342e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je les ai refrénées, mais vers midi elles ont ressurgi, un couteau entre les dents.
J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air, heureusement…

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30 Responses

  1. Malleret dit :

    À couteau tiré.

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je les ai refrénées, mais vers midi elles ont ressurgi, un couteau entre les dents.
    J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air, heureusement… je ne l’ai pas fait, car il y avait trop longtemps que mes idées avaient disparu. Surtout ne pas rater cet heureux événement, même s’il avait une couleur guerrière !
    À midi, elles étaient carrément agressives. Pourtant je pensais que si j’étais arrivée à freiner leurs ardeurs belliqueuses une fois, je pourrais sans doute recommencer. J’avais très peur, mais il ne fallait pas le montrer, elles m’étaient indispensables. Mon roman étant en panne depuis longtemps, l’éditeur ne cessait de me harceler. C’était peut-être ce qui me donna du courage pour les affronter.
    – Bon alors, vous voulez quoi ?
    Les réponses furent une série d’onomatopées, puisqu’elles s’obstinaient à ne pas retirer le couteau de la bouche, ce qui leur aurait permis de former des mots.
    – Je ne comprends rien !
    S’en suivit un méli mélo entre celles prêtes à abandonner les armes afin d’éclaircir ce qui les avait rendues aussi en colère contre moi, et celles acharnées qui refusaient toute transaction.
    J’avais de plus en plus peur, bien que mon intelligence bataillait pour qu’enfin je comprenne que mes idées n’étaient que des conceptions abstraites et que concrètement, rien de dangereux ne pouvait découler de cette armée prête à m’attaquer. Mais elles étaient si présentes que je n’arrivais pas à me tranquilliser.
    Il fallait trouver rapidement une solution avant qu’elles ne s’échappent, et ne se reforment, sereines, dans un autre cerveau. Je ne devais plus chercher pourquoi elles m’en voulaient, mais plutôt essayer de les canaliser et les apaiser.
    Je leur ai parlé calmement, comme si de rien n’était, je leur ai fait comprendre que si elles se réorganisaient en bon ordre, et lâchaient leurs couteaux, il y avait tout à gagner. En premier lieu, l’aboutissement du roman dont les honneurs de la réussite leur reviendraient.
    C’était « non ».
    – OK, on va à la bagarre ! Je vous préviens, vous allez passer un sale moment.
    Je vais tout simplement vous avaler, mon estomac avec son acide chlorhydrique se chargera de transformer en bouillie tout le fer des couteaux, le reste partira dans mon intestin grêle où les bactéries finiront le boulot pour renvoyer des idées claires et judicieuses à mon cerveau. C’est sans doute schématique, mais assurément radical !
    Ma proposition jeta un froid. Après un long silence, elles décidèrent de se réunir pour en discuter à voix basse.
    – D’accord, on laisse tomber !
    Peggy Malleret

  2. Michel-Denis ROBERT dit :

    Elle rangea son couteau dans un étui en peau fait main. Quelle idée avait-elle eu de se promener seule sur cette plage, à cette heure-ci ! Elle provoquait la conversation intello, d’une manière ingénue. Parler philosophie était son dada. Je regardais sa belle allure féline, une idée me vint de son parfum envoûtant. Je commençai un château pour engager la conversation. J’avais une technique très au point pour ce genre d’ouvrage. L’école des agents nous fournissait des notices et les éléments principaux pour faire illusion. Dans le cas présent, la situation était réelle. J’avais vu l’action dans un film. Ici, la suite du scénario tombait sous ma responsabilité. Pile ou face, elle mordait à l’hameçon ou j’étais dans une posture inconfortable. Je ne pouvais dévoiler tout de suite mes plans. Quand j’eus construit la deuxième tour, ses yeux pétillèrent d’intérêt. J’étais fébrile. Il fallait qu’elle ne s’en aperçoive pas.

    Je la menais en bateau, elle était charmée. Je ne pouvais imaginer qu’une tour la fascine à ce point. Elle comprit que j’exécutais selon un objectif précis. Elle rajusta son haut en s’intéressant à l’ouvrage naissant. Je progressais avec indifférence. La découverte piquait son imagination. Le sable était friable et je n’étais pas sûr du résultat. Mes gestes s’inspiraient de mouvements ralentis empruntés au kung-fu. Sans doute était-ce la gestuelle qui la captivait plus que l’objet. Une goutte de sang tombée, se dissout engloutie dans le sable. Je n’osais lever les yeux. Mais je devinai qu’elle émanait de son arme dont la pointe dépassait de son fourreau. Elle les avait toutes éliminées pour que je m’occupe d’elle. Et le jeu venait de tourner à son avantage.

    Elle parut avoir une idée, mais je fis mine de rien. Son corps cuivré et longiligne révélait ses muscles qui se dessinaient quand elle changeait d’attitude. Ce n’était pas une statue, mais un monument de beauté vivant. Elle renversa sa tête en arrière et ses yeux posèrent sur l’horizon, une rêverie éphémère. A cette instant, elle mit son poing sur la hanche. J’admirais l’harmonie de ses poses naturelles. Je restais concentré sur ma construction. J’étais persuadé qu’à ce stade, elle avait envisagé la fin de notre aventure. Mais l’objet de mes recherches montra un indice quand je grattais le sable. Je pris ma pelle pour creuser, elle cherchait la même chose que moi. En l’édifice fragile, elle reconnut le Château de l’Île de M…. Le temps qui nous était imparti s’écoulait très vite. La pression n’était pas visible, mais prévisible. Dans moins de cinq minutes, il faudrait changer le théâtre de nos opérations. Nous étions surveillés, nous le savions tous les deux. Un doigt bougeait et nous nous comprenions. Elle me tendit la moitié d’une grenade.

    Elles arrivèrent toutes les cinq, sans réfréner leur désir de vaincre. Leurs cris m’impressionnèrent dans l’immédiat. Il était plus que temps de partir. Sans un seul mot prononcé, elle avait compris où se trouvait le diamant bleu. Je percevais maintenant de quel côté elle combattait. Et nous partîmes à la conquête de ce château isolé au sommet de l’île. Elles nous poursuivaient et j’entendais le bruit d’un hélico au loin… L’une d’elle était plus rapide. La seconde était rusée. Les suivantes réunissaient en elles, tant de qualités que je ne pouvais les considérer comme ennemies. Mais nous devions partir…

  3. Anne-Marie dit :

    Ce matin, c’est branlebas de combat dans sa tête. Tristesse et colère s’affrontent, à armes inégales. Ça ne peut plus durer ! Elle n’encaissera pas une fois de plus. Il faut qu’elle réagisse, qu’elle se défende… Elle enfile une robe légère. Les bleus sur ses bras ont pris des teintes brunes. Elle tourne la clef de la porte de la chambre d’amis où elle s’est réfugiée hier soir. Elle l’entend, en bas dans la cuisine. Elle descend, le cœur serré. Il est là, devant son café, comme si de rien n’était. Il lui sourit, elle se tait. Ce matin, il est calme, il a cuvé son vin de la veille, seul dans le lit conjugal.
    – Tu veux un café ?
    Il lui verse une tasse.
    – Merci !
    Elle beurre une tranche de pain grillé, lève les yeux vers lui, saisit le pot de confiture. Ne pas risquer de provoquer une nouvelle altercation. Elle baisse la tête, concentrée sur sa tartine. La radio débite les informations, leur évite de parler. Elle mâche chaque morceau, qu’elle avale avec difficulté. Il va s’installer avec un journal sur le canapé du salon. Elle débarrasse le petit déjeuner, refoule les larmes qui perlent.
    – Je vais acheter du pain.
    Il revient avec une baguette, et des fleurs. Elle remercie mais le cœur n’y est pas. Il murmure, en tentant un baiser :
    – C’est la dernière fois, je te promets !
    Elle n’y croit pas. Chaque fois c’est le même refrain. Quelle solution ? Certes, l’alcoolisme, est une maladie, mais une maladie ça se soigne. Il ne veut pas l’admettre. Elle n’achète plus de vin, ni d’alcool… mas il en rapporte. Attendre encore, espérer une fois de plus ? Elle prépare le repas. Lui s’en va servir l’apéritif. Elle bout intérieurement, prend un jus de tomate. Il boit un double whisky. Elle réfrène ses réflexions. Si je dis quelque chose, ça va repartir en live. Ses pensées se bousculent. Elle reste silencieuse, elle n’en peut plus, elle a envie de lever les bras, de dire stop, mais c’est du rêve ! C’est impossible ! Déjà, ne pas s’effondrer ! Son estomac est crispé, son corps tendu comme un arc. Il faut que je me batte, que j’en trouve la force. Ses idées s’entrechoquent, la violence monte en elle. Ils passent à table, elle est refermée sur elle-même, mutique.
    – Il est trop cuit, ce rôti ! T’es vraiment pas douée pour la cuisine…
    De colère, il jette sur la table le couteau qui glisse, frôle ses genoux. C’en est trop ! Elle se lève, attrape son sac et ses clefs, sort en claquant la porte. Sur ses bras, les ecchymoses se sont encore étendues. En larmes, elle hésite, quelques instants. Aller chez des amis, une fois de plus ? Non! Trop, c’est trop ! Humiliation pour humiliation, cette fois, d’abord la gendarmerie !

    © ammk

  4. LELEU Yvette dit :

    Heureusement…Vivaldi, composa son fameux…quoi! et voila, de nouveau mes idées se faisaient la malle. Je voulait lever les bras en l’air, me rendre, aller me faire pendre en clair…j’en avais ma claque.
    Brahms,Strauss, Beethoven,Mozart avaient les couteaux dans les dents, ils voulaient la première place, ben oui mais! Je finis par refréné ces idées loufoques, elles me donnaient envie de tout claqué. Las des loufoqueries des mes mots, ma cervelle en ébullition, je rendis mon tablier.Le combat s’annonça alors que midi arrivait, une voix grave poussa un grand cri genre: » C’est quoi qu’on mange! » Et là, enfin les idées avaient finis de se battre, finis la décompositions, les turpitudes, les loufoqueries et j’en passe. Les mots sortaient, les idées s’allongeaient enfin sur le papier mais…l’homme de nouveau brailla un: » C’est quoi qu’on mange! » Et là…finis l’idée. je ferme mon clavier, je reste frustrée. y-l

  5. LELEU Yvette dit :

    Ce matin toutes mes idées sont en tenue de combat.
    Je les ai refrénées, mais vers midi elles ont resurgis, un couteau entre les dents. J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air, heureusement…mon chat s’est montrer très taquin. Un oiseau dans la bouche ( ou gueule comme on veut) il semblait me narguer.

    Ayant en plus une expression de rire dans les yeux. Mon matou joyeux ronronna doucement assis sur son postérieur il me regardait. » Quoi semblait-il me dire! tu as quelque chose à dire? » Je me mis à rire et d’un doux murmure lui dit: » tu as oser faire ça! Tu sais que je déteste cela, viens ici et tu me donnes ce pauvre oiseau. Hors de question que tu le mange. Tu m’as compris Orion! »

    Dédaigneux, il se relève et très digne il s’en va vers la cuisine l’air de dire… »ouvres moi donc cette porte que je file d’ici avant que tu ne me mette en colère! » Je ris de bon coeur tant sa façon d’être me fit un bien fou. Dans mon imaginaire, une histoire prenait corps et il en était la vedette.
    Je poussais un grand soupir. Me levais, et d’un pas lourd, je lui ouvre la porte de la cuisine. Il semble fier de lui le coquin.( Enfin pense t-il, je vais pouvoir manger mon butin). Cruauté certes, mais, naturelle. J’ai pourtant un remords, je lui propose alors un marché,: » Tu me donnes l’oiseau, je t’offre en échange une bonne portion de thon, tu en penses quoi? » L’oiseau tombe sur le sol, les yeux de mon chat sont grands ouverts, une petite goutte de salive l’accompagne. Sa queue frétille de joie. Je prends la douce chose, et d’un geste emprunt de remords, je l’enveloppe dans un morceau de papier journal. Il finira au jardin, là est sa place. Orion proteste soudainement avec force.
    _ Oui, oui mon chat, j’arrive, chose promise, chose due. Après son repas gargantuesque, il me demande à sortir. Un long monologue s’ensuit. Repus, un peu las, Orion me fixe ses yeux sont fermés de moitié. Je sais ce qu’il pense. » Arrêtes donc ton charabia, je vais faire comme d’habitude, je suis un chat… moi! Je vais me poster là ou ils s’amusent et attendre l’instant de fatigue puis, d’un geste puissant, d’un coup de patte , je vais frappé, c’est ma nature de félidé..miaowww.
    Avec une vivacité peu commune après un si bon repas, il se faufile en poussant un sifflement de contestation, des poils de sa longue queue sont rester coincé quand j’ai refermé la porte. Oups! Je vais à mon ordinateur, mes idées fusent mais telles des boulets de canons, elles sont trop mélangées.
    J’ai envie de hurlé… »Stop! » Je veux fermer ma page et là… les idées se mettent en mouvement. Les mots couchent le papier, ma main suit ce lent ou rapide mouvement et ceux-ci noircissent les pages. Mon chat m’a ouvert l’esprit sur un petit monde fait de violence certes, mais aussi d’amour.
    Je sais qu’il fera comme à son habitude, cela s’appelle la sélection naturelle même si…mon coeur d’artichaut n’aime pas ce genre de violence alors qu’il a le ventre plein. Mais… c’est sa nature, la mienne? Hum! là je ne sais, il faudrait que je m’analyse…un jour peut-être! y-l

  6. Clémence dit :

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je les ai refrénées, mais vers midi elles ont ressurgi, un couteau entre les dents.
    J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air, heureusement…

    Ce matin, mon réveil a sonné. Je l’aime bien, mon réveil. Il est tout rond et de couleur orange, comme celui qui était chez ma grand-mère. Mais il est moderne, lui. Pas besoin de le remonter. Sa sonnerie commence avec la « Berceuse de Brahms » et finit avec les Trompettes d’Aïda.

    Ce matin donc, mon réveil a sonné et toutes mes idées étaient au rendez-vous. En tenue de combat.
    – il faut se lever,
    – il faut faire sa toilette,
    – se brosser les dents et ne pas oublier de refermer le tube de dentifrice,
    – mettre le linge sale dans le panier prévu à cet effet, les chaussettes à l’endroit,
    – remonter la couette,
    – … et fermer la porte tout en douceur.

    Je me sentais en petite forme, alors je me suis mis à refréner mes idées, mais pas trop tout de même !
    – passer par mon bureau, prendre mon sac et mon téléphone portable,
    – descendre l’escalier sans précipitation,
    – prendre mon petit déjeuner.

    Tout seul, ce n’est pas trop marrant, mais c’est ainsi.

    – ranger,
    – m’assurer que j’aie mes clés,
    – fermer la porte de la maison,

    Je prends mon vélo et me voilà en route, vers mon lieu secret. Mon antre. Un petit atelier abandonné. J’aime y passer quelques instants avant de commencer ma journée.

    Je n’ai pas vu le temps passer. Un couteau entre les dents, j’ai entendu les douze coups de midi. J’ai fait trois pas en arrière. C’était parfait et pourtant, je me suis affolé….Mes idées, par mon inspiration refrénées, avaient ressurgi.
    – temps limité,
    – pas d’imprudences…
    – tu devrais être au bahut….

    Il ne faudrait pas que je sois découvert ! Que j’aie à me justifier, sinon, ce ne serait plus une surprise ! J’ai enfourché mon vélo, mes idées galopaient….L’une d’entre elle m’a rattrapé:
    – Regarde autour de toi. Tu n’as rien remarqué ?
    – Non, il faudrait ?
    – Peut-être……

    C’est alors que toutes mes idées se rangèrent.
    – Mince, m’écriai-je. On est dimanche et c’est….

    Je fis demi-tour, poussai la porte, emballai mon œuvre et repartis vers la maison.

    J’arrivai essoufflé, déposai mon paquet dans l’entrée. Je poussai la porte du séjour et fus accueilli par la mine stupéfaite de mes parents.
    – Déjà debout ?

    J’eus envie de leur raconter ma méprise…mais je me refrénai. Je me levai brusquement. Ma mère aussi.
    Je me dirigeai vers l’entrée. Elle, vers la cuisine.

    Je tendis mon chef-d’œuvre à mon père.
    Elle déposa un plateau de fruits de mer.
    Je m’assis et levai les bras.
    Ma mère me mit un tablier autour du cou…
    Le festin pouvait commencer !

    © Clémence

  7. françoise dit :

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je les ai réfrénées, mais vers midi elles ont ressurgi, un couteau entre les dents.
J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air.Et puis j’ai deviné ce qui se passait.
    Aujourd’hui c »est le 2ème jour des élections législatives et elles exigent sans doute que j’y aille. Quand j’y pense à présent je me souviens que le 11 juin une amie, pas la meilleure, m’avait dit « tes idées sont souvent dérangées et aujourd’hui, elles n’ont vraiment ni queue ni tête ; indifférente j’avais haussé les épaules MAIS je n’avais pas été votée.
    Bon j’avais tellement envie qu’elles baissent leurs couteaux,pour qu’un conflit n’éclate pas entre elles,dans ma tête qui plus est que peu temps après, légère et courte vêtue, je partis à grand pas.Et c’est ainsi que je rencontrai Grégoire vêtu comme toujours de noir, sur le trottoir qui marchait dans le sens inverse ; est-ce ma vue qui le fit choir ? Nous avions eu une histoire mais il avait rompu avec moi car je changeais d’idées comme de chemise à quoi je lui avais répondu en citant le proverbe de Dax «  Si l’homme change d’idée comme de chemise, ceux qui ne varient jamais dans leur vision du monde doivent avoir du linge bien sale ». Vexé, d’autant que ce jour-là son tee-shirt n’était pas de la première fraîcheur,
    il était parti sans se retourner.Quelle bonne idée m’étais-je dit !
    Je l’aidai à se relever et nous nous dirigeâmes vers le bureau de vote. Mes idées reprenaient du tonus, celles de gauche un peu plus que celles de droite. Tiens, tiens me dis-je, pour garder les idées claires, la tête froide pendant cinq ans, pourquoi ne voterai-je pas blanc et c’est ce que je fis.
    Après avoir rempli mon devoir de citoyenne, je sentis ma tête reposée riche d’ idées qu’il me faudrait coucher sur le papier , peut-être qu’un jour je deviendrais écrivaine .J’étais dans cet état d’esprit, quand je vis Grégoire qui m’attendait à la porte, je me suis demandée quelle idée il avait derrière la tête.
    « nous pourrions peut-être aller déjeuner ensemble au restaurant à moins que tu aies une autre idée ,, ».
    « tu sais je n’ai aucune idée, j’ai la tête vite,une autre fois peut-être et le quittai…

  8. Jean-Pierre dit :

    Ce matin, un bataillon d’idées en provenance de Painful Gulch se détache sur le ciel, au sommet de la colline. Beaucoup de poussière et un bruit infernal. Toutes ces idées étaient en tenue de combat. Du moins, c’est ce que je croyais. Loin d’être un bataillon organisé, elles s’apostrophaient mutuellement dans un langage incompréhensible, et se flanquaient des bourrades, ce qui ne les empêchaient pas de se rapprocher de moi.
    Je les ai réfrénées, ou plus exactement je les ai vu se calmer, comme si je leur faisais peur. Plus un mot, ni entre elles, ni à mon intention. Elles détenaient sans doute un lourd secret que je ne devais pas entendre. Leur aspect avait changé : les vaillants soldats ressemblaient maintenant à des pauvres hères vêtus de haillons rapiécés avec des morceaux de tissu informes et multicolores. Puis ils ont disparu derrière la colline en quelques secondes dans un nuage de poussière, mais il ne restait aucune trace de leur passage, comme si j’avais rêvé sans me souvenir de mon rêve.

    Vers midi elles ont ressurgi. Je me doutais qu’elles allaient revenir. C’est ce qu’on appelle la suite dans les idées. Ce n’est d’ailleurs pas ma suite préférée, qui se situe plutôt dans un hôtel de luxe. Je ne déteste pas non plus les suites de danses.
    Les idées étaient au nombre de douze, et tournaient autour de moi, un couteau entre les dents. Puis elles se sont arrêtées, se sont mises en cercle, et ont saisi leur arme qu’elles ont pointé vers moi.
    J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air, heureusement quelque chose trottait dans ma tête, une nouvelle idée qui battait la seconde.
    J’en profitai pour interpeller l’idée qui était en face de moi, juste dans l’axe du soleil :
    – Vous me jouez la danse des heures ?
    – Exact, me fit-elle. Ta dernière heure est venue.
    – Mais alors, pourquoi les autres sont encore là ? Elles ne servent à rien !
    – Vous avez raison. Elles ont déjà passé.

    Et je me retrouvai seul, face à la petite aiguille, la plus moche, celle qu’on appelle « la Joe Dalton de la pendule », et une autre beaucoup plus grande qui se rapprochait inexorablement.
    – Ta dernière minute est arrivée, me fit Joe en désignant la grande aiguille.
    Joe la siffla avec deux doigts dans sa bouche.
    – Je le descends tout de suite, chef ? fit cette dernière.
    – Attends un peu, Averell ! J’ai à lui parler.

    Mais j’avais pris la parole avant lui :
    – Je peux vous être utile, Mister Joe. Pourriez-vous me prêter un revolver ?
    – Ça va pas, non !!!
    – Je ne tire pas plus vite que mon ombre, mais je sais battre la seconde.
    – Ça veut dire quoi, ça ?
    – Tick ! Tick ! Tick ! Attention, je vais exploser ! Tick ! Tick ! Tick !

    Fin : Tout le monde avait disparu. J’avais juste le soleil en face de moi. Il faisait une chaleur à crever et j’avais soif.

    Autre fin possible : Joe était toujours là. Le grand type à sa droite s’était encore rapproché.
    (Joe, s’adressant à moi 🙂 Hey ! Connard ! C’est minuit l’heure du crime. Pas midi. Je vais faire une exception pour toi !… AVERELL !!!
    – Je le descends tout de suite, chef ?
    – Non, idiot ! C’est toi qui a réglé l’horloge ?
    – Oui, chef.
    – Alors, tu me le laisses avant qu’il soit trop tard !

    Ma dernière pensée fut : « Oh ! Merde ! Joe est devenu intelligent. »

  9. Michel-Denis ROBERT dit :

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je les ai réfrénées, mais vers midi, elles ont resurgi, un couteau entre les dents. J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air. Heureusement, je gardais espoir de les voir sur mon papier, bien ordonnées et pacifiées. Seule m’inquiétait l’arme blanche et contre le nombre, je choisis l’arme à feue, plus expéditive que la blanche. Mais une idée feue ne tire que les larmes de la nostalgie, me dis-je. Un recul me fut nécessaire. J’abandonnais la feue dans sa tombe. J’accueillis les autres, avec mon ami le plaisir qui avait sa stratégie propre. Je comptais sur lui. Il se mit en retrait. Et je fus gêné qu’il m’observe d’un oeil inquisiteur. Il avait ses raisons. Sans doute, une idée de partage lui traversait l’esprit qu’il m’était difficile de comprendre.

    Je les ai donc laissées me chercher des noises : elles me tournaient autour avec des intentions. Dans le cercle qu’elles décrivaient, aucune n’avaient de point faible. Je le croyais. Elles allaient si vite qu’elles me donnèrent le tournis. L’une après l’autre, elles me regardaient dans les yeux et leur danse me fascinait grave. Je devais maîtriser. La générale siffla à mon oreille un seul mot qui m’incita à la défense. J’esquivais par un oh ! mais elle recommença aussitôt la même attaque de plus près. Elle était déterminée, elle aurait pu me tuer, si elle avait utilisé tous ses atouts. C’était une mise en garde. Que cherchait-elle ? Telle un chat, jouait-elle un jeu à son avantage ou au mien ? De celle-ci, je m’éloignai pour récupérer une bonne attitude et pour l’affronter dans de meilleures conditions.

    Mais la seconde m’assaillit par le flanc. Elle passa comme un fouet en me touchant un zeste. Je fus surpris de son acidité, elle s’étira avec une langueur qu’elle laissa derrière elle. Je me tournais vers la première, la deuxième revint à la charge, attaquant par l’autre flanc. Elle était appétissante et sûrement moins mobile que la première. Il me fallait l’étudier et la peaufiner dans les moindres détails. Lorsque sa rondeur me parut à point, elle se transforma en chimère et s’évanouit en l’espace d’une seconde. Son intérêt devait être trop sensible pour me plaire. Afin d’éviter le regret, j’irai la provoquer à la tombée de la nuit, sonder son message, et peut-être organiser un tête à tête sympa. Je la surveillerais comme le lait sur le feu.

    L’une d’entre elle tenta de me tirer par les cheveux. Elle outrepassait. Elle le savait. Elle me peignait une chevauchée fantastique dans un paysage d’Ecosse. Elle essayait de passer en force. Je mis mes mains en T pour lui dire d’arrêter. Je n’étais pas prêt pour un match. On était lundi et j’avais mal à la tignasse, elle avait exploité mon point faible. La générale la rappela à l’ordre : « En aucunes façons, ne tirer par les cheveux, pas de cela, Lisette dans nos rangs !  »

    La petite était pugnace. « Je ne vais pas me laisser dégrader de cette façon, devant mes coéquipières ! Dit-elle tout haut. Ne voyez-vous pas la confusion du bonhomme, il mérite au moins qu’on lui tire l’oreille. Quand l’oseille arrivera, il saura bien nous snober et en trouver d’autres, cet ingrat qui s’engraissera sur notre dos !  »

    – Hep ! Hep ! Hep ! Du calme !

    Le plaisir qui boudait dans son coin remit tout le monde dans le bon sens.

    – Il a raison ! Dirent-elles toutes en coeur, en ouvrant les yeux.

  10. Grumpy dit :

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je n’ai pas compris pourquoi de si bon matin elles étaient si agressives.

    – Calmez-vous mes petites, vous savez bien que le matin il me faut du temps pour émerger de mes rêves et les évacuer pour soulager mon crâne lorsque je n’ai vu que des cauchemars. De toute façon, tant que je n’ai pas pris mon petit déjeuner, il est rare que je sois d’humeur rigoleuse.

    Tout de même les voir dans cet état, ça m’a collé une sacrée migraine. J’ai pris une bonne dose de paracétamol en buvant mon bol de café au lait. Ça m’avait presque soulagé et je commençais à retrouver le sourire, lorsque vers midi soudain les revoilà.

    Ça m’a agacé, énervé : « bon sang, c’est dimanche aujourd’hui, vous ne pouvez pas me laisser tranquille pour une fois ! » C’est le seul jour de la semaine où je repose mon cerveau, enfin certains compartiments. Ne travaillent ce jour-là que ceux que j’utilise pour lire sur mon blog les réponses reçues au sujet lancé la veille. Il y en a d’excellentes, de très bonnes, de bonnes, de moins bonnes, de carrément médiocres, des hors sujet, mais ces dernières sont de temps en temps celles que je préfère. J’aime bien provoquer l’imagination vagabonde.

    Ce sont ces récits divers et variés qui me font juger de la qualité du sujet proposé. Alors parfois j’estime avoir été assez génial, et d’autres, plutôt faiblard. Que voulez-vous, c’est humain personne n’est parfait, ni moi, ni mes chers petits écrivains. Parce que je les aime tous, style ou pas, imagination ou pas, bonne orthographe ou pas, poète ou ras-des-pâquerettes, l’important c’est d’écrire.

    Vers midi, ma migraine s’étant suffisamment dissoute dans les bulles d’Efferalgan, j’ai enfin pu m’esquiver de son brouillard. Et voilà que mes idées ont resurgi, toujours en tenue de combat avec en plus le couteau entre les dents. Si bien que je me suis un moment pris pour ‘le Guide’ Kadhafi face à ses Amazones.

    J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air, heureusement la pensée m’est venue que j’aurais peut-être le bon réflexe pour les distraire en leur racontant le surprenant coup de téléphone que j’avais reçu la semaine dernière. Si incongru que j’en étais encore comme deux ronds de flan.

    En effet, une visiteuse occasionnelle s‘étant égarée sur le blog avait cru bon de me donner son opinion. Pourquoi pas ? Je suis ouvert à toute contestation ou critique. Elle disait estimer que les sujets de mes exercices d’écriture créative étaient futiles et enfantins. Ça, passe encore, je suis modeste, je ne recherche ni la complication ni l’amour ni la gloire. Mais alors qu’elle me dise qu’elle ne comprenait pas ces gens qui s’intéressent à ce genre de propositions, qu’on méprise et attaque mes chers petits gratte-papier, trop fort, je l’avais encore en travers et ça ne passait pas.

    C’est là que se retourna la situation : mes idées Amazones qui m’avaient fait tant souffrir toute la matinée tant elles avaient envie d’en découdre pour s’exprimer, jugèrent elles aussi ce discours aussi déplacé qu’injuste et inacceptable.

    – T’inquiète pas mon vieux (qualificatif qui fait toujours plaisir …) celle-là on va lui fermer son clapet, lui claquer le beignet, lui couper le caquet. Remets-toi, pendant ce temps on va s’occuper d’elle.

    À les voir partir casquées, treillis, rangers, le couteau entre les dents, je préfère ne pas imaginer ce qui a dû arriver à ma fâcheuse interlocutrice, mais de retour elles m’ont dit : « t’en fais pas Papy (rebelote !) celle-là, aucun danger qu’un jour elle te rappelle. On a toujours nos couteaux, elle n’a plus de langue. »

    J’ai embrassé mes petites et j’ai passé un délicieux dimanche à relire mon blog et à réfléchir au sujet de la semaine prochaine.

  11. Isabelle Pierret dit :

    Tenues de combat
    Ce matin toutes tes idées étaient en tenue de combat, je les ai refrénées mais vers midi elles ont resurgi. Ne parvenant pas à allumer ton ordinateur, tu t’es écrié: « Qui est-ce qui m’a foutu c’bordel! »
    Depuis des mois, ton vocabulaire d’ordinaire si châtié laissait place à la grossièreté et à la colère. Parce que tes idées partaient en goguette chaque jour un peu plus, le sablier de ton cerveau les remplaçaient par du vide-fâché. Et çà n’était pas rien de gérer ce vide-fâché. Ne parvenant plus à exprimer une idée quelconque, tu me relatais tes lectures pas des phrases tiroirs: oui, c’est bien , c’est intéressant, et tes longues séances de télé par des : chais pas, mais c’est bien.
    Tes rituelles ballades de l’am te conduisaient de la maison au bar d’à côté puis à la maison en faisant le tour du quartier et tu rentrais fatigué mais heureux de ton exercice quotidien. Et puis une idée surgissait, impromptue: je l’accueillais avec bienveillance et méfiance mêlées. Car si je ne parvenais pas à la décrypter dans l’instant , tes idées au couteau entre les dents venaient me poignarder injustement.
    Alors je retournais à mes activités préférées et t’abandonnais à ta maladie qui chaque jour nous vampirisait davantage. Elle aurait ta peau, puisqu’elle avait déjà pris tes idées. Depuis 4 ans, j’avais eu bien souvent envie de me rendre, de lever les bras en l’air, mais ce désespoir de devenir ta mère avait fini par s’effacer: ma rage de vivre me permettrait aussi de te secourir, de t’accompagner avec insouciance et gaité. Ce fut un long chemin émaillé de ses cruelles saillies ds le passé, où cruellement les moments heureux se substituaient à la réalité.
    Mais à présent, j’étais devenue plus forte que ton absence d’idées et que tes idées en tenue de combat!

  12. Cetonie dit :

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je les ai réfrénées, mais vers midi elles ont ressurgi, un couteau entre les dents.
    J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air, heureusement, à cet instant, j’entends frapper à ma porte, un coup léger, discret. Intrigué, car je n’attends personne, je découvre un petit bonhomme rieur qui me dit « tu as besoin de moi ». Je suis tellement interloqué que je laisse filer mes idées, et que je cherche à comprendre : qui est-il, d’où vient-il, que signifient ces paroles ? Je n’ai jamais eu besoin de personne, moi, mon sang-froid est réputé, et je n’ai jamais appelé à l’aide !
    A ma propre surprise, j’oublie mes idées furieuses et je prends le temps de poser des questions, et même d’écouter les réponses qu’il me donne volontiers… Il a perçu mes idées prêtes à se battre, et connait les dangers de ces guerres civiles dans un seul cerveau pour en avoir souvent constaté les ravages, jusqu’à la schizophrénie chez les plus fragiles. Sa mission est donc de proposer ses talents de négociateur à qui en a besoin.
    Quelle chance pour moi ! Au lieu de m’épuiser à contenir ces fauteuses de désordre, dans une lutte contre moi-même à recommencer sans cesse, voici que ce moins que rien me propose de parler aux unes et aux autres, dans une vraie négociation de paix, fixant définitivement les limites des unes et des autres, et établissant un protocole très strict qui leur évitera dorénavant ces luttes de préséance, je n’aurai plus à trancher entre ces péronnelles qui, chacune, prétend s’imposer mon pauvre cerveau malade.
    Mais de ce calme plat, désormais, quelle idée aura besoin de s’échapper pour nourrir mon imagination, pour inspirer mes textes, pour pimenter ma vie ?
    Que fade, soudain, se présente mon avenir sans histoire !

  13. Nadine de Bernardy dit :

    Ce matin toutes mes idées étaient en tenue de combat.Je les ai refrénées mais vers midi elles ont resurgit,un couteau entre les dents.J’ai eu envie de me rendre,de lever les bras en l’air.
    Heureusement,à bien y regarder,elle m’ont paru comique en réalité.Avec ce couteau, elles avaient l’air de Rambos de pacotille,intimidées et silencieuses, se regardant les unes les autres pour savoir laquelle allait prendre la parole ou passer à l’action.
    Il ne semblait n’y avoir aucune unité dans ce petit régiment,pas d’idée maîtresse ni dominante.Assez pathétiques en définitif. Dire que j’avais failli me sentir mise en danger par ces pauvrettes ,que j’avais même craint pour ma vie.
    Pour ne pas leur faire perdre la face,je m’armais à mon tour du couvercle de ma machine à écrire en guise de bouclier,de mon stylo mitrailleur et me mis à crier:
     » Holà! manantes,que me voulez-vous donc séant? Avez vous des griefs à soulever.Me chercher vous querelle méchamment,avec raison,ou juste pour la beauté du geste?
    Je veux parler à votre commandant, car quitte à mourir pour des idées je le veux faire en connaissance de cause.Un peu de panache me semblerai le bienvenue. »
    Elles se regardèrent,hésitantes.L’une fit un pas en avant,aussitôt retenue par sa voisine.
    Puis je les vis baisser la tête,tressauter sans pouvoir se retenir, enfin éclater de rire toutes ensemble devant l’allure que je devais avoir avec mes armes de don Quichotte sans Rossinante.
    Nous voilà parties à l’unisson,d’un fou rire irrépressible et salvateur, nous tenant le ventre, pleurant d’hilarité contagieuse.
    Elles semblaient avoir tout à fait oublié l’objet de leur humeur belliqueuse.
    Tout cela se termina sur ma table de travail dans un grand festin de mots avec feu d’artifice d’idées brillantes fusant de partout.

    L’avais-je vraiment échappé belle, me demanderai-je pendant longtemps.

  14. Blackrain dit :

    …Heureusement, mon classeur s’était mis à la page. Sur le bureau il était ouvert à la page que j’avais entamé la veille. Mes personnages m’attendaient. Je les voyais patienter. Certains, les bras croisés et les sourcils froncés, semblaient s’impatienter. Lorsque je pris le crayon entre mes doigts je vis un sourire illuminer leur visage. Ils étaient devant moi rassemblés. Ceux qui prétendaient aux premiers rôles se tenaient devant. Mon crayon avait bonne mine. Il grisonnait d’impatience. Il lui tardait de donner la pâte à papier. De crayon à papier l’attirance était fusionnelle.

    Mes idées étaient prêtes à l’assaut. Elles se bousculaient dans ma tête, prêtes à sauter dans le vide sans aucun besoin de parachute. La chute se serait pour plus tard. Je commençais à écrire. L’un des personnages s’avança. Intrigué par ma littérature, il s’approcha jusqu’à me lire par-dessus mon épaule. Il me mettait la pression. Les autres me jetaient des œillades. Ils voulaient attirer mon attention afin que je les mette à nouveau en scène. Mais je ne devais pas me noyer dans la scène en me laissant submerger par eux.

    Le crayon grattait de plus en plus vite. Il courait en laissant une ligne de poudre. Je sniffais en m’enivrant d’émotions. Une créature disparaissait, une autre prenait place.

    Je vis avec un certain étonnement un second couteau prendre plus de place dans mon histoire. Je le croyais méchant mais il me devenait de plus en plus attachant. Il protégeait mon héroïne et ça me suffisait pour lui pardonner beaucoup. J’apercevais de la lumière qui filtrait derrière ses méfaits. Je décidais d’étoffer mon scénario afin de lui donner plus de place. Certains acteurs me faisaient la tête. Je les voyais s’approcher de ma gomme. Ils auraient bien voulu que je l’efface. Je les chassais d’un revers de la main.

    Mes idées avaient envie de se reposer. Je les laissais ôter leur tenue de combat. Durant les heures qui allaient précéder ma nouvelle mise en page, les personnages de mon nouveau roman n’allaient pas manquer de faire la cour à mes idées afin de solliciter une nouvelle audience.

    Même si je veux résister, je ne suis que l’instrument avant qu’ils ne s’accordent pour que je me fasse des idées.

  15. Sylvie W dit :

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je les ai réfrénées, mais vers midi elles ont ressurgi, un couteau entre les dents. Elles étaient toutes en ordre de bataille, prêtes à attaquer.

    La guerre était déclarée. Elles voulaient décidément s’imposer sur le champ de mon inspiration. La cavalerie des idées noires déferlait sur la page, tandis que l’idée machiavélique, postée en embuscade, m’attendait au tournant du chapitre. Les idées préconçues montaient la garde, neutralisant avec leurs armes conventionnelles toute idée nouvelle, pendant que des hordes d’idées loufoques envahissaient mon histoire.

    Face à ce chaos, j’eus envie de me rendre, de lever les bras en l’air, de céder à cette violence. Tout était de ma faute. Si j’avais mis de l’ordre dans mes idées, cela ne serait pas arrivé.

    Alors que je commençais à me résigner, de la tour où j’écrivais, j’aperçus la flotte de mes souvenirs qui s’approchait. Je reconnus le voilier de mes dix ans et aussitôt je montai à bord. Autour de moi, les nuages venaient de parachuter mes rêves et je baignais peu à peu dans l’imaginaire. De la terre je gardai quelques idées folles, mais je me détachai des autres pour m’adonner à la douce alchimie de la poésie.

    ©Sylvie Wojcik

  16. durand dit :

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je les ai réfrénées, mais vers midi elles ont ressurgi, un couteau entre les dents.

    J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air, heureusement on a pu pactiser.

    De fait, pour la négociation, j’ai clairement baissé mon froc.

    Pour le récit, en gros, je me chargeais du décor, de la manutention des espaces, et elles du déroulement stratégique,de l’action.

    A moi, les longs descriptifs de jungles inhospitalierres tentant de vous étrangler à tous les coins de bambou.

    A elles, le geste noble du soldat, trancheur de zigounette d’espoir d’un retour au foyer brûlant d’amour.

    A moi, les plages interminables où les courants belliqueux ne laissaient pas flotter les blockhaus.

    A elles,les tactiques savantes pour éviter d’égarer la moitié d’un bataillon, entre l’apéro et les petits biscuits de guerre.

    A moi, la charmante chapelle romane où aucune femme et enfants n’ont encore été recueillis par le Dieu des autres.

    A elles, la vision du bien-être contre celle des mal-lotis, les colos canalisés, aiguillés vers l’eau gratuite…ou le gaz!

    A moi… au secours, débarquez moi de ce crochemare de sang, tous ces bras élagués car ils dépassaient du mur, qu’ils envahissaient nos jardins, soi-disant trop petits, trop susceptibles des mauvaises herbes….ces carrés repus du cordeau…raides, rigides…

    Et elles… passant si facilement de la main au poing tendu vers la ligne de leur front barré du combat.

    …….

  17. Laurence Noyer dit :

    ID Kd’O …………..Idée cadeau
    pour LN ma DS…………pour Helene, ma déesse
    qui M AC HAUT……….qui aime assez à chahuter
    un CD d’ACD

    pour DD l’AB………pour Dédé l’abbé
    1 A7 A6 ……………….un ascète assis
    1 R EBT…………….un air hébété
    1 20 9…………..un vin neuf

    pour 20.100………..pour Vincent
    D.Q.I.R.A.B.B………des cuillères à bébé
    – 2 N + 2 P………moins de haine, plus de paix
    1.9.K.C…………..un œuf cassé

    Voilà
    1 HA 100C……..un achat sensé
    A 1 2 C 4 ………….. à +

  18. Antonio dit :

    — Heureusement, ils ont débarqué.
    — Qui ?
    — Bah, les Américains.
    — Non… Encore ?
    — Bah oui, il faut reconnaître qu’ils sont plus forts que nous.
    — Moi je crois que c’est surtout plus fort qu’eux. Ils ne peuvent pas s’empêcher de débarquer sur nos plages. À Deauville, le cinéma leur consacre déjà tout un festival. Qu’est-ce qu’ils sont venus faire encore à Cannes ? Des films en streaming, y a pas idée ! On se battra contre eux !
    — Non, malheureux ! J’ai trop besoin d’eux. Je suis en guerre contre un scénario et je ne m’en sors pas. Je suis embourbé dans des idées kamikazes qui vont me faire sauter de la maison de prod.
    — Ah bon ?
    — Tu n’imagines même pas. J’ai failli capituler et collaborer avec Canal+.
    — Tu n’allais pas faire ça ? Il faut résister !
    — Je sais, je fais ce que je peux. Je me suis planqué et j’ai activé mes réseaux à Londres pour décliner mes idées en comédie burlesque. Mais ils ne m’ont bombardé que des plagias des Monty Python. Mais heureusement les américains ont débarqué.
    — Et ?
    — Eux, ils ne font pas dans le détail. Mes idées tortueuses, ben, ils les ont torturées.
    — Ah ouais ?
    — Ils les ont tirées par les cheveux, avec une technique bien à eux. Une fois arrêtées, ils les ont fait parler, tout bonnement.
    — Et elles ont dit quoi ?
    — Exactement ce qu’ils voulaient entendre, sinon couic !
    — Couic ?
    — Mortes et enterrées.
    — Et ton scénario alors ?
    — Ça y est il est déjà en tournage. Il devrait sortir sur les écrans cet été.
    — En France ?
    — Bah non, en streaming !

  19. Brigitte Dalla Torre dit :

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je les ai réfrénées, mais vers midi elles ont ressurgi, un couteau entre les dents.
    J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air, heureusement…Christophe André était l’invité de France Inter, j’entendis sa suave voix m’inviter à respirer, puis à écouter les bruits de mon environnement. J’essayais de me concentrer sur cette voix, je plongeais dans ma respiration, sentant l’air envahir ma cage thoracique. Peu à peu Les idées qui avaient envahi mes deux lobes cérébraux commencèrent à ranger la lame acérée des regrets, remords, et autres obsessions négatives. L’oxygénation des neurones était-elle une arme efficace ? Néanmoins, ces idées ne disparaissent pas complètement, venant ponctuellement polluer le bien être qui gagnait mon corps et mon esprit. « Tu aurais dû, tu devrais faire, ce n’est pas possible de… » Leur leitmotiv était comme un poison. Leurs injonctions de me mettre en action plutôt que de rester dans l’instant présent, venaient par vague. C’est vrai j’étais homme, donc doué de raison, c’était donc cette raison représentée par les idées qui devait régir ma vie, être le moteur de mon être… Pourtant souffle après souffle, à l’écoute du chant des merles et des tourterelles du jardin, je réussis à faire taire toutes ces idées folles ou sages. Il serait temps demain ou … après-demain de me remettre en marche.

  20. Sonia BDE dit :

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Je les ai réfrénées, mais vers midi elles ont ressurgi, un couteau entre les dents.
    J’ai eu envie de me rendre, de lever les bras en l’air, heureusement… il me restait une once de combativité, une envie irrépressible de leur prouver que je si je pouvais les rencontrer une à une et que, malgré leurs différences je pourrais les faire sympathiser. Elles étaient tant habituées à se regarder le nombril qu’elles n’avaient jamais réalisées qu’elles pouvaient s’entraider, elles pinaillaient sans cesse tout en passant leurs temps à procrastiner au lieu de concrétiser leurs desseins. Telles des enfants en pleine cours de récréation, elles créaient un brouhaha incessant, l’une volant la pelle de l’autre, l’autre jetant du sable dans les yeux de celle d’en face…
    Elles avaient tellement d’égo qu’elles pensaient que seules leurs actions personnelles étaient nécessaires à mon existence. Coopérer ? S’écouter ? S’entraider ! Quelle drôle d’idées je venais de leur lancer là…

  21. Odile Zeller dit :

    Ce matin, très tôt, mes idées s’étaient réveillées, en tenue de combat, treillis et godillots, machettes et kalachnikov. Un grand massacre se préparait. Je les ai refrénées.  » Trop tôt, retournez vous coucher, faites encore un peu dodo. » Mais vers midi elles ont resurgi, un couteau entre les dents pour les unes, un fusil sous le bras pour les autres. J’ai eu envie de me rendre, de piquer des le samedi ma colère du dimanche. Je voulais lever les bras et céder. Heureusement il y a eu un courant d’air et un léger mouvement sismique. Le petit vent au senteur de roses les a balayées et le tremblement les a effrayées. Oh elles n’ont pas renoncées, non elles sont passées une heure plus tard sous la porte. Je les entendu revenir « rien ne va » « personne ne m’aime » toi tu penses aux autres et eux ils t’oublient » « on va encore voter et ça changera rien! » « Des promesses …rien de sérieux »  » Une chaleur ça promet ! et dire que certains ne croient pas au changement climatique ! Eux ils ont la clim! »  » et en plus tu vieillis » …. Alors pour effacer toute cette colère, j’ai pris un crayon, une gomme et mon beau cahier et j’ai dessiné mon escalier avec ses marches râpées, sa balustrade en fer forgé. J’ai gommé, sué, grogné.. peu à peu l’image a surgi et mes pensées d’orage ont dévalé la pente, dégringolé marche après marche tout l’escalier. Un grand patatras, une bousculade de cris et de menaces. La maison en a vu d’autres, elle est toujours là muette mais accueillante.

  22. Christophe Le Sauter dit :

    Ce matin, toutes mes idées étaient en tenue de combat. Il faut dire que hier soir elles en ont pris pour leur grade. Un ignoble piège avait été tendu. D’après ce que je souviens encore une infâme ayant entrainé à boire, et après avoir complimenté, porté aux nuées, ovationné, voulu m’entrainer à sa suite. Mes idées vous les connaissez, il suffit de vouloir les influencer, pire vouloir les convaincre sans discussion, vouloir les illusionner pour qu’elles se mettent sur la défensive….
    Dès que le voile sur les intentions de mon agresseur fut levé, ce fut enfantin de faire croire à l’imbécile qu’elle avait gagné. Simple de la suivre dans son luxueux appart du 16e. Facile de faire croire que j’y passai une nuit et un petit matin merveilleux.
    J’ai dû réfréner mes idées de me nicher à nouveau, même si les draps de soie ornaient un lit doux et accueillant. Mais vers midi elles ont ressurgi, mais non, mais non se mannequin au défiler de Chanel hier soir ne pouvait pas m’avoir remarqué, moi le journaliste provincial ? Et pourtant elle revenait à la charge dans la nuisette affolante d’hier soir. Un pot de café brulant, des tasses, des tartines, des croissants, un beurrier, de la confiture sur un plateau, un couteau à beurre entre les dents.
    – Oui des croissants je veux bien.
    – Non pas de sucre merci.
    Après un petit déjeuner délicieux. J’ai eu envie de me rendre dans la salle de bain où elle m’a suivi alors j’ai fermé le rideau de douche en levant le bras heureusement, car nous aurions tout inondé.

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