acrylique, c’est écrit sur ton étiquette.

    – Ah, je ne savais pas, je ne sais pas lire ! Je pensais être né en Orient.

    – Ouais, sauf que l’Orient c’est vaste et que la Chine en fait partie.

    – Ah ! s’étonne tapis de prières.

    – Eh oui, je connais la géographie, car ma patronne me laisse sur le sol de sa salle dédiée à ses loisirs et comme ça je m’instruis du monde qui m’entoure.

    – T’as bien de la chance ! Je vis replié sur moi-même après que je travaille cinq fois par jour. Mais c’est pour la bonne cause. Mon patron supplie une entité de lui éviter de souffrir, de pourvoir à ses besoins matériels, de lui donner une vie douce et agréable et surtout d’aller au Paradis après sa mort.

    – Eh ben, quel programme ! Ma patronne entre en communion avec son moi par le souffle et sa respiration qui lui apporte la sérénité du corps et de l’esprit. Et l’un ne va pas sans l’autre. Elle ne compte que sur elle-même pour mener sa vie selon ses aspirations et non pas dans la soumission à quiconque.

    – Je comprends rien à ce que tu me racontes, s’agace tapis de prières. Tu m’embrouilles la tête. Moi, je ne connais que les litanies et les sermons qui guident ceux qui se prosternent afin de ne pas terminer en Enfer.

    – Je remarque que tu as l’esprit bien étriqué. Moi, je m’amuse ; j’écoute de la musique et les informations. Je regarde ma patronne danser, chanter, lire. Bref, vivre dans la sérénité et la zen attitude !

    – Malheureux, mais c’est interdit de vivre comme ça ! s’écrie tapis de prières. Tu es aussi débauché qu’elle et tu en état de péché mortel. Mais il n’est pas trop tard pour ton salut. Demain, à l’aube, tu me suivras jusqu’à mon travail…

    – J’en ai assez de ton prosélytisme ! hurle tapis de yoga. Chacun mène sa vie comme il l’entend et, surtout, selon ses convictions…

    – Vous en avez pas marre de vous engueuler pour des conneries ! s’agace tapis volant. Moi, j’apporte du rêve aux personnes qui ont su garder leur âme d’enfant.

  16. THIERY RESSMER dit :

    Un tapis de prière tente de convertir un tapis de yoga.
    . Salut, à quoi sers-tu ?
    . A prier
    . Et toi ?
    . A méditer
    . Ben c’est dans la même lignée
    . Oui, j’aide à soulager et à assouplir le corps et l’esprit
    . Nous sommes faits alors pour aider autrui
    . Tu es juste moins joli, moi je suis de velours, des dessins et quelques franges
    . Mais ce n’est pas la beauté qui compte, c’est ce que l’on en fait
    . Aimerais-tu me ressembler ? Devenir comme quoi, doux comme le velours ? Te convertir ?
    . Non, je veux rester tel que je suis, car moi, contrairement à toi, j’ai de l’épaisseur, donc plus confortable et si toi tu as des franges, moi, j’ai ce que tu n’as pas, je suis antidérapant.
    . Pas de soucis, je respecte ton choix, l’important est de convenir à celle ou celui qui nous choisira et ce, peu importe l’usage, du moment, que cela reste dans nos fonctions.
    . Au fait, à qui appartiens-tu ? Qui est ton maître ?
    . A personne avant tout, je reste libre mais en ce moment je suis à quelqu’un, maître Yoda.
    . Le maître Yoda de la galaxie lointaine, très lointaine ?
    . Oui, lui-même, le petit homme vert, au grand cœur, l’oncle éloigné du géant vert, toujours occupé avec ses lilliputiens. Il m’enseigne l’humilité, la tolérance, la confiance, la maîtrise et le respect que je transmets. Il est bon et généreux. C’est un faiseur de paix.
    . Je sais. Et toi, qui est ton maître ?
    . Aladin. Tu connais ? Il est voleur certes mais il vole les riches pour donner aux pauvres, cousin éloigné de Robin et ami de Marianne et frère d’Ali Baba. Je vais t’avouer un secret, je vole moi aussi, mais dans les airs.
    . Ouh, ce n’est pas pour moi, je suis terre à terre. Etre en l’air me donne le mal de mer.
    . Alors, restons-en là. Toi tu restes tapis de yoga et moi, de prières. Par contre, acceptes-tu que je sois rangé à côté de toi ?
    . Oui, bien sûr, évidemment.
    . Merci, comme cela on se racontera des histoires de pieds car je ne sais pas toi mais j’en ai accueilli une multitude, des grands, des petits, des tordus, des qui puent, mais tous avaient ce point commun, se recueillir dans la paix, dans le respect, tous se déchaussaient quel qu’ils soient.

  17. camomille dit :

    – Éh, tapis de yoga, approche, tu fais quoi ?
    – Chut ! Tais-toi, je me concentre avant la séance, va secouer ta poussière plus loin
    – Poussière toi même… Pfff
    – Chut !
    – Je me tais… je me tais…
    – Merci !
    – de rien !
    Ainsi se passait la cohabitation de ces deux tapis à vocation différente qui se supportaient sans se comprendre.
    Mais un jour le tapis de prière fut pris de grande déprime et resta toute la journée enroulé sur lui même dans l’angle de la salle.
    Fort intrigué malgré tout, le tapis de yoga finit par s’approcher de lui et lui demanda :
    – t’as mal où mon ami ? Pourquoi tu ne viens pas t’étaler auprès de moi ?
    – Pas envie… pas envie….
    – Mais pourquoi donc ?
    – Je ne sers plus à rien tu ne vois pas ?
    – Ben non, je ne vois rien, tu sais moi quand je me concentre je me concentre…
    – Justement, tu te concentres mais tu ne t’intéresses jamais à mes prières, alors je suis triste triste triste….
    – Ah ! Mais toi, est-ce que tu te concentres comme moi ?
    – Oui, toujours avant la prière mais tu ne me regardes jamais
    – Ah !
    – Et ça me rend triste et c’est comme ça que j’ai attrapé la déprime…
    – Ah !
    – Voilà, c’est dit et maintenant retourne à ta concentration et à ta séance et laisse moi déprimer en paix.
    – Dis tapis de prière….
    – Va-t’en que je te dis… va-t’en !
    – Dis tapis de prière, tu veux bien m’apprendre à prier ?
    Alors, le tapis de prière se déroula voluptueusement, lustra ses poils et dit :
    – Et toi tapis de yoga, tu veux bien m’apprendre le yoga ?
    Et ils vécurent heureux ensemble…
    C’est pas plus compliqué que ça finalement !

  18. Dominique PORHIEL dit :

    Il a tout essayé : l’explication, la persuasion, la démonstration (déjà pas facile quand on n’a pas de bras !).
    Il a parlé, parlé, parlé.
    Il s’est agité, s’est secoué, a virevolté … toujours sans effet !
    Alors, lui est venue l’idée de l’emmener avec lui … à La Mecque !
    Là, forcément ….
    Ni une ni deux, il a réservé un BLABLACARPET et les voilà partis !
    On verra bien à leur retour ! Patience ! …..

  19. Nadine de Bernardy dit :

    Un tapis de prière tente de convertir un tapis de yoga.

    Bien protégés par leur housse en plastique, Kairouan et Cashmeer s’observaient du coin de l’oeil en attendant que leurs propriétaires respectifs viennent les récupérer chez le teinturier.
    Kairouan,un peu dédaigneux:
    – Quelle est votre fonction,moi je suis un tapis de prière.
    Relevant délicatement ses franges,son voisin lui répondit :
    – Je suis un tapis de yoga
    – Ah! je pensais que vous n’étiez que de vulgaires tapis de mousse
    Cashmeer tiqua au mot « vulgaire »
    – Encore une idée reçue,j’appartiens à un Maître yogi .Il lui a été offert par Naranayamenji,maître suprême en yoga tantrique .
    – Vous m’en direz tant.Mais sinon,entre deux passages au pressing,comment êtes vous entretenu?
    – Avec du bicarbonate saupoudré largement,on laisse poser trente minutes puis on aspire ou l’on brosse vigoureusement,ceci tous les quinze jours.
    – Ca alors s’écriât Kairouan,je n’avais jamais entendu parler de ce bicarbonate.Chez nous la tradition veut qu’on utilise la terre de Sommière,répandue puis ôtée de la même façon que chez vous.
    – La terre de Sommière n’a-t-elle pas la réputation d’atténuer les couleurs? s’inquiéta Cashmeer
    – Vous aussi avez des idées reçues,c’est tout le contraire.J’ai 75 ans,n’ai je pas l’air comme neuf?
    – Vous savez,avec la housse….
    – De mon côté j’ai entendu dire que le bicarbonate laisserai des traces blanchâtres
    – Non ,il suffit de bien aspirer la poudre
    – Ecoutez,je ne veux pas paraître insistant mais les Tunisiens connaissent leur affaire.La terre de Sommière on ne fait pas mieux depuis des générations,les domestiques des beys la connaissait déjà.
    Vous devriez en toucher deux mots à votre Maître,qu’il tente une approche de ce côté là.
    – Je ne sais pas,je vais réfléchir dit Cashmeer.Je crains que ça ne me pique,et surtout me fasse perdre mes poils.
    – Voyons mon ami,depuis le temps que je pratique,j’en aurai perdu une bonne quantité!
    Tentez,au prochain grand nettoyage à sec de printemps vous me direz ce qu’il en est
    – A dieu va, soupira Cashmeer tandis qu’on le tirait pour le déposer sur le comptoir du teinturier.
    A la revoyure eut-il le temps de crier à Kairouan qui prenait déjà ses aises sur la place libérée.

  20. THIERY RESSMER dit :

    L’écriture est une activité enrichissante, elle permet en quelque sorte un dialogue intime avec soi-même et de clarifier notre positionnement par rapport à notre courant de pensée et à ce qui nous entoure. L’écriture évoque la passion, l’intérêt, le partage. L’écriture c’est communiquer, c’est exprimer ce que l’on ressent, faire réagir, réfléchir et confronter les idées de chacun. L’écriture est parfois confrontations, extrême, mais n’a pas sa place pour l’étroitesse d’esprit. Chacun a le droit de s’exprimer, d’être d’accord ou pas et l’intelligence est de l’affirmer, rester muet oriente.
    Le respect des pensées et des dires d’autrui, accepter que l’on a pas toujours raison, de ne pas tomber toujours du côté où l’on penche, de ne jamais perdre de vue sa petitesse sont pour moi des grandeurs.
    J’aime venir ici, on libère notre esprit et tous sujets quels qu’ils soient sont intéressants, qu’ils plaisent ou pas, que l’on évoque ou pas, que l’on participe ou pas et j’apprécie tout particulièrement le respect mutuel, merci.
    La vie est bien assez compliquée comme cela, alors prenons le temps à prendre plaisir à ce qui nous est offert ou pas.
    Même si le sujet est complexe, difficile, ou pas, selon ses convictions, ses pensées, ses envies, son interprétation, son envie, reste interactif, il conduit au dialogue, aux débats, aux échanges donc à la communication. Rien qu’en lisant nous participons à ce débat.
    Merci pour cette amitié car elle ne vous juge pas, vous accepte tel que vous êtes, n’est pas égoïste et ne veut que le bien être de l’autre. Elle est dévouement, reconnaissance et indulgence.
    L’amitié est source d’attachement et d’ivresse, c’est un sentiment très puissant dont je ne pourrais me passer car sans amitié, la vie ne serait que tristesse, dépourvue d’intérêts, fade et n’aurait aucun sens.

    Marilyn THIERY-RESSMER

  21. Laurence Noyer dit :

    Religion et yoga partage la même racine : RELIER
    Yuj » signifie unir, atteler, mettre ensemble.
    Et religare, qui signifie lier.
    Se lier au tout puissant, certes
    Mais surtout relier les hommes entre eux

    Tapis de prière, tapis de yoga
    Jéhovah, Patanjali, Allah
    Monastère, mosquée, Ashram
    Relier d’un souffle sans frontière.
    Une posture interne, une force vitale
    La colonne verticale de notre mental

    Une même racine, un même ciel
    Le silence sans attente de nos prières, de nos méditations

    • Jean Marc Durand dit :

      Bonjour Laurence!

      Je viens de consulter le dictionnaire historique de la langue française (Le Robert). L’étymologie du mot est controversée depuis l’Antiquité….si les auteurs chrétiens se plaisent à rattacher Religio à relier…le mot signifierait proprement « attachement » ou « dépendance ». Et bien évidemment cela a encore évolué. On peut entendre « soin méticuleux », « scrupule », ferveur inquiète! Excusez moi, avec mon esprit mal tourné (pour certains) de marier, comme ce dictionnaire, religion avec guerres de religions et religion d’état…tous ces termes bien proches de la dépendance…non ??

      Merci d’être indulgent avec ma simple petite mauvais foi, de si peu de poids, par rapport aux grandes mauvaise fois des religions!

      Amicalement!

      Jean Marc

      Par ailleurs, le yoga, pratique proche du mysticisme hindou serait un mot venu du sanskrit, yuj auquel se rattache le latin jugum….joug, ce qui nous fait, comme tu le signales un bel attelage.

  22. Sylvianne Perrat dit :

    Marchand de tapis ! Marchand de tapis ! Criait l’homme dans les rues de la vieille ville. Il déambulait tapis lourds sur l’épaule. Face à la crise, il avait été malin. Il vendait toutes sortes de tapis. Tapis brosse, tapis de yoga, tapis de prières et même tapis volant.
    Ce matin, une jeune femme le héla et choisit un tapis de yoga rose fuchsia et un tapis de prières aux couleurs chamarrées. Elle avait décidé de s’attaquer à son corps grâce aux postures de yoga et à son esprit avec un beau tapis de prières inspirant.
    Elle les déroula tous deux avec respect dans son salon.
    Et partit se préparer.
    Les deux tapis commencèrent une polémique. Chacun argumentait sur son pouvoir, son savoir, sa beauté. « Le corps ? Pfff… » disait le tapis de prières, méprisant.
    La prière ? C est du vent, de la poudre de perlimpinpin, rétorquait le tapis de yoga.
    Ils se chamaillaient en soulevant de la poussière. Ils se tapaient dessus méchamment.
    La jeune femme revint, douchée, habillée élégamment pour sa séance de vie. De ressources.
    Elle les vit tous deux entremêlés et crut à un moment de magie. La prière jointe au yoga dans un oecuménisme retrouvé. Émue, elle pleura doucement. Pria en élaborant sa plus belle salutation au soleil.

  23. Jean Marc Durand dit :

    Le défi de me faire converser entre religions ne sera pas possible. Trop de mauvaises poussières sous les tapis. Je resterai, peut être seul, un peu con mais pas vaincu entre mon tapis de mousse et celui des feuilles mortes. Les tapis survolant les secours des hommes, c’et juste bon pour les midinettes de l’Esprit. Non, Pascal, causer religion, tu peux toujours te brosser. Je demeure, tapi, dans ma vaste coquille. Amitiés! Bonne écriture à toustoutes!

    • Pascal Perrat dit :

      Je m’attendais un peu à ce type de réaction. Ne souhaitant pas polémiquer, je précise simplement que le yoga, en France, n’est pas une religion, qu’on peut être prié d’éteindre sa cigarette, de porter un masque, d’essuyer ses pieds avant d’entrer, etc. je suis athée, ce qui ne m’empêche pas d’assister à toute cérémonie religieuse et de respecter toute croyance du moment qu’on ne veut pas me l’imposer. La créativité, c’est comme l’humour…

    • Souris bleue 🐀 dit :

      👏🐀

    • Sylvianne Perrat dit :

      Et en fin de compte, tu as bien participé ! D une façon originale !

      • Jean Marc Durand dit :

        Merci Sylviane, je ne cherchais pas l’originalité…juste ma petite authenticité, mon droit à l’athéisme et ma crainte raisonnée et attentive des religions…et de leurs dangers! Bonne journée!

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