Exercice inédit d’écriture créative 97

Des guillemets français « … »    se chicanent avec des guillemets anglais  « … « 
On est beaucoup plus légers que vous, fanfaronnent les anglais
Oui, mais nous, on ne risque pas de nous prendre pour des virgules de rien du tout ! répliquent les guillemets français

Imaginez la suite de cette petite controverse

8 Responses

  1. Clémence dit :

    Des guillemets français « … »    se chicanent avec des guillemets anglais  « …  » On est beaucoup plus légers que vous, fanfaronnent les anglais. Oui, mais nous, on ne risque pas de nous prendre pour des virgules de rien du tout ! répliquent les guillemets français….

    Ces braves petits soldats, gardiens de la langue française, tenaient la dragée haute aux Anglais !

    – Nous sommes plus anciens que vous, nous avons plus d’expérience ! Nous sommes classiques, indémodables, intemporels ! déclamaient les Français.

    – Nous, nous sommes plus jeunes que vous, nous avons de la vigueur et le vent ne poupe ! répondaient les Anglais.

    – Nous, les Français, nous sommes prioritaires sur vous, dans les phrases à citations multiples !

    – Mais nous , les Anglais, nous avons un atout que vous n’avez pas ! Nous sommes utilisés pour éviter la répétition d’un élément déjà écrit!

    – Oh….ça alors, quel coup bas ! grondent les Français !

    – Grondez, grondez, grognards grognons ! Nous, on vous a battu à plat de couture…à Waterloo ! s’esclaffent les Anglais…

    – « Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
    Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine » ….
    C’est tout de même Victor Hugo qui écrivit ces illustres vers. Alors, quelle typographie utilisez-vous dans ce cas de figure ? Les droits, pour faire la paix ?

    – Bonne question, répondent les Anglais avec flegme et en s’approchant d’une table.

    A leur tout, les Guillemets français s’avancent. Les voilà tous, par paire, assis autour d’une table en acajou, recouverte d’une page vierge.

    A l’instar du Capitaine Charles HAY, les Guillemets anglais lèvent le menton et clament : « Messieurs des Gardes françaises, tirez ! »

    – Oui, oui ! s’écrie la première paire de Guillemets. Cabaretier, tirez-nous quelques pintes de rouge !

    Une réplique fuse illico presto : « Tavernier, tirez-nous quelques pintes de bière bien fraîche ! »

    C’est encore bien mal partit, murmurent les parenthèses, planquées sous la table. Les crochets grincent à leur tour…
    – Z’en ont pas marre de ces querelles éternelles ?

    Guillerettes, les pintes, remplies de rouge ou de blonde, passent de main en main en tournées de plus en plus généreuses. Guillemets anglais et français s’écroulent de rire, s’écroulent sur la table avant de rouler sous la table.

    D’une double pichenette, le cabaretier expédie, telles des mouches agaçantes, les Guillemets français et les Guillemets anglais.

    Il s’écrasent, profil bas et bras ballants, au bas de cette page, encadrant l’un pour le début, l’autre pour la fin, le mot de la » fin ».

  2. Christine, écrivaine publique dit :

    – Ben t’as vu le mec ! Perrat, il a la classe tout de même ! Oser reconnaître qu’il nous a confondus, toi et moi : un vrai gentleman ! Faut dire que nos guillemets à nous, ils sont vachement plus élégants que les vôtres !

    – Oh ! I’m shocking ! What’s about ?! Une confondance between you and us ! My God !!!

    – Ouais, ouais, ton God y peut bien aller se rhabiller ! Et ton Sherlock aussi ! J’suis sûr qu’y savent pas que c’est nous qu’on a inventé les guillemets… oui Madame ! Du temps qu’l’écriture était à peine née, vers not’ Moyen Age. Et qu’ pour arriver sur votre île, y’a quand même fallu qu’ils traversent vot’ Channel… et qu’au passage, y z’y’ont perdu leur beauté classique. Légers, ça pour sûr que vous l’êtes ! Et c’est pas parce que vous avez pris le pouvoir sur le Net qui faut vous la jouer. Cette fois, pas question d’vous dire « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! » (fermez les guillemets). Car au cas où tu l’ignores encore, My lady, guillemets, ça vient de not’bon vieux latin « virgule » qui veut dire « petite verge » ! Alors, toujours shocking, Miss ?!…

  3. Antonio dit :

    « Vous êtes jaloux de notre double accent, rétorquent les britanniques. Il est le signe de notre élégance et de notre courtoisie ».
    Et d’ajouter avec le même dédain : « Ce n’est pas comme vous et votre légendaire arrogance. Y a pas idée à encadrer vos dialogues par des signes d’infériorité et de supériorité. Shocking ! »
    « Nous quand on l’ouvre, dégainent les frenchies, on rassure, on est ‘secure’ comme vous dites par chez vous. Y a pas de doute avec nos insignes, on n’apostrophe pas, nous … on cause, on cadre, on menotte s’il faut et notre police est respectée ! »
    « Mais niou euussi ! …

    Hé ho ! … vos n’voulez pas la fermer, là, ou j’vous mets mon point dans la gueule ?

  4. gepy dit :

    Des guillemets français  »  » se chicanent avec des guillemets anglais « »
    On est beaucoup plus légers que vous, fanfaronnent les français
    Oui, mais nous, on ne risque pas de nous prendre pour des virgules de rien du
    tout !

    -Des virgules de rien du tout ! Nous n’avons pas votre prétention. Nous jouons notre rôle en toute humilité, nous ! Vous, comme d’habitude, vous vous sentez plus forts que les autres. Jamais dans l’union comme toujours !
    -ça suffit vos discordes ancestrales !, interviennent les Deux-points. Je signale, et j’appuie sur ce verbe, chacune de vos entrées, que ce soit anglais ou français. Le résultat est identique pour le texte. Alors, stoppez-là, vos broutilles de signes !
    -Oui, mais on est les plus anciens, nous les anglais…
    -Les plus anciens ! Quelle audace ! Le vétéran ici, c’est moi : le Point. Et, à ce titre, je vous demande de vous ouvrir et de vous fermer qu’en cas de nécessité. Vous nous insupportez à prendre la parole sans invitation. Vous êtes déplacé !
    -Personnellement, dit la Majuscule, je vous trouve adorable tous les huit. J’adore votre présence, cela me rassure et me donne confiance. Je me sens plus majestueuse à vos côtés. Je n’ai pas de préférence.
    -Voilà, toujours à vous pavaner ! dit le Point à la Majuscule. C’est tout de même moi votre raison d’exister et non ces étouffants guillemets. Je suis, que vous le vouliez ou non, votre garde du corps. Quand j’apparais, vous êtes toujours collée à moi.
    -C’est hilarant ce discours, gloussa la Virgule. Ce que vous êtes drôle, le Point. Vous donnez en spectacle de la sorte, à votre âge ! La majuscule peut exister sans vous et vous le savez bien. En fait, je pense que vous êtes jaloux des guillemets, un point c’est tout ! En plus, ce sont elles qui vous implantent, soit devant, soit derrière elles. Vous n’avez que peu de choses à dire, bien que vous soyez le plus ancien.
    – Bon, les enfants,on se tait et chacun reprend sa place, imposa la Marge. Les guillemets en ouverture s’il vous plaît.
    – Lesquels, lesquels ? demandèrent en chœur nos guillemets.
    – Les françaises. Nous travaillons une pièce de théâtre.
    – C’est toujours le même discours. Nous n’avons pas assez de classe pour vous. Vous allez encore nous reprocher de ne pas assez encercler les phrases ! Nous pourrions disparaître, personne ne s’inquiéterait. De tout façon, les élégants français sont toujours là.
    -Bon, puisque c’est ainsi, rectifia la Marge, honneur aux anglais.
    -Et voilà, vous nous laissez tomber encore une fois, se lamentèrent les français…

    – Maman, maman, pleurèrent les Minuscules à la Majuscule, on ne peut pas faire nos devoirs. La Ponctuation nous empêche de progresser dans notre travail.
    -Tranquillisez-vous, mes Minuscules, la modernité du langage réformera bientôt ces querelles. Vous n’assisterez plus à ces discussions puériles. Nous reprendrons la suite de ce sujet demain. Allez, tout le monde au lit. L’ordinateur est en phase d’arrêt.

    Gepy

  5. Catherine dit :

    « Ne pas être pris pour des virgules de rien du tout », voilà une préoccupation typiquement française!, s’esclaffent les anglais. Vous n’en finirez donc jamais d’alimenter les propos sur votre arrogance légendaire!
    Et nous, votre culture du « light » et votre littérature de fast-food, on s’en bat royalement les guillemets, leur répliquent vertement les français.

  6. Pascal Perrat dit :

    « En lisant votre dernier sujet d’écriture, je me demande si l’inversion est volontaire, me dit Christine Macé, en effet, les guillemets français (ceux qui apparaissent naturellement lorsqu’on les tape sur le clavier de l’ordinateur dans un traitement de texte) sont « … » Par contre, les  » …  » sont, typographiquement parlant, les guillemets anglais… Sauf que dans la rédaction d’un mail, ce sont ces derniers qui s’affichent automatiquement… De quoi y perdre son latin !
    Bien vu ! j’ai donc rectifié ma proposition d’exercice. Merci Christine

  7. isabelle hosten dit :

    -z’avez l’air malin avec votre air plié, on dirait des cuisses de grenouille…
    -c’est toujours mieux que d’avoir l’air perché, de prendre les mots de haut…persifflent les Inglish
    -Les mots on les accroche, on les enlumine, on les décore…minaudent les Frenchies
    -et bien nous on les borde, on les cajole…
    – tu parles Charles, vous les pincez là, ils sont tout coincés entre vos pattes folles…non vraiment, côté dialogue, vous manquerez toujours de style…concluent les Français d’un ton dédaigneux …

  8. Durand Jean Marc dit :

    « Non mais t’as vu un peu ta tête de guillemets, « l’English », en bec et en cul de poule!
    – Eh le « Frog », il te pleut pas un peu des guillemets… sur tes grenouilles ?
    – Oh ça va le « conduite à gauche »… tes guillemets, ils roulent dans les deux sens!
    – Dis donc, les vôtres, ils pleurent pas un peu votre littérature.
    – Vous, en tous cas, vous y resterez toujours coincés.

    Passe un ornithologue belge:

     » Et beh… moi qui croyait que les guillemots circulaient sereinement entre la France et Le Royaume Uni ??? »

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