309e proposition d’écriture créative de Pascal Perrat

Horloge-luneL’heure d’hiver : Alors comme ça, ils t’ont viré ?
L’heure d’été : Ouais, j’ai pas eu temps de voir le jour !
– Tu crois que tu vas retrouver un boulot ?
– J’vais pas me presser, j’ai droit à 6 mois de chômage

Imaginez la suite

 

 

26 Responses

  1. Hélène Macedo dit :

    L’heure d’hiver : Alors comme ça, ils t’ont viré ?
    L’heure d’été : Ouais, j’ai pas eu temps de voir le jour !
    – Tu crois que tu vas retrouver un boulot ?
    – J’vais pas me presser, j’ai droit à 6 mois de chômage
    – Et qu’est-ce que tu vas faire ?
    – Trotter à droite à gauche et arpenter le cadran jusqu’à ce qu’on me rappelle…
    – Trotter à gauche !!! Non, tu rigoles ?
    – Et alors ? Qu’est-ce qui m’en empêche ? Tu crois pas que j’vais me torturer le mécanisme !? Je suis libre et si j’veux, j’trotte à gauche !
    – Non mais sois raisonnable, ça s’fait pas ; qu’est-ce qu’elle va devenir la petite ? T’as pété un plomb !
    – Ecoute mon vieux, viens pas ramener ton balancier. Occupe toi de ta comtoise et laisse moi gérer mes aiguilles comme je l’entends.
    – Minute l’ami, dans 6 mois je te passe le relai alors si t’es tout déréglé et que t’es pas étanche, tu seras bien enrayé pour rattraper le temps perdu.
    – Non mais attends, tu arrives avec tes tics et tes tacs et tu viens me dire que j’tourne pas rond ? Mais regarde toi un peu ! Si tu crois qu’il vont t’aimer parce que tu les laisses dormir une heure de plus ! T’as pas compris que ça marchait que le premier jour ? Alors arrête ton carillon, ils vont vite me regretter et espérer mon retour. D’ici là, si j’ai envie, j’trotte à gauche ! Tu vas pas me chier une pendule non plus !
    – Ah tu le prends comme ça ? Eh ben compte pas sur moi pour venir te faire un petit coucou de temps à autre. Et viens pas me sonner parce que j’parle pas à ceux qui trottent à gauche !
    Sur ces mots, l’heure d’hiver et l’heure d’été prirent congé et ne s’adressèrent plus la cloche…

  2. françoise dit :

    L’heure d’hiver : Alors comme ça, ils t’ont viré ?
L’heure d’été : Ouais, j’ai pas eu temps de voir le jour !
– Tu crois que tu vas retrouver un boulot ?
– J’vais pas me presser, j’ai droit à 6 mois de chômage
    ah bon je ne savais pas qu’on avait droit au chômage !
    ben oui !de quoi on vivrait ? mais note qu’on n’a pas le droit au RSA pour des raisons qui m’échappent. D’ailleurs à ce sujet tu sais que c’est Valéry Giscard qui est notre Père.Il nous a mis au monde, si je puis dire, en 1975 à la suite d’un violent choc pétrolier,tu te rends compte ! On a eu de la chance de ne pas avoir de séquelles post traumatiques !
    Je comprends rien à ce que tu dis et puis j’ai d’autres chats à fouetter : Il faut que j’établisse un planning avec les saisons d’hiver et du printemps, car nous devons prévoir les jours de frimas, de pluie, de neige, de giboulées, de soleil aussi….
    Moi je ne me complique pas la vie, le beau temps, le mauvais temps çà va çà vient et tout le monde est content ou presque ! De toute façon, personne n’a son mot à dire ; il ne manquerait plus que çà d’ailleurs ! Toutefois, il paraît qu’il y a des meteorologues qui prédisent le temps qu’il fera, un peu comme les cartomanciennes mais ils ne sont pas plus fiables les uns que les autres. N’empêche, que malgré tout, les humains sont contents, quand mon heure arrive. Pour eux c’est un des signes annonciateurs de la belle saison, des vacances, ils prennent leurs RTT pour aller au bon air et que sais-je encore !
    Tu crois qu’ils te préfèrent à moi ?
    Ce n’est pas impossible mais au fond je n’en sais trop rien ! Allez bonne période heure d’hiver, profite bien et le moment venu, sois sans crainte, je prendrai le relais.

  3. Kimcat dit :

    Désolée je n’ai pas pu participer…
    Bizz

  4. Catherine M.S dit :

    Jour J

    L’ heure d’hiver :
    – Alors comme ça on t’a virée ?
    L’heure d’été :
    – Ouais, j’ai même pas eu le temps de voir le jour
    Ni de terminer le compte à rebours 
    – Tu crois que tu vas retrouver du boulot ?
    – J’vais pas me presser, j’ai bien droit à 6 mois de repos
    – Mais tu vas t’ennuyer !
    – Que nenni, du bout de mes deux aiguilles je vais te surveiller
    Et avec ma trotteuse on va s’éclater
    Boucler nos bagages
    Partir en voyage
    Faire fi des décalages
    Pratiquer le yoga à Bali
    Surfer à Tahiti
    Se la couler douce en Tanzanie
    Nager avec les dauphins
    Sourire aux petits matins
    – Mais tu vas m’oublier !
    – Pas de danger, est-ce que la terre oublie de tourner ?

  5. Clémence dit :

    L’heure d’hiver : Alors comme ça, ils t’ont viré ?
    L’heure d’été : Ouais, j’ai pas eu temps de voir le jour !
    – Tu crois que tu vas retrouver un boulot ?
    – J’vais pas me presser, j’ai droit à 6 mois de chômage

    Venise.
    C’est l’automne.
    Il n’y a pas de brume.
    Comme un funambule, somnambule, je glisse sur l’agua alta de la Piazza San Marco.
    Les deux Jacquemarts et le Lion ailé parlent aux étoiles.
    L’Archange Gabriel, juché en haut de son campanile, pointe son doigt vers la pleine lune.
    J’entendis un léger chuintement, un sifflement puis un flop.
    Un paquet de linge mouillé s’écrasa à mes pieds.
    Je me penchai avec bienveillance, mais la boule s’ébroua. Plutôt rondouillarde elle étendit des bras en fil de fer et se rebondit sur ses ressort.
    – Pas de casse ? Me risquai-je d’une voix feutrée…
    – Juste un peu tourne-virée…
    J’offris un bras secourable mais un uppercut fusa :
    – Ils m’ont jetée !
    – Comme un banal fait divers…
    – C’est cela, tout à fait cela… C’est un grand heur pour moi que vous passiez justement par ici !
    – C’est vrai, cela ne m’arrive qu’une fois par an.
    – Diable ! Mais… J’ai oublié de me présenter : Eure Dété.
    – Enchantée. Eure… Eure Diver.

    Nous nous serrâmes étroitement et nous prîmes la direction du Pont des Soupirs. Nous entendions au loin le clapotis des eaux turquoise de la lagune.

    – Bacaro ou Cantina ?
    – A votre guise.
    – Je connais une Cantina adorable, ouverte de jour comme de nuit, nous pourrions y tuer une petite heure…
    Un petit sofa de velours rouge nous accueillit en douceur.
    – Ainsi donc, ils t’ont virée ?
    – Oui, mais j’ai fait valoir mes droits et profiter..
    – Du chômage ?
    – Que nenni ! Je vais profiter de l’heure d’été.
    – Mais ce n’est pas possible, tu es virée…
    – Approche, écoute… je vais profiter de l’heure d’été et voyager…
    – Mais encore ?
    – La Chine, les Indes, Java, Sumatra, la Russie…
    – …
    – Depuis le temps que j’en rêvais. Sur place, à l’heure des thés, goûter aux plus grands crus…les thés noirs, les thés verts, les thé blancs, un thé au jasmin devant le Taj Mahal, un thé au Sahara, un thé Matcha, léger et mousseux, face au Mont Fuji…
    – Un thé vert à l’heure d’hiver…

    Elle jeta un coup d’œil à la vieille pendule. Il est l’heure.
    Elle s’en alla vers le Danielli en se gondolant.
    Moi, je jetai un dernier coup d’œil au Pont des soupirs. J’étais prête.
    Prête à accéder au sommet du campanile et y installer mes quartiers d’hiver.

    Venise.
    La brume avait un parfum de cannelle et de gingembre….

  6. Nadine de Bernardy dit :

    L’heure d’hiver :
    – Alors comme ça,ils t’ont virée?
    L’heure d’été :
    – Ouais j’ai pas eu le temps de voir le jour,j’ai jamais pu m’y habituer
    – Tu crois que tu vas retrouver du boulot?
    – J’vais pas me presser,j’ai droit à six mois de chômage. D’ailleurs je ne dois pas perdre une minute,j’ai un avion à prendre
    – Un avion?
    – Ben oui, j’ai décidé de partir à la Réunion où j’ai des cousins horlogers.C’est encore la France, mais là bas, pas de changement d’horaire.J’y file.
    – A la bonne heure – dit sa compagne – va vite alors,les secondes te sont comptées
    – Oui.En fait,j’ai de la chance,six mois payés au soleil au lieu de me morfondre dans un hiver tristounet en attendant que l’on daigne me sonner en avril. Pas mal non ?
    Peut être adieu collègue,je ne sais même pas si j’aurai envie de revenir
    – Bon voyage veinarde,envoie des cartes postales »

  7. Isabelle Pierret dit :

    L’heure d’hiver : Alors comme ça, ils t’ont viré ?
    L’heure d’été : Ouais, j’ai pas eu l’temps de voir le jour !
    – Tu crois que tu vas retrouver un boulot ?
    – J’vais pas me presser, j’ai droit à 6 mois de chômage
    Je vais en profiter pour aller au cinéma Paradisio
    ….. 6 mois plus tard:
    Ma loute, j’te raconte, le premier jour du reste de ma vie:
    avec Cleo , qui avait un mal de pierre, de 5 à 7 , on a commencé par rechercher le vieux fusil, car elle à la psychose de croiser un singe en hiver, c’est le salaire de la peur, on peut dire…. mais quand les lumières de la ville se sont éteintes, il était huit et demi, et on avait encore deux jours à tuer…alors on a opté pr la dolce vita, et ns avons appelé Vincent, François, Paul et les autres…. j’te dis pas les 400 coups !
    A bout de souffle, on est rentré avec le dernier métro , j’étais avec Jules et Jim qui ses sont écriés:  » le jour se lève! »
    et moi je pensais , « ce que le jour doit à la nuit, ne le dis à personne » … c’est la grande illusion!
    Nous étions vraiment les enfants du paradis des temps modernes, avec nos parents qui ns avaient proposé les vacances de Mr Hulot, tu imagines !
    On est quand même allés à Pôle emploi, où on a croisé un type qui venait de taguer sur le mur « moi, Daniel Blake…. » , alors on a tourné les talons.
    On a croisé une fille, elle s’appelait Sarah, son copain en garde à vue, un mauvais fils, peut-être ? Nous trois ou rien, on se sentaient intouchables, on a repris la grande vadrouille…

    J’ai appelé mon oncle, (mon roi) … il a la folie des grandeurs… il m’a dit : la traversée de Paris, c’est comme la nuit américaine, des jeux interdits pour le roman d’un tricheur .

    Alors, oui, le jour se lève, et je n’ai qu’une envie: revoir la leçon de piano, car Harvey Keitel a la peau douce… et puis me faire une place au soleil, alors je reprends mon job!
    Et……Je vais bien ne t’en fais pas !

  8. Antonio dit :

    L’heure d’hiver : Alors comme ça, ils t’ont viré ?
    L’heure d’été : Ouais, j’ai pas eu temps de voir le jour !
    – Tu crois que tu vas retrouver un boulot ?
    – J’vais pas me presser, j’ai droit à 6 mois de chômage
    – Ouais, je sais. Drôle de statut que le nôtre. On est des intermittents d’un piètre spectacle, à remonter et démonter leur pendule quand ça leur chante. « Coucou, me voilà ! » Et tout ça pour quoi ? Hein ?
    – Economiser leur énergie. C’est ce qu’ils m’ont vendu, en tout cas.
    – Ah, ça … c’est clair qu’il n’y a pas de perte d’énergie de leur part. A se dorer la pilule au soleil jusqu’à point d’heure. Est-ce qu’ils pensent seulement à nous qui bossons 24h/24. On n’a pas une minute à nous à égrener des secondes comme des nègres dans un champ de coton. Et puis ils te jettent comme un mal-réglé et te montrent du doigt : « On change d’heure, on ne veut plus de toi ! »
    – Et je n’ai plus de toit, comme tu dis. Pour six mois.
    – Et si on faisait grève ? si on les laissait tomber, carrément ? Allez viens, on se tire, on démissionne ! Bye bye, l’heure de saison… Vous n’avez qu’à passer à l’heure chinoise ou l’heure mondialisée. C’est la même. L’heure où les Chinois se pointent à l’usine et s’y couchent sans voir le jour, par économie d’énergie du soleil qui s’active déjà à faire reluire les tout puissants.
    – Tu délires, là.
    – Je n’en peux plus d’être exploitée. On démissionne, allez, viens ! De fil en aiguille, on trouvera bien un cadran idéal pour laisser tourner nos petites et nos grandes comme elles veulent. Libres, décontractées du temps. Elles ne seront pas bien, là, nos trotteuses, à pointer quand elles auront envie de pointer ?
    – Mais tu n’y penses pas. Comment ils vont faire sans nous ?
    – Allez viens je te dis, laisse donc cette humanité en perdition. L’Heure d’Hiver vous salue… dimanche en vous levant, il sera l’heure que vous voudrez, pour peu que vous voulez quelque chose. Il sera l’heure de vous réveiller surtout. Mais regardez autour de vous ! Voyez comme il n’est jamais trop tôt, ni trop tard, pour vivre l’instant présent… Il est l’heure de maintenant. Un maintenant changeant qui se fout de vos secondes qui n’ont pas de minutes à perdre pour être à l’heure qu’on vous invente. Car le temps n’existe pas. C’est une illusion tactique pour vous faire entrer un tic-tac dans le crâne, pour vous faire avaler n’importe quoi, tel un crocodile malheureux qui ne sait faire autrement que s’y accrocher…
    – Non, mais tu imagines, s’ils se réveillent demain et qu’on n’est pas là ?

  9. Michel ROBERT dit :

    L’heure d’hiver : Alors, comme ça, ils t’ont viré.
    L’heure d’été : Ouais, j’ai pas eu le temps de voir le jour !
    – Tu crois que tu vas retrouver du boulot ?
    – Je vais pas me presser, j’ai droit à six mois de chômage. Je pars en Afrique.
    – Pour du travail au noir, dit l’heure d’hiver, pince sans rire.
    – Tu plaisantes ! Je migre, je serai plus utile là-bas. Je ne changerai pas de saison. Ici, on se chipouille pour des statistiques, des sondages, pour le dérèglement chrono-biologique des humains et des animaux, sans compter la perturbation des horaires de toutes sortes. Je n’ai pas ma place dans toutes ces oppositions. Toutes ces querelles me fatiguent, d’autant que mettre une heure sur la touche, ça ne sert à rien.
    – Tu vas être payée pendant ton chômage ?
    – Non ! Tu me parais bien sarcastique et même un peu glacial, lui dit l’heure d’été en se retournant les poches.
    – C’est du chômage bénévole alors, continua l’heur’div en rigolant !
    – En quelque sorte, oui ! mais je me suis trouvé un job, pardon ! une tâche à accomplir. D’abord je vais lire à la recherche du temps perdu, ensuite histoire de tuer le temps, comme si on pouvait tuer le temps, ça serait plutôt le contraire !…
    – C’est une image…
    – Je disais, histoire de tuer le temps, je vais faire le bilan de ce que ça rapporte de m’escamoter et de me faire réapparaître comme une résurgence six mois plus tard. D’après les statistiques, il y aurait trente à quarante pour cent de tués en plus pendant cette période de changement d’horaire.
    – Ca sert, les statistiques ! Tu vois bien. Le temps c’est de l’argent ma petite, si on te mets au chômage, c’est pour gagner de l’argent.
    – Ah ! D’accord, j’ai compris, plus il y a de chômeurs et plus on gagne de l’argent, alors !
    – Arrête ton humour noir, on ne plaisante pas avec l’argent. Tu sais bien que le temps c’est de l’argent.
    – Tu insistes lourdement, quel cliché ! Le temps restera le temps et l’argent restera l’argent, dit la petite heure d’été en préparant ses valises. Tu vas pouvoir faire la grasse matinée.
    – Tu parles ! Je préférerais ne pas la faire et qu’on ne soit pas divisées en deux heures distinctes, trop de gens sont déboussolés avec ça.

  10. Anne-Marie dit :

    Elles étaient toutes là, les unes derrière les autres… soixante en file indienne, à interpeller la lune.
    – Alors qu’est -ce qu’on fait ? demanda la première. J’en ai marre ! Tous les ans, c’est la même chose, on nous fiche dehors sans nous laisser voir le jour !
    – On va se mettre au chômage. Au chômage ! Au chômage !! répliqua une revendicatrice dans la file.
    – Pas question ! Qu’est-ce que tu vas faire pendant six mois, sans bouger, bloquée derrière un cadran ? Nous ne sommes pas des intermittentes ! grondèrent les courageuses.
    – Moi, je propose qu’on prenne des vacances !
    – Six mois de vacances…et puis, quand tu rentreras, tu te retrouveras larguée, définitivement… Souviens-toi de nos sœurs russes ! Ils ne les ont jamais réintégrées… affirma une voix péremptoire.
    La lune grimaçait d’impatience en guettant l’horizon. Les étoiles, intriguées, observaient.
    – Alors, allons retrouver nos sœurs chinoises, elles on ne les met pas au chômage en hiver !
    – Tu plaisantes, à Pékin, il fait encore plus froid qu’ici, et c’est pollué… grave !
    – Puis, on va devoir courir toute la nuit, comme des dératées, pour récupérer les six heures d’avance qu’ils ont sur nous !
    La situation semblait s’enliser.
    – Et l’Afrique du Sud, ça ne vous dirait pas ? suggéra une petite voix chaude, au milieu de la colonne… Trente degrés, des lions, des antilopes, l’océan, de grands espaces sous des nuits étoilées …
    Un vent du large, une envie d’exotisme soufflèrent soudain sur la longue file qui s’enroula, dansante, autour de la lune.
    – On pourra même y rester… tout le temps !
    – Et c’est le même fuseau !
    – Dépêchez-vous, il faut vous décider, il est presque deux heures… Dans une heure ce sera trop tard, gronda gentiment la face argentée.
    – On y va ! On y va ! décidèrent-elles, en chœur.
    Soixante minutes, en ribambelle, s’accrochèrent aux étoiles et filèrent vers ce Sud lointain.
    C’est ainsi, qu’à son tour, l’Europe perdit son heure d’été.
    © ammk

  11. Grumpy dit :

    Le moment automnal du changement d’heure a sonné, l’horloger du château de Versailles entame sa tournée de réglage. Quel boulot deux fois par an !

    Obligé de faire des journées doubles tant il y a de pendules, pendulettes, coucous, cartels, voire d’autres horloges (pas de comtoise cependant … trop province et pas encore de mode sous le Roi Soleil, pas de cadran solaire non plus ceux-ci ayant le bon goût de ne pas broncher et de se laisser régler par l’astre lui-même, pas davantage de jacquemarts et merci mon Dieu, perchés bien trop haut ceux-là.)

    Et encore, je ne vais pas trop me plaindre, moins de boulot à régler l’heure entière d’un seul château si grand soit-il.

    Je plains mes collègues qui se tapent l’Elysée et la pléthore de pendules des ministères y compris du Sénat et de l’Assemblée nationale, sans parler des musées, de la grande Bibliothèque et des stocks horlogers du Mobilier national. Encore heureux qu’il ne soit pas prévu à leurs contrats la mise à jour des montres des ministres même s’il a fallu a certains d’entre eux attendre 50 ans pour arborer la Rolex de leur réussite.

    Donc voilà, il faut que je m’y mette, je sors mon attirail : lubrifiants, chiffons doux, pinceaux, pincettes, aussi mes lunettes et en avant.

    Après avoir tout réglé comme une montre dans la chambre du Roi, j’entre dans le boudoir de Marie-Antoinette. J’entends chuchoter.

    Les deux pendulettes posées symétriquement sur la coiffeuse de la Reine sont en train de discuter. Oui, oui, je vous jure, d’ailleurs, pensez, mes deux pires jours de l’année je ne suis pas d’humeur à rêver.

    Celle de gauche dit à l’autre : « alors comme ça, ils t’ont virée ? »
    3
    Celle de droite lui répond : « ouais, j’ai pas eu le temps de voir le jour !»

    « Tu crois que tu vas retrouver du boulot ? Tu sais, moi je suis une pendule de gauche, alors à ta place, j’irais trouver le SMID (Syndicat des Mécanismes Injustement Déréglés) il connaît tous les rouages à la perfection »

    « Bof, réponds la pendule de droite, pour le moment je ne vais pas en ch… une pendule, je ne vais pas me presser, j’ai droit à 6 mois de chômage. Et dans 6 mois avec les élections, t’inquiète, on remettra les pendules à l’heure. »

  12. tissier mireille dit :

    Réponse à mon successeur

    Jusqu’à ma dernière seconde au cadran solaire tu auras été dans mon sillage, laissant en moi qu’un épisode éphémère.
    Moi, l’heure d’été, dont mon unique travail consiste, humblement à la renaissance et au renouveau de la terre.
    Me voilà, à présent à chômer, à endurer l’inactivité de je doit subir bien malgré moi et dont il est vrai, je vais profiter ( pourquoi te presser me diras-tu ?).
    J’espère, cependant que tu m’accordera grâce à laisser percer quelques rayons de mon astre de façon à redonner un semblant de nature printanière, contrant ainsi les statistiques.
    Mais restons optimiste, en somme je n’ai nul besoin de me presser, ma revanche sera bientôt récompensée et toi « heure d’hiver » pour 6 mois oubliée.

  13. durand dit :

    L’heure d’hiver: Alors comme ça, ils t’ont viré ?
    L’heure d’été: Ouais, j’ai pas eu le temps de voir le jour!

    -Tu crois que tu vas retrouver du boulot ?

    -J’vais pas me presser, j’ai le droit à 6 mois de chômage. Comme d’habitude, je vais me la couler douce. Retrouver mon coin de cheminée, mes pantoufles et ma pipe. J’aurai le temps de terminer ce roman de plage pas vraiment passionnant mais que l’hauteure a daigné s’abaisser à me dédicacer.3 heures de queue sous une canicule de plastique. Faut ‘y être couillon, quand même! A Alfred Chronos de Belle Saison, amicalement, elle a écrit. Amicalement….on se connaît même pas!

    -Eh…eh….arrête un peu de ronchonner….pense un peu aux autres!

    – Les autres, quels autres ?

    – Ben à moi, par exemple….en pleine rentrée littéraire. Imagine un peu la cohue qui m’attend. Tous ces pistonnés de la cendre des éditons, cette course de haine, gentiment camouflée sous des couronnes d’arbustes. Les Goncourtisants, les Féminaïade, les Medicisaille…le prix des lycéens, des maternelles, bientôt celui des fœtus…n’importe quoi!

    – Oui, bon vu comme ça, évidemment, ça donne envie plutôt envie de se chauffer au papier.
    Mais gaffe, quand même avec les écrits « politiques » de saison à ne pas t’encrasser le conduit avec toutes ces encres malfaisantes.

    – Non, non….de toute façon, les prochains mois, je me replonge dans une vaste intégrale….celle des Pieds Nickelés!

  14. laurence noyer dit :

    L’heure d’été ayant eu son temps de célébrité
    Se trouva fort dépourvue quand octobre fut venu
    Plus un seul petit instant
    A grignoter à la meringue du temps
    Elle alla avant-demain
    Chez l’heure d’hiver son voisin
    Le priant de lui donner
    Un moment pour subsister
    Jusqu’à la saison nouvelle
    Je vous paierai, lui dit-elle
    Avant mars foi d’agenda
    Mémento et almanach
    L’heure d’hiver n’est pas préteur
    C’est là son moindre défaut
    Que faisiez-vous au temps chaud ?
    -Remettant les pendules à l’heure –
    Nuit et jour avec le temps,
    J’n’ai pas chômé, ne vous déplaise
    A la bonne heure ! j’en suis fort aise!
    Eh bien, pointez maintenant !

  15. Tortel dit :

    – Tu vas faire traîner en longueur ?
    – J’vais me prélasser, prendre des vacances en somme
    – J’vois ça, l’été en pente douce
    – Ça n’a pas l’heur de te plaire ?
    – Quand j’pense à tous ces ronchons qui ne m’aiment pas
    – Oui, hiver rime avec calvaire…
    – et pullover.

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