341e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Ils se réunissaient chaque mois,
un coup chez l’un, un coup chez l’autre.
Cette fois, c’est Vendredi qui recevait.
 
Mercredi s’était excusé, un cinq à sept le retenait ailleurs.
Les jumeaux Samedi et Dimanche arrivèrent à l’heure
Jeudi radina en traînant des pieds, Lundi, était en retard, comme toujours.  
Mardi aborda la question du jour :  » Nous sommes en juin,
qui est d’accord pour être le premier à perdre quelques minutes ?

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26 Responses

  1. Elles ne formaient encore qu’un petit comité. Sept seulement, mais des fidèles. Elles se réunissaient chaque mois un coup chez l’une, un coup chez l’autre. Ou alors chaque fois qu’une situation d’urgence le demandait. Elles se tenaient prêtes à intervenir à chaque instant.
    Leur association n’avait rien d’illégal, mais n’entrait pas non plus dans une légalité, disons, orthodoxe. On les tolérait, du bout des lèvres, comme nécessaires, mais aucune autorité d’état ne pouvait se permettre de les soutenir officiellement. L’opinion publique était trop partagée pour qu’elles officient au grand jour. Aussi elles n’agissaient que sous des identités codées, et chacune avaient emprunté un nom de guerre. Un nom tout trouvé, puisque leur nombre correspondait exactement à celui des jours de la semaine. Pour chaque mission elles formaient un commando approprié, limité à trois participantes, qui se relayaient d’ une intervention à l’autre. Bien entraînées, surmotivées, elles savaient qu’elles pouvaient compter les unes sur les autres sans défaillance.
    L’idée de départ avait germé à peu près en même temps dans la tête de deux amies inséparables. Et le duo s’était organisé pour la concrétiser. Ensuite, d’autres convaincues les avaient suivies.
    Pour être efficace, il fallait s’en donner les moyens. Penser aux armes. Une des filles du groupe pratiquait le karaté, avait parlé du projet à sa prof de sport, qu’elle savait participer à des compétitions de très haut niveau. Et de fil en aiguille, le miracle s’était produit : une championne mondiale, conquise par leur projet, s’était offerte à leur assurer une formation.
    Ce n’était qu’une initiation au sport de combat, mais qui leur donnait une base. La pratique régulière la consoliderait et permettrait une auto-défense efficace.
    Alors lorsqu’on signalait un cas avéré, elles se chargeaient contre l’agresseur d ‘expéditions suffisamment dissuasives pour lui enlever toute envie de recommencer. En général la victime rejoignait ensuite leur groupe.
    Leur stratégie commençait à faire tache d’huile, les femmes s’inscrivaient aux cours, se formaient à l’auto-défense.. Les femmes apprenaient à se prendre en charge, passaient de victimes à acteurs de leur propre destin en apprenant à se défendre seules. Dorénavant elles n’hésitaient plus à porter plainte, à faire valoir leur droit au respect, à répondre à une baffe par une autre baffe, et à tenir tête à un homme. Le nombre des agressions ne pouvait que diminuer.
    Jusque là, si les textes prévoyaient que les deux sexes avaient les mêmes droits et pouvaient prétendre à une égalité absolue, la pratique et les mœurs n’avaient jamais suivi, le nombre des femmes qui mouraient sous les coups était constant et les victimes de viol se multipliaient.
    Il fallait que ça change.Radicalement.
    Aujourd’hui, c’est Vendredi qui recevait.
    Elle pouvait se vanter d’avoir fait récemment de nombreuses adeptes. Et on attendait une nouvelle recrue, une jeune mariée, bien décidée à s’initier. Son mari avait fait la grimace quand il avait appris son intention, mais s’était bien vite rangé à ses arguments. Des arguments musclés.
    On pouvait espérer voir les choses évoluer.
    Les bonnes idées voyagent parfois, d’autres pays pourraient être touchés.
    Qui sait ?
    Peut-être même le pays des « droits de l’Homme »….

  2. Anne-Marie dit :

    Deux fois par an, ils se retrouvent tous. Une fois en été, une fois en hiver. En ce 21 juin, ils arrivent l’un après l’autre. Dans la douceur de cette première soirée d’été, ils s’installent dans le jardin de Vendredi qui a mitonné un dîner estival, épicé et coloré. Samedi et Dimanche, les jumeaux, bronzés et reposés, arrivent avec des olives de Provence, de fines tranches de magrets fumés.
    – Mercredi demande de l’excuser, annoncent-ils en cœur, il nous a remis une enveloppe. Nous ne devons l’ouvrir que lorsque nous serons tous ensemble.
    – Toujours à faire l’école buissonnière, bougonne Mardi.
    – Il exagère, c’est en son honneur, ce dîner ! Jeudi n’en revient pas, son copain ose les bouder, quel malotru !
    Enfin, Lundi pointe son nez, en retard. Comme d’habitude, il a prolongé son week-end, un vrai viaduc !
    – C’est pas trop tôt ! ronchonne Jeudi
    – Visiblement, j’suis pas le dernier !
    – Mais si ! Mercredi ne vient pas !
    Vendredi leur sert des mauresques fraîches et translucides. Tous trinquent mais il y a de la morosité dans l’air. C’est la première fois qu’ils ne sont pas au complet. Samedi décachète l’enveloppe et commence à lire :
    Salut les amis
    Pardonnez-moi de vous avoir fait faux bond… mais, comme vous le savez, c’est le jour de mon solstice et mon prochain tour n’aura lieu que dans six ans. Qui sait ce qui se passera d’ici là ? Après bien des hésitations, j’ai décidé, cette année, de réaliser un vieux rêve.
    Je pars sur le cercle Arctique et ce soir pendant que vous dînerez, j’irai admirer le soleil se poser à minuit sur l’horizon puis reprendre doucement sa course dans le ciel. Je veux vivre ces jours qui n’en finissent pas, ces nuits blanches aux couleurs laiteuses. Je vous raconterai… et, mes chers amis, j’ai une proposition à vous faire :
    Le 21 décembre prochain, plutôt que de nous réunir autour d’un feu de bois, partons tous les sept au bord de l’Antarctique célébrer le solstice de l’été austral. Dépaysement garanti et pas de solstice d’hiver dans l’année… vous vous rendez compte !
    Qu’en dis-tu Jeudi, toi que nous fêterons alors ?
    Je vous laisse en débattre.
    Skol ! Buvez à ma santé !
    Je vous étreins tous.
    Mercredi

    ©ammk

  3. Clémence dit :

    Ils se réunissaient chaque mois, un coup chez l’un, un coup chez l’autre. Cette fois, c’est Vendredi qui recevait. 
    Mercredi s’était excusé, un cinq à sept le retenait ailleurs.
    Les jumeaux Samedi et Dimanche arrivèrent à l’heure.
    Jeudi radina en traînant des pieds, Lundi, était en retard, comme toujours.  
    Mardi aborda la question du jour :  « Nous sommes en juin, qui est d’accord pour être le premier à perdre quelques minutes ? »

    – Tu parles, Charles ! Encore une de ces vaines discussions en vue, un de ces charabias pseudo-philosophique sur le temps qu’on perd, qui passe ou qu’il fait, dit-il en lissant ses moustaches et en fronçant son museau pointu.
    – Ne m’appelle pas Charles, s’il te plaît. Charles, il n’y en a qu’un et il en a assez qu’on se réfère à lui toutes les cinq secondes, lui répondit son compère en croisant ses courtes pattes sur le ventre.
    – Bon, c’est comme tu l’entends, Ratdèchant. Note au passage que je t’appellerais volontiers Chronophage, toi qui …
    – Chut, le Ratdèvil, cesse de radoter, fais gaffe….ils ont pris place autour de la table…Écoute…

    – Chers amis, déclara Mardi en bombant le torse, je déclare la séance ouverte. Mais avant d’entamer notre débat, je vous demande une minute de silence….
    Chacun des participants obtempéra et la combla de compassion pour toutes les souffrances infligées à la Terre et aux Hommes…
    – Nous sommes en juin, reprit-il. Qui est d’accord pour être le premier à perdre quelques minutes ?  continua Mardi, avec emphase, en laissant flotter quelques points de suspension.

    Vendredi se gondola soudainement.
    – À quoi tu penses ?
    – A Alain…
    – Alain ?
    – Oui, Alain Prost…
    – Qu’est-ce qu’il vient faire ici ?
    – Rien, mais je pense à la minute qu’il a perdue à rêvasser et dont le bout de madeleine a chu dans sa tasse de thé !
    – Oh… mais relis tes classiques ! Ce n’est pas Prost et encore moins Alain ! C’est Marcel. Marcel Proust…

    Vendredi se renfrogna et décida que c’en était fini pour lui. Il ne ferait aucune concession ! Il jeta un dernier regard vers Jeudi puis il ferma les yeux.

    Jeudi toussota et prit la parole.
    – Mes amis, mes chers amis… Je vous ai ouï, mais j’ai tant entendu :  « J’veux du Tropique ! Des plages de sable fin et cocotiers, des eaux turquoises, des traversées du désert à dos de chameau, des instants inoubliables sur le Nil, en foulque, une vie tranquille sur un sampan en Birmanie… » .Je passe sous silence le roman éponyme !… J’vous jure, j’ai tant donné du 23°, sans compter les fois où j’ai été amputé de mes 26 minutes et des 13,490 secondes …Franchement, très peu pour moi….Désolé.

    Mercredi se pointa, essoufflé et quelque peu confus. Sa Belle lui avait posé un lapin ! Il déclina à son tour la proposition, arguant les Minutes qui s’accumulaient sur son bureau en attente de sa magistrale signature. Il ponctua la fin de son intervention d’un…
    – Non, vraiment, je ne puis vous concéder aucune minute…
    Il fit volte-face et toisa Lundi d’un coup sec de menton.

    Celui-ci leva sa main droite, une baguette imaginaire coincée entre son pouce et l’index. Il ferma les yeux, quelques notes légères s’envolèrent. Puis, le silence se fit. Se prenant pour le grand Sacha, il déclama, la main sur le cœur:
    – Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui…

    Lundi salua puis regarda Dimanche en haussant les sourcils.

    Dimanche laissa le silence s’étirer et farfouilla dans ses papiers. Il en sortit une page et lut d’une voix de stentor : 
    – Primo : « Perdre son temps est le propre du paresseux, mais le perdre à parler avec un sot, il faut être niais. »
    Il toussota en faisant un tour de table. Personne ne releva. Il enchaîna sur un ton aussi triste que les mornes plaines de Sibérie :
    – Secundo : « Que de temps perdu à gagner du temps ! »
    Il porta sa main à sa poche intérieure. Il tira sur une chaîne en or, s’empara de sa montre gousset et y jeta un coup d’œil inquisiteur.
    – Tertio : « J’aime énormément à perdre mon temps, mais avec moi-même. »
    Il sourit bêtement, satisfait de sa pause philosophique.

    Tous avaient ainsi pris la parole.
    Tous ? Non….
    Samedi, toujours coi, se leva en même temps qu’il levait les bras et les yeux au ciel.
    – Bien bien, bien. Vous vous êtes tous exprimés sur le sujet et j’en conclus qu’aucun d’entre vous n’est disposé à perdre quelques minutes. Et soyez rassurés : d’une part, je vous comprends et, d’autre part, j’avoue que je partage votre avis.
    En revanche, après m’être penché très longuement sur l’article 341 du Code Officiel E2L- mise à jour du 10/06/2017, il apparaît qu’en raison du réchauffement climatique, nous ne pouvons plus nous offrir le luxe de perdre une seule seconde…En effet, à l’instar des petits ruisseaux qui font les grandes rivières, les secondes sont les poussières de l’éternité.

    Tous signèrent le P.V. clôturant cette réunion, après qu’il eut ajouté un amendement en ces termes :
    «  Après avoir lu attentivement tous les commentaires annexés à l’exercice 341 dudit Code Officiel E2L, la date d’exécution de la sentence ayant été dépassée, toute modification temporelle est nulle et non avenue. »

    © Clémence

    1. Maxalexis ; Le fleuve de la vie (2014)
    2. Paul Morand ; Venise, Souvenirs inédits (1971)
    3. Jean Rostand ; Carnet d’un biologiste (1959)

  4. Michel-Denis ROBERT dit :

    Samedi ouvrit son porte-monnaie en cuir qu’il huma à s’emplir les poumons, il y prit cinq minutes pour mardi.
    – L’argent n’a pas d’odeur, dit-il à mardi. Je te donne cinq minutes en lui tendant une coupure.
    Dimanche réprobateur regarda son jumeau en fronçant les sourcils, ébaucha un son, samedi coupa son nez lent qu’il avait remis dans ses fafiots.
    – Ben quoi ! Ce sont mes économies ! dit-il, en sniffant comme un Fox. J’en fait ce que je veux.
    – C’est pas ça, tu donnes cinq minutes comme ça sans contrepartie, s’offusqua son frère dimanche.
    – T’inquiète, c’est un faux billet souffla-t-il en catimini.
    – Mais il va s’en rendre compte.
    – Non, dans cinq minutes il aura disparu.
    – Tu te balades avec des faux billets, maintenant ?
    – C’est mercredi qui me les donne, son cinq à sept c’est une imprimante.
    – Quoi, il fait des faux billets ?
    – Chut !
    – Explique-toi, on avait dit pas de secrets entre nous.
    – On n’a pas le temps. Et puis, aujourd’hui, on ne parle pas des billets mais des cartes bleues.
    Cependant, mardi tournait son billet dans tous les sens. Il le mira à l’aide du plafonnier dont il venait de changer l’ampoule. Il avait le pied encore sur le tabouret. L’ampoule clignait, elle devait être mal vissée.
    – Une seconde, j’ai un pressentiment, dit-il.
    – Il est faux ! demanda jeudi, inquiet.
    – Non pas du tout, répondit mardi, il est bien imité. Aujourd’hui, le sujet c’est la carte bleue. Je n’accepte pas les billets.
    Le pressentiment se fit attendre des jours et rien ne vint. Quelqu’un sonna à la porte.
    – C’est sûrement le pressentiment de mardi qui arrive : c’est lundi qui doit être mal luné, dit jeudi, toujours prêt à faire des jeux de mots.
    – Si c’est lundi, dit vendredi aux jours présents, préparez-vous à le mettre en tôle. Vendredi avait ses deux mains pleines d’ampoules qu’il prépara sur la table pour mardi. Puis, il ajouta, choisis-en une à LED…
    – A l’aide de quoi ? répondit mardi. Tu vois bien que j’ai les deux mains dans les poches. Aujourd’hui, je ne fais rien, je suis RTT.
    Lundi pointa le bout de son nez, accompagné de mercredi. Il était chargé comme une mule, fatigué du weekend :
    – Hé, tous les jours je travaille pour vous ! Vous pourriez me donner un coup de main.
    – Aujourd’hui, je ne fais rien, s’empressa de dire mardi, je suis RTT. OK pour demain.
    Lundi enregistra. Il déballa son gros ordinateur et s’exprima essoufflé :
    – Pas facile de programmer un terminal de carte bleue pour jouer au Monopoly, les gars merci de l’aide.
    – Je pourrai demain, dit mardi.
    – Ca serait mieux aujourd’hui dit lundi. Le temps c’est de l’argent.

  5. Françoise Maddens dit :

    Ils se réunissaient chaque mois,
    un coup chez l’un, un coup chez l’autre.
    Cette fois, c’est Vendredi qui recevait. 
    Mercredi s’était excusé, un cinq à sept le retenait ailleurs.
    Les jumeaux Samedi et Dimanche arrivèrent à l’heure
    Jeudi radina en traînant des pieds, Lundi, était en retard, comme toujours.  
    Mardi aborda la question du jour :  » Nous sommes en juin,
    qui est d’accord pour être le premier à perdre quelques minutes ?
    Mais quelle question stupide lui répondit vendredi on a tous du temps à perdre, 24 H par jour exactement, ce qui fait 1440′ et pendant une semaine 10080 ».On voit bien que tu n’as pas voyagé comme moi ni vécu dans une île déserte 28 ans, tu imagines ce que çà représente en heures, en minutes, sans parler des secondes.
    D’où tu sors çà toi ? Mais Daniel Defoe l’a raconté dans un roman qui a connu et connaît encore un grand succès de libraire.
    c’est la bonne du curé, dont c’était la semaine des quatre jeudis qui me l’a rapporté tout en courant au confessionnal. Elle y va chaque samedi pour pouvoir communier le dimanche. Elle est si grosse que parfois elle a du mal à entrer et à s’agenouiller.Le curé est à bonne table car elle est fine cuisinière. Elle suit des recettes et souvent elle met une minuterie car pour la cuisine de ses plats, elle doit respecter le temps de cuisson à la seconde près.
    Quant au bedeau il doit sonner les cloches matin et soir à la minute précise.Mais il n’a pas à se plaindre car ayant un penchant pour lui, malgré son âge canonique avancé, elle lui permet des petites privautés et ils peuvent tous les deux compter sur la discrétion du curé qui est tenu au secret de la confession. Nous tous nous passerions volontiers des minutes, voire des heures à l’écouter raconter les turpitudes de tous ses pêcheurs. Heureux curé, qui égrène ses heures, ses minutes, à parler à Dieu, à écouter les pêcheurs et qui ensuite va se régaler des plats de sa bonne.
     Mercredi revint de son cinq à sept . Leur air goguenard le surprit un peu mais que lui importait, il pensait déjà à son prochain cinq à sept.
    Mardi n’obtint jamais de réponse à sa question ; il en fut quelque peu marri. Mais qu’importe ce serait mercredi qui présiderait ma prochaine réunion mensuelle.

  6. Truffier Gaëlle dit :

    Samedi et dimanche se firent immédiatement tout petits. On leur reprochait assez de passer trop vite, ils n’allaient pas prendre le risque de décevoir. En ces temps d’élections, mieux valait être ponctuels. Ils sacrifiaient déjà une heure à mai, cela suffisait.
    Lundi leur rappela qu’ils n’étaient pas à plaindre. Oubliaient-ils octobre, l’heure offerte et sa popularité ? Sans compter les renforts que lui-même leur apportait : Pâques, Pentecôte…
    Jeudi leur signala que, tout récemment d’ailleurs, lui aussi les avait bien aidés.
    « J’y étais moi aussi !  » souffla vendredi. C’est vrai que son implication méritait d’être soulignée. Sans lui, le week-end n’aurait pas été tout à fait pareil… Bon vendredi, il a la côte ! Chacun sait qu’on peut compter sur lui. Mais il ne faut pas abuser de sa gentillesse.
    Mercredi aurait bien accepté. Des minutes, il a l’habitude d’en donner. Sauf qu’entre la danse, le foot, le piano et… l’école, il n’en a plus une à lui !
    Cette réunion démarrait mal. C’est donc mardi qui se dévoua. On n’allait pas le plaindre non plus : crêpes, carnaval et compagnie ; lui aussi avait eu du bon temps. « Pour cette fois, je n’ai pas le choix. Mais vous ne perdez rien pour attendre ! »
    Il n’avait pas en tête le calendrier mais quand même, il s’inquiétait pour la saison prochaine.
    Les jumeaux eurent alors une idée de génie : « Et si on demandait à Rtt ? Des minutes il en a quinze à la douzaine ? ».

  7. Cetonie dit :

    Ils se réunissaient chaque mois, un coup chez l’un, un coup chez l’autre.
    Cette fois, c’est Vendredi qui recevait.
    Mercredi s’était excusé, un cinq à sept le retenait ailleurs.
    Les jumeaux Samedi et Dimanche arrivèrent à l’heure
    Jeudi radina en traînant des pieds, Lundi, était en retard, comme toujours.
    Mardi aborda la question du jour : « Nous sommes en juin, qui est d’accord pour être le premier à perdre quelques minutes ?

    Bien évidemment, la réponse fut unanime « pas moi ! », alors, après un court conciliabule, les jumeaux Samedimanche suggérèrent d’une seule voix : « ce serait plus simple de regarder le calendrier ».
    Mais quelle surprise ! Ce n’était pas quelques minutes, mais seulement deux malheureuses petites secondes que Mercredi perdrait le 21 juin. On n’allait pas chipoter pour si peu, d’autant plus que Mercredi, étant absent, n’avait rien à dire. Mardi se chargerait de lui faire part de la décision.
    Lundi arriva alors, avec quelques bonnes bouteilles de rosé bien frais pour faire pardonner son retard, et, soulagé de n’avoir pas eu à choisir, approuva la délibération sans même l’écouter.
    Jeudi, qui n’appréciait guère les longues discussions, proposa donc de passer directement aux choses sérieuses : l’apéritif, en remplissant les verres, et tous firent honneur aux tapas préparés par Vendredi. Il était nettement plus convivial de comparer les vertus des vins et des mets délicats qu’ils partagèrent jusque tard dans la soirée.
    Et tous, bien imbibés mais satisfaits d’avoir été chacun cités dans le compte rendu envoyé à Sud-Ouest, se donnèrent rendez-vous en juillet, chez les jumeaux, pour un beau weekend estival, deux jours ne seraient pas de trop pour éponger les débordements du 14 juillet.

  8. Jean-Pierre dit :

    Ils se réunissaient chaque mois, un coup chez l’un, un coup chez l’autre.
    Cette fois, c’est Vendredi qui recevait. 
    Mercredi s’était excusé, un cinq à sept le retenait ailleurs.
    Les jumeaux Samedi et Dimanche arrivèrent à l’heure.
    Vendredi était furieux : la séance d’aujourd’hui était très importante, car ils devaient débattre des statuts de l’association Antidi, et les décisions devaient être votées à l’unanimité. L’absence de Mercredi et le retard des trois autres allait encore retarder l’inscription de l’association à la Préfecture.
    Lundi et Mardi arrivèrent en retard, comme d’habitude.
    Jeudi aussi, mais c’était exceptionnel.
    Vendredi commença son discours ainsi :
     » Comme vous le savez tous, le point commun qui nous réunit ici est la syllabe « di » que nous traînons tous à la fin de notre nom, à l’exception d’un de nos membres, pistonné par le Seigneur pour se reposer pendant que les autres travaillent ».
    Ce discours avait le don d’exaspérer Dimanche, qui expliquait que ce n’était pas un privilège, surtout après la décision de supprimer la syllabe « di », sous peine d’un gage ou d’une amende. Cette décision avait été votée il y a trois semaines avec deux voix pour, une voix contre et quatre abstentions
    Ils avaient commencé par supprimer « di » de leurs noms, et certains d’entre eux le regrettaient déjà :
    Lun se sentait bien seul sans la présence de Lautre qu’il recherchait activement.

    Mar trouvait cela pénible, même s’il n’était pas encore à bout. Il s’était fait avoir il y a 3 semaines parce qu’il avait proposé de prendre des radis en entrée : il avait été condamné à manger du rat.
    Par chance, il était bon cuisinier, et connaissait un dératiseur. Ce dernier lui a fourni un rat jeune et en bonne santé, garanti sans pesticides ni produits chimiques, pris dans un piège agréé, et abattu dans des conditions d’hygiène parfaites. « Je fournis quelques restaurants, et je n’ai jamais eu aucune plainte jusqu’à présent. D’ailleurs, le rat est très bon quand il est bien préparé ».
    La semaine suivante, c’était à son tour de recevoir les collègues.
    Pour le repas du soir, Mar avait préparé pour lui-même un plat au fumet délicieux, tandis que ses collègues ont dû se contenter de quelques radis à la croque au sel.
    La vengeance est un plat qui se mange chaud devant un buffet froid.

    Mercre trouvait que son nom sonnait mal depuis qu’on l’avait amputé de la dernière syllabe.

    Jeu trouvait son nouveau nom plutôt amusant.

    Vendre espérait en tirer du profit.

    « Same fait tout drôle », énonça celui-ci. Les autres étaient d’accord avec lui.

    Le dernier de la liste trouvait saumâtre qu’on le prenne pour un Manche, et a promis de casser la gueule à quiconque lui attribuerait le genre féminin.
    Devant le peu de succès de sa proposition auprès des collègues et l’absence de Mercre, Vendre a décidé de reporter son projet d’association Antidi, ce qui a été adopté à l’unanimité des collègues présents. Ce qui ne les empêchera pas de continuer à se réunir chaque semaine pour déconner avec les copains. Ni de se régaler avec un bon civet de rat quand Mar les recevra à nouveau.

  9. Christine Macé dit :

    Jobert relut le sujet : pas piqué des hannetons. Comme qui dirait « nébuleux » en langage distingué. Depuis quelques temps il avait repris goût à la scribouille et s’était inscrit à un atelier virtuel, histoire de pas larguer trop vite ses neurones – paraît qu’ils se barraient depuis longtemps déjà, et ceux qui lambinaient devaient plus être très frais !
    Dans sa jeunesse, Jobert avait tâté de la plume et pondu de petits textes que ses collègues – même s’il en épinglait méchamment quelques-uns – avaient le bon goût d’apprécier. Mais un jour, comme le font toutes les greluches, sa muse avait mis les bouts. Résigné, il avait bazardé ses vieux cahiers pleins de ratures et rangé au placard ses illuses de Prix du Quai des Orfèvres.
    Il relut une deuxième fois, avec attention, le problo, espérant un déclic lumineux, avant d’aller brancher la cafetière. En ouvrant les volets, il se réjouit à la vue de son petit balcon orné depuis la veille de géraniums juvéniles, et néanmoins prometteurs. Jobert qui n’avait pas vraiment la main verte, aimait pourtant – à l’instar de ses voisins – mettre un peu de couleur à ses fenêtres en été. Ce qu’il appelait sa mission écolo, sorte de participation militante à la COP21, un acte de résistance qu’il dédiait aux ours dont la banquise filait sous les tropiques. Loin d’ignorer que ces plants arrivaient tout droit d’immenses serres hollandaises où ils avaient poussé en batterie, imaginer qu’ils avaient fait tout ce voyage pour venir se planter là, sous son nez, le rendait un brin mélancolique : encore un effet pervers de la retraite, cette sensibilité de bazar qui lui faisait soudainement briller les quinquets. Il se servit un plein mug de café brûlant et revint dans sa chambre se carrer sous la couette encore tiède.
    Dehors tout était silencieux. Pas d’école le samedi matin, les mioches faisaient la grasse devant la téloche et le monde extérieur marchait au ralenti en prenant son temps, comme lui. Jobert aimait bien écouter les bruits de la rue le matin, différents selon les jours de la semaine… Justement, c’était là le sujet : les jours de la semaine. Paraît même qu’ils se réunissaient… à ce qu’en disait le gars qui postait régulièrement ses sujets sur son blog. Un drôle de zigoto, celui-là, qui avait sans doute sévi dans la flicaille lui aussi et voulait à tout prix vous faire cracher le morceau, à défaut de vous tirer les vers du nez. Fallait être tout de même un peu barge d’espérer qu’en face on allait se mettre à table : y’aurait déjà fallu comprendre la question ! Jobert se demandait comment ils faisaient, « les z’autres », pour écrire à partir d’un truc pareil. Lui avait beau siphonner sa cafetière, y’avait gère que le marc qui remontait en surface. Il se dit qu’il vaudrait mieux passer son tour, comme à la belote, et filer en loucedé : pas de jeu aujourd’hui ! Suffirait de refermer l’ordinateur et de passer à autre chose : aller au supermarché, faire un peu de ménage ou glander…
    Balayant héroïquement une dernière fois le sujet, il trébucha sur une phrase : « Mercredi s’était excusé, un cinq à sept le retenait ailleurs. » Sacrée baraka, le gonze ! Un rancart : depuis combien de temps – Jobert n’osa penser d’années – ça ne lui était pas arrivé. Se faire beau pour une gisquette qui l’attendrait, comme dans le temps – au métro ligne 8 – Balard-Créteil. Une minette qui fleurait l’eau de Cologne de Prisu et faisait voler sa jupette ras le bonbon en dévalant joyeusement l’escalier. Remontant à la surface, station Charenton-le-Pont, et main dans la main en se faisant des bécots, ils mettraient le cap vers la guinguette tout pareille à celle de Renoir, pour gambiller tout l’après-midi en sirotant des godets d’anisette glacée. Avant de rentrer, ils iraient marcher, pompettes, le long de la Marne en cherchant un coin planqué pour jouer à la renverse. Il tenta de se rappeler son petit nom : Rose, Emilie… ou Andrée ? Une chouette nana, qu’il n’avait vu que deux fois vu qu’elle s’était laissée embringuée par un marlou qui en ferait une gagneuse aux Boulevards.
    Attention, Jobert, à force de turbiner du chapeau, tu risques de perdre la moelle ! Rapplique, y’a un sujet qui t’attend !

  10. Nadine de Bernardy dit :

    Ils se réunissaient chaque mois,un coup chez l’un, un coup chez l’autre.
    Cette fois- ci,c’est Vendredi qui recevait. Mercredi s’était excusé,un 5 à 7 le retenait ailleurs.
    Les jumeaux Samedi et Dimanche arrivèrent à l’heure.Jeudi radina en traînant les pieds.Lundi était en retard comme toujours.
    Mardi aborda la question du jour: nous sommes en juin,qui est d’accord pour être le premier à perdre quelques minutes.

    Ce matin là,malgré un soleil radieux,l’atmosphère était maussade.Vendredi avait pourtant préparé avec soin les habituels amuses bouches :
    secondes au parmesan,un plein saladier de minutes en vinaigrette et une magnifique heure aux fraises.Le tout arrosé de thé sélect,un trimestriel tout droit venu d’Oolong.
    Mais il faisait la tête Vendredi,agacé par l’absence de Mercredi qui se fichait d’eux avec ses 5 à 7 dont on ignorait le motif.
    Lundi n’arriverait que dans une demi heure,il venait d’envoyer un texto pour avertir et Jeudi bougonnait comme tous les mois comme quelqu’un obligé d’accomplir une corvée très rasante.
    D’habitude cela se passait plutôt bien,ils étaient contents de se retrouver pour échanger des idées novatrices et pertinentes.
    Mais c’était la troisième fois que Mercredi s’autorisait une incartade et ils en avaient tous assez.
    Suppositions,sous entendus,silences compassés planaient sur le groupe;personne n’arrivait à dire le fond de sa pensée à ce sujet.
    Ignorant les raisons de ces absences, ils se sentaient frustrés et subodoraient le pire.
    Aussi, quand Mardi aborda la question essentielle du jour,ils votèrent unanimement pour que Mercredi soit l’élu .
    Les jumeaux,serrés l’un contre l’autre applaudirent à l’unisson.Timorés et introvertis,ils en avaient plus qu’assez d’être appellé Week et End par ce Mercredi arrogant qui se croyait tout permis.
    On allait voir la tête qu’il allait faire en apprenant la nouvelle.
    Heureux d’avoir accompli leur devoir, tous les Jours se dirigèrent vers la table joliment dressée.

  11. Blanche dit :

    Perdre quelques minutes !
    Vous plaisantez je suppose, soupira l’Eternité qui s’était invitée clandestinement au rendez-vous

    Chaque seconde compte, précieuse comme une vie entière, précieuse comme la conscience d’être là, bien en vie …au lieu de vivre dans l’illusion complète que vous aurez toujours le temps de comprendre plus tard…

    Les jours baissèrent le nez, tous les 7, sans exception, n’osant même plus se regarder.
    Silencieux. muets soudain.

    Et l’Eternité, ravie, continua de leur parler du privilège d’être là et de gratitude envers la vie

  12. Odile Zeller dit :

    Jeudi s’exclama : Mercredi commencera. Les absents ont toujours tort. Tant pis pour lui.
    Vendredi rétorqua : pour une fois qu’il n’est pas la. Et on ne peut pas le prévenir.
    Ah non ronchonna Lundi je la sens venir, votre idée, ce sera encore moi. Début de la semaine … et patati et patata et bien je refuse. Cette année faudra trouver quelqu’un d’autre, sinon à revoir je ne reviens pas.
    Les deux jumeaux dirent en chœur : nous on est d’accord.
    Le silence se fit. Personne ne s’attendait à leur volontariat.
    Vendredi intervint : Merci reste à déterminer lequel de vous deux sera concerné.
    Les deux têtes identiques se dévisagèrent.  » tous les deux, on n’a pas été clair. » Déclara samedi.  » Une demi minute chacun et voilà. »
    Lundi ergota :  » on ne va pas diviser la minute ! On ne s’en sortira jamais ! Allez dimanche fais un bon mouvement, tu commences et samedi fermera la marche. »
    Samedi sortit de la pièce en claquant la porte.
    Dimanche fulmina : » il est parti fâché ! Ça va durer une semaine sans qu’il n’ouvre la bouche ! Vraiment on fait un effort et vous l’avez vexé. »
    Mardi intervint :  » votre manie du coup double on en a assez. Finalement ça vous arrange bien la tactique : à deux ou rien. »
    Dimanche lui lança  » t’es jaloux, voilà tout, jaloux ! »
    Mardi, agacé, lança : « Je prends ce tour la. Mais ensuite on s’est mis d’accord avec Lundi. On est toujours mis à contribution. Alors pour la suite ce sera fermé Lundi et mardi. »Les jumeaux verront comme se nourrir avec une fermeture qui va du vendredi au mercredi ! A plus on se reverra ! »

  13. Grumpy dit :

    Ils se réunissaient chaque mois, un coup chez l’un, un coup chez l’autre. C’était réglé comme une horloge. Rarement l’un ou l’autre des sept frères dérogeait à la règle, cette rencontre ayant pour objet le programme des « affaires » à traiter le mois suivant et la répartition des bénéfices engrangés pendant le mois écoulé.

    Cette fois, c’était Venerdi qui recevait. Son épouse, Santina, avait pour l’occasion tiré les rallonges de la table de la salle à manger et déjà une envoûtante odeur de pesto et sauce tomate filtrait de la cuisine. C’est que l’on était à Naples.

    Mercoledi avait averti qu’il serait absent (sono molto ammalato), voila l’excuse qu’il avait donnée. Et il avait mieux valu pour lui qu’il en trouve une bonne, si Venerdi, aîné et Padrone de la fratrie avait su qu’en réalité il allait juste s’amuser un peu avec la plantureuse Carlotta au Grand hôtel Il Vesuvio, ça aurait bardé.

    Sabato et Domenico sonnèrent à la porte pile à l’heure. Ces deux-là, depuis qu’ils étaient nés à cinq minutes d’intervalle, pensaient et faisaient toujours la même chose en même temps : « sempre d’accordo ». Même costume à rayures, même feutre, même œillet à la boutonnière et cigarillo à la bouche. Bien malin celui qui aurait été capable de dire des deux qui était qui. Similitude parfaite dont ils usaient et abusaient dans leur travail, impossible à qui que ce soit d’affirmer que l’un ou l’autre avait …

    Puis arriva Giovedi. Celui-là était le traînard de la Famille. Mou de chez mou. Jamais d’entrain ni de cœur à l’ouvrage. Oh, on pouvait compter sur lui et on lui faisait confiance mais vu son tempérament d’escargot, ses missions se bornaient au repérage des lieux et à faire le guet. Planquer, observer et rapporter de précieuses infos étaient devenus sa spécialité. Très efficace malgré son air de rien : la discrétion ça payait toujours.

    Martedi, assis depuis longtemps sur le sofa, sirotait un Limoncello glacé en relisant le planning des opérations qu’il distribuerait à chacun quand on servirait l’espresso et que les choses sérieuses commenceraient. Lui était le cerveau, Venerdi dirigeait l’action, les autres exécutaient.

    La spécialité de Lunedi, en dehors de celle d’être toujours le dernier arrivé, était la comptabilité. Il la tenait parfaitement : une colonne pour ceux qui avaient été envoyés dans l’autre monde (a ritrovare il Gesù) et une autre pour la somme que ça avait rapporté. En bas les totaux, dont celui des gains à partager au prorata du travail fourni.

    Rien à dire, l’organisation des sept frères Cosanostra était impeccable et fonctionnait à merveille. Honorable Famille très connue à Naples, autant dire très respectée, tout un chacun ayant bien compris que ça valait mieux. Le café bu, la réunion put commencer.

    Le Padrone Venerdi déplora l’absence de Mercoledi : « pour le connaître depuis longtemps puisque c’est notre frère, aucun de nous n’ignore que Mercoledi est un incorrigible cavaleur dont la légèreté et les choix aventureux de ses conquêtes ont plusieurs fois mis la Famille en danger. Il s’en est souvent fallu d’un cheveu et encore aujourd’hui, au lieu d’être ici, il fait le malin avec Carlotta, la fille de Don Mafio, notre pire ennemi. Il doit rentrer dans le rang une bonne fois pour toutes et nous avons résolu de lui donner une bonne leçon.

    C’est alors que Martedi posa la question : « qui est d’accord pour aller perdre quelques minutes à s’occuper de Carlotta à l’hôtel Il Vesuvio ? Et celui qui dira oui, qu’il mette le silencieux et face du travail propre ! »

  14. laurence noyer dit :

    A cette réunion des jours de la semaine
    Le sujet du solstice d’été fut abordé
    Qui est d’accord, cette fois, pour être le premier
    A perdre des minutes sur le cadran solaire ?

    Pour permettre à chacun de bien se préparer on mit en place des stages, et divers ateliers

    Le Lundi, stage couture :
    Faire aux heures un ourlet
    Pour raccourcir les jours.
    Le mardi, stage tricot :
    Tricoter des mitaines
    En rayon de soleil.
    Mercredi, zoophilie :
    Pour bien perdre son temps ?
    Eh ! Minute papillon
    Jeudi, stage peinture :
    Barbouiller tout le ciel
    De nuance « Heure bleue »
    Vendredi, philosophie :
    La durée de la vie
    c’est à la seconde près !
    Samedi, atelier sport :
    Courir après le temps
    Ou peut-être devant
    Dimanche : atelier d’écriture :
    « Comment passer trois heures
    à perdre quelques minutes ? »

    Aucun n’étant pressé de voir se profiler le 21 du mois comme toutes les années
    C’est le calendrier qui pour eux décida
    Pour qui la date était inscrite à l’agenda

    Et cette année l’été commence un mercredi
    Il s’est fait excusé, et c’est tombé sur lui
    La morale cette fois conviendra aux absents :
    «Même pour perdre son temps, il faut prendre son temps »

  15. Blackrain dit :

    Comme chaque mois les 7 mercenaires de l’amitié se retrouvaient autour d’un bon repas, d’un mai ou deux et d’un petit juin. Ils se racontaient leur vie, contaient leur avis et refaisaient le monde. Au début ils étaient douze mais certains égo les avaient rendu inégaux. Trop de moi tue l’émoi. Souvent, les heurts succédaient à la nuit jusqu’à ce que vienne le poing du jour. Le groupe avait alors donné rendez-vous dans 10 ans aux 3 médisants afin qu’ils s’amendent. N’étant pas honorables, ils avaient mangé l’amande plutôt que de la payer. Lorsque l’appât de l’or loge à la place du cœur, l’horloge de l’amitié en oublie de sonner à temps. Le sable lié efface ses attaches pour se noyer dans l’écume des jours.
    L’absence s’était écoulée dans l’alcool des clepsydres. Des apôtres de la réussite il ne restait que 7 pauvres nains qui sniffaient parfois une blanche neige mais qui étaient liés comme les saint doigts de la main.
    Lundi était souvent distrait, la tête dans la Lune. Mardi mangeait trop de Mars lorsqu’il avait un coup de barre. Mercredi soignait son mercure auprès de chaudes demoiselles. Jeudi était un peu trop assujetti aux coups de foudre tandis que Vendredi aimait faire l’amour dans sa DS. Samedi pétait souvent les plombs à cause de son anneau gastrique alors que Dimanche se reposait sur ses lauriers et un peu trop sur son jumeau.

    Mardi était arrivé le premier. Pour patienter il regardait les corps nus sur le calendrier en fredonnant un chant grégorien. Il reconnu Julien à son côté solaire. Jeudi le rejoignit pour lâcher des gaz, sa plaisanterie habituelle. Bonne pâte, Mardi en riz.
    Malgré son tablier de cuisine, Vendredi était tout en beauté. Devant ses coquilles saint Jacques on aurait dit un Botticelli. Contre vent et marée, Lundi arriva lorsque tout le monde était à table. Il prétexta le flux de la circulation. Personne ne fit de vague.
    Les rires mirent l’alarme à l’œil de la bonne humeur dans un partage d’amour et d’humour. Apres s’être rempli le ventre des coquilles de Vendredi, l’heure était venu du haschisch Parmentier qu’ils fumèrent en mangeant des pommes qui se terrent sous la cendre. Ils devisaient dans un égal plaisir, dans l’addition jubilatoire des minutes racontées. Une véritable addiction au temps qui tricote l’amitié avec les aiguilles du bonheur.
    Mardi, toujours aussi timide, craignait de solliciter un peu de leur temps pour l’aider à déménager en ce mois de juin. Tous levèrent la main pour être le premier à la lui prêter, le premier à perdre quelques minutes, à perdre quelques heures pour gagner du partage sans avoir à gratter l’amitié.

  16. Antonio dit :

    Mardi aborda la question du jour : « Nous sommes en juin,
    qui est d’accord pour être le premier à perdre quelques minutes ?

    — Écoutez, dit Lundi, moi je suis toujours le premier à filer des minutes sur mon temps. Je me demande si un jour j’ai fait mes 24 heures dûment. Mais bon, je ne vais pas relancer la polémique sur les prolongations des frères week-end, je vais encore me faire endormir par Dimanche.
    — Quelle mauvaise foi ! rétorqua le concerné. Tu ne te fais pas prier pour nous les offrir. Grâce à Dieu, ses minutes ne se perdent pas à rien faire.
    — C’est vrai, ajouta Vendredi, tu passes ton temps à râler, Lundi. Les heures passent et c’est Mardi qui doit rattraper ton retard pour démarrer la semaine de travail.
    — C’est clair ! acquiesça le pauvre jour exténué. Je n’ai pas une minute à moi.
    — Et pour cause, elles devraient toutes être à Lundi, renchérit Vendredi. On commence à en avoir marre, dit !
    Tout le monde alla de son accusation contre le premier jour de la semaine qui contrariait l’organisation de la communauté. Sauf jeudi qui ne disait rien.
    — Et toi, jeudi ? l’interpella Vendredi. Tu ne dis jamais rien. Tu serais prêt à perdre quelques minutes ?
    — Moi je dis qu’on en perd déjà assez chaque fois qu’on vient chez toi, répondit Jeudi.
    — Qu’est-ce que tu veux dire ? s’offusqua le jour hôte.
    — Ce que je dis, c’est que… c’est bien sympa ton apéro pour relâcher la pression de la semaine, que tu portes (au passage) sur le bout de la matinée, et tendre la main aux faux jumeaux qui vont pouvoir profiter du bon temps, les heures en éventail… Mais c’est qu’une manière de tuer le temps, à petit feu, à injection éthylique dans le sang.
    — Mais les gens aiment ça. Ils s’amusent et se libèrent, bon sang ! s’insurgea Vendredi.
    — Oh oui et ils ne voient pas le temps passer. Parce qu’on leur vole, en leur faisant croire qu’ils sont heureux. Voilà ce que je dis !
    — Le temps est le même pour tout le monde, Jeudi ! intervint Samedi, irrité.
    — Oui, confirma Dimanche. Dieu créa les sept jours libres et égaux en droit et en heures.
    — Enfin, certains ont le droit de repos ou se le donne, rétorqua Mardi en regardant Lundi.
    — Stop ! intervint Vendredi. Nous nous égarons. Je vois que quand il s’agit de gagner des minutes personne ne rechigne, mais dès qu’il s’agit d’en perdre, y a plus personne. Je me sacrifie. Le 23 juin perdra sa première minute. Samedi ? le 24, tu en perds une aussi ?
    — Impossible ! C’est la Saint-Jean. Je risque même d’en piquer une ou deux à Dimanche.
    — Dimanche ?
    — Si c’est la volonté de Dieu !
    — Bien, le sujet est clos, conclut l’hôte passablement agacé. Samedi nous recevra en juillet, dans sa résidence secondaire à l’île de Ré.
    — Ben voyons ! Y en a qu’on la belle vie. Je dis ça, je dis rien. »

  17. Jean-Pierre dit :

    Ils se réunissaient chaque mois, un coup chez l’un, un coup chez l’autre.
    Cette fois, c’est Vendredi qui recevait. 
    Mercredi s’était excusé, un cinq à sept le retenait ailleurs.
    Les jumeaux Samedi et Dimanche arrivèrent à l’heure.

    Il en restait deux, qui étaient en retard.
    L’un dit à l’autre : « t’en as pas marre, dis ? ».

    Question à cent mille dollars : qui étaient ces deux-là ?

    Je rappelle la règle du jeu : Votre réponse doit comporter exclusivement les chiffres et les touches # ou * de votre clavier.

    Question subsidiaire pour permettre à notre jury de départager les bonnes réponses : Pourquoi Jeudi a-t-il disparu des radars ?

  18. ourcqs dit :

    Nous sommes en juin, qui est d’accord pour être le premier à perdre quelques minutes ?
    Les soirées sont longues, ne perdons pas de Temps, c’est le Temps des couleurs, décréta Vendredi, rose de plaisir, enthousiaste comme toutes les fins de semaine
    Lundi, encore empêtré dans les brumes du week-end, rêve d’une touche tonique, dynamisante par contraste ou provocation.
    Mardi, toujours rayonnant avec sa palette arc en ciel de propositions, réflexions, émotions
    Mercredi avec ses cinq à sept traditionnels, ombres et lumières, spumato ?
    Jeudi traîne les pieds, trop de gris, de noir, crépuscule attendant les douces lumières de l’aube
    Samedi et Dimanche, les jumeaux lumineux, resplendissants de nuances étonnantes, enchantant toutes les rencontres.

    Couleurs des jardins de la vie , bonne semaine !

  19. LELEU Yvette dit :

    Ils se réunissaient chaque mois, un coup chez l’un, un coup chez l’autre. Cette fois, c’est Vendredi qui recevait Mercredi s’était excusé, un cinq à sept le retenait ailleurs. Les jumeaux Samedi et Dimanche arrivèrent à l’heure.

    _Soyez les bienvenus les amis. Vous pouvez voir que ma modeste demeure est vide, Mercredi ne viendra pas pour cause de cinq à sept avec un groupe de jeunes-le thème, une randonnée équestre avec tous ce qui va avec.

    Le pauvre m’a citer tout un tas de recommandations à faire comprendre à ces jeunes qui ne pensent qu’à parcourir les grands espaces en toute liberté. Bref, il ne sera pas des nôtres.

    Mardi arrivera vers 19 heures 30 son épouse ne veux pas rester seule, ils attendent donc la mère de celle-ci qui vient en renfort de Dijon. Quand à Lundi, il nous réserve une belle surprise, ce sont ses mots, attendons donc nos amis en sirotant un petit pétillant de sureau sur la terrasse, cela vous dit?

    Les deux frères habitués aux manies de Vendredi acceptèrent avec joie, une découverte de plus à faire. Un pétillant de sureau maison à voir et à boire! pourquoi pas!Une douce odeur flottait dans la cuisine et Lorsque Vendredi referma celle-ci, les jumeaux semblèrent ravis._ Dis moi demanda Samedi à Vendredi, que mangerons-nous ce soir? L’odeur qui émane de ta cuisine me mets l’eau à la bouche._ Oui répliqua Dimanche, est ce l’un de tes fameux ragoût qui mijote ainsi?

    Hochant la tête Vendredi sourit et d’un mouvement fluide de ses épaules les convia à le suivre._ Mes amis, vous n’aurez aucunes réponses de ma part, à vous de devinés, d’ailleurs ce sera le thème de ce soir. La discutions se déroula sur tout et rien en buvant la boisson très fraîche .Les rires étaient de la parties et lorsque la sonnette retentis trois compères sursautèrent dans un bel ensemble.

    Riant de leurs mouvements Vendredi alla ouvrir sa porte. Debout devant celle-ci, le sourire aux lèvres, Lundi et Mardi plus une autre personne se tenait là, les bras chargés._ Vous voici les amis, entrez donc, soyez les bienvenus, il est grand temps.

    Vendredi les laissa entrer le regard posé sur la troisième personne, le front barré d’un pli soucieux. Il connaissait cette personne de cela,il en était sûr, mais d’ou,là était la question!

    Ils ôtèrent leurs vestes et vestons et d’un bon pas se dirigèrent vers la terrasse ou les voix reconnaissable des jumeaux retentissaient. Lorsqu’ils entrèrent, les jumeaux Samedi et Dimanche cessèrent leur discussion. Puis ils poussèrent un cri.(y)

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