546e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture créative

Madame VACHKIRI, cela fait maintenant 100 ans que vous rigolez sans discontinuer,
quel est votre secret ?

C’est une longue histoire, figurez-vous ! Tout à commencé

Prenez le taureau par les cornes et inventez la suite de cette interview


Ces exercices inédits d’écriture créative n’apprennent pas à écrire, ils enflamment l’imagination. Le but est de vous conduire vers les ressources imaginatives qui somnolent en vous. Après quoi, vous décidez de mener le projet d’écriture qui vous convient : nouvelles, roman, etc.

24 réponses

  1. Françoise - Gare du Nord dit :

    Madame VACHKIRI, cela fait maintenant 100 ans que vous rigolez sans discontinuer, quel est votre secret ?

    – « C’est une longue histoire, figurez-vous ! Tout à commencé… Mais savez-vous qu’il est discourtois de citer l’âge des dames » répondit-elle avec un petit rire jaune

    – « Vous évoquiez une longue histoire ?»

    – « Tout bien réfléchi, je ne souhaite pas vous livrer mes secrets de fabrication » continua-telle avec un petit rire sardonique

    – « Il se murmure dans la profession que vous useriez et même abuseriez de la mise en abîme. Pouvez-vous nus expliquer ? »

    La digne personne ne se départit pas de son air bovin et d’un petit rire de gorge.

    – « Il paraît malgré tout étonnant que vous conserviez depuis un siècle cette mine hilare. Je me permettrais de vous rappeler la maladie de la vache folle, celle de Creutzfeldt-Jakob, la contamination à la salmonelle, la surproduction laitière, le scandale du lait périmé de Lactalis, les AOP (1) usurpées, la crise que connaissent les éleveurs. Des situations qui ne prêtent pas à rire, vous en conviendrez »

    – « Justement. Ne croyez-vous pas que notre monde est assez sinistre ? Alors, je lui offre de la bonne humeur » reconnut-elle

    – « Comment vous y prenez-vous ? »

    – « De la variété, de la variété, toujours de la variété. Ainsi, j’offre un rire à gorge déployée à celle qui porte un 80A, un rire gorges chaudes à l’enrhumé, un rire à pleines dents à l’édenté, un rire dans sa barbe au moustachu, un rire comme un bossu au scoliotique, un rire aux larmes à l’éploré….

    – « Est-ce à dire que chez vous c’est à la tête du client ?»

    – « Précisément » admit-elle un petit sourire en coin

    – « Une dernière question. Sans vouloir être inélégant, ne pensez-vous pas que l’heure est venue de songer, excusez-moi ce mauvais jeu de mots, à la re-traite ?

    – « Mauvais jeu de mots pour mauvais jeu de mots, je cours le risque de voir mon affaire aller de mal en pis. Mais j’ai en effet décidé de tout passer la main »

    – « Peut-on connaître l’identité de l’heureux légataire ? »

    – « A mon petit-fils Kiri. Le plus fondu de la famille» annonça-t- elle en riant à gorge déployée

    Interview accordée par Mme Vachkiri, Maître fromager-affineur – Rue du Commerce (Paris XVe) au magazine Cuisine et Vins de France

    (1) Appellation d’Origine Contrôlée

  2. Bernard Pauchant dit :

    La Vache et le Sultan
    Mes chers enfants, c’est une longue histoire que je vais vous raconter ce soir. Elle s’est passée très loin d’ici, en Arabie, et il y a très longtemps. Un sultan très puissant, Haroun El Patapouf, régnait sur un immense royaume. Dès que ses sujets le voyaient arriver, lui et son gros ventre, ils se prosternaient, la tête dans le sable et les fesses en l’air. Même les chameaux se mettaient à genoux avant de se relever une fois qu’il était passé. Son éléphant balançait sa trompe tel un encensoir, écrasait quelques têtes : quand on est sultan, d’après lui, on ne peut pas faire son chemin sans casser d’œufs.
    Sur ses vieux jours, Haroun El Patapouf se posa le problème de sa succession d’autant que le sinistre Iznogoud, dont vous avez déjà entendu parler, je pense, et ses collègues n’arrêtaient pas de comploter. Il fallait partager l’Empire mais aussi les immenses richesses cachées dans quatre ou cinq grottes. Où se trouvaient-elles ? Quel était le mot de passe pour y entrer ? Il fit venir toute une tribu de sorciers. Pas très malins les sorciers ! Vous les auriez vus ! Des chapeaux pointus, des robes à pois rouges, des cheveux longs, si longs qu’il fallait faire attention de ne pas marcher dessus… et des barbiches pointées vers le ciel. Tous plus ou moins bigleux… Je ne sais pas si vous leur auriez fait confiance ! L’ordre qu’il leur donna était simple et clair : trouver une princesse qui pourrait lui donner des enfants, deux pour qu’ils puissent se partager l’Empire, avec un caractère facile et arrangeant pour éviter les divisions et les guerres. Ils seraient économes ! Non mais ! On n’a pas amassé pendant toute une vie pour que deux freluquets dépensent tout en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (ce n’est pas parce qu’on est immensément riche qu’on n’est pas radin). Ils auraient une bonne santé pourque leur règne puisse durer longtemps, pourquoi pas cent ans ? On aurait le temps de voir venir !
    Les sorciers passèrent plusieurs jours en conciliabules, tuèrent quelques pauvres poulets, des pigeons qui méritaient bien leur nom, assaisonnèrent de leur sang des soupes d’ortie, des décoctions d’asticots et de crottes de bique et autres joyeusetés. Haroun El Patapouf, affalé sur son divan, avala tout ça, en se pinçant le nez, pendant que chaque sorcier, à tour de rôle lui hurlait dans l’oreille Baracadabra. C’est alors qu’il sentit plusieurs coups de pieds sur son postérieur. Tout le monde se mit à compter : un coup pour A, deux coups pour B, etc. Le verdict ? Huit lettres : V-A-C-H-K-I-R-I
    On finit par trouver madame Vachkiri, c’était une vache de belle allure, ma foi, avec de grandes boucles d’oreilles de carton dont elle semblait faire grand cas. Je vous avais dit de ne pas faire confiance aux sorciers (ni aux sorcières), c’est bon dans les contes pour enfants ! En tout cas, deux fils naquirent, deux bébés très costauds l’un et l’autre, qui réclamèrent tout de suite leur ration de lait à Madame Vachkiri. Ils étaient si affamés qu’elle commença très vite à maigrir et à se dessécher. Ils étaient très différents : l’un couinait et semblait rire, l’autre meuglait comme un veau. On appela celui qui riait tout le temps El Kiri et l’autre qui pleurait El Kipleur. Ça ! On peut dire qu’ils s’entendaient bien : à cinq ans, ils se rassasiaient en dévorant un cochon entier, qui ne leur avait rien fait, s’occupaient à déraciner les arbres du parc mais tandis qu’El Kiri hennissait de plaisir, El Kipleur glapissait de déplaisir. La vie devint vite insupportable pour eux et pour tous ceux qui les entouraient. Impossible de leur apprendre quelque chose et de leur donner un minimum d’éducation. Ils ne parlaient pas, ils gueulaient comme des animaux, à vous percer les tympans. Aucun moyen de les comprendre ni de se faire comprendre.
    Le Grand Conseil décida d’enfermer, de confiner chacun d’eux dans une des tours d’un palais reculé. Les fils d’Haroun El Patapouf, qui étaient si riches et si puissants, vécurent seuls et misérables jusqu’à cent ans. A mesure qu’il vieillissait, les éclats de rire d’El Kiri devinrent des quintes de toux qui duraient plusieurs heures et lui mettaient les poumons en lambeaux. Il finissait par en pleurer de douleur. Quant à El Kipleur, ses larmes s’écoulaient sans interruption de ses yeux, la bave de sa bouche. Je ne parle pas du liquide dégoûtant qui s’échappait de son nez. Quand il se regardait dans la glace, pour la première fois, il avait envie d’en rire. A la fin de leur vie, étaient-ils l’un et l’autre devenus humains ?
    Les cent ans passés, il fallait assurer la succession. On chercha longtemps, on fit bien sûr quelques guerres, il fallait s’y attendre, jusqu’à ce que, sur les indications d’un vieux sage, on trouva sur les marches du palais un jeune homme qui attendait en frappant sur sa darbouka. Artiste itinérant, sur toutes les scènes de l’Empire, au coin des rues, il chantait tantôt des chansons tristes tantôt des chansons gaies. Il racontait des histoires qui faisaient rire, d’autres qui faisaient pleurer, à la convenance de chacun. A chaque fois, ceux qui l’écoutaient partageaient une émotion véritable. C’est lui qui fut choisi car ce qu’il proposait sembla essentiel.

  3. Urso dit :

    Madame VACHKIRI, cela fait maintenant 100 ans que vous rigolez sans discontinuer,
    quel est votre secret ?
    C’est une longue histoire, figurez-vous ! Tout à commencé…

    Tout a commencé un soir d’été, sous les étoiles.
    Mon petit copain tout près de moi.
    Je riais comme une folle.
    Un rire qui bizarrement me disait :
    – Va. Lève toi et marche. Tu peux y arriver.

    Là j’ai su que mon rire était un plus. Un don de dieu.
    Que je pouvais l’utiliser pour rendre heureux un homme malheureux et joyeuse une femme triste.
    Le rire quoi de plus beau dans la vie.

    Puis tout s’est enchaîné comme par magie.
    Un jour, un vieux monsieur bedonnant m’a remarqué sur la place du village, alors que je faisais la pitre avec des copines.
    Il m’a prise en photo. Toute belle et toute jeune, avec mon rire plus gai que jamais.

    Quelques jours après je me suis vue dans le journal avec cet intitulé :
    « la vache qui rit a conquis la France et presque le monde ».
    Je suis partie de mon pré et de ma ferme.
    Alors j’ai beaucoup voyagé. Prenant des dizaines d’avions. J’étais devenue une star.
    Mon rire avait fait le tour de la Terre. Ce rire communicatif et contagieux. Qui a traversé le temps et plusieurs guerres.
    Qui aujourd’hui est toujours visible par les petits et les aînés.

    Mon secret je l’ai dit. Un cadeau de la nature.
    Mais c’est aussi de manger un peu de fromage tous les jours. Une sorte d’addiction.
    Des fromages de chez nous, et également d’autres pays.
    Pour garder intact ce rire maintenant centenaire. Hi hi.

    Chut ! Vous ne le répéterez pas.
    C’est un autre secret plus caché.
    Le matin à jeun, je n’oublie jamais de manger un peu de « vache qui rit ». Plus un morceau le soir avant d’aller au lit.
    Et parfois, en m’endormant sous les étoiles, comme au temps de ma jeunesse, je repense à mon amoureux qui me disait au creux de l’oreille :
    – Un jour ma belle, ton sacré rire sera universel et éternel …

  4. Avoires dit :

    Madame WACHKIRI, cela fait maintenant 100 ans que vous rigolez sans discontinuer, quel est votre secret ?C’est une longue histoire, figurez-vous ! Tout a…
    Installés dans la vaste prairie de la ferme des 1001 vaches, Melle Wachkiri, qui n’a rien perdu de sa coquetterie, répond aux questions du jeune journaliste venu l’interviewer.
    « Tout d’abord, chère Vachkiri, permettez-moi de vous faire part de l’émotion qui s’empare de tout mon être : interviewer une telle célébrité, vous l’illustrissime Vachkiri, cent ans et vous n’avez pas une ride malgré votre éternel sourire ! Quel est donc votre secret ?
    – Tout d’abord jeune homme… mais au fait comment vous appelez-vous et pour quel journal travaillez-vous ?
    – Téo Kourrent de La Dépêche des Alpages
    – Ah ! Dites- moi, c’est du sérieux. Vous disiez donc ?
    – Votre sourire …
    – C’est une longue histoire… que j’ai déjà en grande partie racontée à une de vos consœurs. Si je me souviens bien c’était pour le Monde des Prés. Bon journal aussi. Par contre, je n’ai pas retenu le nom de la jeune intervieweuse.
    – C’était certainement Agathe Sausse
    – Oui, c’est cela, un nom… Le vôtre n’est pas mal non plus. Bon, de quoi parlions-nous ?
    – Votre sourire…
    – Figurez-vous, jeune Téo, et je l’ai déjà dit à Melle Agathe Sausse, que j’ai dû faire un séjour à la clinique d’esthétique JURALP
    – Pour votre sourire ?
    – Mais non jeune Téo, vous n’avez donc pas lu l’article, très élogieux au demeurant, que Melle Agathe a écrit après l’interview que je lui ai accordée ? Vous auriez appris que c’était pour mes oreilles !
    – Vos oreilles ?
    – Mais enfin, Monsieur Kourrent, avec un tel patronyme vous devriez savoir que le port de boucles d’oreilles finit par allonger les lobes et cela devient tout à fait inesthétique. J’ai donc dû me faire raccourcir les lobes.
    – Pardonnez-moi chère Vachkiri, cela m’a échappé.
    – Oh ! Je sais bien que cela échappe à tout le monde : les lobes d’oreilles sont très fragiles surtout lorsque de lourdes boucles y sont suspendues…
    – Vos boucles d’oreilles sont si lourdes que ça ? Ce ne sont pourtant que des boîtes en carton…
    – Pensez donc : deux boîtes pleines de dix portions chacune, ça pèse !
    – Quoi, les boîtes sont pleines ,
    -Bien sûr qu’elles sont pleines,  je suis sérieuse, moi ! Si vous le voulez bien jeune homme nous allons briser là. Je suis lasse.
    – J’ai encore tant de questions à vous poser …
    Revenez une autre fois. Au revoir Monsieur Kourrent » .
    Dépité, le journaliste commence à ranger son matériel. A l’instant où il s’éloignait, il entendit Vachkiri lui lancer :
    « Allez interroger La Pie qui chante, elle est pas mal elle aussi ! »

  5. Françoise Rousseaux dit :

    « Madame WACHKIRI, cela fait maintenant 100 ans que vous rigolez sans discontinuer, 
    quel est votre secret ?

    _ C’est une longue histoire, figurez-vous !
    Tout a commencé dans un petit village franc-comtois, il y a donc à peu près un siècle, plus précisément à l’école communale que fréquentaient les enfants de ce village et des fermes environnantes . Durant l’hiver qui, dans le massif jurassien ,peut être fort rude, les élèves passaient leurs journées dans l’unique salle de classe, ne sortant que pour quelques batailles de boules de neige et autres glissades, interrompues assez rapidement par le froid. Les récréations étant donc écourtées, le maître d’école avait institué un atelier de pratiques artistiques chaque après-midi, afin que les enfants se détendent en restant au chaud.

    _ Ainsi donc, vous qui êtes une star mondialement connue, vous avez vu le jour dans une école rurale, au milieu d’un paysage âpre au climat rigoureux… Comment ces débuts difficiles ont pu vous doter de cet entrain qui vous fait rire de tout ?

    _ Mais mon cher Augustin, ce ne furent pas du tout des débuts difficiles ! Imaginez une salle parquetée, avec un grand poêle à bois qui diffusait une bienfaisante chaleur, tandis que derrière les hautes fenêtres, un rideau de gros flocons blancs voilait un paysage immaculé.Les enfants, installés autour des tables, maniaient pinceaux, godets et pastilles de couleurs avec bonheur. Le maître avait donné une consigne : peindre une vache rigolote. Or, les vaches, ils les connaissaient bien ; chaque famille à cette époque, possédait son troupeau de Montbéliardes..

    _ Pardonnez-moi, Madame Wachkiri, je suis un citadin invétéré ; quel est le rapport entre une vache montbéliarde et …Vous ?

    _ J’y arrive, Augustin, j’y arrive..Ces délicieux bambins ont compris que peindre les vaches qu’ils côtoyaient tous les jours, aussi sympathiques fussent-elles, ne leur permettrait pas de respecter la consigne donnée. Il leur fallait imaginer, créer des vaches extraordinaires,et là, ils s’en donnèrent à coeur joie. De la vache rose bonbon chevauchant un bidon à lait, en passant par des créatures bondissantes et multicolores, sans oublier une espèce de mille-pattes géant, tout tacheté, exhibant cinquante mamelles, ce fut vraiment très créatif ! Les peintures furent d’ailleurs exposées durant une année entière, faisant la joie des villageois et de leurs visiteurs. C’est ainsi qu’un photographe, ayant eu vent de cette charmante initiative, vint les découvrir et prit force clichés. De retour chez lui, il développa ses photos et les afficha dans la vitrine de sa boutique.
    Et puis, un beau jour, Monsieur le Grand Fromager passa par là ,s’attarda devant les « vaches rigolotes »  et tomba sous le charme de l’une d’elles ; aussitôt, il acheta la photo, fit venir un dessinateur reconnu et lui demanda de reproduire cette vache si jolie et qui riait si bien ; et si on ajoutait un ornement, des boucles d’oreilles, par exemple ? Le dessinateur s’exécuta et dès qu’elle apparut en public, la vache connut un succès foudroyant !

    _ Et cette vache, c’était vous !

    _ C’était moi ! Rapidement, je fus dupliquée sur des ronds,des triangles et même sur des petits cubes. Cele m’a permis de retrouver la compagnie des enfants, que j’adore ! J’étais, je suis encore de tous les pique-niques, de tous les goûters..

    _ Mais vous n’êtes pas que le symbole d’une marque fromagère, loin s’en faut, vous êtes une icône du »vintage » ; on vous décline en magnets, en tasses, en cuillères, que sais-je encore, on vous a dédié un musée..

    _ Mais oui, c’est fabuleux,n’est-ce-pas ? Alors vous comprenez pourquoi je n’ai cessé de rire depuis mes débuts ; et je compte bien continuer encore longtemps !
    _Pour notre plus grand plaisir, Madame Wachkiri, et à présent nous allons écouter une mélodie interprétée par le Choeur des Vaches du Haut-Doubs, que vous avez choisie pour nous . Merci beaucoup d’être venue dans cette émission..

    _Merci à vous , Augustin ,de m’avoir reçue .. »

    On entend les premières notes de la mélodie..

  6. « Ha ha ! »
    Je me disais que mon interview était foutue ! Et que jamais, non jamais, je n’arriverais à tirer un seul autre son raisonnable de la bête hilare qui, visiblement, continuait à se fendre la gueule devant mon air dépité.
    Spécialisée dans la communication animale, j’étais bien décidée à prendre le taureau par les cornes. J’insistai jusqu’à ce qu’enfin, un échange télépathique s’établît entre elle et moi.
    C’est ainsi qu’elle m’apprit que son rire avait eu son essor, en plein cœur de tragédie, au cours de la guerre 14-18. Alors, comment pourrait-il diminuer en force et en intensité, en des périodes apaisées ? D’autant plus que dans son ADN, elle véhiculait celui de son propre Créateur, un dessinateur célèbre, Benjamin Rabier.
    Malicieusement, il lui avait donné pour nom Wachkyrie pour se moquer des walkyries, divinités guerrières de la culture allemande.
    Une « vacherie » sacrilège qui s’afficha sur tous les camions qui ravitaillaient en viande les troupes françaises. Le moral de ces dernières s’en était trouvé amélioré. Les « poilus » riaient dans leurs barbes.
    La bonne blague augmentait sa bonne humeur et le rire de la Wachkyrie redoublait, tandis qu’elle me contait la suite de son histoire.
    Elle inspira un affineur du Jura, Léon Bel, qui cherchait un nom pour son fromage fondu. C’est ainsi qu’il déposa la marque « La vache qui rit », en 1921.
    Elle m’avoua que ses traits et son apparence s’en trouvèrent quelque peu modifiés. Lorsqu’elle s’était vue affublée de ses boucles d’oreilles que chacun lui connaît, son visage s’était empourpré, mais, après coup, elle en avait ri et tellement ri…
    Qu’elle en riait encore !

  7. LURON'OURS dit :

    ORIGINES CONTRÔLÉES

    C’est drôle ce que vous me dites-là cher Monsieur, que je serais une rigolote depuis cent ans ! Une vache qui rit…
    Vous n’êtes pas sans savoir que depuis 1870 l’Alsace de française qu’elle était est devenue allemande jusqu’en 1918. C’est pourquoi je ne vous en voudrai pas de l’orthographe fantaisiste dont vous m’affublez.
    À Schweinstein, dans mon village, on s’appelait wasch. Réfugiés, ce fut transformé en Vache. Puis retraduit en Kuhe quand nous revîmes Schweinstein, puis enfin, au hasard de nous pérégrinations francisé en Lecul. Depuis, je travaille à Rungis ! On me trouve gaie, on m’a agrégé  »qui rit », quand j’ai eu mon fils  » Baby-Bel ». Et quand j’ai fait faire mon livret de famille, on a retrouvé le nom du trisaïeul : Wash. Vache, Kuhe, Cul. Faut-il vous faire un dessin ?
    Je vous fais un Ku-Ku appuyé.
    Une🐄 sérieuse
    🐻 LURON’OURS

  8. Catherine M.S dit :

    Je vous le dis mes amis
    Cela fait maintenant quelques décennies
    Que Mme Wachkiri rit
    Mais, ceci dit, on ne sait toujours pas pourquoi
    Même mon petit doigt
    Ne me l’a pas dit !

    Et pourtant elle en a eu des soucis
    Un mari trop tôt disparu
    « Au revoir et merci »
    C’est ce qui est écrit sur sa tombe
    Sous une envolée de colombes
    Des enfants ingrats
    A lui faire des reproches
    En veux-tu, en voilà
    Un patron peu scrupuleux
    Aux allures de mafieux
    Qui lui en fait voir
    De toutes les couleurs
    Et l’accuse de ses propres déboires
    Quel malheur !
    Et pour finir
    Sa « meilleure amie » vient de la trahir
    En lui piquant son amant
    Piètre forban

    Mais Mme Wachkiri continue à rire
    Elle a même été embauchée
    Pour faire de la publicité
    Malgré son grand âge
    Pour un célèbre fromage !
    Joli pied-de-nez
    Rira bien qui rira le dernier.

  9. Phanie dit :

    LA RENCONTRE

    Madame VACHKIRI, cela fait maintenant 100 ans que vous rigolez sans discontinuer, 
quel est votre secret ?

    C’est une longue histoire, figurez-vous ! Tout a commencé avec une rencontre très particulière.

    J’étais dans le champ de mon maître, je ruminais sur mes conditions de vie qui ne me convenaient pas, mais pas du tout…

    Vous savez, rester toute la journée à attendre que ça se passe, avec des mouches autour de vous qui viennent sans arrêt vous embêter, surtout celles avec leur petite robe verte, là, celles qui se prennent pour des princesses, là, qui tournent autour de vous ; tout ça pour, au moment opportun, aller se prélasser dans un bon bain de bouse tout chaud…

    Ah, ces souvenirs sont si lointains…

    Bref, revenons à nos moutons : un beau jour, un jeune peintre est arrivé accompagné de mon maître. Ils discutaient non loin de moi et c’est ainsi que j’ai compris que l’artiste était à la recherche d’un modèle de vache à dessiner.

    Ni une, ni deux, je fis la belle, j’essayais par tout moyen de me faire remarquer. Un instant, j’ai cru qu’il m’avait repérée ! Il se dirigea vers moi d’un bon pas, je lui fis mon plus beau sourire qu’il ne remarqua pas, et s’arrêta devant Gertrude qui était juste derrière moi…

    J’étais désespérée…

    Mais tout d’un coup, une idée surgit : j’avais remarqué que la femme de mon maître portait des boucles d’oreille lorsque nous allions dans les foires et souvent elle recevait des compliments.

    J’avais pas mal d’amis oiseaux qui m’aidèrent à concevoir mes premières boucles d’oreilles (et oui les oiseaux ne savent pas que construire des nids avec leurs petites pattes et leur bec) et elles furent de toute beauté.

    J’avais déjà les oreilles percées à cause du fils de mon maître qui s’était entraîné sur moi avec la pince de marquage d’étiquette ; au lieu de me percer l’oreille gauche il avait percé la droite, alors son père lui avait demandé de recommencer…

    Donc me voilà affublée de ma belle paire de boucles d’oreille et je me pavane devant le jeune peintre qui encore une fois ne me remarque pas… Meuh j’ai insisté et c’est ainsi qu’il m’a enfin regardée et là j’ai tout de suite vu qu’il avait trouvé en moi sa muse…

    Depuis, je suis la plus heureuse des vaches !

  10. françoise dit :

    Madame VACHKIRI, cela fait maintenant 100 ans que vous rigolez sans discontinuer, quel est votre secret ?C’est une longue histoire, figurez-vous ! Tout à commencer un ler mai quand mon ancêtre a volé à la terrasse d’un fleuriste plusieurs bottes de muguet et comme elle était jeune et jolie elle eut vite fait de les vendre. Avec quelques sous en poche elle s’apprêtait à entrer dans un magasin chic de prêt à porter pour s’acheter une jolie robe mais deux policiers la prirent en chasse.Un peu effrayée, elle avala cette monnaie. Les policiers l’embarquèrent mais furent obligés de la relâcher après fouille n’ayant rien trouvé ni dans ses poches, ni dans ses mains.
    Elle partit en leur rigolant au nez et jusqu’à la fin de sa vie elle rira, rira et on l’enterrera avec ses sous dans son estomac.
    Le plus étonnant dans cette histoire c’est que toutes les filles de notre famille naissent avec quelques pièces de monnaie dans leurs entrailles, qui plus est des pièces de l’époque ; c’est ainsi que mon arrière-arrière-arrière petite fille qui est née en 2002 possède des euros.
    Vous comprenez maintenant pourquoi nous rigolons sans discontinuer ?
    Ceci est l’histoire que nous racontons à nos petites filles quand elles ne veulent pas manger leur fromage.

  11. Fanny Dumond dit :

    – Madame Vachkiri, cela fait maintenant 100 ans que vous rigolez sans discontinuer, quel est votre secret ?

    – C’est une longue histoire, figurez-vous ! Tout a commencé il y a 100 ans lorsque je suis née dans le Jura de l’imagination de monsieur Bel.

    – Vous ne les faites pas. Toutes mes sincères félicitations et joyeux anniversaire !

    – Merci beaucoup et j’espère vivre encore plusieurs siècles. L’espoir fait vivre, ne dit-on pas ?

    – Je remarque que vos boucles d’oreille n’ont pas pris une seule ride.

    – C’est Rabier qui m’a portraiturée. Je me rappelle comment j’en avais marre de tenir la pose, finalement j’aime bien le résultat. J’avais une folle envie de l’encorner ce type, mais il faut souffrir pour être belle et je suis unique au monde !

    – Ouais, sauf qu’on en trouve sur Internet, ils font fureur en ce moment vos pendants d’oreille.

    – Sur Internet ? Connais pas. C’est du plagiat ! Je vais avertir mon créateur.

    – Avez-vous des enfants ?

    – M’en parlez pas ! J’ai un garnement ; ses concepteurs l’ont baptisé Kiri. J’avais 45 ans à l’époque des gambades dans les près fleuris. On peut dire qu’il m’en a fait baver pour le mettre au monde avec sa forme carrée. Il a fallu le sortir de mes entrailles en le tirant par un angle. Depuis lors, les gosses l’adorent et il me fait de l’ombre bien mieux que mon platane sous lequel je me prélasse quelques fois. Mais que voulez-vous, il faut vivre avec son temps !

    – Ce n’est pas trop fatigant de rire sans cesse ?

    – Chut ! Je vais vous dire un secret. Quand je suis dans le noir sur les rayonnages des magasins et des frigos, je me relâche, car j’ai un début d’arthrose des zygomatiques.

    – Comme je vous comprends ! Je n’ai jamais vu l’une de vos consœurs se marrer autant que vous au salon de l’agriculture. Elles font « Meuh ! » dans leur enclos et regardent les visiteurs d’un air tellement stupide en papillotant des cils !

    – Jeune homme, vous n’êtes pas trop sympa avec nous, dites-moi. « Si le rire est le propre de l’homme, la sérénité est celui de la vache. »

    – Je vous remercie de cette interview, car à force de fixer vos créoles, je suis pris de vertiges qui me mettent en Abymes.

    – Eh bien, ruminez bien sur ce syndrome ! Quant à moi, j’ai rendez-vous avec ma copine Marguerite qui n’en finit plus de me conter ses aventures. Elle en a encore plein les sabots de son périple.

    Depuis la parution de cet article, tout le monde se lève nuitamment pour vérifier que madame Vachkiri fait la gueule.

  12. Kyoto dit :

    – Madame Wachkiri, bonjour et merci de me recevoir. Cela fait maintenant 100 ans que vous rigolez sans discontinuer. Vous n’en avez pas marre ?

    – Et vous, Monsieur, poser des questions idiotes, ça ne vous dérange pas ? Mais non, ne pâlissez pas ! Je rigole ! Mais trèfle de plaisanterie ! Une autre question peut-être ? Courte et intelligente si possible.

    – Euh… Quel est votre secret ?

    – Sans blague, elle n’est pas banale celle-là ! (Rires)
    Mais comme vous êtes jeune et mignon je vais vous le dire. A une seule condition ! Quittez cette mine triste et renfrognée !
    Super !
    Vous avez un sourire à faire tomber toutes les clôtures !
    Le secret ? Celui de mon génisseur !

    – Vous voulez dire « géniteur » ?

    – Comme vous voulez ! Il s’appelait Le Bel ! Pas comme le fusil, mais comme le Roi. Hi hi hi ! Mais ça ne se voyait pas. Il était « lait comme un pot ».

    – L’expression est « laid comme un pou ».

    – Comme vous voulez ! Ça dépend comment on l’entend ! C’était la crème des crèmes !

    – Et pour que vous cessiez de rigoler, il ne vous a jamais fouettée ?

    – Ni battue ! Et pourquoi il eût fallu que je ne rigolasse plus ? La vie est plus marrante en riant. Essayez !

    – Durant cette période, 100 ans c’est long, vous n’avez jamais eu envie de pleurer ?

    – Cent fois non, je n’ai apporté que de la joie ! Et 100 ans, c’est un instant d’éternité. Je vais vous donner un conseil : si vous voulez devenir un jeune centenaire, exercez-vous à ne pleurer que de rires ! Alors donnons-nous rendez-vous dans cent ans. Mais j’y pense, vous ne vous êtes pas présenté.

    – Philippe… comme le Roi.
    Philippe… Bergson.

    – Mais je découvre que vous êtes un vrai « Prince sans rire ».
    Nous deviendrons peut-être amis.

  13. Coriandre dit :

    Tout a commencé pendant mon enfance, j’étais assez solitaire, enfant unique avec des parents
    débordés. Ma personnalité a tellement souffert de ce manque d’intérêt pour ma personne qu’au
    fur et à mesure des années, j’avais une telle amertume de vivre, que je suis devenue une véritable peau de vache ! Mon comportement était jugé bizarre car je soufflais le chaud et le froid, genre douche écossaise, tantôt j’étais agressive, tantôt j’étais calme et gentille. Le jour de mon anniversaire, j’ai fait une telle scène à ma mère quand j’ai découvert mon cadeau qu’elle a pris rendez-vous chez le psychiatre. Faut dire qu’elle m’avait acheté un sac à rire ! Elle ne s’était pas foulée et puis le rire émanant de cet objet ridicule était trop appuyé.
    Le jour J, parlotte avec le psy,
    Diagnostic : schizophrénie et médocs à l’appui.
    Tiens, tiens j’entendis une petite voix me dire : n’avale surtout pas ces médocs, tu vas finir en légume ! C’est qu’elle avait sacrément raison ! Finir en bœuf mode, très peu pour moi !
    C’est là que j’ai développé une stratégie. Revenue à la maison, je me mis à m’intéresser au sac à rire. J’entrais en compétition avec lui, il fallait à tout prix rire plus fort et mieux. Eh oui, j’avais un sacré égo !
    Désormais, dans la maison, ce n’était que rires, gloussements et mon proche entourage s’en félicitait croyant que c’était le traitement qui faisait effet. Je n’étais alors plus agressive, ni rebelle à la grande satisfaction de tous.
    Puis, au fil du temps, mon sempiternel rire commençait à taper sur les nerfs de ma mère car parfois je sombrais dans un tel état d’hilarité que c’était devenu insupportable. Donc, je fuyais la maison et allait le plus souvent me promener dans les champs, je m’en payais une sacrée tranche ! Le rire était devenu ma nature première. D’une fillette esseulée et rebutante, j’étais à présent une belle jeune fille à l’avenir prometteur. A l’extérieur de chez moi, je rencontrais un franc succès et lors de mes pérégrinations, je déclenchais des rires en cascade. Rire était la clé de mon succès ! Je comptais un bon nombre d’amis car j’étais devenue la coqueluche du quartier. Un jour, je fus même invitée à un barbecue géant et un homme s’est approché de moi, genre globe-trotter, caméra au poing, en me faisant une proposition de casting pour une marque de publicité. Et là, ma carrière fut lancée ! Ce fut le commencement d’une vie sous les sunlights, ma photo était partout dans les foyers, les magasins. Je n’en reviens encore pas de cette renommée, je suis connue à l’international. Malgré mon grand âge, j’intéresse encore toutes les générations, je suis une mamie labellisée, pas besoin de cure de jouvence, nul besoin de soins esthétiques comme me disent mes petits-enfants :
    – T’assure grave Mamie ! On te kiffe !
    Et quand mon ami Boris me demande quel est mon secret : la Résilience mon Cher, la résilience ! Eclat de rires…
    Eh oui, force est de constater que Madame Vachkiri est vachement bonne et intemporelle !

  14. camomille dit :

    C’est une longue histoire, figurez-vous !
    Tout a commencé par une drôle d’idée de mon vacher.
    Je vous raconte :
    Il venait de terminer la fabrication d’un nouveau fromage moelleux et il a voulu me le faire goûter… oui oui ! Il a voulu me faire goûter son nouveau fromage !
    Alors, je lui ai dit :
    – Hé vacher, je suis une mammifère ruminante, et je ne mange pas de fromage !
    – Goûte, mais goûte ! Qu’il me dit en insistant.
    Alors j’ai goûté, et je me suis régalée.
    Ça l’a fait rire, mais rire… Tellement, qu’il ne pouvait plus s’arrêter.
    Et moi, de le voir rire comme ça, ça m’a fait rire aussi et depuis je ris, je ris, je ris !
    Mon vacher et moi, on s’entend drôlement bien !
    Ben, vous vous attendiez à quoi ?

  15. Nouchka dit :

    Là-haut dans les Monts d’Arrée, un petit village esseulé tente de résister aux assauts de la Logique Economique Administrative.
    Sans moyens, le maire tente avec ses ouailles, de faire des miracles pour garder l’école ouverte en dépit du nombre décroissant d’élèves inscrits, de créer une maison médicale où un médecin acceptera de s’installer et tous ces combats quotidiens pour garder de la vie dans ce bourg.
    Impressionné par ces enragés qui affrontent les services du Préfet, de l’inspection académique et d’autres structures incontournables prêts à décourager les meilleures volontés, un journaliste est venu observer sur le terrain les spécificités locales.
    Repérant le modeste bâtiment de granit situé sur la place du village surmonté de deux drapeaux élimés, l’un bleu, blanc, rouge et l’autre noir et blanc aux couleurs de la Bretagne, notre aventureux journaliste en déduit qu’il devait s’agir de la mairie.
    Derrière la lourde porte grinçante, il se retrouve dans la pénombre d’une pièce aux ouvertures minuscules. Adossé au mur, une personne, tête baissée, s’emploie à remplir quelque formulaire.
    – Bonjour Madame. J’ai rendez-vous avec Monsieur Le Maire ce matin. Où puis-je le trouver ?
    – Asseyez-vous. Il ne devrait pas tarder à venir.
    La femme ne semble pas d’humeur à passer un coup de téléphone où à s’extraire de son fauteuil rotatif sur roulette pour prévenir qui de droit de l’arrivée du visiteur.
    Au bout de quelques minutes, le journaliste perçoit les détails de la pièce et de la préposée qui l’occupe. La voix suraigüe émane d’une femme massive, au sourire aussi rare que ses cheveux sont roux.
    Le téléphone retentit. Après quelques douze sonneries, la tour de contrôle daigne décrocher. Elle répond comme agressée par l’interlocuteur et donne une indication géographique à ce dernier. Raccrochant le combiné, un rire explose de sa gorge laissant voir les soubresauts de son opulente poitrine et ses dents. Oh, plutôt, LA dent de l’employée. En effet, une canine démesurée émerge de cette bouche, comme celle d’un Dracula.
    Le journaliste s’enhardit et, après un léger toussotement susceptible de préparer la tour de contrôle à être interpelé, demande :
    – Acceptez-vous de me dresser un portrait du village, tel que vous le voyez, en attendant l’arrivée de Monsieur Le Maire ?
    – Qui ? Moi ?
    – Oui…, je suppose que vous connaissez bien le village et ses habitants…
    – J’ai pas grand-chose à dire. J’ai du travail…
    – Vous travaillez ici depuis longtemps Madame ?
    – Hum, ça pas grand intérêt… Ma grand-mère et ma mère ont tenu le rôle de secrétaire de mairie comme moi maintenant. Ca fait près d’un siècle que nous détenons ce poste. On connait tout ici. Les maires peuvent se succéder mais nous, nous nous transmettons les informations historiques sur tout ce qu’il y a à connaître dans le village pour résoudre n’importe quel problème.
    – C’est formidable ! Les concitoyens ont bien de la chance de vous avoir à ce poste !
    – Sans doute. Mais ils le soupçonnent même pas. Quelque fois cela m’agace ; alors je les laisse dans la panade un bon moment avant de leur donner la solution.
    Le rire guttural de la tour de contrôle explose de nouveau. C’est très curieux ce mélange : une voix suraigüe et un rire de gorge, explosant en exposant la canine « draculesque ». L’employée se reprend :
    – Les gens sont bêtes. Ils me surnomment Madame VACHKIRI. C’était déjà le cas avec ma mère et ma grand-mère. Comme ça, ils n’ont pas eu à changer le nom, quelque que soit celui de nos maris respectifs. Les enfants sont encore plus blessants, ils chantaient à la mort de ma mère : « La guenon, la poison, elle est mooorte ».
    Vous voyez, c’est pas facile tous les jours, alors, j’ai parfois mes petites vengeances personnelles.
    Par contre, les élus, ils me mangent dans la main ; ils ont trop besoin de moi. Bon allez, je vais appeler Monsieur le Maire pour vous !!

  16. Nadine de Bernardy dit :

    Un journaleux du sensationnel
    Alla frapper chez la dame aux boucles d’oreille
    Madame Wachkiri,pourquoi vous rigolez
    Depuis cent ans sans discontinuer?
    C’est un longue habitude figurez vous
    Je ne peux la confier à tous
    Est ce un secret à taire
    Avez vous commis une vilaine affaire?
    Que nenni, c’est une tradition de famille
    Qui se transmet de mère en fille
    J’ai hâte d’en savoir davantage
    Allons ,contez moi cela sans ambage
    Hé bien c’était il y a fort longtemps
    Mes ancêtres paissaient dans les champs…
    Jusque là,je ne vois matière à rire
    Allez vous enfin tout me dire?
    Si au moins vous me laissiez parler
    Les faits je vous pourrai narrer
    Veuillez excuser mon empressement
    Allez c’est à vous,j’attends
    Prenez patience jeune insolent
    Il y en a pour un moment
    Désolé madame Wachkiri,je ne le puis
    Dans une heure je dois partir d’ici
    Hé bien freluquet de la ville
    Laissez moi dons tranquille
    Vous pouvez peut être en faire un résumé
    En quelques mots, pourquoi vous riez?
    Sachez que cette vieille histoire
    Mérite mieux,vous pouvez m’en croire
    Nous ne pourrons nous accorder
    Vous êtes lente,je suis pressé
    C’est cela fichez moi le camp
    Débarrassez le plancher sur le champ
    Je vais donc aller de ce pas
    Rencontrer monsieur Banania
    Saluez le donc de ma part
    Ne vous mettez point en retard
    Le curieux,hâtif et déçu
    Râla haut et fort sur tout ce temps perdu

  17. iris79 dit :

    Madame VACHKIRI, cela fait maintenant 100 ans que vous rigolez sans discontinuer,
    quel est votre secret ?
    C’est une longue histoire, figurez-vous ! Tout a commencé le jour de ma naissance. Le premier regard que j’ai croisé a été celui de ma mère et elle me souriait malgré l’épreuve traversée. A chaque fois qu’elle me regardait, elle affichait cette mine épanouie et ce regard plein d’amour enthousiaste pour moi et j’y répondais sans me poser de questions.
    En grandissant, je l’observais souvent, j’aimais être auprès d’elle, j’apprenais tant ! Dans la joie, le respect, l’écoute et le partage. Mais je voyais bien aussi que parfois ses yeux s’assombrissaient. Elle semblait happée par des soucis dont je n’arrivais pas à connaitre la teneur car dès qu’elle se retournait vers moi, son regard s’éclairait de nouveau, retrouvait de jolis couleurs et un amour sans faille.
    Dès que je croisais son regard, le mien s’illuminait aussi presqu’instantanément. Elle m’a beaucoup appris et je compris que ce qui rendait les autres heureux était aussi la façon dont on les regarde. Oui, la vie n’était pas toujours simple, c’était le moins qu’on puisse dire, quand on a compris que la vie dehors allait être bientôt réduit à une part infime de notre temps au profit d’un enferment en stabulation, ce fut une révolution bien difficile à avaler. Mais ma mère choisit de garder sa bonne humeur, son sourire à toute épreuve. Le contraire nous aurait peut-être tué.
    J’ai bien retenu la leçon car j’ai constaté à mon tour, que lorsque moi aussi je regardais les autres en souriant, ils me regardaient à leur tour de la même façon et que tous, nous avions les yeux plus pétillants. Consciente de mon petit pouvoir, je poussais même l’expérience à faire la folle, à faire le clown, à relayer des blagues et à bientôt même faire les miennes toute seule !
    Je trouvais toujours un moyen ou un objet sur le chemin pour faire le show. Evidemment, ma maladresse légendaire finit de me donner un statut lorsque je renversais sur moi le pot de peinture rouge en équilibre précaire dédié à la réfection de la barrière. Ah mon dieu, quel souvenir ! Le fermier pesta tant et tant à me laver et à frotter en vain pour faire disparaitre ce rouge écarlate qui me va si bien !
    Cet événement fondateur me hissa au sommet de ma gloire et m’assura une belle notoriété inattendue non démentie à ce jour. Bien évidemment, cela n’étonna personne quand je rentrais un jour avec des boites de fromage en guise de boucles d’oreilles ! On en a tellement ri, moi la première que mon surnom fut vite trouvé et adopté !
    Ah j’en ai vécu des moments forts et hilarants ! Des tristes aussi mais je gardais la face !
    Depuis peu, je ressens tout de même une certaine lassitude. Je ne sais plus trop bien si je vais continuer à rire. Certaines de mes amies n’ont jamais vu le jour, elles sont traitées de façon bien honteuse. Si je continue à sourire parce que rire c’est devenu trop dure, c’est d’abord pour elles, pour qu’elles ne perdent pas espoir, qu’elles sachent qu’elles méritent d’être traitées avec dignité. Certaines ont beaucoup plus de chance que d’autres. J’aimerais pouvoir leur dire de sourire avec moi mais mon cœur et mes yeux fatiguent…Nous avons enchanté des tas d’enfants avec notre lait, cela sera-t-il encore possible ? Du respect, du bon sens, de bons traitements, pour nous toutes, pour moi qui vais continuer autant que possible à rire, pour celles qui ne demandent qu’à en faire autant, va-t-il falloir attendre encore longtemps ?

  18. blackrain dit :

    Tout a commencé en 1921. Léon se souvenait. Il se souvenait du dessin qui ornait les camions de ravitaillement en viande fraîche durant la grande guerre. Le dessin s’inspirait de la Valkyrie pour en faire une vache rieuse. Léon la trouvait très Bel. Il reprit l’idée à dessein. La Valkyrie devint « la vache qui rit ». Elle se tintait de rouge comme un diablotin. La vache devenait mère nourricière et s’ornait de boucles d’oreilles pour être plus femme et pour une mise en abyme du fromage des montagnes. L’ornement d’oreille reprenait la forme du conditionnement et le logo de la marque. La boucle était bouclée. Pour ne pas abimer les doigts du consommateur, le consomme acteur n’avait plus qu’à user de la tirette rouge pour ouvrir l’emballage. Le fil rouge de la marque. J’étais emballé par cette idée novatrice. Pour Léon la vie était belle. Il me jura Bourgogne et Franche-Comté et me conta fromage fondu qui roucoulait en crème de gruyère, emmental, comté, gouda et cheddar. C’était tout un art. Je l’ai cru sincère même s’il ajoutait du lait pasteurisé pour faire plaisir aux protestants. Certains lui reprochèrent de n’être pas très catholique avec ses additifs alimentaires. Les polyphosphates, citrates, diphosphates et phosphates de sodium indisposaient les partisans du naturel. Dans la hâte, les bureaucrates traitaient de scélérate cette préparation de carton-pâte fabriquée par des automates. Mais mon succès mondial démentit toutes ces critiques. 125 portions de vache qui rit sont consommées à chaque seconde dans le monde. Depuis plus de cent ans je me la coule douce sans prendre une ride. Je suis plus connu que le Reader digest et surtout plus digeste.

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