478e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Le concours de « Montre-moi ta belette » organisé à Moinaumou s’est mal terminé. Le comité des fêtes, fort dépité, ne s’en est toujours pas remis.

Inventez une suite drolatique, si possible

Voilà comment est née cette idée saugrenue

25 réponses

  1. Michel-Denis ROBERT dit :

    Le concours de « Montre- moi ta belette » Organisé à Moinaumou, c’est terminé ! Le comité des fêtes fort dépité, ne s’en est toujours pas remis. Cet après-midi, ils étaient tous venus au Panier Fleuri pour en discuter. Depuis plusieurs jours, Jeff manquait à l’appel. Pour la première fois qu’il réapparaissait en public aujourd’hui, c’est Pierre qui l’informa :
    – Lors de la dernière réunion, j’ai failli piquer ma crise, dit Pierre.
    Nous avions rassemblé une foule d’éléments depuis la fin des années 90. Nos présomptions étaient fondées. On avait fait le tri de tous les indices. Cela nous avait pris beaucoup de temps et on nous a bien précisé que ce ne sont pas des certitudes, qu’il fallait vérifier et encore vérifier. La formidable empoignade qui avait eu lieu dans notre cher petit village du Forez, la semaine dernière prenait racine en Chine.
    Jeff le regarda incrédule.
    – En Chine ?
    – Oui ! En Chine, faut s’étonner de rien.
    – Pas possible, je me disais aussi.
    – Tu te souviens du type qui s’était fait embaucher au cinéma ?
    – Oui, vaguement. Maintenant que tu m’en parles, C’est vrai qu’il avait un type asiatique.
    – Eh bien ! Ce n’est pas lui dont il s’agit.
    – Ah !
    – Oui, pas de jugement sans preuve ! Ecoute l’histoire : imagine que tu habites dans un coffre-fort et qu’on ait perdu la combinaison. L’histoire de la belette, c’est ça.
    – Une belette, ça ne se laisse pas enfermer aussi facilement, surtout dans un coffre-fort.
    – Tu ne connais pas l’histoire ?
    – Tu sais,moi, les réseaux sociaux, je ne m’y intéresse plus depuis un moment.
    – Mais ça fait la une de tous les journaux.
    – Je ne m’intéresse pas aux belettes non plus.
    – Arrête de faire l’enfant, la belette, c’est un nom de code.
    – Je me disais aussi, une belette dans un coffre-fort, elle n’aurait pas résister.
    – Mais c’est que tout une communauté dépendait de cette belette. Ils étaient trois artistes. Et on n’a plus jamais entendu parler d’eux.
    Tu te souviens du grand Pierot, celui qui chantait à tue-tête au bal du 14 juillet tous les ans ?
    – Oui, on a été à la communale ensemble. Déjà, à l’école il chantait des airs tyroliens. Il faisait toujours de ces tours incroyables ! Ca remonte loin ce que tu dis. Personne ne sait ce qu’il est devenu.
    – On le soupçonne d’avoir trafiqué la combinaison du coffre. C’est pour cette raison qu’on ne trouvait pas la solution. Il avait disparu depuis plus de trente ans. Et voilà que je retrouve la belette sur une brocante à quelques encablures d’ici, la semaine dernière.
    Pendant que Jeff l’écoutait religieusement, il s’éreintait, lui aussi sur des suppositions, il comptait tous les indices qu’il avait récupérés. Comment la belette avait-elle migré jusqu’en Chine et pourquoi était-elle revenue chez ce brocanteur ?
    – Et comment s’appelle ce brocanteur ? demanda Jeff avec une certaine malice.
    – C’est le beau-frère de Pierot. Mais il me semble que toi aussi, tu faisais partie du groupe.
    La peau du visage buriné du grand Jeff blanchit toutà coup. De la poche de son grand manteau à capuche bleu marine, il sortit sa matraque et en asséna un coup sur la nuque du pauvre Pierre qui s’écroula sur la table marbrée devant les yeux stupéfaits du comité.
    Tous les hommes valides se précipitèrent aux trousses du grand Jeff. Mais il était déjà loin.
    Depuis ce jour, on court toujours après la belette.

  2. caillaud dit :

    En cette sombre soirée du 31 juillet, la majorité des habitants de Moinaumou se sont rassemblés dans la salle du comité des fêtes. Monsieur Pois, le maire a tenu à les réunir. Deux jours plus tôt, le dimanche 29 juillet, s’est tenu le concours « Montre-moi ta belette » qui a dégénéré et s’est révélé être un incontestable fiasco. Dans les mémoires moinaumoudiennes, ce mardi s’inscrira comme étant « Le jour de la belette noire ».

    Pour mieux comprendre les événements dont il est question, il nous faut plonger dans l’histoire de Moinaumou. La légende locale veut qu’il y ait bien longtemps, le fils du châtelain, Hugo ait recueilli une petite belette avec laquelle il aurait tissé une relation extraordinaire. En cette même époque, une bête énorme, brune, mi-chien, mi-ours sévissait dans la région, s’attaquant aux enfants, aux vieillards et à tout autre malheureux quelque peu faiblard. Malgré de nombreuses battues, les villageois ne parvinrent jamais à la débusquer. Un jour, alors que le jeune Hugo et sa belette se promenaient, ils se firent surprendre par la bête. Usant de toute sa bravoure, la petite belette défendit son maître et réussi par un fabuleux hasard à l’effrayer et à la faire basculer dans un ravin. Depuis ce jour, la belette devient symbole de force et de courage à Moinaumou. Une sculpture représentant Hugo et sa belette fut érigée sur la place de l’Eglise et chaque année, son exploit est célébré au cours de la « Journée de la belette ». Au fil du temps, cette journée devient un évènement incontournable et fit la renommée de Moinaumou. De l’aube jusqu’au crépuscule, des personnes provenant de toute la région se regroupaient pour festoyer, dansant, chantant et s’enivrant à la victoire des belettes. Cette fête était l’occasion pour les amateurs de belettes de déambuler parmi de nombreux stands présentant des objets des plus saugrenues à l’effigie de notre petite amie : vêtements, ustensiles de cuisine, statuettes, amulettes… Tout au long de la journée, de nombreuses animations étaient proposées, telles que la « Chasse à la belette » pour les enfants ou « Comment s’alimenter comme une belette? » ou encore, « Apprendre à tailler sa haie en forme belette ». Elle se concluait par un sensationnel spectacle, mettant en scène des acrobates et des cracheurs de feu, narrant le combat entre la belette et la bête. Se tenait également notre fameux concours « Montre-moi ta belette » où chaque belette de Moinaumou produisait un numéro à l’issu duquel est élue Miss belette. Il faut savoir qu’à Moinaumou, tous les habitants sans exception, possèdent une belette. Durant l’année, ils la soumettent à un entrainement rigoureux, rêvant de remporter le concours. L’année précédente la grande belette gagnante avait produit un épatant spectacle de claquettes.

    En cette journée ensoleillée du mardi 29 juillet, tout bascula. La belette de Madame Berthe concluait tout juste son numéro de chant lyrique qui lui valut une demi-heure durant, les hourras du public, lorsque la belette de Monsieur Semel entra sur scène. Il s’agissait d’une étrange petite belette qui se déplaçait d’un pas lourd et pataud. Son pelage était d’un brun noirâtre et d’un blanc jaunâtre, sale. C’était la plus horrible des petites belettes jamais perçue par des yeux moinaumoudiens.

    La salle du comité des fêtes était emplit d’un brouhaha épouvantable.

    « Un peu de silence je vous prie ! », tonna le maire.

    « Comme je vous le déclarais à l’instant, Monsieur Semel a commis la plus grave des infractions… Que dis-je ? Il a commis le plus grand crime qui soit. Il a couvert notre ville d’opprobre et de honte en présentant durant notre concours annuel, le plus pestiféré des mustélidés, un nauséabondant putois ! Pour cela je réclame la peine capitale. »

  3. stephane dit :

    le concours « montre moi ta belette » organisé à moinaumou, s’est mal terminé. le comité des fêtes, fort dépité, ne s’en ai toujours pas remis…

    c’est Georges qui a eu cette idée du premier concours « montrez moi votre belette »,il se déroulera tous les premiers dimanche de juin. comment aurait il pu s’imaginer avoir autant de succès plus de cent personnes se sont inscrites pour un si petit village du pays basque. comment tant de personnes peuvent avoir une belette à montrer! le comité des fêtes est ravi du succès et se prépare activement à la préparation du spectacle. location de scène, prêt par les autres communes environnantes de chaises, tables et de barbecues. même la télévision locale s’est invité à la fête pour la retransmission de l’événement. tout le village a été décorer au couleur de la belette d’Europe.
    lors de la soirée, atelier de confection de belette en papier mâché pour les enfants.
    et bal costumé et élection de la plus belle belette accompagner de son blaireau. tout est prêt pour commencer, le comité des fêtes est au complet pour commencer.
    georges se met au micro pour le discours d’ouverture
    bonjour à toutes et à tous, et merci d’être venus si nombreux. je déclare ouvert le premier concours de la ville de moinaumou « montrez moi votre belette » ouvert.
    je vais me permettre de vous faire un peu d’histoire sur la belette. déjà au treizième siècles la belette était appelé « la belle » afin de conjurés ses méfaits sur les pigeons qu’elle croquez à coeur joyeux. sans faire de dénonciation je pense que vous pouvez m’en montrer quelque unes dans l’assemblée …
    les regards fusent de toutes part. la tête des personnes du comité des fêtes commence à changer. mais georges ne s’apercevant de rien continue tranquillement son discours.
    dans notre région, elle sont appelées « la belle dame ».
    je ne peux m’empêcher de vous citer jean giono, Elle avait le surnom de « belette ». Mais ici, ça voulait dire aussi « petite belle », à cause de l’incroyable propreté de cette femme toujours coiffée d’un blanc absolument pur qui étonnait et faisait retourner.
    qui ne sait pas retourné et admiré les belles belettes n’est ce pas messieurs …
    continua georges en se s’apercevant de rien des mines déconfites du comité et de l’assemblée.
    la belette fait partie d’une grande famille, bien qu’elle soit la plus petite elle ont la particularité d’avoir un corps mince en général, un nez allongé des oreilles courtes comme les jambes.
    le comité des fêtes commence à ne plus savoir où se mettre. mais georges imperturbable continue son discours qui commencent à faire rire quelques uns mais pas toutes.
    nous avons la belette à dos rayé, à longue queue, à ventre jaune mais aussi la colombienne accro, l’égyptienne voilée , la montagnarde résistante, la froide de sibérie, la chaude d’Indonésie, la soumise du japon, l’humide des tropiques, sans oublié la zibeline, le vison, mais aussi la blanche hermine qui est la plus redoutable de tous, en rendant les moineaux mous.
    pour les volumineuses nous avons la loutre et aussi la zorille à nuque blanche, celle là non pas la taille mince…
    attention messieurs vous ne serai pas en reste pour vous, j’ai le furet, le putois mais un peu plus gros le blaireau qui n’en connait pas autour de lui!, le glouton aussi.
    je vais finir par:- montrer vous sur votre meilleur jours et nous démasquerons votre partie de la famille de belette qui est en vous.
    le concours est ouvert à tous et restera anonyme et secret.
    et maintenant commençons le bal par la danse des belettes et blaireaux du comité des fêtes.
    lorsque georges levant les yeux de son discours il s’aperçut de sa mégarde car déjà l’assemblé de blaireaux loutres et belettes s’étaient largement éclaircie même les musiciens ont déjà remballé ne voulant pas participé à cette mascarade et dénonciation. mais la télé n’a rien perdu du spectacle et dans le canton l’on se souviendra longtemps de ce concours sur les mustelidae.

  4. Avoires dit :

    Le concours de « Montre-moi ta belette » organisé à Moinaumou s’est mal terminé. Le comité des fêtes, fort dépité, ne s’en est toujours pas remis.

    Lorsqu’ils prirent connaissance du concours organisé par leur municipalité, les habitants de Moinaumou – il n’y a jamais eu d’adjectif pour les qualifier, le ministère de l’Intérieur y ayant renoncé ; tiens, ce serait opportun de proposer un RIC, un RIP, un RI quelque chose sur se sujet ! Trouver un qualificatif pour ces habitants-là. Oui, c’est vrai, tous les habitant des trente-cinq mille et quelque communes de l’Hexagone ont tous un nom pour les désigner sauf ceux de Moinaumou. A moins, de changer de nom ou le modifier, ce qui serait certainement moins problématique. Bon, si on essayait de modifier le nom, en creusant son origine par exemple.
    Donc, les sans nom de Moinaumou pouvaient participer à un concours à l’intitulé bizarre « Montre-moi ta belette » !
    Des belettes, cela faisait belle lurette qu’il n’y en avait plus dans les parages ou si peu. Ils n’avaient vraiment rien d’autre à faire au comité des Fêtes que de trouver un concours comme ça ! Aux prochaines municipales, ils allaient moins rire.
    Ils se souvenaient tous par contre de La Fontaine, ce délicieux poète qui avait mis en scène une belette avec un lapin, petit, et un chat. Mais la pauvrette avait mal fini tout comme son compère lapin dont elle s’était emparé du logis.
    Tout cela ne faisait pas avancer la cause des sans nom de Moinaumou. Quelle idée avait-on eue d’affubler un village d’un nom pareil ? Même si l’on décortiquait le non « moine au mou » ça n’allait pas. Non, c’était indéfendable ! Il n’y avait jamais le moindre monastère dans l’histoire de la contrée. « Au mou », au mou de quoi ? Franchement, c’était insondable. Non, il fallait modifier une ou deux lettres, remplacer le « m » de mou, adjectif peu valorisant, ou celui de « moinau » qui vraiment ne veut rien dire.
    L’entreprise se révélant hasardeuse, semée de difficultés innombrables, sans solution, les sans nom décidèrent de boycotter le concours. Il n’y eut donc aucun participant à l’épreuve. Les membres du jury et le public huèrent le comité des Fêtes – invisible- Les élections municipales qui suivirent furent sans appel pour la clique, tout disparut, y compris la commune qui fut rayée de la carte.
    Et une de moins !
    Moralité, pour diminuer le nombre de communes, organisez des concours idiots !

  5. oholibama dit :

    Le concourt « Montre-moi ta belette » organisait par Moinaumou, s’est mal terminé. Le comité des fêtes , fort dépité, ne s’en est toujours pas remis.
    _C’était quoi ce bazar Monsieur Renardino, que s’est ‘il passer avec Mesdames Lapara, Sangliart et Geaianine? elles sont venues avec leurs amies belettes de chaque coin des bois des oubliettes et vous osez, vous Monsieur Renardino…nous faire cette démonstration plus que…plus que.

    Le pauvre Moinaumou ne trouve plus ses mots. Comment gérer cette situation? Que vont dire ceux qui se sont déplacés de si loin pour participé à une fête sans préjugé?

    Renardino est fort fier de sa démonstration et avec Merlino son ami et confident ainsi qu’avec Ratreur le conteur…Ils s’étonnent que cela choque ces dames, quoi! quel est le souci? La nature l’a bien pourvu et alors ou donc se situ le problème?

    Il n’y avait pas de petits sauf ceux qui bien au chaud dans le ventre de leur mère mais bon, eux ils ne comptent pas. Oh oui les bigotes, telles Mesdames Teurelle, Buzla, Coulveuse, Ilrondo, toutes faisant parties du commité des fêtes se sont senties mal et avec moult cris, glapissements, crissements et autres ments théâtrale , l’ont banni à vie de chaque concourt ou participation aux fêtes.

    Elles en ont fait tout un plat chaud afin de faire, en sorte que les Dames venues assister à la fête, soient elles aussi fortement contrarier alors que…juste avant…Hum, Hum, Hum!

    Soudain, n’en pouvant plus de ces hypocrites enrubannées, Renardino se tourna vers les jeunes Belettinaées et d’une voix tonitruante, grandiloquente, demanda: » Mes chères Demoiselles, que pensez-vous de mon passage sur les planches? Est-ce choquant pour vos beaux yeux? »

    Gloussantes, se trémoussant, faisant gonflés leur poil soyeux…elles s’exclamèrent toutes en coeur : » _Oh non, on en veut encore, Oh oui encore Renardino ». Il glapit de joie, remonta sur les planches, se collant contre les jeunes demoiselles frissonnantes et avec gouaillerie…montra de nouveau le morceau choisit du délit.

    Même Moinaumou s’exclama : » alors là Mesdames quel morceau! Ne boudez donc pas votre plaisir et Messieurs prenez_en de la graine. Cette paire là…ma foi, vaut bien le détour. Pourtant cher Renardino, je maintiens que votre acte ce jour, indescent va vous valoir, le retrait ferme de notre association…à votre déplaisir belles dames et Demoiselles gouailla le sieur Ratreur riant sous cape.

    Moinaumou malgré tout fort déconvenue refusa la suite de la fête. Tout un chacun repartit qui dans son trou, qui dans son nid, qui dans la pierre. Ce petit épisode des plus plaisant pour les uns, intriguant pour les autres fit parler très très longtemps.

    Pourtant, au bal du printemps, Renardino et ses amis étaient présent et ma foi…fort bien accompagnés. Moinaumou , invita de nouveau Renardino aux prochaines fêtes de présentations et celles du renouveaux car après tout… que serait la vie sans ce perturbateur au grand coeur? Hum! y.l.
    sur une idée de Pascal Perrat.

  6. Clémence dit :

    Le concours de « Montre-moi ta belette » organisé à Moinaumou s’est mal terminé. Le comité des fêtes, fort dépité, ne s’en est toujours pas remis.

    Depuis les premiers jours de janvier, les villageois étaient en émoi. Dans une semaine débuterait le tournoi entre les quatre hameaux dépendant de la cité de Moine : Moinaumou, Moinaudur, Moinau-le-vieil et Moinau-le-neuf.

    Moinaumou sortit vainqueur. Il lui revenait ainsi le privilège d’organiser le concours « Fort en écriture » et d’en rédiger le sujet imposé. Après de longues veillées de discussions, de votes et de délibérations, les membres du jury approuvèrent le sujet à l’unanimité (Montre-moi ta belette!) et promirent de ne pas l’éventer.

    Les préparatifs commencèrent. Choix d’un local, disposition des sièges, matériel mis à disposition, consignes précises et collations. A propos de collation, un des membres du jury exigea que chaque participant* reçoive une bouteille d’eau en verre et un verre… en verre ! Pour la rédaction, un autre imposa le stylo-réservoir et l’encre bleue.

    Le comité approuva et le règlement fut imprimé. La veille du concours, la check-list fut consultée une ultime fois et il en résulta que tout était parfait.

    Le jour J, les participants arrivèrent à l’heure. Avec une discipline remarquable et un silence absolu, ils s’installèrent à la place qui leur était attribuée et furent toute ouïe à la lecture du règlement. Enfin, ils reçurent leur enveloppe contenant six feuilles de papier ligné, le règlement et le sujet.

    Le chronomètre démarra. Tous les participants baissèrent la tête, s’emparèrent de leur enveloppe, en retirèrent le contenu et puis, chacun s’affaira à ses petites manies d’écrivain.
    Contrairement aux autres qui disposaient leur matériel sur la table, Agathe – dix ans et benjamine du concours- s’empara d’abord de la bouteille et se versa un verre d’eau.

    C’est alors qu’un phénomène étrange se produisit.
    Les lettres du sujet se décollèrent de la feuille, s’élevèrent doucement, retombèrent dans le verre d’eau et disparurent.
    Agathe en resta bouche bée.
    Alors qu’elle s’apprêtait à lever la main pour signaler son problème, une clameur s’éleva dans la salle : « Le papier se décompose ! L’encre devient invisible ! Le numéro d’identification danse la carmagnole ! Les lettres jouent au fantôme de l’opéra… »

    Touché-coulé ! L’arrêt du concours fut décrété.

    Les participants affichèrent une mine déconfite alors que le comité organisateur poussait de hauts cris. Jamais, jamais, de mémoire de Moinaumou, jamais de tels événements ne s’étaient produits. Dès lors, il était impératif de sauver la face.
    Tous approuvèrent, même si la tâche s’avérerait délicate et semée d’embûches.

    Les propositions se multiplièrent et finalement une seule fut retenue. Elle se résumait en ce raisonnement : « Si les lettres étaient devenues invisibles en se diluant dans l’eau, il suffisait de verser un liquide coloré et les lettres réapparaîtraient. A l’instar de l’encre invisible. »

    Quatre liquides disponibles immédiatement furent retenus et l’expérimentation commença.
    Chacun versa un peu de thé dans les bouteilles d’eau et les verres.
    Rien ne se passa.
    Chacun versa un peu de café. Les résultats ne furent pas plus concluants.
    Chacun versa alors un nuage de lait, mais il ne fit pas revenir les lettres.
    Les derniers espoirs reposaient sur la boisson des dieux : le chocolat.
    Hélas… organisateurs et participants furent, à leur tour… chocolat !

    La journée était sur le point de se terminer par un magistral en fiasco. La honte ! Agathe en avait les larmes aux yeux.

    C’est alors qu’un gamin, le jumeau d’Agathe, chagriné par toute cette eau barbouillée, proposa de la nettoyer avec de l’eau gazeuse. L’idée fut acceptée à l’unanimité, mais il fallait donner un peu de panache à cette ultime tentative.
    Des cris retentirent aussitôt : « Flash mob ! Flash mob ! Flash mob ! »

    La « mobilisation éclair » fut prête en un quart d’heure: occupation de l’espace, musique et consigne : « A la 478° seconde de « La Moldau » chaque participant verse un verre d’eau gazeuse dans sa bouteille. »

    Et c’est alors que l’invraisemblable se produisit : les bulles éclatèrent en hurlant : « C’est quoi ce charabia ? C’est quoi ces anagrammes effarouchées ? Vous ne pouvez pas parler à l’endroit, comme tout le monde ? »

    Stupéfaits puis empressés, les participants du concours saisirent les lettres et les remirent en bon ordre. Mais le jury décréta qu’il était trop tard pour écrire une histoire ! Alors, la journée se termina dans la confusion et sans proclamation.
    La moitié des participants s’en amusèrent.
    L’autre moitié s’en morfondit.
    Et il se murmura dans les chaumières que les membres du comité des fêtes, fort dépités, ne s’en étaient toujours pas remis. Ils s’étaient fait moucher par un gamin ! Un affront à laver dans les plus brefs délais !

    © Clémence.

    * participant: terme épicène.

  7. iris79 dit :

    Il faut dire que la manifestation fut loin d’être à la hauteur de leur engagement. Tout cet investissement réduit à néant ! Quel fiasco, quel cauchemar cette soirée ! Pas un des bénévoles de l’association organisatrice n’avait perçu l’ambiguïté des mots choisis pour lancer ce concours, pas un !
    Aussi qu’elle ne fut pas leur surprise de découvrir quelques heures après l’ouverture des portes une invasion de manifestants venus, pour les plus hargneux crier leur colère, pour les autres leur mécontentement. Se trouvaient à mêler leurs cris, des prudes, des écolos convaincus, des soi-disant garants de la morale et de la bienséance, des frustrés pour qui rien ne trouvait grâce à leurs yeux et qui profitaient là d’une occasion pour ronchonner. Les banderoles s’agitaient. On pouvait y lire des slogans comme « esprits dépravés ! », « libérer les belettes du monde entier ! » « Arrogants », « pervers ! », « belette, prend la poudre d’escampette ! »…
    Face à cette déferlante offensive, les centaines de passionnés qui avaient déjà pris place dans la salle des fêtes dont la plupart attendaient cet événement depuis longtemps, traversant même la France pour certains venus en camping-car aménagé spécialement pour leur précieuse belette, regardaient ébahis les fauteurs de trouble. Interloqués puis franchement énervés à leur tour, ils firent pleuvoir des insultes, sommant les manifestants de replier leur banderole, de remballer leur agressivité. Mais pourquoi diable se focaliser sur ces pauvres belettes dont ils étaient si fiers ? Et pourquoi tant de gens remettaient-ils en question le lieu de cette manifestation ? Eux ne percevaient pas l’origine du malaise. Apprendre à mieux connaître leur belette était quand même plus excitant, intéressant, valorisant que de ne pas le faire. D’ailleurs le public qui s’était massé aux portes dès la première heure en était la preuve non ?
    Cette pagaille se mua néanmoins en bagarre générale où chacun ne savait évidemment plus pourquoi il tapait sur l’autre. Le président dépité, observait impuissant, ce massacre du haut de son estrade. Il voyait passer des bras, des jambes, des poings, des belettes, des coups sous les regards apeurés de celles qui étaient encore en cage. D’ailleurs, elles finirent par s’enfuir. Si leurs maîtres trop occupés à se déchainer sans compter avaient tendu l’oreille, ils auraient entendu que les loups et les renards les attendaient pour chanter. Mais la bêtise des hommes recouvrait tout le reste et ce n’était pas prêt de s’arrêter.

  8. françoise dit :

    Le concours « Montre-moi ta belette » organisé à MOINAUMOU, s’est mal terminé. Le comité des fêtes, fort dépité, ne s’en est toujours pas remis
    le Président du Comité avait reçu un sms de Jean de la Fontaine l’avisant que le chat du rabbin qui devait jouer une scénette intitulée « le chat, la belette et le petit lapin » ne pourrait être là pas plus que le petit lapin car ils avaient un rendez-vous avec le rabbin pour aller déloger la dame au nez pointu du palais du jeune lapin.Maître Corbeau et Maître Renard s’étaient joints à eux.
    Tout ceci explique pourquoi le spectacle commença avec retard, que les « acteurs » ne furent pas au mieux de leur talent habituel.Ironie du sort, ce fut la belette qui s’en tira le mieux.
    Canular ou pas , quelque temps plus tard une rumeur courait que le Président du Comité avait attrapé le Coronavirus

  9. Maguelonne dit :

    Le concours de Montre moi ta belette s’est mal terminé . Le comité des fêtes , fort dépité , ne s’en est toujours pas remis .
    Pourtant ça partait d’une belle intention : animer le bourg , faire venir du monde , faire la fête . Le clou de cette journée , c’était le concours avec un super prix : deux places au spectacle en plein air des Bodin’s . Et l’idée originale , correspondant au village , ils l’ont trouvée . Dans ce gros village de campagne , chacun a son potager , élève ses poules , ses lapins… L’ennemi ici c’est la belette . Foutue petite bestiole qui se faufile partout , tue des lapins , ravage des poulaillers , la nuit , le jour . Jamais de répit . Alors cette belette , on va la choper vivante , la mettre en cage et le prix sera attribué à celui qui a capturé la plus belle , d’où l’intitulé du concours : montre moi ta belette .
    Alfred , fils du maire , premier adjoint n’est pas peu fier de sa trouvaille : c’est lui qui a eu l’idée .
    Le jour J tout va bien , il fait beau , les gens sont là . Les gars du village se sont décarcassés : sept belettes participeront au concours
    . Parmi la foule se trouve Pauline , enfant du village , partie à la ville . Ses ambitions ont du mal à décoller mais elle ne désespère pas . Elle a des arguments : une mignonne petite frimousse au nez pointu , des rondeurs là où il faut avec une taille de guêpe au milieu . Aujourd’hui Pauline a l’humeur joueuse . Elle use et abuse de ses charmes avec les mâles du patelin . Elle rit un peu trop , se penche un peu trop , frôle un peu trop… et met le feu au village . Même Eugène , le maire qui pourtant est en grêve du sexe depuis longtemps a quelques réminiscences . Ah , quelques années de moins…La petite belette aguicheuse , finaude , fait sa danse de charme et hypnotise les hommes qui pensent tous être l’heureux élu
    À dix huit heures , c’est l’apéro et l’annonce du gagnant . Eugène a demandé à Pauline de remettre le prix et de faire la bise au vainqueur . Le jury est composé du maire , de son fils cadet , de sa femme Germaine , de son cousin germain , de sa cousine germaine et de son neveu . Tous font parti du conseil municipal et du comité des fêtes puisqu’ici on fait tout .
    Et le prix est attribué , à l’unanimité à Alfred . Alors la grogne éclate , c’est du piston , ras le bol du maire et de sa famille . Le ton monte , on en vient aux mains . Une mêlée se forme et on ne sait plus à qui appartient ce bras , cette jambe…Pierre , qui par hasard , arrive à sortir sa tête de ce magma aperçoit Pauline qui part en fulminant « ras le bol de ces péquenots » . Il crie « Pauline revient » . Les autres se figent , essaient de comprendre . Travail au ralenti des neurones mais ça finit par monter au cerveau . Ils constatent les dégâts : chemises déchirées , cheveux arrachés , griffures diverses , un poignet cassé , deux dents en moins….et Pauline est partie
    On soigne les blessés , on a un peu de mal à se regarder dans les yeux , le silence est pesant .
    Seule Germaine s’exclame « ah , ces bonhommes , toujours aussi idiots , une petite belette sous le nez et ils deviennent fous » . Alors tous retrouvent la parole et invectivent Germaine . « si c’est pour dire des âneries pareilles , tu ferais mieux de te taire » . On parle , on parle , mais en fait, on est pas très fier et les bleus à l’âme mettront un peu de temps à guérir . Quoique avec un petit pastis…

  10. ourcqs dit :

    Cette année, la « Nuit de la belette » organisée par les Moinau Mous, devait être l’évènement de la région. Les organisateurs avaient pris les choses en main pour plus de dynamisme, de surprises. Pas question de se faire traiter d’amorphes, mollassons, Il fallait innover. Ils avaient tout prévu pour les défilés, éviter les affrontements, les heurts lors des décisions du jury.
    Les participants avaient des critères à respecter, avec l’idée de vitalité, de changement. Quelle imagination !!! avec les accessoires assortis, les rythmes de passage, quelques figures de style. C’était un beau spectacle.
    Les spectateurs, enthousiastes mais indisciplinés,avaient emmené quelques mulots, petits lapins pour stimuler, disaient-ils,les belettes vedettes. Certains étaient accompagnés d’autres membres de la grande famille, fouines, furets … quand un blaireau pointa son museau très odorant, la foule frémit, les candidats distraits, déconcentrés, mais quand une blanche hermine voulut parader, ce fut le comble. Désordre, cris et même, des bagarres, du jamais vu chez les Moinou-mou, qui jurèrent mais un peu tard « qu’on ne les reprendrait plus au jeu des changements.
     

  11. Grumpy dit :

    La Fête du village est inaugurée et déclarée ouverte par cet appel du Maire « Que la fête commence ! »

    Le Comité des Fêtes de Moinaumou se casse la tête pour trouver chaque année une idée nouvelle d’animation-surprise. Cette fois elle a imaginé un concours intitulé « Montre-moi ta belette ».

    Intrigués les habitants se posent des questions, s’agit-il d’un concours auquel il faudrait présenter une de ces fines & soyeuses petites bêtes, mais si véloces ? Pas facile d’en attraper une surtout en un si bref délai. Perplexité.

    Un stand spécial est installé pour cette épreuve exceptionnelle, on peut apercevoir par une fente de sa clôture l’estrade centrale habituellement utilisée pour la remise de prix ou de décorations.

    On réfléchit. Il va donc falloir monter dessus et présenter à tous …. oui, mais quoi ?

    Autre énigme : sur la porte de cet enclos est collée une affiche, disant en très gros caractère : « ICI, ON TIRE UN COUP »

    Véritable attrape-mouche et de ceux qui marchent à tous les coups. Les hommes comprennent à leur façon le sous-entendu. Petits sourires en coin, on s’en promet. Leurs épouses, un peu moins ravies, on se met à leur place…

    La gageure est osée puisque l’on comprend qu’avant de pouvoir tirer il faut avoir été désigné vainqueur du challenge.

    Mais ça n’en décourage aucun. Ceux qui se la savent grosse bombent le torse et se voient gagnants, forcément. Ceux qui l’ont moyenne en se l’estimant grosse n’ont aucun complexe. Ceux qui l’ont toute petite savent qu’en général, plus c’est mignon, plus ça plaît.

    Chacun va en catimini se la rendre bien propre au savon de Marseille et même l’aspergent d’une giclée de vaporisateur parfumé, sans oublier d’en peigner la fourrure, après tout, on parle bien de belette ?

    Ils vont jusqu’à enfiler en cachette un slip propre, chose rare, qui fait faire de gros yeux soupçonneux à leurs dames. Nombreux glissent discrètement la main dans leur braguette pour valoriser ‘la belette’.

    Le concours ne manque pas de candidats, la file est si longue que le dernier n’a son tour qu’à la nuit. Après le bal et le feu d’artifice, on se presse impatient du résultat.

    Qui c’est qu’à gagné, qui, qui ? Cri de stupéfaction et de jalousie : Le Maire a pris la parole et demande d’applaudir celui qui s’est présenté dans le noir :

    «  Et le vainqueur est, est, est ……..….. Monsieur le Curé ! …. »

    Pas la peine d’appuyer là où ça fait mal, mais le Comité des Fêtes a pris une telle branlée de la part de l’Evêque, qu’il ne s’en est jamais remis.

  12. Nadine de Bernardy dit :

    Le concours « montre moi ta belette » organisé à Moinaumou » s’est mal terminé.le comité des fêtes, fort dépité,a failli ne pas s’en remettre.
    Qu’est ce que c’étaient que ces étrangers venus s’imposer pour un quadrille indécent et non convenu? Ces loups et ces renards qui s’exhibaient en tenue légère entrainant les belettes sur un rythme barbare aux sonorités exotiques.
    Réunion de crise au comité.
    Qui avait convié ces indésirables? Personne apparemment.Il semblerait qu’ils soient arrivés là pour le plaisir de mettre la pagaille dans le concours.
    En plus, piailla mademoiselle Tournebroche,quelle tenue indécente.Ces loups aux allures de voyous,aux yeux brillants qui vous déshabillaient du regard.Breuh!quelle audace!
    En effet ,renchérit la femme du maire,ces sourires lascifs,ces dents blanches prêtes à vous dévorer toute crue,j’en ai encore la chair de poule.
    Et vous avez remarquez les renards?Le regard malicieux qu’ils avaient,jetant des oeillades à vous faire rougir demandât l’institutrice encore toute rose de confusion outrée.
    Ces queues, mon Dieu d’un roux chaud,provocant.Un de ces panache! Comme ils en jouaient avec arrogance, soupirât la châtelaine en rajustant sa voilette.On aurait eut envie de …
    Tututut mesdames, les arrêtât le vicaire,il n’y a pas de quoi fouetter un chat si vous me permettez.Certes il y a eu violation de concours,mais jamais on n’avait vu les belettes aussi avenantes,le poil brillant,la moustache frémissante.
    Cette arrivée intempestive a apporté de la fantaisie dans cette tradition un peu trop conventionnelle.
    On pourra les inviter l’an prochain?demanda timidement la veuve du colonel.
    Nous verrons, dit le vicaire en riant sous cape.

  13. Patrick LABROSSE dit :

    Le concours « Montre-moi ta belette » organisé à MOINAUMOU, s’est mal terminé. Le comité des fêtes, fort dépité, ne s’en est toujours pas remis.
    Evidemment, c’était à prévoir ! Les bretons, comme toujours ! Il suffisait d’un festin, d’un cercle circassien, d’un coup de chouchen de trop pour qu’ils entrent dans la danse.
    Qui plus es l’hermine et la belette se ressemblaient ! Deux petits carnivores, furtifs, vifs comme l’éclair, avides de proies. Ils demandaient leurs rations journalières. Avoir un cœur qui battait à plus de 180 pulsations minutes demandait force calories.
    Les étendards de la duchesse Anne claquaient aux vents, prêt à en découdre. Belette et hermine rassemblées pour le grand tournoi. On aimait se rappeler chaque année les ripailles de naguère. Et dans la commune de Moinaumou (ker moineau en breton) on aimait parader.
    Les Korrigans, petits êtres espiègles, avaient publiés les bancs au cœur de la forêt de Brocéliande. Si la commune de Sucé sur Erdre avait fait le buzz, les habitants de Moineaumou ( ker moineau) ne serait pas en reste. Ainsi la gigantesque banderole assignée au frontispice de la mairie annonçait : » MONTRE MOI TA BELETTE -KUZ ME TA BILOUTE – festival annuel de l’érotisme celtique « .
    Cette année pour marquer l’événement, on inaugurait un buste de Dahut, qui pour les béotiens représente la fille du roi Gradlon (roi de Cornouaille), jeune femme libertine à l’origine de la submersion de la ville d’Ys. Tout du moins c’est ce que prétend la légende remaniée par les foudres de la chrétienté. .
    Ainsi, harpes, biniou, bombardes réveillaient les vieilles querelles entre croyances celtiques et dévots chrétiens.
    Les uns fustigeant les autres ; les uns agissaient sous la bannière de l’hermine, les autres sous celle de la belette celtique.
    Au-devant du cortège, on avait placé les jeunes novices, qui pour l’occasion portaient un kilt en peau d’hermine, blanc comme neige pour les premiers, marron crème pour les seconds.
    Evidemment, la tradition voulut qu’on fut nu sous le kilt. Indéniablement, cet artifice attirait la galante à des milles alentours. Il n’y eu que Brigitte Fontaine pour décrier un tel défilé d’étalon.
    On eut peine à contenir les cris de femelle en rut lorsque arriva l’épreuve principale. Les dévotes hurlaient à se briser la voix : MONTRE MOI TA BELETTE ! Aussitôt, chaque compétiteur levait à tour de rôle son kilt, improvisait une chorégraphie avec sa belette puis à l’aide d’un « hormonomètre » on mesurait le taux d’hormone du désir au mètre carré.
    Le gagnant se voyait remettre le titre de belette la plus créative de l’année et serait cordialement invité à usé de sa biloutte en pays Bigouden. Les autres seraient jetées en pâture dans l’arène en proie aux souhaits des prétendantes au titre de Dahut de l’année.
    J’oubliais de vous signaler que force était de constater qu’il y eut peu de moineau mou en ce jour de l’année. Toutefois le comité des fêtes fort dépité par les prouesses érotiques de l’hermine ne s’en est toujours pas remis .

  14. Fanny Dumond dit :

    Le concours de « Montre-moi ta belette » organisé à Moinaumou s’est mal terminé. Le comité des fêtes, fort dépité, ne s’en est toujours pas remis.

    Tous les participants s’étaient volés dans les plumes si bien que la présidente pensait, peut-être, donner sa démission. Était-ce sa faute si elle avait quatre-vingts ans et qu’elle n’y connaissait que couic en informatique et qu’elle était presbyte. Il faut dire que l’oculiste lui avait fabriqué une paire de lunettes qu’elle ne portait pas, tant elle était exigeante sur les couleurs et tout le tintouin. Elle tapait sur le clavier avec un index et à la vitesse d’un escargot et c’est ainsi que pour fêter l’Épiphanie elle avait fait un regrettable lapsus. Elle fut d’abord très étonnée lorsqu’elle constata que pas une seule personne n’avait apporté de galette. Elle n’y comprenait plus rien. Les participants s’étaient installés avec leurs verres de cidre à la main dans l’attente du spectacle qui tardait bien à débuter.

    – Bon ben moi je commence. On va pas attendre la Saint- Glinglin. On va voir si je ne suis pas la plus belle, dit à l’oreille de son mari une femme empestant le parfum et toute peinturlurée.

    Les huées et les sifflets la firent regagner sa place précipitamment. D’autres femmes, des moches et des belles, des jeunes et des moins, défilèrent telles des mannequins de chez Dior.

    – Mais comment qu’on fait pour voter ? s’indigna un petit vieux qui n’en perdait pas une miette.

    La présidente affolée, qui pensait être dans la quatrième dimension, reprit tant bien que mal ses esprits et expliqua, en crachotant dans le micro qui faisait des larsens, qu’il se ferait à main levée. Quelques murmures se firent entendre, puis tout rentra dans l’ordre jusqu’au moment où un jeune s’indigna que ce concours ne soit réservé qu’aux nanas et que lui aussi aimerait bien gagner le weekend à Venise. L’octogénaire ne put qu’acquiescer par crainte de se voir lyncher par la foule. Il monta sur l’estrade et entreprit un strip-tease et fut bientôt imité par d’autres hommes, des moches et des beaux, des vigoureux et des moins. Les femmes en prenaient plein leurs mirettes pendant que leur tendre moitié commençait de s’offusquer.

    Le pugilat commença lorsque l’un des participants – qui s’était enquillé trois bouteilles de cidre titré à 8 % – la main sur l’élastique de son slip, s’écria :

    « Vous voulez voir ma belette ! »

  15. Antonio dit :

    Pourtant tout avait plutôt bien commencé ce dimanche après-midi.
    Les vieilles filles défilaient les unes derrière les autres sur la piste de danse, empruntant les pas frénétiques de la belette en chasse. Le but ? Impressionner le jury de faux célibataires, l’hypnotiser, comme le fait l’animal emblématique de la région, avant de mettre le grappin sur sa proie, pendue à son cou, dans un slow final.

    Ce concours était bon enfant, exclusivement réservé aux retraités, il était l’occasion, une fois l‘an, d’intégrer les femmes aux manifestations hebdomadaires des joueurs de pétanque et de belote de la commune et des environs. C’était l’idée de Robert, le vieux célibataire, qui avait provoqué le parterre de mâles, un soir après un tournoi de cartes un peu trop arrosé.

    « Montre-moi ta belette et tu vas voir si elle ne va pas chasser le chaud lapin ».

    La provocation avait gagné la petite communauté en mal de défis. L’idée était simple, selon Robert, mariées ou pas, toutes les femmes allaient retrouver leur liberté de jeune fille, le temps d’une après-midi festive. « Et on verra bien. » C’était tout vu, chaque année on ne voyait rien d’autre qu’une occasion de rigoler un peu, chacun repartant, au final, avec sa propre belette, après avoir émoustillé le copain, sans jamais aller plus loin, à quelques exceptions près qui ne semblaient déranger personne et dont Robert était souvent l’instigateur.

    Seulement, cette année, pour le Robert, ça a été belette, rebelette et dix de der.

    « Il est aussi perfide qu’aux cartes » jurait le René qui rentrait pour la première fois sans Simone, comme son partenaire de cartes, Michel, sans Justine.
    « C’est juste un jour sans, René, on va se refaire, elles rentreront demain ! »

    À la salle des fêtes, le vainqueur roucoulait toujours au milieu d’un harem de sexagénaires débridées pendues à son cou, en suçons de midinettes sur des ballades d’Elvis Presley.

    « Oh ! Robert, c’est décidé, je quitte René, partons faire le tour de la Bretagne ! »
    « Je vous suis ! »
    « Pas sans moi ! »
    « Et moi ! »
    « Quand un valet comme lui se présente, il faut prendre ! » se saisit alors Justine de l’atout en puissance sur « Love me tender ».

    Le vieux célibataire n’avait jamais eu une main aussi fournie à cœur, de quoi couper l’herbe sous le pied à ses vieux partenaires. Ce jour-là, ils finirent tous capot, la partie de jambes en l’air à venir en travers de la gorge.

    Robert avait vu juste, ces femmes savaient jouer à la belette aussi bien qu’eux.

  16. 🐀 Souris verte dit :

    🐾🐀 AU PAYS DES VOYOUS
    Ce pays de Moinaumou est tout et son contraire. Un véritable ‘ oxymorou ‘ car Moinaumou ne l’est pas ! Il s’en fâche, c’est son courroux !
    Les moinaumouliens moulinent très bien et souvent, on peut même dire sans être grivois qu’ils aiment ça . Du reste, c’est le seul pays où la natalité est en hausse.
    Dans sa particularité le moulinaumoulien ne se laisse pas surprendre. Il avance toujours les mains en avant. Les moulinaumouliettes savent dès leur plus jeune âge à quoi s’en tenir et là, il y a deux écoles : celles qui acceptent et les autres qui sont en perpétuelle rébellion. Il est à noter que, par chance, les plus attirantes sont de la première obédience… S’il y a conflit, il n’y a pas la guerre.
    Alors aujourd’hui, le maire fait de la provocation
    CONCOURS DE LA PLUS BELLE BELETTE !
    Et allons-donc, encore un concours féminin fulmine Claudette-Claude qui aurait bien aimé exhiber ses nouveaux avantages.
    Il y a effervescence pour la préparation du concours.
    Avant celui-là nous avons eu droit à celui de la belote où les reines se sont bien gentiment laisser beloter par leurs valets et pas que de pieds ! Puis ce fût la Pelote… Celui-ci présentait le danger du peloteur et du peloté. Qui pelotait qui ? et où et quoi ? Non ! Le règlement n’était pas complet. Trop vague ? Trop de vagues ! Le jury très disséminé a eu fort à faire à cause de la polysémie qui s’est mise de la partie. Ça a failli mal tourner entre ceux qui arrivaient les mains tendues pour s’en servir et le clan des redoutables tricoteuses venues armées de leurs pelotes de laine et de leurs aiguilles et crochets.
    Il allait y avoir maille à partir. Pari tenu, il y a eu ! Quand elles ont vu, ces cancanières ce qui se tramait dans les coins ! Et comment les paumes des mains devant épousaient si bien les contours et les arrondis, sans compter les gouzigouzis câlins et les zigouigouis des coquins, elles délaissèrent aussitôt le tricot. Ça leur mettait les nerfs en pelote. Menant haut le fer de leurs aiguilles à tricoter et leurs ciseaux pour en découdre, voilà nos brodeuses parties provoquer ces peloteurs d’attributs.
    Le service d’ordre les a fait filer…
    Mais aujourd’hui c’est une autre affaire. Alors qu’on s’ attendait à la rituelle élection de la reine de l’andouille et celle du cornichon, contre toute attente ce fut un concours de ‘ BEAUTÉ DE BELETTES’ qui fut annoncé par une banderole qui flotte sur la mairie.
    Après la belote, la pelote, voilà la belette. Chacun ou plutôt chacune doit montrer la sienne ! La belette : petit animal familier qui sent généralement pas très bon, souvent associée à la chatte et à la souris ! Ça devient intime là tout de même ! Et légèrement méprisant non ?
    Je me demande qui a pu insuffler au maire Perrat une idée aussi canaille que sulfureuse ?
    Dans les couples c’est la discorde… Il y a deux partis : celui des piquantes qui ne ratent jamais l’occasion d’une exposition personnelle. Et puis il y a les moins avantagées souvent timides.
    Ces manifestations, on sait comment ça commence mais jamais comment ça finit. Parce que forcément y en a qui vont en profiter pour aller voir et renifler si l’herbe est plus verte ailleurs, ou en tout cas, moins jaunie que chez soi ! Le tout avec l’autorisation des municipaux qui jubilent de leur bon tour.
    Et puis, il y a le moins chouette. L’argent… Le nerf de la guerre qui n’allait pas tarder à se manifester.
    Jules qui a des dettes et se doit de les honorer, regarde sa femme d’un air d’en avoir deux.
    Il hésite à la proposer ou la garder bien enfouie, pour lui tout seul. Il faut dire que sa Louise, si elle est moche par le haut, elle est joliment bien roulé du bas. Pommé juste ce qu’il faut pour remplir les mains d’au moins un honnête homme, ou pas ! Oui, un beau petit lot.
    Alors, courageusement la Louise y est allée » et ce qu’elle leur a montré les a emballés.
    Jules est définitivement prince consort car
    Louise est élue la reine des Belettes à l’unanimité et c’est elle qui a gardé les pépètes🐀

  17. Christine Macé dit :

    Au village de Moinaumou perdurait depuis des temps immémoriaux un concours fort prisé de ses habitants. Cette année encore, c’est à grand renfort de roulement de tambour qu’il fut annoncé. A la mairie, une affiche fut placardée..

    Or, il passa ce jour-là un étranger, peu au fait des us et coutumes de l’endroit.

    Interloqué par l’effervescence ambiante, il s’enquit auprès d’un manant. Qui flairant le blaireau s’empressa de lui vanter la chose. Prétendant qu’il s’agissait, pour les mâles du comté, de faire preuve de leur force et de leur bonne santé. Ce que l’autre traduisit aussitôt par « virilité ». De là à imaginer qu’il faudrait la montrer…
    Que ces gens-là avaient de curieuses mœurs ! Mais ma foi, la foule avait l’air bon enfant et de vouloir s’amuser. ! Il s’inscrit donc au concours. Et en tant qu’invité fut pressé de passer le premier.

    Largement applaudi lorsqu’il parut sur l’estrade, il salua l’assemblée ma foi fort accueillante. Marchant de droite et de gauche, lançant quelques œillades par-ci par-là aux jouvencelles rougissantes, il parada un moment. Avant d’ouvrir grand son habit pour offrir généreusement à la population médusée son coq hardi fièrement dressé.

    L’affaire se répandit dans le pays comme traînée de poudre et pour éviter le scandale, le comité des fêtes fut contraint d’interdire l’évènement.
    Mais on en parle encore dans les chaumières, croyez-m’en !

    Bon week-end, Christine

  18. Kyoto dit :

    Le concours de « Montre-moi ta belette » s’est mal terminé. Une manifestation virulente de défenseurs des animaux, antizoos, anticirques, antibouffeurdeviande, anticoncours,… a dégénéré et mis la pagaille à Moinaumou

    Le comité des fêtes, fort dépité, ne s’en est toujours pas remis. Le Président, Herr Minett, et sa petite secrétaire, Souricette, ont démissionné. Symboliquement, ils ont enterré leur amulette, entièrement fabriquée en peau de belette. Geste immédiatement suivi par chaque membre mou de ce comité.

    Depuis, le village est triste de silence. Les moineaux, les fauvettes, bergeronnettes ont déserté. Une idée ! Trouver une idée ! Facile à dire ! Solliciter Madame le Maire, surnommée affectueusement « ma Biquette », voilà le début d’une bonne idée. « Je vais réfléchir et je vous tiens au courant », voilà ce qu’elle a répondu à sa bande d’administrés, tous bons pour Charenton.

    C’est qu’elle était dépressive, leur chère Biquette. Elle décida de ne plus se faire brouter le cresson. Et tant pis pour ceux qui ont le flageolet à la portière…

    Après réflexion, elle leur répondit : » allez découvrir les éveilleurs d’idées ! Les ateliers d’écriture ne manquent pas. La municipalité offre à chaque intéressé un stage. »
    Bien sûr, ce fut un succès ; tant que c’est gratuit !

    Madame le Maire démissionna. Les habitants ne revinrent pas.

    Depuis, le village est peuplé de fantômes et… de belettes.

  19. durand JEAN MARC dit :

    Le concours de « Montre-moi ta belette » organisé à Moineaumou s’est mal terminé. Le comité des fêtes, fort dépité, ne s’en est toujours pas remis.

    Pourtant, la manifestation paraissait bien préparée. Avec l’appui des services nationaux défendant la biodiversité, le petit carnassier avait été réintroduit depuis un an dans toute la région. Des actions avaient été menées, des tracts distribués.

    A priori, tout un chacun savait reconnaître une belette, respecter son espace vital et bien évidemment ne pas la chasser.

    Or le premier concurrent apporta une poule. Le jury, gêné, tenta d’expliquer au monsieur que la belette était à poils et non à plumes. Le père Gustave le prit très mal: » Ben quoi, ya pas mieux comme belle petite bête. Ca fait cinq ans qu’on est ensemble. Elle ne me quitte pas d’une patte. Elle a le cul le plus efficace de tout le canton, ya pas meilleur pondeuse ». Et pour montrer son attachement, Charline, la poule, grimpa sur les genoux de son maître et se mit à entamer ce qui, ma foi, ressemblait fort à un roucoulement.

    Un deuxième concurrent, un drôle, légèrement esquinté du béret présenta au jury, tout sourire, ce qui s’avéra être un lapin. Il lui avait roulé les oreilles pour tromper son monde et rallongé la queue avec une autre queue de lapin fixée par un caoutchouc. Face au refus du jury, Jojo, pas si idiot que cela expliqua que ça… hein, une vraie belette, il n’avait pas envie de se faire bouffer les rognons du devant.

    Le troisième concurrent apporta un agneau qui entama sa jérémiade naturelle. Face au scepticisme général, Sean Connery, l’écossais récemment installé au village, expliqua calmement que dans son pays, les concours de bêlettes étaient chose courante et que là bas, chez lui, les bergers échangeaient d’une vallée à l’autre à grands coups de bêlettements. Et il entama lui même un chant local, une curieuse mélopée évoquant le cri d’une cornemuse piétinée par une brebis.

    Puis vint le Tartarin de Moineaumou qui saoula tout le monde avec ses récits aventureux, comme quoi il était le seul à avoir croisé la grande belette blanche du Kamtchatka et que, présentement, il était désolé de ne pas pouvoir l’exhiber à l’honorable jury car l’animal, rare, était occupé à sauvegarder sa race dans un zoo néo-zélandais.

    Le jury était au bord de l’épuisement lorsque apparut un grand bellâtre, aux cheveux gominés.

    Celui ci, les mains encore dans les poches, demanda au jury laquelle des belettes, souhaitez-t-on qu’il présentât : » Ma que yé souis oune grande espécialiste de la belette sous toutes ses formes. Qué yé peut vous fournir de la jeune belette, à peine sortie du nid, de la vieille belette, celle à qui je lime les dents … pour éviter les accidents. Qué, sinon, yé sur moi de la belette personnellle…et qu’il souffit de demander… »

    C’est à cet instant que Mademoiselle Belladone, la présidente du jury, tapa du poing sur la table et hurla « STOP…on arrête là ces horreurs….je démissionne….plus jamais ».

    En tant que première adjointe, attachée à la fois aux affaires culturelles et aux cultuelles…elle décréta que l’année prochaine…on reviendrait au concours de tartes aux pommes…comment, pourquoi pas aux prunes…? Non, elles seront aux pommes, c’est comme ça!

    Le maire, son époux leva le doigt pour rappeler qu’il y avait des choses plus importantes….la préparation des prochaines élections municipales… par exemple…!

    Quelqu’un de l’opposition releva que l’Etat et son chef, pour qui la majorité du conseil avait voté avait mal fait son boulot, et que la réintroduction de la belote aurait été plus simple..non..??

    Finalement, on se mit d’accord pour, la semaine suivante, après la messe, aller nettoyer les tombes du cimetière, car ici, en démocratie, tout le monde avait le droit et le devoir de s’exprimer.

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