Tremper sa plume dans un fleuve ou un torrent ?

Itremper-sa-plumeQui trempe sa plume dans un fleuve s’exprime  généralement avec de longues phrases méandreuses.
Chargeant la barque, elles lambinent en court de route et quelquefois s’égarent. C’est comme si un vent contraire les obligeaient à faire traîner les choses. À louvoyer entre virgules et points virgules pour arriver à leur fin. Tant et si bien que le lecteur suffoque parfois, asphyxié par ce flot de mots.

Inversement, qui trempe sa plume dans un torrent embarque sa prose dans un rafting littéraire.
Ses phrases emportées par un tempétueux élan chahutent le lecteur. Eclaboussé par des cascades de mots, celui-ci tourne parfois la page en espérant trouver des eaux plus calmes. Au lieu de cela, il est éclaboussé par une volée de points d’exclamations.

Peut-être serait-il judicieux d’alterner entre fleuve et torrent. De voguer de l’un à l’autre, sans abandonner sa tendance naturelle, pour le plaisir et le « bien-lire » du lecteur.

4 Responses

  1. oholibama dit :

    Bonjour
    Je crois que mon style ressemble à la mer qui se déchaîne.
    N’ayant plus rien d’amicale, tumultueuse, fracassante, furieuse. un jour, au loin, une mouette fanfaronne en fit les frais. elle se retrouva,plumes retroussées, pattes d’avant arrière, et pour parfaire le tableau, le bec dans l’eau. Franchement me dit-elle! Pourquoi cette furie? Qui donc en ce jour béni t’a si cruellement mit la flotte de travers? _ quoi! répondis-je, tu trouves que tes cries en ce jour on de quoi me ravir! Laisse moi me contempler, c’est tout ce que je veux pour ce jour. Voila, mon style me hérisse parfois le poil, mais virgules et points données, je ne sais en changer. bonne journée. y.

  2. Nadine de Bernardy dit :

    Foin des eaux douces,tumultueuses ou pas.
    Ici,en pays Celtique côtier,j’ai le privilège extrême de tremper ma plume dans l’eau salée des rias et des abers.
    Ces rivières là sont sujettes à marées,elles vont et viennent avec nonchalance ou impétuosité ,selon le bon vouloir de l’océan et de leur amie la lune.
    Quoi de plus magique que de pouvoir utiliser de telles ondes qui apportent folie,douceur, vivacité dans l’écriture.
    Parfois il n’y a que vase et flaques,parfois les tourbillons m’accueillent avec impatience.Si bien que je ne sais jamais si je vais écrire d’amont en aval ou inversement.
    C’est exaltant,stimulant.Ca sent le grand large,l’aventure ,ouvre des horizons sans fin.
    Qui oserait asphyxier autrui en des lieux pareils?

    Nadine de Bernardy

  3. sylvie damagnez dit :

    Il me semble que le style (fleuve ou torrent)dépend du thème de l’écriture, de ce qu’on raconte. De même que le temps utilisé… Et l’écriture fontaine, alors ? Et l’océan ?

  4. Durand dit :

    Moi qui habite le « Grand Nord », je vous invite tous à surtout éviter l’écriture « canal ». Trop linéaire on la sent aiguillée du départ, bétonnée entre deux murs.
    Elle ne change de niveau qu’au non hasard des écluses. C’est là que l’essentiel du peu de lecteurs viendra se regrouper, les dimanches d’ennui pour s’émerveiller un quart d’heure de la montée et de la descente des mots.

    Et même si vous avez du goût, comme moi pour ces vaguelettes ronronnantes, ces stagnances huileuses….
    restez prudent. Tout le monde n’est pas Simenon.8

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