411e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous…

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32 Responses

  1. RysameVdW dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous… m’éclairer ?

    Chère Madame,
    Patientez donc, et battez le briquet !
    Préparez également votre plume et entretenez votre feu.
    Je vous conseille vivement de n’ouvrir votre porte qu’a mon fidèle représentant Lubin lorsqu’il passera vous voir.
    Vos nuits seront bientôt éclairés et les crimes oubliés.

    Veuillez agréer, Madame …..

    Monsieur le Maire Pierrot de Lalune

  2. Laurent B dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez vous …

    – Pouvez-vous, Monsieur le maire prendre les mesures qui s’imposent. Ce noir de crime est de nature à affoler les enfants et faire fuir les populations
    M – J’en conviens avec vous, rétorqua le Maire, mais nous ne sommes pas à Maubeuge.
    – Soyons sérieux. Rendez vous compte si se phénomène se poursuivait et que le soleil soit lui aussi atteint ? Ou bien si seul le soleil brillait de tous ses feux ?
    M – Peut être mais, dans les pays du Nord il vivent six mois de l’année au soleil et les autres dans la pénombre.Leurs villages ne sont pas désertés.
    – Ce n’est pas une raison. La lune se partage l’hégémonie du ciel avec le Soleil. Nous ne pouvons pas rompre cet équilibre.
    M – Ha ?
    – La lune représente beaucoup pour tous les peuples antiques, ils l’ont tous célébrée. Elle est même si proche d’eux que, par exemple, les romains l’avaient appelée Diane
    M – Hou là ! Vous ramenez ma mémoire au temps du lycée
    – Pour beaucoup de ces peuples elle représente  » la lumière féminine « , c’est la déesse mère
    M – Cela me revient ; en ce sens elle éveille la conscience, l’imagination, elle guide l’Humain
    – La lune est notre Colonne d’Apprentis. Elle accompagne la connaisse et notre capacité d’adaptation. C’est l’une de ses autres symboliques tout aussi intéressante
    M – Je croyais que votre demande était simplement contemplative ou poétique mais vous allez au delà.
    – Vous voyez, on ne peut pas se passer de clair de lune
    M – Ce soir je vais la regarder autrement et … il y a effectivement quelque chose à faire. On va s’en occuper

  3. Delphine dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous… s’il vous plaît prendre les dispositions nécessaires pour résoudre ce problème et contribuer au retour de ma tranquillité ? Si cela est nécessaire, je suis prête à vous rencontrer pour vous montrer mon désarroi face à cette situation qui devient insupportable.
    Je vous prie de trouver ci-joints, des clichés de mon cadre de vie terne et lugubre quand vient la nuit. Il l’est d’autant plus que je vis dans une impasse a proximité d’un terrain vague sur lequel rôdent des individus peu fréquentables au coucher du soleil. Je vous invite à vivre ma situation, pour vous en rendre compte vous-même.
    Vous en souhaitant bonne réception et vous remerciant par avance de prendre en considération ma demande, je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, mes salutations distinguées.
    Après relecture de mon courrier, je la mets sous pli et le dépose le jour même dans la boîte aux lettres de mon quartier. Dans l’attente d’une réponse du Maire, je continue à appréhender l’arrivée de la nuit chaque jour. Je ne me sens plus en sécurité et j’ai le moral qui flanche. J’évoque avec mes voisins, dépités comme moi, l’initiative que j’ai prise en envoyant cette lettre. Mes voisins sont au nombre de trois. La première maison de notre rue est occupée par une vieille dame qui, malgré son grand âge, ne se laisse pas abattre. En face de cette maison, vit une famille modèle composée des parents et de deux enfants. Vient ensuite mon domicile qui fait face au logement d’un homme cultivé et dévoué envers nous. En clair, nous formons une communauté soudée et unie mais sombrée dans la peur depuis l’extinction progressive des clairs de lune. Saluant ma démarche, ils me font comprendre que cela ne changera rien à notre situation et qu’elle ne retiendra pas l’attention du Maire. « C’est peine perdue » me disent-ils. Trois semaines s’écoulent avant de recevoir une réponse de sa part. Comme l’avaient prédit mes « voisins », ma demande ne sera pas étudiée.
    « Madame, j’ai bien reçu votre lettre dans laquelle vous m’expliquez que vous vivez dans la peur. Malheureusement, la baisse de luminosité des clairs de lune étant un phénomène naturel, j’ai le regret de vous informer qu’il n’est pas de mon ressort d’intervenir pour contrer ce phénomène. Si vous le souhaitez, je peux vous proposer des rondes effectuées par notre personnel communal dans votre cité la nuit afin que vous vous sentiez de nouveau en sécurité. Je vous invite donc à vous rapprocher de la compagnie générale d’éclairage naturel qui gère tout ce qui a trait à la lumière dans notre pays (les levers et couchers de soleil, les éclipses et bien sûr les clairs de lune). Vous souhaitant bonne chance dans vos démarches, je vous prie d’accepter, Madame, mes sentiments distingués ».
    Sur son conseil, mes voisins et moi nous adressons donc à cette compagnie. Celle-ci nous renvoie vers les services de votre commune : « Madame, s’apparentant à une catastrophe naturelle et étant un organisme privé, la C.G.E.N. n’intervient qu’en partenariat avec les pouvoirs publics. »
    N’obtenant pas gain de cause, nous adhérons à une O.N.G. qui dénonce le manque de volonté des pouvoirs publics pour contrer ce phénomène qui commence à gagner du terrain au niveau national puis mondial. La question est « Va-t-on vers une extinction progressive de la lumière sur notre planète ou peut-on encore faire quelque chose pour l’éviter ? ». Seul l’avenir nous le dira.

  4. françoise dit :

    Monsieur le maire,
    je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime.Pouvez-vous faire quelque chose ?
    Me reviennent à l’esprit les vers de Guillaume Apollinaire :
    ils éteignent les étoiles à coups de canon
    ils ont même assassiné les constellations…..

    Je m’égare, je m’égare me direz-vous !
    Je sais que vous avez souci de maintenir les dépenses communales pour ne pas augmenter nos impôts locaux mais enfin s’en prendre à la lune ! ne trouvez-vous pas cela excessif et ne craignez-vous pas également que les astres et les nuages se solidarisent ? Imaginez qu’ils lancent des mouvements de grèves ou autres. Que diraient vos administrés s’ils étaient privés de soleil pendant des jours, des semaines, des mois , peut-être, ou devaient subir des pluies torrentielles continuelles. Certaines industries, dont celles du bâtiment , du tourisme, par exemple, pourraient invoquer les intempéries pour réclamer des indemnités. A part les marchands de parapluie, personne n’y retrouverait son compte, et sans doute les malfrats qui pourraient oeuvrer plus tranquillement .
    Il serait sans doute judicieux de mettre ce sujet à l’ordre du jour de la prochaine réunion du conseil municipal.
    Le jour va se lever dans quelques heures et il est grand temps pour moi de prendre quelque repos sans avoir il est vrai à tirer mes doubles-rideaux.
     dans quelques jours vos administrés vont être appelés à mettre leurs bulletins de vote dans les urnes » et j’ose espérer que vous serez réélu
    Recevez, Monsieur le Maire, l’expression de mes sentiments les plus distingués.

  5. Fleuriet Mireille dit :

    Monsieur le Maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous faire quelque chose ?
    Plus de sorties chez des amis, plus de balades amoureuses, les chiens n’aboient plus, non seulement plus de lune, mais, aussi un silence assourdissant…
    Hier, me promenant dans les bois, en quête de quelques champignons, j’ai entendu la forêt murmurer, elle chuchotait, comme j’ai appris dans ma jeunesse, la langue de la faune végétale, ce don me fut donné par mère Nature, j’ai écouté…
    Voilà ce que j’ai appris : le Soleil avait rendez vous avec la Lune (sic) et le plus beau, c’est qu’ils sont amoureux. N’avez-vous pas remarqué Monsieur le Maire que le Soleil était plus lumineux ces dernier temps ? Depuis que Dame Lune avait disparu plus précisément, c’est tout simplement qu’il l’avait prise dans ses bras. L’Amour Monsieur le Maire, l’Amour !
    Le Monde végétal s’est révolté et s’en est plaint à Dame Nature qui a fait le nécessaire.
    A partir de ce soir et pour les jours à venir Madame la Lune aura un jour où elle pourra rejoindre le Soleil, ce sera pour nous jour de Lune noire et elle reviendra par petits quartiers briller jusqu’à la pleine Lune.
    Et bonne nouvelle, c’est ce soir qu’elle revient, nous irons danser dans la lande heureux de la savoir enfin de retour.
    Mais chut ! Monsieur le Maire, c’est un secret, ce sera une surprise ce soir pour les gens du village.

  6. Monsieur le maire,

    je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous rallumer la lune le plus vite possible ?
    D’ailleurs à ce sujet, comment avez-vous pu prendre une telle décision sans même soumettre cette idée au Conseil Municipal? Êtes-vous seul à décider de la couleur de nos nuits ? De quel droit soudain décidez-vous de nous plonger dans l’obscurité ? Déjà, votre décision l’an dernier, de raccourcir les jours à sept heures toute l’année a engendré beaucoup de nuisances pour toute la ville, et provoqué une hausse des actes criminels.
    Enfin je souhaite vous rappeler les quelques engagements de votre programme au sujet de nos nuits, engagements sur lesquels vous avez gagné les élections face au parti des Illuminés :
    – décalage de trois degrés vers l’est de l’accrochage de la lune,
    – mise en place d’une équipe d’astreinte pour garantir l’accrochage de la lune sept jours sur sept,
    – réduction des zones d’ombre sur la place Saint-Exupéry,
    – Distribution 3 fois par mois de rêves gratuits de 10 minutes chacun à l’ensemble de la population.

    Si l’accrochage de la Lune a bien été déplacé, la place réaménagée, j’aimerai vous rappeler que la population attend toujours la distribution gratuite des rêves, indispensable à l’équilibre de ses jours. Quant à la mise en place d’une astreinte lune, il y a des défaillances régulières. Samedi dernier, par exemple personne n’a accroché la lune. Résultat, un vol de nuit chez Mr Dupont.

    Dans l’attente de votre réponse sur ces différents points,
    Cordialement

  7. Michèle B.Beguin dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous faire quelque chose ?

    Le maire ayant reçu beaucoup de lettres de ce type, a envoyé un avis à la population

    Chers concitoyens, la lune est venu me parler avant hier et s’est mise à pleurer. Elle m’a expliqué ce qui la troublait.
    Elle ne supportait plus être obligée de se montrer comme vous le souhaitiez, tantôt rousse pour les uns, nouvelle pour les autres, et pleine après tous les viols dont elle a été victime, les scientifiques étant venus sur elle sans égards. Elle en a marre d’être obligée d’offrir trop souvent les croissants. Il y en a même qui lui ont demandé de danser derrière le soleil pour être rouge. Elle a terminé en disant qu’elle avait préféré être une lune de miel, en osant me sourire.
    Elle m’a demandé de l’aider.
    Que vouliez-vous que je fasse ? Vous laissez la lumière nocturne sachant qu’elle pouvait s’éteindre à tout jamais à cause d’une dépression, ou lui donner la possibilité de découvrir qui elle était vraiment pour choisir sa voie lactée ?
    Le débat entre vous tous aurait été trop long. J’ai donc fait le choix de l’aider en tendant une toile sous le ciel qui n’apparait pas le jour.
    Je vous demande un petit effort. Permettez vous pendant quelques nuits d’être dans la lune.

  8. MF Morel dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous résoudre rapidement ce problème, s’il vous plaît. Tous vos concitoyens vivent dans la terreur, se claquemurent derrière leurs portes dès la tombée de la nuit. Nous n’avons plus de vie sociale, nous n’osons plus nous rendre visite. Les parties de cartes entre voisins le soir au coin du feu, c’est fini ! Au risque de s’égarer dans la nuit noire, nous ne bougeons plus et remuons de sombres et sinistres pensées. La lune est morte, Monsieur le Maire. Son éclat adoucissait nos coeurs, rendait les nuits chatoyantes et poétiques. Il n’y a rien de tel que la douceur des clairs de lune pour rendre l’homme heureux. Las, nous n’en avons plus. Il nous faut de la lumière, Monsieur le Maire.
    C’était une bonne idée d’installer de nouveaux réverbères plus performants. Hélas ils ont déjà été saccagés. Par qui, pourquoi ? et bien entendu, j’imagine que la commune n’a pas les moyens de les remplacer.
    Nous vivons dans un bien drôle de monde, Monsieur le Maire, je vous le dis. Hier soir, l’envie m’a pris d’une petite balade digestive. Je me suis muni d’une torche et suis allé me promener. En passant près du cimetière, comme j’habite à proximité, je suis bien obligé d’en longer les murs, même si je n’en ai pas très envie la nuit, en ce moment surtout, il m’est arrivé quelque chose de terrible. Terrible parfaitement, le mot n’est pas trop fort. J’ai cru voir une lueur provenant d’une des tombes à côté de la grille d’entrée. Je me suis approché pour voir de quoi il retournait, je suis un peu curieux, vous savez, et alors ….. je me suis cassé la figure. En effet, j’ai glissé sur une grosse motte de terre qui n’avait rien à faire là, c’est ainsi que j’ai pu constater que l’employé communal ne faisait vraiment pas son boulot correctement !…. Bref, ce n’est pas le propos.
    Je me suis relevé, me suis encore approché, ai franchi la grille, ma torche bien en main, il y avait effectivement une lueur qui dansait sur la tombe du père Grabaut, celui qui est décédé il y a une bonne quinzaine. Mon coeur battait la chamade, vous pensez. Mais vous me connaissez, Monsieur le Maire, je ne suis pas une poule mouillée. Alors, pas après pas, je me suis retrouvé tout à côté de la sépulture ! et là, mon sang n’a fait qu’un tour. La pierre a été cassée, Monsieur le Maire, le cercueil éventré…. et là, j’ai vu, j’ai vu …. j’en tremble encore.
    Mes jambes flageolaient, mon front était trempé de sueur, ma bouche sèche, mais j’ai penché la tête et j’ai vu, comme je vous vois Monsieur le Maire, enfin comme je vous verrais si vous étiez en face de moi, on se comprend n’est-ce-pas, j’ai vu le cadavre du père Grabaut et il tenait la lune dans ses mains. Parfaitement Monsieur le Maire, la lune dans ses mains, et elle était si belle et elle brillait si bien ! je vous jure que je ne suis pas fou. Il faut faire quelque chose, Monsieur le Maire, je vous en prie. Il faut nous la rendre la lune.
    Mais pourquoi a-t-il fait une chose pareille ? Pour se venger d’avoir été licencié ? Sûr que comme cantonnier, il ne valait pas grand chose. Mais comme il n’était pas très malin, je ne l’aurais pas cru capable de se venger comme ça !
    Je me fais le porte-parole de la communauté entière. Nous vous supplions d’agir, Monsieur le Maire, faites quelque chose ! Nous comptons tous sur vous.

  9. oholibama dit :

    Clairs de Lune.
    essai
    Monsieur le Maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. de ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. c’est effrayant. Pouvez-vous je vous prie voir ce qu’il serait possible de faire?

    Certes, je comprendrais votre refus…je me mets à votre place, mais…acceptez de voire ce que moi, je vis chaque soir. Je suis un poète à la retraite , mes nuits sont ce qui emplit mes cahiers de fines et presque parfaite notes,mots alignés les uns derrières les autres, formant un tout .Je rêve sans cesse de celle qui rousse ou blonde,pleine ou à demi me chante les mots qui sont pour moi une symphonie.

    Il est vitale pour mon esprit embrumé par cette froide atrocité, il est fondamental que vous qui êtes au-dessus des autres de part votre mode de vie…vous trouviez une solution à mon ennui.
    Mon moi intérieur peste contre ces hautes tours illuminées de jour comme de nuit. De ces avions de ligne passant dans un tonnerre assourdissant.De ces plaques ou on vente tel ou tel magasins brillant tel un phare dans le lointain.

    Cette vision d’un monde obscurci par la vicissitude , la grandeur des portefeuilles de ceux et celles qui font tourné ce monde. Le bien, le mal, le tout condensé dans un pactage et engoncé dans un ultime monde assoiffé de pouvoir.Cela Monsieur ne vous rend donc pas nostalgique?

    Un beau soir de juin ou ma fenêtre ouverte sur ce monde de la nuit, je fus agressé par un son d’un violence infernale. Deux monstres se tenaient fermement accrochés l’un à l’autre , beuglant pour une espèce de vision cauchemardesque d’un autre édifice venant comblé le trou qui reste à ma disposition…comprenez Monsieur le Maire qu’il soit intolérable pour un homme de ma condition de supporter une autre de ces monstruosités…

    De grâce Monsieur, laissez je vous prie mon trou et l’infini d’un vague ciel …ou quelques fois, la lune belle et pleine, ou une étoile brille au-dessus de moi…me rappelant que l’espoir n’est pas tout à fait mort. Ma lettre Monsieur le Maire vous paraîtra certes infantile…que voulez-vous…je garde mon âme d’enfant et veux croire qu’en vous brille encore le soir ou tout jeune homme devant un ciel plein d’étoile ou le lune belle et pleine…vous, vous étiez agenouillé pour demander à votre belle jeune fiancée de vous épousé.

    Laissez donc Monsieur le Maire battre mon coeur de vieux poète criant à la lune et débordant d’amour pour un ciel sans nuage, sans éclairage,ou la lune brillante scintillera grâce aux myriades d’étoiles . Avez-vous un voeux Monsieur le Maire? Le mien, je viens ici vous l’exposez…
    Cordialement
    le vieux poète .
    sur une idée de Pascal Perrat.

  10. Morel dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous m’aider? Voila ce que je vois.
    Une masse énorme, gélatineuse, suintante par tous ses porCS , d’une couleur verdâtre, jaunâtre, grisâtre, avançant cm par cm, seule la haine la fait avancer pour supporter ce poids gigantesque .
    Sa haine transparaît dans cet ersatz de regard, sa bouche n’est qu’un rictus à glacer d’effroi le plus courageux des téméraires, à chaque pas, qu’on a du mal à deviner, on penserait plutôt qu’elle rampe, tellement elle est courte sur pattes, des trainées de sanies , ou de pus? apparaissent sur le sol.
    Une odeur fétide, pestilentielle, impensable pour l’esprit humain l’accompagne;
    Même ses macaques se sauvent en hurlant, à sa vue, il fait une chaleur d’enfer, pourtant tous sont glacés devant la CHOSE ;
    Son infâme purulence souille le marais puant dans lequel elle se meut.
    Sournoise jusqu’aux tréfonds de son âme (pour peu qu’elle en ait une) elle cherche qui sera sa prochaine proie. Les créatures visqueuses du marais craignent son approche, dont la hideur et la viscosité les plongent dans une absolue terreur.

  11. Beryl Dey Hemm dit :

    C’est gentil, Clémence!!

  12. Jean-Pierre LACOMBE dit :

    _Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous intervenir pour que cesse ce scandale?

    _Monsieur, je dois vous rappeler que c’est de votre plein gré que voici trois ans vous avez choisi de vous enterrer dans le jardin de la mairie pour protester contre la prolifération de taupes dans votre propriété. Je vous propose simplement de sortir de votre galerie.

    _Maire, je reconnais bien là votre mauvaise foi, vous savez pertinemment que ce sont vos services municipaux qui ont badigeonné de noir les vitres de ma maison rendant mes jours plus noirs que vos nuits. Il s’agit comme vous ne pouvez le nier d’une sombre vengeance en réaction à mes révélations sur la réintroduction illégale de taupes d’origine slovène dans notre région.

    _Monsieur, je suis au regret de citer le rapport médical vous concernant datant du jour précédant le creusement de votre galerie sous la pelouse municipale. Une banderole sur la façade de la mairie proclamait : «  les taupes ne seront jamais des modèles ! ».
    Voici ce qu’écrivait le psychiatre : « Individu souffrant de paranoïa associé à une phobie portant singulièrement sur les talpidae. A priori peu de risque de comportement inadapté si rien ne vient réactiver cette phobie. Je propose toutefois une thérapie de groupe , cette pathologie étant extrêmement rare, je l’intégrerai au groupe des E.T.C. (Espions Timides Claustrophobes) du samedi matin. » 
    Je ne peux que vous demander d’accepter cette proposition de soins.

    _M…, votre aveuglement me pousse à l’action, dés demain matin j’abattrai une taupe toutes les heures, (A la quatrième taupe, il sera exactement midi ; on peut être terroriste et avoir de l’humour) jusqu’à ce que vous reconnaissiez votre responsabilité dans la transformation de nos campagnes en gigantesque gruyère. En outre, je demande le regroupement de toutes les taupes sans terrier à La Souterraine dans la Creuse.

    _ C’est l’escalade, mais j’accepte sans conditions votre ultimatum.

    _Ce retour à la raison vous honore et pour la première fois, j’aperçois un rayon de lune, une éclaircie, le bout du tunnel dans le train-train de mes jours à l’ombre…

  13. Ophélie E. dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous au moins ne plus éteindre les lampadaires à 23 heures tapantes. Je sais bien qu’il nous faut faire des économies d’énergie mais quand même pensez à ceux qui doivent emprunter nos rues passé cette heure. Figurez-vous que pour rentrer chez moi hier soir après l’assemblée générale de mon club de gym dont je suis la trésorière eh bien je n’y voyais absolument plus rien ! J’étais là à marcher à pas comptés dans la descente de la rue des Trois coquins et à tâtonner les murs. Et, qui plus est, j’ai marché dans un étron du pied droit. Un chat, j’espère qu’il n’était pas noir, a surgi de derrière une poubelle et m’a donné la frayeur de ma vie. Enfin bref, j’ai mis plus d’une demi-heure pour faire cinq cents mètres. Après on s’étonne qu’il y ait tant de crimes ! Voulez-vous que notre commune connaisse un remake de White Chapel ? Après cette périlleuse Odyssée, j’ai cogité toute la nuit à trouver une inspiration pour le présent courrier qui, je l’espère, vous ouvrira les yeux.

    Je profite de ce courrier pour vous demander où passent nos impôts que vous dilapidez à tort et à travers. Pouvez-vous me dire à quoi servent tous ces poteaux que vous avez fixés le long des trottoirs ? C’est d’un chic ! On se croirait sur une piste de slalom à ski. Et cet écran géant sur la façade de l’hôtel de ville, il ne consomme pas d’énergie lui ? Je suis tellement remontée comme un coucou sur la gestion catastrophique de notre commune que je suis capable de vous écrire tout un roman. À bon entendeur salut !

    Sans réponse de votre part sous huit jours, je ferai circuler une pétition qui remportera un franc succès car, vous ne le savez peut-être pas, bon nombre de vos administrés se plaignent à mots couverts de vos aberrantes décisions sans concertation collégiale.

    Cordialement.

  14. LURON'OURS dit :

    FERMEZ DONC VOTRE FENÊTRE
    Depuis la suppression de la taxe d’habitation nous avons dû faire des économies drastiques. Vos nuits valent mes jours. Je lutte contre l’obscurité des textes, des lois et de l’opportunité de les faire appliquer, pas simplement de les évoquer pour effrayer mes administrés.
    Que, la nuit ils en profitent pour commettre ce que vous appelez des crimes, c’est leur affaire.
    Au moins, l’assassin de la pleine lune ne commet plus ses forfaits puisque celle-ci se cache. Je songe à faire un édit pour un couvre-feu.
    Qu’ ascenseurs soient stoppés, transports en commun restent au dépôt, que taxi rentrent à Levallois.
    Quant aux lieux traditionnels de délinquance, tout le monde les connaît, libre à vous de vous y propager ou de les éviter.
    Bien à vous.
    Mairie de la cour des miracles

  15. Clémence dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous…

    Dans son bureau, le maire était d’humeur sombre. Roseline, sa secrétaire, jetait vers lui, de temps à autre, un regard désespéré. Elle ne le reconnaissait plus. Son naturel jovial s’était éteint, écrasé par un dossier sensible, ouvert il y a quelques mois.
    – Roseline, ce n’est pas possible…
    – Monsieur le Maire ?
    – Rien Roseline, rien…mais…dit-il d’une voix caverneuse en s’emparant d’un stylo rouge.

    Roseline le regardait fixement. Il avait calé son menton au creux de sa main et tapotait rageusement sur une feuille. Roseline se redressa sur sa chaise, espérant identifier l’emplacement où le stylo s’écrasait.
    – Mais c’est sûr ! s’exclama monsieur le Maire. Roseline, venez voir !

    Roseline se leva, défroissa d’un geste élégant sa robe de lin et s’avança.
    – Là, regardez bien. Que voyez-vous ?
    – Une lettre, Monsieur le Maire, une lettre sans en-tête et sans signature….
    – Mais encore, Roseline ?
    – Papier blanc 80 grammes, police Verdana 12…
    – Roseline, regardez, là….dit le Maire en soulignant d’un trait rageur « Pouvez-vous »…
    – Franchement, Monsieur le Maire, je ne …
    – Roseline, « Pouvez-vous » ?
    – Oui, monsieur le Maire, que puis-je faire pour vous ?

    Le Maire commençait à perdre patience. Certes, Roseline était une excellente dactylographe, mais sa perspicacité, comment dire ? Le Maire se reprit et demanda calmement:
    – Roseline, veuillez aligner toutes les feuilles du dossier « sensible » et observez bien…

    Après quelques minutes, un long cri retentit dans le bureau.
    – Monsieur le Maire !
    – Oui, Roseline ?
    – Je crois que nous avons un sérial-corbeau non-anonyme!
    – Et pourquoi donc, Roseline ?
    – Il a signé !
    – Roseline, ce sont de lettres anonymes !
    – Oui, mais il s’est trahi. Il signe avec son « Pouvez-vous ». Monsieur le Maire, ne vous en déplaise, je taperais plutôt – ouvrez les guillemets – Pourriez-vous….
    – C’est exactement cela, Roseline, c’est exactement cela !
    – Oh, monsieur le Maire, rendez-vous compte ! On parlera de notre commune dans le journal, et peut-être même à la télévision…
    – Ne vous emballez pas, Roseline, nous avons bien…
    – Un sérial-corbeau, non-anonyme, comme je le disais ! Oh! Je vois déjà les titres : « Un corbeau se plaint des cigales qui cymbalent toute la journée, des coqs qui cocoricotent trop tôt le matin, des cloches qui sonnent à toute volée, même la nuit, de l’huile d’olive qui a une saveur verte, du rosé qui n’est pas assez rose, de l’aïoli qui sent trop l’ail »…Monsieur le Maire, quelle belle publicité, notre commune sera connue dans la France entière, en Europe, dans le monde…. De quoi rendre jaloux la commune voisine qui vient d’obtenir le prix de plus beau m….
    – Roseline, revenons à notre affaire.
    – Oui, monsieur le Maire, certainement. C’est vrai ! Cette fois, la dénonciation est plus grave. Il parle de crime, s’exclama Roseline en pointant son index en l’air, de nuits noires, de clairs de lune qui ont disparus…
    – Roseline, il est temps d’agir et vite !

    Roseline retourna s’asseoir à son bureau et, avec une fébrilité soudaine, fouilla dans ses tiroirs et étala sur la table : une brosse ronde, un nécessaire de manucure, un tube de rouge à lèvres, un miroir, un Filofax, une pochette de mouchoirs en papier, le dernier roman d’Harlan Coben…
    – Roseline, croyez-vous que ce soit le moment de…
    – Oui, oui, monsieur le Maire, je vais trouver … Ah, voilà, là, j’en étais certaine, dit-elle en se levant et en se dirigeant vers le bureau du Maire. Voilà, regardez là ! jubila-t-elle, en déposant une revue féminine.

    Monsieur le Maire leva la tête, le regard admiratif.
    – Roseline, vous êtes merveilleuse ! Que ferais-je sans vous ?
    – Oh, monsieur le Maire… minauda Roseline…
    – Allez, Roseline, faites, faites… ne tardez pas, pas une seule seconde !

    Avec un plaisir évident, Roseline se mit à taper sur son clavier. Moteur de recherche.
    Elle ouvrit des page et des pages, consulta des sites, compara, tria, sélectionna. L’imprimante entra dans la danse et cracha trois feuilles de confirmation.

    Dans la cité azuréenne, la folie estivale s’était doucement retirée et laissait place à la douceur des fêtes de fin d’année. Sur les vitrines des magasins, sur les troncs des palmiers, sur les panneaux publicitaires, des affiches invitaient les citoyens à l’inauguration des nouvelles décorations…

    La journal local titra à la une :
    «  Mille lunes argentées illuminent l’Avenue … »

    Désolée, je ne vous en dirai pas plus, je veille à la sérénité de ma petite ville….

    © Clémence.

  16. Souris-Verte dit :

    RENDEZ-VOUS MANQUÉ
    Monsieur le Maire.
    Cette lettre est un appel à la dignité et au respect de vos engagements.
    Nous sommes de nuit comme de jour dans l’incertitude du moment.
    Vous nous aviez promis lors des élections qu’il n’y aurait pas de changement, force nous est de constater que le contrat municipal du nettoyage des astres est caduque.
    À savoir que le soleil ne chauffe ni n’éclaire dans la journée et que la lune en profite pour s’esquiver derrière l’étoile du berger..
    Je me permets de vous signaler que par la fenêtre de ma chambrette je vois de minuscules éclats de lune qui brillent dangereusement coupants au pied des sapinettes dont les ombres qui s’allongent deviennent si fines qu’en s’entrecroisant menaçantes on croirait des spadassins.
    Par le fait, les haies, qui depuis des siècles sont les gardiennes de notre sécurité, s’interrogent sur le bien-fondé de leur situation.
    J’ai constaté aussi que les fleurs aussi étaient inquiètes
    Le matin comme le soir, tulipes, tournesols et bien d’autres n’osent plus s’ouvrir, restent la tête courbée et protègent leur cœur en gardant leurs pétales fermées.
    Tout ceci n’est pas rassurant et change notre environnement..
    Monsieur le maire, cette situation intenable ne peut plus durer. Remettez d’urgence en état et en fonction les grandes échelles qui montent jusqu’aux rayons de lune et de l’autre afin de respecter le contrat.

    Madame et chère administrée
    En effet je souscris à votre réclamation suite à laquelle le soleil a pris rendez-vous avec la lune.
    J’espère seulement qu’elle y sera car la mâtine aime à se faire désirer.
    Parfois elle se fait coquette, la taille fine en croissant et c’est nous qui en pâtissons.
    Dans l’espoir chère Madame qu’ils arriveront à un accord -même en mille-feuilles-
    Car si ça part en brioche nous nous retrouverions immanquablement entourés d’éclairs.
    Votre dévoué maire.

  17. Beryl Dey Hemm dit :

    « Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous… »

    Le maire recevait quotidiennement des dizaines de missives de ce genre, mais avouait qu’il était bien incapable de trouver une solution quelconque au problème.
    De toutes les villes, la même requête fusait, en milliers, millions de messages, vers les autorités.
    Dans le monde entier, les actualités répercutaient dans toutes les langues la même question. :
    « On ne voit plus la lune ! Où est-elle ? »

    Seuls quelques pays prétendirent que cette soit disant disparition était passé inaperçue chez eux. De toutes façons ils n’étaient pas au courant. Et ils se défendaient d’être responsables de cette affaire, alors même qu’on n’accusait personne, faute d’avoir la moindre idée de l’origine du phénomène.

    On questionna les politiques. Ils employèrent maintes circonvolutions, pour assurer que c’était la faute du parti au pouvoir. Ce désordre était inadmissible et preuve d’une mauvaise gouvernance. Et on vous l’avait pourtant bien dit.

    On interrogea des scientifiques. Ils accusèrent le changement climatique, affirmèrent que la lune avait trop chaud et était partie se mettre à l’ombre.

    On convoqua les religieux. Ils prédirent l’apocalypse et se mirent en prière.

    On demanda aux philosophes. Au nom du libre arbitre ils reconnurent à la lune le droit de s’éclipser si elle le voulait.

    On mit à contribution les poètes. Ils déchaînèrent leurs muses dans des célébrations, sans succès.

    Les enfants, croyant à un gigantesque cache-cache, s’organisèrent en bandes pour chercher la lune dans tous les coins.

    Les chiens, qui voyaient leurs maîtres préoccupés, collèrent leur museau au sol et se mirent à renifler frénétiquement.

    Le soleil, lui, continuait à se lever et se coucher, avec ou sans la permission de bobonne, et, face à toute cette agitation, se contentait de bailler en crachant quelques postillons.

    On envoya finalement des cosmonautes à l’endroit où la lune devait se trouver. Et là…

    Là ils découvrirent la dame.
    La Lune en avait assez qu’on vienne violer son intimité depuis cinquante ans, qu’on pose sur elle des engins sans son accord, qu’on nie son identité propre en la ravalant à un fragment de Terre.
    Prise d’une crise mystique, elle portait désormais la burqa.

  18. Grumpy dit :

    Monsieur le Maire,

    Je me rappelle à votre bon souvenir, je m’appelle Arsène, je fais partie de votre personnel municipal depuis près de trente cinq ans, peu me connaissent car je travaille de nuit et suis de plus un petit bonhomme de nature très discrète.

    La présente a pour objet de vous présenter ma démission. En effet, ayant pris de l’âge et mon travail ne faisant l’objet d’aucune considération de la part de votre DRH ni des autres personnels, je suis découragé et je renonce.

    C’est moi qui suis chargé de l’entretien de la Lune. L’horaire de travail est variable selon les saisons mais je dois toujours être à mon poste dès que la nuit tombe.

    En effet, depuis que vous avez supprimé l’éclairage des rues par bec de gaz et que par arrêté municipal au motif d’économie vous ne l’avez pas remplacé, je dois à chaque crépuscule porter sur mon dos la grande échelle et la dresser à l’endroit où Météo France m’a indiqué que ce soir-là précisément elle se montrerait.

    Cette grande échelle pèse très lourd et la déployer me vaut maintenant des efforts surhumains. Une fois installée, il me faut la grimper avec mon seau et mes chiffons, de jour en jour mes genoux sont de plus en plus raides et mon souffle de plus en plus court.

    Lorsque la Lune est demie, ça va encore. Lorsqu’elle est en croissant c’est plus facile. Mais lorsqu’elle est pleine c’est terrible. Je fais quand même tout mon possible pour la frotter, la lustrer afin qu’elle brille et éclaire de son mieux et que d’en bas on la voie bien.

    Ce n’est pas tant que je sois à bout de force Monsieur le maire, mais si vous saviez ce que je vois lorsque du plus haut de mon échelle je me retourne vers la terre, c’est si effrayant que je n’ai plus envie de redescendre, les temps sont devenus si durs, je ne m’y habitue pas. Cent bagarres, lynchages, vols, viols, meurtres pour seulement une bonne action.

    Chaque soir maintenant après avoir mis la Lune en route afin qu’elle fasse sa nuit, à voir toutes ces horreurs, le désespoir m’étreint, je pleure à chaudes larmes en descendant de mon échelle, si bien qu’il m’arrive de plus en plus souvent d’en manquer des barreaux.

    Je n’y arrive plus, je n’en peux plus. Aussi, voulant éviter de me tuer au travail, je jette mon éponge et vous rends mon tablier la mort dans l’âme pendant qu’il est encore temps.

    Mes respects, Monsieur le Maire.

    Arsène, l’éveilleur de Lune.

  19. ODILE Zeller dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous prendre les mesures interstellaires nécessaires? En 3003 nous avons déjà eu une panne identique et nous avons cru que l’an 3120 ne verrait pas revenir le problème. Les astéroïdes Z2035€ et Y3008ß avaient effectué un nettoyage complet de la galaxie 567++. La réapparition des mêmes accidents qui entraîneraient des perturbations des transports galactiques et d’éventuels conflits avec nos voisins si agressifs sur le sujet. En effet à leur stade de développement les clairs de une ont encore des effets sur la reproduction humaine et animale.
    Si vous n’avez trouvé aucune solution à ce problème nous proposons d‘en faire la priorité de nos recherches.

    Vous avez exactement 36 nanosecondes pour faire suite à notre communication faute de quoi vous serez destitué de toutes vos activités et relégué sur la planète Terre.

    Bien à vous

    123/567%+++

  20. Camomille dit :

    Monsieur le Maire,
    Je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient.
    De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous…
    me venir en aide ?
    Oui…. de la fenêtre de ma chambre, la nuit je ne vois plus grand chose Monsieur le Maire, et ma chambre n’est pas bien grande, cependant elle me repose la tête…..

    – Un lit
    – Deux chaises
    – Une table avec une cuvette et une cruche d’eau pour la toilette.

    Je vous demande ardemment de bien vouloir rétablir les clairs de lune à la hauteur de ce qu’ils étaient, car à Saint-Paul de Mausole voyez-vous, c’est la nuit que je peins le plus souvent….
    En ce moment, j’ai du mal à terminer mon tableau « la nuit étoilée » ,
    Plus de clair de lune,
    plus d’inspiration,
    alors je vais mourir…..
    S’il vous plaît Monsieur le Maire !
    Et si vous veniez me rendre visite à l’hôpital ?
    Ce n’est pas très loin de St-Rémy et je pense qu’ils vous laisseront entrer ? Je suis si seul….si…..
    Ainsi vous découvririez ce merveilleux jardin que je vois très bien depuis ma chambre, ces lavandes et ces tournesols qui me font tant tourner la tête…. ma pauvre tête !
    En attendant votre visite et en vous remerciant par avance de donner une suite favorable à ma requête, je retourne à mes peintures afin de ne pas encore mourir…..
    Ne m’oubliez pas.
    Bien respectueusement.
    Vincent

  21. durand JEAN MARC dit :

    Monsieur le Maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement les nuits noires du crime. C’est effrayant!

    Pouvez-vous avoir l’obligeance de tenir vos promesses de campagne électorale et rétablir des clairs de lune dignes de leur réputation, je vous en serai très reconnaissant?

    Il s’avère que le seul fait d’imaginer nos ruelles tortueuses privées de la lumière pudique, ça m’angoisse.

    Toutes ces jeunes personnes à la merci de n’importe quel déséquilibré, vous savez bien, tous ces lunatiques, adeptes du sacrilège sanguinolent, toutes ces coulures dans ma tête, parfois sur la tapisserie.

    Encore, la semaine passée, une adolescente rentrant tardivement de son cours de violoncelle m’a demandé l’heure. N’ayant ni montre, ni gousset, ni aiguilles tournant dans le bon sens du temps, j’ai du un instant divaguer, l’entraînant dans un comportement suspicieux. Je ne sais si elle a pu rentrer chez elle à temps pour la soupe familiale… mais c’est atroce…d’ailleurs, je n’étais pas là!

    C’est abominable, quand même, quand on songe à tous ces évènements récents….La disparition de votre épouse,par exemple. Une si bonne commerçante! Je peux comprendre que certaines personnes ne supportent pas les boucheries chevalines…mais, de là à vous renvoyer votre moitié sous forme d’un saucisson…entier…c’était quand même osé, reconnaissons le. Pourquoi la provocation dépasse t’elle toujours les limites…! A quoi servent les frontières si l’on se permet de mâcher le barbelé ??

    Cher Monsieur, dans le cas où vous seriez incapable de répondre favorablement à mon humble sollicitation, celle d’un aimable autochtone prenant très à cœur les problèmes récurrents de sécurité, je me verrai obligé de déménager pour effectuer mes activités culturelles sous un ciel nocturne plus clair.

    Merci de faire suivre mes courriers!

    Bien cordialement à vous!

    Mr Durand, 21 quai des Orfraies.

  22. Nadine de Bernardy dit :

    Monsieur le maire
    je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient.
    De ma fenêtre je ne vois plus rien briller,seulement des nuits noires de crime.
    C’est effrayant,pouvez vous remédier à cet état de fait.

    Chère madame
    j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre courrier.J’ai constaté moi aussi la déchéance de notre ciel nocturne.Pour ma part je ne peux faire grand chose, mais j’ai envoyé un courrier à qui de droit et j’attends une réponse.
    Peut être pourriez vous en faire autant pour donner du poids à ma requête.
    Je vous joins une copie de ma lettre,n’hésitez pas à me tenir au courant de la suite de votre démarche,j’en serai ravi.
    Avec tout mon soutien
    Raymond SOUTINE
    Maire de Maubeuge

    Copie de la lettre de monsieur Soutine à monsieur Le Clair de Lune:

    Monsieur,
    je tenais à vous informer que votre présence ne nous fait plus rêver.Vos clairs sont devenus tristes,pâlichons et ternes.
    En tant que premier élu de ma commune,je me dois de vous demander de remédier à cette situation dont nous,à Maubeuge,ne comprenons encore moins que les autres,les raisons ou les causes.
    J »ignore si c’est une volonté de votre part mais sachez que les conséquences sont pénalisantes pour notre ville.Elle est devenue dangereuse parce qu’ éclairée plus chichement,sans votre soutien naturel et écologique.
    Sachez surtout que les cars de touristes qui venaient déverser les noctambules pressés de découvrir notre fameux clair de lune chanté il y a tant d’années,ne viennent plus animer ma commune qui est revenue à son état d’antan: trop calme et peu animée.
    Je compte vraiment sur votre compréhension pour récupérer de votre éclat afin que mes administrés et moi retrouvions le bonheur de vivre les nuits enchanteresses et romantiques que nous avons connues auparavant.
    Avec toute ma considération

    Raymond SOUTINE
    Maire de Maubeuge

  23. Blackrain dit :

    …envoyer votre équipe de nettoyage dans les cieux afin qu’elle débarbouille le visage de notre astre de nuit. Son absence nuit à mes ébats nocturnes car la chandelle de mon ami Pierrot reste morte et il ne met plus le feu. C’est un véritable crime que de continuer ainsi. Je dépéris sans les caresses de mon mari. Les nuits de pleine lune il était fou de moi, il devenait envahisseur sans que je lève le petit doigt. Point n’était besoin de Mars car il n’avait jamais de coup de barre. Il me susurrait des mots à l’oreille emplis de poésie. Aujourd’hui il ne me reste que des maux de tête et une lune qui se flétrit. Avec les clairs de lune mes nuits étaient chouettes, maintenant seule l’envie y bout. Je mangeais ses éclairs sans visiter le pâtissier. Aujourd’hui j’en pâtis et je compense avec ceux qui sont au chocolat. Je compte sur vous monsieur le maire pour remettre les choses au clair avec notre astre nuitamment (ou nuit amant) afin que je retrouve le mien.

  24. Antonio dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous demander à tous ces amoureux qui décrochent la lune pour leurs dulcinées après avoir fait tout un cinéma qu’ils la raccrochent au même endroit une fois la nuit et leurs amantes tombées ?

    C’est juste devenu impossible !

    Hier soir avec Marie-Hélène, la lune éclairait à peine la flamme de mon poème ! J’ai dû me contenter d’un lampadaire au néant poétique. Résultat, elle a trouvé ma prose artificielle et s’est barrée avec un loulou revendeur de came qui lui promettait une nuit d’extase au clair de sa lune, à elle. Pathétique !

    C’est la mort des poètes que vous voulez, Monsieur le maire ?

    Je vous préviens, si vous ne réhabilitez pas la lune dans son quartier, je rameute des milliers de contestataires à la dent dure et nous hurlerons toute la nuit, s’il le faut, jusqu’à découvrir la face cachée de ce désastre.

    Et croyez-moi, ça fera assez de bruit pour être au clair de la une de tous les quotidiens.

  25. iris79 dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous…

    arrêter d’accorder des permis de construire à tout va, à des hauteurs telles
    qu’il n’y a plus moyen de voir le ciel,
    ni de jour ni de nuit.
    Nos vies se sont obscurcies aussi.
    Il n’y a plus moyen de rêver en regardant par la fenêtre.
    Plus moyen de se projeter en regardant la lune qui écoutait nos peut-être…
    Plus moyen de rentrer éclairés par sa douce lumière,
    plus moyen d’observer ses formes étranges que l’on devine dans ses cratères.
    La nuit, nous ne savons plus où s’arrête la terre et où commence le ciel.
    Sans repère nous errons sans lueur, sans étincelle.
    Nos vies en sont fortement impactées de désespoir
    bien plus qu’on aurait voulu le croire,
    nous et vous, vous pouvez bien l’admettre,
    vous qui non plus ne voyez plus rien de vos fenêtres.
    Il n’y a plus moyen de se dire qu’elle est là, pleine, en croissant, rousse ou blonde.
    Il nous est même arrivé il y a peu de braver la nuit noire et de descendre pour marcher,
    armés de torches à la main pour la chercher.
    Nous avons contourné des tas de bâtiments pensant qu’elle s’offrirait à nous au détour d’un bloc de béton
    mais en vain.
    Nous avons appelé des amis au bout de la ville pour savoir si eux la voyaient.
    On étaient fébriles à l’idée de la retrouver
    même pour quelques heures, une soirée.
    Mais ils nous révélèrent qu’eux non plus ne la voyaient plus.
    Qu’ils ne savaient plus qui appeler pour la retrouver.
    Alors de grâce Monsieur le Maire,
    ne nous dites pas qu’il n’y a plus rien à faire.
    Rendez-nous des horizons,
    des rêves de lointains, des ciels étoilés et des clairs de lune dignes de ce nom.
    Nos rêves n’ont pas de prix
    Il manque un élément clef à nos vies aujourd’hui !
    Il est essentiel pour bien des raisons.
    Retrouvez la vôtre et aidez nous, il est urgent d’entendre notre cri !
    Nos âmes deviennent aussi noires que la nuit.

  26. Laurence Noyer dit :

    INTERROGATOIRE
    Lune en coupe
    rêves à la loupe
    Sous les paupières, fait-il si noir ?
    Ombre plus longue
    du jour qui sombre
    Le déclin fait-il le soir ?
    Yeux étoilés
    d’être extasié
    Le regard fait-il miroir?
    Songes endormis
    passé enfoui
    La mémoire fait-elle revoir ?
    Illusions perdues
    d’idées reçues
    Vouloir fait-il pouvoir ?
    Convictions
    Opinions
    L’incertitude fait-elle Croire ?
    Nuit éteinte,
    en demi-teinte
    L’éclat blafard, fait-il mieux voir ?

  27. Christine Macé dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant.
    Pouvez-vous organiser un voyage à Maubeuge, histoire de récupérer une poignée de ces clairs de lune tombés dans l’oubli. Faute de quoi, nos campagnes seront totalement désertées par les amoureux privés de bécots sous l’astre argenté. Sans parler de mon ami Pierrot qui refuse catégoriquement désormais de me prêter sa plume pour écrire un mot : débrouille-toi avec ton ordi, qu’il me dit ! Finies les lunes de miel, y avez-vous pensé, monsieur le maire ? Déjà que vous ne faites plus recette avec le mariage : au moins pourriez-vous encore espérer quelques candidats supplémentaires en leur faisant miroiter cette cerise sur le gâteau de leurs épousailles.
    En définitive, monsieur le maire, ce que nous vous demandons, ce n’est pas de nous la promettre, la lune, mais bien de nous la ramener. Peu importe qu’elle soit montante ou descendante, pleine et même rousse si cela vous chante ! Débrouillez-vous pour la décrocher rapidement. N’oubliez pas que le soleil a rendez-vous avec elle : qu’elle cesse de s’éclipser une bonne fois pour toute ! Dites-lui bien que nous attendons qu’elle reprenne sa place sur son orbite. Que les chiens ont promis de ne plus lui gueuler dessus, les vampires de se mettre au jus de betterave et les loups-garous d’arrêter de faire peur aux petits enfants. Qu’enfin nous saurons nous montrer magnanimes au sujet de cette vieille histoire d’influence sur les marées : un secret éventé depuis belle lurette.
    Et que, personnellement, j’irai bientôt marcher un peu avec elle.
    Votre dévoué, Neil Armstrong

    Bon week-end,Christine

  28. Marino dit :

    Monsieur le maire, je porte à votre attention le fait que les clairs de lune ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils étaient. De ma fenêtre, je ne vois plus rien briller, seulement des nuits noires de crime. C’est effrayant. Pouvez-vous de nouveau employer le marchand de sable et Monsieur l’allumeur de rêves ? Ces deux hommes ont été licencié comme deux malpropres. je vous l’accorde ils devenaient un peu dépassés…Mais voyez-vous les enfants ne s’endorment plus paisiblement. Ils restent collés à leur téléphone et la seule lumière vient de Snap.
    Les nuits noires sont devenues virales et même mon mari cauchemarde. Si l’allumeur de rêves revenait hanté nos chambres, ce serait tout de même plus facile de s’engouffrer dans le sommeil.
    N’est-ce pas votre devoir d’élu de garantir la sécurité et le bien être de vos concitoyens ?

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