Exercice inédit d’écriture créative 267

matin-neigeÁ peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson.
Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture, elle…

Imaginez le suite (ce pourrait être elle ou il…)

 

 

 

 

 

 

26 Responses

  1. Ludo dit :

    Á peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson.
    Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture, elle en restait toute bouleversée. Cette sensation c’était horriblement excitant. Depuis toutes les années qu’elle avait passé à écrire ses vingt-sept romans, elle croyait être passée par tous les chemins que la vie lui avait permis de prendre. Du mois c’est ce qu’elle croyait encore ce matin ; à présent rien n’était plus incertain que ce vingt-huitième ouvrage qui ne sera pas comme les autres. La peur la prenait aux entrailles et lui avait fait lâcher son crayon dans une sorte de convulsion incontrôlée ; à présent elle restait paralysée face à la feuille de papier, le cadavre de son stylo restant immobile et sans mouvement. Jusqu’à présent c’était elle qui lui donnait vie ; c’était elle la marionnettiste qui imposait le mouvement et tirait les ficelles, donnant vie aux mots les plus improbables ; c’était elle qui les associait, les mélangeait pour créer des couleurs narratives insolites qui reflétaient si bien ses sentiments les plus intimes. Mais à présent elle se sentait trahie, dépassée, hors contrôle d’une situation qui la dépassait. Quelque chose était né, quelque chose avait éclos ; elle en sentait la présence sans pouvoir la cerner. Elle oscillait à présent entre le désir excitant de vouloir reprendre sa plume et écrire à nouveau un mot, voire deux, et s’enfuir pour échapper à cette chose qui la submergeait et qui lui faisait perdre pied.
    Finalement elle quitta l’atmosphère feutrée et chaude de sa chambre douillette. L’instant d’après elle avait les pieds dans la neige fraîche qui craquait sous ses pas lourds et maladroits. Le vent glacial lui fouetta le visage et lui donna la gifle qu’elle n’aurait pas osé se donner. « Un rêve, ce n’est peut-être qu’un rêve après tout… ou une hallucination, oui c’est ça : les voyages de ce derniers jours m’ont exténué et j’ai besoin de repos … ». Tandis que ces mots résonnaient encore dans son esprit vulnérable, elle trébucha sur une bordure masquée pas l’épais manteau neigeux. La seconde d’après le froid de la neige lui brûlait le visage. Décidément aujourd’hui ce n’était pas une journée comme les autres.
    Une minute plus tard, elle courait sur le trottoir verglacé. Ce froid, toujours ce froid qui pénétrait maintenant à travers son manteau trop fin, si bien qu’elle se sentait comme nue au milieu de ce paysage urbain qui l’assaillait. Une note glaciale descendit le long de son dos se réchauffa doucement au contact de sa peau moite et chaude. Les muscles brûlants et l’esprit apaisé, elle finit par ralentir son allure ; elle serait à nouveau tombée si un lampadaire n’avait pas arrêté sa chute. Elle se reposa sur ce soutien inattendu, le temps de reprendre le souffle qui lui manquait ; le vent avait forci et l’air chargé d’humidité lui gelait la poitrine. Dans un réflexe de survie elle se recroquevilla sur elle-même, se laissa glisser le long de ce camarade impromptu et s’immobilisa quelques instants. Elle avait dû courir au-delà de son quartier habituel car elle ne reconnut pas de suite là où sa fuite l’avait emmenée. A ses côtés se trouvait une silhouette de ce qui devait être une voiture. Elle se releva doucement ; ses genoux lui firent tellement souffrir qu’elle avait l’impression qu’ils étaient faits de glace et qu’ils allaient se briser sous son poids. A sa grande surprise, elle parvint à faire quelques pas et atterrit maladroitement sur l’aile avant du véhicule. Alors, d’une main tremblante et tuméfiée par le froid, elle parvint à dessiner de sa main sur le pare-brise enneigé trois lettres qui semblaient être les dernières qu’elle put écrire, tant le froid la parcourait jusqu’à ses entrailles. L E A : sa fille qui avait disparu un an auparavant et dont la perte laissait une entaille sanglante au plus profond de son cœur. A peine avait-elle achevé le A, elle eut l’impression de perdre connaissance. Dans un dernier sursaut de lucidité elle crut apercevoir une silhouette menue qui se détachait au loin, au travers des flocons épais. Mais une ultime bourrasque eut raison d’elle et la flanqua sur le sol gelé, la laissant à la proie de la pire des tempêtes qu’elle n’ait jamais vécue.

  2. oholibama dit :

    A peine avait-elle écrit le mot glace, qu’elle ressenti comme un frisson. Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r à torride, elle fut parcouru d’un tout autre frisson et son visage se colora.

    Il semblait que certains mots ce matin – là, lui faisait perdre la maîtrise de son écriture, elle parcouru les dernières lignes écrites un peu trop vite; s’excusa mentalement pour les fautes commises, et se dit qu’un bon chocolat chaud lui ferait du bien.

    Se dirigeant vers la cuisine, le frisson la saisit de nouveau. Qu’y avait-il de spéciale aujourd’hui? Elle oubliait quelque chose… elle en était sûre. Ces frissons là, lui rappelaient d’anciens souvenirs qu’elle aurait souhaité oublier. Mais, la vie est ainsi faite.

    La mémoire lui revenait en bloc. Il lui fallait faire le tri pour ne plus commettre de bêtise…une fois cela suffit. Avec délice elle savoura son chocolat et se permit même un biscuit fait maison. Revenant à son manuscrit, elle regarda et l’angoisse la saisit.

    elle venait de comprendre, tout à l’aventure qu’elle faisait vivre à son personnage; elle n’avait pas pris, la mesure de sa bêtise. Le livre ancien qu’elle avait emprunter à la bibliothèque relatait l’histoire émouvante d’un pauvre ère éprit d’un amour sans retour…pour fuir sa détresse le pauvre homme s’était enfui, mais, un terrible accident et l’homme était mort.

    La cruauté de l’histoire…c’est que le jeune homme qui conduisait l’attelage et lui avait ravi la vie; était celui qui allait épousé son amour sans partage. Il paraîtrait que le couple avait à plusieurs reprises senti comme une présence autour d’eux.

    Après leur mort… personne ne voulut logé dans l’ancienne bâtisse. : » Bon elle … elle prit la maison et tout le reste. » Voila donc sa bêtise! Avec doigté… elle prit soin de corrigé son erreur et tout rentra dans l’ordre. Le calme enfin revenu elle se consacra de nouveau à son manuscrit qui devint je vous le dis…un best-sellers
    Y-L

  3. Clémence dit :

    …. quatrième épisode ou suite sans fin…

    A peine avait-elle écrit :
    « Vivre sa vie ….» que le téléphone sonna.
    – Livio Vitalita, votre éditeur. Est-ce que je vous dérange ?
    – Non, pas du tout, je vous écoute…
    D’une voix embarrassée, il demanda
    – Dites-moi, où en êtes-vous avec votre euh…. autobiographie ?
    – Justement, monsieur Vitalita, je voudrais en parler avec vous, de vive voix. Pourrions-nous…
    – Je ne pense pas que cela soit nécessaire, mon avocat prendra contact…
    – Votre avocat ? Mais pour quelle raison ? Je pense que …
    – Vous pensez que…. ?

    L’écrivaine respira profondément et, en une seule envolée, déclara :
    – J’ai bien réfléchi à mon projet. In fine, je le trouve prétentieux, sans originalité, voire naïf. J’abandonne, mais je suis au regret de vous annoncer que je suis dans l’incapacité de vous rembourser l’avance….
    – Ah, c’est bien, c’est bien…. Cela tombe bien. C’est que…. Comment vous dire ? Nous sommes quittes. Pas d’avocat. Vous gardez l’avance en guise de rupture de contrat. Cela vous convient-il ?
    – Euh….
    – Bien, très bien ! Soyez assurée que c’est toujours avec plaisir que je réceptionnerai votre prochain roman-fiction.

    Sur ces derniers mots, il raccrocha. Et l’écrivaine nota les premiers mots d’une autre histoire :
    – ouvrir une école pour les enfants des favela de Rio ;
    – ouvrir un centre familial dans ce même quartier ;
    – créer une coopérative d’artisanat avec les femmes en difficultés…

    Elle sentit une présence derrière elle.
    Lara lui souffla à l’oreille :
    – Tu vois, l’écrivaine, ce n’est pas si difficile de penser aux autres. Tu peux encore réussir ta vie…
    – Oh….
    – Au fait…. Je pourrais te donner un nom, l’écrivaine !
    – Oh oui !
    – Pourquoi pas Clémence ?
    – Cela me convient !

    © Clémence

  4. oholibama dit :

    Bonjour
    J’ai laissé un petit texte sur mon blog
    puis-je l’insérer?

  5. françoise dit :

    Á peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson.
Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture, elle décida d’arrêter, ferma son stylo, chiffonna ses pages et décida de faire le grand ménage. Elle s’attaqua à la cuisine. Sur le plan de travail, un reste de potiron faisait grise mine. Qu’allait-en faire ? Le jeter à la poubelle, l’accommoder pour le repas du soir mais avec quoi. Ce n’était pas très commode. La commode se rappela-t-elle avait besoin d’un coup de plumeau. Mais où avait-elle mis le plumeau ? Elle le chercha vainement. Ce n’était pas de veine. Enervée, elle arracha le petit pansement que l’employée de laboratoire avait collé lors d’une prise de sang. Elle avait oublié d’aller chercher les résultats. Elle mit son manteau et partit. Sans trop faire attention elle traversa la rue. Un chauffard la renversa. Elle se retrouva à l’hôpital, une jambe dans le plâtre, un bras en écharpe. Elle appela son mari pour qu’il vienne la chercher. Sur la route de retour son mari lui demanda ce qu’ils allaient manger. Elle lui proposa de réchauffer le reste de potiron. Agacé car il n’aimait le potiron, il donna un coup de frein brutal, et ils se retrouvèrent tous deux la tête dans le pare-brise. Ils furent emmenés à l’hôpital et furent hospitalisés quelques jours. Quand ils rentrèrent, le potiron avait moisi. Son mari s’inquièta : qu’allaient-ils manger. Elle ouvrit le frigidaire ll y avait un potiron ! Son mari explosa car il n’aimait pas le potimarron. Il claqua la porte et partit. Elle ne le revit pas.
    Les années ont passé.Ils ont chacun refait leur vie.
    Et devinez ce qu’ils ont mangé simultanément et avec appétit le soir du 1er janvier 2016 : du potimarron….

  6. Clémence dit :

    A peine avait-elle écrit:
    «  Ne surtout pas réveiller…. » qu’un sommeil profond l’empêcha de terminer sa phrase. Ses neurones enchaînaient strike sur strike en un feu d’artifice pétaradant. Sa tête, comme une pastèque trop mûre, était prête à éclater

    – Hey, l’écrivaine ! T’es naze ou quoi ?
    – Heu…. Pardon ? Qui êtes-vous ?
    – Lara. Tu te souviens, celle que tu balades dans un train glacial…
    – Laissez-moi dormir…
    – Mais tu ne vas pas t’en tirer comme ça, tu vas m’écouter ! gronda Lara.
    – Je veux dormir, je veux oublier…
    – Trop facile ! … Je vais te faire un petit topo. Tu verras ce que c’est de vouloir écrire son autobiographie !
    – Je v…
    – Arrête de te prendre pour le centre du monde avec tes « je quelque chose »….
    – Je suis vaincue, j’écoute sagement.
    – Voilà qui est mieux. Prenons les choses dans l’ordre.

    Premier tome.
    «  Lara naquit dans une famille modeste alors qu’elle…. »
    – Mais tu te rends comptes qu’en ouvrant cette boîte de Pandore, les risques collatéraux vont faire du dégât. Ils ne sont pas encore tous passés de vie à trépas pour que tu puisses régler tes comptes…
    – Vous n’avez pas entièrement tort.
    – Et puis, tu n’es pas la seule à démarrer ainsi dans la vie, il y a bien pire ! Edith Giovanna Gassion ou Jean-Baptiste Grenouille…un début de vie comme la leur, ça fait le scoop, le buzz ! La misère, ça se vend bien, ça intéresse. D’ailleurs, les psy expliquent bien que….
    – J’ai compris…la mienne est nulle !

    Deuxième chapitre ou peut-être deuxième tome, vu la générosité de ta plume !
    «  Lara voulait être indépendante. La seule piste qu’elle trouva pour quitter le nid familial fut le mariage avec …. »
    – La seule piste ? Et bien, pour une qui se voulait indépendante, elle manquait plutôt d’imagination…
    – Avec le recul, c’est vrai….
    – Et tu voudrais encore détailler? L’achat de la chambre à coucher, de la machine à laver, …Mais il n’y a rien à déballer. C’est d’un banal, d’un ordinaire. Et les dégâts ne seront pas collatéraux, ils seront directs. Tu imagines ce que ta descendance aura à assumer au cas où ton roman….
    – J ‘expédie ce chapitre illico presto sous la couverture !
    – Bien, l’écrivaine, tu commences à trouver le chemin de la sagesse !

    Troisième chapitre-tome:
    «  Lara revoyais ce regard bleu. Elle savait que sa vie allait basculer… »
    – Cliché, cliché, encore des clichés, toujours des clichés…
    – Pas touche ! s’écria l’écrivaine.
    – OK, pas touche, je m’incline.
    – Laissez-moi…je veux déposer délicatement dans ma boîte à souvenirs et je cadenasse. Voilà, vous êtes satisfaite ?

    Quelques minutes de silence accordèrent un peu de répit à ce duel.

    – Avoue que tu es un peu prétentieuse, non ? Vouloir écrire ton autobiographie. Un coup de ton éditeur ? Il n’a donc vraiment plus rien à mettre sous presse ?
    – Lara, vous me blessez vraiment. Ma vie est peut être banale, sans originalité. Mais avec un style nouveau, un brin d’imagination pour le découpage-montage et …
    – Ça fait un peu beaucoup, non ? Tout au plus, tu pourrais écrire une nouvelle, surtout avec la quatrième partie…
    – Elle est très intime….je ne sais pas si….
    – T’as raison, ma vieille, pas de roman, juste une nouvelle où la suggestion l’emporte sur la précision…
    – Laissez-moi dormir maintenant, pas encore envie de me réveiller, de me réveiller, de me…

    L’écrivaine posa ses mains sur son visage. Elle écarta ses doigts et ouvrit les yeux. Les meubles, les objets de son bureau ainsi qu’elle-même étaient scotchés au plafond.
    – Oh, non ! Pas ça….dit-elle en clignant des paupières.
    Un son strident la fit grincer des dents.
    – Et quoi encore ?

    Tout était en ordre. Elle était allongée sur son canapé rouge, une couverture de laine posée sur ses jambes. Le téléphone sonnait….

    Elle se leva, empoigna la pile de feuillets et les jeta dans la corbeille.
    Elle avait autre chose à faire en ce début d’année…

    Vivre sa vie, tout simplement.

    © Clémence

  7. Emmi A dit :

    C’était un matin presque comme les autres. Un matin enneigé comme elle les aimait. Ceux où, attablée avec sa tasse café, les yeux rivés sur la fenêtre, elle laissait voguer librement entre les flocons ses pensées. Et c’est là, elle le savait, qu’elle écrivait le mieux.
    C’était un matin presque comme les autres, à ceci près que son ordinateur avait fait défaut la veille au soir et qu’il refusait de s’allumer. Sans son clavier elle se sentait particulièrement démunie tant elle avait perdue l’habitude d’écrire à la main.
    Alors, hier soir, elle avait eu cette idée, cette improbable et évidente idée : utiliser la vieille machine à écrire ! La vieille machine à écrire que sa grand-mère lui avait offert lors de la parution de son premier roman, et qui trônait victorieusement sur son bureau.
    Certes les touches étaient plus raides que celui de son PC, mais il y avait là quelque chose de tout à fait excitant et terriblement palpitant.
    Il fallait écrire, peut être sans se tromper pour ne pas gâcher trop de papier, choisir ses mots avec parcimonie et précision car pas de retour en arrière possible sur cet engin ! Mais elle sentait qu’il fallait plus que tout écrire avec tous ses sens.
    Elle posa un doigt d’abord comme pour apprivoiser la bête, puis au vue de la lettre incroyablement marquée sur le papier, elle se lança et utilisa tous ses doigts ! Le style rétro et authentique lui fit comme un effet magique.
    Á peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson.
    Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture, elle vivait son écriture… !
    Alors pour en être sûr elle essaya d’autres mots : la bouilloire siffla et elle siffla « simple coïncidence » se dit-elle, « un oubli » ; lettre et le facteur sonne à la porte « un courrier pour mademoiselle Alice » ; vent et les branches de l’arbre tremblèrent légèrement ; soleil et un rayon apparut timidement à travers la vitre… Tout cela semblait tellement surréaliste ! Alors elle essaya encore une fois téléphone et il sonna…
    « – Grand mère ? Tu sais qu’il m’arrive quelque chose de vraiment étrange… La machine à écrire, tu sais, celle qui tu m’avais offerte, ben j’ai l’impression…
    – Qu’elle donne vie aux mots ?
    – Oui c’est exactement ça… comment as tu deviné ?
    – C’est une très vieille machine je te l’avais dis, elle est dans la famille depuis très longtemps, mais ce que je ne t’ai jamais confié c’est son secret, que tu devais découvrir par toi même. Son secret c’est sa magie… Elle donne vie aux mots, il faut donc l’utiliser avec prudence mais surtout avec son cœur, parce que c’est bien lui qui te guide dans la vie, lui qu’il te faut écouter, car il est bien connu que le cœur a ses raisons…
    – Que la raison ignore… »

    Et effectivement Alice avait toujours grandi avec cet adage de Pascal, la rationalité n’explique pas tout ! Ça elle l’avait toujours porté en elle.
    C’est donc à l’aide de la machine magique et de toute son âme, que ce matin enneigé, comme elle les aimait tant, elle écrivit sans relâche ce qui allait devenir le plus beau roman de sa vie !

  8. Clémence dit :

    A peine avait-elle écrit:

    « Mais quelle mouche m’a donc piquée ? » que la messagerie de son téléphone tinta. Son amie Petra l’attendait à la piscine.
    Elle empoigna son sac de sport. Une heure de natation suivie d’une heure de papotage à la cafétéria leur feraient du bien ! Leurs retrouvailles se prolongèrent par un shopping grandiose et un repas léger.
    Nombre de promesses scellèrent leur nouvelle séparation. Petra repartait vers les États-Unis pour une durée indéterminée.
    L’écrivaine termina sa journée, allongée dans son canapé à visionner pour la ixième fois : « Quatre mariages et un enterrement ».

    Le lendemain matin, elle se remit au travail. Stylo, respiration et murmure…
    – Promettre mon autobiographie ! Mais quelle mouche m’a donc piquée ?

    « …Elle colla son nez à la vitre glacée mais fut à nouveau interrompue dans sa contemplation . Le contrôleur des billets faisait son entrée. Quand il la reconnut, il sourit et lui demanda s’il pouvait s’asseoir quelques instants auprès d’elle. Ils appréciaient ces moments-là. Chacun donnant de ses nouvelles, chacun s’inquiétant de la vie de l’autre. Tout à coup, Lara leva une main, la laissa en l’air et éternua dans son écharpe. Sans trop savoir pourquoi, ils éclatèrent de rire. Les deux hommes se turent, les regardèrent puis s’exclamèrent en chœur :
    – A vos souhaits !
    Il n’en fallut pas plus pour que le cercle de conversation s’élargisse. Mais dès que le contrôleur repartit, Lara tourna la tête vers la vitre. Quelques secondes plus tard, une série d’éternuements la secouèrent et l’hilarité les gagna tous les trois. Puis le silence plana.
    Lara était arrivée à destination. Elle se leva et quitta le compartiment. Au moment de refermer la porte, son regard croisa un regard bleu qui… Un frisson, un chatouillis dans les narines…. »

    L’écrivaine eut juste je temps de poser son stylo. Une rafale d’éternuements la secoua.
    – J’ai certainement pris un coup de froid en quittant la chaleur de la piscine. Deux cachets d’aspirine et ce sera fini.

    «  Lara sortit de la gare et se dirigea vers le parking. Sa voiture s’était transformée en pyramide neigeuse. Elle fit demi-tour, entra dans la cafétéria et demanda un balai. Pierre l’accompagna et dégagea sa voiture. Il attendit jusqu’au moment où le moteur se mit à ronronner docilement.
    La journée parut interminable. Le regard bleu fit des apparitions incongrues sur la couverture d’un dossier, sur son écran, sur les murs de son bureau. Elle en avait le vertige. »

    Les pages s’amoncelaient à un rythme régulier. L’écrivaine allait se plier à son rituel. Mais à l’instant même où elle se leva, elle fut prise de vertiges…
    – Et de quatre ! Après mes éternuements, les vertiges en duo. Ces espèces de mimétismes littéraires sont de plus en plus étranges.

    Décidément, il semblait que certains mots lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture.

    – Dois-je persister et signer ce roman ou au contraire dois-je l’abandonner ? Est-ce un signe ? Ne surtout pas réveiller….

    Un sommeil profond l’empêcha de terminer sa phrase….

    © Clémence

  9. smoreau dit :

    Á peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson.
    Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture, elle tenta TRISTESSE, elle éclata en sanglots. Puis, elle caligraphia JOIE, ses larmes se transformèrent en fou rire à en pleurer. Les mots l’avaient toujours touchée. Un mot tendre de son homme et elle fondait. Un mot dur et elle se murait.
    Cette expérience mot-émotion n’était pas nouvelle mais jusqu’alors c’était un mot de l’autre qui provoquait un état émotif. Là, c’était d’un autre domaine, elle écrivait et instantanément, son émotionnel réagissait. Comment continuer à écrire son roman ? A moins d’écrire une comédie hilarante, elle allait morfler avec sa comédie dramatique où rupture, maladie, mort et catastrophes se succédaient. Ca y est rien que de penser à son scénario, c’était la cata ! Ses mains tremblaient, son coeur battait trop fort, les larmes noyaient son clavier, son estomac se révulsait. OH ! Tout doux, il y a aussi de la joie, de belles rencontres, de tendres baisers, des parties de jambes en l’air. Ouf ! Cela va mieux. Mais du coup, l’énergie coquine et gourmande n’est pas à l’écriture.
    Stop ! Arrête d’écrire !

  10. Antonio dit :

    Á peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson.
    Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture, elle rabattit le clapet de son ordinateur portable et souffla.

    Elle alla chercher un châle qu’elle enroula sur ses épaules, frissonna dessous puis se dirigea vers la cuisine. Elle fit bouillir de l’eau, plongea un sachet de thé à la menthe dans une tasse et se dirigea vers le fauteuil du salon pour s’y affaler. A peine le temps de s’assoupir que la sirène de la bouilloire la fit sursauter. Elle se leva et alla se servir le breuvage brûlant qu’elle emporta avec elle dans son bureau. Elle y but une gorgée puis réactiva son ordinateur. Son roman était toujours là, mais les frissons avaient disparu. Elle sourit, rassurée.

    Quand au milieu d’une phrase elle tapa le mot ‘claque’, l’effet fut immédiat. Sa main gauche vint se poser sur la joue gauche pour apaiser une douleur vive et bien réelle.
    « Qui m’a frappé ? » pensa-t-elle.
    « C’est moi. » tapèrent ses doigts sur le clavier sans qu’elle put les maitriser.
    Que se passait-il ? Elle était perturbée. Qui moi ?
    « Ton écriture, tiens, pardi ! » dactylographia-t-elle d’un coup à une vitesse qu’elle ne se connaissait pas, et sans erreurs.
    « Mais…
    – Enfin je revis ! »
    Elle pensait tout haut et son écriture se servait de ses doigts pour lui répondre.
    « Comment ça ?
    – Ca fait cinq ans que ce que tu écris est aussi plat que l’électroencéphalogramme d’un macchabée.
    – Mais je… qui me parle ?
    – Tu ne comprends pas ? … Je suis ton écriture qui recouvre la vie, enfin ! … Ce n’est pas trop tôt. Une gestation de quatre années. T’arrives à faire mieux qu’un éléphant… Faut dire que t’as la patte lourde, Jeanine ! Avec ton style en trompe-l’oeil.
    – La patte lourde ? …Oh mais… Mon écriture ? … Je… je rêve !
    – Si seulement. Tu n’en as pas marre de nous raconter ta vie à la campagne, dans ce Loir-et-Cher qui a eu raison de celui qui l’a fait connaître. Et là, vas savoir ce qui t’a pris. Le bouleversement de sa disparition, peut-être. Tu n’avais pas le coeur à reprendre le volant du corbillard de ton roman. Ca a été mon salut… La colère, l’émotion, l’envie, tout y est dans cette nouvelle… Putain, je revis, t’imagines même pas. Quelle inspiration, quelle claque !
    – Ce n’est pas une nouvelle, c’est un jeu d’écriture de Pascal Perrat.
    – Pascal qui ? … C’est qui celui-là ? … Peu importe, Alléluia au prophète de l’expression, il m’a ressuscité ! »

  11. AB dit :

    Á peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressenti comme un frisson. Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture, elle… …

    Elle avait posé son stylo, un moment. S’arrêtant un instant d’écrire. Elle avait si froid. Tira le rideau de dentelle de la petite fenêtre sans volets. Du deuxième, elle pouvait voir la rue et ses vitrines de magasins. Il était 6 heures, les quelques voitures qui passaient semblaient écraser la belle toile blanche qui s’était tissée depuis l’aube pendant qu’elle ressentait plus encore cette solitude pesante, lourde depuis son départ.
    Il ne voulait pas la quitter, elle l’avait supplié de ne pas l’abandonner, mais, le destin n’avait pas voulu l’entendre et la mort le lui avait arraché.

    Le jour s’est presque levé, mais elle n’y voit aucune différence. Sa couleur maintenant, c’est le noir, celle de son cœur. Plus près de la fenêtre, la buée sort de sa bouche et vient se plaquer sur la vitre, l’éblouissant un peu plus dans son désarroi. Non, elle ne le verra plus lorsqu’ aux mêmes heures, il pressait le pas. Il lui tardait d’arriver de son travail de nuit et se faire réchauffer par elle, dans leur lit. Elle se levait juste avant son arrivée pour se rejeter dans leur couche dès qu’elle l’avait vu tourner le coin de la rue par cette même fenêtre. Son corps était chaud, bouillant de l’amour dont elle allait l’inonder. C’est cette chaleur fictive qui soudain lui monte à la tête.

    – Si je pouvais le faire revenir. Juste un instant. Lui dire que je l’aimais tant. Qu’il était mon eden, ma raison d’exister, l’unique parfum de ma vie.

    Elle retourne à sa table de travail. Reprend son stylo. Le serre, si fort que la chaleur qui avait traversé son corps juste un moment, se fixe sur ses doigts.

    – Oh ! Mon amour. Une douce chaleur m’envahit, comme avant, et je vais te l’écrire.

    Elle écrit, sans rature, avec calme et douceur. Un rayon de lumière éclaire sa main. Elle se tourne vers le réveil, il est presque onze heures. Elle ne s’est pas couchée, a écrit tout ce temps, s’est plongée dans ce monde qu’elle a recréé. Elle s’est sentie revivre, l’espace d’un moment. Elle se rapproche de la fenêtre une nouvelle fois. Regarde dehors. La mince couche de neige a fondu. Elle sourit. Depuis longtemps cela ne lui était pas arrivé.

    – Demain, je me coucherai tôt. Demain, sera un jour nouveau.

  12. Il écrit ton nom
    Et il respire à fond
    Il sort la grand voile
    Il déchaîne ses entraves

    Il écrit ton nom
    Et sa gorge se dénoue
    Il lègue ses émotions
    Adieux les tabous

    Il écrit ton nom
    Et il désobéit
    Il dit non
    A ce qu’il a appris

    Il écrit ton nom
    Et son corps s’imprime

    Il écrit ton nom
    Et son corps s’emphrase

    Il écrit ton nom
    Et son corps s’enflamme

    Il écrit ton nom
    Et son corps s’encrayonne

    Il écrit ton nom
    Et son corps s’enfrissonne

    Il écrit ton nom
    Liberté …
    …d’expression

    • suite…
      Quand j’écris tout mon corps s’emphrase
      Mon crane s’épithète
      mes oreilles s’enguillemettent
      mes yeux s’arobasent
      mes bras se parenthèsent
      mon visage s’émoticone
      ma bouche se typographe
      mes jambes twittent
      mon coeur s’interjectionne
      quand j’écris tout mon corps s’expressionne.

  13. Clémence dit :

    Á peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson.
    Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture, elle…

    « Comme chaque jour, Lara se leva à l’aube. Elle avala une tasse de café noir et claqua la porte de son appartement. Elle partit à pied vers la gare, passant par des ruelles et des escaliers. La ville se réveillait doucement dans les pâles lumières des réverbères.
    La gare bruissait des navetteurs. Elle ne s’arrêta pas et alla directement sur le quai d’où le train prenait son premier départ de la journée.Elle entra dans le wagon, à peine éclairé. Elle s’installa en resserrant son manteau de cachemire beige. Elle garda son écharpe, son bonnet et ses gants et attendit le départ.
    Le train partit à l’heure, mais pas le chauffage.
    La campagne succéda aux faubourgs. Lara retira un gant et gratta le givre de la vitre qui tomba en minuscules cristaux de glace…. »

    A peine avait-elle écrit le mot « glace » que l’auteure ressentit comme un frisson. Elle s’en étonna à peine, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Elle murmura :
    – Surprenant, ce mimétisme entre mes mots et la nature…
    Elle se leva, et respira profondément. Elle alla à la cuisine, se prépara un café, le sirota en regardant le soleil rougir la cime des peupliers.
    Elle passa à la salle de bain et se regarda dans la glace.
    – Glace ou miroir ? dit-elle à son reflet.
    Elle frissonna. Elle jeta un pashmina sur ses épaules et retourna à sa table d’écriture.

    « Premier arrêt. Peu de passagers montèrent. Lara fut interrompue dans sa lecture lorsque deux jeunes hommes s’engouffrèrent dans son compartiment. Ils la saluèrent et continuèrent leur conversation. La beauté des paysages enneigés, la conduite sur des routes non dégagées et à l’arrivée, l’absence de chauffage dans le train. Elle reprit sa lecture. Ils se mirent à parler de politique et leurs propos s’enflammèrent.
    Leur conversation cessa d’un seul coup. Elle tourna légèrement la tête.
    – Que lisez-vous de si intéressant ? demanda le plus grand.
    – Rien de bien particulier, répondit-elle en replongeant aussitôt dans sa revue.
    Lara ne tenait pas à poursuivre la conversation et encore moins à répondre à des questions indiscrètes.
    En fait, elle avait glissé un catalogue de vacances dans une revue très sérieuse. Elle se documentait sur un prochain voyage sous les tropiques. Elle avait envie de partir loin, oublier la froideur de sa rupture, se fondre dans une ambiance …. »

    L’auteure réfléchit un instant. Elle continua : tor….un « r » ou deux ?
    Elle fut parcourue d’un frisson délicieux, ses joues rosirent. Elle fit glisser son pashmina et haussa légèrement les épaules. Ses yeux pétillèrent.
    – Encore un mimétisme ! Très drôle !
    Elle reprit son rituel de pause. Se lever, respirer, se faire un café serré et s’arrêter à la salle de bain.
    Elle fit face au miroir. Miroir et non glace, pensa-t-elle. Elle scruta son image sans complaisance. Son visage était encore très beau, bien que le temps lui offrait quelques traces de son passage. Elle releva une mèche de cheveux, glissa un soupçon de rouge sur ses lèvres. Elle avait chaud. Elle troqua son pull irlandais contre un simple pull et rejoignit son bureau.

    « Lara ne parvenait plus à se concentrer. Elle sentait que ses voisins l’observaient à coups d’œil réguliers. Elle rangea sa revue, enfonça ses poings dans les poches et tourna la tête. Elle allait achever son trajet, les yeux plongés dans la beauté des paysages bleus. Elle colla son nez à la vitre glacée.
    Elle fut à nouveau interrompue dans sa contemplation … »

    L’auteure se mit à trembler. Décidément, il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture.
    Elle déposa son stylo, soupira et murmura…
    – Promettre mon autobiographie ! Mais quelle mouche m’a donc piquée ?

    © Clémence.

  14. Catherine M.S dit :

    Changement de style

    A peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson.
    Elle ne s’en étonna pas, on était en hiver et il neigeait depuis l’aube.
    Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture.
    Elle était troublée par le phénomène, certes, mais également très curieuse de savoir jusqu’où il pouvait l’emmener . Ces sensations aussi charnelles que nouvelles dans l’acte d’écrire lui ouvraient soudainement des perspectives jusqu’alors inconnues.

    Elle décida donc de stopper là son essai climatologique, bien trop académique, pour se lancer dans un tout autre divertissement littéraire et c’est une galerie de personnages truculents qui firent leur apparition sous sa plume fébrile.
    Le décor fut planté : une maison dite close mais ouverte à toutes les fantaisies.
    Les adjectifs étaient en tenue légère, les verbes à la noce et les articles bien fournis.
    – Ciel, mon récit !
    Elle en fut toute retournée mais se laissa finalement emporter par cette fièvre endiablée …

  15. Nadine de Bernardy dit :

    Attablée devant son ordinateur pour la rédaction du bulletin météorologique quotidien de La Voix du Nord ,elle ressenti soudain un grand trouble.
    A peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle avait ressenti comme un frisson.Elle ne s’étonna pas,on était en janvier et il neigeait depuis l’aube.
    Quelques lignes plus tard ,tandis qu’elle hésitait entre 1 ou 2 R pour torride,elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora,il semblait que certains mots,ce matin là,lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture.
    Cela devait enfin arriver, depuis le temps qu’elle réfrénait ses pulsions inavouables.Son coeur palpitait ,ses doigts volaient sur le clavier :
    « Aujourd’hui la journée sera en proie à un état voluptueux intense qui traversera le pays d’ouest en est à la recherche du plaisir le plus pur.
    Des vents langoureux amèneront un désir fou sur les plaines qui palpiteront d’une sensualité de 12 degrés sur l’échelle de Cupidon.Ils parcourront ensuite l’échine de la Sologne en caressant langoureusement les rondeurs des coteaux consentants.
    Quelques coups de foudre8 hivernaux sont attendus sur le Bassin Parisien en fin de matinée . Un soleil ardent fera fondre la pudeur de la neige vierge,la laissant fondante et anéantie.
    De nombreux nuages voluptueux apparaîtront ici et là pour protéger avec tendresse les débordements de certains éléments incontrôlables……

    Demain nous fêterons le sainte Nitouche et gagnerons 2 minutes de soleil. »

    Elle souffla sur la petite mèche de cheveux qui retombait sur son front moite.Elle avait repris le
    contrôle de son écriture.
    Mais par Jupiter,quelle envolée ce fut!

  16. Sylvie dit :

    Á peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson. Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture, elle ressentait les mots au fur et à mesure qu’elle les écrivait. Au moment où elle ajouta le tréma sur « Aïe », elle sentit une violente douleur au ventre. Quand elle conjugua le verbe s’évanouir, elle fut prise de vertige. Lorsqu’elle entama une description du jardin et de ses pivoines, elle eut soudain le feu aux joues. Ses doigts s’agitaient nerveusement chaque fois qu’elle écrivait colère. Elle s’accrocha fébrilement au bureau de sa main gauche quand tempête arriva sur les lignes, n’osant pas orage de peur d’être foudroyée.

    Son corps subissait physiquement les allées et venues de son écriture, ses envolées de mots, ses descriptions colorées. N’y tenant plus, elle jeta son stylo. Ce stylo faisait partie d’un nécessaire d’écriture en bois exotique qu’elle venait d’acheter chez un brocanteur, rue des écrivains. Elle avait voulu l’essayer illico presto sans prendre le temps de lire la notice, ce papier jauni plié au fond du coffret qui en expliquait la composition : un stylo à frissons, un crayon finement taillé pour dialogues incisifs, accompagné d’une gomme pour arrondir les angles, une plume à l’encre forte, une autre à l’eau de rose et un feutre indélébile.

    Le stylo à frissons l’ayant épuisée, elle trempa sa plume dans l’eau de rose. Demain, reposée, prête à se replonger corps et âme dans son histoire, elle essaiera l’encre forte.

    ©Sylvie Wojcik

  17. B Della Torre dit :

    …Elle retenta l’expérience, écrivit frimas, aussitôt ses doigts s’engourdirent, elle le réécrit avec deux « m » et elle crut recevoir comme un soufflet, non seulement les mots avaient pris un certain pouvoir mais également voulaient que l’on respecte l’orthographe !
    Si on pouvait changer la météo ou tout du moins son ressenti c’était une arme incroyable !
    Il fallait que cela se sache, que les africains terrassés de fatigue sous la chaleur puissent ressentir un soulagement en écrivant, ondées, brise, fraîcheur. Que les Inuits puissent transpirer après avoir gravé canicule sur la glace. Et que tout cela soit gratuit, nuls dépôts de droits pour cette trouvaille, l’écrit avait pris le pouvoir, il était temps !
    Elle se mit à rêver, et si les mots, tous les mots pouvaient soigner nos maux…
    Elle prit son stylo plume et commença par le mot « bien être », sa cage thoracique s’ouvrit et il lui sembla mieux respirer, mais le stylo lui échappa et fit un gros pâté de son encre noire sur le mot « être », elle toussa :
    « pourvu que je n’attrape pas la maladie du charbon » ( vieux souvenir de ses cours de science naturelle)
    Elle retint son souffle et fermement son stylo et continua à inscrire sur la page, Amour, Compassion, Joies, bonheur, santé.
    Puis elle scanna sa page et l’envoya à tout son carnet d’adresses numérique en demandant à chaque destinataire d’en faire autant.
    Pour conséquence, la toile fut rapidement saturée obligeant spams, arnaques et autres idéologies intégristes à rester prisonniers dans leurs boites d’envoi.
    Le monde pour un instant resta comme suspendu.
    Elle reprit son stylo et écrivit sur toute sa page un énorme SI.

  18. Virginie Durant dit :

    A peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson. Elle ne s’étonna pas, on était en janvier, et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson,et son visage se colora. Il semblait que certains mots ce matin-là, lui faisait perdre la maîtrise de son écriture, elle gémissait et faisait des grimaces : il fallait absolument qu’elle dompte sa pensée créative, sans quoi, sa résolution se dissiperai aussi vite que celle de tout fumeur.

    Jusqu’alors ses journées se tissaient autour de nombres. Elle notait chaque jour les résultats du tiercé, s’obstinait à écrire la courbe de son poids, relevait les températures extérieures avant de s’intéresser à celles de son corps.

    Mais ce premier jour de janvier, cette fille de statisticien se mit à se curer le nez en faisant alterner l’index et l’auriculaire, rite qu’elle accomplissait dans ses pires moments d’angoisses cartésiennes. Ouvrant et fermant les yeux, comme pour chasser au plus vite les doutes, elle finit par réagir comme n’importe quel prisonnier désireux de scier les barreaux de la cellule : elle brûla tous supports rédactionnels qui exhibaient des nombres. L’éphéméride lui aussi acheva ses jours dans les flammes. Ainsi, la nouvelle adepte des mots ne pu vérifier qu’à « la saint Alix, rien de prolixe » !

  19. Isabelle D dit :

    Á peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson.
    Elle ne s’étonna pas, on était en janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture, elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait.

    Ca ne pouvait pas continuer comme ça. Elle se leva de sa chaise et commença à faire quelques pas dans la maison. Son mari la regarda d’un air stupéfait. On était samedi, et habituellement, c’était le jour où elle en profitait pour s’adonner à sa passion, l’écriture.
    – Tu n’es pas inspirée ce matin ? lui demanda-t-il.
    Si, bien sûr, elle l’était. Elle avait hâte que ce roman soit fini. C’était le premier qu’elle écrivait sérieusement. Elle en avait écrit d’autres quand elle était bien plus jeune, mais n’avait jamais pris le temps de la relecture. C’est seulement il y a quelques mois qu’elle avait décidé d’en commencer un nouveau. De l’écrire et de l’écrire bien. Elle aurait même aimé en faire quelque chose après mais ceci est une autre histoire.
    – Je me sens un peu patraque.
    – Patraque ?
    – Je ressens des choses étranges.
    Nicolas commençait à être habitué. Sa femme était une personne sensible. Elle pouvait s’émouvoir devant un bon film, avoir la larme à l’œil lorsqu’elle écoutait une belle chanson. Mais aujourd’hui, ça avait l’air différent.
    – Tu veux que je te prépare un thé ?
    – Pourquoi pas. En attendant, je vais me reposer quelques instants dans le canapé.
    Lorsqu’il lui donna sa tasse, elle s’installa à nouveau à son bureau. Elle reprit son travail où elle l’avait arrêté, tout en buvant quelques gorgées de temps à autre. Mais, cela lui reprit.
    Quand elle écrivit le mot « étouffer », elle manqua de s’étrangler en toussant. Puis tour à tour, le mot « effroi » lui inspira une panique immense, le mot « rêve » lui fit imaginer un nouveau cours pour son récit, et le mot « surprise » la fit sursauter. Enfin, elle écrivit le mot « pleurs » et elle sentit des larmes salées lui couler le long des joues.
    Nicolas s’approcha d’elle à nouveau.
    – Mais qu’as-tu ma chérie ? Je ne t’ai jamais vu dans cet état.
    – Je ne sais pas, je ne sais plus sanglota-t-elle tandis qu’elle écrivait le mot « oubli ».
    Elle avait les joues rouges pivoines, des sueurs froides suintaient de son front. Nicolas y déposa un baiser un baiser et lui dit.
    – C’est fini pour aujourd’hui, tu vas retourner te coucher.
    – Mais…
    – Il n’y a pas de mais… c’est moi le médecin ici.
    Son verdict était sans appel et encore une fois, il avait encore raison. Amandine sentait les courbatures lui monter le long du dos, elle avait mal à la gorge. Mais ce n’est qu’un peu plus tard qu’elle comprit qu’elle avait simplement attrapé la grippe.

  20. C Le Sauter dit :

    C’était janvier, il neigeait. Elle frissonna en écrivant le mot glace, puis buta sur l’orthographe du mot torride. Elle rougit de peur, elle était en train de perdre la maîtrise de son écriture, elle se rappela la mystérieuse cartomancienne du marché de Noël, et se mit à trembler, elle était en trance, déjà !
    Elle revit comme dans un cauchemar, cette étrange femme toute de noire vêtue, plantée devant sa roulotte, qui l’avait attirée tout de suite quand elle était arrivée sur le marché deux mois plus tôt. Tels de puissants aimants ses yeux noirs donnaient leurs ordres en silence. Sans avoir pu réfléchir, elle s’était soumise. A l’intérieur de la caravane, assise devant la boule de cristal, elle avait répondue à des questions transmises par télépathie.
    – Oui, je suis journaliste. Oui, je travaille pour le plus grand quotidien National.
    Sa mémoire ne contenait que cela. Elle sentait la suite confuse, enfouie au plus profond.
    Son rédac-chef, avait frissonné d’effroi, en recevant son papier, quelques jours avant Noël. Il fut hypnotisé par l’article, presque aussitôt. Sans pouvoir réagir, il lança l’impression du journal, ses collaborateurs subirent les mêmes effets.
    Le lendemain le pays entier reçu la nouvelle et sombra aussitôt dans le chaos.
    Le pire, personne ne se rendait vraiment compte de ce qui se passait. Noël n’aurait pas lieu il n’y aurait pas de cadeau, pour personne. Les industries alimentaires et du jouet, celles des festivités étaient en sommeil. Aucun média n’en fit échos cela se passa sous silence comme si un monde parallèle avait englouti celui-là.
    – Pourquoi un r à torride ? Ça n’a pas de sens. Elle luttait de toutes ses forces. Elle devait sortir de sa torpeur, absolument.
    C’était comme quand Pierre l’avait quittée, elle avait fini par reprendre le dessus, mais à quel prix. Perdue dans un sentiment d’abandon infini, n’ayant plus confiance en elle, elle avait sombrée.
    Si seulement elle savait contre quoi elle devait se battre.
    Torride, ardeur, feu, incandescence, effervescence, avec le dictionnaire elle réapprenait les mots qui voulaient lui échapper un à un. Son esprit voulait les remplacer, glace, froid, gel, solitude, peur, catastrophe, cahot, malheur, misère.
    Elle reprenait, joie, partage, fête. Puis retombait.
    Le chat. Le chat lui n’avait pas chaviré. Depuis plusieurs jours sa mission était claire. Il devait investir les lieux, effacer le cauchemar qui enveloppait cette maison. Mais comment rentrer. Toutes portes et fenêtres étaient fermées. De plus la patronne à l’intérieur n’était pas réputée pour aimer la gente féline. Mais s’il rentrait chez lui en ayant échoué, ce monde resterait de l’autre côté. Il insista donc et alla à la fenêtre du bureau.
    Par change le volet était resté bloqué, ouvert. La vitre était gelée la buée le cachait, mais il devait essayer. Alors ils se frotta, chassa la neige sur l’appui de fenêtre. Il miaula, comme pour prévenir du danger. Boxa la vitre si fort avec ses pattes que Sophie le vit.
    – Un chat qui boxe ? Merde à la fin c’est quoi ces conneries ?
    Elle se leva d’un bon, se rua à la fenêtre. Sa première idée, virer ce chat. Elle ouvrit la fenêtre, il bondi à l’intérieur.
    Elle courut après lui pendant un temps qui lui sembla infini. Sautant de chaise en chaise du bureau jusqu’au-dessus de l’armoire il courrait partout bouclant le tour de la pièce à toute vitesse. Elle en eut le vertige, tomba par terre, perdu connaissance.
    Quand elle se réveilla dans son lit, elle s’étira longuement. Elle alla se faire un café. Comme d’habitude se mit tout de suite à son bureau, repris l’article commencé la veille.
    – Oui, bon. Bientôt noël. Qu’elle idée de vouloir me faire décrire le 24 décembre comme étant toride ? Tu parles d’un rédac-chef toi !
    -Oh ? Un petit chat à la fenêtre. Je ne vais quand même pas te laisser dehors.
    – Aller, entre toi. Je ne sais même pas pourquoi je t’ouvre, je n’aime pas les chats. Enfin bon je dois avoir un peu de pâté, peut-être que tu vas aimer ?
    -Alors reprenons, tout d’abord il faut deux r à torride, ça commence bien.

    • natadori dit :

      Pareil con !
      Tu nous entraînes dans ton histoire sans façon. Vite , à l’essentiel.
      On ne s’ennuie pas.
      On a envie de connaître la suite.
      Il y a des répétitions mais ça va si vite qu’il n’est pas inutile d’enfoncer le clou.
      Et puis y a un « gap »entre la cartomancienne et le rédacteur en chef…manque comme un truc, un lien.
      Mais bon ce sont peut-être des ellipses.
      J’aime bien le fil du « r » , et l’entrée du chat.
      C’est assez cinématographique quand même.
      C’est très rythmé.

  21. ourcqs dit :

    Á peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture,

    elle pouvait maîtriser toutes les langues, certains mots résonnaient mieux en indien, les scènes s’écrivaient en italien et devenaient beaucoup plus savoureuses , les interjections se détournaient en russe, théâtral !!
    Ses personnages sortaient des tableaux de Chirico pour déambuler antre les lignes, ceux de Hopper restaient figés, en attente dans les marges, et les femmes Picassiennes apportaient un certain regard.
    Le mot dessin calligramma ses poèmes préférés, elle sentit alors que sa nouvelle prenait des ailes. Les roses se libéraient des vases et jardins, se disposaient joyeusement sur la feuille blanche, leurs parfums devenaient de plus en plus ennivrants. Le mot oiseau se mit à siffler, le mot chat à ronronner, le mot silence en profita pour exploser en éclats de lire, de rire ……
    Son crayon faisait des pas de côté, elle était ravie
    imagination débridée, elle poétisait en bonne compagnie …

  22. durand dit :

    A peine avait-elle écrit le mot glace qu’elle ressentit comme un frisson.

    Elle ne s’étonna pas, on était en Janvier et il neigeait depuis l’aube. Quelques lignes plus tard, tandis qu’elle hésitait entre un ou deux r pour torride, elle fut parcourue d’un tout autre frisson et son visage se colora. Il semblait que certains mots, ce matin-là, lui faisaient perdre la maîtrise de son écriture.

    Familière de la littérature, elle s’était habituée à cette suite permanente de tremblements involontaires. L’écriture n’était qu’un balancement entre le transi et le bouillonnant. Il demeurait essentiel de ne s’engourdir ou de s’enflammer ni dans l’un ni dans l’autre. C’était toujours une drôle de randonnée sur le flanc enneigée d’un volcan.

    Mais tout cela n’existait que dans sa tête d’écrivain.
    Elle ne s’installait quand même pas à son bureau, crampons aux pieds et casque sur la tête. Non, juste une confortable robe de chambre et, ce matin là deux paires de chaussettes.

    La soi-disante sagesse populaire avertissait que la mort attaquait le plus souvent par les pieds.

    La prétendue lucidité scientifique prétendait elle que les canicules à venir pouvaient étouffer plus d’un continent.

    De fait, le déséquilibre risquait à tout moment de vous tomber sur la tête. On marchait dans les phrases, la loupe ou la machette à la main, selon le pesant du terrain, l’envahissement végétal.

    Son grenier stockait tous les outils improbables du cheminement des rêves, un grain de sable, des soupçons d’intrigues,une pipe éteinte, des pages volantes coincées dans de larges toiles d’araignée.

    Elle possédait aussi une collection de chapeaux, paille,toile, feutre…pour faire face à tous les climats de l’existence.

    Vu que le tressaillement perdurait, elle se leva, fouilla dans un placard à la recherche d’un vieux bonnet péruvien.

    En sortant de la salle de bain, elle perçut dans le miroir le portrait du temps passé.95 ans,l’âge où le teint de la femme qui fut de carotte a tourné à la betterave.

    La chaise du bureau se pencha, contempla son vieux pied malade.

    Elle décida d’une pause, pour reposer le quatrième pied, ce fidèle, celui ne l’ayant jamais lâché. Ce siège de l’écriture, elle l’avait bien choisi, 30 ans auparavant, dans une benne, paquebot vers l’ordure.

    Le canapé lui proposait la sieste. C’était un peu tôt pour se reposer, encore du temps de perdu pour finaliser son roman. Mais quand la tête n’oriente plus tout à fait les jambes, mieux vaut accepter, pour un temps de s’accouder.S’ils sont meubles, c’est bien pour accueillir nos fatigues.

    Une douzaine de mouches tournait sur la crème du plafond. « Là, elles sont au chaud….pensa t’elle….il ne faudra pas oublier de leur mettre à boire »

    Et son front commença à tanguer, à fredonner la berceuse que chacun entend avant de s’endormir.

    Elle claqua une dernière fois la langue. Aucun mot ne sortit. La symphonie de la vie avait bien un goût d’inachevé.

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