Exercice inédit d’écriture créative 72

Un chasseur de coeurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
La victime, dont on ignore l’identité

Inventez la suite de ce fait divers

18 Responses

  1. Clémence dit :

    Un chasseur de cœurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin. La victime, dont on ignore l’identité…

    AVERTISSEMENT AU LECTEUR.
    Si vous éprouvez quelques doutes au fil de cette exceptionnellement longue lecture ,ne dramatisez pas. Je peux vous rassurer sur le bon état de votre vue et sur l’intégralité de vos compétences en lecture.

    Dans deux régions diamétralement opposées du monde, deux chasseurs de cœurs ont été blessés. Je suis la seule à connaître cette concomitance, mais je tiens à partager le scoop avec vous !

    Les deux enquêtes se déroulent donc indépendamment l’une de l’autre.

    Premier épisode.

    A proximité du Cours Si Valenti, sous le Tropique du Cancer, non loin de la Côte du Pacifique , un homme a été trouvé grièvement blessé, à proximité d’un banc public.
    Il était vêtu d’un large pantalon noir, d’une chemise sans col. Ses mains laissent penser qu’il doit s’agir d’un travailleur manuel car, bien que fines, elles sont marquées de cals et les ongles sont noirs de terre.
    Des avis de recherche, avec portrait et offre de récompense, sont placardés dans les rues chinoises et font appel à la population.

    Après de longs mois, l’enquête piétine toujours. Aucun indice tangible n’est apparu afin d’orienter les recherches. L’homme n’a toujours pas repris connaissance.

    Deuxième épisode.

    A l’autre bout du monde, sous le Tropique du Capricorne, en bordure de l’Océan Atlantique, un homme a été trouvé grièvement blessé, aux pieds d’un banc public. La découverte a eu lieu à proximité de la Praça Santo Valentino.
    Il était vêtu d’un short couleur brique, d’une chemise à fleurs. Ses mains laissent penser que c’est un travailleur manuel car elles sont larges et calleuses.
    Des avis de recherche, avec portrait et offre de récompense, sont placardés dans les rues brésiliennes et font appel à la population.

    Après de longs mois, l’enquête piétine toujours. Aucun indice tangible n’est apparu afin d’orienter les recherches. L’homme n’a toujours pas repris connaissance.

    Les recherches furent abandonnées pareillement. Il s’en fallut de peu que l’on ne reparlât plus de ces deux faits divers, ayant eu lieu tous les deux, en été.

    Troisième épisode.

    Quelque part à Londres, dans un bâtiment vétuste de la Police de sa Majesté, Hector Nonstop était fêté par ses collègues pour son admission à la retraite.
    On lui offrit une enveloppe.
    – Je reconnais bien là leur pingrerie, pensa-t-il en leur offrant un sourire digne d’une publicité pour une pâte dentifrice…
    Il fut surpris lorsqu’il ouvrit l’enveloppe : une pâle imitation de billet d’avion sur lequel avait été écrit à la hâte « Tour du Monde »
    – C’est une blague d’un goût amer, pensa-t-il à nouveau ; mais il sourit, trouvant l’idée géniale.

    C’est alors que la « petite dernière » de l’équipe prit la parole. Elle était émue mais parvint à dire, au nom de tous, combien ils avaient été heureux de travailler avec lui.
    Puis, ce fut un joyeux brouhaha de rires, et de larmes. Un des collègues d’Hector s’approcha de lui, le prit par le coude et l’emmena à l’écart.
    – Mon vieux, ne fait pas cette tête. C’est vrai que tu nous quittes, que le travail te manquera, mais ce billet n’est pas une blague. Regarde à l’arrière, il y a l’adresse d’une agence de voyage sérieuse. Tu t’y rendras et tu verras que ton équipe n’est pas ingrate.

    La fête finie, Hector remercia tout un chacun et se rendit à l’agence de voyage. Effectivement, deux magnifiques séjours avaient été réservés et payés. Hector était ébloui.
    Un, en Chine. Destination qui avait toujours fait rêver Hector.
    L’autre, au Brésil. Pays du football et de la Samba. Un autre de ses rêves.

    PREMIER SÉJOUR, quelque part en Chine, dans un hôtel étoilé à proximité du Cours Si Valenti.
    En rangeant son linge de corps, Hector découvrit au fond d’un tiroir, un papier jauni, plié en quatre. Un avis de recherche.
    L’affaire était tentante. Hector s’en saisit et ne la lâcha plus.
    Sur fonds propres, il prolongea son séjour.
    D’indices en découvertes, de présomptions en certitudes il résolut cette affaire initialement classée sans suite. Il en fit part au jeune chef de la Police. Ce dernier, qui avait un « compte à régler » avec son indigne prédécesseur, se fit un plaisir d’ameuter les médias. Il distilla les détails sans parcimonie , mais à bon escient….

    Journal local.
    «  L’inconnu, trouvé grièvement blessé à proximité du Cours Si Valenti, est décédé. Il a cependant été identifié, grâce à la ténacité d’un jeune chef de Police. Celui-ci a finement analysé le peu d’indices , mais il a fait preuve d’une imagination créatrice exceptionnelle.
    L’affaire se résume en quelques mots. L’inconnu, fleuriste de profession, tentait une expérience sur une belle pante appelée « Cœur de Marie ». A son corps défendant, elle n’a pas supporté que l’on s’en prenne à son cœur et qu’on la trahisse dans son intégralité. Elle fit appel à son ami de toujours, Papa Pavot. Ensembles, ils concoctèrent une arme perfide : un soupçon « insoupçonnable » d’alcaloïde étalé sur le couteau à tout faire du fleuriste.
    Nous vous laissons imaginer l’altercation et la suite qui lui fut fatale.
    La belle plante continue son épanouissement en une floraison généreuse.

    DEUXIÈME SÉJOUR, quelque part au Brésil, dans un hôtel étoilé à proximité de la Praça Santo Valentino.
    En rangeant ses costumes de lin, Hector découvrit dans le fond du dressing, un papier jauni, plié en quatre. Un avis de recherche.
    L’affaire était tentante. Hector s’en saisit et ne la lâcha plus.
    Sur fonds propres, il prolongea son séjour.
    D’indices en découvertes, de présomptions en certitudes il résolut cette affaire initialement classée sans suite. Il en fit part au jeune chef de la Police. Ce dernier, qui avait un « compte à régler » avec son indigne prédécesseur, se fit un plaisir d’ameuter les médias. Il distilla sans parcimonie , mais à bon escient….

    Journal local.
    «  L’inconnu, trouvé grièvement blessé à proximité de la Praça Santo Valentini, est décédé. Il a cependant été identifié, grâce à la ténacité d’un jeune chef de Police. Celui-ci a finement analysé le peu d’indices , mais il a fait preuve d’une imagination créatrice exceptionnelle.
    L’affaire se résume en quelques mots. L’inconnu, agriculteur en palmiers, tentait de soudoyer une belle et jeune héritière afin de lui subtiliser son cœur et un gigantesque domaine boisé. Se rendant compte de la supercherie et de la félonie, l’héritière n’a pas supporté que l’on s’en prenne à son cœur. Elle fit appel à son ami de toujours, Papa Doc Curare. Ensembles, ils concoctèrent une arme perfide : un soupçon « insoupçonnable » étalé sur le couteau à tout faire du bouffon.
    Nous vous laissons imaginer l’altercation et la suite qui lui fut fatale.
    L’héritière survécu et se réfugia à l’orée de sa forêt, dans un zome dont l’architecture était en parfaite harmonie avec les lieux.

    Ainsi, le quatorze février de cette année de grâce, se termina l’aventure d’Hector. De retour dans la City, il rendit visite à ses anciens collègues et leur relata ses deux voyages inoubliables.

    Ceux-ci l’écoutèrent avec ravissement, tantôt riant aux éclats, tantôt graves. Il leur offrit des boîtes de cœurs de palmiers du Brésil (certifiés et autorisés) ainsi qu’un sachet empli de bulbes de Coeur de Marie.

    Laissant exploser leurs émotions, ils s’écrièrent en chœur:

    «  Hector, tu me fends le cœur… »

  2. Gwenaëlle dit :

    Un chasseur de coeurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
    La victime, dont on ignore l’identité, à été opéré à cœur ouvert, mais ses jours ne sont plus en danger.. 
    Il s’était donné à cœur perdu dans cette aventure. Trouver des donneurs de cœur pour sauver ces personnes en équilibre sur le fil de leur vie. Il avait le cœur sur la main, toute son énergie allait vers les autres, vers ces enfants, vivant, le cœur au bord des lèvres, dans un léger souffle de vie.. Pourquoi  était-il là aujourd’hui ? Sa démarche était délicate, c’est sûr. Mais il la prenait à cœur, avec délicatesse, et elle avait permis de redonner l’espoir, l’espoir de la vie avec un grand ‘V’.  Aborder une famille dans la détresse de la perte de l’être cher était un arrache cœur, mais il fallait le faire, le faire vite mais tout doucement dans les mots, pour espérer relancer la vie ailleurs. Ce papa n’avait pas supporté et il avait mis tout son malheur dans cet acte désespéré. Il ne porterait pas plainte. Il avait le cœur gros mais il avait grand cœur. Il pardonnait à la nature humaine, et une fois remis, il reprendrait sa place de chasseur de cœurs !

    © Gwenaëlle Joly

  3. Smoreau dit :

    Hello Cyril et Julie ! je vous ai reconnus. Bravo !
    Faites vos gammes tous les samedis et vous verrez…
    Amicalement
    Sylv’

  4. Trouvé dit :

    Un chasseur de coeurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
    La victime, dont on ignore l’identité, s’est laissé avoir comme un bleu. Il a eu mal, hier, à tel point qu’il en a rougi de honte. Son sang n’a fait qu’un tour. Il faut les chasser ces coeurs, hors d’ici! Pourquoi vouloir à tout prix mettre du coeur à l’ouvrage, du coeur à l’amour? Pour preuve, dès qu’on s’y attarde un peu, même pour les renvoyer loin d’ici, on s’en prend un en pleine figure… C’est que c’est vivant ces p’tites choses là…

  5. Pascal Perrat dit :

    Bonjour à toutes et à tous
    La qualité de vos textes m’a réjoui, leur originalité aussi.
    Je ne pensais pas que cet exercice, que j’ai créé rapidement, allait si bien aiguillonner votre créativité.
    Merci

  6. Cyril dit :

    Un chasseur de coeurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
    La victime, dont on ignore l’identité a trouvé refuge dans le château du bonheur retrouvé. Assis, il pense encore à Elle. Il panse ses blessures. Des pas murmurent de l’autre côté de la grande porte en bois. L’immense ouverture cède sa place à une large lumière blanche. Une silhouette se distingue. La voilà. Madeleine. Elle a apporté ses lilas. Elle vient du tram33. Je ne l’attendais plus cette semaine. Et pourtant. Elle est là.

    Elle est tellement jolie
    Elle est tellement tout ça
    Elle est toute ma vie
    Madeleine qui arrive là…

  7. Smoreau dit :

    Que de bonnes idées…

  8. Jp Carabin dit :

    Un chasseur de cœurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
    La victime, dont on ignore l’identité gisait dans une mare d’amour.
    Marre d’amours ? Ou tentative d’élimination ?
    Des ecchymoses dans le regard permettent aux enquêteurs de pencher pour cette hypothèse.
    Un bleu à l’âme laisse aussi penser à un coup de foudre.
    Rien dans les poches du blessé toujours inanimé sinon des SMS qui coulent de son portable. Des mots de rupture, des phrases de fin, des reproches sans fin, des mots qui tuent.
    Les enquêteurs font très vite le rapprochement avec un évènement similaire datant de la veille, au même endroit.
    Le malheureux n’avait pas survécu. L’analyse toxicologique avait révélé une importante dose de phéromones toxiques, probablement inhalées lors d’une conversation criminelle.
    Il a été décidé de boucler le cours St Valentin, cours singulier des amours mortelles. Seuls des égoïstes sans cœur sont autorisés à enquêter. La rue est pleine.

  9. Un chasseur de cœurs a été blessé hier cours Saint Valentin. La victime dont on ignore l’identité a été admise à l’hôpital ‘’’Creve-cœur’’ . Un communiqué des médecins indique que le blessé va mal , il aurait le cœur brisé! Une pathologie encore jamais rencontrée jusqu’à maintenant!
    Le meilleur ami du patient est arrivé. ‘’’Un bourreau des cœurs au cœur d’artichaut qui enchainait les conquêtes’’, a-t-il déclaré. Ceci nous éclaire un peu plus sur la personnalité de la victime.
    Roméo c’est ainsi que ce nomme le jeune homme, lui avait vidé son cœur il y a peu. Depuis qu’il avait rencontré Juliette, il n’était plus le même. Elle lui avait donné rendez-vous ce samedi matin cours Saint Valentin devant l’église, son cœur était gonflé d’espoir. Il l’avait vu partir le cœur léger!
    Il est vrai que son cœur s’enflammait souvent , ajouta-t-il, mais cette fois avec Juliette c’était différent! Pas question de la faire souffrir, il était sûr d’avoir gagné son cœur. Elle avait su fait battre son cœur comme jamais auparavant. Depuis quelque temps il avait l’air sur un petit nuage!
    L’ami de Roméo ne semble pas au courant du drame lui-même. Roméo s’est pris les pieds dans la traîne d’une robe de mariée. Juliette ainsi que se nomme la jeune mariée, a dit avoir croisé le regard étonné de ce jeune homme lorsqu’il est tombé , mais a affirmé ne pas le connaître!.
    Le pronostique des médecins est aujourd’hui réservé. Si Roméo devait s’en sortir, il lui faudra donc faire contre mauvaise fortune bon cœur!
    Geneviève Tavernier

  10. gepy dit :

    Flash de dernière minute, rubrique fait divers:

    Un chasseur de cœurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
    La victime, dont on ignore l’identité, a disparu. Il ne s’est pas présenté à son travail ce jour, et est absent de son domicile, comme s’il avait déménagé soudainement. Aucune personne proche de son entourage n’a de ses nouvelles. Il s‘est volatilisé.
    Il semblerait, d’après des sources policières, que nous ayons affaire au même agresseur que l’année dernière.
    En effet, un excellent chasseur de cœurs, dont la réputation n’était plus à prouver, a soudainement disparu comme notre victime de cette année.
    D’après notre propre enquête, la blessure aurait été faite par une rose. Peut-être s’est- il empoisonné avec une épine de cette rose.
    Mais tout porte à croire que cette information serait incomplète voire inexacte.

    D’après des témoins qui ont accepté de nous parler, le chasseur de cœurs se serait écrié, en touchant la rose tendue par une superbe femme, : « Aïe » et aurait pris la fuite comme s’il avait vu son propre reflet dans cette fleur couleur rouge de vie.
    D’après la police, le descriptif de la femme en question ne correspondrait pas à celui de l’an passé, ce qui est assez troublant. Peut-être était-elle déguisée. Seule l’enquête en cours pourra répondre à cette question.

    Nous ignorons si cette créature féminine réapparaîtra l’année prochaine mais ce qui est sûr c’est que le ministère de l’amour prend cette disparition très au sérieux et heureusement pour nous.

    D’après un représentant de ce ministère dont nous garderons le nom secret, de nombreuses disparitions de chasseurs de cœurs ont été répertoriés depuis la nuit des temps ; au Moyen-âge, où l’on se transmettait des « billets doux » dans la haute société ou des choux dans la populace, toujours cours Saint-valentin et toujours à cette même date du 14 février.
    Il y aurait eu aussi, toujours d’après ce représentant ministériel, à une époque non dévoilée, des élevages de cigognes pour fêter cette grande occasion.
    Quelle drôle d’idée que d’offrir une cigogne à un homme ! On se demande à quelle époque cette coutume pouvait bien se pratiquer. Si ce renseignement ne venait pas du ministère de l’amour, on pourrait penser à une affabulation.

    Chasseur de cœurs serait-il une profession à risque ? Y aurait-il une vengeance d’un Adam trompé ou d’une Eve déçue ? Une secte inconnue jusqu’alors ferait-elle son œuvre depuis des centaines d’années dans le plus grand des secrets ? Serait-ce une affaire d’ordre personnel ?
    En tout cas, la disparition de tous ces chasseurs de cœurs se ferait toujours selon le même schéma : la femme présente son cadeau à l’homme et celui-ci disparait de la circulation à tout jamais, laissant derrière lui une femme désespérée, elle aussi, à tout jamais.

    Nous sommes retournés cours Saint Valentin aujourd’hui. Elle était déserte. Aucun couple d’amoureux dans les parages, peut-être préfèrent-ils oublier cet
    embarrassant fait ou se sentent-ils de future victime.

    La police fait appel à tout témoignage pouvant faire avancer leurs investigations.
    Quant au ministère de l’amour , il demande à chacun d’entre nous et plus particulièrement aux chasseurs de cœurs, d’être extrêmement vigilant dans toutes nos relations amoureuses.
    Ne soyez pas, vous aussi, des victimes de la cour Saint Valentin.
    Sortez prévenu.

    Nous ne pouvons cependant nous empêcher de vous faire part de notre sentiment en tant que journaliste: nous pensons effectivement que la police, tout comme le ministère de l’amour, cache une certaine vérité au grand public et que cette enquête est beaucoup plus avancée qu’on nous laisse le croire.
    Voilà actuellement les informations dont nous disposons et ne manquerons pas de vous transmettre tous nouveaux éléments concernant cette mystérieuse affaire.

    Fin de notre flash info.

    Gepy

  11. Halima BELGHITI dit :

    Très chouette ton papier Alfred. Drôle et attendrissant. J’ai bien aimé.

  12. Halima BELGHITI dit :

    Un chasseur de cœurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin. La victime, dont on ignore l’identité, est une jeune femme d’une quarantaine d’années qui habite le quartier. La police soupçonne un règlement de comptes. C’est en tout cas, la conclusion à laquelle celle-ci était parvenue concernant les autres cas d’agression. En effet, c’est le quatrième chasseur de cœurs blessé dans le voisinage depuis le début de l’année. Le dernier en date, fut retrouvé, il y a deux semaines, la mâchoire brisée, rue du 14 février à deux pas du cours Saint Valentin. A cœur-ouvert, il avait confié sa mésaventure aux forces de l’ordre. Le quartier des Batifolles est bouleversé. L’amour semble de plus en plus compromis et les bordiers craignent une pénurie de cœurs libres dans les prochains mois.

    Devant l’échec cuisant des sites de rencontres et autres agences matrimoniales, le nombre de « professionnels de la recherche amoureuse » ou chasseurs de cœurs augmente de façon exponentielle. Il faut dire que la demande est, elle aussi, croissante. « Les candidat[e]s à l’amour devraient recourir à des agences structurées, se lamente Isabelle Velue, directrice de l’agence matrimoniale Accroche-Cœurs. Faire appel à un free-lance n’est pas un gage supérieur de réussite »
    Si l’on sollicite de plus en plus de chasseurs de cœur indépendants, c’est parce que leur service est très personnalisé. Ils sont mandatés pour trouver un cœur à prendre qui convienne parfaitement aux attentes du cœur solitaire qui a fait appel à leurs services. Certains d’ailleurs, ne sont payés qu’une fois les deux cœurs réunis. D’autres travaillent au forfait, et d’autres encore à la commission.  » C’est un métier éminemment masculin, commente l’inspecteur Désiré, chargé de l’enquête. Les trois autres cas d’agression concernaient des hommes qui n’avaient pas rempli correctement leurs missions envers leurs mandataires. Le cœur gros, ceux-ci s’en étaient pris au chasseur de cœur. Mais ce qui est nouveau, cette fois, c’est que le chasseur de coeur est une femme. J’ai le cœur tout retourné par ce qui est lui est arrivé. A nous de comprendre ce qu’il s’est passé » conclue-t-il.

    Reste en effet à déterminer l’identité de la victime et le motif de son agression. Blessée juste au dessous du cœur, elle a été transportée d’urgence à l’hôpital le plus proche. Qui l’a agressé ? Le cœur esseulé ou le cœur courtisé ? En attendant la fin de l’enquête de police, les ragots vont bon train. Au café Aphrodite, le plus populaire du quartier, les riverains, le cœur sur la main, la soupçonnent de s’être jetée à cœur perdu dans une mission casse-cou. « Je sais par cœur ce qu’il s’est passé, raconte Marcel le patron du café. J’en ai un haut-le cœur rien que d’y penser ». Tous suspectent un cœur tendre qui serait, elle-même, tombée amoureuse du cœur à prendre et donc trahi le cœur brisé.

    Il semble que, dans cette profession, le coup de cœur ne pardonne pas. Le tribunal des affaires de cœur aura fort à faire pour démêler cet invraisemblable imbroglio sentimental. A suivre.

    Halima BELGHITI pour Vénus Press

  13. Hazem dit :

    Un chasseur de coeurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
La victime, dont on ignorait l’identité était jusque ce soir dans un coma profond à l’hôpital Point de suture.
    L’étonnement, dans notre affaire, venait en premier lieu qu’une telle blessure ait pu provoquer un coma de stade 3. Docteur Coração, interne aux urgences, a déclaré : « Je ne comprend pas qu’une simple entaille, occasionnée par une lame fine et de petite taille à en juger par la plaie, plonge un homme en parfaite condition physique en stade 3… ».
    En second, les autorités n’ont ni retrouvé l’agresseur, ni le projectile. Parmi la foule présente au cours Saint Valentin en ce soir des amourettes, nul n’a vu quoi que ce soit ! L’homme inconnu de la justice, défini comme charmant selon tous et bienfaiteur durant ses heures libres, ne possédait aucun ennemi…
    Deux mystères ! Un homme dans le coma, nous ne savons expliquer comment. Un homme sans histoires attaqué sans raison. Intriguant ! mais le plus grand mystère et celui-ci :
    M. Harte s’est réveillé en début de soirée mystérieusement, ou presque… Une femme, Mlle Neve, s’est portée à son chevet en début d’après-midi. Il s’avère qu’elle avait rendez-vous avec le comateux hier et s’en était allée le coeur en miette de n’avoir pu le rencontrer pour la première fois. La demoiselle, avec laquelle M. Heart entretenait une relation épistolaire de longue date, a pleuré son amant de mots durant plusieurs heures en lui lisant des vers de Montesquieu. Devant l’obligation de partir, elle a succombé à son désir de lui voler un baiser.
    Vous devinerez la suite : un vrai conte de fées !

  14. Alfred dit :

    Un chasseur de coeurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
    La victime, dont on ignore l’identité, aurait déclaré : « Je nettoyais mon arc et le coup est parti ». L’individu a été retrouvé inanimé, une flèche plantée dans le pied. Selon des sources bien informées, ses antécédents lui auraient déjà valu un retrait de licence de vol et le bruit court qu’il n’aurait récupéré son permis de port d’arc que quelques heures avant l’incident. Après plusieurs « ratés » retentissants, sa hiérarchie avait décidé de le suspendre. « Pas assez dans les nuages, trop terre à terre » c’est en ces termes que l’on parle de lui parmi ses collègues zélés.
    Certaines mésalliances célèbres lui sont attribuées, telle l’union de la Reine Victoria et son serviteur John Brown mais aussi l’invraisemblable attrait qui poussa le Prince Charmant vers une Cendrillon de basse extraction ou plus récemment l’inexplicable rencontre entre Nicolas et Carla.
    Être ivre de Dieu ne peut tout justifier ni tout excuser, il est temps de revenir à l’oraison et un petit séjour derrière les barreaux pourrait certainement s’avérer salutaire. C’est du moins ce que réclame la vindicte populaire. « La justice ne peut pas laisser en liberté un oiseau pareil qui risque de jeter nos filles dans les bras du premier Quasimodo qui passe » témoigne une mère de famille inquiète et on peut la comprendre. « S’il est relâché, je sais ce qu’il me reste à faire… » rajoute un homme en tenue camouflée « la chasse au gibier à plume sera ouverte ! » rajoute-t-il, déclenchant des applaudissements.
    Les chasseurs de cœurs qui libèrent ces derniers de leur torpeur effraient la population qui réclame des mesures. Il serait d’ores et déjà question de généraliser l’implantation de détecteurs de plumes d’anges chez les populations à risque. Rappelons que ces appareils déploient instantanément un blindage cardiaque à toute épreuve qu’il s’agisse de flèches ou bien de coups de foudre. Mais on est en droit de se poser la question de l’efficacité de telles mesures lorsque les chasseurs de cœurs bénéficient systématiquement de l’impunité que leur confère leur relation privilégiée avec les plus hautes sphères du pouvoir…

  15. Smoreau dit :

    Un chasseur de coeurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
    La victime, dont on ignore l’identité, habitait au coeur de la ville, Saint Amour.
    A coeur ouvert, ses proches interrogés ont tous affirmé qu’il avait le coeur gros depuis quelques temps. Le coeur sur la main depuis son enfance, il trainait son coeur d’artichaud en cherchant son âme soeur.
    Le journaliste, à la rubrique courrier du coeur, voulut en avoir le coeur net.
    Il enquêta et il apprit :
    Au coeur de l’hiver, le 14 février exactement, Cupidon envoya sa flèche. Notre chasseur de coeur, prénommé Aimé, tomba raide amoureux !

  16. JM Durand (alias Jean de Marque) dit :

    Un chasseur de coeurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin. La victime, dont on ignore l’identité paraît chercher la discrétion. Il semblerait, d’après les compagnons de battue que l’homme avait tenté d’aligner une poule qui l’avait élégamment plumé. Lors de cette chasse à courre de la Saint Valentin, cherchant à coincer la bête malfaisante dans un fourré, il se serait fait un croc en jambe et tiré un coup (de fusil) dans le pied. S’étant fait, par ailleurs, traité de dindon par l’un de ses camarades de jeu, il se serait réfugié dans une hutte. Au président de l’associatioin, »les joyeux taïaut », venu pour négocier, il aurait déclaré: « Je n’en sortirai que par la force des arquebuses ». Cette dernière réplique nous laisse penser clairement qu’l s’agirait du sieur Dupont des Soupirs, notoire spécialiste des armes à feu du 15 ème siècle (arquebuse, de l’italien archibugio) et trousseur de jupons renommée dans son quartier.
    A l’heure actuelle, nous n’avons pas de nouvelles du forcené. Son épouse, rencontrée dans le cadre d’un stage « Cocue mais digne » n’a pas souhaité commenter l’incident.

  17. Maryvonne Aymé dit :

    Un chasseur de cœurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
    La victime, dont on ignore l’identité a été foudroyée d’un regard si clair qu’aucun témoin n’a pu l’identifier à l’heure ou nous imprimons ces lignes. La Police sur le terrain enquête depuis l’aube. Un troublant regard erre encore et s’apprêterait à faire de nouvelles victimes. En effet, ce dernier événement ressemble à s’y méprendre à ceux des jours derniers. La piste du sérial lover n’est pas écartée. Le quartier est en émoi. Cependant la population fait confiance aux forces de l’ordre pour maintenir la sécurité en ville. L’amour ne vaincra pas.

  18. Laurenced dit :

    Un chasseur de coeurs a encore été blessé, hier, cours Saint Valentin.
    La victime, dont on ignore l’identité était un grand gaillard d’un mètre quatre vingt. La flèche est arrivée droit au coeur sans faire de détour.
    Elle avait de grands yeux verts et des cils à tomber. Et il est tombé. A la renverse, sur le trottoir. Le chasseur pourtant bien rôdé aux techniques d’attrape filles n’a rien vu venir. Sa proie était là, droite et fine, laissant paraitre de belles formes. Le chasseur observait le dos du félin.
    Quand la proie s’est retournée vers lui, la flèche est partie, nette, sans bruit.
    Cruel jeu…. la proie n’est pas toujours celle que l’on croit.

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