Exercice inédit d’écriture créative 18

Depuis quelque temps déjà, ce marteau pensait qu’il ne valait pas un clou.
Il est vrai qu’il menait sa vie comme un manche.
Y’a comme « un vis » dans ma tête, se disait-il…

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6 Responses

  1. Clémence dit :

    Depuis quelque temps déjà, ce marteau pensait qu’il ne valait pas un clou. Il est vrai qu’il menait sa vie comme un manche.
    – Y’a comme un vis dans ma tête, se disait-il…

    Et c’est en se disant cela qu’il eut un doute. Vis ou vice ?

    Il s’assit sur un rondin qui posait par là. Les fesses calées, il enfonça son coude droit sur son genou gauche et appuya lourdement son menton sur sa main tordue.

    Parce que si c’est « vice », c’est vice de forme. Autrement dit, je suis difforme et je ne vaux pas un clou.
    Je vais devoir prendre un rendez-vous pour être reformé. Mais qui a les compétences pour ?
    Ostéopathe ou psy ? J’en froid dans le manche !

    Par contre, si c’est « vis », c’est que j’ai dû confondre. Autrement dit, mes yeux ne sont plus capables de faire la différence entre une tête de clou et une tête de vis. Et ça, ca, c’est beaucoup plus grave car c’est moi le seul responsable !
    Je vais devoir prendre rendez-vous pour me remettre les yeux en face des trous. Mais qui a les compétences pour ?
    Ophtalmologiste ou opticien ? J’en ai froid dans le manche.

    Tout à sa méditation, il ne vit pas l’artiste qui passait par là. Il s’arrêta, l’observa sous tous les angles. Il toussota discrètement puis engagea la conversation.

    – Bonjour, euh…
    – Ne prenez pas la peine de me demander comment je vais. Je ne vaux pas un clou, soupira le marteau à son interlocuteur interloqué.
    – Comment pouvez-vous être si défaitiste, mon ami ? demanda l’artiste après avoir repris ses esprits .
    – Je le suis, défaitiste, car je mène ma vie comme un manche…
    – Cela se voit à peine, mais vous pouvez encore réagir…
    – Je ne peux pas réagir ! Je crois qu’il y a dans ma tête comme…. comme….
    – Comme quoi ?
    – Je ne sais comment dire…
    – Écrivez-le, si vous ne pouvez le dire !
    – Justement, je ne sais pas comment l’écrire, car si je savais l’écrire, je saurais comment le dire. Et si je savais comment le dire, je saurais comment me guérir !

    Le marteau avait sorti cette longue tirade tout d’un coup, surpris de s’être confié aussi facilement à un inconnu.

    – Cher ami, vous n’êtes pas si marteau que vous voulez bien le croire. Votre analyse est fine, votre œil est très perspicace ! Votre panne est loin d’être en panne et votre table est pleine de bon sens !

    Le marteau se ressaisit et se redressa vaillamment. Il essuya la dernière larme qui brillait à son angrois…

    L’artiste proposa au marteau d’aller prendre un verre au bistrot du coin afin de fêter le merveilleux choc de leur rencontre.

    Ils s’installèrent au bar. Le tenancier leur servit une poignée généreuse de semences, de clous de tapissiers, de vis, quelques boulons et des chevilles…
    Le marteau piochait dans le bol, émerveillé. Il n’avait jamais vu un tel assortiment de friandises à se mettre sur la table.

    Quelques verres plus tard, l’artiste proposa à son nouvel ami de regagner son atelier. Le lendemain, pour solliciter sa créativité, l’artiste fit une longue balade dans la forêt. Il rentra en tenant son idée !

    Le soir même, le marteau prit la pose et l’artiste se mit au travail. Quelques semaines plus tard, ils montèrent à Paris.

    « Le marteau au manche ondulé » remporta un vif succès  à la FIAC.
    Son prix ne fut pas un secret mais son histoire, si ….enfin, pas tout à fait….

    © Clémence

  2. dumouchel dit :

    Depuis quelque temps déjà, ce marteau pensait qu’il ne valait pas un clou.
    Il est vrai qu’il menait sa vie comme un manche.
    Y’a comme un vis dans ma tête, se disait-il, ce n’est tout de même pas normal que j’ai toujours envie de frapper ? que mon plaisir ne se réduise qu’à des coups sur des clous qui ne m’ont rien fait !
    J’ai essayé à plusieurs reprises de m’arrêter mais mon propriétaire n’a de cesse que de me rafistoler, l’autre jour il a pris un autre marteau que moi, pour me mettre un clou dans le manche ! J’avais réussi à m’en débarrasser, eh bien non il n’a pas trouver mieux que de me réparer ! Il m’en a mis un plus long, pour l’inertie ! Je vais pouvoir taper bien fort !!! Bien sûr ma table est usée, mais nettement moins que la panne, il est vrai que je ne ressors pour ainsi dire jamais un clou que j’ai rentré !
    La femme de mon propriétaire est moins agile, c’est rigolo, je m’amuse à dévier ma trajectoire pour finir sur ces doigts. Je me réjouis lorsqu’elle raconte à son mari que malgré mes embouts aimantés, elle arrive systématiquement à louper son coup !
    Mais tout de même, il ne faut pas valoir grand chose pour se glousser de tout cela ! J’ai hâte de me retrouver à la retraite, il faut que je vois si je ne peux pas agrandir mon oeil.

  3. Halima BELGHITI dit :

    Depuis quelque temps déjà, ce marteau pensait qu’il ne valait pas un clou. Il est vrai qu’il menait sa vie comme un manche. Y’a comme un vis dans ma tête, se disait-il, je ne tourne pas rond. Je ne suis même pas carré, je suis d’aucune utilité, même pour faire renrtrer une punaise sur un mur en carton. Il y a longtemps que j’ai déclaré forfait. Réfractaire à toute utilisation, je me plie en deux dès qu’une main m’approche. En vérité, je voudrais que l’on me fiche la paix. Pourquoi un marteau ne pourrait -il pas aspirer à de la quiétude? Pour un oui ou pour un non, on me sort de ma boite à outils sans me demander mon avis. Et c’est moi qui suis marteau! Pourtant je pourrais être fort et faire entrer les clous les plus récalcitrants dans les matières les plus dures. Mais j’en ai ma claque d’avoir ce rôle de bourreau. De taper sur toutes sorts de vis qui ne m’ont rien fait. Comme si j’étais une matraque. Pourquoi tant de de haine ? Pourquoi m’en prendre à plus petit et plus faible que moi? Je aisse toujours des traces qu’on me reproche souvent. Mais jamais une remontrance au maladroit qui me colle tout sur le dos. Et avec l’arrivée des perceuses electriques, je n’ai plus tellement la côte. Secrètement, je rêve d’une reconversion. Je serais heureux si l’on m’utilisait pour jardiner, par exemple. Certes, je ne suis ni une pioche, ni une bêche, mais de tout de même…Ce que j’aimerais caresser les fleurs de mon manche! Leur faire de la place dans la terre pour qu’elles puissent s’épanouir aisément…Je pourrais me dorer au soleil en attendant leur floraison…J’envie tellement le tuyau d’arrosage…qui lui passe sa vie au grand air. Mais non, moi je suis à l’intérieur de la maison. A fixer des tableaux aux murs, me coltine le bois des étagères à monter… Je suis de tous les travaux manuels, mais jer ne mets jamais le nez dehors… Il a vice de forme, non? J’ai crée l’association MIS ( Marteaux Insatisfaits de leur Sort) dont je suis le président et l’unique membre…Si tous les marteaux du monde se donnaient la main…nous aurions plus de poids !

  4. Mariefly dit :

    Le clou : Tu me fait tourner la tête, mon outil à moi c’est toi!
    Le marteau : Mon vis à moi, c’est elle, je rêve de lui taper dans l’oeil! Elle est la diva des établis, la scie! Ah, j’en pince pour elle!
    Le clou : Si j’étais un marteau, je lui ferai la peau entre l’enclume et moi, il n’y aurait pas une feuille. Mais je ne suis qu’un clou, qui n’en vaut pas un! Tant pis je retourne chez la pince, elle au moins elle sais me prendre dans ses bras et me serrer fort!

  5. Antonio dit :

    « Y’a comme un vis dans ma tête, se disait-il… », un vis qui faisait que ça ne tournait pas rond chez lui. Il avait beau se marteler en tête qu’il fallait retenir ses pulsions mais c’était plus fort que lui. Il cognait et enfonçait tout ce qui lui passait par la tête. Et il avait la tête dure, vous savez. Si dure, que rien ne pouvait le résonner, pas même sa scie !
    Car depuis quelques temps déjà, ce marteau ne tenait ni à fer ni à clou. Il ne percutait plus, il déprimait.
    D’ailleurs, il ne voulait plus voir sa scie, il avait une dent contre elle. C’était une dame de fer qui n’avait pas sa lame dans sa poche Elle débitait à longueur de séance et semblait faire du petit bois de ses états d’âme.
    « Ressaisissez-vous, relevez la tête et tapez du poing sur la table, bon sang ! »
    Des clous !
    Il ne voulait plus de cette vie, il se savait le maillet faible de la caisse à outils.
    « Je m’en vais, lâchera-t-il à ses colocataires avant de s’extirper de la boite, je ne suis plus dans le coup ! »
    L’étau lui sert la pince : « bonne chance, vieille masse ! »
    « Mais t’es complètement marteau, lui lance la clé à molette, qu’est-ce que tu vas faire ? »
    « Continuer à me taper la tête contre un mur jusqu’à ce que ça rentre, telle est ma nature ! »
    « Mais jusqu’à ce que quoi qui rentre ? »
    « Je ne sais pas, ou plutôt si … le clou qui valait la peine, le clou du spectacle, celui de ma vie ! »

  6. Geneviève T. dit :

    Ce vis à vis avec un clou, me prend la tête!
    Je suis frappé de voir le nombre de gens qui frappent comme des malade à côté du dit clou!
    Que de fautes de frappe. Autant enfoncer des portes ouvertes!
    Frappez la tête bien sûr , mais un clou frappé ne se boit pas voyons!
    Le clou c’est un dur, pas un demi dur, croyez moi, je dirais même un dur à cuire!, d’ailleurs il y croyait dur comme fer lui le clou.
    Il est parfois un peu dur d’oreilles le clou, il faut souvent répéter, c’est comme ça avec un métal extra-dur
    On peut même dire qu’il a la peau dure, lui le marteau c’est la dent dure qu’il a, cette petite frappe!… qui d’ailleurs n’est pas un frappe-devant*, ne vous méprenez pas!
    Et pendant la dernière minute de tête à tête avec le clou, le marteau se dit qu’il va être doux de ne rien faire quand le clou sera correctement enfoncé!
    Mais dites moi lequel des deux a été le clou du spectacle!

    * frappe-devant : grand marteau de forgeron
    Geneviève T.

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