Ne tenez pas votre imagination en laisse !

Sanyac

Nous avons une petite chienne, Sanayc
Elle a la chance de disposer d’un grand parc pour courir après tout ce qui bouge…
Mais elle adore aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Dès que la grille s’ouvre elle fonce joyeusement flairer les effluves laissés par ses voisins chats et chiens, folâtre sur la place de la mairie, puis elle s’égaye en chemin avant de revenir ravi.

Ses escapades angoissent mon épouse : « Et si elle se faisait écraser ! », « Et si suivait un autre chien ? », « Et si on nous la volait ! » etc.
Quand elle l’emmène en promenade, c’est toujours tenue en laisse, de peur qu’il « lui arrive quelque chose ».

Pour notre imagination, c’est pareil, si on la tient en laisse comme on nous l’enjoint généralement au cours de notre vie, notamment à l’école puis en entreprise.
Si on jugule son envie d’emprunter tout sens interdit, si on lui passe un collier autour du cou, elle s’étiole, se fane et dépérit.

Comme Sanayc, notre imagination a besoin de divaguer, d’aller çà et là sans but bien défini. Ne cherchez surtout pas à « avoir de la suite dans les idées », laissez-la cheminer sans plan préétabli, sans écouter le censeur qui sommeille en chacun de nous. Ce flic qui verbalise toute idée qui sort du troupeau.
Sinon, ne vous étonnez pas si elle s’attache plutôt au banal et à l’ordinaire qu’à l’inattendu.

Donc, tenez plutôt votre imagination en liesse

Je suis hors-n’homme. Un neuroatypique à dominance dyslexique. 
De facétieux neurones font des croche-pieds aux mots dans mon cerveau.
Mon orthographe trébuche souvent quand j’écris.
Peut-être avez-vous remarqué une faute. Merci de me la signaler : blog.entre2lettres(at)gmail.com

7 Responses

  1. Saheb dit :

    Les mots sont magiques mais ils peuvent devenir dangereux .
    Il faut parfois les choisir, les peser, les nuancer à bon escient pour ne pas heurter, blesser, calomnier, discriminer, ne pas créer d’équivoques.
    Ce soir, je souhaite leur donner libre cours, ne pas les retenir en laisse.
    Le marron de la terre s’imbibe d’eau pour ocrer l’automne.
    Le noir s’allie au blanc pour égayer le gris de l’hiver.
    Le jaune se mêle au bleu pour obtenir le vert du printemps.
    Le bleu du ciel se fond à l’indigo de la mer pour satisfaire l’été.
    De cette palette de couleurs de mots , les mélanges sont fondés!
    Si la laisse se resserre , les mots s’agitent, s’affolent, paniquent, s’imbriquent pour un nouveaucabulaire :cl
    Ainsi le percolateur et le délateur s’unissent-îls pour donner naissance au percodélateur ; une machine à cafter!
    Le youpala s’amourache de palabres pour accoucher du youpalabre; trotteur dont lequel les bébés refont le monde…..
    Je m’étale et je me perds, je pense que je vais reprendre la laisse aux mots et les abriter sous la niche en attendant d’autres excercices .

    • J’aime votre texte, il fait écho à celui que j’ai composé sur ce même thème des couleurs il y a quelques temps:

      Quand les couleurs s’envolent, l’arc en ciel
      Quand le vert mousse, la menthe à l’eau
      Quand le noir désir, le carré blanc
      Quand le bleu nuit, la lune rousse
      Quand la nuit d’encre, le jaune d’or
      Quand le blanc en neige, le rouge écarlate
      Quand le rouge à lèvres, le gris souris
      Quand le gris perle, le cordon bleu
      Quand le vert amande, la lie de vin
      Quand le jaune paille, le gris ardoise

  2. ducos dit :

    C’est terriblement difficile et jouissif de laisser libre cours à cette part d’enfant…Pour ma part, c’est dans la poésie que cette partie d émoi s’exprime complètement….

  3. Mon premier est un adverbe
    Mon second est une préposition
    Mon troisième est un pronom
    Un tiers de mon tout manque au titre de l’article du jour

  4. Jean Marc Durand dit :

    Ca faisait vraiment bizarre de gambader comme ça dans la prairie des mots.
    J’en arrachais certains que je craignais piquants pour en construire un joyeux barbelé. Ca me protégeait, peut être….enfin ça évitait que l’on me suive de trop près.
    Aucune allergie ne me freinait. J’embaumais ainsi les phrases de plantations aléatoires. Ca sentait drôle.
    Bousculait les antiques traditions de la cuisine des textes.
    J’y mitonnais des histoires de taupe aviatrice,de girafe au cou trop court,le combat pacifique entre une grenouille vert d’eau et un héron boiteux.
    Ca fumait sérieux sous le marais de mon crâne.
    Un bon brouillard d’idées au milieu duquel, comme le londonien moyen, je me débrouillais très très bien.

    Jean Marc Durand.

    « Souvent je regarde la laisse de la mer.Et je divague! » JMD

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