Exercice inédit d’écriture créative 208

croissant-de-luneHier soir, je devais être dans la lune,
j’ai écrasé ma bonne étoile
en effectuant une marche arrière dans mes pensées.

Imaginez une suite

22 Responses

  1. geraldine dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune, j’ai écrasé ma bonne étoile
    en effectuant une marche arrière dans mes pensées.
    Il faut dire que ma journée avait été merveilleuse : Béatrice a accepté ma demande en mariage, mes parents, de ce fait, m’offraient la maison de Charente (celle où il y a une piscine) ! Ma grand-mère m’a donné ce joli châle blanc que je lui enviai. Papy m’a promis d’arrêter de fumer (en même temps, dans son état, il n’a pas le choix) ! J’ai retrouvé ma sœur, qui avait fugué il y a maintenant plus de 10 ans et du coup, je suis tonton ! Cerise sur le gâteau, mon patron m’a augmenté et m’a confirmé mon mois de congés !
    Pour clore le chapitre, j’apprends à 21 H que je suis l’heureux gagnant de l’euro million ! D’ailleurs, qu’ai-je fait de mon ticket ? Oh non… dans mon pantalon que j’ai mis dans la machine à laver… il faut vite que je le récupère.
    Foutu, il est foutu… illisible… ils ne me croieront jamais à la Française des jeux ! Mais qu’est-ce que j’ai fait, pourquoi le châle de Mémé est là ? Oh là là non, lui, il ne devait pas bouillir ! Pauvre de moi…
    Le téléphone sonne, je me précipite, Béatrice a eu un accident en revenant de raccompagner ma sœur chez elle, elle est dans le comas : son état est critique.
    Papa arrive dans l’entrefait, me trouve en larmes et me dit :
    « Tu es déjà au courant ? Ne t’en fait pas, nous t’en trouverons une autre.
    Quoi une autre ? Mais elle est irremplaçable, elle sera ma femme, et elle n’est pas encore morte ! Tu n’as pas d’autres conneries à sortir !
    Oh mais non mon fils, je te parlais de la maison…
    Quoi la maison ? Qu’est-ce qu’il y a encore ?
    Ta maison s’est trouvée dévastée par la pluie diluvienne… Les enquêteurs sont sur place car le phénomène est étrange. Elle est la seule a avoir été touchée.

    Mon étoile, mon étoile, revient moi vite ! Je n’en peux plus toutes ces catastrophes ! Et tout ça pour revivre une merveilleuse journée… quel gâchis.
    L’étoile était partie définitivement, elle ne reviendrait jamais.
    Deux jours après, son grand-père s’est endormit en fumant une cigarette, mettant ainsi le feu à toute la maison et entrainant la grand-mère dans son dernier voyage.
    Le lendemain, suite à un contrôle fiscal, son patron se tira une balle dans la tête, laissant Pierre sans emploi.
    Il perdit tout espoir, et sa dépression l’entrainat petit à petit vers des idées suicidaires…
    Aujourd’hui, Pierre coule des jours heureux dans son asile, avec sa boîte à chaussure, où il a caché son étoile !

  2. Clémence dit :

    Maudite ville, pas de place pour me garer près de mon appartement, deux fois le tour de l’îlot, rien ; je continue dans la rue suivante, perdue dans mes pensées : une seule place et un créneau… je déteste faire les créneaux, mais j’y arrive. Je sors de la voiture, claque la portière, un coup d’oeil, un peu de place avant, un peu de place à l’arrière, un petit bout de papier argenté un peu coincé sous le pneu arrière, tout est bon !
    Perdue dans mes pensées et mon sac pendu à l’épaule je repensais à cette période où j’avais loué cet appartement… fin août, c’était sans compter qu’en septembre, les citadins , les travailleurs et les étudiants feraient leur come-back.
    17 heures déjà… une légère collation, un thé et je me remis au travail : trois rapports à rédiger, une synthèse à peaufiner…
    20 heures, devant la TV, les infos, un bon petit film puis le temps du sommeil réparateur!
    Çà sonne….
    Salle de bain, douche, brushing, maquillage.
    Le téléphone sonne, je me précipite et me coince le tuyau du chauffage central entre deux orteils.
    Je hurle, téléphone : « Docteuuuuuuuuuuuuuur, je crois que je me suis cassé le petit orteil, ça gonfle, c’est déjà bleu »
    Pas de panique, bandage en atèle, vestiaire, la saison permet le port de sandales.
    Odeur et tasse de café que j’emporte sur la table du séjour, trop chaud.
    Je pose le pied sur la table, je respire, il est temps.
    J’empoigne ma tasse de café et mon portable.
    Comme un goujon sorti de ma main, il saute, gicle et atterrit dans le café, bien planté.
    Je sors le portable, l’ouvre, le sèche, prends la carte SIM et la glisse dans l’ancien portable.
    Veste, clé de voiture, je sors.
    Devant ma voiture, ma clé se fait la belle dans une bouche d’égout….
    Je repars à l’appartement, prends mon double de clé et un cintre en métal.
    Je récupère la clé, ouf… en route
    Nouvelle journée de travail, je fais gaffe tout de même
    Pas le moment d’avoir un accident….perdue dans mes pensées….
    J’arrive, je me gare, j’entre, je rencontre le directeur qui ouvre des yeux étonnés telles des soucoupes volantes…
    Trois villes de mon secteur au nom composé qui commencent pareil, je me suis trompée sur la fin !
    Travail enfin fini, tout bon !
    Je rentre, je trouve immédiatement une place.
    Je me change et décide de m’offrir quelque brasses de détente à la piscine .
    Je me prépare et arrive devant ma voiture : un pneu crevé.
    Je téléphone au dépanneur.
    « Pas de soucis, je vous envoie un homme, je vous re-téléphone pour préciser l’heure de son arrivée, mais ce sera rapide ! »
    Ça sonne….
    23 heures…  « Allo, c’est moi, tu ne devineras jamais, je viens de te trouver une place dans une tour-parking » Mince, quelle journée maudite… en rêve seulement….je peux enfin « dormir ».

    Le réveil sonne, j’ouvre les yeux, je vérifie … 07:15
    C’est bon, direction salle de bain, douche, brushing, maquillage. Çà va…
    Le téléphone sonne, je me précipite « Aïïïïïïïïeeeeeeuuuuuuuuu »

    Décidément, il y a des journées où on ferait mieux de rester au lit… ou alors de se donner la peine de dorloter le petit bout de papier argenté coincé sous le pneu arrière de la voiture….

  3. Wolf Gorbatchèv OSCAR dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune, j’ai écrasé ma bonne étoile en effectuant une marche arrière dans mes pensées. Il y avait, dans mon cœur, des éclats de chagrin que les psychologues n’ont pu m’aider à extirper. Nul n’était attentif à mes soupirs et l’oubli désertait mon monde. La dépression profitait de ma faiblesse pour m’assommer. Quand vais-je pouvoir mener une vie normale ? Quand vais-je pouvoir me regarder dans un miroir et me convaincre que je mérite d’être heureux ? Les révélations de mon oncle ont bousillé ma confiance. Il devrait être ivre ? Cette histoire n’a ni queue ni tête.
    Je commençais à me haïr, à maudire le jour de ma naissance, à me dire que je n’ai aucune raison d’être sur cette terre. D’ailleurs, à quoi bon de vivre si on n’a pas un brin d’affection, d’amour autour de soi ? Je fus jadis le fils épanoui. Aujourd’hui, je ne reconnaissais pas cet étranger au regard martyrisé par l’averse de larmes, au corps abattu par le découragement et les soucis quotidiens, au sourire dégradé par le bourreau qu’est le temps. Je récriminais mon oncle car il n’avait pas à devancer ma mère adoptive en me révélant cette vérité au goût de fiel qui empoisonne mes journées, qui saccage mon cerveau. Je savais qu’il me détestait un peu, mais j’ignorais ce qui se cachait derrière cette cruauté. Il me traitait toujours de misérable orphelin, de va-nu-pieds, de fils des poubelles. Je pensais qu’il était jaloux de mon confort affectif mais cette vérité fut un cancer pour moi.
    Même si je préférais l’ignorance à la souffrance, je condamnais les gens de mon entourage. J’avais le droit de savoir qui je suis vraiment, cela m’aurait permis de m’abriter de cet orage sentimental. L’origine est un point de repère pour l’homme. Ils mentaient en m’assurant que j’étais leur progéniture, leur petit ange, leur amour et j’étais assez idiot pour croire en ces salades !
    Je vivais avec ce poignard dans l’âme. Je n’avais le courage de dire à ma mère adoptive que mon passé n’avait plus de secret pour moi. Elle était si émotive, si fragile, si bienveillante… je craignais de la chagriner. De plus, c’était à elle de faire le premier pas. Durant le jour, j’affichais un visage comblé de bonheur mais le soir je rentrais dans le royaume des tourments. Vivre dans le mensonge m’empêchait d’être heureux et d’être moi-même.

  4. halimi dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune,
    j’ai écrasé ma bonne étoile
    en effectuant une marche arrière dans mes pensées.

    « Les créneaux, ça n’a jamais été mon fort et de nuit …
    Je vous explique même pas !
    Et puis, c’est elle la fautive. Pourquoi était d’elle derrière moi,mon étoile???
    J’y suis pour rien !
    C’est l’étoile qui s’est jetée sous mes roues, j’en suis certain maintenant que j’y repense…! »

    Oups, non !!Plus de pensées, elles sont la cause de mes souffrances.
    Promis, mon ange gardien à partir de maintenant je serai là dans l’instant présent, droit devant, face au soleil !

    Dans ma voiture, confortablement installée sur le siège passager, je goûte à la chaleur jaune des rayons du soleil s’éclatant sur le pare brise …
    Ah! Mon étoile, ton sacrifice m’a rendu la raison d’être pleinement.

  5. Françoise -Gare du Nord dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune, j’ai écrasé ma bonne étoile en effectuant une marche arrière dans mes pensées. Dans mon rétroviseur, je voyais mon passé défiler au ralenti : Mercedes que tous les antigels du monde n’auraient pu réchauffer, Clio sans plomb dans la tête, Mégane dont les yeux faisaient des appels de phare, Ariane et sa ceinture de sécurité-chasteté, Laguna et son impressionnant airbag…. Des Italiennes, des Allemandes et même des Françaises. Je peux me vanter d’avoir possédé les plus belles cylindrées.

    Avec elles, j’ai obtenu le permis de mal me conduire et, je l’avoue, il s’est produit parfois de sacrés embouteillages dont je parvenais à m’extraire en me rabattant sur les bandes d’arrêt d’urgence ou en empruntant des itinéraires de délestage – bien que je n’ai jamais trouvé Bison très futé . Mais à aucun moment, je n’ai fait demi-tour ni rétrogradé.

    J’en étais là de mes réflexions lorsque j’ai embouti ma bonne étoile Orion (de la galaxie Ford) que j’ai donc écrasée et depuis, les malus se sont succédé et j’ai perdu toute ma belle assurance.

    1 – J’ai égaré mon sens de l’orientation et mon GPS (Guide Personnel de Situation) est devenu inutile et je me trompe de direction à chaque carrefour de ma vie.

    2 – Je me fais toujours doubler, par plus véloce ou plus filou, moi qui mettais pourtant un point d’honneur à ne jamais, en aucune circonstance, être dépassé.

    3 – Pareil pour la priorité. J’avais la vanité de penser que je n’avais pas à la céder à qui ce soit : ni femme enceinte ni personne âgée ou handicapée qu’elle vienne de droite ou de gauche

    4 – Aujourd’hui, j’ai soufflé mes 40 bougies d’allumage et j’ai été très déçu des cadeaux qui m’a été offerts : des bretelles d’autoroute et un billet pour le match de football Dynamo de Kiev

    A 17 heures, j’ai été victime d’un accident de la circulation sanguine en heurtant un panneau d’interdiction de séjour. Je me suis alors vu contraint de m’arrêter sur une aire de repos, moi qui me pensais increvable

    Et j’ai pourtant fini par crever. Maintenant mon horodateur est au point mort.

  6. Fanchon dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune, j’ai écrasé ma bonne étoile en effectuant une marche arrière dans mes pensées.
    Il faut dire qu’on ne voyait pas grand chose, avec tout ce brouillard dans les cases de mon cerveau .
    Je ne sais pas trop pourquoi j’avais voulu en ouvrir une, et surtout celle là qui contenait tellement de nuages, que je m’y étais noyée.

    Je n’osais pas regarder l’état de mon étoile, qui devait voir trente six chandelles. Enfin…je me suis décidée, j’ai garé vite fait mes pensées et me suis penchée pour compter les branches.
    Celles de mon étoile, je veux dire!
    Une, deux, tr…

    Et là, alors que je me rassurais en comptant, j’entends une voix hystérique:
    « Pauvre conne, t’as vu comment tu me traites? Ca fait cinquante neuf ans que j’arrange tous tes coups foireux, et tu me rentres dedans pour me remercier? »

    Médusée, je suis restée la bouche ouverte, digne d’un mérou qui reprend une lampée d’eau de mer avant de se planquer.

    « Ben , t’es pas morte, alors? »

    « Excuses moi d’avoir jugé bon de sauter de côté, hors de tes souvenirs, je n’ai qu’une branche de blessée, elle repoussera et je m’en remettrai. »

    J’peux pas vous dire à quel point, je me suis sentie soulagée, car c’est vrai qu’elle avait toujours été là pour moi. Même dans les pires moments.
    Et d’ailleurs, d’un coup, je lui ai tout dit: ce qu’elle m’avait apporté, la foi en des jours meilleurs, le courage de repartir, le choix de refaire confiance et la chance de vivre en riant.

    Du coup, ce matin, j’étais en plein soleil, je l’ai serrée dans mes bras et j’ai passé la marche avant de mon avenir.

  7. Hier soir, je devais être dans la lune,
    j’ai écrasé ma bonne étoile
    en effectuant une marche arrière dans mes pensées.

    Hier soir 15 juillet, j’étais en mission avec Neil
    Quand nous sommes arrivés il m’a dit de me garer sur le coté
    Puis de reculer.

    Hier soir 15 juillet en effectuant ma marche arrière j’ai écrasé une étoile
    Bonne ou mauvaise? pour moi elle fut mauvaise
    Je l’ai compris au moment de l’impact:

    HIER SOIR 15 JUILLET 1969, J’AI ECRASE L’ETOILE QUI ECLAIRAIT LA LUNE
    J’ai loupé ma mission, je suis redescendue sur terre.

    Aujourd’hui 16 juillet j’aurais dû être dans la lune
    Neil y est retourné seul et a aluni avec ses lampes torches
    Puis il a déclaré à mon intention sans doute : « une petite marche AVANT pour l’homme, mais une marche AVANT de géant pour l’humanité »

  8. Nadine de Bernardy dit :

    Tout allait bien, j’étais à un carrefour de ma vie et allais de l’avant .Mes pensées s’accéléraient vers un avenir prometteur.Je négociais adroitement des contrats avec moi-même,me réservant des créneaux de sérénité et de bien être.
    Foin des regrets et de la nostalgie. Le long et beau chemin de la liberté se dessinait devant moi.
    J’avais pris ma vie en main,fait le plein d’énergie. Aucun obstacle ne me semblait infranchissable, pas d’interdit, de limite.
    A moi les grands espaces de cogitation constructive,les pages vierges à jalonner de mes mots.
    Stop au doute et aux pannes d’inspiration.J’avais le carburant, le désir la foi.J’avais appris à faire confiance à ma bonne étoile.
    Et voilà qu’un matin brumeux de novembre,un souvenir embarqua sans prévenir,un de ceux dont on ne se vante pas.
    Celui d’une longue période de panne sèche ponctuée de remise en cause sévère. Vide la tête, vide le coeur.Plus de désir ni d’envolées lyrique malgré des efforts réels pour faire le plein d’énergie.
    Plongée dans ces pensées sans gloire, je ne la vis pas ma petite étoile, qui me faisait de grands signes d’urgence:
     » Arrête,l’ornière est juste derrière! ne retombe pas dedans  »
    Je sentis un choc,entendis un petit cri étranglé. Je freinais brutalement le cours de mes pensées, craignant le pire.
    Mais non,elle avait juste deux pointes un peu froissées ma fidèle compagne. .Etourdie par le choc, elle gisait à portée de main.Je la ramassais avec précaution,lui fis une place de choix dans mon habitacle,et retournais avec gratitude à ma conduite de gagnante.

  9. Marie Pierre Robert dit :

    Hier, je devais être dans la lune, j’ai écrasé ma bonne étoile en effectuant une marche arrière dans mes pensées.
    Dans les embouteillages de mes idées se sont télescopées les meilleures et les bannies, celles qu’on espère enfouies à tout jamais.
    De ce froissement de cellules, les plus vaillantes et les plus pernicieuses me sont remontées à l’esprit.
    Une idée malsaine à surgie , une idée noire comme l’ébène portée par un cumulus d’encre, à mi- chemin entre le diable et les mauvais esprits de la forêt.
    Vêtue de nippes déchirées , camouflée sous un drap noir, seuls ses yeux acérés comme deux lames étincelantes surgissaient du décor.
    D’immenses branches tordues par les éclairs foudroyaient mon cerveau et l’entrainaient vers les souches profondes de mes souvenirs les plus tenebreux.
    Soudain, je vis apparaître la foudre d’une rafale de mitraillette , l’éclat d’une vie en disparition et un ciel poudreux envahir la terre.
    J’eux la vision d’une terre en pleurs et d’humains déchirés par le désespoir.
    Cramponnée à mon volan ,je tentais d’envoyer des missiles d’espoirs, de joie et de lumière . Quelques paroles d’amour sauvees de ce naufrage survivaient encore.
    Je m’en servies comme d’ultimes cartouches .
    L’une d’elle d’un jet puissant atteignit sa cible et me détacha du néant dans lequel j’étais entrain de sombrer.
    De ce choc surgit des étoiles auquel les je m’agripais.
    Je rêvins à moi: c’est à dire sur ce chemin de lumière qui seul guide mes pas

  10. Gwenaëlle dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune,
    j’ai écrasé ma bonne étoile
    en effectuant une marche arrière dans mes pensées.
    Et patatras tout s’est écroulé !
    Poussières d’étoile ne brillent plus assez pour m’éclairer
    Je suis de nouveau dans le noir intersidéral.
    Le vide cosmique m’envahit.
    Je tombe dans l’infiniment petit, 
    Le néant
    Je suis en lévitation, je ne pèse plus rien, j’ai perdu mon centre de gravité, ma force centrifuge, ma lumière d’être.
    Besoin d’une queue de comète pour m’accrocher, d’oxygène pour alimenter mes cellules strombosées, d’une super nova pour m’orienter, d’une petite planète pour aplanir…
    Trou noir !

    @ Gwenaëlle Joly

  11. Christine Macé dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune, j’ai écrasé ma bonne étoile en effectuant une marche arrière dans mes pensées.

    Merde ! C’était la dernière de la boîte !
    J’ai bien essayé de la recoller mais sans succès : une étoile c’est fragile, je me suis dit, t’es con, t’aurais pu faire attention. Toujours pareil avec toi : pourtant ça fait des lustres – et même plus – qu’on te le rabâche. Déjà tout petit, à l’école, elle le disait la maîtresse : un étourneau ! Ça voulait dire : rien à en tirer, toujours ailleurs, dans cette foutue lune, même en plein jour. Pourtant je l’aimais bien celle-là : non, pas la maîtresse, mon étoile. On avait fini par s’habituer l’un à l’autre. Je l’avais accroché dans un coin de ma tête, j’y avais fait un peu de place et même la poussière pour qu’elle y soit bien. J’avais pas toujours le temps d’aller la voir mais je savais qu’elle était là et ça me suffisait. Oh bien sûr, j’ai jamais gagné le gros lot : d’ailleurs je joue pas, ça simplifie. Non, juste que la vie coulait tranquille. Un peu de rose par-ci par-là, pas trop d’emmerdes, rien de spécial : c’était déjà ça. Et ça me suffisait. Pourtant parfois j’aurais bien voulu un peu plus de tout, d’amour par exemple. Mais ça c’est pour les riches, les nantis, les beaux : tout ce que je ne suis pas. Faut pas pousser trop loin dans les chimères, on sait ce que ça donne les châteaux en Espagne. Je me contentais d’un sourire dans la rue, un regard de fille posé sur moi par hasard : je l’avais vu, pris et emporté jusqu’à ce qu’il s’envole à nouveau. Alors je rentrais dans ma tête et je m’asseyais près d’elle, mon étoile. On se parlait pas beaucoup, il me suffisait de la regarder, on aurait dit qu’elle brillait un peu plus. J’avais même l’impression qu’elle me souriait, comme pour me dire : je suis là. Juste ça. Mais voilà : elle est en mille morceaux et moi, le gros bêta, je pleure. C’est bête, je sais, mais c’était mon étoile.

    Bon dimanche, Christine

  12. Catherine M. S dit :

    Comme une malédiction

    La semaine dernière, je devais être dans la lune
    J’ai écrasé ma bonne étoile
    En effectuant une marche arrière dans mes pensées.
    Et depuis j’ai la scoumoune, la poisse, la guigne
    J’ai la tête à l’envers, tout va de travers
    Et ça c’est un signe.
    Un moment d’inattention, et c’est foutu
    Tout ce qui me souriait a -pffft- disparu
    Le bol ? J’en ai plus
    Du pot ? J’ai tout perdu
    En deux mots comme en un, j’ai le mauvais oeil
    Il me suit partout, c’est une calamité
    J’peux plus faire un pas, sans risquer de tomber
    Un projet à peine élaboré, il est jeté au panier
    Un ami d’ordinaire si chouchoute, tout à coup détesté
    Mais qu’est ce que je vais faire dans cette galère ?
    La deveine ça suffit
    Il faut que je change de galaxie
    Le détour par la lune ne m’a pas réussi
    Il faut que je redescende sur terre
    Je ne dois plus regarder ni en l’air ni en arrière
    Mais bien droit devant
    La baraka ? Pour moi c’est maintenant.

  13. Sylvie dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune, j’ai écrasé ma bonne étoile en effectuant une marche arrière dans mes pensées. Court-circuit dans mes articulations, coupure de mémoire, erreur de transmission, que sais-je ? Je n’ai rien imprimé. Ce dont je me souviens, c’est que me sont apparues tout à coup les images de mon baptême : ma propulsion sous les immenses volutes blanches. Et puis plus rien : le trou noir. Toujours est-il qu’elle a soudain disparu de mon champ de vision, celle qui brillait devant moi, qui guidait mes pas, qui me maintenait tant bien que mal en orbite, pour m’empêcher de me détruire, de me jeter dans l’antimatière. Sans elle, maintenant, je sombre dans le néant. J’ai les ergols qui s’affolent, la voile solaire qui bat de l’aile, la charge utile qui se défile. Je suis en pleine dépression cosmique, frappé de plein fouet par une tempête de météorites. J’essaie de faire des signes, d’envoyer des messages, mais personne ne répond. Les sentinelles du ciel ne daignent même pas me regarder. Je peux me désintégrer, elles ne bougeront pas. Et mes créateurs, où sont-ils passés ? Ont-ils déserté les écrans de contrôle ? Alors que toutes ces idées noires envahissent mes données, voilà que passe à vive allure une belle sonde brillante de mille feux, toutes ailes déployées. Nous échangeons quelques mots. Elle n’a pas le temps, un rendez-vous urgentissime, mais si je veux, je peux suivre sa trajectoire et elle me guidera vers des cieux plus favorables. Je m’accroche, nous arrivons sous les feux de la rampe : elle est pile à l’heure au rendez-vous. Elle s’appelle Rosetta et vient de détacher sa petite Philaé pour une mission de la plus haute importance. Tout s’est bien passé. Libre, fière et soulagée, elle revient tout contre moi. Mes circuits sont en émoi. J’ai effacé définitivement de ma mémoire tous les signaux de ma bonne étoile. Sans vouloir tirer prématurément trop de plans sur la comète, j’ai l’impression ce soir que Rosetta et moi, nous déchiffrerons l’univers tout entier.

    ©Sylvie Wojcik

  14. Smoreau dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune, j’ai écrasé ma bonne étoile
    en effectuant une marche arrière dans mes pensées.
    Je ne sais pas faire les créneaux. Dans la voie lactée, il y a trop d’espace, je n’y arrive pas. Pas de repère. Trop de lumière. Je suis éblouie par tous ces phares sur la voie lactée. Je m’énerve. Dans ce cas-là, je ne touche pas terre. Je stresse et je tombe comme dans un trou noir. C’est à ce moment là, je l’ai écrasée ! Ou plutôt, Dieu merci, accrochée. Elle a émis un soupir, frémis. J’ai eu très peur. Elle n’avait qu’un bleu à l’âme. je lui ai demandé de me pardonner. Elle a souri.
    La première fois, que j’ai rencontrée, ma bonne étoile, j’étais sur un petit nuage, je planais. Éblouie, je l’ai vue là devant moi entre la grande ourse et l’étoile du berger. C’est comme si je l’avais toujours connue. Je la reconnaissais. Elle scintillait et me chuchotait des mots remplis d’espoir, elle me parlait de chance, d’opportunité et d’espérance. Près d’elle, j’étais chez moi. Depuis, je ne la quitte pas un instant, seulement qq milliers d’années lumière nous séparent. Elle est là près de moi dans tous les moments. Elle ne me quitte pas du regard.
    Elle scintille et mes yeux brillent.

  15. françoise dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune,
    j’ai écrasé ma bonne étoile
    en effectuant une marche arrière dans mes pensées.

    sans m’apitoyer sur son sort
    j’ai passé la vitesse avant et suis reparti
    pas vu pas pris me disais-je
    mais un gardien d’etoiles me siffla
    çà raisonna lugubrement dans ma tête
    je vis trente six chandelles
    et des poussières d’étoiles m’aveuglèrent
    des étoiles filantes apparurent et disparurent
    et puis ce fut le noir sidéral
    on me transporta dans un hôpital de la voie lactée
    la lune fit mine de m’ausculter
    le soleil me réchauffa
    ma bonne étoile rétablie
    je repartis en marche avant

  16. ourcqs dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune, j’ai écrasé ma bonne étoile en effectuant une marche arrière dans mes pensées.
    Je n’étais plus en phase. Elle m’entraînait dans un cycle jubilatoire, mais trop rapide, cette frénésie épuisante ne me satisfaisait plus, j’appréhendais le trou noir. Cette ivresse de vitesse, conquêtes, réussites me paraissait éphémère Je surfais sur le monde, alors que je désirais plus que tout me poser, me pauser, prendre le temps de rêver, émerveillée, nez au vent, idées folles et échappées belles , hors du temps . J’avais envie de m’échapper, de changer d’orbite

  17. Antonio dit :

    Oui, j’étais dans la lune, hier soir, quartier nord, face cachée, pour ne pas qu’elle me reconnaisse, je la filais, discrètement, je voulais savoir.

    Comme elle resplendissait, ciel ! elle s’était apprêtée comme une star, une robe clinquante, des boucles brillantes, un corps de feu qui allumait tout sur son passage.
    Je voulais savoir où elle allait, je ne pouvais croire qu’elle la commette cette folie, cette tromperie.

    Et puis elle s’est arrêtée devant une porte, s’est retournée vers moi, comme si elle me fixait. Vite, je me suis éclipsé dans l’ombre.
    Une terreur m’a envahi soudain. Elle, lui, s’embrasant, dans toutes les constellations inimaginables, la grande ourse, le sextant, le triangle austral, les gémeaux, le petit chien, oh, non, pas le petit chien !
    Elle, lui, au septième ciel, ça n’était pas possible ! j’explosais en moi, un Big bang en plein cœur. Je me délitais, j’étais dans un cosmos indéfinissable.

    Quand j’ai levé la tête. Elle n’était plus là. Elle avait du monter. Une lumière au troisième étage. Ma belle étoile, avec qui couchait-elle ? Quel désastre !

    Soudain la lumière s’est éteinte, j’ai reculé sans regarder, perdu que j’étais dans ma tête qui se voyait déjà rouler sa bosse dans une autre direction, sur une voie moins lactée, comme me le répétait mon père.

    – Fais donc un vrai métier, bon sang ! Reviens sur terre !

    J’ai reculé sans regarder. Elle était là, derrière, ma bonne étoile… Elle voulait me pousser, m’inviter à pousser cette même porte que je scrutais avec horreur, 8 rue des possibles.
    Elle s’était faite belle, elle était belle, étincelante, elle avait pris rendez-vous avec mon destin, pour moi, elle souriait, j’allais y arriver enfin.

    Je ne t’ai pas vue, mon bébé, j’ai douté, puis j’ai reculé. Oh ! Pardon !

    Hier soir, ma supernova s’est éteinte, retournant à sa poussière et me laissant dans le noir avec les certitudes de mon père.

  18. Tissier mireille dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune
    j’ai écrasé ma bonne étoile
    en effectuant une marche arrière dans mes pensées.

    La lumière qui s’éclairait en moi s’est éteinte
    lentement jusqu’à ce que la nuit finisse par m’envahir totalement.

    Je me sentit soudain léger, si léger. Je sens mon âme spirituelle
    se séparer de mon corps et pénétrer dans un long couloir.

    Mon âme restée sur ce grand lit repasse à une allure folle mon enfance,
    ma jeunesse heureuse et insouciante.

    Le visage des êtres chers que j’ai aimé tournent autour de moi en me souriant.
    Leurs mains se tendent pour me toucher, sans malheureusement y parvenir.
    J’aimerait leur dire que je les aime.

    Mais très vite ils disparaissent et je me retrouve dans ce couloir d’un blanc éclatant, une lumière au bout m’invite à la rejoindre.

    Comme un fantôme, j’avance jusqu’à elle et au bout j’aperçoit
    une étoile brillante et scintillante, mon étoile, ma bonne étoile.

    A partir de cet instant je suis en paix avec moi-même.

  19. Durand Jean Marc dit :

    Hier soir, je devais être dans la Lune, j’ai écrasé ma bonne étoile en effectuant

    une marche arrière dans mes pensées.

    Elle était rudement cabossée. On aurait dit un Picasso de la période

    parrallallélogrammique. J’ai voulu sortir ma boîte à outils mais le coffre était

    bloqué par le choc. Heureusement ma pince multi – usages traîne toujours dans

    la boîte à gants (pour ne pas laisser d’empreintes sur la crosse de mon pétard).

    D’habitude, cette brave pince m’autorise à casser des noix pendant l’attente de

    l’ouverture des banques ou à arracher la langue du salaud ayant mangé tous

    les morceaux du bénéfice en oubliant de les partager avec ses collaborateurs.

    Là, que dalle, l’étoile avait la dent dure, le cuir ferreux et c’est la pince qui pliait.

    J’avais du me faire refiler du matos asiatique.

    Je balançais la fabrication chinoise en maudissant tous ces bouffeurs de

    boulettes de chien se foutant de not gueule, perchés sur leur mur, même pas

    droit!

    Mon rancart se rapprochait. Je ne pouvais pas glander là des plombes à chialer

    sur un astre dont aucune des branches ne m’était, même un tant soit peu,

    familiale.

    Et pis, merde, ya pas idée pour une si petite étoile de se balader, la nuit, sans

    son berger.

    Je remontais donc dans mon char, passait la première.

    Cinquante mètres.Freins. Marche arrière. Élan. Vroum….Crouic!

    « On achève bien les juments »….qu’il disait mon père!

    De toute façon, si j’ai une bonne étoile, elle est forcément devant, sur mon

    capot!

  20. Kacyne B. dit :

    Hier soir, je devais être dans la lune, j’ai écrasé ma bonne étoile en effectuant une marche arrière dans mes pensées.

    Je n’ai même pas regardé dans les rétroviseurs du passé.

    J’ai embouti le mur invisible du mystère que s’est écroulé sur moi.

    Une douce lumière rose a envahi mon crâne douloureux.

    J’ai revu l’instant de ma naissance, cette immense souffrance du passage.
    J’ai revu les brimades, les agressions, les chagrins, les douleurs.
    J’ai vu Le Mal.

    Le silence peu à peu s’est installé dans mes pensées.
    J’ai vu La Paix.

    Une main a caressé mon visage.
    J’ai ouvert l’espace de mes bras.

    Hier soir, tandis que je parlais à la lune, une étoile filante s’est éteinte.

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