362e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
– J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
– Je t’écoute, bredouilla-t-il. 
– Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.

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26 Responses

  1. Françoise Gare du Nord dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
 – Je t’écoute, bredouilla-t-il. 
 – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien
    – C’est aussi un peu mon travail, non ?
    – C’est aussi un peu ce que vous dites, toi et tous ceux dans ton genre, non ? répliqua l’apparition
    ⁃ Maintenant que nous avons entamé les hostilités, tu peux me dire ce que tu me reproches précisément
    ⁃ Précisément tu m’as qualifié de  réactionnaire mais..
    ⁃ Mais c’est un peu vrai non ?
    ⁃ Non ! C’est juste que je déteste les…
    ⁃ Depuis la disparition d’Odile, tu détestes le crime impuni. Et tu te montres intolérant . Dès qu’un meurtre est commis, le nouveau dans la ville est forcément le suspect et donc l’assassin.
    ⁃ L’assassin est le plus souvent mis en cause par les témoins et le…
    ⁃ Les témoins. Parlons-en ! Avec toi, ils sont forcément mis en cause ..
    ⁃ Mais en cause disais-je par le rapport du gendarme.
    ⁃ Le gendarme qui, lui aussi, a le soupçon leste et tend à soupçonner les témoins d’être les complices
    ⁃ Les complices, répartit l’ombre, et je n’ai jamais manqué de le dire et la réalité l’a démontré, sont parfois manipulés et donc partiellement innocents
    ⁃ Innocents ? Sais-tu seulement ce qu’est l’innocence ? Toi qui a bien dû fréquenter le Milieu
    ⁃ Le Milieu ? Tu fais allusion, j’imagine à Monsieur la Souris, à la Marie du port et au grand Bob ? J’ai écrit une lettre à mon juge Cela ne mérite pas la cour d’assises, non ?
    ⁃ Non d’accord. Bref ! Abandonnons le terrain juridico-policier pour celui de la guerre. Pas très héroïque !
    ⁃ Pas héroïque ? J’étais au bout du rouleau. Je haïssais ce pays maudit où la vie est morne comme un dimanche de novembre même la neige était sale. Je ne voulais pas être l’homme qui regardait passer les trains. Je me suis embarqué comme passager clandestin sur un navire au long cours espérant y trouver une vie comme neuve. J’ai vécu dans le quartier nègre d’une ville d’Afrique du Nord dans un hôtel miteux « l’âne rouge » ou « le cheval blanc », je ne sais plus. Mais ce fut un chemin sans issue encombré de feux rouges. Et 45° degrés à l’ombre. On m’appelait le Président.
    ⁃ Tu te compares à L’homme de Londres maintenant ?
    ⁃ Maintenant, je voudrais te dire une dernière chose attaqua le revenant. Cela concerne les femmes ….
    ⁃ Ah les femmes. Tu parles de laquelle ? Les soeurs Lacroix ? Cette pauvre Tante Jeanne ? Les demoiselles de Concarneau, la …
    ⁃ Il s’agit d’une grave erreur que tu commets lorsque tu parles de moi. Tu me nommes « L’homme aux 1.000 femmes ». C’est blessant !
    ⁃ Blessant ? Mais enfin, Georges, c’est plutôt flatteur, non ?
    ⁃ Flatteur, non ! Je suis « l’homme aux 10. 000 femmes » !

    Dialogue entre un gardien de cimetière et le fantôme de Georges Simenon
    Précisions :
    – ce texte comporte 32 titres de romans de Georges Simenon (hors Maigret)

    – Georges Simenon n’a pas été inhumé mais incinéré et les cendres ont été dispersées dans le jardin de sa maison de Lausanne

  2. Daisy dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.

    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il.
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    – C’est vrai, avoua-t-il. C’est à cause du public : il aime mieux quand je te critique.

    Sur ces mots, l’humoriste baissa la tête, se retourna et entra dans le cimetière. Il claqua la grille pour mettre une distance entre le fantôme et lui. Il était si mince qu’il se demandait s’il n’allait pas passer par les barreaux. Il remarqua sa peur et sourit, dévoilant sa dentition malade.

    – Je t’effraye, hein ? Tu ne sais pas ce que je pourrais te faire. J’ai peut-être un couteau dans ma poche ou une maladie contagieuse à te cracher à la figure… Tu te moques de moi dans tes articles, mais maintenant tu trembles à cause de moi.

    De plus en plus apeuré, l’humoriste préparait sa défense. Si le squelette faisait un pas de plus, il pourrait le repousser en ouvrant brusquement la porte. Ensuite, il devrait courir et s’enfuir. Au début, ce sans-abri lui avait paru inoffensif. Un homme à l’allure de spectre à côté d’un cimetière, il avait trouvé cela intéressant. Il en avait fait un personnage récurrent de sa chronique.

    – Ce n’est pas une blague qui va te débarrasser de moi, ricana le terrifiant faux fantôme.

    L’humoriste était prêt à lui promettre de le transformer en héros s’il partait sur le champ, mais il continua :

    – Je veux que tu dises du bien de moi ! Ou alors je vais leur dire que tu voles les noms de tes personnages sur les tombes.

    L’humoriste soudain eut envie de rire. L’apparition ne lui semblait plus terrifiante. Espérait-il vraiment le faire chanter ? Ses chroniques d’Outre-tombe reposait sur ce concept : il faisait parler des personnalités mortes sur des sujets d’actualité. Pour se documenter, il venait régulièrement photographier leurs tombes.

    – Faites donc ! dit-il en poursuivant son chemin dans le cimetière.

  3. Suite à une fantaisie de mon ordinateur, la ponctuation du dialogue a totalement disparu dans le premier post. J’espère en re-postant que mon texte deviendra lisible.

    J’atteignais enfin la porte du cimetière après m’être perdu dans des allées interminables bordées d’arbres tous semblables et de même calibre. Le soir tombait, la pénombre s’installait déjà, et en voyant de loin le portail de sortie, j’accélérai le pas.
    Quand un froufroutement, juste derriére moi, me fit faire volte-face. Une forme blanche vaguement articulée était étendue à terre et se relevait péniblement. Un fantôme, tout de blanc vêtu et furibond, avait bien du mal à reprendre son souffle:

    – Pourquoi tu cours si vite ? En essayant de te rattrapper je me suis pris les pieds dans mon suaire. Ils m’en ont fourgué un trop long en prétendant une rupture de stock : Pff ! En réalité ça fait partie du bizzutage pour les nouveaux arrivants !…
    Il acheva d’essuyer la poussière collée à son vêtement, et reprit :
    – En fait, j’ai deux mots à te dire. Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien…
    Pas démonté par cette rencontre incongrue – il en imposait si peu ! – je rétorquai du tac au tac :
    – Dis donc ! Ca te va bien de me faire la morale ! Et en attendant, d’après ce que je vois, t’as pas perdu l’habitude d’écouter aux portes !
    – Oh ! Eh ! Faut bien se distraire un peu. Ca permet de se tenir au courant de ce qui se passe !
    Et puis ici, c’est pas drôle… : Des radoteurs qui parlent tous au passé. Incapables de faire le moindre projet d’avenir. Moi qui comprenait rien au passé antérieur à l’école, maintenant je nage dedans.
    Et y’en a même un qui a essayé d’employer l’imparfait du subjonctif, mais là ! Il s’est fait virer !!
    – Virer ?
    – Ben oui ! Y’a très longtemps on a viré deux petits malins du Paradis. Pourquoi on virerait pas un gros malin de l’Enfer ?
    – Et il est allé où ?
    – Bof ! Il est retourné sur Terre et il a rejoint Daesch et sa bande de zombies.
    – Mais !… Vous pouvez retourner sur terre comme ça ?!
    – Sans problème ! On sort et on rentre en Enfer comme dans un moulin. D’ailleurs on l’a baptisé le Moulin Rouge. Rouge ça fait couleur locale. Et puis c’est gai comme nom ! Ca donne envie de danser !!
    Et à ce propos on a crée un groupe. On se refait la Danse Macabre de Saint-Saens mais façon french cancan ! Tu veux que je te montre ?
    – Non merci ! Et pendant que vous vous promenez sur Terre, vous faites comment pour passer inaperçus ?
    – Voilés de noir des pieds à la tête avec une grille devant les yeux, tu sais. Bien malin celui qui devine ce qui se cache derrière…
    – Mais si toi tu es en Enfer, le Paradis, il est où ?
    – Le Paradis ? Ah !! Faut pas croire ce qu’on vous dit !!
    Le Paradis, c’est pas pour les humains. Dieu se le réserve pour lui seul. Un sacré égoïste celui-là ! Mais c’est lui qui fait la loi. Chacun son domaine, il a dit !: Le paradis, c’est lui ! L’Enfer, c’est les autres !
    – Mais il trouve jamais un humain méritant ?
    – Ca risque pas !! Dieu aussi écoute aux portes, figure-toi ! Mais lui, c’est aux portes des confessionnals !!! Alors tu penses…
    – C’est gai…
    – Mais y’a aussi des bons moments.
    – Tiens ! le jour que je préfère, c’est la fête d’Halloween, le 31 octobre. On passe dans les maisons, en groupes. Ils nous croient déguisés et ils rigolent. On récolte plein de bonbons. Et nous les sucreries on adore ça. On s’en gave. Côté caries on risque plus rien et pour ce qui est de la prise de poids…
    – Tu auras beau me vanter ton Enfer, c’est pas ça qui me convaincra…
    – On s’y fait, tu sais ! Le principal problème, c’est la chaleur. Il fait chaud, là-dedans, mais chaud ! … De plus en plus chaud !
    Alors quand on va sur Terre, on ramène quelques bûches ou rochers brûlants de chez nous et en échange on embarque des morceaux d’icebergs pour se rafraîchir en Enfer.
    – D’où le réchauffement climatique sur Terre ??
    – Ouais… Ben… Chacun pour soi, hein !
    – C’est ce qu’on appelle une idée d’enfer…
    – Tu parles !!C’est le Diable lui-même qui l’a eu! Il est très fort !
    Bon ! Ben je vais devoir m’éclipser. Ce soir on a réunion générale pour décider de la prochaine éruption volcanique.
    En attendant, reviens me voir quand tu veux. Et moi je te réserve une bonne petite place là en bas, hein ? Tu préfères avec vue sur le Chaudron Général ou sur les Abysses ?

    Je tournai les talons sans répondre et actionnai la poignée du sinistre portail.
    Elle était fermée.

  4. J’atteignais enfin la porte du cimetière après m’être perdu dans des allées interminables bordées d’arbres tous semblables et de même calibre. Le soir tombait, la pénombre s’installait déjà, et en voyant de loin le portail de sortie, j’accélérai le pas.

    Quand un froufroutement, juste derrière moi, me fit faire volte-face. Une forme blanche vaguement articulée était étendue à terre et se relevait péniblement. Un fantôme, tout de blanc vêtu et furibond, avait bien du mal à reprendre son souffle:

    Pourquoi tu cours si vite ? En essayant de te rattrapper je me suis pris les pieds dans mon suaire. Ils m’en ont fourgué un trop long en prétendant une rupture de stock : Pff ! En réalité ça fait partie du bizzutage pour les nouveaux arrivants !…
    Il acheva d’essuyer la poussière collée à son vêtement, et reprit :
    En fait, j’ai deux mots à te dire. Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien…
    Pas démonté par cette rencontre incongrue – il en imposait si peu ! – je rétorquai du tac au tac :
    Dis donc ! Ca te va bien de me faire la morale ! Et en attendant, d’après ce que je vois, t’as pas perdu l’habitude d’écouter aux portes !
    Oh ! Eh ! Faut bien se distraire un peu. Ca permet de se tenir au courant de ce qui se passe !
    Et puis ici, c’est pas drôle… : Des radoteurs qui parlent tous au passé. Incapables de faire le moindre projet d’avenir. Moi qui comprenait rien au passé antérieur à l’école, maintenant je nage dedans.
    Et y’en a même un qui a essayé d’employer l’imparfait du subjonctif, mais là ! Il s’est fait virer !!
    Virer ?
    Ben oui ! Y’a très longtemps on a viré deux petits malins du Paradis. Pourquoi on virerait pas un gros malin de l’Enfer ?
    Et il est allé où ?
    Bof ! Il est retourné sur Terre et il a rejoint Daesch et sa bande de zombies.
    Mais !… Vous pouvez retourner sur terre comme ça ?!
    Sans problème ! On sort et on rentre en Enfer comme dans un moulin. D’ailleurs on l’a baptisé le Moulin Rouge. Rouge ça fait couleur locale. Et puis c’est gai comme nom ! Ca donne envie de danser !!
    Et à ce propos on a crée un groupe. On se refait la Danse Macabre de Saint-Saens mais façon french cancan ! Tu veux que je te montre ?
    Non merci ! Et pendant que vous vous promenez sur Terre, vous faites comment pour passer inaperçus ?
    Voilés de noir des pieds à la tête avec une grille devant les yeux, tu sais. Bien malin celui qui devine ce qui se cache derrière…
    Mais si toi tu es en Enfer, le Paradis, il est où ?
    Le Paradis ? Ah !! Faut pas croire ce qu’on vous dit !!
    Le Paradis, c’est pas pour les humains. Dieu se le réserve pour lui seul. Un sacré égoïste celui-là ! Mais c’est lui qui fait la loi. Chacun son domaine, il a dit !: Le paradis, c’est lui ! L’Enfer, c’est les autres !
    Mais il trouve jamais un humain méritant ?
    Ca risque pas !! Dieu aussi écoute aux portes, figure-toi ! Mais lui, c’est aux portes des confessionnals !!! Alors tu penses…
    C’est gai…
    – Mais y’a aussi des bons moments.
    Tiens ! le jour que je préfère, c’est la fête d’Halloween, le 31 octobre. On passe dans les maisons, en groupes. Ils nous croient déguisés et ils rigolent. On récolte plein de bonbons. Et nous les sucreries on adore ça. On s’en gave. Côté caries on risque plus rien et pour ce qui est de la prise de poids…
    Tu auras beau me vanter ton Enfer, c’est pas ça qui me convaincra…
    On s’y fait, tu sais ! Le principal problème, c’est la chaleur. Il fait chaud, là-dedans, mais chaud ! … De plus en plus chaud !
    Alors quand on va sur Terre, on ramène quelques bûches ou rochers brûlants de chez nous et en échange on embarque des morceaux d’icebergs pour se rafraîchir en Enfer.
    D’où le réchauffement climatique sur Terre ??
    Ouais… Ben… Chacun pour soi, hein !
    C’est ce qu’on appelle une idée d’enfer…
    Tu parles !!C’est le Diable lui-même qui l’a eu! Il est très fort !
    Bon ! Ben je vais devoir m’éclipser. Ce soir on a réunion générale pour décider de la prochaine éruption volcanique.
    En attendant, reviens me voir quand tu veux. Et moi je te réserve une bonne petite place là en bas, hein ? Tu préfères avec vue sur le Chaudron Général ou sur les Abysses ?

    Je tournai les talons sans répondre et actionnai la poignée du sinistre portail.
    Elle était fermée.

  5. Stéphanie dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il.
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    – Je suis désolé… »
    Il se mit à réfléchir rapidement à une réponse tout en essayant de ne pas se laisser emporter par les battements de son coeur qui s’accéléraient un peu plus à chaque seconde…

    « C’est que..Vois-tu dans le monde des incarnés la critique est facile…sans doute un peu trop..
    – Mais alors…Si tu le sais, pourquoi le fais tu ?! S’emporta la forme irrégulière qui lui faisait face…
    -c’est que…
    – Non ! Ne réponds pas…C’est inutile…par contre je te propose une chose : pour te faire pardonner tes mauvaises paroles je vais te donner 3 objectifs. Les acceptes tu ?
    – C’est que…
    – Pas de bavardages inutiles ! C’est oui ou c’est non !
    – Mais… qui êtes-vous d’abord ?
    – Cela est sans importance…. Sache juste que nous nous connaissions très bien et que si je suis là aujourd’hui, face à toi, c’est qu’il y a une bonne raison..
    – Ah oui ?
    – Alors ? Ta réponse ? Dépêche-toi ! c’est ta dernière chance… lui dit le fantôme devenu impatient.
    Sans prendre le temps de réfléchir aux conséquences l’homme répondit d’une voix peu assurée
    « C’est oui…
    -Ah enfin ! Très bien !
    Alors voilà…Ta première mission sera de ne plus jamais dire de mal. Ni de moi. Ni de personne d’autre..
    – Mais…
    – Chut ! Tu as accepté , tu dois m’écouter jusqu’au bout…
    Ta seconde mission sera de toujours faire de ton mieux. Quelque soit la situation et les obstacles qui se présenteront à toi…
    – Et le 3ème objectif ? Demanda l’homme qui regrettait déjà sa réponse…
    – le 3ème …c’est de croire en toi.  »

    L’homme sembla vaciller..ces mots il les avait déjà entendu…à de nombreuses reprises…Serait-ce possible ?
    Il se retourna alors vers le revenant.
    Plus rien. Aucune trace de lui. Il chercha pourtant longuement en espérant ne pas avoir juste simplement rêvé…
    « Croire en moi « …se répétant en boucle cette phrase l’homme retira l’un de ses gants , sortit une enveloppe de son veston et la déposa sur la tombe de son père.
    « Voilà papa. Je ne t’en veux plus de m’avoir abandonné si tôt..j’étais venu te le dire… et sache que… » l’homme s’arrêta un instant, retint son souffle mais ne put retenir plus longtemps ses larmes .
    Il scruta une dernière fois les alentours mais aucune trace de sa vision. Aucune.
    Il décida enfin de s’éloigner quand il réalisa que sa lettre avait disparue. Une plume blanche avait pris sa place…
    « Moi aussi je crois en toi Papa…
    Merci d’être venu me rappeler d’être un homme un peu meilleur…
    Je t’aime… »

  6. Gontier Christine dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.

    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il.
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    -oui, c’est mon métier de te juger, je dois savoir si tu es apte à entrer au Paradis ou pas, alors j’en parle à tes congénères.
    -mon Dieu, comme tu es dur ! Tu sais la vie de chien que j’ai eu, tu pourrais me faire une fleur et oublier mon nom.

    J’ai été abandonné sur l’autoroute à l’âge de deux mois à peine, pas même sevré de ma mère et toi tu continues à m’en faire baver.

    -il n’y a pas que toi qui a eu un destin funeste. Certains de tes voisins ont su mordre la vie comme dans une pomme.

    -tu parles surement de ce sale canasson ? ! Lui qui a prêté ses sabots au Diable en personne !

    -et qu’as tu à redire du mouton qui a su prêter sa laine aux humains pour leur tenir chaud ? ou bien de cette poule qui leur a donné ses œufs ? Ou encore ce mulet, qui a porté leur fardeaux toute sa vie durant ?
    Ils ont fait leur part, ils ont contribué à la vie, au bien être de tous.

    -haaa je te reconnais bien là à tout séparer entre bien et mal, as tu assez d’esprit pour aller au delà ? Ne pourrais tu pas entrevoir qu’un être perdu, sans racine dès le départ ne peut que très difficilement créer du lien. Je survivais dans ce monde ou aucune attache, aucun collier ne s’est offert à moi. Alors oui, j’ai rejoins la troupe des chiens galeux, des chiens qui volaient pour manger, qui mordaient peut être un peu trop tôt par peur des coups de pieds. Punis moi, ce sera là ma double peine.

    -ce monde est ainsi, il y a des règles et je les rédige, seul. Ce monde me craint depuis des millénaires, je ne ferai pas d’exception.

    -j’ai bien fait de ne pas croire en toi. Personnellement je t’échapperai. Car pour que quelqu’un existe, encore faut il le regarder…

  7. Joailes dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il. 
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    – eh bien, ça fait plus que deux mots, ça ! Et d’ailleurs, je croyais qu’un fantôme ne parlait pas.
    – Ça dépend des fantômes … je suis le fantôme d’un comte très bavard et très influent dans le monde des spectres
    – écoute mon vieux, je ne te veux aucun mal, je ne te connais pas, laisse-moi donc déposer ces quelques fleurs sur la tombe de l’inconnu et m’en aller
    – tu n’as pas peur ?
    – Peur de quoi ?
    – De moi ?
    – Tu n’existes pas … allez, du vent !
    A ces mots, il fonça tête baissée sur le drap qui lui parlait, et son petit neveu Mickaël, bien connu pour être très farceur, apparut, tout penaud.
    Il lui donna une bonne fessée.
    – On ne s’amuse pas avec les fantômes, compris ?
    Et il disparut dans la nuit noire, dans un grand bruit de cliquetis …
    L’enfant, fatigué, changea de chaîne.
    Ces histoires de fantômes, c’était idiot.
    Il s’endormit aussitôt, un sourire sur les lèvres.

  8. françoise dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il. 
    Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    En reconnaissant la voix de sa femme il crut défaillir : ce n’était pas possible que ce soit elle et pourtant elle disait vrai : qu’il en avait constamment dit du mal mais que pouvait-il en dire d’autre : elle lui avait pourri la vie pendant 50 ans et depuis qu’on l’avait enterrée, pourquoi ne l’avait-on pas incinérée comme c’était la coutume désormais avec la mondialisation ? il s’en était cru débarrassé à tout jamais. Elle ne serait tout de même pas à ses basques pour l’éternité tout de même. Il allait en parler au fantôme qu’il croisait régulièrement au cimetière et qui était soi-disant au mieux avec Satan. D’ailleurs il se demandait pourquoi il allait si souvent sur sa tombe. Il en était là de ses pensées quand il aperçut satan en personne qui paraissait d’excellente humeur – une fois n’est pas coutume. S’armant de courage il  l’interpella :
    Satan peux-tu me débarrasser du fantôme de ma femme.
    Que veux-tu que j’y fasse ! Tu t’es marié à l’église je pense et c’est donc pour l’éternité que tu es lié à elle. Mais prends du bon temps, elle ne s’en est pas privée ; imite-là ! Le proverbe dit :L’avenir est un fantôme aux mains vides qui promet tout et qui n’a rien…Profite ; selon mon calendrier il te reste peu de temps.
    A ces mots, l’ex cocu sentit la vie frémir à nouveau en lui et puisqu’il pouvait désormais tout promettre il décida de se payer du bon temps en attendant d’aller hélàs la retrouver.

     

  9. Anne-Marie dit :

    – J’ai deux mots à te dire…
    La voix spectrale me hérissa le dos de frissons. Je me retournai. Un fantôme ! Je restai coi, les yeux ronds comme des billes, cherchant qui se cachait dans ces voiles opalescents.
    – Comment oses-tu dire autant de mal de moi ?
    La voix rageuse ne me rappelait personne. Mon esprit cavalait à travers mes souvenirs, mes amis, mes proches… Qui pouvait me tenir ces propos, je n’étais pas médisant par nature, ni rancunier… Bien sûr il y avait quelques exceptions, mais rares et je n’avais pas connaissance de leur disparition. D’ailleurs je ne traversais ce cimetière que par commodité, ce lieu, d’habitude serein, raccourcissait mon chemin.
    – Qui es-tu donc pour me faire de tels reproches ?
    – Comment… tu ne me reconnais pas ?
    Je réfléchissais… la taille, plus grand que moi, plutôt mince, voir maigre, mais allez vêtir un squelette ! Qui donc avait récemment disparu ? J’élargissais mes recherches, en vain !
    – Désolé, je ne te reconnais pas !
    – Comment, tu ne me reconnais pas ! Alors ça, c’est le comble !
    Il se mettait en colère, agitait ses grands bras. Je regardai autour de moi, le jour déclinait, plus personne aux alentours… L’angoisse montait, je fis un pas, j’avais envie de fuir.
    – Tu ne t’en sortiras pas comme ça ! Arrête de faire l’imbécile !
    Le ton devenait menaçant, les bras hantés se déployaient comme pour m’enserrer.
    – Rappelle-toi tes dernières soirées.
    La peur me gagnait ! Mes dernières soirées ? plutôt studieuses, à nouer les fils d’une intrigue. Non, je ne voyais pas.
    – Et ça, ça te dit quelque chose ?
    D’un geste brusque, il extirpa de ses voiles évanescents une feuille froissée, couverte de ratures.
    – Ah ! mon Dieu ! … Ecoute, c’est promis, dès ce soir tu retrouveras ta place !
    La veille, après l’avoir voué aux gémonies, j’avais, d’un geste rageur, envoyé mon antagoniste à la corbeille.
    – T’as intérêt !
    Avec un crissement de plume, le spectre se fondit dans l’heure bleue.

    © ammk

  10. Jean-Pierre dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il. 
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    – Normal ! Tu t’accroches à mes basques alors que je suis béarnais, et tu sais très bien que…
    – Raciste !
    – Si tu n’étais pas un spectre, je te foutrais mon poing sur la gueule.
    – Et si j’étais encore en vie, c’est toi qui serais allongé sur le sol.
    – Je m’en fous, maintenant tu ne peux plus rien contre moi.
    – Qu’en sais-tu ? Il me semble que je n’ai pas encore perdu toute ma puissance électrique. Tu vois le nuage au-dessus de toi ?
    – Oui, et alors ?
    – Ce nuage, c’est un copain sniper. Je n’ai qu’une pensée à lui envoyer, et tu vas te retrouver dans le même état que moi. C’est ça que tu veux ?

    La foudre tombe sur la grille du cimetière à quelques mètres de l’homme qui est un peu sonné.

    – O.K. J’ai compris. Je… je t’écoute. Qui es-tu ?
    – Thérèse.
    – Thérèse ???… Euh ?

    L’orage gronde. L’homme se souvient.

    – Ah ! Oui ! La fille aux yeux de braise…
    – Je te rappelle que tu m’as bafouée publiquement.
    – Je me suis conduit comme un salaud, c’est vrai. Je te supplie de me pardonner.
    – Trop tard ! J’étais désespérée, et je me suis jetée du haut de la falaise. Tu ne l’as jamais su.
    Maintenant tu sais. D’ailleurs, j’ai chargé ta femme de te le rappeler au cas où tu oublierais. J’en ai parlé aussi au mari de ta maîtresse, et il a paru très intéressé. Adieu !

  11. Clémence dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il. 
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.

    – C’est certain, lui répondis-je en m’asseyant sur la tombe la plus proche.

    Lui, le spectre, à qui on ne répondait jamais, devant qui on courbait l’échine, eut un mouvement d’effroi. Il rejeta un pan de son drap sur son épaule tandis qu’une lumière féroce alluma son regard.

    Je tapotai délicatement la tombe, l’invitant de la sorte à venir prendre place à mes côtés. Il bougea un peu…Je sentais sourdre au fond de moi une arrogance pareille à celle de Don Giovanni face au Commandeur lorsque celui-ci répondit à son invitation nocturne.

    Je vis le spectre glisser d’un pas vers moi. Les lueurs de la nuit projetèrent son ombre sur la dalle de marbre noir, telle une lune cabossée.

    Je continuai de tapoter. Je sentais jaillir en moi cette force créatrice pareille à celle de Munch hurlant son Cri.

    Le spectre était devant moi, le bas de son drap à la hauteur de mes yeux. Je levai la tête et le toisai.
    – Alors, tu t’assieds ? le narguai-je.

    Il se courba avec grâce. Sa silhouette épousa les rebords de la dalle. Il ajusta ses plis délicatement.

    – Reprenons, lui dis-je. Tu trouves que je dis plus souvent du mal de toi que tu bien…
    – Exact. Et je pense ne pas être le seul à avoir cette pensée.

    Une onde glacée se faufila dans mes veines et je m’attendais à voir surgir des milliers de spectres, scandant le même reproche. Et ils auraient eu raison. Car, du mal, j’en avais dit. Je n’avais pas ma langue en poche et j’aimais tremper ma plume dans l’acide…

    – Alors, tu ne dis rien ? reprit-il d’une voix doucereuse.

    Je pris le temps d’une profonde respiration et je lui déversai tout de go :
    – Un mal pour un bien…

    Il se tordit en point d’interrogation et répéta :
    – Un mal pour un bien, allons donc….

    Sans le moindre jeu de mots, j’enchaînai :
    – Tout au long de ma vie, je n’ai fait que cela. Dire du mal. Dire du mal du Mal. Dire du mal de toi, ne t’en déplaise.

    Mes paroles atteignirent le spectre en plein cœur. Je continuai sur mon élan.
    – Oui, j’ai dit du mal du Mal.
    De cette violence qui gronde au fond de l’être humain.
    De ce mal qui ronge les chairs jusqu’à la mort.
    De ce mal, avaleur de souvenirs qui efface une vie par pans entiers.

    Le spectre déposa une loupiote sur le marbre noir.

    Je continuai, imperturbable :
    – Oui, j’ai dit du mal.
    De la jalousie qui pourrit les relations humaines.
    De la colère dévastatrice et de la peur tétanisante.
    De la manipulation avilissante et de l’égocentrisme.

    Le spectre déposa trois autres loupiotes.

    – Oui, j’ai dit du mal.
    De la soif de pouvoir des despotes.
    Des guerriers qui vainquent sans péril et triomphent sans gloire.

    – Oui, j’ai dit du mal. C’est mon devoir. C’est ma bataille. Et elle est loin d’être finie.

    A chacune de mes accusations, le spectre ajoutait une loupiote. Elles formaient un pâle chemin de lumière dans la noirceur ambiante et la silhouette du fantôme s’estompa doucement.

    Soudain, le tonnerre gronda et les éclairs déchirèrent les nuages invisibles. La lune épandit sa clarté sur le cimetière. Le vent entraîna les flammes vers le ciel, en une subtile voie lactée.

    Au loin, les étoiles chantaient :
    – Souviens-toi qu’il faut parfois dire le Mal pour qu’il disparaisse…

    © Clémence.

  12. LELEU Yvette dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui, il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    _ Tu parts? Pourtant J’ai deux mots à te dire, marmonne le spectre.
    _ Je t’écoute, bredouille t’il.
    _ Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi ces temps -ci que de bien et, je me pose la question de savoir pourquoi,oui…pourquoi fais-tu cela? Après tout c’est bien à cause de toi que je me retrouve coincer ici hein!
    _ Qui te dis que moi, je dis du mal de toi?Et pourquoi je ferais ce genre de chose dis donc? t’es nul à ce jeu là tu le sais non?
    _ Oh éh! tu peux reformulé ta réponse ou ta question là, c’est un peu le foutoir aurais-tu peur de moi par hasard ricane le fantôme en bougeant doucement?

    _Peur de toi! Non mon pote,j’ai jamais eut peur de toi tu m’entends! une vieille dame qui porte des fleurs fanées au compost se fige et d’un lent mouvement de la tête regarde autour d’eux. Ne voyant rien de plus que ce jeune homme blond la mine dépité qui la regarde à son tour, elle hoche sa belle tête et semble lui dire
    : » je comprends ça mon jeune ami, je comprends ça, continuez donc je vous laisse ». Elle trottina sans plus se soucier de ce jeune homme,du moins c’est ce qu’il crut.

    Pourtant, il lui semble bien que quelqu’un le surveille, cette drôle d’impression qu’il ressent sur la nuque est bien le signe que des yeux se posent sans cesse sur lui et, ce n’est pas ceux de Marcus puisque ce drôle de guignol se tient évanescent devant lui…alors! qui?
    _Tu te sens épier hein murmura Marcus, c’est normal,mes copains sont au courant et ils te surveillent…tu m’as déjà trahis une fois alors n’escompte pas une deuxième, tu dois me répondre Julien,j’en ai besoin. Dis moi pourquoi je me suis retrouver sur cette table seul à la morgue sans qu’aucun des miens ne viennent me dire adieu et sans mon plus fidèle ami…tu dois me le dire c’est plus qu’important.

    _ Je le regarde et mon coeur se serre dans ma poitrine, il est rester si beau,je vois pourtant la trace du camion sur son fin visage. La mort l’a remodelé un peu mais, cela reste visible._ Tu ne te souviens pas! Vraiment pas? _ Je viens de te dire que je me suis réveiller sur une table froide à la morgue. Un infirmier m’a laver de haut en bas avec de l’eau glacé et il chantonnait du : » Jo le taxi c’est sa vie ». Tu imagines un peu mec!

    _ Je souris car Marcus déteste la belle Vanessa à cause de Johnny Deep ,pourquoi? ben là ça le regarde! _ Marcus, je ne pense pas que ce soit le bon moment ou encore le lieu idéal pour cette conversation._ Et ou voudrais tu que cette conversation se déroule mon ami? Tu sembles oublié que moi, je ne peux quitter ces lieux alors dis moi comment tu vas faire pour tout m’expliquer! Je me sens si bête tout à coup que j’en rougis et cela amuse Marcus. _Oh tu es encore à rougir comme une fille se gausse t’il.

    _Non Marcus c’est juste que je viens de comprendre que moi, je peux partir et toi tu dois rester. Je ne te dois rien Marcus, je suis ton ami de cela ne doute pas. Je ne dis ni plus ni moins que la vérité et si Dorothée te dis le contraire alors…dis-lui que la faute lui incombe et tu verras elle changera de registre.
    Je dois partir Marcus mais, je reviens te voir dès demain et si tu en as la possibilité, je te donnerai mon avis sur ton accident.

    Promets moi Marcus d’être là demain! Il me regarde, je le vois,il s’estompe dans le clair matin,j’aime venir voir ma mère au aurore l’heure qu’elle aimait plus que tout._Ecoutes mec,je sais pas mais je vais essayer,je pense pas partir très loin de toute façon hein! Il glousse oh le con! Son sens de l’humour me manque tellement. Six mois qu’il est parti, six mois que je me demande pourquoi lui! Sur un léger bruissement il s’en va,il ne m’a pas dit oui ni non j’espère simplement que demain Samedi il sera là au aurore et que l’on pourra se parler encore. La vieille dame s’en va elle aussi et surpris, je la voie se fondre dans la pierre. Le coeur battant la chamade je vais regardé qui gît là. Madame Marthe Vaslair.

    Elle était si belle, une photo d’elle sur le marbre crème la représente à ses trente ans. J’ai compris,demain je viendrais avec un beau bouquet de fleurs des champs elle sera contente. J’ai un travail à faire, Dorothée va m’entendre qu’elle peau de vache celle-là elle perds rien pour attendre. Le coeur serrer de nouveau,je me laisse happer par ma pierre et je me fond là tout seul dans mon grand cercueil, j’ai le coeur léger,j’ai renouer avec mon ami d’enfance, le ciel se dégage au-dessus de ma tête et je sens le soleil,hum il va faire beau. Marcus ne le sait pas, il a oublier…moi aussi j’ai oublié que ce jour là, je suis mort avec lui. Le revoir juste ce matin me rend heureux… y-l

  13. grumpy dit :

    C’est la Toussaint, pas question de louper ma visite au cimetière. Cette année il fait particulièrement beau, doux, le soleil éclate, les chrysanthèmes explosent de couleurs. Brave fleur qui prête ses derniers feux à l’automne. En même temps qu’elle vaporise son odeur très personnelle, elle étale généreusement sur les marbres ses tons lumineux : sa manière de mettre du baume aux cœurs au moment du souvenir.

    Cette promenade et la tranquillité que j’y éprouve en zigzaguant dans les allées m’apaisent tout en me donnant à réfléchir sur mon propre sort.

    Mais cette fois il en alla tout autrement. Ma visite était presque terminée lorsque je sentis que dans mon dos quelqu’un tirait sur ma veste. Je m’attendais à tout sauf à un fantôme et j’entendis :

    – J’ai deux mots à te dire, je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.

    – Ah ouais ! Et ça vous étonne ? Vous n’êtes pas contente peut-être ? En plus croyez-vous que je ne vous ai pas reconnue, c’est comme avant, vous me prenez toujours pour une idiote. Si vous vous imaginez que maintenant je vais me gêner et continuer à me taire, oubliez ça tout de suite, même pas en rêve !

    – Hé bien toi au moins tu n’as pas changé

    – Changé, changé ? Et puis quoi encore. Moi je n’ai rien à me reprocher, mais vous… Est-ce que j’ai jamais eu la tête de quelqu’un qui change. Vous en revanche, je vous ai toujours trouvée laide mais maintenant vous avez une sacrée sale gueule, carrément à faire peur

    – Comment tu me parles maintenant, avant tu étais plus timide

    – Avant, c’était avant, c’était quand je priais tous les jours pour que vous creviez le plus vite possible, grâce au Ciel ça a fini par arriver mais il en a fallu du temps et de la patience. Je vous ai envoyé tellement de mauvaises pensées que la migraine ne m’a pas quittée pendant les sept années de mon mariage que vous avez pris un tel plaisir à empoisonner

    – C’est que tu n’étais pas l’épouse que je souhaitais pour mon fils

    – Et moi, croyez-vous que vous avez été la belle-mère que j’aurais pu aimer, avoir pour confidente, appui et amie. Au lieu de ça je n’ai reçu de vous que critiques et vacheries, et la gamme était variée. Vous n’aurez pas oublié cette époque où jeune mariée, je travaillais comme une dingue, tellement que si les heures supplémentaires m’avaient été payées maintenant je serais riche. Vous étiez mon cauchemar. Je rentrais tard crevée, préparais le repas, mettais la table, à peine commencions nous à dîner mon mari et moi que l’on entendait la sonnette. Et voilà c’était la belle-doche qui débarquait. J’aurais préféré que ce fut le diable, même lui n’aurait pas eu la vulgarité de mettre son nez dans le plat pour finir immanquablement par cette réflexion : « ah mon fils, qu’est-ce qu’on te sers-là ! Tu ferais mieux de venir manger à la maison »

    Et lui, tranquille, pas un mot, le nez dans l’assiette il avait l’air de trouver ça naturel, normal. Il attendait patiemment que de guerre lasse elle tourne les talons. Il n’avait jamais été un gros courageux le fi-fils à sa mémère, ça je l’avais compris trop tard. Jamais content de son travail, toujours à geindre, à avoir des velléités d’en changer, se gardant bien toutefois de chercher plus avantageux. Et moi qu’est-ce que j’entendais alors ?

    – J’entendais « mon pauvre chéri, si ton travail ne te plaît pas, n’y va plus, après tout ta femme travaille… » Alors à lui, je disais « tu entends ça et tu ne bronches pas » à quoi il répondait « moi, je ne veux pas d’histoires »

    Et le bouquet ça été lorsque vous avez commencé à insinuer, puis à insister, à faire des réflexions du genre « alors quand est-ce que vous allez vous décider à avoir un petit ? Je vous le garderais, je l’élèverais »

    Ouh pétard ! Là, mon sang n’a fait qu’un tour. Intérieurement j’ai pensé : Vous ! Élever mon petit, pour que vous l’éduquiez comme vous avez éduqué les vôtres peut-être ? En faire une chiffe molle : jamais de la vie.

    – C’est à partir de là ma pauvre vieille qu’en cachette, j’ai loué un appartement, commandé le déménageur, et un beau soir quand votre petit chéri est rentré un peu fatigué tout de même d’avoir fait la queue pour pointer au chômage et que vous avez sonné à la porte pour venir vérifier le menu : le vide, envolée la belle-fille, plus personne que votre petit chouchou de 30 ans assis sur une caisse et qui pleurait.

    – Alors si vous vous imaginez que maintenant vous allez vous mettre à me hanter… Lâchez ma veste et vite ! Foutez-moi la paix éternelle et retournez d’où vous venez pour ne plus jamais revenir.
    Allons, allons, on se grouille sinon – et je lui agitais mon briquet sous le nez menaçant son calicot – je vais foutre un sacré feu de joie à la feue que vous êtes déjà.

  14. Alain Granger dit :

    Le foulard gazeux qui voilait l’astre qui nuit se retira. Un clair de lune à Maubeuge lui permit de se mettre au coran quand à l’identité du spectre. Il n’en croyait pas ses yeux. Un arabe barbu et amplement vêtu semblait sorti d’un âge reculé. Il émanait de lui une sagesse contrariée qu’éclairait une lumière diffuse, presque transparente.
    – Que fais-tu La Mecque ? l’interrogea-t-il
    – Tu es bien le journaliste du Monde qui écrit sur le terrorisme ? lui renvoya l’étrange hère.
    – Oui, ma plume y a jeté son encre avant qu’elle ne Vogue ailleurs, dans la mode peut-être…
    – Je te connais. Ta plume a de l’esprit et se montre parfois acerbe.
    – En effet, parfois à Serbe que le Slovène nie dans une Macédoine de grosses légumes qui mélangent haine et vérité. Seule la vérité compte pour moi. Je la traque derrière le mensonge.
    – Tu ferais mieux d’avoir plutôt le traque de parler ainsi de moi !
    – Je parle de toi ? Mais qui es-tu ?
    – Je suis Mahomet le prophète.
    – Mais non ?
    – Messie !
    Un frisson parcouru le dos du journaliste. La fraicheur de la nuit sans-doutes.
    – Mais que me veux-tu ?
    – Que tu arrêtes de parler mal de moi avec une lisse lame entre les dents. Je crois qu’en bon catholique tu as l’Adam contre moi.
    – Mais point du tout. Je me l’Eve contre cette affirmation. Ce n’est point de toi et de ta parole contre laquelle je m’insurge mais contre l’interprétation qui en est faite, qui en nait fête de la mort que certains donnent en ton nom.
    – Mais de tes écrits, il en nait toutefois une confusion qui rejaillit sur la foi musulmane et lui nuit toujours, qui la stigmatise au jour le jour.
    – Il en est con fusion entre les âmes perdues et ta doctrine que les extrémistes qui l’y mène, qui l’hymen et qui l’émanent, qui l’inter prêtres lorsque le mât omet de condamner le djihad, lorsqu’un imam lit mal le coran jusqu’à porter la guerre sainte Allah une des médias. Alors c’est le djihad qui dit vague pour noyer les fidèles dans l’extrémisme et le terrorisme.
    – Mais le mot « djihad » signifie l’effort, la lutte que le croyant exerce sur lui-même pour devenir meilleur et non point une lutte armée. Les musulmans le savent bien et les autres religions feignent de l’ignorer.
    – Je te crois Mohammed mais le message est confus. Les conflits en sont les conséquences. Les chiites et les sunnites se déchirent en haïssant l’occident, les sémites et le mythe de la croisade chrétienne, un mythe qui renforce la haine des crétins, des hooligans qui au lit gagnent le droit de se sentir reconnus, le droit de se vêtir en Olly Gan et de con quérir mille vierges à pouvoir déflorer au paradis d’Allah.
    – Tu mélanges tout. Tu mélanges la foi et son interprétation. Vous les chrétiens, vous n’avez pas fait mieux en vous déchirant durant des siècles entre catholiques et protestants.
    – Tu as raison. Les chrétiens ne se sont pas toujours conduits de façon très catholique et c’est en protestant qu’ils ont écouté une autre lecture de la parole de Dieu. Une lecture considérée comme hérétique par des cons sidérés par tant d’athéisme. Ils ont préféré l’anathème plutôt que de dire je t’aime à Anna et aux autres Luthériens. Quelque soit la religion, la croyance peut être source d’intolérance, une eau pium, une drogue qui exalte aujourd’hui ces délaissés de la société, ces morts-vivants qui seront prêt à en perdre la vie en écoutant l’avis de ceux qui leur donne de l’importance.
    – Oui ton analyse est juste. Alors, dans tes prochains articles, précise tes mots plutôt à ceux qui me lisent mal ou qui s’enlisent dans l’interprétation des radicalistes, des islamistes et des extrémistes plutôt que de mettre des maux à ceux qui se coalisent contre l’islam par une peur atavique de l’inconnu.
    – Je te promets que je ferai attention a donner les moyens à mes lecteurs de ne point faire l’amalgame entre le Coran et ceux qui s’en réfèrent. Je ne serai point le conducteur d’un courant anti-islamique.
    – Je suis satisfait et je vais ici me taire. Alors quitte ce cimetière sans la crainte de mon cimeterre.
    L’image du spectre disparut dans un sourire et le journaliste se demanda plus tard s’il n’avait point rêvé, si un feu follet n’avait point embrasé son imagination en cette veille de la Toussaint. Il se dit qu’il ne serait pas esclave de sa vision mais qu’il garderait en cette Toussaint l’ouverture avant de partir en reportage à Saint Domingue.

  15. iris79 dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il. 
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    Se ravisant rapidement pour ne point perdre la face (c’eut été faire croire au spectre que lui seul avait les cartes en main et pour sûr, pour lui le début du trajet vers l’enfer, d’un présent tourmenté) il s’arrêta et d’un ton détaché et nonchalant lui rétorqua :

    -Ah Edgar, tu ne vas pas commencer ! Pas à moi ! Je ne te connais que trop bien et je n’ai aucun mal à croire que tu n’aies pas perdu la moindre seconde en arrivant ici pour repérer au plus vite tes futurs compagnons d’infortune. Allez avoue ! Oseras-tu me dire combien d’esprits t’es tu déjà mis à dos depuis que tu es arrivé ici ? Sur combien de tombes es-tu déjà aller cracher ton venin ? Comment as-tu choisi ceux qui te servent de témoins lorsque tu déverses ton fiel ?
    Alors tu m’excuseras,ce n’est pas parce qu’on se laisse aller de temps en temps à la terrasse du café le dimanche entre copains à se rappeler tes sales manies que tu vas venir m’emmerder quand je viens passer un petit moment avec ce pauvre Jean-Louis qui était la gentillesse incarnée. J’espère que tu lui fous la paix au moins à celui-là!

    Il était tout retourné de son propre aplomb ! Il n’aurait jamais cru garder la face et répondre de cette façon. Mais il faut dire que les événements des derniers mois l’avaient changés. Perdre deux camarades coup sur coup lui avait fait un électrochoc. Ce pauvre Jean-Louis puis ce sacré filou d’Edgar. Il avait décidé désormais d’aller à l’essentiel, de ne plus s’encombrer avec la bienséance, de vivre pleinement les jours qu’ils passerait encore sur terre et en profiter au maximum. Mais cela était quand même un choc de se retrouver là à parler à cette carne d’Edgar. En même temps quel bonheur que de prolonger cette conversation avec son vieux copain. Est-ce qu’il pourrait parler à Jean-Louis aussi ? Parce que lors de ces visites précédentes, ça n’avait jamais été le cas !

    Quant au spectre, il en était tout estomaqué et n’en croyait pas ses oreilles. Croyant une fois de plus mettre à mal son vieux copain il se trouva fort dépourvu devant cette incrédulité inhabituelle. Il faut bien le dire, Edgar aimait se servir de son ami comme bouc-émissaire. Il mesurait à présent à quel point il avait pu se montrer dur et injuste avec lui.

    -Ecoute mon vieux, je….

    -Oui je t’écoute Edgar !

    -Je te présente mes excuses ! Je regrette. J’aurais dû être moins con avec vous. Oui, je regrette, vraiment je regrette. Depuis que je suis ici, j’ai eu tout le temps de réfléchir et de ressasser le passé. J’ai vraiment été injuste avec toi. J’aimerais que tu m’aimes un peu quand même. Et pour être honnête, tu as raison, je n’ai pas perdu de temps pour emmerder Jean-Louis et il me fait la gueule depuis trois jours. Si tu pouvais m’aider…

    Il s’arrêta devant la tombe de Jean-louis, Edgar à ses basques et fit ce qu’il avait toujours fait. Réconcilier ses vieux amis. Ce qui aujourd’hui ne fut pas une corvée mais un immense surprise.
    Ces trois bonnes âmes finirent même par en rire, ce qui attira les regards étonnés et quelque peu choqués vers cet homme qui déposait une chrysanthème sur une tombe en s’esclaffant.

  16. Liliane dit :

    Elle atteignait la porte du cimetière quand elle perçut un froufroutement derrière elle.
    Elle fit volte-face.
    Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à vous dire, murmura le spectre.
    – Je vous écoute, bredouilla-t-elle.
    – Pourquoi dites-vous plus souvent du mal de moi que du bien ?
    – Chaque année, à la même période, vous essayez de me troubler avec vos discours existen’ciels. Votre harcèlement spectral ne me touche pas.

    Elle n’attendait pas de réponse et entra dans ce havre de paix et de silence. Enfin, presque…
    Le fantôme lui fit face.
    – Vous n’avez pas répondu à ma question, insista-t-il.
    – Le bien, le mal…Quelle différence pour vous ? Que vous importe ce que je dis ou ce que je pense. La vie, c’est la mort, La mort, c’est le néant.
    – Le néant n’existe pas. J’en suis la preuve…vivante…
    – Alors, allez survivre avec tous ces esprits qui hantent cet endroit. Vous errerez pour l’éternité car jamais je ne vous accorderai mon pardon.

    Elle le planta là et continua son chemin, sensible au spectacle automnal qui s’offrait à elle.
    Elle s’arrêta devant une simple pierre tombale en granit rose, sur laquelle étaient gravés en lettres argentées ces tendres mots :

    Si petite
    Si douce
    Si tôt

    Le fantôme se posa à côté d’elle,silencieusement.

    Elle se pencha et offrit à son petit ange un bouquet de fleurs blanches.

  17. Nadine de Bernardy dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui.
    Il fit volte face.
    Un fantôme était accroché à ses basques.
     » J’ai deux mots à te dire,marmonnât le spectre
    – je t’écoute,bredouilla-t-il
    – je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien
    – Ah!il ne s’agit que de ça! dit-il reprenant ses esprits.
    Que t’importe,puisque bientôt je serai comme toi.Garde ta susceptibilité pour de plus nobles causes ».
    Et il pénétrât dans le cimetière,refermant la porte au nez du fantôme piteux,lui laissant tout loisir d’aller s’accrocher à d’autres basques.

  18. Antonio dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il.
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    – Mais… hum, Gérard, on ne peut pas dire que t’ais été un saint, ici bas.
    – Bah, justement, Michel. J’ai une occasion en or, là-haut.
    – Comment ça ?
    – Bah, il y a une place qui s’est libérée à côté de Saint-Pierre. Il y a des élections pour intégrer son assemblée. Et j’ai postulé, tu me connais.
    – Tu ne perds pas de temps, mon salaud. La politique te poursuit jusque-là haut.
    – Tu ne penses pas si bien dire. Si tu pouvais justement arrêter de me traiter de salaud et penser à dire du bien de moi. Comment oses-tu ? Pas toi !
    – En quoi ça te touche, maintenant, Gérard ? Tu ne te gênais pas en d’autres temps. Déjà, tu cherchais à passer pour un saint.
    – Je sais. Mais au paradis, pour une place dans l’élite, ça ne suffit pas. Ils élisent chaque membre en fonction des ondes positives qui viennent des cœurs de la terre. Et aussi après avoir fourni un dossier.
    – Quel genre de dossier ?
    – Tu retraces tout ce que tu as fait de bien dans ta vie.
    – Et ?
    – Il faut dire que j’ai un peu menti sur mon patrimoine.
    – Immobilier ?
    – Aussi. Alors si en plus les ondes contredisent mes dires. Venant de toi, je suis sidéré. Je pensais pouvoir compter sur toi. Et qu’est-ce que j’entends, ici bas ? Pas toi ?
    – Écoute, Gérard… Je ne pensais pas que cela pouvait te causer du tort. Mais vois-tu, avec l’image que tu as laissé ici, si je veux avoir une chance d’être élu, mieux valait que je prenne le contrepied de ta personnalité.
    – Quoi ? … Tu…
    – Et bien… il se trouve que depuis ton départ, la place s’est libérée.
    – Et la parole aussi, à ce que j’entends !
    – Je suis désolé, Gérard. Si j’avais su que Mitterrand disait vrai sur les forces de l’esprit.
    – Si tu savais où cela l’a amené, celui-là, l’opportuniste !
    – Non. Où ?
    – Il a pris la place de Dieu.
    – Non !
    – Carrément. C’était juste avant que j’arrive, aux dernières élections spirituelles. D’après les autres spectres, lors du débat du deuxième tour, il aurait ressorti à Dieu la réplique de Giscard.
    – Vous n’avez pas le monopole du cœur ?
    – Exactement. Heureusement pour lui, Giscard n’était pas là pour dénoncer le plagiat. « Deux mille ans que vous ne vous occupez plus du sort des pauvres âmes de la base » qu’il lui a balancé derrière. L’autre est resté cloué sur place et n’a pu ressusciter dans un nouveau mandat.
    – Putain ! Si les cathos savaient qu’ils priaient Mitterrand, pas sûr qu’ils iraient encore à l’église le dimanche. Et Dieu, qu’est-ce qu’il est devenu ?
    – Il est sorti de son silence et s’est mis à multiplier les conférences en enfer, expliquant à Satan comment acquérir un bien sans mal et détourner le fond des âmes vers un nouveau paradis, exempt de toute probité. Bref, ce qu’il a développé sur terre.
    – Dieu, conseiller du diable ? Et au paradis, Mitterrand n’a pas de quoi s’en faire ?
    – Lui ? Il aurait mis tout le monde sur écoute, jusqu’à Saint-Pierre, celui par qui toute âme passe.
    – Et ce Saint-Pierre, il roule pour qui ?
    – Lui, il est blanc comme neige. C’est l’Abbé Pierre en personne. Il n’a pas changé. Justement, ça n’arrange pas mes affaires pour intégrer son parlement. Il a oui dire des choses à mon sujet, tu comprends…
    – Lesquelles ?
    – Le mal que j’aurais fait, les biens que j’aurais confisqués, les gens que j’aurais trahis… des choses ignobles qu’on n’a jamais réussies à prouver sur terre. Et juste en scrutant la parole sincère et le cœur des hommes, il lui suffirait de me juger ? … Mais où va-t-on, Michel ?
    – En enfer, Gérard, j’en ai bien peur. En enfer !

  19. Cetonie dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il.
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    Se souvenant que l’attaque est la meilleure défense, il se retourna franchement :
    – D’abord, qui es-tu ? demanda-t-il avec autorité
    – Tu le sais bien, je suis Germain… Germain, ton vieux copain, décédé l’an dernier en tombant de sa palombière…
    – Ah oui ! Je me souviens… c’est vrai qu’il nous arrive d’évoquer les bons moments passés ensemble, mais, honnêtement, je ne vois pas…
    – Ah, tu ne vois pas ! Alors, ouvre ta mémoire… par exemple, pas plus tard que dimanche dernier… oui, ça te revient ! Au bistrot, avec Auguste et Gérard, allez ! Ose me répéter ce que tu as dit sur moi.
    – Rien de bien méchant, quand même, juste que tu ne visais pas bien après ton 5° verre…
    – C’est ça ! Et en plus, tu insinues que je buvais trop, alors que nous en faisions tous autant ! Et tu appelles ça « gentil » ?
    – Bon, d’accord je vais faire attention, ça te va ?
    – Souviens-toi : je te surveille !

    Et la vie du joyeux chasseur devint infernale, chaque fois qu’il se retrouvait avec ses copains, il sentait cette présence invisible autour de lui, et faisait attention au moindre mot qu’il prononçait, à tel point que les autres s’en aperçurent et lui demandèrent
    – Mais qu’est-ce que tu as tout le temps à te retourner, comme si quelqu’un te suivait, et que tu devais lui demander la permission avant de dire un seul mot ? Tu es vraiment bizarre, tu sais.
    Il fut bien obligé de raconter ce qui lui était arrivé en sortant du cimetière, et comment Germain l’avait menacé
    Et il fut stupéfait de recevoir en retour un énorme éclat de rire
    – Oh, le pauvre ! Et il y a cru ! Mais tu ne sais pas que Germain nous a aussi fait le coup ? Mais si tu connaissais mieux ton catéchisme, tu saurais que les fantômes ne sont autorisés à se montrer que les soirs d’Halloween ou le jour des morts, et que, surtout, ils ne peuvent jamais sortir du cimetière. Donc, tu oublies cette histoire idiote, et tu nous paies la tournée, on en profitera pour redire tout le mal qu’on a jamais dit sur lui… c’était quand même un bon gars, le Germain.

  20. BACHELLERIE dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire, marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il.
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    – Qui t’as dit cela ? souffla-t’il
    – Et bien, ici, tout le monde est au courant. Que crois tu? Que personne ne t’a entendu l’autre jour quand tu es reparti avec elle ?
    – Euh, j’ai, j’ai…il avait les yeux exorbités, l’air ne voulait décidément pas rentrer dans ses poumons…bredouillant, il cherchait une excuse
    – Voilà! c’est ça, je savais que j’avais raison. J’ai gagné mon pari. Pourquoi avoir continué à lui mentir?
    – Mais ce n’est pas ma faute si elle a tout mal interprété! se défendit-il. J’ai essayé de lui expliquer pourquoi j’ai du mentir aux voisins, mais elle n’a pas voulu écouter, du coup, j’ai finalement du lui dire que c’était une blague, que c’était toi qui avait..
    – Mensonge! hurla le spectre en lui coupant la parole, pourquoi avoir colporté de telles rumeurs sur moi ? T’étais pas obligé d’en rajouter en plus!
    – Mais si! Une fois qu’elle s’est calmée, c’était plus simple ainsi, tu comprends ?! demanda-t’il désespéré.
    – Non!!! Asséna le spectre. IL se mit à prendre du volume, rendant l’air autour de lui presque solide.
    Thomas recula inconsciemment..il avait le dos plaqué à la porte du cimetière. Frissonnant et transpirant tout à la fois, il essaya de rationaliser les choses. Bon sang! Il était en train d’avoir une conversation avec son frère défunt! Mais comment ? Comment une telle chose était possible ? Ils l’avaient tous enterré il y avait maintenant 2 ans! Jamais, au grand jamais, il n’aurait pu se douter qu’en venant ce 1er novembre en soirée, il reverrai son frère…Essayant de se calmer et ce faisant de penser à des choses positives, il regarda avec horreur le spectre se coller à lui, lui soufflant un air froid et des paroles qu’il n’oublierait pas de sitôt :  » Je vais me venger cher Thomas, et plus jamais tu ne pourras dormir en paix. Je ferai de tes nuits un vrai cauchemar! Tu abuseras de substances afin de…
    – Non, non, je t’en prie le coupa Thomas, je t’en prie, je vais arranger la situation! Je te le jure!
    Le spectre resta en suspens devant un Thomas effrayé. Réfléchissant à ce qu’il venait de lui jurer, il commença à dégonfler tout doucement. Mais il resta collé à Thomas. Soufflant toujours cet air glacé, il dit :
    -Très bien. Je t’écoute.

  21. ROBERT Michel-Denis dit :

    Il atteignait la porte du cimetière quand il perçut un froufroutement derrière lui. Il fit volte-face. Un fantôme était accroché à ses basques.
    – J’ai deux mots à te dire marmonna le spectre.
    – Je t’écoute, bredouilla-t-il.
    – Je trouve que tu dis plus souvent du mal de moi que du bien.
    La plante de ses pieds sembla se dérober. Il se sentit soudain attiré. Une figure d’Halloween ! Il venait de lui répondre comme s’ils étaient en cours de conversation. Il s’arrêta une seconde, de la sympathie mêlée d’incrédulité dans le regard. Derrière son masque impassible, il apprivoisait sa méfiance naturelle de l’inconnu.
    Pierre se ressaisit. C’est la première fois qu’il la revoyait depuis son décès. Il avait reconnu sa voix.En maîtrisant au mieux ses tremblements, il renforça ses appuis dans le sol. « Si je dévie d’un pouce, elle va se volatiliser, se dit-il. La retenir par l’intérêt des mots. Surtout ne pas l’effrayer. Mais la centrer sur le but de sa visite. » Sans réfléchir, il lui répondit :
    – D’où prends-tu tes infos ? De ton vivant, je suis la personne qui t’a le plus soutenue. La preuve, si je n’avais pas cru en toi, tu ne m’apparaîtrais pas. Maintenant les rôles sont inversés.
    Vexée, l’apparition disparut derrière un monument. Elle ne s’habituait pas à sa nouvelle condition. C’est elle qui donnait les ordres autrefois. Mais depuis cet accident, quelque chose qu’elle ne définissait pas lui avait mangé son âme. Pendant quelques secondes, elle chercha une réplique. Elle avait passé la nuit dans ce monument, sans radiateur. Juste la flamme d’une bougie sur le déclin, en frissonnant, lui avait permis de lire le nom des employés. Mais ce n’était pas ses employés. Un trou noir masquait sa vision.
     » Si je ne trouve pas ma réplique, je ne le reverrai plus.Que m’est-il arrivé ? Lui seul doit savoir. »

    Elle se hasarda entre les tombes. Il avait disparu. Ou il jouait à cache-cache.

     » Je dois savoir ce qu’il s’est passé. C’est lui qui a retiré le liquide des freins. Ou il m’a empoisonnée sur la distance. Je dois savoir. Ou bien, il m’a intoxiquée en paroles. Il a tellement dit du mal de moi que je n’ai pas supporté. Il m’a acculée à ma perte. S’il ne m’a pas attendu, c’est qu’il est coupable. Je dois le retrouver. »

    Entre chien et loup, elle parcourut les allées.  » S’il avait un bouquet, c’est qu’il avait une maîtresse. Et puis, j’ai envie de laisser tomber. Il n’y a plus rien entre nous. Est-ce qu’il y a eu jamais quelque chose entre nous ? Mes idées s’étiolent. »
    Soudain, elle l’aperçut, là. Il n’avait pas bougé. Elle lui palpa les biceps à travers son manteau. C’était bien lui, mais il n’avait plus son bouquet. Il avait fait une rencontre dans le cimetière. C’est sûrement ça, il souriait.
    – Où étais-tu ? lui dit-elle. Et ton bouquet ?
    Délicatement, il lui tira la manche.
    – Viens, lui dit-il.
    Ensemble, ils parcoururent à nouveau la grande allée. Un bouquet les accueillit. Elle lut son nom gravé dans la pierre. Elle le regarda tendrement et lui prit la main.
    – Oui ! Je sais ! Lui dit-elle.

  22. Laurence Noyer dit :

    [Presque] deux mots pour dire …
    Le Bien ?
    Bienvenue les malfaisants ?
    Bien faits les mal-aimés ?
    Bien dit, la malveillance ?
    Bienheureux le mal-être ?
    Bien né le malvenu ?
    Bien-être sur le malaise ?

    Le Mal ?
    Malheur au bien égal ?
    Malfaisants les bien-aimés ?
    Mal fait le bien-être ?
    Malveillants les bien-nés ?
    Malaise sur les bienfaits ?
    Mal-être en bienvenue ?

    A chaque instant, le monde sort du cimetière, son propre spectre accroché aux basques de ses valeurs profanées, froufrou contingent du bien et du mal.

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