Exercice inédit d’écriture créative 78

Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle.
Ce rapt aurait eu lieu au moment où…

Imaginez la suite

19 Responses

  1. Daisy dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle.
    Ce rapt aurait eu lieu au moment où la victime se rendait à son travail. L’idée folle a profité d’une pause pour agir et s’emparer du grand esprit. La police des textes aurait aussitôt reçu une demande de rançon : l’idée folle exige une publication a dix mille exemplaires et des droits d’auteur. Ni le Parquet ni les enquêteurs ne tiennent à s’exprimer pour le moment afin de ne pas mettre en danger l’otage.

    Nous savons néanmoins que la police a pour règle de ne jamais payer les rançons afin de ne pas encourager les kidnappings. Que se passerait-il en effet si toutes les idées folles pouvaient être entendues ? Les textes cesseraient de se ressembler, le public deviendrait exigeant, la créativité ne serait plus le monopole des artistes assermentés. Tout un chacun se mettrait à créer les dimanches après-midi au lieu de consommer les œuvres usinées pour eux par l’Académie.

  2. Clémence dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle. Ce rapt aurait eu lieu au moment où…

    Le savant Amadeus Pazzo s’apprêtait à greffer le cerveau d’un homme sur un corps de femme et celui de la femme sur le corps de l’homme.

    – Malheur, s’écria Eve Idéfolle, son assistante, tu te rends compte de ce que tu fais ! Et as-tu pensé aux conséquences ?
    – Euh…. Non…
    – Viens un peu ici que je t’explique…

    Amadeus s’approcha d’Eve Idéfolle. Elle avait les cheveux en bataille et les bras moulinant. Il voulait avant tout la calmer. Un semblant d’obéissance serait probablement suffisant à la berner, le temps de…

    – Je suis toute ouïe…
    – Voilà, quelqu’un a déjà tenté de piquer une côte à Adam… on a vu le résultat…
    – Oui, mais, c’était il y a bien longtemps…
    – Imagine, tu colles la tête d’Adam sur le corps d’Eve. Il se passe quoi quand le serpent ramène sa pomme ?
    – Ben voyons… il prend la pomme d’une main et tue le serpent de l’autre.
    – Et le paradis dure toujours peut-être ?
    – Ben oui, toujours…
    – Et alors ?
    – Alors ? Je ne vois pas….
    – Vraiment, faut tout t’expliquer….
    – Excuse-moi, mais moi, j’ai encore mon cerveau d’homme et toi le tien, chère assistante…
    – Allons bon.

    Eve Idéfolle s’assit en croisant ses jambes bien haut… posa ses coudes sur ses genoux et sa tête au creux des mains. D’une voix grave, elle commença :

    – Plus de serpent, plus de tentation, ils sont continuellement au Paradis. Plus rien à faire. Point barre. L’histoire est finie. Et comment ça va aller pour la suite ? Hein, dis-moi ? Quand ils auront fait une ribambelle de mômes et que ceux-ci auront à leur tour fait une ribambelle…
    – La descendance sera assurée…, répondit le savant.
    – Et elle mangera quoi, cette descendance, quand toutes les réserves de l’Eden seront épuisées ?
    – On pourrait imaginer que ça revient tout seul, c’est le paradis, tout même !

    Elle sourit et continua, plus tenace que jamais…
    – OK, un bon point pour toi. Mais alors, dis-moi, comment vas-tu faire pour voyager, aller voir ailleurs ce que se passe ? A pieds ? Tu n’irais pas loin…Et que deviendraient les rêves de tous les mecs ? Belles carrosseries et vitesse ; voitures de sport, 4X4 ou SUV…Faudrait tout de même bosser un peu pour les acquérir. Les bosses des chameaux et des dromadaires font pâle figure, non ?
    – OK, un bon point pour toi !
    – Et je n’ai pas encore parlé des yachts, des catamarans, des motos, des avions et autres bolides de terre, de mer ou d’air….
    – OK, encore bien vu….

    Elle continua de sourire, et susurra, plus convaincante que jamais….
    – Et puis, moi, hein, moi et toutes les femmes, as-tu pensé à nous ? Que serions-nous sans les bijoux, les toilettes, les parfums, les….
    – OK, encore bien vu. Tu as encore autre chose au programme ?
    – Oui, la belle maison et la piscine avec vue sur mer, le chalet en montagne pour les sports d’hiver, l’appartement à Paris pour la vie mondaine….
    – Mmmm… c’est tout ?
    – Oui, je crois….Allez, soit raisonnable, pas d’interversion de cerveaux, oublie cette idée folle….

    Sur ces dernières paroles, le savant décida, à regret, de stopper cette expérience. Eve souriait. Elle avait gagné cette manche. Amadeus Pazzo claqua la porte de son laboratoire en maugréant.
    – Damnation, elle m’a encore bien possédé, elle a toujours le dernier mot.Il faut que je trouve… que je trouve une parade…

    Alors qu’il se creusait les méninges à créer les gènes du prototype « sine potestatem convictionem» », la porte du labo s’ouvrit. Une silhouette s’avança et plaça un coton imbibé de philtre d’amour sur les narines du savant…..
    Le lendemain, les médias relatèrent ce nouveau rapt dans un entrefilet en page quatre.

    « Le savant Amadeus Pazzo et son assistante Eve Idéfolle ont mystérieusement disparu. Aucune trace d’infraction et pourtant, de nombreux indices orientent la police sur la piste d’un rapt…»

    25° 04′ 58 » N 77° 18′ 59 » O.
    Seuls sur leur île, Amadeus et Eve refaisaient le monde en l’oubliant et en sirotant une eau de coco bien fraîche…

  3. Sabine dit :

    Voici ce que je vous propose pour l’exercice :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle.
    Ce rapt aurait eu lieu au moment où le réveil sonna; juste quand il ouvrit les yeux. L’idée lui dit : « Cette nuit, tout a doublé de volume, mais tu ne le sais pas. » Il regarda l’armoire, la table de chevet, la chaise où il avait posé ses vêtements…Il rit. « Quelle drôle d’idée. Je devais rêver. »
    Un petit déjeuner, une douche rapide et le voilà dans le métro, quand une conversation l’interpella :
    « Cette nuit j’ai rêvé que tout avait doublé de volume. Ca faisait peur. Mon chien, ma brosse à dents, mon frère…Je ne saurais jamais la suite, mon réveil a sonné.
    – Il n’est pas possible, ton rêve. Si tout avait doublé de volume, toi aussi tu aurais doublé. Tu serais toujours plus grand que ton chien. Tu pourrais toujours tout mesurer en vain, ton mètre aussi aurait doublé.
    Tout a peut-être doublé cette nuit, on ne saura jamais… »

    Mais en lisant l’énoncé, j’ai aussitôt pensé à un rêve que j’ai fait. Quand je le raconte, je dis toujours que mon cerveau a déjoué mon rêve. Ou l’inverse, je ne sais pas.

    Je rêve de temps en temps que je perds mes dents. Ce n’est pas très agréable, mais je me réveille, j’ai toutes mes dents et tout va bien.
    Une nuit mon rêve s’est prolongé :
    Je perds mes dents et je me dis (toujours en rêve) : « Tu n’as qu’à les mettre dans ta main, et quand tu te réveilleras, tu verras bien que ta main est vide. » Là, je me réveille, terrifiée: j’ai mes dents dans ma main droite !

    J’avais rêvé que je m’étais réveillée avec mes dents dans la main….
    Je me suis réveillée pour de bon, la main vide, bien sûr, mais avec une bonne suée!
    ©Margine

  4. Antonio dit :

    Merci Pascal pour tes compliments, sache que tu ne nous auras pas aussi facilement ! 🙂

    Puisque tu parles du Café, j’ai une annonce à faire :

    « Mots sans eau ayant soif d’écriture cherchent sources bien inspirées pour remplir le puits d’une histoire pétillante. »

    « A toi, à mots », un jeu original au Café de la Page blanche, à essayer une fois. Quand je lis votre potentiel, l’histoire pourrait déjà être à la saison 4 🙂
    Pour les curieux, suivez le lien en cliquant sur mon nom.

  5. Pascal Perrat dit :

    Encore une belle idée créative !
    Quand j’ai créé cet exercice je trouvais
    ma proposition très difficile. Je ne m’attendais pas à recevoir
    autant de bons textes.
    Grâce à vous, c’est le printemps des idées et un encouragement.
    UN GRAND MERCI A TOUTES ET A TOUS

    Pascal Perrat

  6. Soize dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle.
    Ce rapt aurait eu lieu au moment où celui-ci se reposait sur ses lauriers et un canapé de marque suédoise, devant une émission de télé-réalité mettant en scène de valeureux concurrents livrés à eux-mêmes dans une bibliothèque pleine de livres.
    Les deux hémisphères étaient si bien occupés à ne rien faire qu’ils n’ont pas vu surgir ce petit concept un peu dingue.
    La police de la pensée ignore à l’heure actuelle les raisons de ce rapt odieux qui n’a pas été revendiqué, mais d’après les premiers éléments de l’enquête elle soupçonne fortement les R.E.V.E (Ravisseurs d’Encéphales Vidés par les Écrans) d’être à l’origine de cet attentat.
    Les R.E.V.E sont tristement célèbres pour avoir réveillé les consciences de milliers de personnes de par le monde.
    Il n’a pas été demandé de rançon et la famille de la victime est très inquiète.

    ©SoizeD

  7. Pascal Perrat dit :

    Bonsoir Antonio

    Comme souvent tu fais fort ! On aime ton style
    particulier, ta pointe d’humour et tes trouvailles.
    Sans oublier tes jeux de mots.
    Il est doué le patron du café de la page

    Amicalement

  8. Micheline dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle.
 Ce rapt aurait eu lieu au moment où les soldes commençaient.

    Une quadragénaire brune, élancée, tailleur vert d’eau, talons noirs, d’au moins douze centimètres, entra dans le grand magasin d’une large avenue. Une cinquantaine de femmes se pressaient autour d’un impressionnant bac regorgeant de vêtements multicolores. L’arrivante, comme hypnotisée par la couleur, poussa à droite, à gauche sans se soucier des protestations des victimes. Et, hop! Encore une barrière humaine! Qu’importe! La femme se hissa sur la pointe de ses longs pieds fuselés, moulinant de ses bras transformés en ventilateurs écarteurs, et utilisant le bout de ses doigts “rouge baiser”, comme d’une pince, elle arracha de son habitacle, une mini robe aux tons fushia. Et, ignorant les insultes et les regards médusés, royale, elle exhiba son trophée bras levé, serré entre ses doigts, le posa satisfaite sur le comptoir, près de la caisse, paya et sortit serrant son paquet sous le bras. Victoire, elle avait enfin en sa possession ce petit bijou de robe dont elle rêvait depuis si longtemps

  9. Antonio dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle. Ce rapt aurait eu lieu au moment où ce génie déconnectait ses neurones avant de prendre congés, comme chaque soir, de son usine à gaz qui tournait à plein régime.
    Il était encore en blues dans cette foutue boite crânienne quand elle a surgi, sublime, sous une robe blanche et légère qui laissait entrevoir qu’elle ne portait aucun dessous.

    « Alors mon coco, on se détend enfin ? »

    Elle dégageait une sensualité à couper le souffle. Le cerveau ne savait plus où donner de la tête. Il cherchait l’interrupteur pour avoir plus de lumière. En vain !

    « Tu viens ? On a bien mieux à faire chez moi »

    Il aurait voulu reconnecter deux neurones pour lui dire de partir, qu’il ne pouvait la suivre, qu’il était déjà pris par une autre idée qu’il aimait, sa promise, son unique amour, enfin, il le croyait… jusqu’à cette apparition.
    Chaque connexion cramait comme des fusibles. Il était en ébullition, partagé entre, d’un côté fuir cette folie et de l’autre se laisser aller par l’excitation nouvelle.

    « Comment elle s’appelle ? »

    L’hémisphère gauche reprit ses esprits et balbutia : « Ma carrière ».

    « Elle est plus jolie que moi ? »

    Il réfléchit et répondit : « on doit se marier prochainement »

    « Regarde mes jambes, tu aimes mes jambes ? »

    L’hémisphère droit, sans un mot, rougit spontanément.

    « Oui, tu les aimes ! Et ma robe, tu l’aimes, ma robe ! »

    Le cerveau gauche lui fit aussitôt remarquer : « Mais il n’y a rien en dessous ! »

    Elle enleva sa robe et se présenta nue devant lui. Le cerveau droit, silencieux jusque là, se leva et interpella sa moitié :

    « Mais tu ne vois donc rien. Il y a tout, là… La beauté, l’amour et… la vie ! »

    Il ôta son blues et se jeta dans les bras de cette idée merveilleuse qui venait de le sortir de sa léthargie.

  10. Peggy dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle. Ce rapt aurait eu lieu au moment où des révolutionnaires venaient d’en terminer le « lavage «. Combien en avaient-ils « lessivé » depuis le début de la révolution ? Des centaines, des milliers, tous en bon ordre, adhérant aux mêmes idées nouvelles. Les idées folles s’accrochaient, se débattaient, mais au bout de quelques années d’un traitement spécifique le succès était garanti. Le cerveau devenait « raisonnable ».

    Une, une seule avait lutté envers et contre tout. Il fallait sauver au moins un cerveau. Cette fois-ci, elle choisit le plus intelligent, elle ne pouvait plus se permettre de risquer sa vie pour quelqu’un qui n’y comprendrait rien. Elle n’avait que deux ou trois secondes avant que la modification cognitive ne soit irréversible et qu’il ne se perde définitivement dans l’invasion des idées assénées de gré ou de force. Son plan était fin prêt. Il fallait être très vigilante pour que ce ne soit ni trop tôt ni trop tard. « Maintenant ! » se dit-elle.

    Le cerveau ressentit une sensation bizarre et ne comprit pas comment il réussissait encore à formuler une autre idée que celles inculquées depuis tant d’années. Mais ce qu’il comprit très vite était qu’il ne fallait pas penser mais AGIR.

    Mai 2012

  11. George Kassabgi dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle.
    Ce rapt aurait eu lieu au moment où ses yeux furent comme cloués devant sa maison de campagne, isolée, entourée de flames.
    C’est un désastre total. C’est aussi une aubaine à ne pas manquer. Ne pas intervenir, fut la première note de l’idée folle. Une seconde note s’ajouta avec force : que tout retombe en cendres. Ainsi, l’idée folle en deux notes se présenta en cri de liberté.
    Laisser croire que sa mort est inclue dans la destruction intégrale. Partir à pied dans la nuit sans laisser de traces. Inventer une nouvelle identité et se refaire une vie dans un village lointain. Il trouvera bien une solution pour manger, boire et dormir. Cela devrait être faisable. Et quelle récompense : en finir avec tout ceux qui empoisonnaient sa vie.

    Un cerveau a encore été pris par une idée folle.
    Ce rapt aurait eu lieu quelques mois plus tard alors qu’il se réveillait au milieu d’un cauchemard dans sa cabane de fortune. La paix s’est bien mais la paix tout le temps c’est enpoisonnant.

  12. éléonore dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle.
    Ce rapt aurait eu lieu au moment où…
    Justement elle se disait « ça suffit maintenant les délires, il faut peut-être redescendre sur terre ! »
    Oh ! non pitié pas sur terre, je t’en prie pas sur cette planète toute ratée,. Tu sais bien que rien ne fonctionne ! …
    Oui je sais… mais enfin pour le moment c’est ici-bas que ça se passe, et « il faut bien… et il est raisonnable de… et tu devrais . ».
    J’ai mal à la tête ! j’ai mal au ventre ! j’en ai assez de « il faut…, de raison…, de tu vois , les autres… » et puis d’abord , je suis folle, et n’en déplaise à mon cerveau gauche, je suis complètement folle et je revendique mes idées de folie !
    Mais fait un effort , tu dois continuer à vivre sur cette planète « pourri » pour un moment encore et il vaut mieux faire contre fortune bon cœur, enfin, c’est qu’on m’a appris.
    D’abord je n’ai pas bon cœur comme tu dis, et la mauvaise fortune j’en connais un bout sur la question
    Je veux sauter par la fenêtre, mais pas tomber ! je veux m’envoler chevaucher la folie toute frémissante, être happée par un vent furieux qui m’entraine dans des tourbillons de vie fulgurante, sortir de cette prison raisonnable qui me ficelle de « tu dois etc… »
    Chanter et rugir s’il faut briser cet enlisement « fonctionnel » je le ferai voler en morceaux
    Et dans chaque brisure se reflètera l’amour et la vie , la vraie vie celle qui vaut d’être vécu ne serai-ce que quelques secondes, mais vécues dans sa réalité d’amour.
    Oh ! mon idée folle , continue de nourrir ma passion ! sans elle je ne suis rien !

  13. gepy dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle.
    Ce rapt aurait eu lieu au moment où…
    les neurones, blindés de leurs synapses, sont intervenus. L’idée folle a très vite été encerclée et tétanisée par les « tasers » neuronales. Mais l’idée folle ( que nous appellerons … Idée) s’est dédoublée. Elle a fui dans l’hémisphère droit ; c’était trop risqué de rester dans l’hémisphère gauche ! Trop cartésien, un vrai piège !
    Les neurones, agacés et surchauffés par le haut commandement « ordre et discipline », ont essayé de la poursuivre mais voilà, la nuit est tombée et les activités cérébrales se sont provisoirement ralenties. Plus de lumière, difficile de progresser dans ces sillons d’insomnies ou de sommeil profond.
    Idée s’est alors caché dans un rêve. Une petite halte dans cette fuite, ça recharge la raison et ça éclaircit la vision ! Quelle imbécilité que de vouloir kidnapper un cerveau !
    Cette pause est de courte durée car arrive, au grand galop, une image noire : le cauchemar !
    Vite, filer dans les méandres du cerveau, atteindre le cervelet, surtout ne pas se laisser rattraper. Si Idée parvient à la moelle épinière, elle sera sauvée. Elle ne deviendra qu’une simple exécutante certes, mais elle sera vivante.
    Elle y est, elle y est presque ! Plus qu’une pensée à traverser et c’est gagné ! Vas-y, Idée, fais le grand saut et tu n’auras plus qu’à reproduire les mouvements orchestrés par la grande direction ! Une superbe planque pour toi qui est, en ce moment, en danger d’extermination !
    Plus besoin de penser, d’analyser que de la routine, de l‘inertie. Allez, lance-toi !
    Non mais ce n’est pas vrai ! Idée fait demi-tour, évite le cordon de neurones de l’hémisphère gauche et retourne dans le droit. Mais pourquoi ?
    Comment peut-elle se mettre en péril de cette façon ? C’est insensé !
    Folie désespérée ! Peur incontrôlée ! C’est peut-être sa façon de l’exprimer, ce face-à-face avec le danger !
    Etrange ce sourire en coin qu’elle dégage en se faufilant rapidement dans les villosités du cerveau !
    Elle éclate finalement de rire car elle a atteint son but.
    Elle est sauvée, elle est passée dans le territoire de l’imaginaire. Personne ne pourra plus la pourchasser : il faut un « Pass» pour y accéder et n’en sont munis que ceux qui ont, en eux, un grain de… Folie.
    Et pour cela, Idée est la Reine, la reine de la folle création alors que si elle avait fui jusque dans l‘orteil d‘un pied, la mycose locale l‘aurait paralysée à vie dans l‘immobilisme de l‘ennui. Quel dommage pour tous les créateurs et que de chômage pour les neurones cérébraux !
    Heureusement qu’elles sont nombreuses les petites Idées à divaguer ainsi, ça fleurit un peu notre quotidien !

    Gepy

  14. Smoreau dit :

    Bravo Ppierre ! Rendez vous samedi prochain !

  15. Françoise - Gare du Nord dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle. Ce rapt aurait eu lieu au moment où débutait le 1er conseil des ministres de l’ère Hollande.
    Les seules informations que nous possédons et qui sont nous ont été communiquées par une source proche de l’enquête précisent que le représentant du GIGN ne parvient pas à entamer les négociations tant les revendications de la preneuse d’otages demeureraient floues et extravagantes. L’identité de cette dernière n’a pour l’instant pas été révélée.
    Nous vous tiendrons informés de l’évolution de la situation.
    Flash spécial : nous venons d’être avisés que la responsable de la prise d’otages dont l’identité nous a enfin été révélée s’est rendue aux autorités. Il s’agit d’une idée issue des milieux syndicalistes extrémistes, plus précisément de la mouvance CGT, qu’elle dut pourtant quitter en raison de son comportement incontrôlable.
    A l’origine modérée (elle souhaitait le retour du départ à la retraite à 60 ans) elle s’orienta rapidement vers des prises de positions saugrenues, en prônant le départ à la retraite à 50 ans, après son adhésion au Parti de Gauche. Mais le leader de ce parti, qualifiant cette proposition de loufoque, choisit de l’exclure.
    C’est vraisemblablement devant le refus des instances politiques et syndicales de l’accepter, qu’elle décida de prendre possession en force du cerveau du ministre du Travail. Cependant, au fil des heures que dura la prise d’otages et comme cela s’est maintes fois produit, le syndrome de Stockholm se mit en place et l’idée pénétra sans violence ni pression dans tous les cerveaux socialistes présents.
    Une dernière précision : les analystes politiques se perdent en conjectures et se montrent circonspects voire pessimistes quant à l’avenir du pays dont les responsables viennent de décider du départ à la retraite à 40 ans.

  16. PPierre dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle.
    Ce rapt aurait eu lieu au moment où il achevait la lecture du portrait, en quatrième de couverture de Libération. Il aimait le travail de cette artiste, ses textes, ses musiques, bien sûr, mais il l’aimait aussi elle, la chanteuse, la femme. Il allait le lui dire, la trouver dans sa loge à la fin d’un concert. Non, elle serait exténuée, entourée d’adorateurs avec qui elle le confondrait, alors que son amour n’avait rien de commun avec l’engouement éphémère de ces groupies. Il ne cherchait pas un autographe. Non, il guetterait sa prochaine participation à une émission de radio. Son bureau avoisinait le quartier des grandes stations privées qui l’inviteraient pour son prochain album. Il suffirait d’éplucher les grilles des programmes pour la débusquer. Il la croiserait, lui proposerait un café pour avoir le temps de tout lui expliquer.
    Mais comment savoir à quelle heure elle quitterait la rue Bayard ou l’avenue François Ier ? Les émissions s’enregistrent, de nos jours. Voilà que ses plans s’effondraient en même temps que la magie du direct. Lorsque la chaîne annoncerait la diffusion d’un entretien avec la chanteuse, ne serait-il pas trop tard ?
    Dénicher son adresse et sonner à sa porte. Se lier d’amitié avec l’un de ses musiciens. Devenir l’amant de sa meilleure amie. Il n’avait rien arrêté lorsque le métro arriva à Franklin Roosevelt. Il plia le journal en quatre, le rangea dans la poche de son imperméable et descendit de la voiture. Que son patron ne s’attende pas à des propositions audacieuses aujourd’hui, il passerait sa journée à affiner son plan d’action personnel.

  17. Smoreau dit :

    Un cerveau a encore été pris en otage par une idée folle.
    Ce rapt aurait eu lieu au moment où il prenait le bus. Le 28, le même depuis 28 ans. Même bus, même horaire, même place (celle au fond à droite) et même trajet bien sûr. Paul ne dérogeait pas. Il était à dominante rationnelle lui avait dit son astrologue. Il était pour la ponctualité, la politesse, l’honnêteté, la propreté. Ce matin-là, un petit vent espiègle soufflait sur la ville. Coincé entre son parapluie noire et sa sacoche de cuir, Paul n’y prêta pas attention. Il releva juste le col de son imperméable beige pour s’en protéger. Mais l’Idée s’insinuait…
    Une idée folle… « Non ! Cesse ! Va-t-en ! Je n’ai pas le temps. Je ne suis pas d’humeur. » Elle insistait. Elle usait de tous ses pouvoirs. Elle utilisait l’imagination gustative de Paul. Il sentait déjà le goût du café sur la langue. L’idée s’infiltrait doucement lui suggérant même l’odeur du croissant. Paul, l’expert comptable sérieux, résistait de tous ses neurones. Il organisait sa matinée : plan comptable, bilan et expertises. Il sentait maintenant la chaleur du soleil sur son visage.
    « Descends, à la station Pont des arts. Fais une folie ! Allez pour une fois. Attable toi au café, la place du coin au soleil celle que tu regardes avec envie chaque matin depuis 28 ans. Commande un café et un croissant. Hume le vent du matin, profite du présent, cadeau de la vie. »
    Paul, n’y tenant plus, appuya sur le bouton du bus. S’élança sans se donner le temps de réfléchir jusqu’au bistrot, son cerveau pris en otage.

  18. Fred Nache dit :

    sa colère enflait démesurément à la suite d’un reproche éructé par la patronne:
    « tu as encore mal rangé les stocks. Il y a des produits à la mauvaise place. Va regarder dans la rangée K les KV1214. Mais tu es bête ou quoi? »
    Il alla voir et effectivement, se rendit compte qu’il avait mal placé les jouets en mélangeant des poupées avec des bateaux mais quand tout le matériel est en boîte et qu’on ne voit que des codes pour aider à ranger, il est bien facile d’intervertir deux lettres. Sa fâcherie se transformait en haine:
    « Ce n’est pas une raison pour m’insulter devant tout le personnel. J’en ai assez d’elle. Si je suis tellement bête, je peux bien faire une erreur en conduisant le charriot élévateur. Je ne m’arrête pas à temps et le bout de la palette vient percuter son mollet. Aie, aie, aie va t’elle dire avec une jambe cassée. »
    « Oh, excusez moi patronne, c’est un accident. C’est si facile à simuler et que peut-elle contre moi. C’est juste un accident du travail. »
    Ces idées n’arrêtaient pas de lui trotter dans la tête et toute la journée il y pensa. Son esprit était complètement pris en otage par l’envie d’appliquer ce plan. Il plaça son charriot dans une allée en attendant qu’elle passe. C’est après quinze minutes d’attente que Nadine vint le voir. Elle semblait avoir deviné ses intentions:
    « Tu sais, faut pas croire qu’elle est méchante. C’est juste qu’elle s’énerve parce que sa boîte est en déficit et va peut-être bientôt couler. Moi, j’ai fait ton boulot avant et je me trompais souvent et elle m’enguelait aussi et après on allait prendre un café ensemble et c’est tout juste si elle ne se mettait pas à chialer. Invite la prendre un café et dis lui gentiment ce que tu as sur le coeur et tu verras qu’elle va s’excuser. »
    « Merci d’être venue me voir. C’est l’heure de la pose. Veux tu un café? »
    Et sur ce son cerveau oublia la patrone, les ennuis et se mit à rêver de vacances avec Nadine. Pourquoi pas?

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