316e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Un craquement inhabituel éveilla son attention.
Cela fait des années que je n’ai pas écouté la maison, songea-t-il.
Le soir même, assis dans le noir, il l’écouta attentivement. Il fut servi !

Inventez et racontez la suite

32 Responses

  1. Joe Krapov dit :

    Un craquement inhabituel éveilla son attention. Cela fait des années que je n’ai pas écouté la maison, songea-t-il. Le soir même, assis dans le noir, il l’écouta attentivement. Il fut servi !

    Toute la nuit elle émit des bruits de pas rapides, réguliers, semblables aux résonances sur la cendrée d’une course de fond et de temps en temps, il lui arrivait de l’entendre gronder, essoufflée, quelque chose comme :

    – On a… On a… On a… On a…

    Il n’aurait pas dû tendre l’oreille ainsi. Il la préférait silencieuse, réconfortante, emplie de musiques douces. Il la découvrait violente, agitée, obsessionnelle.

    – On a… On a… On a… On a…

    Surtout, maintenant, il n’y avait pas moyen qu’elle s’arrête. Même avec des boules Quiès il entendait ce martèlement, ces ahanements proches du simple borborygme. Cela ne se termina que vers cinq heures du matin. Il crut comprendre qu’elle criait « …gagné ! » et il y eut un barouf extraordinaire, un gigantesque bruit de chute dans le grenier. Puis plus rien. Un silence de mort.

    Le lendemain, il voulut comprendre quelque chose à ce mystère. Pour en avoir le cœur net il se rendit aux archives municipales et demanda à consulter les documents relatifs à la maison. Il trouva assez vite la réponse. Un des anciens propriétaires s’appelait Tsipras Tuladanlos.

    Revenu chez lui il surfa sur Genalogy.net et il découvrit que ce Tsipras descendait, par la belle-sœur du neveu de Tétoutt-Nusoutonpul Joligos, d’un ancêtre dénommé Euclès.

    Oui, Euclès, celui-là même qui courut 42,195 kms de Marathon jusqu’en Athènes pour annoncer la victoire des Grecs sur les Perses. En 490 avant Jésus-Christ.

  2. Sylvianne dit :

    Il s’nstalla confortablement dans le noir. Il ferma les yeux pour mieux écouter. Il prit une longue inspiration. Et tendit l’oreille. Rien ! Le silence. Elle boudait. Il la connaissait. S’il restait longtemps sans venir l’écouter, elle l’ignorait. Alors, il l’appela doucement. Il gémit. Puis chantonna. Une contine. Patiemment. Sans la brusquer.
    Elle grinça. Elle couina. Doucement, d’abord. Elle chauffait ses portes vocales.
    Aujourd’hui, son ton était doux. Il chuchota : « oui ? je suis là. »
    Elle soupira longuement. Il se détendit, soulagé. Elle émit un petit rire comme un sourire.
    Un gazouillement. Il adorait l’entendre lui parler à sa façon, lui raconter sa vie prisonnière de ces murs. Depuis ce jour fatidique, il avait appris à décoder son langage. Il détectait son humeur, ses souffrances ou ses joies. Il se confiait. Lui, racontait ses journées.
    Sans le voir, sans le toucher, elle lui prodiguait ses soins, le conseillait, le câlinait.
    Il se blottissait dans sa voix douce et aimante.
    Ce jour-là, elle avait soupiré et était partie doucement comme un souffle d’air.
    Mais comme elle lui avait promis, sa maman s’était glissée entre les murs. « Je serai toujours là, mon petit » .

  3. françoise dit :

    Un craquement inhabituel éveilla son attention. Cela fait des années qu’il n’avait pas écouté la maison. Le soir même, assis dans le noir, il l’écouta attentivement. Il fut servi !
    Elle se plaignit en pleurant (il reçut des gouttes de pluie sur la tête) que depuis un bon moment il ne s’occupait plus d’elle. Pourtant s’il la regardait avec attention, comme il le faisait il y a quelques années, il aurait vu qu’elle avait besoin d’un sérieux lifting, le botox, elle en était sûre, ne suffirait pas à cacher ses nombreuses fissures, il était trop tard. Toi aussi, d’ailleurs, tu aurais besoin d’un sérieux lifting, ton front est ridé, tes paupières tombantes, tes joues creuses, tes lèvres (on les voit à peine) ; quant à ton menton , il fuit, il fuit comme mon toit. Je sais que chez les humains il s’agit d’un phénomène biologique inéluctable, mais moi il suffirait d’un bon ravalement de façade, d’un toit neuf, car il faut dire que le mien a été abîmé par des snipeurs venus dessus pour faire les fous et qu’ils en ont cassé plusieurs tuiles. Des fenêtres double-vitrage seraient aussi du plus effet. Qu’en penses-tu ?
    Mais avec quel argent ma pauvre vieille ? Ma femme m’a quitté avec le coffre !
    Bougre d’idiot, tout le monde maintenant met son argent à la banque !
    Tu as raison mais jamais au grand jamais je n’aurais imaginé que ma femme pourrait partir avec un autre. Enfin , j’attends un agent immobilier pour te vendre au plus offrant ; je ne puis faire autrement.
    En entendant ces mots, la vieille maison pour manifester son chagrin s’écroula . Le propriétaire, gravement blessé. fut transporté en ambulance à l’hôpital le plus proche. Il y resta suffisamment de temps pour nouer une idylle sérieuse avec une jeune,belle et fortunée infirmière.
    Ils fondèrent un foyer, firent reconstruire une belle maison sur l’ancienne et à quelque temps de là, on vit la jeune épousée avec un ventre arrondi, en train de planter des carottes dans le jardin .

  4. Clémence dit :

    Un craquement inhabituel éveilla son attention.
    Cela fait des années que je n’ai pas écouté la maison, songea-t-il.
    Le soir même, assis dans le noir, il l’écouta attentivement. Il fut servi !

    A dieu vat ! s’exclama-t-il, en grimpant vers son perchoir qu’il appelait sa hune. Cela fait des années qu’il n’avait pas écouté la maison. Il se cala dans l’obscurité de l’univers et écouta…

    Balouette au vent, les souvenirs pouvaient pleuvoir ! Et ils allaient pleuvoir ! Par trombes !

    Coudées, par trente, cinquante et trois cents….le volume était de taille ! Encore un de ces problèmes de mathématiques incluant l’application du nombre d’or, ça c’est sûr !

    Doublage, non pas de cuivre, mais de bitume. Encore une lubie de l’armateur. Au plus bas coût !

    Epure dessinée dans la terre ocre, sous la dictée, mais à l’abri des vents.

    Fargues par dizaines, nattés dans le chanvre. Un travail de longue haleine, mais reposant !

    G
    ophers majestueux ! J’en ai abattus, élagués, débondés, écorcés, équarris, et débités. Mes bras s’en souviennent encore !

    Herminette pour chasser la hupe lovée dans un œil-de-perdrix et hamac de toile brute pour un peu de repos…

    Invincible, inscrit en toutes lettres dans le cahier des charges. Invincible dans les flots déchaînés, invincible sous les pluies torrentielles. I-N-V-I-N-C-I-B-L-E.

    Jambettes par dizaines sur le pont, l’eau doit s’écouler…

    K… K…. K…. le Grand K, le temps fuit, la vie passe….

    Larguez les amarres ! Oh, comme l’émotion était grande ! À la mesure de l’aventure ! Le monde entier en parlerait à jamais !

    Maître d’équipage au caractère rude, autoritaire et intransigeant… un portrait sans encorbellement.

    Naufragés, j’en ai vu des milliers tournoyer dans les vagues gourmandes. Déchiquetés, écartelés, éparpillés, avalés sans merci, sans répit.

    Occupants de tous genres et toutes espèces, certes ! Mais … quid des les lapins ? La question n’avait pas vraiment été résolue…

    Pont au nombre de trois, comme les trois étages consacrés aux occupants. C’est mathématique ! Simple et clair !

    Quarts à assurer mais la quille… pas de sitôt…La vie s’annonçait plutôt contraignante !

    Rousture de-ci, rousture de là… rien ne doit tanguer ni rouler.

    Sains et saufs, après des jours et des nuits de peur et de terreur !

    Terre, Terre… la magie d’un seul mot. Terre, terre, aux taquets, moussaillons…

    Un oiseau fendait le ciel  et dessinait le monde.

    Vivants, nous sommes vivants….

    Waka, waka caquetai tle perroquet, je l’entends encore !

    Xyloglottes et xénophobes interdits de séjour. Il y a déjà eu trop de mal sur terre…La preuve : ce chantier pharaonique !

    Y’ a pas à dire… dérèglement météorologique ou non, ce déluge a marqué les mémoires, quoique le copain Moïse s’est fendu d’un coup de génie, lui aussi !

    Zut, cria la femme de Noé ! Cela fait dix fois que je t’appelle ! La soupe va être froide !

    © Clémence

    • Grumpy dit :

      Si Noé voyait notre humanité, il se dirait qu’il avait eu bien raison de ne sauver que des animaux, mais que si c’était à refaire il se garderait bien de les alphabétiser.

      Bravo l’originalité et à l’année prochaine qui elle aussi va sans aucun doute craquer de partout.

  5. Blackrain dit :

    La nuit enveloppait le « mas noir » de sa pleine lune. Les ombres dansaient autour du lit un bal Dakin, colorant les draps d’une mousse rosâtre. Dehors le vent soufflait sa mauvaise humeur. Il souffrait cette fin d’automne qui déshabillait les branches, moussait les pierres et habillait l’épaule. Assis dans le noir, Jack perçut des pleurs. Ceux de Perceval, cru-t-il reconnaître sans être cuité. Lorsque ce fut un galop il ne trouva pas « ça beau ». Perceval, ce petit « gars loi », qui lorsqu’il perd cheval en perd la vie, une chute sans préavis. Jack se boucha les oreilles. La mélodie grinçante d’un piano désaccordé filtra entre ses doigts crispés. L’enfant l’appelait pour venir jouer. Jack eu un râle. Le reflet de l’enfant apparut (non, pas Benoit !), souriant dans le miroir. Il ne manquait pas d’esprit. Un souffle glacé lui parcouru le dos, un relent de « vache rein » peut-être ? Puis une image floue et flottante traversa la porte pour venir longer lémures, spectre larvé, mais point lavé, fantôme délavé mais point slave comme Bruce « Wilis ». Était-ce un revenant ou bien une vision sans vison, un ectoplasme le « lin seul » ou bien une illusion « en plis » d’allusions, un hallucination ou bien une ombre qui tournoie des six nations ?

    Le lendemain Jack Daniels me téléphonait, la voix encore chargée de sa nuit blanche. Il me conta les poltergeists et les guest stars de sa frayeur que le fantôme opéra. Je lui suggérais de déménager, de revenir en France, de se chercher un château brillant, à Combourg ou dans un village intelligent, dans ces lieux qui ne parlent ni de fantôme de chat boiteux, ni de chien noir dans des baskets vils. Il faut dire que je lui avait déconseillé d’acheter ce château en T, véritable ABC du spectre dans le pays où les loch naissent.

  6. Michel-Denis ROBERT dit :

    Un craquement inhabituel éveilla son attention. Cela fait des années qu’il n’avait pas écouté la maison, songea-t-il. Le soir même assis dans le noir, il l’écouta attentivement. Il fut copieusement servi. Son voisin de droite ne le fut pas, l’interruption du courant l’en avait privé. Les plombs venaient de sauter. Il aimait bien cette grande maison couverte d’un lierre rougissant à l’automne, sa robe donnait l’envie de lui rendre visite. Il devait meubler l’entracte du milieu du repas. Il imaginait Serge à sa gauche comme un automate figé, avec son gilet satiné aux rayures verticales jaunes et noires. Il entendait la respiration du garçon étonné, présentant un plat ovale de porcelaine, pour qu’il continue de se servir de cet excellent gibier. L’adonis aux yeux mordorés clairs, au regard pénétrant et aux gestes stylés avait servi sur les paquebots du monde entier. D’une classe internationale, sa présence interpellait discrètement. Mais la coupure sur le cuissot rompit le charme. Il venait de lui dire
    – Merci ! J’en ai assez ! J’adore le fumet de ce chevreuil, il respire le terroir. La sauce est délicate et juste acidulée comme il faut. Il s’excusa devant ses hôtes et continua sur l’anecdote de l’année passée. Un chevreuil audacieux l’avait agressé alors qu’il se promenait à pieds sur le chemin des écoliers. Une panne inopinée pimentait la soirée qui bifurquait sur un spectacle nocturne improvisé. Du moins, tout le monde l’espérait en se languissant et en pouffant sous cape, l’oeil insatisfait orienté par une ouïe exacerbée à la nuit tombée. Quelle était cette nouveauté ? Un chevreuil agressif, ça n’existe pas. Pour la chute, que pourrait-il inventer, c’est sûr, il se ramasserait ! Mais il trouvait toujours l’occasion de placer le détail qu’il adapterait selon la circonstance. Dites à Hellène d’apporter les bougies. En attendant que la lumière revienne, je propose un jeu dit-il, à ses convives qui n’avaient pas bougé de leur place, immobilisés par la surprise. Vous devez découvrir les auteurs des bruits successifs que vous allez entendre.

    Hellène ne répondit pas. croyant que le mutisme d’Hellène faisait partie de la mise en scène, les invités émirent leurs impressions amusées.
    – Très fin, le jeu, dit Pierre le carreleur du bout de la table !
    Le parquet de la mezzanine grinça.
    – Facile, dit Aline l’infirmière, à la droite de Pierre, quelqu’un sort de la chambre mauve. C’est peut-être un autre chevreuil, dit-elle en riant. Puis elle se reprit, ce serait plutôt Hellène avec les bougies.
    De la chaîne programmée, détonna brusquement la Walkirie. Jean-Claude pensa à cette émission qui se nommait Laval qui rit :
    – C’est du Wagner, dit-il, de la gauche de Charlène.
    Puis la stéréo se radoucit pour entonner sur de la valse viennoise, en sourdine, donnant des fourmis dans les jambes. Anne, l’institutrice dit :
    – C’est du Strauss, à la gauche de Paul.
    Un battant claqua.
    – C’est la fenêtre de la chambre verte, dit Françoise, à la droite de Paul.
    Ce jeu prenait une bizarre tournure. Etait-ce voulu par le maître de maison ? Est-ce qu’il contrôlait tout ? Une coupure de courant, un méchant chevreuil, un jeu de devinettes, de la musique, cette obscurité, des bruits identifiables, d’autres non… dans tous les cas, cette soirée était déconcertante.
    Tout à coup, du haut de la mezzanine, un cri strident retentit. Hellène surveillait la chronologie des événements, un bruit sourd et pesant évoquant la chute d’un corps. Boum ! Un crime peut-être. Il n’avait pas prévu cette chute.
    – Que la lumière soit, dit-il impatient !
    La lumière jaillit de tous les spots avec Serge portant un énorme gâteau, au milieu des convives, Hellène installant les bougies. En coeur, ils dirent : JOYEUX ANNIVERSAIRE !

  7. Anne-Marie dit :

    Il s’étire dans le lit, bien au chaud sous l’édredon de plumes. Le feu rougeoie encore dans la cheminée de la chambre, assèche l’humidité ambiante. Il y a si longtemps qu’il n’est venu. La lumière blanche de la lune filtre à travers les persiennes tandis qu’un froissement de branches balaie la toiture, d’une caresse un peu rude. La régularité du balancier de la comtoise, qu’il perçoit par la porte entrouverte, le berce. Il somnole, l’oreille aux aguets de ces bruits qu’il avait oubliés. Une chouette hulule, l’horloge égrène solennellement onze coups. Des craquements secs l’intriguent. Des gargouillements suivent… les lourds radiateurs de fonte refroidissent. « Il faudra que je les purge » songe-t-il. Dans l’âtre, la bûche chuintante écroule ses morceaux calcinés dans une gerbe de braises qui projette des étincelles de lumière sur les murs. Des grattements légers au-dessus de sa tête. Des souris dansent la sarabande dans le grenier… le grenier qu’enfant il aimait tant explorer, à la découverte de livres aux couvertures rouge et or, aux pages jaunies, de vieux outils aux usages mystérieux, de longs jupons de coton blanc ou de soie sombre dans lesquels il imaginait sa tante et sa grand-mère. Il croit sentir les effluves odorants du chocolat chaud qui le faisait redescendre dans la cuisine. Une lame de parquet crisse, sous le pas de quelque fantôme… ses chers disparus viennent lui rendre visite, dans une tendre farandole, tandis que le vent frotte sur les tuiles les épines grinçantes des pins. Il est enfant perché dans les arbres, adolescent allongé sur les tapis d’aiguilles rousses, un livre de poèmes à la main, adulte, amoureux, écrasant de ses pas le gravier qui crisse pour retrouver Hélène, embrasser ses lèvres douces et charnues. Un volet claque, brutalement. Il sursaute, se retourne. Les ressorts du sommier gémissent, usés par ces années, ces années où, ensemble, ils les faisaient chanter. « Un concerto ! » s’exclamait Hélène, riant dans sa nudité heureuse, dans leur solitude complice au cœur de cette grande maison, plantée en pleine campagne. Jamais, plus jamais… Il n’entend plus que le bruit de sa peine, ce long sanglot qui monte, forcit avec le vent, étouffe tout autre son.

    ©ammk

  8. Zéphyra dit :

    La maison se languit de Rémi et Isa.
    Un bruit inhabituel éveille l’attention de Pierre.
    Cela fait des années qu’il écoute la maison. Il connait toutes ses fantaisies.
    Les gouttières qui craquent sous la fraîcheur de la nuit.
    Les lattes torturées des persiennes qui frissonnent d’avoir eu trop de chaleur.
    L’escalier qui soupire d’aise, savourant ces quelques heures pendant lesquelles il n’aura pas à supporter le poids des autres.

    Alors, ce bruit insolite tracasse Pierre.
    Il a minutieusement inspecté les coins et recoins de la demeure, a huilé chaque gond des huisseries.
    Depuis, chaque soir, assis dans le noir de sa vie, il attend.
    Et, chaque soir, dans le flot de ses pensées, sa vigilance s’estompe.
    Comment pourrait-il en être autrement ?

    Sept années que le balancier de l’horloge s’est figé.
    Le jour, où Isa, son épouse, a disparu au-dessus d’un océan avide et glauque.
    Explosée ! Evaporée ! Engloutie !
    Un mois, que leur fils Rémi est mort. Assassiné.
    Rémi ! Leur fils ! Médecin du Monde !
    Dans cette ville anéantie !

    Un grincement ! Zut ! Pierre râle car, une fois encore, il s’est assoupi ou perdu dans les limbes de son esprit ! Alors, il se lève et déambule pour débusquer ce bruit. En vain ! Seuls, les sons coutumiers murmurent.
    C’est ainsi chaque soir, chaque nuit.
    A écouter ! A ne pas entendre ! A divaguer ! A résister !
    Les mois passèrent.
    Jamais, il ne put déterminer l’origine de ce grincement.

    Une nuit, ivre de solitude, d’incertitude et de souffrances, il n’hésite plus.
    Une détonation !
    Un bloc de silence tombe sur la maison.
    Sauf dans le salon.
    Le balancier de l’horloge s’est éveillé et le tic-tac chuchote.

    Au cours de l’autopsie, le légiste découvrit que Pierre souffrait de bruxisme.

  9. ourcqs dit :

    Un craquement inhabituel éveilla son attention.
    Cela fait des années que je n’ai pas écouté la maison, songea-t-il.
    Le soir même, assis dans le noir, il l’écouta attentivement. Il fut servi !

    Te voilà enfin revenu, immobile, dans le calme,
    Tu as oublié d’écouter les chuchotements du vent dans le grenier, voix discrètes des souvenirs empoussiérés, mais toujours présents des lettes enrubannées, coffres et cartons en désordre
    d’imaginer, comme tu aimais, enfant, les petits loirs et chauves souris trottinant sous la toiture, vie parallèle, mystérieuse,
    les grincements subtils de la porte d’entrée hésitante pour la fermeture, essayant de te rappeler que c’est un geste difficile,
    les craquements de l’escalier, de plus en plus insistants, attendant des cavalcades depuis longtemps,
    les sifflements, hurlements, crépitements, dans la cheminée, contradictoires frissons et plaisirs du confort douillet !!
    Je t’emmène dans le tourbillon silencieux de ma mémoire de bois, de pierres …… de bouffées de parfums surannés des armoires, du bois sec près de la cheminée, des bouquets de fleurs séchées …

  10. Grumpy dit :

    Cela faisait des années que je n’avais pas écouté la maison, et pour cause …

    Jamais je n’étais revenu sur les lieux. Impensable. Impossible. Cette idée me révulsait. Souvent, très souvent, bien trop souvent, cette maison revenait me hanter. A cause d’elle j’avais dû aller vivre une autre vie ailleurs. Chaque fois que je pensais à elle le remord revenait me ronger le ventre. C’est sa faute à elle, c’est ma faute à moi, c’est notre très grande faute, voilà ce que contenait mon remord, le regret de l’irréparable aux gravissimes conséquences.

    Très âgé il avait bien fallu que j’y retourne, et même que j’y entre après 70 ans d’abandon. Une dernière visite avant qu’elle ne soit vendue. Sachant bien que se libérer d’elle ne serait pas la solution à mon tourment, son produit assurerait ma fin de vie, c’est vrai, mais continuerait de me faire payer ma faute jour après jour.

    Mais qu’avions donc nous fait tous les deux qui nous gâcha la vie à perpétuité ?

    Les habitants de la maison voisine s’étaient brutalement volatilisés. Leur maison restée ouverte à tous les vents, les bols du petit-déjeuner posés sur la table de la cuisine n’avaient même pas servi, rien d’autre de déplacé, une journée normale. On aurait dit qu’ils allaient descendre de leur chambre, les parents, puis la petite. Mais la porte d’entrée même pas fermée à clé, ça c’était bizarre. Les voisins s’en inquiétèrent mais pas plus que ça. Mes parents disaient « ils ont dû repartir en Auvergne, ils y avaient de la famille, et puis là-bas c’était sûr, ils trouveraient plus facilement à manger. »

    L’atmosphère parisien sentait alors le souffre et le funeste jusque dans les quartiers les plus reculés. Des gens courbaient le dos encore plus bas que de coutume et rasaient les murs pendant que d’autres disparaissaient soudainement.

    Les rues vivaient quelque chose d’étrange : tous ces bus RATP en file indienne, ces grappes de policiers et gendarmes, pourquoi ?

    Ils frappent à notre porte, rentrent d’autorité, questionnent mes parents. J’ai 8 ans, j’ai peur des uniformes, je suis paralysé, j’écoute. Non, non, mes parents n’ont rien remarqué, rien entendu au sujet des voisins. Même pas vus partir. Des gens si discrets, vous comprenez.

    Les gendarmes se tournent vers moi et haussent le ton. Je tremble.

    – Et toi, petit, tu ne sais pas où elle est partie la petite Sarah ?

    – ………………………….

    Je regarde ma mère qui me fait les gros yeux avec un doigt sur sa bouche.

    Un craquement sinistre émane de l’étage. On a marché sur le parquet.

    – Alors, petit, tu diras encore qu’il n’y a personne là-haut ? On va monter et si tu as menti on te tirera les oreilles et ton père ira en prison.

    Et moi, crispé, affolé, une larme sur la joue et la bouche ouverte,

    – ALORS ! crie le gendarme, ELLE EST OÙ SARAH ? TU VAS LE DIRE ?

    – ……… le placard ………

    Je ne revis jamais Sarah dont le destin tint à deux traîtres: la maison laissant craquer sa lame de parquet, et moi avec mon mot de trop.

    Depuis ce 17 juillet 42, ni la maison, ni moi, ne vivions plus, le fantôme d’une petite fille ne cessait de nous tourner autour.

    • Clémence dit :

      A Grumpy:

      Un récit poignant….

      • Michel-Denis ROBERT dit :

        Il ne faut pas culpabiliser !

        • Michel-Denis ROBERT dit :

          Pardon ! Je voulais dire : il ne faut vous culpabiliser.

          • Grumpy dit :

            Merci pour votre commentaire amical. Je fais simplement partie de ceux qui pensent « plus jamais ça » et qui font l’amer constat que nous sommes tout proches d’un recommencement.

            Sur ce, Joyeux Noël, si tant est que cela veuille encore dire quelque chose (pessimisme ou clairvoyance ?

    • Sylvie dit :

      C’est largement inspiré de la très belle histoire « Elle s’appelait Sarah » (roman de Tatiana de Rosnay), non ?

      • Grumpy dit :

        Pas du tout, absolument pas, loin de moi le pastiche, simplement du hasard, je n’ai jamais rien lu de cette écrivaine que je ne connais pas.
        J’avoue juste une grande sensibilité pour la période de la dernière guerre dont les récits ont bercé mon enfance et sur laquelle j’ai beaucoup lu (surtout des auteurs ayant « du VRAI vécu » de cette époque.)
        Je m’estimerais moins insultée si au moins vous m’aviez suggéré ANNE FRANK, vous n’ignorez tout de même pas qu’elle et sa famille ont été capturées alors qu’elles étaient dissimulées dans un grenier hollandais ??? Lisez donc son journal certainement davantage authentique que du Mme de Rosnay.
        Et vous quand écrirez-vous que l’on puisse faire des comparaisons ?

        • Sylvie dit :

          Mon intention n’était nullement de vous insulter. Navrée si vous l’interprétez comme tel.
          Votre invitation à lire Anne Frank, voyez-vous,je ne la prends pas comme une insulte mais avec un grand sourire ?.
          Quant à mes écrits, si vous feuilletez ce blog et les exercices des mois et années précédents, vous en trouverez quelques exemplaires. Tous vos commentaires sont les bienvenus. Passez de belles fêtes.

          • Grumpy dit :

            Non finalement merci, je risquerais d’y retrouver du déjà lu.
            Chaque plumitif devrait retourner sept fois sa plume avant de s’en servir pour en blesser un autre.
            Fin de la polémique et JOYEUX NOEL !

  11. oholibama dit :

    Cela faisait des années que son ouïe défaillante l’avait empêché d’écouter sa vieille maison. En ce soir de noël, il avait mis ses prothèses afin de comblé le vide de son esprit et voila ce qu’il entendit. Un sombre craquement, un bruit qui dans son esprit lui en rappela un autre. Doux souvenir d’enfance ou assis au coin de la cheminée, ses parents devisaient et se racontaient des histoires du passés. Tout jeune enfant qu’il était son petit coeur tambourinait dans sa maigre poitrine et le vent de l’inquiétude le survolait et pourtant, il ne pouvait s’empêchait d’écouté et ses rires se joignaient à ceux de ses parents. Dieu qu’il était heureux alors et même s’il lui fallait après se coucher seul dans sa grande chambre ou chaque petit coin semblait recelés un monstre caché, il trouvait dans ses couvertures ce que sa mère y avait caché en prévision de ses terreurs et confiant dans son amour…il fermait les yeux laissant les monstres et autres bruits loin de lui. Ce soir, il les entendait de nouveau et son coeur se gonfla d’allégresse, vivant hurla t’il…je suis vivant.

  12. Nadine de Bernardy dit :

    Un craquement inhabituel éveilla son attention.Cela faisait des années,depuis son adolescence, qu’il n’avait écouté la maison où il vivait seul à présent, après la mort de ses parents.
    Retraité depuis quelques années, il estimait avoir autre chose à faire que d’en écouter les états d’âme.
    Mais ces temps ci, il entendait des craquements légers,insistants, venant d’en haut.
    Ces manifestations lui firent venir comme une nostalgie,un petit relent d’ancien temps qui viendraient lui chatouiller la mémoire.
    Un soir,montant se coucher dans la chambre de son enfance,il entendit cette fois très nettement un craquement marqué,comme une invite.
    Il passa dans la salle de bain,puis se dirigea vers sa chambre ,en face,précédé des bruits de plus en plus nets.
    Intrigué mais pas inquiet il écouta,curieux.La maison de ses parents avait toujours été bavarde,.Jusqu’à ce soir,cela ne l’intéressait pas, ces bicoques ont toutes des choses à dire,il n’avait tout simplement pas envie de savoir quoi.
    De vieilles histoires de pierres.
    En entrant dans la pièce il fut accueilli par un concert de craquements mêlés de soupirs,des ricanements.Comprenant qu’il ne pourrait pas dormir,que quelque chose se tramait. Il s’assit dans son fauteuil et attendit,les yeux fermés.
    Pas longtemps.
    Ce fut d’abord l’armoire à glace de sa mère qu’il avait installé face à son lit bateau :
    « Te rends-tu compte, commença-t-elle d’un ton insidieux,que tu n’as jamais eu la curiosité d’ouvrir mon tiroir sous prétexte qu’il serait coincé.Pourtant tu devrais,il recèle quelques secrets qui t’en diraient long sur ta mère, cette soi disant pauvre femme que tu as toujours considéré comme une sainte.
    En fin je dis ça ,je dis rien mais je serai toi… »
    Il n’eut pas le temps de réagir que la porte de la table de nuit s’entre bailla:
    « Oui je confirme,elle en a reflété de belles l’armoire. Pendant que ton père s’échinait au travail, madame ne s’ennuyait pas,je peux en témoigner,j’étais là.
    Un craquement sonore venu de la commode adossée au mur de droite se termina en gloussement ironique.
    Fasciné,horrifié il était incapable de réagir.
     » Je m’en souviens très bien moi aussi ,je ne voyais pas mais entendais parfaitement,le lit de madame ayant sa tête de l’autre côté de la cloison! Hou la la!c’était presque tous les après midi, avant que cet innocent assis là dans son fauteuil ne revienne de l’école.
    Le facteur,des représentants de commerce,le médecin de la famille .Je me suis toujours demandé comment personne ne s’est jamais douté de rien. »
    Il se recroquevillait sur lui même au fur et à mesure,tentait de ne plus rien entendre en se bouchant les oreilles mais les voix railleuses continuaient à jacasser,à dénigrer,à révéler.
    Enfin, saisi d’une violente et légitime colère ,il se leva brutalement en hurlant:
    « Ca suffit! taisez vous bandes de minables.Je comprend maintenant pourquoi je vous ai ignoré toutes ces années. »
    Les craquements cessèrent,honteux, et lui alla se coucher,épuisé .

    Trois mois plus tard ,un très vieux monsieur passait comme tous les après midi devant la maison,un petit sourire attendri et guilleret aux lèvres.Il leva les yeux vers le panneau:
    « Tiens,sa maison est à vendre. »

  13. Hélène Macedo dit :

    Un craquement inhabituel éveilla son attention.
    Cela fait des années que je n’ai pas écouté la maison, songea-t-il.
    Le soir même, assis dans le noir, il l’écouta attentivement. Il fut servi !
    Les craquements provenaient de plusieurs endroits et d’autres bruits s’immisçaient dans ce qui commençait à ressembler à une conversation non verbale engagée dans la demeure. Une porte du premier étage geignait de petits sons aigus qui semblaient manifester une souffrance. Des sons métalliques provenant de la cuisine renforçaient ce mal-être évoqué de plus en plus désespérément. Dans le salon un bruit sourd tentait d’apaiser le piaillement des objets malheureux. Un son qui se voulait rassurant mais qui s’intensifiait au point de devenir menaçant.
    La maison avait compris qu’il était enfin disposé à l’écouter. Il ressentait le poids des reproches et la gravité de la situation.
    Une porte se mit à hurler que quelques gouttes d’huile auraient suffit à soigner ses maux mais qu’il était maintenant trop tard. Des objets empoussiérés du salon se plaignaient de n’être plus regardés, touchés ni entretenus. Dans la cuisine, les casseroles sonnaient comme des timbales, exigeant de retrouver leur utilité. La comtoise qu’il n’avait pas remontée depuis des lustres se mit à donner l’heure avec une voix ténébreuse qui lui donna la chair de poule.
    Terrifié, il réalisa que la maison ne le laisserait pas ignorer sa souffrance et qu’il était trop tard pour réparer ses fautes. Il lorgnait la porte d’entrée, persuadé qu’il devait quitter les lieux sur le champ.
    Mais les marches de l’escalier sur lesquelles il s’était assis avaient perçu son intention et se mirent à craquer de haut en bas puis de bas en haut, le transperçant au passage d’une douleur aussi aiguë que le son lancinant qu’elles émettaient : « un peu de cire c’était difficile ? » criaient-elles.
    C’en était trop ! Il dévala l’escalier. Celui-ci cédait sous ses pieds et les dernières marches parvinrent à le blesser, nouvellement armées d’échardes assassines. Il courut jusqu’à la porte mais ne réussit pas à actionner la poignée. Cela faisait un moment qu’il devait la changer car elle était défectueuse.
    Désespéré, il cassa la vitre d’une fenêtre qui ne s’ouvrait pas non-plus. Il s’extirpa à l’extérieur, lacéré par le verre tranchant de la vitre sale.
    Les pieds et le dos ensanglanté, il accéda à l’extérieur et ressentit le profond soulagement d’être sorti des griffes impitoyables de la maison. Il respira l’air frais du dehors où un vent violent tourmentait les lieux. C’était bon, il se sentit revigoré par ce bol d’air et ne tarda pas à s’éloigner en courant de ce lieu maléfique.
    C’est alors qu’il le vit. Majestueux, énorme, magnifique, dans le tumulte de cette nuit agitée. C’était bien lui, le grand platane qui donnait à l’endroit tout le charme d’un joli coin de Provence. C’est vrai qu’il était malade -le chancre coloré du platane- mais qu’est-ce qu’il était beau ! Il ne put s’empêcher de s’arrêter tant la grandeur de cet arbre le surpassait. Il le regarda quelques instant avant de comprendre…
    Le grand platane s’abattit sur lui.
    Avant de succomber, il eut à peine le temps de réaliser les conséquences de sa négligence et pensa furtivement à Jacques Prévert qui disait : « Une maison n’est jamais déserte quand celui qui est parti l’habitait vraiment »…

  14. laurence noyer dit :

    Cela fait des années qu’il n’avait pas écouté la maison. Le soir même, assis dans le noir, voici ce qu’il entendit :

    Un petit coup de vent,
    ses polars ; sous la lumière cruelle, tenant un conciliabule
    un vigile chargé de la sécurité
    un rafraichisseur d’idées
    une pauvre rime cherchant vainement son tempo
    un week-end, vêtu à l’imparfait
    une heure d’hiver au chômage
    un rouquin mort d’y être allé un peu fort
    une salle à pleuvoir
    une virgule ayant trempé dans une sale affaire
    un arbre embrassé
    un caddie en balade
    une lettre en pleurs
    une pointe de saumon en salade
    un pont suspendu
    un glaçon noyé
    un courant d’air apprivoisé
    une déferlante vaguelette
    des larmes majuscules
    des rires minuscules
    un disque dur agonisant
    le sourire de la chance
    un IRM d’alphabet
    le mode d’emploi d’un lance-mots
    une phrase filant à toute allure
    une mémoire de graminée
    une enveloppe languissant dans un tiroir.
    une femme de nuage
    un ailleurs jamais très loin
    un flocon de neige rêvant de faire grand bruit
    une idée prématurée
    un poème de l’artichaut
    une insulte à l’avenir
    une petite boutique, rue du Premier de l’An.

    ps: Il fut servi et nous aussi

  15. durand dit :

    Un craquement inhabituel éveilla son attention. cela fait des années que je n’ai pas écouté la maison, songea-t-il.

    Le soir même , assis dans le noir, il l’écouta attentivement. Il fut servi!

    Ca provenait d’un peu partout, mais jamais en même temps. Et c’était bien la première fois qu’il prenait le temps….le temps de quoi….le temps d’attendre…le temps d’entendre.

    Il replia le journal. Une chose à la fois. La cloison face à lui paraissait bien trop mince et vibrait. Les bouquets sur la tapisserie se fanaient, chutaient, lui recouvrait les godillots.

    Quelle idée aussi d’acheter cette villa isolée dans l’éternelle banlieue de sa vie.

    On entendait si peu de cette campagne là. Juste le poulailler de la voisine, ces caquètements insupportables, ces gloussements stupides.

    Et par dessus le plafond ces trottinements, ces petits pas obsédants de rongeuses d’ongles.

    La bicoque sentait bien trop la moisissure. Peut-être ne la chauffait ‘il pas assez. Il faudrait y séjourner plus souvent. Oui mais le travail! Justement le travail de brocanteur. Cet éternel va et vient entre les objets morts et les clientes bien vivantes. Ou le contraire.

    Il décida de coucher là,le soir. Avec cette guerre, il fallait protéger tous ses arrières.

    Le lendemain, il avait rendez-vous avec une boulangère, une veuve dont il n’appréciait pas que les miches.

    Il avait de la fuite dans les idées, Henri Désiré L…

    • laurence noyer dit :

      j’adore
      « l’éternelle banlieue de sa vie »

      • durand dit :

        Merci Laurence! Dommage que par précipitation, j’ai torché la fin du texte,dans la facilité. C’est un peu de la brume, l’hiver des mots, les bancs abandonnés, le peu d’envol des oiseaux bloqués dans la glace, les lampadaires n’éclairant que les absences, des solitudes,tout ceux ne connaissant que les épines des sapins de la fête…..

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