330e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

C’était un talentueux bonimenteur,
qui vendait des produits menteurs
à la sortie des grands magasins.
Tous les directeurs se le disputaient, tant il en écoulait.
Un jour, il eut un malaise.
Un mal sournois le rongeait : La Vérité… 

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26 Responses

  1. Jean-Pierre dit :

    C’était un talentueux bonimenteur,
    qui vendait des produits menteurs
    à la sortie des grands magasins.
    Tous les directeurs se le disputaient, tant il en écoulait.
    Il n’avait pas son pareil pour les débarrasser de produits invendables ou pour redonner de la jeunesse aux produits démodés, en appâtant le client avec un baratin imparable.
    Sa grande force était d’arriver à convaincre les chalands qu’ils faisaient une affaire en achetant les yaourts par lots de 128 pour le prix de 4 packs de 4. Bien entendu, il avait omis de préciser qu’ils étaient à la veille de leur date de péremption.

    Un jour, il eut un malaise. Il alla voir un médecin qui après l’avoir écouté, examiné, ausculté, pris sa tension, a dû lui avouer qu’il n’avait rien remarqué d’anormal, et lui a juste conseillé de prendre un peu de repos, et lui a accordé un congé maladie de quelques jours.
    Ce médecin lui avait dit la vérité, et il ne l’a pas cru, alors il en consulta un autre, qui lui a prescrit tout un tas d’examens et d’analyses, fort heureusement remboursés par la sécu.
    Le diagnostic était sans appel : il était en parfaite santé.

    Il souffrait d’une sévère allergie à la vérité, qui lui donnait des boutons et des troubles qui disparaissaient dès qu’il entrait dans le cabinet d’un médecin.
    En vérité, la médecine ne pouvait rien pour guérir ce mal sournois qui le rongeait depuis des mois, et qui empirait de jour en jour.

    Alors, il s’est décidé à voir un charlatan encore plus menteur que lui, qui a soulagé son portefeuille et l’a guéri immédiatement.

  2. PEGGY dit :

    C’était un talentueux bonimenteur, qui vendait des produits menteurs à la sortie des grands magasins. Tous les directeurs se le disputaient, tant il en écoulait. Un jour, il eut un malaise.
    Un mal sournois le rongeait : La Vérité…

    Pourtant il ne pouvait résister à l’attrait de voir ces gens agglutinés en rangs serrés buvant les paroles de l’excellent camelot. Son bagout parfaitement mis au point, avec un ou deux barons dans la foule selon la taille du lot qu’il proposait. Le directeur était resté pantois lorsqu’il l’avait vu réussir à vendre un service complet de vaisselle et proposer aux acheteurs de leur faire cadeau d’un petit chariot pour emporter les cartons ! C’est sans doute à ce moment là que le mal s’est inséré.

    Ce directeur ayant gagné de haute lutte SON bonimenteur se sentait maintenant écartelé entre le désir de réaliser les objectifs, talonné par la haute direction et ce qui avait fini par devenir de la pitié pour tous ces gogos. Certes ce n’était pas du vol puisqu’ils repartaient chargés de leurs achats. Mais combien d’entre eux en avaient-ils besoin ? Souvent ils étalaient le paiement en plusieurs chèques et ne pouvaient se rétracter, la loi Scrivener n’existant pas. Il les imaginait arrivant chez eux dans un logement étriqué, ne sachant où ranger toute cette porcelaine décorée de princes et princesses ou se désolant de s’être fait avoir par un investissement inutile.

    La Vérité, s’insinuait dans son corps de plus en plus volumineuse. Son cerveau se débattait pour trouver une solution juste. Il pensa donner sa démission et enfin vivre en paix mais il se trouva trop lâche. Le mal s’était installé et ne lui laissait plus de répit. Jetant ses objectifs au diable, il se fondit dans la foule qui écoutait religieusement le bonimenteur, l’apostropha et le voua aux gémonies. Il s’en suivit une réaction inattendue. Le public fasciné par le camelot, agressa le directeur. Chacun voulant son lot pour ne pas paraître moins que son voisin.

  3. Michel-Denis ROBERT dit :

    C’était un talentueux bonimenteur qui vendait des produits menteurs à la sortie des grands magasins. Tous les directeurs se le disputaient, tant il en écoulait. Un jour il eut un malaise. Un mal sournois le rongeait. La vérité était bien dissimulée. Vers onze heures du matin, son nez devenait rouge. Il se cachait sous son comptoir. Il savait distraire à merveille. La troupe des clients trouvait son manège ingénieux. Il réapparaissait habillé en gendarme, l’air goguenard amusé, en roulant les r comme la maréchaussée d’autrefois.
    De ses bouteilles à moitié pleines, il élaborait un xylophone sur le lequel il jouait la Madelon. Il vendait du vin et du whisky écologiques qu’il transformait en potion magique. Son bagout coulait comme une source intarissable. Sa magie se trouvait dans l’art de focaliser l’intérêt sur un lot de bouteilles qu’il proposait très cher. La Madelon adoucissait la pilule. La note passait allègrement.
    Quand il revenait de dessous sa cachette, son nez passait au vert. Il prenait son jus d’orange et inventait un autre scénario vêtu d’un kilt écossais brandissant la bouteille culte. Les gens le regardaient et riaient autant par désir de faire des affaires que pour celui de s’amuser. Avec ses couleurs verte, orange et rouge, il emmenaient ses consommateurs jusque dans les Shetlands, aux choix, dans les distilleries en passant par des chemins de traverse. Ses voyages et son expérience de sommelier lui donnaient l’appui dans ses arguments. »In vino veritas, disait-il. » Dans ce sens, on ne pouvait que le suivre. Avec lui, on goûtait le terroir comme un nouveau paysage.
    Les chefs de magasins se frottaient les mains. Ils tenaient à garder un si bon collaborateur. Les statistiques ne mentaient pas. Ses jours de présence correspondaient à un pic des ventes. D’agréable compagnie, il se faisait inviter à la table de ces notables, puis il prenaient un pot dans leur bureau.
    En ajoutant des verres ou des bouteilles gratuites dans ses lots, il jouait sur le prix. Les gendarmes surveillaient les opérations de près. Il ne pouvait tricher puisqu’ils étaient là. A moins qu’ils ne soient complices. Ce jour-là, les clients pouffaient de rire. Ils ne savaient plus à quoi s’attendre, ils en avaient plus que pour leur argent. Pendant que le camelot allait chercher un autre tour dans son sac sous son réduit rudimentaire, les militaires se préparèrent à intervenir. Le prix avait baissé.
    Le vendeur réapparut sur la scène des promotions. Comme un guignol, il était convoqué au parloir. La police le laissa terminer son numéro. L’animateur chercha l’inspiration pour s’adapter à cette nouvelle situation. « Ne cherchez pas, lui dit le policier en lui mettant l’anneau des menottes sur le poignet. On a repéré votre manège. » Le vendeur se montra beau joueur. Il prit la foule à témoin :
    – Regardez dit-il, on m’empêche de travailler et à vous de gagner de l’argent.
    Le lendemain, le journal raconta l’histoire d’un commerçant addict au jeu. Les caméras de surveillance l’avait trahi en le surprenant en train de renflouer sa caisse avec celle du magasin. Sa technique était simple. La direction ne nous a pas permis de la révéler dans le détail. Il s’est avéré juste que l’ambitieux personnage n’était ni commerçant ni sommelier, mais un ancien employé de banque et qu’il était expert en informatique. Avec sa carte, il débitait les caisses.

  4. Françoise dit :

    C’était un talentueux bonimenteur,
    qui vendait des produits menteurs
    à la sortie des grands magasins.
    Tous les directeurs se le disputaient, tant il en écoulait.
    Un jour, il eut un malaise.
    Un mal sournois le rongeait : La Vérité… 
    Il donna sa démission
    Un des directeurs lui donna un chèque en bois pour solde de tout compte
    Le bonimenteur l’attaqua en justice
    La justice les condamna : l’un pour avoir mis sur le marché des produits menteurs, l’autre pour vente de ceux-ci sur la voie publique sans autorisation.
    Ils furent jetés en prison pour trois mois où malencontreusement ils mirent le feu à leur cellule en allumant le chèque en bois pour se réchauffer. Dieu merci il n’y eut pas de victime. Une grande partie de la population se leva contre la durée de la peine et une pétition circula.
    Chaque candidat à la présidence de la République promit de faire libérer ces petits déliquants dès leur élection. On sait que les promesses n’engagent que ceux qui y croient mais il faut espérer pour ces deux malheureux que celle-ci sera tenue.

  5. Clémence dit :

    C’était un talentueux bonimenteur, qui vendait des produits menteurs à la sortie des grands magasins. Tous les directeurs se le disputaient, tant il en écoulait.
    Un jour, il eut un malaise. Un mal sournois le rongeait : La Vérité… 

    Vêtu de soleil, de neige, de pluie ou de nuages, il était présent.
    Maîtrise parfaite du langage et écoute active étaient ses lignes de force.
    Sans aucun tabou, il vendait tout !

    La jeunesse au présent
    L’adolescence à l’imparfait
    La maturité au plus que parfait
    La vieillesse au passé simple

    Les plaisirs à l’impératif présent

    Soi-même au conditionnel
    Les siens au subjonctif présent
    Autrui au subjonctif plus-que-parfait

    L’être
    L’avoir
    Le vouloir
    Le pouvoir
    …à l’infinitif présent

    Un jour, pareil à tous les autres, ou presque…
    Quelques minutes avant l’ouverture du magasin, il s’installa à l’entrée.
    Il ne remarqua pas les travaux d’aménagements réalisés la nuit.
    Il heurta sauvagement la vitre de l’Inter M.
    Il reprit connaissance au Réal M…
    – ¿Como esta Usted, señior …?
    – ¡Don Y Mentor… !
    – ¿Como esta Usted, Don y Mentor ?
    – Muy bien, gracias…

    Il fut étonné de sa faculté à comprendre et à s’exprimer dans une langue étrangère et jeta un regard inquiet autour de lui. La pièce était sobre et lumineuse.
    – Ne vous inquiétez pas, continua la jeune infirmière en le regardant dans les yeux. Vous allez subir les examens de routines. Scanner, IRM, prise de sang……

    Une heure plus tard, les résultats tombèrent.
    Les clichés révélèrent de façon plus-que-parfaite, une collection de lieux-communs, de superlatifs, de répétitions, d’exagérations, d’amplifications, de transformations, de digressions, d’anachronismes, de dysharmonies….
    – Normal, tout est normal ou presque…murmura l’infirmière en installant un baxter. Juste une pochette de Panto…une pochette d’adjuvant….Voilà…dit-elle en lui tapotant le creux du coude.

    Une fois seul, il se tortilla pour voir ladite pochette.
    – Etrange, murmura-t-il, elle a la forme d’un encrier…
    Des milliers de petites lettres dansaient dans le sérum transparent. Sans la moindre difficulté, il lut sur l’étiquette: « La grammaire est une chanson douce… ». Il fut à peine étonné.
    Il ferma les yeux et se laissa envahir par une douce torpeur….

    Tout à coup, une lueur bleutée le réveilla.
    Tel le Chevalier du Subjonctif, il se leva, et se mit en route, prêt à pourfendre les menteurs et bonimenteurs, à défendre la parole vraie, le verbe juste….

    Il se réveilla tout penaud. Assis par terre.
    Il vit son reflet dans la vitre.
    – Cesse de te mentir, mon pote! Tu as vu ta pomme ? Tu bibardes, tu bibardes….

    © Clémence.

  6. Cétonie dit :

    C’était un talentueux bonimenteur, qui vendait des produits menteurs
    à la sortie des grands magasins.
    Tous les directeurs se le disputaient, tant il en écoulait.
    Un jour, il eut un malaise. Un mal sournois le rongeait.
    Tous les médecins réunis à son chevet, débattaient de ce mal inconnu, mais ne parvinrent pas à poser un diagnostic cohérent : en effet, à chaque question, il ne pouvait s’empêcher de répondre par un discours totalement farfelu, et fort déroutant pour ces hommes de science.
    Décidé à comprendre la source profonde de ce malaise, l’un d’eux, plus audacieux, décida d’essayer l’hypnose, pour sonder ce qu’il cachait sans doute au plus profond de lui-même.
    Et c’est ainsi qu’il découvrit que son mal sournois était la Vérité !
    Il fit part de sa découverte à ses éminents confrères, et ce fut une belle pagaie ! Chacun pensait savoir quelle était la Vérité, et donc, comment la soigner.
    Pendant ce temps, les Urgences furent saturées de clients en pleine déprime depuis le départ de leur amuseur préféré, et la Ministre de la Santé en personne se déplaça pour trouver très rapidement une solution à cette crise peu banale : d’un commun accord, l’on décida de renvoyer le Bonimenteur à son travail, en calmant simplement son manque de Vérité par quelque potion efficace quoique traditionnelle.
    Et tout rentra dans l’ordre.

  7. Une expérience… Une simple expérience scientifique !…
    On lui avait ri au nez. Impossible ! Personne ne serait dupe !
    Edmond Leurre avait souri. La psychologie n’était certes pas sa spécialité, mais la discipline l’interessait. Et puis, que risquait-il ? A peine aurait-il quelques frais au départ pour lancer le processus.
    A cette époque, beaucoup sous-estimaient encore la réalité virtuelle. L’occasion était venue de prouver ses possibilités.
    Dans le pays le mécontentement atteignait des sommets que chaque fois les médias prétendaient indépassables, jusqu’à leur dépassement quelques mois plus tard. La colère accumulée des citoyens mettait sous pression une marmite prête à l’explosion. On déplorait les problèmes sociaux, qui se multipliaient, sans rien faire pour les résoudre, tout en assurant à la population qu’on prenait les mesures nécessaires.
    On, c’était le gouvernement de l’époque, sur lequel nous resterons neutre.
    Un soir, à 20h précises, apparut sur toutes les chaines d’actualités de la télévision une jeune personne, blonde, aux cheveux longs. Silhouette alerte, visage avenant, et des élans verbaux de tribun qui trahissaient une femme de tête. Quelques journalistes – mais peu nombreux – firent remarquer qu’elle avait un sourire de squale, mais on crut à une erreur de frappe, et on interpréta « squaw », plus flatteur pour la donzelle, avec un zeste d’exotisme. Le nez un peu trop long et pointu suggérait un tempérament de pique-assiette mais on ne s’y attarda pas. Impressionnés par cette apparition, tous écoutèrent patiemment ce qu’elle avait à dire. La création immédiate d’un compte facebook et quelques tweets bien percutants lui assurèrent un club de fans dès le lendemain.
    Et dès le lendemain également on entendit de nouveau sa voix sur la plupart des chaines.
    Les commentaires de ses tribunes remplirent les différents journaux et des débats furent organisés sur le contenu de ses discours, avec bien sur droit de réponse. Elle devint bientôt la coqueluche des médias et de tout un peuple. On la retrouvait sur des T-shirts, sur des tasses à café, sur le papier destiné aux commodités, et on copia ses traits pour la statue en buste du symbole national. On donna aussi son visage à une héroïne, icône populaire du pays, à l’occasion de l’édition remaniée d’un livre d’Histoire qui devait paraître l’année suivante. Elle entra ainsi dans chaque foyer et devint le sujet de prédilection des discussions. Chaque soir rendez-vous était pris, à la même heure, avec cette incontournable personnalité.
    Mais, au fait, que disait-elle pour connaître une telle notoriété ?
    La plupart des auditeurs auraient été bien embarassés s’il leur avait fallu résumer ses dires en un programme cohérent. Mais on pouvait retenir que si on lui confiait le gouvernement, tout irait beaucoup mieux puisqu’elle seule savait comment résoudre les problèmes, qu’elle était solidaire des laissés pour compte, et décidée à les défendre becs et ongles contre tous les parasites qui leur volaient leur gagne pain et s’enrichissaient sur leur dos. Elle disait comprendre leur colère et était décidée à donner un grand coup de balai. Sur la manière de s’y prendre, elle avait ses idées.
    Et chaque jour les bataillons de ses fidèles grossissaient leurs rangs, jusqu’à devenir bientôt une majorité d’inconditionnels

    « Alors ???… » dit l’expérimentateur narquois en regardant son interlocuteur sous le nez.
    Bref coup d’oeil échangé entre le sous directeur de Cabinet et son secrétaire.
    Il fallait se rendre à l’évidence : Edmond Leurre avait réussi son pari. Et en un temps beaucoup plus court que prévu. Le Ministère de l’Information n’avait plus qu’à s’incliner. Preuve était faite.
    « Et maintenant ? Que comptez-vous faire ? »
    L’inquiétude était palpable.
    « Il va falloir démonter tout ça… »

    Le soir même, à 20h, apparut sur toutes les chaines de télévision un visage inconnu du public, celui d’Edmond Leurre, cotoyant l’ idole politique de toute une nation. Par quelques mots il prépara les auditeurs à un tour de passe-passe que beaucoup prirent pour un trucage : Dans une animation bien articulée, il fit apparaître l’envers du visage familier qui s’avéra être un savant moulage en creux, et qui s’effaça trait par trait de l’écran jusqu’à disparaître totalement.
    Pour beaucoup, ce soir-là fut un soir de deuil.
    Mais peu de temps après, ils étaient nombreux à jurer ne jamais y avoir cru pour de bon.
    Parce que vraiment, pour croire une histoire pareille, il ne faut pas être malin ! On voit tout de suite que ça ne peut pas être vrai!
    Comment ???
    Oh noon ! Là vous me faites marcher !… Ne me dites pas que vous y avez cru !!…

  8. Dameleine dit :

    C’était un talentueux bonimenteur, qui vendait ses produits à la sortie des grands magasins. Cela allait du produit à nettoyer les lunettes, les vitres et tout ce qui doit briller sans laisser de traces, au couteau à trancher sans risque de se mettre les doigts en rondelles, en passant par toutes sortes d’instruments extraordinaires aboutissants souvent à la chose incroyable de finir oubliés au fonds d’un tiroir.

    Tous les directeurs de grands magasins se le disputaient, tant il était capable d’écouler n’importe quoi. Moi-même, qui suis pourtant d’un naturel dubitatif, je me suis fait avoir par ses arguments, pour un instrument qui permettait de refaire le rail des fermetures éclair. Que ceux qui n’ont jamais connu un déraillement de zipper me jettent la première pierre. Sous nos yeux ébahis, il avait réparé la fermeture à glissière d’un chaland, qui s’était arrêté devant son étal sans s’apercevoir que sa braguette était béante. Après quoi il en avait vendu dix d’un coup, dont celui qui ne m’a jamais servi, vu que je n’ai pas réussi à le faire fonctionner. Et pourtant ça avait l’air si simple entre ses mains !

    Un jour, il eut un malaise. Depuis quelques temps un mal sournois le rongeait. Cela avait commencé par la confusion des mots, puis peu à peu s’était devenu un verbiage incompréhensible et les clients ne s’arrêtaient plus devant son étal que pour le voir gesticuler en tenant des propos abscons.

    Mais son malaise était arrivé sur le marché, après qu’un politicien mis en examen, soit venu lui serrer la paluche par dessus son étal, lui promettant une baisse ses impôts, une diminution de ses charges, une amélioration de sa sécurité, une augmentation de son chiffre d’affaires, une ouverture à l’exportation de ses produits, l’arrivée du père Noël au mois de mai et bien d’autres choses encore. A ce moment là, il avait réalisé que le mal qui le rongeait, c’était : La Vérité.

    © Dameleine

  9. Catherine M.S dit :

    Comme un tsunami

    C’était un talentueux bonimenteur
    Qui vendait des produits menteurs
    A la sortie des grands magasins
    Malin !
    Tous les directeurs se le disputaient
    Tant il en écoulait.

    Mais un jour, il eut un malaise
    Un mal sournois le rongeait :
    La Vérité …
    Cela faisait un petit moment que ça durait
    Depuis qu’un certain lundi il s’était mis à bégayer
    – Ve-ve-ve-venez voi-voi-voi-voir…
    Pour attirer le chaland, cela devenait gênant
    Les mots se cognaient à ses dents
    Sa langue fourchait
    Jusqu’à ce qu’il devienne totalement muet
    Silence complet
    Exclusion, dépression
    Allô docteur, mon mari ne parle plus
    Mais le docteur, non plus, n’a pas répondu
    Monsieur le Maire, que faire ?
    Mais le premier édile était alité lui aussi
    Restait Monsieur le curé
    Qui vint précipitamment à son chevet
    – Mon bon ami, vous ne pouvez pas continuer ainsi
    La Vérité va bien finir par éclater
    BOUM !!!!

    L’explosion fut si sévère
    Que l’on crut à un tremblement de terre
    Mais après de sérieux bobos à soigner
    Et une belle frayeur
    Le maire, le docteur et notre bonimenteur
    Ont retrouvé la parole, leurs esprits et leurs valeurs
    Et de ce jour, plus aucun propos mensonger
    Ne sortit de leur gosier !

  10. Malinconia dit :

    Chaque samedi il était autorisé à déployer son étal dans la galerie marchande de cet immense centre commercial. Il possédait un tel bagout et un baratin si bien rodé qu’il attirait foule. Majoritairement féminine, normal, il vendait des produits qu’il disait ‘de beauté’.

    Devant ces dames il déployait son charme de bellâtre allant parfois jusqu’à frôler le rentre-dedans. La flatterie étant son atout maître il en usait sans aucune honte ni la moindre vergogne. Mais pas à tort et à travers, il prenait au contraire grand soin de sélectionner celles qui à coup sûr tomberaient direct dans le panneau.

    Il n’interpellait jamais celles qu’il trouvait jolies, pas de temps à perdre, elles n’auraient besoin de rien et ne l’écouteraient que pour se distraire.

    Ses cibles : les physiques ingrats.
    Ses promesses : un catalogue bien fourni, adapté à tout défaut, qui proposait par exemple :

    – à la boutonneuse, le flacon d’Eau Miraculeuse, qui fait une peau de bébé en une semaine
    – aux tâches de rousseur : la lotion Décolor qui unifie le teint
    – aux dents jaunes : la pâte Blanchitou, qui rend le sourire éclatant
    – à la strabique : le rimmel Cils de Soie, donnant un regard de braise
    – aux lèvres trop fines : le rouge Big Stick, épaississant et indélébile
    – aux ongles rongés : le vernis reconstituant Ongl’magic
    – à la pâlotte : le blush Rose de Damas …

    Bref, quelle que soit la disgrâce, il avait le remède. Et bon sang, comme ça marchait ! Tellement que les gérants des parfumeries de la galerie faisaient grise mine, ce type-là avec sa grande gueule et ses produits pas chers leur cassait le travail. Alors, l’un après l’autre, celui de Sephoro, celui de Mariannou et même celui de Nocibo lui firent des propositions. Même le poste de Chef de département s’il voulait …

    Rien à faire, lui il avait une âme de camelot, pas question qu’on l’attache à la chaîne des horaires ni d’avoir un directeur au-dessus de la tête, libre il était, libre il resterait.

    Libre ? Il ne le resta plus longtemps.

    Voilà que s’étant concertées ses clientes firent ensemble le triste constat que ce bonimenteur les avait bien eues. Les boutons avaient triplé, des auréoles indélébiles avaient succédé aux tâches de rousseur, les dents jaunes viraient au marron, le rimmel fondait dans les yeux qui louchaient davantage, le rouge à lèvres amer donnait la nausée, le vernis refusait de sécher, quant au blush, il tournait à la pivoine fanée.

    Les voyant soudain surgir en bataillon enragé faisant tourner en l’air leurs sacs à main comme on le fait d’un lasso ou d’un lance-pierres, la peur le prit, semblable à celle que dût éprouver Marie-Antoinette lorsque des furies armées de faux et de piques se précipitèrent à Versailles dans l’idée de lui faire la peau. Il s’imagina décapité, lacéré, débité, coupé en rondelles … Soit, il était un beau parleur à l’âme de truand mais une telle mort le terrorisa tant que son cœur ne le supporta point. Son dernier râle ne lui accorda que le temps de regretter de ne pas s’être libéré à temps du mal qui le rongeait : dire à ces femmes la vérité.

  11. Jean Louis Maitre dit :

    La Vérité toute nue…

    Un talentueux bonimenteur,
    Qui vendait des produits menteurs
    A la sortie des magasins
    Faisait la joie des directeurs
    Tant il écoulait de zinzins.

    Mais un jour, il eut un malaise
    Et pourtant, il était balèze !
    Un mal sournois qui le rongeait
    Venait de ramener sa fraise :
    La Vérité le dérangeait !

    Une Vérité toute nue
    Callipyge, mais seins menus,
    Avait le front de s’inviter
    Dans chacun des propos tenus.
    Impossible de l’éviter !

    Alors, il brûla ses vaisseaux !
    « Voyons ! N’achetez pas, c’est sot !
    Pas sain, pas sûr, pas frais, trop cher,
    En plus, c’est rempli de défauts !
    C’est ni halal, ni casher !

    Vous voudriez me faire taire,
    Mais moi, j’embarque pour Cythère !
    Ma Vérité aux seins menus
    Et aux fesses fières et altières
    M’a captivé, m’a retenu ! »

    Il descendit de son estrade,
    Abandonna la mascarade
    Et jeta au loin son micro !
    Après une dernière œillade,
    Il quitta son métier d’escroc.

    On prétend que les politiques
    Voulant retrouver leur éthique
    Chercheraient à le recruter…
    Menant une vie idyllique,
    Il leur aurait tous ri au nez !

  12. Zéphyra dit :

    Charmeur, bonimenteur,
    Fier et orgueilleux,
    Il bombait le torse.

    Les femelles conquises
    Gloussaient, caquetaient.
    Toutes le surnommaient

    El coquino ! El coquino !

    Il maniait avec brio
    Vibrato et tremolo.

    En maître, il régnait
    A la cour, il rayonnait.

    Jusqu’au jour où,
    Il eut un malaise.

    L’arrivée d’un éphèbe
    Annonçait son départ.

    Le couperet sur le billot tomba.

    Le lendemain,
    L’arrière-cuisine embaumait.
    Dans la marmite en fonte
    Un coq au vin mijotait.

  13. Cécile dit :

    C’était un talentueux bonimenteur, qui vendait des produits menteurs à la sortie des grands magasins. Tous les directeurs se le disputaient, tant il en écoulait.
    Un jour il eut un malaise.
    Un mal sournois le rongeait : la vérité.

    Chaque jour de plus en plus tiraillé dans un conflit intérieur qui le le quittait plus, il se mit à grossir, chaque mensonge se posant, qui sur ses hanches, qui sur ses cuisses ou bien encore venant enfler son ventre.

    Une petite voix – oserait on l’appeler la voix de sa conscience ? – lui serinait combien il était malhonnête et sournois.
    Compter la recette le soir devenait infernal tant le cumul de ses gains se confondait au cumul des clients bernés par ses soins.
    A mesure que son mal progressait, il lui devint difficile de vanter et de vendre ses produits inutiles. Mensonge après mensonge, il rougissait jusqu’à devenir écarlate, ses aisselles trempaient sa chemise, la sueur perlait à son front, il se mettait à bégayer, bientôt il ne parvenait plus à porter sa voix assez loin pour accrocher les passants. Dans sa bouche, les mots devenaient autonomes ; ils se bousculaient sur ses lèvres sans qu’il puisse les choisir et les ordonner de tel sorte qu’à la fin de la journée son discours n’avait plus aucun sens.

    Il demeurait cependant l’attraction du grand magasin où il s’établissait et attirait chaque jour une foule de plus en plus dense.
    L’argent de ses ventes semblait lui brûler les doigts et il s’empressait de le glisser dans ses poches avec forces grimaces qui faisaient beaucoup rire les enfants.

    Un jour, n’y tenant plus d’avoir tant sué, rougit, bafouillé et grimacé, il se mit à pleurer.
    Une jeune dame s’avança, lui tendit son mouchoir, le poussa de côté et s’installa à sa place.

    Tout d’abord il l’écouta, horrifié, bonimenter et vendre ses produits menteurs. Puis il partit sans se retourner. Sur les chemins, sur les routes, il se mit à marcher au gré de vraies rencontres et de vrais paysages.

    Aujourd’hui, cet homme marche toujours. Au détour d’un virage vous le croiserez un jour. Acceptez son sourire, rendez lui le bonjour ; il a su s’échapper d’une maladie très grave qui a changé sa vie.

  14. Odile Zeller dit :

    Théodore etait bonimenteur sur le marché central de Kinshasa. Il vendait de tout : des couteaux qui ne coupaient pas longtemps, des casseroles qui perdaient leur manche. Des balais qui se démanchaient. Les chinois l’adoraient, ils écoulaient tout leur stock d’invendus. Les clients se plaignaient parfois. Des femmes misérables qui ne pouvaient s’offrir les marques solides. Alors il sortait de dessous la table un sac de bonbons tagadi et leur donnait pour les petits. Un jour il s’effondra pris d’un malaise qu’on crut lié à la chaleur. Il rentra chez lui en suivant lentement le pousse pousseur qui le connaissait et acheminait chaque matin toutes ses denrées.
    Le lendemain se sentant plus vaillant il reprit sa place mais rien ne marchait. Quand une cliente voulait acheter un couteau sa langue fourchait et disait : surtout n’achète pas celui la. Dans trois jours il sera émoussé et tu devras le jeter. Va voir Mamadou là-bas plus loin, lui, il te vendra du bon matériel. Vas-y de ma part, il te fera un prix.

    De la matinée il ne vendit rien. Le lendemain, il transpirait et de nouveau il envoya ses clients à la concurrence. A la fin de semaine les fournisseurs chinois avaient appris sa nouvelle méthode de vente. Il ne trouva plus rien à acheter et ne vendait plus rien. Par contre les clientes se pressaient sur son stand pour savoir où acheter au meilleur prix.
    Un commerçant avisé vint le trouver :
    Théodore mon ami, tu seras bientôt ruine avec ta manie de la vérité. Mais je suis ravi de te voir enfin rejoindre le camp de la vérité. J’ai un nouveau métier pour toi. Sois mon acheteur. Tu connais les produits et sais où trouver les meilleurs. Avec toi comme conseiller toutes les commères auront confiance.

  15. Grumpy dit :

    Il s’appelait Monsieur Bobard. Pourtant ce patronyme pour le moins révélateur n’intriguait ni m’amenait suspicion ou méfiance. S’agissant de politique, la naïveté de ceux qui y prêtent l’oreille est incommensurable et se vérifie depuis la nuit des temps.

    C’est qu’il avait belle figure sur ses affiches, net, impeccable, dans ses costumes si bien coupés, être ‘propre sur soi’ inspire confiance. Qui allait croire en la parole d’un gaucho barbu cradingue et agressif ou au langage populo d’un prolo en bleu élimé ? Un français moyen n’attirera que fort peu les voix de ses semblables. En revanche, le reflet attirant du miroir aux alouettes …

    Et puis celui-là, de l’expérience il en avait à revendre et c’est bien ce qu’il faisait à la perfection, de la retape. D’échelon en échelon, toute sa carrière s’était construite de belles paroles en mirobolantes promesses, ça avait toujours marché, ça fonctionnerait encore. Il n’avait pas de cambouis sous les ongles lui, ni de cals dans les mains. Il était si lisse. C’est que cette fois, c’était du sérieux, il visait au plus haut.

    Alors il faisait campagne de marché en marché, de Zénith en Palais des Congrès, de FT1 en FMB. Bien nette la raie sur le côté, reluisante la belle montre, brillants les mocassins à pompons. La classe ! Qui ne serait pas séduit par cette aisance et n’aurait envie de devenir sa copie. Aucun n’aurait même eu l’idée de se poser la moindre question sur la source de cette prospérité. Les politiques, c’était comme ça, naturel …

    Ses homologues gardant dans le viseur la vue d’un poste confortable et rentable sur lequel ils pourraient greffer leur famille s’appliquaient à consolider le socle, le noyau dur, distribuaient de petits drapeaux en recommandant de bien les agiter, d’applaudir beaucoup. Ils n’avaient pas trop de mal à se donner, papys et mamies friqués chics et les nostalgiques du Général suivaient comme un seul homme. Tous persuadés qu’avec lui, demain eux aussi continueraient de se raser gratis. Demain …

    Oui mais voilà. Si ‘THE’ candidate, fier et sûr de lui, ne se posait pas de question ni n’avait l’ombre d’un doute quant à son succès assuré, il n’en fut pas tout à fait de même de la part d’un canard de journaleux assez lucides pour se dire que cette fois trop c’était trop, qu’assez c’était assez. Car eux en avaient déniché quelques-uns de coups pas bien droits, bien bien tordus au contraire, parmi les habitudes et le train de vie de ce beau monsieur bonimenteur. Il apparaissait au fil des découvertes qu’il s’en était mis plein les poches, enfin pas exactement, ça aurait pu déformer les beaux costumes, plutôt plein le manoir et les comptes en banque. Bien aidé en cela par sa fidèle épouse au prénom prédestiné. Quelle belle famille qui avait contribué à l’unisson à aider papa à être de plus en plus à l’aise avec l’argent au point que ça en était devenu maladif, une maladie qui s’endurait facilement car elle avait la qualité de se guérir d’elle-même tant elle apportait de confort et de sécurité.

    Il commença par jurer la main sur le cœur les yeux dans les yeux et sans éprouver le moindre malaise que ce fatras d’informations n’était que mensonges et que lui seul détenait la vérité, la seule vraie de vraie, la sienne. Mais celle-ci ne le rongeât point, avec elle il avait conclu un arrangement avantageux. A choisir entre elle et le mensonge, entre avouer et renoncer ou s’entêter et s’embourber un peu plus de jour en jour, quel chemin croyez-vous qu’il choisit ? Il opta pour le proverbe « Le mensonge qui fait du bien vaut mieux que la vérité qui fait du mal. »

    Chacun pensera ce qui lui plaît, reste une chose sûre, nous saurons sous peu qui de la vérité ou du mensonge est sorti vainqueur. Bonimenteur pourra-t-il se dire « tout est perdu, fors l’honneur », car l’honneur … ?

    • Odile Zeller dit :

      Très bien et quel talent pour accrocher le bonimenteur à la politique et aux dérives actuelles merci

      • Grumpy dit :

        Merci Odile, moi aussi j’ai bien aimé votre camelot vendant … de la camelote et son inimitable pousse-pousseur, celui-là il fallait le trouver !

  16. Blackrain dit :

    La Vérité s’était pointée un matin à la sortie de son rêve. Malgré l’heure indue il avait été charmé par sa candeur. A force de l’écouter il était parti sans thé et s’était retrouvé chocolat, le ventre vide et en mauvaise santé. Son nez coulait et il avait le cou laid chaque fois que ses mensonges évoquaient sa rêverie.
    Ses menteries le rendaient vert à citer et il vomissait ses artifices d’une gorge en feu sur des clients incrédules.
    La nuit, plus il nageait au bord de la Vérité plus le jour il se noyait dans Léman songes.
    Bientôt il fut honni menteur et sa mine de crayon s’effaça du podium des ventes. Il eu beau mettre la gomme rien n’y fit.
    A forces de malaises il quitta les fadaises des produits menteurs pour se refaire une Vertu dans un service après-vente. Il y oublia bien vite les tours de vis pour adopter une exacte attitude.

  17. Christophe Le Sauter dit :

    C’était un talentueux bonimenteur, qui vendait des produits menteurs à la sortie des grands magasins. Tous les directeurs se le disputaient, tant il en écoulait. Un jour, il eut un malaise.
    Un mal sournois le rongeait : La Vérité au grand jour se révélait. Jérôme le talentueux bonimenteur, n’était pas celui qu’il voulait bien faire croire. Normal c’était son job, mentir à tout le monde. Même les directeurs des grands magasins s’y laissaient prendre. Pourtant c’était pas bien compliqué de voir qu’il ne vendait jamais rien. Jamais rien de valeur ni d’intéressant, au point qu’il ne se mettait pas à l’entrée des magasins mais à la sortie. Les clients n’ayant plus d’argent les bras chargés des courses récentes se posaient un instant, avant de rejoindre leur voiture mais sans rien acheter. Là, Jérôme œuvrait pendant des heures surtout les jours de pluie. Les clients gênés par leur lourde charge hésitant à se faire mouiller, restaient encore un instant à l’abri du porche devant son stand. Les directeurs voyant tout ce monde lui prêtaient du talent.
    Un samedi à la fin d’une longue journée pluvieuse du premier jour des soldes une cliente voulu acheter tout son stock. Fatigué des efforts déployés pendant les douze dernières heures et surpris par cette demande il fut pris d’un malaise. Ce qu’il redoutait le plus au monde allait se produire… il allait vendre. Et tout son stock en plus. Il eut le vertige, des gouttes de sueur qui perlaient sur son front, ses jambes qui tremblaient et qui allaient bientôt se dérober s’il ne faisait pas quelque chose, son ventre qui le tordait de douleurs et en un instant il vit se dérouler toute sa vie, bref la totale quoi.
    Il devait répondre mais quoi ? Et surtout comment ? La bande enregistrée n’était pas prévue pour un tel incident. Il ne lui servait plus à rien de bouger ses lèvres pour assurer le playback. Le micro lui tomba des mains. Les bonimensonges et bonimenteries continuaient de se déverser dans la sono. Tout se passait comme dans son récurent cauchemar, il allait bientôt se retrouver tout nu, seul sur l’estrade au milieu de la place de la Concorde bondée de monde, on allait lui donner un sou et tout emporter.
    La cliente voyant son trouble vint pour le soutenir. Normal pour un médecin de prêter assistance aux personnes en danger.
    – De grâce ne m’achetez rien, je n’y survivrais pas.
    – Poisson d’avril !
    – Mais nous sommes en janvier !
    La cliente lui fit un clin d’œil, s’assura qu’il allait mieux et tourna les talons.
    Tel fut ainsi pris qui croyait prendre. Cette leçon valut bien un malaise sans doute.

  18. Laurence Noyer dit :

    L’ami Boni est un menteur
    Boni ment
    ici ou là, pour les crédules
    dissimule

    Madame la Muse nous abuse
    La Muse ment
    Où est le vrai chez cette femme
    qui diffame ?

    Le petit Roule nous ampoule
    Roule ment
    Calom aurait-il donc menti ?
    Calom nie

    Quand Miss Andorre fait son rapport
    Andorre ment
    Te certifie, te justifie
    Miss t’y fie ?

    L’ami Divray n’est pas menteur
    Dis, vraiment !
    Mais son slogan dit : « Je suis vrai ! »
    Je suivrai ?

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