Piège dans lequel l’auteur débutant peut tomber

« Nous avons bien reçu et lu attentivement votre manuscrit. Ce recueil de nouvelles qui évoquent aussi bien la vie, l’amour, la douleur, les souvenirs, la foi et la joie, nous a beaucoup plu. Inspiré par des sujets à la fois intimistes et universels vous parvenez à écrire une œuvre sensible et harmonieuse, portée par une plume d’auteur très délicat. C’est donc avec plaisir que nous nous proposons de publier votre manuscrit. Les éditions  « Publitout » fonctionnent avec un système participatif dans lequel l’auteur conserve l’intégralité de ses droits. Nous prenons à notre charge les frais de correction, le référencement en librairie et sur Internet, les frais d’impression et de retirage, de logistique et de gestion, de promotion, de diffusion et de distribution. Seuls restent à votre charge, les frais de mise en page. Pour l’œuvre que vous nous avez adressée, ce coût s’élève à 1 600 €, payables en cinq échéances.»

Ce genre de courrier augure bien de la suite…
Du piège dans lequel l’auteur débutant risque de tomber s’il se laisse prendre à ce type de phrases pipeaux : « Ce recueil de nouvelles qui évoquent aussi bien l’amour, la vie, la souffrance, le souvenir, la foi, la joie, nous a beaucoup plu. Inspiré par des sujets à la fois intimistes et universels vous parvenez à composer une œuvre sensible et harmonieuse, portée par une plume délicate. »

dans-le cochon-de payant-tout-est-bonDans le cochon d’écrivain rêvant de voir son nom sur la couverture d’un livre, tout est bon pour lui piquer du pognon. Soyez très vigilants, très méfiants, les escrocs foisonnent sur Internet. Leurs filets sont habilement tendus pour capturer « les astres de la littérature en devenir », particulièrement ceux qui n’émettent aucune lumière.

Un éditeur respectable ne propose pas de publier tous les textes qu’on lui soumet. Quand il en retient un pour l’éditer, il prend tout à sa charge : frais d’impression, de correction, de couverture, de publicité, etc., Jamais il ne demande d’argent, bien au contraire, puisqu’il verse un à-valoir à l’auteur. Une avance sur les droits d’auteur. Négligeable pour les débutants, négociable quand un premier ouvrage s’est déjà bien vendu.

Par ailleurs, il est bon d’être visible sur Internet car personne ne viendra vous démarcher à domicile pour vous éditer. Montrez-vous, prouvez que vous avez quelque chose d’intéressant à raconter par écrit. Mais pas n’importe où. Pensez à préserver votre image. Vous ne serez pas très crédible si vos textes apparaissent sur des blogs ou des sites sur lesquels n’importe qui peut « pisser de la copie ». Ne ternissez pas votre image en publiant vos textes sur des sites où les grands éditeurs ne vont jamais voir s’il s’y trouve une pépite.
Le meilleur moyen d’être visible et crédible est d’avoir votre propre blog d’auteur, à condition, bien sûr, de le faire vivre.
Enfin, pensez à signer vos textes avec votre nom et ajoutez un copyright, (© Pascal Perrat 2016) Ce n’est pas la panacée mais cela en fait hésiter plus d’un…

Ce article fait suite aux échanges que nous avons eu ce dimanche entre auteurs, lors de l’atelier du roman

12 Responses

  1. Sylvie La Fleur dit :

    Très intéressant, merci. Un blog? Hmm… à voir, il faut aussi en faire la promo. J’ai découvert récemment le site monbestseller.com, quelqu’un a-t-il eu une expérience quelconque avec un site du genre? Est-ce que ça vaut la peine de déposer un livre là-dessus? Merci encore pour tout Pascal, vos précieux conseils seront observés de ma part :-).

  2. oholibama dit :

    Bonjour.
    j’écris beaucoup, mais, ce que déplore malgré le fait d’être lue…c’est, de ne pas avoir de retour, j’aimerai que l’on me dise si un, c’est bon…si deux, c’est mauvais enfin je suis lue c’est déjà ça, quand à trouver un bon samaritain qui soit dit en passant voudrait me publier, là…j’en doute très fortement.Article très intéressant à nous de trouver.

  3. Merci pour ta visite sur mon site,Isabelle. Tes encouragements sont très sympas.
    Je viens d’aller sur facebook et j’ai lu ton texte du 2 mars. Très chouette et je trouve que c’est une bonne idée d’écrire à partir d’une chanson.
    je dois cependant te dire que je ne vais jamais sinon sur facebook. je n’aime pas ça. J’ai ouvert un compte dans le passé mais j’ai très vite abandonné.
    Pascal met en garde avec les copyrights. Attention sur facebook. ça me parait à haut risque.
    Pourquoi n’essaierais-tu pas de créer un blog (c’est très simple et canalblog par exemple ça marche très bien) Par ce biais tu te créerais un cercle de lecteurs choisis avec qui tu pourrais échanger des textes. C’est ce que j’avais fait et c’était très gratifiant et enrichissant. Si tu le fais transmets ton adresse je serai alors une lectrice assidue!

    • Isabelle D dit :

      Merci Beryl 🙂
      En ce qui concerne facebook, je n’y publie pas tous mes textes, et pour le moment, il n’y a que peu de personnes qui consultent la page. Dans un premier temps, l’idée était surtout de voir comment sont perçus mes textes, car de moi-même j’ai beaucoup de mal à juger s’ils sont « bons » ou pas. Ce qui me semble problématique avec le blog, c’est comment arriver à le faire connaître et créer ce cercle de lecteurs choisis dont tu parles ? Ma page facebook a déjà du mal à décoller alors…
      Peut-être que le bon compromis serait de conserver le compte facebook pour la description de l’avancement de mes différents projets et les textes sur un blog. Je ne sais pas trop… Mais je suis toujours preneuse de conseils, n’hésitez pas. Je débute et je fais sûrement des erreurs ! C’est comme ça qu’on apprend non? 🙂

  4. Autre solution pour se faire connaître, que j’ai découvert récemment et qui marche sans doute: Publier sur « short édition » et se faire sélectionner dans leurs concours. Mais attention, la concurrence est rude, les textes sont de haute volée!

  5. Le blog est effectivement le meilleur moyen. Et un miracle peut toujours se produire. J’en ai fait l’expérience: un éditeur de e-books québécois m’a ainsi contacté un jour pour éditer mon blog, et ce gratuitement. Et j’ai effectivement gardé un exemplaire de sa publication (donc ce n’était pas du pipeau) Cet éditeur a aujourd’hui disparu: ça s’appelait « simple edition.com ». Donc il faut croire aux miracles.
    A présent j’ai construit un site où je distille un à un mes textes. Ca fait deux mois et la pub reste à faire. Et à ce propos, vous pouvez si vous voulez aller sur:

    http://beryldeyhemm.wix.com/les-batis-fols

    Je vous recommande notamment « les trois petits cochons » revisités. Mais il y en a d’autres!

    • Isabelle D dit :

      Beryl, je viens d’aller voir ton site. J’aime beaucoup, il y a de lecture mais pas que… c’est très agréable. Je n’ai pas eu le temps de tout lire, mais je l’ai mis dans mes favoris histoire d’y retourner 😉 Bravo à toi, un site c’est beaucoup de boulot, et je n’ai pas encore eu ce courage !
      Pour ma part, je m’en tiens pour le moment à facebook. Si jamais cela intéresse, mon compte est Isabelle Day (l’avatar est une plume). Comme toi, j’ai commencé il y a peu. J’ai encore beaucoup de travail. Je publie généralement un post le week-end (le texte que je publie ici, avec le lien évidemment, ce qui permet à mes amis de voir comment nous avons tous traité le sujet de manière différente et leur faire découvrir le blog!) et le mercredi je publie un court texte inspiré par une chanson que mes amis (facebook ou non) me suggèrent. L’idée est de créer une sorte de feuilleton, mais que l’on puisse lire un texte ou un autre indépendamment.
      Si cela vous plait, n’hésitez pas à vous abonner à la page ou à me demander en ami, ce sera avec plaisir.
      Bonne continuation à tous !

  6. Isabelle D dit :

    J’ai découvert ce type d’édition il y a peu, il est effectivement triste de voir comment certains n’hésitent pas abuser. Pour ma part, on me demandait même le double de la somme! J’ai donc préféré créer une page facebook ou j’essaie de publier une a deux fois par semaine, en essayant de trouver des idées originales. Comme vous le dites si bien, en tant qu’auteur débutant, nous avons tout à prouver! Et les blogs d’écriture et réseaux sociaux sont propices aux échanges, ce qui je trouve est en soit déjà très sympa ! 🙂

  7. Jean-Louis dit :

    j’apprécie la pertinence de vos propos. il est vrai que lorsque nous sommes un nouvel auteur, nous ne savons pas à quel saint se vouer, mais surtout vers qui se tourner pour faire connaître ses écrits.

  8. Beautreillis dit :

    Très juste, Pascal, concernant l’utilité d’un blog d’auteur.
    Les éditions Rivages ont découvert Jérémy Fel, l’auteur de « Les loups à leur porte » parce qu’il avait mis sur son blog d’auteur les 50 premières pages de son roman.
    L’éditeur lui a demandé de lui envoyer la suite.

  9. . Janine dit :

    Merci Pascal, encore un article très intéressant et instructif.
    A mi-chemin entre l’éditeur et l’imprimeur, il y a maintenant l’éditeur qui imprime « à la demande ».

  10. Merci pour la prévention, justement j’ai décidé aujourd’hui de me faire un blog !

    🙂

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