509e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

On l’appelait la veuve Lingot.
Ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches…
Avec le dernier on aurait dit que sa chance avait pris un coup de vieux, il pétait de santé.

Ces exercices inédits d’écriture créative n’apprennent pas à écrire, ils enflamment l’imagination. Le but est de vous conduire vers les ressources imaginatives qui somnolent en vous. Après quoi, vous décidez de mener le projet d’écriture qui vous convient : nouvelles, roman, etc.

22 Responses

  1. Her dit :

    21
    509e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat
    PAR PASCAL PERRAT · PUBLIÉ 29 AOÛT 2020 · MIS À JOUR 29 AOÛT 2020

    👉On l’appelait la veuve Lingot.
    Ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches…
    Avec le dernier on aurait dit que sa chance avait pris un coup de vieux, il pétait de santé.

    Tous persuadés que cette femme les avaient tuer.
    Au village les ragots allaient bon train! Quotidiennement au coin d’une rue; sur un banc ou au comptoir chacun en parlent. Pas un jours ne passent sans que les langues racontent, fabules, jalouse ou émettent milles et unes hypothèses.

    Son clinquant surnom venait da sa grande fortune amassée pour certains, ou froidement acquis telle une mante religieuse, pour d’autres. En revanche entendre que la pauvre avait pu vivre une malchance incroyable, et vivre riche mais triste n’effleurerai pas les esprits ! Impossible d’imaginer que M’dme Lingot n’a pas zigouiller tout les matchos pour leurs magots!

    Une nouvelle fraîche fessait danser les papilles et crépiter la bave des nombreux crapeaux qui aiment papoter de M’dme Lingot au Bistrot !
    _ » Vuiiiiiiiiiii mon vieux j’te dis qui y’en a un d’ nouveau q’vient d’arriver chez la M’dme ! Si, encore un qui va finir en civet, ses bistons dans le nouveau vison dl’a vielle! »
    _ PÔ possibleeeeee!
    _ Rhooooo la M’dme les attirent avec la saveur du miel et une ruche confortable, mais la reine mère va lui arracher la tête !

    _ P’fff tais toi, qui l’a vue le nouveau futur disparu ?
    _ » Ben moi ici je lui ai servi un café et le journal ce m’tin « .
    _ « M’enfin quoi qui te dis q’ c’est le … » ( Couper dans son élan le vieux Roger par Josiane la Patronne )
    _ Vous dis que j’en sur certaine, je l’est cuisiner comme je ne l’avait jamais vue dans le village…
    _ Le maigre Jean confirme qui va finir en civet cet hiver sans décollé son nez de son p’tit Godet car là depuis le matin déjà. ( Il labour très tôt jusqu’à ce que le Soleil ne se lève et ne soit trop chaud… Au bar vers 7:45.)
    _ J’me demande bien ce qu’elle fou avec son oseille la folle Dingo! Le 4 ème ! Ici perdue au milieu des champs a quoi bon avoir autant de Lingots ? Dit le mari de Josiane. Le mari de la taulière! N’allais jamais dire que c’est lui le chef sinon vous risqueriez des problèmes! Y’en a qui ont essayés mais…😂
    Où so tu donc passés les chevaliers de la ptites dame? Ils ont euent chaud aux fesses pour fuir? Ou sont bouffés par les vers?

    Le mystère demeurent, et demeurant jusqu’à ce que le p’tit nouveau ne pointe plus le bout de son nez au comptoir en passant devant les anciennes qui tricotent aux coins des ruelles ou sur les bancs de cette petite bourgade bien tranquille aux nombreuses histoires.

    Emeline Her exercice d’une traite aux sujets ci dessus . Improvisation. Créativité. Merci Pour vos exercices 🙏@littlefeather2020

  2. Urso dit :

    Julien, malgré la vigueur de sa jeunesse, n’en pouvait plus. A chaque fois qu’il descendait la grande rue du village, il entendait derrière lui de telles phrases :
    « Tiens c’est le petit dernier de la veuve Lingot » ;
    « Il a bien de la chance celui-là, il n’est pas encore parti au paradis » …

    Il décida de faire sa petite enquête et dorénavant passa la plupart de ses soirées à jouer aux cartes au café du coin.
    Lorsqu’il rentrait, la veuve Lingot lui lançait régulièrement : mais où étais-tu pendant tout ce temps, petit vaurien.
    -Au café du village, tu le sais bien chéri.
    -Mais avant tu n’y allais jamais et maintenant tu me laisses constamment seul.
    -Julien lui rétorquait souvent violemment : Je me sens bien là-bas, c’est ma deuxième famille ce bar.
    Un soir, la veuve Lingot ria jaune et lui lança un regard étincelant, en pensant, toi petit, tu vas bientôt finir comme tes prédécesseurs.

    En fait, Julien rencontrait régulièrement un policier à la retraite qui menait sa petite enquête sur la disparition subite des 3 premiers maris de la veuve Lingot. Il se dénommait Orfèvre. Ayant bossé au 36 une grande partie de sa carrière, il était persuadé qu’elle les avait zigouillés tous les 3 et que Julien allait prochainement y passer aussi. Mais il tentait d’avoir des preuves.

    Un peu par hasard, la veuve Lingot eut vent des travaux de ce policier et souhaita plus rapidement passer à l’acte et éliminer cette fois-ci, coup sur coup, son jeune mari et cette « ordure » d’ancien flic, devenu trop encombrant.
    Toutefois, elle n’eut pas le temps de mettre son projet à exécution. Un matin, un coup de folie s’abattit subitement sur elle et presque nue, elle couru à la gendarmerie, pour y annoncer dans le menu détail l’assassinat de ses 3 premiers maris.
    La veuve Lingot, toute revêtue de paillettes fut emprisonnée dans la prison du département. L’histoire ne s’arrête pas ici. Un beau jour, Dame Lingot disparut de sa cellule. On raconte qu’à la place on retrouva 4 énormes pièces, avec en filigrane l’effigie des 4 maris. Certains disent qu’elle s’était transformée en or pour ne plus subir la dureté carcérale.

  3. Kyoto dit :

    – C’est gentil de votre part de prendre des nouvelles de la veuve Cliquot.

    – Excusez si je vous déçois, mais vous avez mal compris. Je parlais de la veuve Lingot.

    – Oh ! Désolé ! Je suis confus. Cette brave Madame Lingot ! Une femme bienveillante et généreuse. Malgré tous ses malheurs…

    – Quatre mariages et trois enterrements, elle n’est pas un peu barjot cette…

    – Je ne vous permets pas de l’insulter. C’est une femme forte et courageuse.

    – Cependant, ses trois premiers maris sont morts subitement, jeunes et riches. On pourrait supposer que…

    – Je vous interdis ! Ce ne sont que des ragots ! Des vulgaires ragots !

    – Il n’y a pas de fumée sans feu !

    – C’est vous qui l’avez inventée cette phrase, Monsieur ? Monsieur comment déjà ? Sachez Monsieur que son premier mari est mort d’un cancer fulgurant du pancréas, le deuxième a été tué lors du cambriolage de la bijouterie où il était vendeur, le troisième s’est tué lors d’un carambolage monstrueux sur l’autoroute du Soleil. Certes, ils étaient tous jeunes, mais riches, non. Seulement riches d’Elle.

    – Mendigot. Monsieur Mendigot. Vous m’avez demandé mon nom, je vous le donne. Je n’ai rien à cacher, moi. Mais comme vous la défendez cette femme, c’est louche. Vous êtes aussi attiré par son magot ? Trop tard ! Son dernier mari, il paraît qu’il pète de santé.

    – J’en suis bien aise pour lui. Mais, la bonne santé vous savez n’est pas un gage de longévité, elle devient si vite fragile parfois…Et abandonnez vos soupçons au sujet de cette merveilleuse Madame Lingot, sinon je…

    – Ce sont des menaces ?

    – Ne montez pas sur vos ergots, Monsieur Mendigot. Nous échangeons en hommes civilisés !

    – Justement, et j’ignore qui vous êtes Monsieur, Monsieur… ?

    – Chuuuut ! Je suis le quatrième mari !

  4. RENATA dit :

    On l’appelait la veuve Lingot , elle avait fait fortune dans le haricot .
    Epousant hommes , riches , jeunes , beaux mais allergiques à ses fayots .
    Ils mouraient tous presto la laissant avec un magot en véritables lingots .
    Avec le dernier pas de pot , il pétait de santé et pas que !!
    Se nourrissant copieusement des lingots il flatule à gogo .
    Elle ne peut plus le sentir et doit agir .
    Fini la veuve Lingot elle sera Virago pour organiser son grand repos
    Un dernier plat de fayot avec poudre de succession le fera descendre au tombeau .

  5. pakitapom dit :

    On l’appelait la veuve Lingot. Ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches… Avec le dernier, on aurait dit que l’appât du gain n’était plus au rendez vous et, qu’à défaut de gros sous, c’était plutôt de la chair fraîche que la déjà trois fois veuve voulait croquer ….

    Pauvre Cléo – oui la veuve Lingot, c’était le surnom que la rumeur lui avait donné , quelques vieilles bigotes en mal de ragot ou de pauvres amants jaloux, éconduits pour n’avoir sans doute pas eu les bourses assez bien remplies – Cléo donc était jeune et jolie. Mais comme on ne peut pas tout avoir dans la vie, elle ne venait pas d’une famille aisée et très jeune, à l’usine, avait du pointer.

    C’était là qu’elle avait rencontré feu son premier mari : Stanislas Pleinoas, un lointain parent d’un dénommé Midas . Il n’était plus très jeune mais il avait gardé l’enthousiasme des inventeurs et cela lui donnait un coté enfant très charmant. C’était un fou d’objets volants et comme Cléo travaillait dans ses locaux – il était le PDG d’une usine d’aéronautique- elle n’avait eu aucun mal , zeppelins en forme d’obus sous la blouse bien tendue, à se faire apprécier et mème épouser. Pleinoas n’avait jamais manqué de rien mais sa passion pour les avions l’avait tenu éloigné des choses de la vie aussi, quand avec Cléo, en l’air il s’envoya , soudain d’air il manqua …

    Exit le numéro un.

    Pauvre Cléo, veuve bien trop tôt pour une jeunesse qui en avait tant sous le manteau
    Veuve et nantie car Pleinoas , à l’instar de son aïeul Midas, transformait en or tout ce qu’il touchait et ses coffres étaient de lingots remplis . Elle était donc à l’abri de tous soucis et sut se montrer généreuse lors des obsèques de son regretté mari  en lui offrant post mortem de somptueux traitements pour que, même mort , il eut encore l’air vivant – comprenez pas là qu’elle ne lésina pas sur la thanatopraxie pour son bonhomme mort d’apoplexie !

    La bienséance vous impose un temps de deuil et la veuve , respectueuse s’y conforma mais l’automne venu, elle ne put résister à l’appel du mâle – une chasse à courre à laquelle elle fut invitée, organisée par le marquis Hubert de Baldur en ses terres de Chantilly Elle qui avait appris a monter depuis son plus jeune age, fit forte impression au marquis qui,veuf affamé de longue date, lui proposa la botte et le fusil aussi. Se sentant d’humeur bucolique, elle accepta .
    C’était un sauvage, un ardent , Il avait coutume de tirer le sanglier au lingot – petite cylindre de plomb ou de fer dont on charge le fusil, bref, vous l’aurez compris, un tartarin sanguin à fort tarin ( selon l’adage bien connu gros nez .. gros V…) à qui la chasse a l’épuisement donnait puissance et et tempérament – et il se fit un point d’honneur de prouver à la jolie veuve qu’il venait d’épouser qu’il en avait dans le carnier !

    A celui la aussi, le souffle manqua car la veuve, voyez vous était fort aimante et assez endurante . Alors sur fond de crêpe noir et de larmes elle l’enterra aussi et comme elle héritait d’un titre de noblesse, d’un château et de terres , elle ne put moins faire que se montrer prodigue lors de sa sépulture .Elle fit donc en sorte qu’il ait lui aussi bonne figure – ce qui aux dires de l’embaumeur – fut un grand et fastidieux labeur …

    Pour celui la aussi on sonna l’ hallali

    N’espérant point , vu son passé, se refaire une virginité, la veuve noire, lucide et fortunée, décida de se mettre au vert – petite cure détox dans ses terres , afin de se faire oublier. Mais c’était compter sans le hasard qui fit qu’un jour, sur elle, un homme posa posa son doux regard, un rien bovin :Antoine Bombus, gros producteur de la région de Soissons , au nom prédestiné puisqu’en argot Bombus veut dire pet ! C’était un timide , un tendre qui avait su mener sa barque et vivait for aisément du commerce des haricots lingots , spécialité de Soissons La plus grosse fortune de la région : la moitié du pays travaillait pour lui – mais pas vantard pour autant , c’est en rougissant qu’il était allé faire sa demande et cette brave Cléo qui avait un cœur d’or et n’aimait pas faire de la peine, accepta la bague, l’argent et l’homme, bien évidement, puisqu’il n’ y avait pas moyen de faire autrement …

    Peu de gens le savent et pourtant il s’agit là d’une information vitale . Jamais au grand jamais vous ne devez cuisiner les lingots sans les avoir fait préalablement tremper longuement.
    (environ 12h00 dans 4 fois leur volume d’eau et en changeant l’eau toutes les 4 heures). Ce trempage permet de les ré-humidifier afin de réduire le temps de cuisson et aussi d’éliminer les oligo-saccharides responsables des désagréables flatulences de la digestion.
    La veuve lingots avait décidé de ne plus rien laisser au hasard qui lui avait joué un drôle de tour en lui envoyant ce nouveau mari, qui, d’humeur morose pleure plus souvent qu’il ne rit. Dans son ennui, elle consacra un temps certain à parfaire ses connaissances sur les produits qu’il commercialisait . ; leurs avantages, leurs petits et leurs grands inconvénients et elle était tombée par hasard sur un article à propos des lectines qui réduisent, semble-t-il, l’activité des enzymes digestifs et se collent contre la paroi intestinale générant maux de ventre , terribles douleurs , diarrhées tsunamiques ….
    On dit qu’il souffrit beaucoup avant de trépasser…. Serait il le dernier ?
    Là, l’embaumeur, toujours le même, un jeune et charmant jeune homme de moins de trente ans étudiant en archéologie ,qui payait ses études en faisant du beau boulot chez Roblot, se félicita d’avoir fait une spécialisation parfums et onguents qui, compte tenu de l’état du défunt, se justifiait totalement .
    Et voila cercueil cloué, affaire rondement menée
    Même si le temps passait et les rides doucement sur elle se posaient , avec ses lingots,son château, ses terres et maintenant un beau portefeuille d’actions et quelques usines à haut potentiel , elle continuait a plaire et nombreux étaient les prétendants .. au futur enterrement !
    Pourtant ce fut lui qu’elle choisit : le jeune étudiant . Il faut dire qu’ils avaient partagé d’intenses moments de solitude en veillant chacun de ses défunts maris. Elle avait apprécié son talent et sa délicatesse Il avait appris à la connaître et elle aurait sûrement fini par lui manquer . C’est pourquoi quand elle l’invita à venir passer un week-end à Chantilly – c’était tout de même plus classe que Soissons même si les lingots bien cuisinés, c’est drôlement bon – il ne déclina pas la proposition .
    Les week-ends devinrent des semaines entières à folâtrer dans les bois autour du château. La veuve était devenue joyeuse et son jeune amant, quand par hasard il s’en allait, lui manquait terriblement. Il fit si bien qu’elle ne put bientôt plus de lui se passer et décida « pour le garder » de l’épouser ! Étonnamment, il accepta et cessa bien sûr de travailler mais réticent à abandonner ses études , il lui suggéra de l’aider en devenant son sujet d’étude préféré . C’est ainsi que, sur elle, et pour son plus grand plaisir , il essaya onguents et parfums qui permettraient à Cleo de conserver sa jeunesse et sa beauté . C’est du moins ce qu’elle espérait en se regardant dans le miroir, fardée comme ces égyptiennes de l’antiquité .
    Un jour, il lui proposa un nouveau masque qui, il en était certain aurait sur ses rides naissantes le plus merveilleux des effets.Mais pour que la cure soit complète il devrait lui faire quelques injections de botox un peu douloureuses. Allait elle accepter ?. Radieuse, battant des mains comme une enfant comblée, elle a acquiescé. Toute enamourée, elle le remercia avec force effusions de tant de sollicitude et quand il planta l’aiguille fatale dans sa jugulaire, elle souriait encore pendant qu’il s’imaginait déjà riche et célibataire .
    Pauvre Cléo passée en un sourire de vie à trépas …
    L’embaumeur – celui là même qui avait déjà œuvré pour ses defunts maris – son nouvel amant ?– Ah pardon ! c’est vrai, son mari- passa des heures à se recueillir et préparer le corps. Il regretta que personne n’ait souhaité lui rendre un dernier hommage car il avait vraiment bien travaillé : un vrai chef d’œuvre . Il n’avait pas regardé à la dépense et, pour honorer la défunte, avait même fondu un lingot tout entier, – imaginez !- pour lui confectionner un masque funéraire en or massif très ornementé, comme on en trouve parfois dans les sarcophages oubliés de la vallée des reines , là bas en Égypte ;
    Adieu veuve Lingot, repose en paix Cléopâtre et bonjour Veuve Cliquot !

  6. Maguelonne dit :

    On l’appelait veuve Lingot. Elle n’avait fait qu’une bouchée de ses trois premiers maris. Ils étaient morts jeunes et riches. Cela faisait beaucoup jaser. Certaines l’enviaient, certains auraient bien aimer s’y frotter. Mais comme dit le dicton : qui s’y frotte, s’y pique. C’était excitant mais aussi effrayant. Courageux mais pas téméraires, ils se contentaient de caresser l’idée…
    Après le décès de son troisième, la veuve eut un petit coup de mou. La solitude ne lui convenait pas. Elle devenait mesquine, morose. Horreur, un matin son miroir lui montra quelques petites rides autour des yeux et deux cheveux blanc. Ce fut comme un électrochoc. Dès le lendemain elle se mit en quête du quatrième mari. Elle le souhaitait jeune, avenant, dynamique et, cerise sur le gâteau, riche. Jusqu’à présent ça lui avait plutôt bien réussi.
    On crut qu’elle s’était fait rouler dans la farine par un embobineur, allergique au travail mais pas aux femmes riches. Il était beau, enjôleur, encore jeune et pétait la santé. Il n’hésitait pas à payer le champagne pour montrer sa belle situation et laissait planer le doute sur sa parentèle. La veuve Lingot devint femme Clicquot.
    Elle n’était pas née de la dernière pluie et avait assuré ses arrières grâce aux conseils avisés de son notaire. Le pauvre chéri fût fort déconfit quand il comprit qu’il n’aurait pas accès à la fortune de sa femme et qu’il se trouvait dans une cage pas si doré que ça. Sa riche épouse était coriace, tenait serré les cordons de la bourse, et en voulait pour ses sous. Ce qu’elle rappelait haut et fort en lui versant l’argent de poche tel une récompense. Elle le tenait aussi fermement en laisse. Son seul moment de liberté était pendant la sacro-sainte sieste.
    Il avait perdu une bataille mais pas la guerre.Cette heure de liberté serait utilisée à la chasse d’une riche héritière, ou d’une rombière friquée ayant déjà un pied dans la tombe. Cette fois ci, il exigerait un mariage avec communauté de biens. Et c’est avec entrain et confiance qu’il se mit au boulot. Mais quatorze à quinze heures,ce n’est pas un bon créneau pour la drague fructueuse. Ça n’a rien à voir avec un cinq à sept, favorable aux rencontres furtives où il aurait pu montrer tout son art de la séduction puis concrétiser si ça valait le coup.Il essaya longtemps, longtemps, commença à perdre confiance en lui, à perdre espoir. Chaque fois que sa femme le regardait, ça lui gâtait le foie. Il fit une jaunisse qui vira en cancer.
    L’ex veuve Lingot devenu veuve Clicquot ne perdit pas son temps en larmes. Elle se mit en chasse de son cinquième époux qui ne serait pas le dernier se promit elle. Elle s’était fixée un but. Sept, sept étant un chiffre porte bonheur,il lui fallait sept maris avant de tirer sa révérence

  7. Catherine M.S dit :

    La veuve Lingot
    Tout le village ricassait derrière son dos
    Jusqu’au personnel du château 
    Y’en avait des messes basses à son sujet
    Et les murs en avaient des trucs à raconter
    Au salon c’était «  Madame est servie »
    En cuisine «  Il tient l’coup le nouveau »
    Hi Hi Hi
    Il a repris trois fois des raviolis
    Et fait plaisir à voir la panse bien remplie !

    Madame est bien servie avec ce quatrième mari
    Qui jouit si bien de la vie
    C’est Albertine qui l’dit
    Avec une mine fort réjouie …
    Albertine qui fait tourner son tablier à bavette
    Albertine qui adore faire la coquette
    Albertine qui a une p’tite idée derrière la tête

    Au salon Madame a fait la fière
    Pendant tant d’années
    Au bras de toutes ses conquêtes
    Qui succombaient toutes d’une « simple grippette »
    Étrange maladie
    Dans un château maudit ?
    Mais les rumeurs ne racontaient pas la même histoire
    On parlait d’une fiole dans un placard …
    Or un jour le flacon a disparu
    Le quatrième mari a longtemps vécu
    Madame a rendu l’âme
    Un soir d’été
    Albertine a rendu son tablier
    A monté l’escalier
    Et s’est installée tout simplement
    Et sans ménagement
    Dans les appartements privés.

  8. Nadine de Bernardy dit :

    On l’appellait la veuve Lingot.Ses trois premiers maris étaient morts subitement,jeunes et riches.
    Avec le dernier on aurait dit que sa chance avait pris un coup de vieux,il pétait la santé.
    Cette femme,au demeurant charmante et pourvue d’appâts non négligeables,recherchait ses futurs conjoints dans les services de soins palliatifs des différents établissements de post cure de la région.
    Chacun louait son dévouement à ces hommes en fin de vie,qu’elle épousait jusqu’à ce que la mort les sépare.
    Depuis un certain temps cependant,les opportunités se faisaient rares,les familles ayant compris qu’un peu de patience pouvait rapporter gros.
    Elle s’intéressa à un site de rencontre très sélect,y fit la connaissance d’un richissime Américain: Jason Picsou Junior qui lui promis le mariage et l’invita à venir le rejoindre au Texas,où,jeune héritier,il coulait des jours oisifs dans une grande opulence due à une affaire familiale de produits de jouvence miraculeux.
    La veuve Lingot atterrit donc un matin pluvieux de novembre,à Dallas,avec ses quatre valises qui furent fouillées sans ménagement par de patibulaires policiers au Steton vissé sur la tête.
    Le chauffeur venu l’accueilli,mit ses bagages dans le coffre de la gigantesque limousine aux vitres fumées garée non loin de là.
    Monsieur Junior vous attend,mademoiselle,lui dit il à la manière américaine.
    En entrant dans la voiture,elle découvrit Jason, gnome vêtu d’un jogging Cerruti,une raquette de tennis sur les genoux,hâlé et musclé aux T Bone depuis son plus jeune âge.
    Je vous attendais avec impatience Leatitia,sourit il avec gourmandise,bienvenue aux Etats Unis.
    L’on entendit plus jamais parler d’elle.

  9. françoise dit :

    On l’appelait la veuve Lingot. 
    Ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches… 
    Avec le quatrième on aurait dit qu’elle n’était plus la même
    Elle lui passait tous ses caprices
    cheval de course, jaguar et tutti quanti
    et comme aurait dit Victor-Hugo
    elle n’y voyait que de l’azur 
    si bien que son entourage qui auparavant la jalousait
    commençait à s’inquiéter
    à force d’allusions de leur part
    elle finit par perdre ses illusions
    elle pensa au divorce
    mais quelle que soit la formule choisie
    elle y laisserait des lingots
    elle n’avait pas le choix
    il devait mourir lui aussi subitement
    un mois après on l’enterra …….

  10. Grumpy dit :

    Antonio était un bel italien avec tout le caractère que l’on connaît à ces latins tant dans la séduction physique que la faconde. Bien loin tout de même du bellâtre vulgaire, bronzé à l’année, chaîne au cou, gourmette à un poignet, montre suisse à l’autre, chemise entrouverte sur plexus velu.

    Il en était à son quatrième mariage. Ce qui malgré ses trois premières réussites faisait jaser, parfois moquer, les envieux qui l’avaient surnommé « Roupettes en Or ».

    C’est qu’il savait comment s‘y prendre pour tendre son épuisette vers la poissonne aux écailles les plus argentées, prometteuses : Courtoisie, naturel et simplicité.

    Quand il rencontra la première, il était voiturier au Martinez. Il avait pris dans sa menotte les clés de sa Rolls et puis les lui avait rendues avec tant de grâce et un baratin si raffiné, que parcourue d’un frisson délicieux, l’esseulée eut envie de le renouveler souvent et lui proposa la botte. Le mariage tourna court lors du naufrage de leur yacht au retour d’une virée à Porquerolles. Il avait toujours été excellent nageur.

    C’est alors qu’il pensa qu’il était temps de commencer à «en mettre de côté» pour assurer son avenir. Le meilleur moyen était l’air de rien, de changer de casquette et de reprendre la bonne pêche.

    Il devint vigile chez Van Cleef & Arpels sur la Croisette. Si aimable et poli pour raccompagner cette cliente jusqu’à son taxi en la protégeant de la pluie tout autant que ses coûteux achats, qu’elle en fut très émue et l’invita à parler un peu autour d’un verre. Elle aussi, très amoureuse, tourbillonna jusqu’au vertige, si bien qu’elle chuta lors d’une visite des grottes de Saint-Cézaire dont les escaliers creusés dans les stalagmites étaient si glissants. Il n’avait pas réussi à la rattraper à temps.

    Très triste, pour se changer les idées, il s’occupa à en mettre encore un peu de côté.

    Troisième mariage (si bien que le Maire de Cannes, en le félicitant, lui chuchota à l’oreille « à la prochaine … ») Celle-ci il l’avait connue au Casino de Monte Carlo où il était depuis peu croupier à la roulette. Tout en restant scrupuleusement sur son quant-à-soi comme le lui imposait la profession, Il l’aida subtilement à bien disposer ses jetons quand, un peu pompette, elle s’était mise à les placer un peu n’importe comment, il savait lui où s’arrêterait la boule, au plus elle gagnerait, au plus il pourrait en mettre de côté. Il ne se trompa pas, elle lui tomba dans les bras de reconnaissance et lui dans les siens quand il l’accompagna à la caisse toucher le pactole afin que surtout, il ne lui arrive rien. La pauvre finit rapidement sous les roues d’une Ferrari remontant à toute pompe le virage en S si redouté des pilotes du Grand Prix.

    C’est dans sa salle de sport que se présenta la quatrième, cherchant un entraîneur qui prendrait soin d’elle afin de remuscler son corps. Elle ne pouvait pas mieux tomber. Il fit de son mieux et lui proposa le super-fameux programme de remise en forme de sa composition. Vous verrez Madame, de formidables résultats de raffermissement des cuisses, des abdos et même de la poitrine, quoique la vôtre soit fort belle, si je peux me permettre. Séduite sur le champ, aussi un peu plus tard par l’aboutissement de leurs efforts, à tous les deux.
    Au bout de trois ans, il commença à déchanter, elle tenait désormais une forme ! Increvable, elle n’en avait jamais assez, elle l’épuisait. Cette fois, c’était une pêche d’enfer qu’il avait décrochée et modelée lui-même.

    Il n’arrivait plus à suivre son train, il dépérissait à vue d’œil, maigre, essoufflé, il ne restait plus grand-chose de sa superbe et surtout, elle ne cessait de le câliner, ce qui le crevait encore davantage, pire, pour le remercier de lui avoir rendu sa jeunesse elle ne cessait de lui glisser des billets dans son survêtement.

    Il lui restait tout juste la force de les mettre de côté, il était parvenu à la tête d’un sacré paquet. Ce soir-là, il n’aurait pas dû refaire ses comptes encore et encore, son cœur réalisa avant lui la montagne accumulée, hélas celle-là, il ne réussit pas à la grimper.

  11. Françoise - Gare du Nord dit :

    On l’appelait la veuve Lingot. Un surnom amplement mérité. Ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches…

    Le premier, Monsieur Magot, riche promoteur, un géant du BTP, aux dents longues et à l’épiderme coriace, était décédé, dévoré par un crocodile, l’ultime jour leur voyage de noces aux Îles Caïmans.
    Elle hérita d’un empire colossal constitué d’immeubles, d’hôtels et de propriétés.

    Le deuxième, Monsieur Pécule, puissant armateur, ayant su nager entre deux eaux pour échapper aux nasses du fisc et aux filets d’Interpol, avait péri, le dernier jour de leur lune de miel, noyé dans les eaux troubles de la baie d’Halong.
    Elle hérita d’une imposante flotte composée de navires, de cargos et de voiliers.

    Le troisième, Monsieur Pactole, prospère propriétaire dans l’industrie pharmaceutique, avait succombé, une semaine seulement après leur mariage, d’une surdose de barbituriques et d’alcool dans un palace d’Evian.
    Elle hérita de laboratoires pharmacologiques, d’instituts cosmétologiques et de cabinets médicaux.

    Avec le dernier on aurait dit que sa chance avait pris un coup de vieux, il pétait de santé.
    Il faut dire qu’il économisait sur tout, lui même, les autres et tout le reste. Tout d’abord, il exigea des noces à bas coût : un mariage civil avec les deux mariés et leur témoin, suivi d’une coupe de mousseux tiède et de cacahuètes grillées. Point de voyages de noces hormis un séjour de 48 heures en Lorraine, à la Toussaint pour fleurir la tombe de ses parents d’un géranium en plastique.

    Donc pas de lune de miel vers des destinations exotiques et périlleuses. Elle comprit très vite qu’il était près de ses sous et qu’il lui faudrait aller sur un autre registre pour le faire passer de vie à trépas.

    Elle tenta tout, par des manœuvres sournoises et doucereuses. Rien n’y fit.
    « Un petit câlin ? ». « Il faut que j’épargne mes forces, je dois me lever tôt »
    « Un petit apéro ?». « Et mon taux d’alcoolémie ? »
    « Un petit morceau de Camembert ? ». « Non je dois penser à ma glycémie »
    « Une part de tarte aux pommes ? ». «Et mon cholestérol ? »

    Les mois, les années puis les décennies passèrent. Elle finit par renoncer, persuadée à raison qu’il ne lâcherait rien. Et ce fut elle qui partit la première, lui léguant le fruit de ses trois veuvages.

    Il faut préciser qu’elle avait épousé Monsieur Radin. Quant à lui, désormais, on l’appelle Monsieur « Bas de laine ».

  12. Blackrain dit :

    La veuve noire paraissait blanche comme une ingénue. Nue, elle l’avait été dans un modeste cabaret. Son futur premier mari y fit un arrêt. S’il fut providentiel pour elle, il fut bientôt cardiaque pour son époux septuagénaire. Elle était loin d’être soumise même si elle s’attardait souvent sous lui. Elle lui faisait avaler la pilule, bleue, comme elle la fit avaler à la police après son héritage. Elle voyait désormais la vie en rose. Elle évita même le partage avec une famille nombreuse qui se contenta de la haine. Grace à la loi américaine elle leur avait tondu la laine sur le dos. Le second mariage le fut par amour et noyé dans le fleuve du même nom. Le conjoint était jeune et volage. L’avait-il poussé à bout et l’avait-elle poussé par-dessus bord ? La police s’interrogea en prélevant beaucoup d’alcool sur sa dépouille. Les Pouilles furent le cadre de la disparition de son troisième mari. Supposément enlevé par la Mafia, il ne fut jamais retrouvé. Il faut dire qu’elle fut en accord avec la police pour refuser de payer la rançon. Ce que fit le quatrième, Larry Rette, n’est pas dit dans la chanson que lui écrivit ce chanteur compositeur qui tutoyait les sommets des « charts » français. Elle était fort amoureuse de lui et le suivait dans ses galas. Lorsqu’il « s’égara avec Helene », elle se dit qu’elle avait un incroyable talent, celui de pardonner cet écart. Mais l’odyssée des mariages s’arrêta pour elle à « Pâris ». Hélène ne voulait pas d’un ménage à « trois ». Son amant versa alors un bouillon de onze heures à la veuve lingot. Ses magnifiques yeux violets se fermèrent sur la vision de son homme, penché sur elle dans sa belle tenue cousue d’or. Ce dernier ne vécut ni riche, ni heureux, car la police détricota son histoire qui était cousue de fils blancs. Larry nia tout d’abord. Mais il n’avait pas des nerfs d’aciers. Il finit par avouer son crime et l’homme aux multiples disques d’or se retrouva en tôle pour quelques décennies.

  13. Fanny Dumond dit :

    On l’appelait la veuve Lingot, car ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches. Avec le dernier on aurait dit que la chance avait pris un coup de vieux, il pétait de santé.

    Elle l’avait rencontré au cours de ses bonnes œuvres qu’elle faisait pour dispenser sa fortune aux nécessiteux et pour oublier ses chagrins. Elle se souvenait de Louis, son premier amour, mort en soldat du feu. De François victime d’un infarctus et qui l’avait tant fait rire et de Claude l’épicurien fauché par le tramway. Guy avait soixante-dix ans, il vivait seul dans une bicoque qui laissait passer les courants d’airs et les ondées, il était laid et sa trogne de gnome faisait fuir les gamins. Mais derrière cette carapace peu avenante, elle avait su dénicher un cœur d’or, une grande culture chez cet homme peu bavard en société. Lui ne cessait de l’admirer, car malgré ses soixante ans elle était toujours pétillante, possédait une belle curiosité d’esprit et parce qu’elle poursuivait ses dons à diverses associations. Ils étaient la risée du village et n’en avaient cure lorsqu’ils se promenaient bras dessus bras dessous tout en devisant de choses et d’autres. Ils partaient quelquefois en voyage et lorsqu’ils rentraient, la rumeur disait :

    « La Belle et la Bête, sont revenus »

  14. iris79 dit :

    On l’appelait la veuve Lingot.
    Ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches…
    Avec le dernier on aurait dit que le destin prenait une autre direction.
    La veuve avait épousé le fameux conte élégant et riche en tout connaissance de cause… Elle avait mis tous ses talents à profit pour le prendre dans ses filets et cela n’avait pas été aussi facile que pour les deux autres. Cela aurait dû lui mettre la puce à l’oreille mais pour une obscure raison qu’elle ne comprit pas elle-même elle s’accrocha à son fiancé que certains disaient désargenté. Pas dupe pour deux sous, elle connaissait le sobriquet dont on l’affublait dans le milieu depuis plusieurs décennies. Cela faisait bien longtemps qu’on la regardait avec mépris, condescendance et amertume dans les galas et dîners mais elle avait décidé de ne pas se laisser atteindre par tout ce fiel qui lui gâtait le teint…
    Elle se consacra à son homme et dut se rendre à l’évidence. Son hygiène de vie irréprochable (il ne buvait que des cocktails sans alcool !) et son assiduité à ses séances de sport lui garantissaient des artères d’éternel éphèbe, ce qui n’était pas pour lui déplaire soyons honnêtes ! Elle remarqua même qu’elle découvrait un sentiment nouveau, celui de la jalousie…Elle surprit à plusieurs reprises des yeux vagabonds un peu trop téméraires se balader avec insistance sur « son territoire » et elle s’en trouva fort contrariée. Elle n’aimait pas être saisie de ce nouveau sentiment de perte et d’insécurité très nouveau et déstabilisant.

    Lorsque la terrible nouvelle de la faillite de son mari tomba (trompé et abusé par des conseillers véreux qui lui avaient dérobé toute sa fortune sans espoir d’en revoir un centime), elle fut surprise de constater que son « amour » ne retomba pas comme un soufflé. Elle eut même de la compassion pour lui sans regretter le moins du monde cet héritage qui s’envolait dont elle ne serait plus, à coups sûrs, l’heureuse bénéficiaire.
    Les langues de vipères se délièrent et sifflèrent un bon moment. Puis un jour elles se lassèrent. On ne l’appela plus la « veuve Lingot » dans les milieux autorisés qui commençaient à ne plus trop bien savoir comment regarder et qualifier ce couple qui semblait si heureux sans fortune.

    Le fameux couple avait pourtant trouvé un sacré trésor. Il se redécouvrait, se serrait les coudes et apprenait à vivre différemment. Il y trouva une forme de liberté qu’il ignorait et les deux amoureux eurent le sentiment de vivre une relation équilibrée sans faux semblants. Ils se sentaient terriblement vivants.

    Ils vécurent ainsi de nombreuses années.

    Un après-midi ensoleillé, la veuve heureuse enfourcha son vélo pour aller cueillir un charmant bouquet de fleurs des champs. Elle s’aventura sur les chemins qu’elle connaissait si bien.
    Elle distingua tout à coup au loin une voiture très haute gamme et inhabituelle dans le coin serpenter à travers champs. Quand celle-ci s’arrêta elle vit en sortir une silhouette élégante presque captivante. Elle se rapprocha autant qu’elle le put et poussa même jusqu’à la dépasser pour dévisager le bel homme intriguant, bien que de plus de trente ans son aîné jaugea-t-elle…
    Chic et décontracté, chèrement vêtu, (elle avait le coup d’œil et le classa sans hésiter dans les gens de la Haute), il l’interpella et s’approcha d’elle. Visiblement il avait besoin d’aide. Elle s’avança sans précipitation et en gardant toute sa prestance à peine déguisée dans un petit air de nonchalance très calculé. Il plongea son regard océan dans le sien et son cœur se mit à battre plus fort comme en des temps pas si anciens…

  15. Soledad Granger dit :

    On l’appelait la veuve Lingot. 
Ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches… 
Avec le dernier on aurait dit que sa chance avait pris un coup de vieux, il pétait de santé.

    Lingot-Bimbo, n’avait jamais souhaité la mort de ses trois premiers maris, et n’avait aimé que le dernier, si doux, si bon, perdu à jamais. Lui savait lire entre les pages de magazines de mode qu’elle affichait, entre les lignes, lui savait écouter, entendre, se montrer désarmé devant ses colères au point qu’il la désamorçait, lui aimait sa puissance et sa fragilité, l’emmener par monts et par vaux contempler, baigner son regard des couleurs des peintres et des paysages, des villes. Lui savait lui parler, lui prendre la main et lui proposer de continuer le chemin ensemble. Enchanter avec sa guitare, sa voix chantante et sa musique : le blues le plus primitif, et d’autres sons encore, les gouffres qu’avaient ouvert la maladie. Il avait su la rassurer, l’aimer malgré ce qu’elle était.

    Qui savait au fond qui était la veuve Lingot-Bimbo ?
    Oui, elle était impulsive, colérique, irrespectueuse, insultante, stupide, ignorante, avait toujours un métro de retard, fleurait bon le bran, avait un coté pourri, et oui ! N’était-elle que cela ? Que chacun se fasse sa propre opinion, je ne la défendrais en rien, elle a causé trop de torts à mon goût.

    Son quatrième et increvable mari, c’est un peu sans s’en rendre compte qu’elle l’a épousé. Pourquoi l’a-t’il épousée, cela demeure un mystère. Il y avait déjà une autre femme dans sa vie, La Femme Pour Lui…La Femme de Sa Vie à Lui. Pourquoi diable s’est-il uni à cette potiche, sans doute un plan cul.
    Sans doute aussi que lorsque la jolie couverture de mode s’est effritée pour laisser apparaître l’aspect et les actes monstrueux et malfaisants de cette paumée, il en a pris un sacré coup.
    Bien sûr, qu’il ne s’est pas laissé démonté, il a échafaudé un plan patiemment. Des années durant. Peu importait les cris de cette femme, ses suppliques. Sans jamais rien en laisser paraître, quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle dise, c’était toujours en pure perte, malgré ses lambeaux d’espoir, ses rêves avortés : allait-elle enfin la fermer sa grande gueule ?
    Comme on donne un coup de pied dans un cailloux qui a trop roulé, il l’a envoyée valdinguer, retournée comme une crêpe. Encore et toujours elle revenait, encore et toujours il l’envoyait valdinguer.

    Sa richesse, il n’en avait nullement besoin, c’était peanuts à ses yeux, peut-être y a t’il mis un point d’honneur ?

    Il voulait qu’elle se taise, entre autres choses. C’est chose faite.

    Peu importe l’histoire de la veuve Lingot-Bimbo, ce qu’elle est devenue. RIP.

  16. LURON'OURS dit :

    😸 CERISE SUR LE GÂTEUX

    « Jeune femme bien sous tout rapport rencontrerait, vue héritage, homme la soixantaine pour court chemin à deux. Lingots acceptés. Suivi pour funérailles dans la dignité. Écrire agence pour le réemploi qui transmettra. Pas sérieux s’abstenir. »
    Joseph sortait de prison. Il s’était fait un pécule qu’il estimait un joli magot. Il avouait la soixantaine, mais faisait moins. Autrefois, il avait été un gestionnaire avisé, il était tombé sous accusation d’adultère, poursuivit par la vindicte de Madame Putiphar. Ça l’avait fait réfléchir. Il ne faut jamais contrarier une femme.
    Celle-la annonçait la couleur : Il devinait son lourd passé, veuve par trois fois, ça pouvait jouer en sa faveur. Elle était méthodique et déterminée, elle assumait la destinée. Nul doute que ces trois défunts n’avaient pas eu le temps de s’ennuyer.
    Joseph fut agréé. Il n’avait plus de famille, c’était le ‘ parti ‘ idéal. Madame lingot ne s’attendait pas à ce qu’il fût si coriace, elle fit avec lui le tour du monde, visitant les grandes nécropoles qui sont le Disneyland du 3e âge. Le Taj Mahal, Angkor vat, la Vallée des Rois, à pied, à cheval, ou en funiculaire.
    Avec lui elle partagea des émotions qu’elle ne soupçonnait pas. Elle l’adora, l’appelait mon petit magot. Impavide, Joseph dévorait à pleines dents ces témoignages d’affection. Toutefois, la veuve, qui n’était pas au Guinness des records, se devait de trouver d’autres destinations, les Pôles, la Sibérie, la Patagonie, les déserts sans oasis. Joseph gère sa fortune. Il a confiance. Quand on a échappé aux dix plaies d’Égypte, on peut voir venir. Leur union dure toujours. Joseph, très prudent, na toujours pas arrêté la date du mariage… Il aurait égaré le papyrus de sa naissance.
    😸 LURON’OURS

  17. Souris verte dit :

    🐀 LE QUATRIÈME MARIAGE DE GÉLATINE.

    On l’appelait la veuve lingot ! Avec tous ses bracelets, colliers et boucles d’oreilles, elle se s’annonçait dans un bruit de sonnailles qui concurençait le carillon de la porte de l’épicière. Il faut dire que la Angeline -qui en avait usé déjà trois – marquait le poids de sa douleur par l’achat d’ une parure précieuse supplémentaire.
    On disait dans le pays
    – C’est pas dieu possible ! Elle l’a cousu d’or.
    Moi, je ne savais pas bien de quoi mais constatais qu’avec l’âge, toute sa bimbeloterie commençait à lui peser. Elle penchait dans le genre ‘ bonjour ma tête, le reste viendra demain’ !
    Malgré son côté mante religieuse, ce n’était pas à l’église qu’elle ‘ recrutait ‘ mais dans le journal en consultant soigneusement la rubrique nécrologique. Elle notait en même temps que les regrets du veuf, l’heure de la sépulture -histoire de voir sa tête et l’état de la carrosserie- et surtout son adresse. Restait à lui promettre par un mot de billet, une approche consolatrice. Ça avait drôlement bien marché son système au moins les trois premières fois.
    Mais si le dernier fut séduit par sa belle âme et Angéline par sa carrure d’athlète, on sentait bien qu’il pétait de santé. Il le manifestait par des inspirations puissantes par le nez et qui s’évacuaient tout aussi tout aussi puissamment par… le bas.
    Ce fut un couple bruyant. Elle avec ses pendentifs en clarines lui avec ses déplacements d’air.
    La fin de l’union fut orageuse.
    C’est au cimetière sur la tombe de ceux qui leur avaient été ‘ chers ‘ qu’on les retrouva frappés par la foudre.
    🐀 Souris verte

  18. Antonio dit :

    On l’appelait la veuve Lingot.
    Ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches…
    Avec le dernier on aurait dit que sa chance avait pris un coup de vieux.

    Mais la chance n’avait rien à voir là-dedans. Pauvre madame Tordjman.
    Elle habitait dans la tour nord de la cité des oubliettes, huitième étage, bâtiment D.
    Elle avait été mariée trois fois en effet, des jeunes hommes beaux et riches qui la couvraient de manteaux de fourrure et de bijoux. C’était dans les années 70. À l’époque, les braquages de banque c’était autre chose que les trafics miséreux de maintenant. Et puis le bâtiment D, c’était la classe, pas la classe moyenne des ménages en col blanc, c’était la classe, tout court.

    Au premier y avait la bande à Jojo, sur les six appartements, au deuxième, la famille de Fredy, une grande famille, et ainsi de suite jusqu’au dernier étage, tout le monde s’était servi avec du mobilier dernier cri et des balcons dorés spécialement maçonnés par Manuel dont c’était le métier premier avant d’être expert en ouverture de coffre-fort. Au dernier, créchait le boss, Tony, entouré de ses maîtresses, car il ne s’embarrassait pas de chaînes au pied, comme il disait, la prison viendrait toujours bien assez tôt. Comme s’il savait. En dessous, c’était les bureaux de l’association de bienfaiteurs comme il aimait qualifier sa bande. Officiellement, cette asso aidait les plus démunis grâce à des dons de bienfaiteurs qu’ils contactaient par du porte-à-porte, sans prendre la peine de préciser l’utilisation d’explosifs pour mieux se faire entendre.

    Madame Tordjman, elle, s’était retrouvée au huitième, avec son premier mari, grâce à l’office des HLM, qu’il lui avait dit. Sauf que sa première moitié, c’était Titi, le faux banquier, celui qui était chargé de planquer les lingots dans le coffre-fort de la salle de bain, un double fond sous la majestueuse baignoire. Ils s’étaient mariés en février 1972, en catimini, sous le nom subtil de Rockefeller, avant que le mari ne disparaisse tragiquement dans un accident d’avion imaginaire trois mois plus tard. En 1974, elle s’appela Rothschild, puis Castel en 1976, héritant toujours du faste de leur passage et un lingot factice qui lui vaudra son surnom.

    Cinq ans plus tard, la veuve Lingot épousa le jeune Tordjman, un nouveau banquier, encore plus riche que les précédents, le casse du siècle ! planquant son magot dans tout l’appartement. Seulement au bout de quelques mois, l’argent et les lingots disparurent, ainsi que Jojo, Fredy, Manu, le harem de Tony et encore son mari.

    En quarante ans, tout s’était délabré, petit à petit, autour de la veuve du huitième, dans son HLM, à commencer par son niveau de vie, de son dernier lingot vendu à la botte du RMI, les murs de l’appartement, la classe du bâtiment et de ses résidents. Ses maris avaient toujours été pétés de thunes avant de lui péter dans les mains, mais le dernier allait garder la Santé pour le reste de ses jours et avec le reste de la bande de Tony.

  19. camomille dit :

    On l’appelait la veuve Lingot.
    Ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches…
    Avec le dernier on aurait dit que sa chance avait pris un coup de vieux, il pétait de santé.
    Oui, il pétait la santé avec insolence. Fallait donc la jouer fin !
    La veuve cherchait la faille, cherchait la faille, cherchait la faille…. mais en vain.
    Point de nouvelle idée à l’horizon : La veuve s’usait.
    La veuve se rongeait les sangs,
    La veuve faiblissait.
    Sa réputation en prenait un coup.
    Elle avait géré ses trois premiers veuvages avec brio, mais là, son talent battait de l’aile.
    Il était hors de question de finir sa vie avec son quatrième mari. C’était contraire à ses principes et à sa vocation.
    Donc, fallait réagir…. « juste un petit coup de mou » pensait-elle pour se rassurer, « juste un petit coup de mou ».
    Et le quatrième mari continuait de vivre dans la joie et la bonne santé.
    « quel affront !» pensait-elle … « il n’y a plus de morale en ce bas monde »…
    Le temps passait et les idées ne venaient toujours pas.
    Elle se décida alors de questionner google de façon détournée pour ne pas éveiller les soupçons en cas d’enquêtes.
    Elle tapa: « idées nouvelles » en espérant y trouver une piste, et finalement… finalement… elle tomba sur : « ÉVEILLEUR D’IDÉES ».
    Elle fut intriguée et s’empressa de s’inscrire sur le blog proposé.
    Depuis…. la voilà parmi nous chers amis !!!

  20. durand JEAN MARC dit :

    On l’appelait la veuve Lingot. Ses trois premiers maris étaient morts subitement jeunes et riches…Avec le dernier on aurait dit que sa chance avait pris un coup de vieux, il pétait de santé. Faut dire que contrairement aux autres, celui ci avait passé les 60 ans et s’accrochait à la vie comme un morpion à sa mauvaise réputation. La veuve avait beau lui relire chaque soir les chapitres les plus épineux du kamasoutra, le cœur du pépé ne s’emballait jamais au delà de ce qu’une hôtesse de l’air est habituée à supporter. Sa pression artérielle demeurait stable, jamais trop, jamais trop peu, une droite idéale, à faire rêver tout politicien en course pour une élection présidentielle.

    Evidemment, il avait de la fortune et les facilités qui en découlent. Chaque matin il grimpait au sommet des fruitiers exotiques qu’il avait fait transplanter de divers pays des Suds du Monde. Il se permettait de traire lui même le lait choisi de sa vache préférée et se confectionnait des smoothies revitalisants. Ensuite il débâchait seul le kilomètre en longueur de sa piscine. Chaque matin il y faisait la course avec un requin et jusqu’ici avait toujours gagné. Il avait déjà usé quatre requins et envisageait d’élargir et d’approfondir la piscine pour y accueillir des cachalots.

    La veuve Lingot était un peu dégoutée. Elle se décida à louer les services d’une vieille et établirent ensemble un plan d’attaque. Ca devait se montrer aussi efficace mais plus discret que Pearl Harbor. Officiellement, Marcelle (c’est le nom de l’employée) devait apparaître comme une simple dame de compagnie, pas forcément aérienne, justement et entraînant le vieux à bouffer du tarmac.

    La veuve Lingot s’absentait plus souvent. Elle faisait prospérer…youp la boum… ses gros picaillons dans les armes de destruction massive, classique, chimique, alimentaire. Ses usines Mac Ré tournaient à fond. Pendant ces temps là, Marcelle mettait en place une toile digne d’un grand maître arachnéen de la peinture abstraite.

    Marcelle tricota au vieux un slip de bain en laine. Elle espérait ainsi, que, le temps qu’il se gratte les bijoux naturels, le requin se le bouffe, style saucisse cocktail et lui rende la pelote, nickel, prête à une nouvelle création. Sinon, elle lui avait préparé une expédition survie sur un coin de banquise fondante, telle une omelette norvégienne dans un congélateur en fin de vie, enfin n’exagérons pas, juste une très longue panne électrique. Au delà, elle prévoyait de balancer quelque tonneaux d’acide chlorhydrique dans la piscine. Mais la chance pour elle aussi tourna. Manque de formation ou de motivation due à un poste sous payé, Marcelle se prit les chevilles dans un bout de laine et tomba dans la piscine avec son matos. Le requin utilisa la plus souple des aiguilles à tricoter pour se curer les dents.

    Comme dans toute histoire morale, la veuve Lingot, elle qui n’avait jamais assassiné d’autres personnes que des millions de consommateurs rata également sa nouvelle vocation de meurtrière ciblante. Les trois premiers maris étaient morts naturellement, d’une simple vie en couple. En forçant sa chance elle allait s’embrocher avec le dernier poulet aux œufs d’or. Lors de la visite inauguratrice d’une usine pilote, elle glissa dans la cuve Mac Ré XV169HU, celle prévoyant d’inonder le marché de sa recette de foie de kangourou à la mayonnaise de morilles.

    Le vieux hérita de tout et développa très largement son instinct végan en recyclant toutes les usines en lieux d’accueil pour animaux en voie d’extinction. Il était tellement riche qu’il n’avait pas de nom, pas d’identité. L’Histoire humaine garde juste une trace de lui, comme le premier à dépasser une limite: Le Centvingtenaire.

    • 🐀 Souris verte dit :

      🐀 Un film ! On voit très bien le squale se faire les dents avec une aiguille à tricoter !
      Quant au foie de kangourou à la mayo !!! 😁
      Merci Jean-Marc, grâce à vous on a bien attaqué cette journée pourtant pluvieuse dans les Alpes aussi basses que le temps

      • durand JEAN MARC dit :

        Merci! Ici aussi un temps à ne pas mettre une souris dans le jardin ou un requin hors de sa piscine! Bon we, quand même!😉

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