Exercice inédit d’écriture créative 34

Elle (il) ouvrit son journal intime.
Des algues avaient envahi les pages, jusqu’à la marge.
L’encre était devenue verdâtre et des phrases gluantes
pataugeaient dans une sorte de mélasse.
Elle (il) tenta de se relire.

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7 Responses

  1. Clémence dit :

    Il ouvrit son journal intime. Des algues avaient envahi les pages, jusqu’à la marge. L’encre était devenue verdâtre et des phrases gluantes pataugeaient dans une sorte de mélasse. Il tenta de se relire…..

    Il avait beaucoup de mal à se relire. Non que les algues avaient envahi les pages, que l’encre était devenue verdâtre et que les phrases gluantes pataugeaient dans la mélasse, mais parce que ses yeux étaient si fatigués que le bleu en était délavé.

    Il savait également qu’il éprouverait des difficultés car certaines pages étaient complètement agglutinées, irrémédiablement collées.

    Avec persévérance cependant, il tenta d’établir une connexion cohérente entre ses souvenirs et les quelques mots encore lisibles.

    Lundi…..
    A la lecture des tablettes, j’ai la ferme conviction que je vais devoir relever mes manches et que je serai seul pour cette tâche. Personne ne voudra croire en ce projet. Projet imposé par la Haute Autorité.

    Quelques pages plus loin…
    Mercredi…
    Le planning me donne de plus en plus de difficultés vu l’ampleur et la diversité des actions à coordonner….

    Un bloc de feuillets plus loin…
    Vendredi…
    J’ai réquisitionné quelques artisans qui croient – ou font semblant de croire – au projet et apportent l’aide de leurs gros bras. Les outils dont je dispose se sont révélés inadaptés. Je vais devoir faire appel à d’autres artisans. Cela nécessitera encore du temps et de l’argent. Je pourrais avoir recours au troc, c’est une piste à creuser. Je crains de ne pas être prêt pour la date fatidique….

    Lundi…
    Le projet avance bien. Le travail du bois touche à sa fin. Parallèlement, j’ai pensé à l’intendance. Elle se révèle également très difficile. Je dois essentiellement miser sur des denrées à conservation longue et sûre. Pas question que la moindre maladie ne vienne détruire mon projet.

    Mardi…
    Le temps passe de plus en plus vite. Les personnes qui s’intéressaient à mon projet, sans pour autant participer ou adhérer, s’éloignent de plus en plus de moi. Je n’ai plus de soutien, je n’ai plus de réconfort, ou si peu…

    Mercredi…
    Une troupe de nomades passait par là. Des gens affamés et épuisés. Je leur ai offert de la nourriture, un abri, un peu de sécurité. Il me sont reconnaissants et me demandent comment ils peuvent m’aider. Je ne sais pas si je peux leur faire confiance et leur révéler le projet. La nuit vient, je l’attends, elle me portera conseil….

    Jeudi.
    Je prends le risque de leur faire part du projet. Ils trouvent l’idée audacieuse, jouable, parsemée d’un grain de folie. Mais ils acceptent de m’aider…

    Vendredi…
    Un planning est dressé. Les lieux , les participants et les recherches qui doivent absolument aboutir. La tâche est gigantesque, titanesque….Chacun est convaincu de réussir.

    Un bloc de feuillets coagulés plus loin…
    Nous avançons. Je ne suis pas déçu par mon équipe, même s’ils me confirment avec régularité qu’ils partiront une fois leur tâche accomplie…

    Samedi…
    Les jours sont comptés. La Haute Autorité me rappelle à l’ordre et me signale qu’Elle ne m’accordera aucun délai….

    Dimanche
    Je tente une dernière fois de convaincre les irréductibles et les hésitants.

    Lundi….
    Tablette et check-list en main, je pointe, je coche, ….Tout semble en ordre. J’ajoute, par précaution, quelques tonneaux de vins….

    Dernières pages du journal intime….

    Sur le feuillet de gauche : « Les vannes sont ouvertes. La Haute Autorité m’avait informé : 40 jours et 40 nuits de pluie continue…. »

    Sur le feuillet de droite : une colombe
    Signé : Noé.

  2. Sabine dit :

    Il ouvrit son journal intime. Des algues avaient envahi les pages, jusqu’à la marge. L’encre était devenue verdâtre et des phrases gluantes pataugeaient dans une sorte de mélasse. Il tenta de se relire

    13 juin 1975
    Hier, elle a fait la une du journal régional, avec une photo de la falaise. L’article relatait ma déclaration : « Une guêpe s’est posée sur son bras alors que l’on s’asseyaient sur le bord pour regarder le coucher de soleil. Elle a paniqué et s’est débattue. Son pied a glissé. »

    2 juillet 1975
    L’enquête est terminée. Ils ont conclu à l’accident.

    29 août 1976
    J’ai épousé sa sœur.

    1er septembre 1980
    Elle allait parler. Elle est tombée du bateau en voulant caresser un marsouin.

    12 décembre 1980
    L’enquête est terminée. Ils ont conclu à l’accident.

    29 août 2013
    Les algues sont partout. Elles sortent du plancher, grimpent le long de mes jambes. Je ne peux plus lutter. Elles montent sur les meubles, recouvrent mon lit.
    Leur vengeance a commencé.

    ©Margine

  3. Elle ouvrit son journal intime.
    Des algues avaient envahi les pages jusqu’à la marge. L’encre était devenue verdâtre et des phrases gluantes pataugeaient dans une sorte de mélasse. Elle tenta de se relire. Elle posa les mains sur son livre, les mots s’accrochèrent à ses doigts formant ainsi de longs filaments. Bientôt sa robe fut recouverte de ces fils noirs. Elle passa sa main sur le journal,essaya de tourner la page espérant ainsi arrêter cette machine infernale qui crachait cette substance gélifiée et collante. Cette fois ses doigts restèrent accrochés comme des ventouses. Elle mit toutes ses forces pour dégager sa main, après maints efforts elle y parvint mais celle-ci heurta son front. Elle leva la tête et vit son reflet dans le petit miroir en face d’elle. Elle poussa un cri effroyable son visage n’était que pustules. Une substance visqueuse coulait le long de son cou.
    Un craquement se fit entendre, elle fut entraînée contre la paroi de sa couchette, sa tête heurta le bois. Elle eut l’impression que celle-ci allait éclater… elle avait bu, trop bu hier soir….
    son esprit était brouillé, elle avait mal à la tête…
    Ces méduses géantes,…. ce film d’horreur, qu’il l’avait emmené voir juste avant de lui annoncer que tout était fini entre eux! …
    elle s’en souvenait maintenant!.
    Geneviève Tavernier

  4. marsienfr75 dit :

    Il ouvrit son journal intime.
    Des algues avaient envahi les pages, jusqu’à la marge.
    L’encre était devenue verdâtre et des phrases gluantes pataugeaient dans une sorte de mélasse.
    Il tenta de se relire.
    Que c’était il passer durant la nuit ? Les quelques caractères lisibles n’avaient plus rien à voir avec l’alphabet qu’il connaissait. Et pourquoi se retrouvait il sur cette épave.
    Un fantôme lui apparut et à sa grande surprise, le caressa. Les pages de son journal frémissaient comme si elles étaient vivantes, elles se tournaient aléatoirement sans que le spectre n’y touche. Les lettres dansaient sur les pages.
    Le papier ne cessait de changer de couleur, il s’irisait et un arc-en-ciel semblait en sortir pour mener, celui qui voudrait l’enfourcher, vers un monde intriguant ; sa peur était en conflit avec sa curiosité et il ne savait s’il devait le suivre.
    « Marc, tu marques », tu marques crut il entendre. Les flots remuèrent l’embarcation. La force de cette tempête finit par le changer de monde.
    Il vit le visage de sa mère et réalisa que c’était un rêve !

  5. Antonio dit :

    Mais le fond était trop vaseux pour s’enfoncer plus dans une relecture. Comment était-ce possible ? Toutes ces années, elle (il) avait écrit avec une telle transparence pour que son corps aille, resplendisse, comme le lui avait recommandé son psy. Mais voilà, elle (il) avait pêché par excès de rancœur et d’amertume, jusqu’à vider l’océan de ses émotions de tout ce qu’elle (il) avait de beau en elle (lui) et ne garder que la marée noire de ses sentiments.

    Alors, elle (il) arracha les pages contaminées comme on arrache les mauvaises herbes et sur les dernières blanches qui lui restaient, elle (il) se plongea dans le récit fabuleux d’un nouveau destin dont elle (il) s’affubla si bien que les reflux de l’amer ne polluaient plus les pages de son journal.

  6. Sylvie H. dit :

    Elle (il) ouvrit son journal intime.
    Des algues avaient envahi les pages, jusqu’à la marge.
    L’encre était devenue verdâtre et des phrases gluantes pataugaient dans une sorte de mélasse.
    Elle (il) tenta de se relire.
    Au moment où elle tendait la main vers les pages, un monstrueux requin fendit les flots et l’entraîna.
    Sur la chaise, devant le bureau, il ne restait qu’un peu d’écume…

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