496e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Son coq de combat était sa fierté. Un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua. Il ne poussait plus de hauts cocoricos, mais de timides cococliquots.

Inventez la suite


Comment est née cette idée

Ces exercices inédits d’écriture créative n’apprennent pas à écrire, ils enflamment l’imagination. Le but est de vous conduire vers les ressources imaginatives qui somnolent en vous. Après quoi, vous décidez de mener le projet d’écriture qui vous convient : nouvelles, roman, etc.

37 réponses

  1. Raguet dit :

    Son coq de combat était sa fierté. Un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua. Il ne poussait plus de hauts cocoricos, mais de timides cococliquots.
    cococliquot, en voilà un joli mot, pour nous conter ces maux, à ce pauvre royal coq gladiateur !
    Noooon, pas radiateur, gladiateur,
    oui, tu sais, comme aux temps d’avant, où ces hommes glorieux faisaient face aux bêtes féroces, sans aucune ecchymose, peu ou prou qqs blessures, de guerre qui avait naguère toute sa noblesse de parure.
    Il était morne au combat, ce coq boiteux, devenu douteux, sa gorge lui raclait tant et tant que même lui, avait été mené chez le psy, le kiné, l’orl, et tout le tintouin de ces fous d’humains.
    Une psychothérapie avait fini par le révéler lui….
    Le maître suprême en son logis.
    Son maître, bête revêche, tout soumis aux lois du paraître, lui avait… tordu le coup – malgré lui ! – à son coq chéri.
    Le faire combattre passe encore mais l’exhorter à crier, réveiller tout le voisinage à côté, s’en était assez pour ce coq dont… Nous avons si peu parlé…
    Sa fierté, sa fierté… Et la sienne à ce petit coq fidèle, y avait-on seulement pensé ?
    Qu’est ce qui faisait sa fierté à ce joli coq musclé…?
    Etait ce le combat comme son maître le désirait, était ce le paraître…?
    devait-il se soumettre ou bien…
    Renaitre ?
    Tel un phénix, le feu renaissait dans sa gorge, dans ses yeux à ce petit morveux.
    Oui, j’avais omis de te dire qu’il avait des glaires ce cher et pas qu’un peu ! Il toussait, il crachait tellement qu’il prenait feu et crachait des bribes de flammes tout jaunes tout vert Oui mon cher, le feu à toutes les couleurs de la terre !
    Bref…
    Il devenait timide… à ce qu’on dit !
    Terriiiible, douteux et honteux vacarme humain pour qui connaît son latin, illusoire et dérisoire bien qu’ostentatoire ! Que nenni, il s’engorgeait de lui, ado, l’essence s’éprenait de lui (à tout âge je te dis oui, je t’assure, cette mu ce fit !) il s’apprêtait à nous chanter son cri à lui, tout timide qu’il était, encore, d’être devenu lui.
     

  2. oholibama dit :

    N’ayant pas lue la suite, j’ai écrit différemment,désolée.Son coq de combat était sa fierté, un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Mais voila qu’un matin ce glorieux Gladiateur mua, il ne poussait plus son Cocorico.
    En ce matin de combat Gladiateur devait combattre Wikingum. Il se tortilla, chercha ses poules puis se dressa fier guerrier. Son cou se tendit et couac! Plus de bruit, rien, nada, aphone? Non, un cri strident jaillit un peu comme une craie sur le tableau, qui crispe les nerfs.

    Le pauvre Glad se tourna de tout les côtés, se demandant qui avait osé lui faire cette farce stupide. Un rival se cachait-il parmi ses poules? L’un de ses poussins devenu grand se targait-il de mettre au défi son paternel?

    Ou était-il se rufiant, qu’il lui montre qu’il ne fallait pas jouer avec ses nerfs, surtout ce matin…après tout Wikingum n’est pas un coq de coeur loin s’en faut! Belliqueux, arrogant, un peu plus lourd que lui, un peu plus vif aussi et ses ergaux sont réputés pour être tranchants comme le couteau qui saigne les vaincus, alors…lui faire ça, à lui…que le drôle se montre!

    Les poules et poulettes s’étaient tues, elles le regardaient en attente de sa colère. Puis, elles caquetèrent tout en le fixant. Quoi! C’était moi ça?, ce cri impardonnable entre chouette effraie et chat en furie?

    Oh,oh, cela allait être d’un drôle. Il réfléchit puis décida de se taire. Quoi de plus déstabilisant qu’un cri de guerre terrifiant? Le gros Winingum allait en faire une crise et c’était un bon coup à tenter. Oh oui, cela allait le paralyser comme les poules. Il fit gonflés ses plumes, le regard fier, il se tint droit attendant son coach.

    Puis le départ,
    _Ben alors Glad tu fanfaronne pas ce matin? Tu me fais quoi là petit? Tu te sent pas bien? manquerait plus que ça! J’ai miser gros sur ce coup là petit,une somme rondelette mon petit vieux! Tu te couche et j’empoche un gros paquet de quoi passer ma retraite en bordure de mer avec bobonne. Ah Glad que de fric tu m’as fait gagner. Je vais te regretter pour sûr.

    Mais vois-tu c’est ça la vie…bon allons Winingum t’attends, bats-toi au mieux mon petit, après ta vie sera comment te dire…les mots me manquent tu sais!
    -Eh!Blaise comment va Glad on ne l’entend pas? Wigin, je l’ai bichonné, il a bien bouffé ce matin et t’aurai entendu son cri! ce monstre attend d’ergots ferme ton petit vieux…bon on y va Blaise tu me suit?

    Blaise furieux contre lui-même regarda son bon vieux Glad. Un froid immense s’invita dans ses entrailles puis, l’impression d’être un lâche, une misérable canaille, profiteur sans coeur…un sursaut de sa conscience lui fit dévier le chemin laissant son concurrent déblatérer au loin.

    Il poussa un soupir, regarda son coq, son Glad puis gémissant, lui dit: »Faut pas m’en vouloir petit, je vais faire marche arrière, j’ai confiance en toi, tu pousse ton cri de guerre, tu lâches rien et je te le promet…tu vieilliras avec tes poules et tes poulettes.

    Je vais tout remiser sur toi et même si tu perd mon tout beau, je serai fier de toi à tout jamais. Personne médira de toi. Tu es le Gladiateur et tu le resteras. Le coq se dressa prêt à chanté mais, se retint, son oeil rond, noir et marron le fixèrent et Blaise gonfla sa poitrine.

    _Okay petit, okay, dérouille moi ce gros lourd.
    des bruits de pas, une clochette résonna, des voix grondèrent, des pieds frappèrent le sol, de la poussière se souleva créant avec un rayon de soleil une espèce de mirage et dans ce mirage, Gladiateur se dressa.

    Ses ergots de quatre centimètres prêt à s’enfoncés dans la chair de son ennemi. Son bec d’un noir presque brillant, crochu et son regard acéré semblaient dire…voila je suis ici, ou est mon adversaire?
    une trappe s’ouvrit…Winingum apparut confiant, roulant des mécaniques..son regard un peu lourd se posa sur Glad . Il dressa sa crête,montra ses ergots fins, limés.

    Un gong, un cri, un rire, du sang, des plumes, des hurlement puis des pas qui se précipitent.
    _Pourquoi il s’est pas couché, ton volatile devait se coucher devant Winingum. Regarde ce qu’il en a fait, de la chair à pâté! J’ai perdu mon Winingum;mon gagne pain, j’ai perdu du fric…tous ça à cause de ce drôle de cri. D’où il vient ce cri d’abord?

    Et là devant Bastien ahuri et bien que blessé Gladiateur souleva sa carcasse et poussa son drôle de cri à glacer le sang.Blaise était si fier de son petit Glad qu’il ramassa les plumes de son champion après tout…cela lui appartenait. Et depuis me direz-vous?

    Eh bien Gladiateur à sa photo en vue ses pattes sur un beau paquet de billet. Dans son poulailler, il vit comme un pacha. Six belles poules et quatre poulettes…de quoi se gonflé d’orgueil chaque matin. Ah oui son cri! Lui aussi possède son petit avantage,il fait fuir les chats,les oiseaux ainsi ses poules sont bien grasses comme il les aime. Un coq en pâte en quelque sorte.

    Une belle retraite bien mériter,un coq peut vivre entre cinq et sept ans, voir plus…y.l.
    sur une idée de Pascal Perrat.

  3. pakitapom dit :

    « morituri te salutant »
    Un grand silence. Chacun retient son souffle, comme à chaque fois, avant un combat
    « Têteraide, invaincu après plus de dix combats – contre D’Artagnan »
    J’entre dans l’arène et la foule se déchaîne. C’est l’histérie . A peine ai- je fait un pas sur le sable, casqué de feu , panache étourdissant et ergots d’airain, prêt à tuer, que les paris s’enflamment.
    Mon maître coqueleur m’a donné le nom du plus fameux des gladiateurs de la Rome antique et le goût du sang me vient au bec à chaque fois qu’ à la mise au parc , mon nom est scandé par les parieurs en délire.
    Issu d’une famille de coqs barbus combattants célèbre, je suis sa fierté et sa fortune aussi. Depuis des mois, il m entraîne à donner la mort en moins de six minutes. Lui et moi , nous ne faisons qu’un et pourtant, je n’ai pas d’état d’âme. Si un jour, il s’approchait trop de ma cage, alors que je suis prêt au combat, tendu, avide , bouillant , je pourrai lui déchiqueter la main ou même lui crever les yeux. Je suis un combattant et mon chant de victoire fait trembler mes adversaires, cachés dans leurs paniers d’osier.
    Spartacus hier, D’artagnan et ses mousquetaires aujourd’hui et peut être demain le redoutable Indio Gigante … Allez savoir ?
    Je ne crains personne. Les uns après les autres, je leur ferai mordre la poussière, joute de tête et de reins, et, à la fin de l’envoi je touche : à vous mes ergots d’airain « mise à mort ! » Une fois encore, les pattes ensanglantées, je quitterai fièrement le ring , claironnant ma victoire à tue tête .

    C’est au moment où mon coqueleur me récupère pour me remettre dans mon panier que je la vois, là, figée sur les gradins, le visage livide et les yeux fixes, la bouche entre-ouverte, aspirant l’air à grandes goulées comme si mon estocade ultime, fulgurante exécution éclaboussant l’arène, lui avait coupé le souffle. Comme elle a l’air tendre et fragile au milieu de tous ces hommes surexcités.
    Le même soir, alors que nous fêtons dignement, chacun à sa manière, notre victoire dans la cuisine de mon maître éleveur., une voix d’une pureté inimaginable s’échappe tout à coup du téléviseur allumé.
    Sidérés, nous tournons tous deux la tête vers l’écran et je la reconnais soudain . C’est elle, la fille des gradins. En robe du soir fort décolletée, sublime , elle vocalise à faire tomber les anges du ciel . Pris d’une pulsion soudaine , je me rengorge pour l’accompagner et peut être même lui tracer un chemin dans cette incroyable ascension mais… je reste coi, pendant que, sur la table, le verre a moutarde, en Pyrex je crois, sous l’intensité du son, explose !
    Maria Callas, la diva ! Ma révélation
    Je me mets à trembler . Je pâlis. J’ai des palpitations. Je manque d’air… je m’affaisse . Mon maître s’inquiète. Aurais je pris froid ? Serais je barbouillé par notre festin improvisé, ou peut être ,est ce possible, blessé, moi, l’invincible ?.
    Non, rien de tout cela, je … comment dire je, … je… suis amoureux.
    Moi, Têteraide, coq de combat, suis amoureux d’une diva . et sans même un instant me poser la question de ce qu’elle pouvait bien faire au gallodrome, sur ces gradins, au milieu de tous ces éleveurs, parieurs, de sang assoiffés et jamais rassasiés, je me laisse emporté par ma passion .
    C’est ce soir là que ma vie a basculé. Au fond de ma cage, je me suis terré, ne voulant plus combattre. Mon maître, désespéré, a tout essayé . Puis, de guerre lasse , ne pouvant se permettre de continuer à élever un vulgaire Chanteclair à la crête en berne, il m’a jeté dehors.
    Entrainé par l’amour, Teteraide , submergé dans la folie, a plongé. Le nouveau Chanteclair, qui , plus terre a terre , a les idées un peu plus claires, décide de changer de vie. Puisque c’est ainsi , en route pour l’Italie et si, pour approcher ma diva je dois me faire castra, pourquoi pas …
    A petits pas croquant un ver par ci un ver par là , vers la Scalla, il s’’en alla.
    C’est ainsi que le vaillant gladiateur qui, de rien n’avait peur, non seulement perdit …sa gloire et une partie de… sa voix mais aussi piteusement s’empâta et jamais de la diva n’approcha ….
    Enfin presque jamais . Chacun sait que Maria Callas, sur la fin de sa vie, se pouvait plus chanter et par le désespoir et la maladie était rongée. On dit même que la nature de sa mort reste à ce jour incertaine..Elle aurait, dit- on, avalé un ver solitaire … ? Quid de ce ver et de cette inexplicable petite tache de sang, au niveau du cœur, sur son chemisier blanc ????
    Le portier de son hôtel particulier , que j’ai un peu fait parlé, m’a rapporté un fait étonnant. Le matin de sa mort, il se souvient avoir vu un gros poulet dodu ou peut être un vieux coq trop charnu, se dandinant, quitter l’appartement.
    Bien sûr, il a fait comme s’il n’avait rien vu. De toutes manières, qui l’aurait cru ?

  4. AVERTISSEMENT : Ce blogue s’interdit tout écrit polémique. Tout commentaire engageant ou poursuivant une polémique avec quiconque est automatiquement supprimé. Le régulateur.

  5. Un Dom Juan de coq règnait

    Un Dom Juan de coq règnait
    majestueux et altier
    sur son harem de poules
    Faraud, il cocoriquait
    grimpé sur le poulailler
    en faisant gonfler ses plumes
    pour clamer aux uns aux unes
    combien il savait règner
    et comme ses braves poulettes
    se laissaient conter fleurette
    et se l’arrachaient
    lui épilant quelques plumes
    pour faire un trophée
    Mais la vie a ses revers
    qu’on ne connait pas
    et l’envers de la médaille
    un jour de mai arriva
    Quand le fermier l’oeil narquois
    dans le harem enferma
    une poule nègre-soie
    Elle avait robe légère
    éthérée et vaporeuse
    blanche comme nébuleuse
    une nuit d’été
    sur une peau aussi noire
    que la Reine de Saba
    Son bec était aussi rouge
    qu’une cerise bien mure
    qu’on a envie de becqueter
    Un coup d’oeil et ce fut fait
    coup de foudre et il fut frappé
    Alors notre jeune premier
    grimpa sur le poulailler
    pour cocoriquer
    mais seul un son éraillé
    sortit de son gosier tout fluet
    alors qu’il voulait parader..
    et la poule négre soie
    commença à picorer
    dans se retourner
    et le coq resta coi
    honteux et sans voix

    Ah ! L’amour
    l’amour ça vous joue des tours
    même aux coqs de basse-cour

    Lecrilibriste

  6. So dit :

    En effet, l’animal tout en restant majestueux, était devenu princier. Son regard avait changé, il n’y avait plus cette fureur, ce défi, c’était plutôt de la légèreté, un petit côté fleur bleue même.
    L’homme n’y tenant plus décida de vendre au marché cette bête qui ne valait plus rien à ses yeux ! Peut-être que quelqu’un sera intéressé, qui sait…
    Intéressé ou plutôt intéressée et pas qu’un peu !!
    Une belle demoiselle passa par là et eut un coup de cœur pour ce coq qui avait l’air si apaisé, si bien dans ses plumes, si gentil.
    « Enfin un coq qui n’a pas l’air de vouloir en tuer un autre ! » s’exclama-t-elle.
    « Quelle douceur, quelle beauté ! » Elle était sous le charme.
    L’homme qui lui n’avait eu d’yeux que pour elle, vanta de plus belle les mérites de ce nouvel animal qui finalement avait quelques atouts…
    Peut-être que les combats et la violence avaient trouvé un adversaire inoffensif mais redoutable ?
    Ce coq avait peut-être semé des coquelicots ou quelques roses rouges dans la personnalité de son maître ou plutôt de son nouvel ami.
    Peace and love…

  7. Marianne B dit :

    Le propriétaire de ce coq était extrêmement déçu. Il se sentait floué, trahi, il n’avait pas obtenu le retour sur investissement qu’il espérait. C’est que ce coq, dont on lui avait vanté la réputation prometteuse, lui avait coûté une petite fortune !
    Non décidément l’animal n’était bon à rien, il méritait juste de finir à la casserole. Notre homme le cuisina au vin rouge. Il ne connaissait que cette recette et ne pouvait en inventer d’autre tant il était dépourvu de créativité.
    La viande en sauce, tristement mijotée, fut dure à digérer : la bête, qui avait beaucoup couru, avait la chair coriace, elle laissait en bouche un méchant goût d’amertume.
    Notre homme n’était pas fier de lui : en plus d’avoir perdu son coq, sa vie s’était vidée de tout plaisir, il en avait oublié le goût de l’envie. Il ne percevait plus maintenant que l’inutilité, la vacuité de son existence. Désespéré, il s’enferma chez lui pendant plus de dix jours. Il ne voulait plus voir personne, ne quittait plus son fauteuil, n’écoutait ni radio, ni télévision, il essayait de ne penser à rien.
    Mais une petite musique le rattrapait malgré lui, il entendait en boucle, presque chuchoté : « cococlicot, cococlicot… » Et ce n’était pas désagréable à ses oreilles, c’était au contraire plutôt sympathique, ça faisait comme une invitation.
    Comme notre homme n’était finalement pas si mauvais qu’il le paraissait, et que ces dix jours d’isolement lui avaient fait du bien, il chercha à comprendre pourquoi son coq parlait coquelicot. En consultant internet, il trouva rapidement la réponse en ouvrant la page de l’association « Nous voulons des coquelicots, appel à la résistance pour l’interdiction de tous les pesticides ».
    Mais oui bien sûr, c’était ce message que son coq essayait de lui transmettre : en plus d’être maltraité il avait aussi été très mal nourri. Il réclamait désespérément une nature plus saine et plus appétissante.
    Le bon côté des choses, c’est qu’il y a toujours un bon côté. Dans l’histoire qui nous intéresse, cette malheureuse expérience donna à l’homme une nouvelle chance, une occasion d’exister et de se réaliser autrement. Son combat changea d’objectif, et aussi de moyens : il s’engagea, corps et âme, dans la lutte contre les pesticides.
    En plus de la fierté que procure une belle cause à défendre, ce nouvel engagement lui permit de changer tous ses contacts en renouvelant son carnet d’adresse. C’est ainsi qu’il put, enfin, tourner la page.

  8. LURON-OURS dit :

    LE COUP DE GRÂCE
    Coriolan, coq de combat sous le bras de son manager, cherche des yeux son challenger. Celui qui va lui voler dans les plumes ! C’est Cristobal un carioca, le champion qui va entrer dans le cercle. Quand deux bipèdes grattent la terre et n’ont rien à manger, pour quel enjeu, alors miser ? Dans son coin, chacun ne se voit pas comme il est. C’est l’image de l’autre qu’il aperçoit, analyse son attitude, sa taille, sa démarche. L’un et l’autre sont leurs doubles, pourquoi ne s’aiment-ils pas ? C’est qu’il leur faudrait prendre du recul, se distancier pour s’accepter. Pourquoi ne pas leur suggérer ?
    La stratégie veut qu’un seul soit maître du terrain. Le propriétaire de Coriolan, au tirage au sort est le deuxième. Il ne lâchera son volatile que lorsque Cristobal aura pris possession de l’arène. Il gratte le sol, il prend des pauses le galliforme !
    L’autre le prend en coqueluche, tout enchifrené, il en devient aphone. Y a-t-il un otorhinolaryngologiste dans la salle ?
    Coriolan se met la tête sous l’aile, gronde, je ne suis pas un matamore !
    Son maître jette l’éponge.
    Pour le guerrier Cristobal, c’est le coup de grâce, sans affrontement, pas de victoire, partant, pas de gloire, ni de samba, ni de présents.
    L’affuté Dédé lui présenta un miroir.
    Le Coq se rue dessus, le frappe du bec et des ongles, à s’en casser les ergots. Les enjeux ont repris. On prend des paris. Qui de droite ou de gauche gagnera. Trop semblables, ils chutèrent ensemble d’épuisement. Coriolan le pacifique fut couronné par défaut.
    Luron’🐻

  9. Catherine M.S dit :

    Conte fermier

    Son coq de combat était sa fierté
    Un superbe gallinacé musclé
    De la tête aux ergots
    Mais un matin… point de cocoricos
    Le glorieux gladiateur avait mué
    Et au milieu d’un champ de coquelicots
    Entouré de pétales sanguinaires
    Il se mit à … déclamer des vers
    Du Verlaine, du Rimbaud
    Et surtout du Baudelaire !
    Les fleurs furent enchantées
    Par les « Fêtes galantes »
    Elles les trouvaient si charmantes
    Séduites par les « Illuminations »
    Elles les répétaient en scansions
    Elles savaient gré au fier gallinacé
    De les avoir embarquées dans ce délicieux univers

    Mais quand il s’attaqua à Baudelaire
    Ce fut la guerre
    L’accueil des « Fleurs du mal »
    Fut glacial
    Elles se sentaient visées
    Et leur changement d’attitude fut radical
    L’oiseau fut malmené
    Des plumes ont volé
    Il fut prié de plier bagages
    Sans ambages
    On dit qu’il se tut à jamais
    Sans autre forme de procès.

  10. Blackrain dit :

    Le mâle dominateur était devenu très fleur bleue. Il se lissait la crête penchée sur une flaque du matin, souriant à tous ces crétins de la basse cour qui se moquaient de lui. Il se baignait longuement dans l’abreuvoir puis se peignait les plumes, évitant de poser ses ergots dans la fiente. Plutôt que de piquer le postérieur des poules apeurées, il préférait piquer leur curiosité en leur contant fleurette. Il leur racontait des fables qu’il avait apprises en se rendant à la fontaine. Il aimait bien celle du « coq et du renard » qui mettait plus en avant la ruse et le langage plutôt que la force et l’agressivité. Bientôt les coqs moqueurs, qui tiraient leur gloire des combats, virent dans l’intérêt que lui portaient des poules toutes alanguies l’échec de leurs vieux principes. Les poules d’aujourd’hui préféraient la complicité et la générosité plutôt que la domination et la protection. Ce nouveau coq chantait certes moins haut mais il emmenait ses poules en vacance à la Napoule plutôt que de les faire trimer toute l’année sur le fumier. Il prônait la tolérance plutôt que l’arrogance. Il était copain avec les chapons tandis que les autres méprisaient ces coquelets castrés, des coqs laids à force d’être bedonnants. Chapeau l’artiste ! Lui lançaient les poules qui n’étaient plus à ses yeux que des pondeuses qu’il fallait maintenir à la couvée. S’il ne gagnait plus de combats de gladiateur, il remportait des prix de beauté. Le fermier était tout fier de l’emmener au salon de l’agriculture à Paris. C’était pour lui paris gagné que d’avoir changé ainsi. Il était maintenant pour lui capital que d’autres coqs suivent son exemple. L’avenir le dirait…

    • 🐀 Souris verte dit :

      Chers tous
      En lisant attentivement vos deux textes Jean-Marc et Blackrain nous les avons trouvés très complémentaires.
      L’un s’élève contre traditions ancestrales et violentes l’autre est dans la tolérance. (Où nous avons mal lu ?)

      La violence n’est elle pas une sorte de catharsis . Ritualiser un combat n’est pas faire l’apologie de la guerre, en tout cas pas nécessairement.

      En tout cas, sur une proposition d’ecriture, quand un mot me dérange, je pratique la politique de l’évitement !
      Alors ? Peut-être suis-je hors sujet aussi ?

      Pas facile de trouver chaque semaine un prétexte qui nous pousse à prendre la plume d’un coq ou d’une colombe.

      J’ai aimé l’idée du coq fleur bleue ! On ne se refait pas !
      Merci à tous de nous donner du grain à moudre. 🐀🐻

  11. Pascal Perrat dit :

    Ce blogue est fait pour laisser son imagination courir en toute liberté. Pas du tout pour polémiquer. Je respecte vos opinions, mais si vous ne souhaitez pas écrire sur un sujet proposé, passez votre chemin. Amicalement, Pascal Perrat.

  12. Françoise - Gare du Nord dit :

    Son coq de combat était sa fierté. Un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua. Il ne poussait plus de hauts cocoricos, mais de timides cococliquots.

    Il en fut mi-surpris mi-amusé mais le lendemain d’autres motifs d’inquiétude apparurent. Il nota que les ergots du volatile avaient pris la forme d’épines. Les jours suivants virent ses ailes prendre une couleur rouge intense, sa crête revêtir la forme d’un pétale, ses cuisses devenirs fins comme une tige

    « Finalement, tout bien réfléchi » se dit-il « c’est un bien pour un mal ». En effet, depuis quelque temps, son coq, précédemment vif et endurant, perdait maintenant tous ses combats dans lesquels il laissait des plumes et des ergots mutilés. Le vaillant et viril gallinacé avait peu à peu laissé la place à un pleutre et efféminé coquelet.

    Vaincu, le mental en berne, l’ex-vedette du poulailler démoralisait toute la basse-cour. Les poules pondaient des œufs fêlés, les lapins n’honoraient pas leurs rendez-vous, les canards étaient tout déconfits, les oies passaient leur temps à cancaner, les paons partaient en roue libre, les faisans avaient un drôle de goût, les pintades criaillaient sans cesse sur leurs mâles, les dindes étaient niaises, les cailles restaient des journées entières sur un canapé, les chapons exigeaient qu’on les leur rende etc…

    Sans compter que la législation sur les combats de coqs devenait de plus en plus restrictive et qu’être réveillé, chaque matin, dès 5 heures commençait à être pesant.

    Les derniers événements l’incitèrent alors à abandonner l’élevage, fermer le gallodrome, vendre les animaux pour se reconvertir dans l’horticulture, domaine dans lequel il fit rapidement fortune.

    Lorsque un jour, faisant sa tournée d’inspection quotidienne dans les serres, il crut entendre le heliconia psittacorum, nom scientifique du bec-de-perroquet, murmurer « Coco, coco ! »

  13. Maguelonne dit :

    Le bonheur : je viens de m’installer dans une jolie petite maison bretonne aux volets bleus. Située dans le marais poitevin, elle est entourée de conches et j’ai même un petit embarcadère. Le jardin est suffisamment grand pour que je puisse réaliser un rêve : adopter des poules.
    J’accueille Simone, une poule rousse et Gertrude, une grise tachetée de blanc. De ma terrasse je les observe tout en sirotant la troussepinette. Elles sont vives, curieuses, têtues. Elles sont écolos, elles avalent tout. Elles grattent infatigablement la terre à la recherche de vers qu’elles adorent.
    Dès le premier jour Simone a pris la place de chef. Gertrude a bien essayé de se rebeller mais Simone est vindicative, hargneuse et ma Gertrude s’est vite soumise.La paix est revenue chez la volaille mais moi, je m’ennuie. Je décide de leur trouver une copine et je choisis Sidonie, une poule soie blanche magnifique. Et je suis très vite déçue. Simone prend Sidonie en grippe. Gertrude suit bêtement et Sidonie se laisse maltraiter. Je lui accorde un peu de temps pour faire sa place mais Sidonie est mollassonne, inconsistante. Moi ça ne m’amuse pas du tout. Aux grands maux, les grands remèdes : j’achète à mon voisin un très beau coq gaulois que Marcel voulait entraîner aux combats. Sa femme Germaine a eu des arguments assez percutants pour que Marcel renonce à ses mauvais projets. Pour « trois francs six sous » j’ai un volatil aux plumage fourni et chatoyant, la crête rouge vif, fièrement dressé sur ses ergots et qui semble plein d’arrogance. Je le baptise Clovis.
    « Hello les poulettes, je vous présente Clovis qui va mettre le ramdam dans ce poulailler trop tranquille. Souhaitez lui la bienvenue ».
    Et là, vous ne devinerez jamais ce qui s’est passé. Clovis est tombé fou amoureux de Sidonie. On n’a jamais vu ça. Il y a bien le coq amoureux de la pendule. Mais c’était dans la tête à Nougaro. Dans la vraie vie, dans un poulailler vendéen, un coq gaulois couché devant une poulette, si belle soit elle, c’est impensable, inimaginable. Et que pensez vous que fit Sidonie, qui depuis deux mois subissait la maltraitance de ses colocataires sans se rebiffer ? Et bien madame fait la fière, redresse le cou, ébouriffe son soyeux plumage et regarde de haut ce Clovis qui n’a plus fier allure. Quelques cocoricos bien sonores et quelques coups de bec aurait réglé l’affaire. Mais Clovis avait mystérieusement mué et de sa voix de castrat il murmurait des cococliquots énamourés. Simone et Gertrude se bidonnaient toute la journée et oubliaient de pondre. J’ai demandé un stimulant au véto mais il a rigolé à s’en décrocher les mâchoires. J’ai averti Clovis « Ressaisis toi. T’es tout mou, tu as perdu l’ éclat de tes couleurs et tu cococliquotes lamentablement. Tu vas finir à la casserole ».
    Ce dimanche de pentecôte, j’ai invité toute ma famille et je leur ai cuisiné un coq au vin façon Pierre Gagnaire. Ça sent tellement bon, Et pour parfaire l’événement je vais l’accompagner d’un pommard rouge de derrière les fagots. On va se régaler, c’est sûr.

  14. Grumpy dit :

    Antoine est Maître Coq à la Tour d’Argent et très fier de ses étoiles. Il s’applique à inventer et raffiner de plus en plus ses préparations luxueuses pour rester au sommet.

    Juste en face, il y en a un autre au sommet, et pas n’importe lequel ! Tout en
    haut de la flèche de Violet le Duc trône le coq en cuivre, girouette bien âgée mais qui tournevire encore bien, tant au gré des orages que du vent. Il a encore de l’énergie : il est plus jeune de 277 ans que le fameux restaurant.

    En cuisinant sont menu-chic-de-chez-chic, Antoine tourne de temps en temps son regard vers ce vieux compagnon, et si par chance, à ce moment-là le gallinacé est orienté vers lui, il lui envoie un salut de son pouce dressé, auquel répond l’emplumé métallique d’un clin d’oeil appuyé ou bien, selon la météo du jour, fait un tour sur lui-même pour saluer tout entier son copain-coq.

    Ça fait des années que dure cette petite comédie d’amitié.

    Jusqu’à ce malencontreux 15 avril de l’année dernière où, n’en croyant pas ses yeux, Antoine n’aperçoit plus qu’une grosse fumée noire, des flammes méchantes et culottées montent dévorer jusqu’en haut, asphyxier son copain, griller son piédestal.

    Il est bouleversé comme tout bon parisien qui respecte les belles choses, en Province aussi on a été émus, renversés, pleuré devant ce malheur, touchés au coeur de ce qui nous reste d’un passé glorieux.

    Mais … comme la bonne cuisine et un bon repas, tout est bien qui finit bien. Quelques jours plus tard Coq en cuivre est retrouvé, encore vert-de-gris, dans les décombres. Pour une fois, c’est lui qui est abrité porté sous l’aile de son sauveteur.

    Bien que pas fondue, sa superbe y a bien laissé quelques plumes et sa crête est moins arrogante, il aura tôt fait de remonter au sommet de sa flèche et de tourner pour Paris, la France et Antoine et peut-être l’éternité. Ces deux coqs mènent de front et ensemble leur combat de fierté patriote et moi je trouve que ces traditions-là, parfois ça fait du bien.

  15. Fanny Dumond dit :

    Un coq de combat était sa fierté. Un superbe gallinacé musclé de la tête aux ergots. Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua. Il ne poussait plus de hauts cocoricos, mais de timides cococliquots.

    Gaston, ennuyé, s’interrogeait sur ce phénomène étrange. Il prit son champion dans ses bras et l’emporta, à pas comptés, dans sa cuisine. Il faut dire qu’en cette fin de matinée, le Gaston avait mal au peu de cheveux qui lui restait et ne tenait plus trop en équilibre sur ses maigres guiboles.

    – Qu’est-ce que tu m’amènes cette saleté de bestiole, ici ? gronda la Mathilde. Elle n’est pas encore crevée !

    – Il est bizarre, il baragouine quand il chante, expliqua-t-il en s’affalant sur une chaise et en s’épongeant le front de son grand mouchoir à carreaux.

    – Il baragouine ! s’étonna sa femme en levant les yeux au plafond. Pour sûr, que tu as dû l’entendre ce matin, vu comme tu ronflais à faire trembler les murs, ironisa-t-elle.

    – Moi, je ronfle ! s’étonna Gaston. On me l’a jamais dit.

    – C’est qui « on » ? s’égosilla la Mathilde. J’en étais sûre que Monsieur avait quelques poules par-ci, par-là, quand il part des jours entiers pour ses concours. Encore, si ça rapportait quelque chose.

    – Au moins, pendant ce temps, j’ai la paix. Je ne vous écoute plus, toi et la voisine, à caqueter tous les après-midis devant vos bols de café, à casser du sucre sur le dos de tout le village. À force, je ne me sens même plus chez moi. N’est-ce pas que je ne suis plus chez moi, mon Riri, dit-il en caressant son ami.

    – Cocorico ! lui répondit ce dernier en redressant fièrement la tête.

    – Ah ! Tu chantes comme avant mon vainqueur, se réjouit Gaston. Hier soir, j’ai trop taquiné la veuve, dit-il en se levant ragaillardi.

    – Et en plus, il se tape des veuves, hurla la Mathilde en s’emparant de son balai.

  16. iris79 dit :

    Son coq de combat était sa fierté. Un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua. Il ne poussait plus de hauts cocoricos, mais de timides cococliquots.

    Son maître Jean, abasourdi, crut d’abord à un mirage auditif. Il avait fêté la veille son anniversaire à grand renfort d’alcool avec ses amis de toujours. Aussi ce matin-là se maudit-il en se réveillant, se trouvant lamentable de s’être mis une fois de plus dans cet état.
    Une fois levé et le café fort avalé, les idées à peu près alignées, il ne put que constater que Marc, son coq le bien nommé, semblait complètement dérailler. Il se rendit prestement au poulailler et lui demanda :
    – « mais enfin Marc, qu’est-ce que tu nous fais là !?
    -ah ça va toi hein ! Le maitre alcoolique a perdu sa clique ? J’en ai marre de me vautrer dans la fange, de m’abaisser à combattre pour asseoir ta prestance et l’aura que tu n’as pas. Je fais ma révolution, que ça te plaise ou non. Ce sera celle des fleurs, avec le cœur. Je veux prouver que l’humanité peut se relever avec autre chose que la violence et son fil de médiocrité. J’en appelle à tous les coqs et gallinacées et nous nous libèrerons, d’une façon ou d’une autre mais dans la paix et la douceur. On va marquer cette journée par la révolution, celle des fleurs. Point de combats, d’humiliation, de douleurs et de pleurs. Elle se fera, c’est tout, avec ou sans vous.

    Jean fut pris d’un vertige. Il se retint au chambranle du poulailler et se dit que vraiment cette fois, il avait méchamment trop fêté sa nouvelle décennie. Il ne savait pas ce qui était le plus étrange. Avoir le nouveau pouvoir de comprendre le langage du coq et de converser avec lui ou de trouver ses revendications complètement légitimes…
    Il se dit qu’il avait dû se lever trop vite et trop tôt. Il s’en retourna vers la maison. En oubliant de refermer la porte derrière lui…

    Quelques heures plus tard, la sonnerie du téléphone le fit tant bien que mal sortir du lit. Il décrocha et reconnut tout de suite la voix de son vieil acolyte Albert quitté quelques heures plus tôt, aussi abruti que lui par les verres sans fond descendus. Mais le contraste était saisissant.
    « Jean ? Tu ne devineras jamais ce qui m’arrive ? » dit-il d’une voix blanche.
    « Quoi ? » Qu’est-ce qu’il y a ? »
    « Tu vas pas me croire » …
    Tout en écoutant son vieil ami, Jean se dirigea vers la fenêtre en même temps que des bribes de souvenirs précis le rattrapaient.
    -Ben quoi ? Accouche !
    -Mon coq et mes poules se sont fait la malle…
    -Hein ?
    -Ben oui quoi ! Ils sont tous partis. Mon coq de combat, les poules, tout ça. Ils sont tous partis et, je te promets Jean, je suis plus saoul, mais en plus ils chantaient des trucs qui ressemblaient à des noms de fleurs… »
    En soulevant le rideau de la fenêtre qui donnait sur le poulailler, Jean vit des milliers de pétales de qui tapissaient la cour. Il en était tout retourné. Plus une bête à l’horizon. Albert continua presque inaudible :
    -Mon coq, Gaspard, il disait….
    -cococliquot…
    -Bon sang, Jean, comment tu sais ?

  17. Clémence dit :

    Son coq de combat était sa fierté. Un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua. Il ne poussait plus de hauts cocoricos, mais de timides cococliquots.

    EN ACCORD parfait avec la position ardemment défendue par Jean-Marc Durand, j’ai tout de même pris le risque de relever le défi : le verbe contre la barbarie !*

    Son coq de combat était sa fierté. Un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua. Il ne poussait plus de hauts cocoricos, mais de timides cococliquots. Et ce fut là son chant du cygne.

    A peine prononcée, cette conclusion idiomatique mit le feu à la population masculine de la bourgade.
    – Chant du cygne, mon œil, hurla Jules ! Le chant du cygne désigne la plus belle et dernière chose réalisée par quelqu’un avant de mourir.
    – Ben quoi, rétorqua Arthur, faut’c’qui faut pour s’amuser.
    – Mais oui, il y a bien des corridas, pourquoi pas des coqs ? beugla Léonce.
    Tour à tour, les mâles du village avancèrent leurs arguments. Plus c’était gros, plus ça ricanait.
    – Bande d’abrutis, gronda Georges. Bande de dégénérés, de crétins, de….

    Georges se tut, laissa passer quelques secondes puis termina sur un ton menaçant:
    – Vous ne perdez rien pour attendre.

    Et tous attendirent…..

    Au petit matin du lendemain, le village fut réveillé par les hurlements des épouses de ces crétins.
    Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, ce n’était pas de la peur. Que du contraire ! Elles quittèrent précipitamment leurs foyers et se retrouvèrent sur la grand place.

    D’un seul élan, elles jetèrent leurs tabliers de couleur indigo, dénouèrent leur longue chevelure et se donnèrent la main. Telle des déesses autour de l’autel, elle formèrent le cercle sacré.
    Georges, assis sur un banc, l’accordéon posé sur ses genoux les regarda avec bienveillance. Les premières notes s’envolèrent puis s’enroulèrent en tarentelle.
    Alors, à chaque mesure, à chaque sautillement, les femmes racontèrent avec délectation comment elles avaient écrabouillé leur cafard de mari.

    © Clémence.

    * Le verbe contre la barbarie – Alain Bentolila.

    • durand JEAN MARC dit :

      Merci Clémence pour votre attention! Le livre proposé me semble intéressant. En précisant, quand même qu’il s’agirait, si j’ai bien compris ce que j’en ai aperçu, d’un regard conseilleur adulte vers les enfants, comme si (et cela parait sous entendu), les adultes n’avaient pas leur part de responsabilité à prendre, comme si déjà les adultes baissaient les bras de leur vivant et déléguaient aux générations futures, le soin de gérer par exemple, les ordures de toutes nature qu’ils ont laissé venir ? C’est juste un ressenti… Et j’arrête là, sinon Pascal va me mettre à l’index, me coller au fond de sa classe buissonnière avec un bonnet d’âne…ce bel animal dont j’apprécie l’entêtement à ne pas accepter de marcher systématiquement sous les ordres de son propriétaire! 😊

  18. Laurence Noyer dit :

    Mon jardin d’onomatopée
    C’est un chant de fleurs

    Les gallinacées réveillent les blés de leurs coquericos
    Les chatons des peupliers miaoullent
    Les quenouilles des roseaux croassent
    Les fleurs de chèvrefeuille sont si beeelles, beeelles
    Le colza fait la bzz aux abeilles
    La cardinale cancane à tous les coins-coins
    Le coucou fait coucou au coucou
    Le chiendent jap-jap vers le hibou
    Qui effraie la gueule de louhouhou

  19. Antonio dit :

    — Oh ! Gallinette, prépare-toi, ils arrivent !
    — Quiiii ? répond l’intéressé avec une voix de crécelle.
    — Les gens du cinéma, pardi ! Fais-toi le plus beau, le plus fort, et reprend une voix de ténor comme on t’a appris. Si tu veux être sélectionné pour leur prochain film, Cocky IV, il va falloir sortir les muscles.
    — J’ai toujours rêvé de faire du cinémaaaaa, comme Ricoooo, avec tous ces mâaaaales ! D’ailleurs, on ne l’a plus revu Rico depuis Cocky III, il aura pu passer nous chanter un petit bonjouuuur !
    — L’ingratitude des stars. Il doit être loin, en Amérique. Mais Gallinette, ressaisis-toi ou tu ne feras pas partie du voyage. Le mââââle, cinémâââ !! répète !

    Le poulailler de la ferme était en ébullition. Quelques coqs pour une cinquantaine de poulettes complètement hystériques à l’idée de voir partir l’un des leur pour le grand écran.

    — Au moins lui ne finira pas noyé de pinard dans une casserole, comme Coco vain !
    — Le pauvre, il ne sait pas ce qui l’attend dans ce milieu de combats de coqs pour avoir le meilleur rôle, caquetaient deux vieilles poules.

    Seul Marcel, le Coq de ces dames, le principal géniteur de ces pondeuses, connaissait la triste réalité. Pour sauver ses plumes il prenait le meilleur pigeon et l’envoyait au casse-crête sur les rings des cours de ferme belges. Et il a suffi de chanter le mot cinéma pour que Gallinette se sente voler de ses propres ailes, en suivant les cours de théâtre et de boxe depuis trois semaines, avec double ration de grains pour paraître un beau bébé, comme Sylvester Stallone. Mais Gallinette n’était pas la virilité faite coq.

    — Mais… Mais qu’est-ce que tu t’es mis ? s’affole Marcel. Tu cocottes, ma parole ! …
    — C’est un parfum coquelicot-basilic qui a macéré deux jours dans une flaque d’eau. Un secret de beauté de Pouliiine… Heû, Poulîne.
    — Va te rouler dans le fumier et vite, ils sont là. Tu veux tout faire capoter ou quoi ? Et surtout parle le moins possible.

    Son coq de combat était sa fierté. Un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua. Il ne poussait plus de hauts cocoricos, mais de timides cococliquots.

    — Cococliquooooo !

    Rien n’y faisait, le cri ne voulait pas sortir dans les graves comme « Adrieeenne ! » au cours du soir. C’était le grand jour, Gallinette montait sur les planches pour une pièce en trois actes, avait-il cru comprendre, le cinéma se serait pour plus tard. Un combat entre mâles qui l’excitait d’autant plus en voyant ses partenaires de scène. De vrais gladiateurs. Si cela n’avait pas été du théâtre, il aurait presque pris peur. Dans la loge, certains se défiaient, Gallinette trouvait ses rapprochements un peu osés, mais il avait entendu dire qu’il y avait souvent des aventures pendant les tournées. Quand l’un d’eux lui griffa l’aile et la cuisse.

    — Oh ! grand vilain ! Tu as faim, toi…

    Gallinette était encore plus excité en rentrant sur le ring, retrouvant le coquin. Il se mit à danser autour, tel Mohamed Ali, le narguant pour qu’il ose un petit coup de bec en préliminaire. Le manège dura à peine deux minutes quand, impatient de désir, Gallinette lui monta dessus et se mit à battre des ailes avec un cococliquot de castafiore qui terrorisa son adversaire, détalant telle une poule mouillée sans tête.

    Gallinacée gagna son premier combat et connut la gloire avec autant d’abandons de ses adversaires que de victoires. Ce qui l’enchantait de cococliquots repris en chœurs par des poulettes qui n’avaient d’œufs que pour lui et dont il n’avait que faire. Lui trouvait juste que les scènes étaient un peu courtes et rêvait de cinéma.

    Son rêve se réalisa via des milliers de vidéos, d’abord, puis par un grand film documentaire « Le coq se rebiffe » d’une heure trente qui glorifiait les combats de Gallinette avec sa danse et son chant mythiques. Toute la Belgique voulait un coq comme lui, prêt à payer rubis sur ergot. Ce qui promettait un joli pactole à son propriétaire s’il assurait sa descendance.

    Seulement quand il fallut monter une poule, pour Gallinette, le combat était perdu d’avance.

    (dédicace à Jean-Marc 😉 )

  20. Alain Lafaurie dit :

    Son coq de combat était sa fierté. Un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua. Il ne poussait plus de hauts cocoricos, mais de timides cococliquots. Le lancer dans l’arène était désormais inimaginable même si le ridicule ne tue pas.
    En attendant de décider de son sort, il remit cet inutile dans le poulailler.
    Mal lui en prit car la pandémie se répandit dans la basse cour. Les poules émirent de drôles de caquètements « pavots, pavots ». Le virus n’épargna pas le paon qui au lieu du « Léon, léon » se mit à crier « Opium, opium » tout en déployant une roue en forme de pipe. Les pintades divaguaient en gémissant « Epo, Epo ».
    Seules les oies semblaient épargnées. Leurs cacardements restaient inchangés comme au temps du Capitole.
    Des mesures drastiques s’imposaient. Le confinement, la distanciation physique furent désormais la règle pour ces gallinacés camés.
    Le chien fut cantonné dans sa niche avec toutefois une promenade en laisse quotidienne dans un rayon inférieur au kilomètre.
    Quant au responsable de cette catastrophe, il fit un très bon coq au vin.
    Après l’avoir savouré, satisfait, le fermier fuma un pétard.

  21. Nadine de Bernardy dit :

    Son coq de combat était sa fierté,un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots.Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua.
    Quelques jours auparavant ,une association de coqs z’oreilles avait atterri à la Réunion afin d’y faire interdire ces combats si prisés et lucratifs.
    Les possesseurs des animaux concernés firent profil bas et pour César,la bête de Jean Marie Moutoussamy,ce fut le début de la descente aux enfers.
    Ne voulant pas d’histoires avec la maréchaussée,son propriétaire ordonna au combattant de ne pas se faire remarquer par son chant martial.Ii se mit à le négliger,le remisa au rang de reproducteur dans la basse cour où il fut bientôt la risée des poulettes.
    Victime d’un burn out,il ne pouvait les honorer comme il l’aurait dû .Ces dames le traitèrent de chapon,insulte suprême.
    Son plumage se terni,se raréfia,la crête penchait à présent tristement sur son oeil,ses ergots se desquamèrent.
    Plus de régime hyper calorique,plus de ce z’amal qui le rendait si agressif,plus d’enclos particulier.
    Pour couronner le tout,il apprit que Jean Marie entraînait en cachette une bête plus jeune,en attendant le départ des gallinacés indignés.
    A bout de résistance,il se faufila hors du poulailler,marcha droit devant lui jusqu’à la falaise d’où il se jetât dans l’océan,pour la grande satisfaction des requins.
    Personne ne s’aperçut de sa disparition.
    Monsieur Moutoussamy obtiendrait-il un nouveau champion…?

  22. 🐀 Souris verte dit :

    🐀 COQAPHONIE
    Ce Coq sportif, sniffe l’herbe à la recherche de l’héroïne qui va le faire planer. Les poules dans son harem rêvent d’une brève étreinte avec ce chef râblé qui prouve sa virilité chaque moment de la journée en faisant vibrer ses cordes vocales. Cordes à noeuds, Coq ‘craille’, allez poulailles en rang par deux et qu’ça saute ! Effectivement c’est ce qu’il fait le bougre, de bonne humeur une par une n’en oublie aucune.
    Au fur et à mesure avec l’expérience ça ‘rouscaile ‘ dans la volaille et résiste au droit de cuissage.
    L’autre s’égosille, cet imbécile augmente le son de son clairon tant et si bien qu’un beau jour de juin, on n’entendit plus rien.
    Enfin le silence !
    Chanteclair aphone se sentant inutile se cacha comme un péteux. Ce prétentieux en fût réduit à garder les œufs.
    C’est une poule qui reprit les commandes, élue à la majorité, elle, ne chantait que lorsqu’elle pondait. Mais les autres en firent autant, ainsi le poulailler devint vite une ‘coqaphonie’ assourdissante.
    Sur plainte des voisins on soigna le Coq qui se gargarisa tout bas qu’on reconnaisse enfin son importance. L’animal reprit de la vigueur, recommança ses vocalises, la reine fut destituée. Le Coq-chef de son cri joyeux fit de nouveau régner l’ordre dès potron-minet.
    Le village reprit son rythme.🐀

  23. Jean-Pierre dit :

    Son coq de combat était sa fierté. Un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Mais voilà qu’un matin ce glorieux gladiateur mua. Il ne poussait plus de hauts cocoricos, mais de timides cococliquots.

    En effet, le gallinacé avait surpris une conversation entre son maître et le marchand de légumes qui lui fournissait les fruits destinés à la nourriture de son valeureux volatile, à savoir des superbes pommes « Chantecler », en référence à la pièce de théâtre d’Edmond Rostand.
    Et un jour, le coq entendit une violente discussion entre son maître et le commerçant.
    Le propriétaire de l’animal avait remarqué sur l’étiquette des cageots de pommes que celles-ci n’étaient pas des « Chantecler » mais des « Belchard », mot construit à partir de « belle » et de « clochard », ce qui a plongé le pauvre coq dans une profonde dépression car il avait peur d’être pris pour une pomme, non seulement d’un féminin insultant pour lui, mais qui risquait de clochardiser son maître pour qui il avait beaucoup d’affection.
    Heureusement, la discussion entre les deux hommes s’est terminée devant devant une bouteille de muscadet sur la table de la ferme. Le commerçant a expliqué à son client que « Chantecler » et « Belchard » désignaient la même variété de pommes.
    Du coup, le fermier a décidé de mettre son coq à la retraite (et à le traiter comme un coq en pâte), et d’abandonner les paris (toujours risqués) sur les combats de ces animaux.
    Depuis ce jour, il gagne beaucoup plus d’argent en tant que « psycoquologue » pour éduquer les volatiles et leur parieurs qu’en pariant sur son champion. Beaucoup moins toutefois que les organisateurs de ce jeu barbare. Et ledit champion échappera à l’horreur de la cuisine au vin, qui est le triste sort de la plupart de ses camarades.

  24. camomille dit :

    – Cococliquot…cococliquot !
    – Hola Marcel, qu’est-ce-qu’il t’arrive ? C’est quoi ce nouveau chant ?
    – Ha Piggy! tu m’as entendu ? Ben… je m’exerce ! T’en penses quoi toi ?
    – J’en pense que ça fait drôle. C’est original mais je préférais « cocorico »… et tu
    t’exerces pour quoi ?
    – T’es pas au courant ? Demain il y a le casting au village, alors je me prépare :
    « cococliquot ! Cococliquot ! »
    – Arrête Marcel, tu me casses les oreilles… mais c’est quoi ton casting ?
    – Ben c’est les Bodin’s Piggy, les Bodin’s ! Ils recrutent…. Il cherchent un nouveau coq
    pour donner la réplique à Sarko. Parait qu’il cherchent un coq qui ait une originalité,
    alors j’ai pensé que : « cococliquot ! Cococliquot ! » ça devrait leur plaire ? Ils sont
    tellement fadas !
    – Les Bodin’s ? Tu veux partir avec les Bodin’s ? avec Christian et Maria, avec Sarko,
    Jean-Marie et DSK ?Tu veux nous quitter Marcel? Bouh…Bouh… Bouh… !!!
    – Ah Non Piggy je t’en prie, tais-toi tu vas alerter le patron… et si tu venais avec moi?
    Paraît qu’ils veulent relooker toute leur ferme pour leur prochaine tournée.
    – Vraiment ? Tu crois que j’ai mes chances moi aussi?
    – Bien sûr ! Coquette comme tu es ! j’en connais pas deux comme toi !
    – Tu es sérieux? Faut que j’aille vite faire un brin de toilette, c’est à quelle heure le
    casting ?
    – Au chant du coq !

  25. Kyoto dit :

    Lui, s’appelait Jack, dit Le Jacko, la fierté de sa mère. Un superbe bipède musclé de la tête aux orteils. Elle se plaisait à claironner à qui voulait bien l’entendre « Rentrez vos poules, je vais lâcher mon coq. ». Alors, elle n’était pas aimée La Nicole, surtout par les mères qui avaient une progéniture féminine. Par vengeance, elles l’appelaient la Nicocue. La méchanceté, la jalousie à l’état brut. La Nicole s’en moquait, elles pouvaient bien cancaner ces grenouilles de bénitier à la langue de vipère. Elle avait son Jacko !

    Un jour de printemps ensoleillé, Le Jacko présenta à sa mère « sa petite poulette ». Une douce et gentille fille, propre sur elle. La Nicole l’aima aussitôt La Marie. Ils se marièrent, pour le meilleur. Un nouveau bonheur s’installait. Marie et Jack s’occupaient des travaux de la ferme, Nicole de la maison.

    Les années passèrent. Le pire arrivait. Le berceau que La Nicole avait préparé restait vide. Les nuages grisaient tout. Alors Le Jacko se prit d’affection pour le coq, qui, perché sur le tas de fumier, lançait, à toutes les poules de la basse-cour, de hauts cocoricos. Il en fit un coq de combat dont il était fier. Un superbe gallinacé musclé de la crête aux ergots. Que de vaillants combats. Que de coupes et médailles trônant sur les meubles.

    La Nicole, dépressive, s’en alla. A son inhumation, les crapauds coassèrent. Quand Marie et Jack revinrent du cimetière, le coq poussa un majestueux et sonore cocorico. Mais ce sera le dernier. Le lendemain matin, ce glorieux combattant mua. Il ne poussait plus que de timides cococliquots. Le surlendemain, les poules ne caquetaient plus. Les plumes du coq avaient perdu leurs couleurs. Le lendemain du surlendemain, un coup de fusil ébranla la contrée.

    La Marie survivait comme elle pouvait. Elle vivait en autarcie. Elle fumait et buvait. Pour oublier le malheur. En ce jour d’été ensoleillé, elle revêtit ses habits du dimanche. Aller au cimetière. Un bouquet dans les bras. Des bleuets, des marguerites et des coquelicots. Et sur son passage, elle entendait les sorcières du pays qui sifflaient par leurs bouches édentées : « Faites le signe de croix, c’est la Veuve Cliquot »…

  26. durand JEAN MARC dit :

    Chers toutes et tous!

    Habitant dans une région où perdurent les combats de coqs, le plus souvent le jour de Pâques, je me refuse à faire de la littérature autour d’une pratique ancestrale qui se devrait de disparaître, comme ailleurs les corridas et les combats de chiens. Pour y avoir assisté une fois pour un reportage, m’être accroché avec des pratiquants pour des photos jugées gênantes, j’ai depuis milité clairement contre cette boucherie organisée, triste reflet de pratiques humaines à proscrire. Un gladiateur n’a rien de glorieux sauf quand il se révolte, s’il le peut. Il n’est que l’esclave de gens de pouvoir, amateurs de bains de sang gratuits. Et le pouvoir que peuvent se permettre certains bipèdes vis à vis d’autres être vivants est une honte. Vis à vis de toute la nature aussi, d’ailleurs, je vous laisse faire le tour, et si celle ci se rebiffe, d’une façon que nous ne pouvons encore qu’imaginer, même si elle se pointe de plus en plus souvent au coin de nos rues, il sera bien temps de chialer!

    • Pascal Perrat dit :

      Je te comprends, mais j’espérais que ta belle imagination te permettrait de trouver une façon de ne pas aborder ce sujet au 1er degré. Il est évident que nous sommes tous contre cette les combats de coqs ou de poules🙂

      • durand JEAN MARC dit :

        Excuses, pas moyen de passer outre! L’éternel problème à savoir si on peut rire de tout…voire que le rire pourrait faire évoluer les choses…je n’y crois pas! Les regroupements autour des combats de coqs réunissent bien les mauvais relents de bêtise, de méchanceté, de sadisme, de jeux d’argent et d’alcool (les combattants ayant droit à leur goutte de genièvre pour les rendre plus agressifs). Alors, en ce jour j’ai choisi une écriture journalistique pour dénoncer ce que beaucoup de gens ignorent encore. Si tu veux partager la vidéo envoyée sur Facebook, ne te gêne pas!
        Pour finir, quand même, sur une note littéraire, je partage avec vous toutes et tous une de mes formules, de circonstance, pour dénoncer la connerie humaine:

         » Si L’Homme était obligé de vivre sous terre, il serait encore capable d’organiser de combats de taupes! »

        • Avoires dit :

          Adolescente, j’ai lu quelques livres sérieux dont L’Empreinte de Dieu de Maxence Van der Meersch. Dans ce livre il y a un combat de coqs qui est décrit d’une telle manière que j’en avais été choquée, écœurée. Donc, lorsque j’ai lu votre texte, je n’ai pu m’empêcher d’y penser. Désolée, je ne peux pas demander à mon imagination de « pondre » sur des coqs cococliquotant.

          • durand JEAN MARC dit :

            Oui, chez Maxence Van der Meersch ,donc dans les Flandres, le combat était bien présent comme dans plusieurs peintures de locaux dans nos musées régionaux. Et il existe des tas de traditions régionales à évoquer pour ne pas oublier qu’elles aient pu exister. Et de pires! Tournons nos imaginations vers des lendemains plus éclairés! Merci!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Répondez à ce calcul pour prouver que vous n'êtes pas un robot *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.